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Full text of "Annales du Muse colonial de Marseille"

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INSTITUT    COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 


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MUSÉE  COLONIAL 

DE  MARSEILLE 

FONDÉES    KN     1 893    PAR    EdOIARM    HECKEL 
DLRIGÉES    PAR 

M.    Henri  JUMELLE 

Professeur  à  la  Faculté  dos   Sciences, 
Directeur    <h\    Musée  Colonial  de   Marseille 


Vingt-cinquième  année,  3    série,  5'  volume  (1917). 

Ier  Fascicule. 

Catalogue  descriptif  des  Collections  Botaniques 
du  Musée  Colonial  de  Marseille  :  Afrique  Occidentale  Française 

par   M.    Henri   JUMELLE. 


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MAHSEILLE 

MUSÉE   COLONIAL 

5,  Rue  No  villes,  .') 


PARIS 
LIBRAIRIE  CHALLAMEL 

17.    RUE    -I  tCOB1    I  " 


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Principaux  Mémoires  parus  antérieurement  dans  les 
ANNALES    DU    MUSÉE    COLONIAL  DE  MARSEILLE 

D1'  Heckel  :  Les  Kolas  africains.  Année  1893.  (Volume  presque  épuisé.) 

Dr  Rançon  :  Dans  la  Haute-Gambie.  Année  1894.  (Volume  complètement  épuisé.) 

li.  P.  Dùss  :  Flore  phanérogamique  des  Antilles  françaises.  Année  1896.  (Volume 
complètement  épuisé.) 

E.  Geoffroy  :  Rapport  de  Mission  scientifique  à  la  Martinique  et  à  la  Guyane. 
Année  1897. 

Dl  Heckel  :  Les    Plantes  médicinales    et    toxiques    de    la    Guyane  française. 
Année  1897. 

Dr  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  françaises. 

Année  1897. 

Dr  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  françaises. 

Année  1898. 

II.  Jumelle  :  Le  Cacaoyer.  Année  i 899. 

Dv  H.  Jacob  de  Cordemoy  :  Gommes,  gommes-résines  et  résines   des  colonies 
françaises.  Année  1899. 

a 

L.  Laurent  :  Le  Tabac.  Année  1900. 

I)1  H.  Jacob  de  Cordemoy  :  Les  Soies  dans  l'Extrême-Orient  et  dans  les  colonies 
françaises.  Année  1901. 

L.  Laurent  :  L'Or  dans  les  colonies  françaises.  Année  1901. 

A.  Chevalier:  Voyage  scientifique    au    Sénégal,   au  Soudan  et  en  Casamance. 

Année  1902. 

Gaffarel  :  L'Exposition  d'Hanoï.  Année  1903. 

Dr  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  françaises. 
Année  1903. 

1>  H.  Jacob  de  Cordemoy  :  L'Ile  de  la  Réunion.    (Géographie  physique  ;  richesses 
naturelles,  cultures  et  industries.)  Année  1904. 

Capitaine  Maire  :  Étude  ethnographique   sur  la    race    Man  du   Haut-Tonkin. 

Année  1904. 

E.  Lefeuvre  :  Étude  chimique  sur  les  huiles  de  bois  d'Indochine.  Année  1905. 

H.  Jumelle  :  Sur  quelques  plantes  utiles  ou  intéressantes  du  Nord-Ouest  de 
Madagascar.  Année  1907. 

H.  Jumelle  et  H.  Perrier  de  la  Bathie  :  Notes  sur  la  Flore  du  Nord-Ouest  de 
Madagascar.  Année  1907. 

H.  Jumelle  et  H.  Perrier  de  la  Bathie  :  Notes  biologiques  sur  la  végétation  du 
Nord-Ouest  de  Madagascar;  les  Asclépiadées.  Année  1908. 


ANNALES 


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MUSÉE  COLONIAL   DE  MARSEILLE 


Al)  lice     1917 


MACOH.    TIU»T\T    FRP.(;t:S,     IMrRIMl 


INSTITUT    COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 


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MUSÉE  COLONIAL 

DE  MARSEILLE 


FONDÉES    l\     1893     l'\l!     EdOUARII     IIl'.'Kll 


DIRIGÉES    l'AK 

M.    Henri  JUMELLE 

Professeur  a   la  Faculté  des   Sciences, 
Directeur   du    Musée  Colonial  de   Marseille 


Vingt-cinquième  année.  3    série.   5    volume   (491 

I"    Fascicule. 


Catalogue  descriptif  des  Collections  Botaniques 
du  Musée  Colonial  de  Marseille  :  Afrique  Occidentale  Française 

par   M.    Henri   JUMELLE. 


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MARSEILLE 
MUSEE   COLONIAL 

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PARIS 
LIBRAIRIE  (MALI.  VMEI 


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AFRIQUE    OCCIDENTALE 

FRANÇAISE 


I.  _  PLANTES  FECULENTES 
ET  CÉRÉALES 

1.  Tubercules  d'igname.  —  Dioscoréacées. 

2.  Tranches  d'ignames  desséchées. 

Les  ignames  dont  les  indigènes  consomment  en  Afrique 
occidentale  les  tubercules  souterrains  appartiennent  à  plu- 
sieurs espèces  de  Dioscorca,  parmi  lesquelles  les  deux  plus 
répandues  sont  le  D.  cayennensis,  ou  D.  prehensilis,  qui 
forme  le  fond  de  presque  toutes  les  plantations,  et  le 
D.  alata.  Ces  tubercules  jouent  un  rôle  important  dans 
l'alimentation  de  plusieurs  millions  d'hommes  ;  c'est  la 
nourriture  presque  exclusive  de  certaines  peuplades  comme 
les  Baoulès,  les  Achantis,  les  populations  du  Nord  du 
Dahomey,  etc.  Dans  le  Baoulé  seulement  on  connaît 
plus  de  30  variétés,  ou  races,  de  D.  cayennensis,  que  les 
Noirs  savent  parfaitement  distinguer  et  cultivent  avec  soin. 
La  forme  sauvage  de  ce  D.  cayennensis  a  de  longs  tuber- 
cules (parfois  0  m.  70  à  1  mètre)  dont  le  soinmel  esl  garni 
de  rhizomes  ligneux  hérissés  de  grandes  épines  aiguisées. 
Une  variété  de  D.  alata  peut  produire  en  six  mois  30  kil<>- 
de  tubercules  par  touffe. 

Annules  du  Mutée  colonial  de  Marseille.        3"  série, 5*  vol.  1917.  1 


2  H.    JUMELLE 

On  cultive  également,  dans  la  zone  des  savanes  et  dans 
celle  des  forêts,  le  D.  dumetorum,  dont  les  tubercules  à 
l'état  sauvage  sont  très  toxiques  et  ne  deviennent  comes- 
tibles que  lorsque  les  tranches  ont  macéré  pendant  toute 
une  journée  dans  l'eau. 

(A.  Chevalier  :  Sur  les  Dioscorea  (ignames)  cultivés  en  Afrique  tropi- 
cale. Bulletin  de  la  Société  Nationale  d'Acclimatation  de  France,  1910.) 

3.  Racines  de  Pachyrhizus  angulatus  (Guinée  Française).  — 
Légumineuses. 

Cette  Légumineuse  a  tubercules  comestibles  a  déjà  été 
citée  dans  le  Catalogue  de  la  Réunion  (n°  26)  ;  elle  ne 
semble  que  rarement  cultivée  en  Afrique  Occidentale  Fran- 
çaise, et  ne  l'est  guère  que  dans  les  Stations  d'essais. 

(A.  Chevalier  :  E 'numération  des  plantes  cultivées  par  les  indigènes  en 
Afrique  tropicale.  Bulletin  de  la  Société  d'Acclimatation  de  France, 
1912.) 

i.  Tubercules  de  Cyperus  esculentus  (Dahomey).  —  Cypéru- 

cées. 

Le  souchet  est  une  Cypéracée  cosmopolite  qu'on  trouve 
dans  presque  dans  toutes  les  régions  tropicales,  et  qui  croît 
même  encore,  en  zone  tempérée,  jusque  dans  l'Europe 
méridionale.  Les  tubercules  sont  oléagineux  (28  °/0  d'huile 
environ)  et  sont  consommés  crus  ou  grillés,  ou  servent 
encore  à  la  confection  de  sortes  de  gâteaux  d'amandes  ;  ils 
sont  employés  aussi,  en  Espagne  comme  en  Egypte,  pour 
la  préparation  d'une  sorte  de  sirop  d'orgeat  (chufa  en 
Espagne).  Les  tubercules  sont  plus  ou  moins  gros  selon 
les  variétés  ;  une  forme  à  gros  tubercules  est  cultivée  en 
grand  dans  le  Sud  du  Soudan,  dans  certaines  parties  de  la 
Côte  d'Ivoire  et  dans  le  Haut-Dahomey. 

(H.  Jumelle  :    Les  plantes  à  tubercules  alimentaires.  O.  Doin,  Paris, 
1910.  —  A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  3 

5.  Tubercules  de  Coleus  rotundifolius.  —  Labiées. 

L'espèce  comprend  quatre  grandes  variétés  culturales, 
parmi  lesquelles  la  plus  répandue  au  Soudan  français  est  la 
variété  nigra,  qui  est  Youssounifmg  des  Bambaras.  Les 
tubercules,  qui  contiennent,  à  l'état  sec,  86  °/0  environ 
d'amidon  et  au  moins  5  °/0  de  matières  azotées,  sont  com- 
parables, comme  saveur,  aux  pommes  de  terre.  Au  Sou- 
dan, on  les  mange  bouillis,  ou  bien  encore  on  les  fait 
.  cuire,  avec  du  poulet,  dans  du  beurre  ordinaire  ou  de  la 
graisse  de  karité. 

(A.  Chevalier  et  E.  Perrot  :  Les  Coleus  à  tubercules  alimentaires.  Les 
Végétaux  utiles  de  l'Afrique  tropicale  française  ;  volume  I,  fasc.  I,  190;>, 
Paris.) 

6.  Tubercules  de  Nymphaea  Lotus  (Haut-Sénégal-Niger). 
Nymphéacées. 

Le  Nymphéa,  Lotus,  qui  était  déjà  bien  connu  des  anciens 
et  est  un  des  lotos  d'Egypte  (le  lotos  sacré  étant  le  Nelum- 
bium  speciosum),  croît  en  de  nombreuses  régions  de 
l'Afrique  tropicale  et  septentrionale,  ainsi  d'ailleurs  que 
dans  l'Inde,  la  Malaisie  et  aussi  le  Sud-Est  de  l'Europe.  Il 
est  très  connu  dans  la  zone  d'inondation  du  Niger,  près  de 
Tombouctou  ;  et  les  indigènes  Sonrhays  font,  d'après 
M.  A.  Chevalier,  une  grande  consommation  de  son  tuber- 
cule, qui  est  tous  les  jours  vendu  desséché  sur  le  marché 
de  Tombouctou.  Voir  plus  loin,  n°  75. 

7.  Tiges  d'Orobanche  (Haut-Sénégal-Niger). — Orobanchacées. 

Cette  espèce  est  peut-être  YOrobanche  lutea,  qui  serait 
parasite  sur  un  Salvadora.  Les  habitants  de  Tombouctou, 
d'après  M.  A.  Chevalier,  dédaignent  de  se  nourrir  de  ces 
tiges,  qui  sont,  au  contraire,  consommées  par  les  gens  de 
Goundam  et  par  les  Touaregs  du  désert.  Elles  seraient  tou- 
tefois toxiques  quand  elles  n'ont  pas  'suffisamment  bouilli 
dans    l'eau. 

10.  Épis  de  mais,  blancs  et  rouges  Dahomey). — Graminées. 


4  il.   JUmeLlE 

11.  Maïs  Guzco,  dent  de  cheval.  —  Station  agricole  de  Benty 
(Guinée  Française). 

12.  Maïs  des  pays    soussous  du   littoral  (Station   agricole 
de  Benty). 

13.  Farine  de  maïs. 

Le  mâ/s,  qui  est  la  céréale  la  plus  cultivée  à  la  surface 
du  globe,  est  originaire  d'Amérique  ;  on  en  connaît  aujour- 
d'hui en  Afrique,  où  presque  toutes  les  peuplades  noires 
le  cultivent,  de  nombreuses  variétés.  Au  Dahomey  surtout, 
dans  notre  Afrique  Occidentale  Française,  sa  culture  a  pris 
depuis  quelques  années  une  assez  grande  extension  en  vue 
de  l'exportation  ;  et  Tune  des  meilleures  variétés  locales, 
à  ce  point  de  vue,  serait  le  go  e  koun,  qui  est  à  grain  blanc 
et  aplati,  demi  dur.  On  le  sème  en  avril-mai  et  en  sep- 
tembre, et  on  récolte  en  août  et  en  janvier.  Le  moli-koun 
est  une  variété  qui  sert  plutôt  pour  la  consommation  des 
indigènes.  En  Guinée  Française,  le  maïs  est  surtout  cultivé 
dans  le  Fouta  ;  à  la  Côte  d'Ivoire,  il  l'est  dans  la  zone 
côtière,  en  même  temps  que  le  riz,  et  aussi  à  l'intérieur, 
notamment  dans  le  Baoulé,  avec  le  sorgho. 

14.  Grappes  et  grains  de  sorgho  ;  Sorghum  vulgare  (Sénégal). 
—  Graminées. 

Le  sorgho,  ou  gros  mil,  est  cultivé  en  grand  dans  tous 
les  pays  de  savanes  de  l'Afrique  tropicale.  En  Afrique  Occi- 
dentale Française,  les  principales  régions  où  cette  culture 
prédomine  sont  le  Sénégal,  puis  la  partie  du  Soudan  située 
au  nord  du  12°  degré  de  latitude.  Il  y  a  cependant  encore 
de  grandes  cultures  de  sorgho  dans  le  Nord  de  la  Côte 
d'Ivoire.  La  variété  exposée  sous  le  n°  9  a  été  rapportée  du 
Soudan  par  le  Dr  Rançon  ;  elle  est  à  grappes  lâches  et  à 
grains  blancs,  un  peu  piquetés  de  rouge,  avec  glumes  (ou 
balles)  ovales,  brun  noirâtre,  ciliées  sur  les  bords,  un  peu 
plus  courtes  ordinairement  que  ce  grain . 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  ."» 

(André  Rançon:  Dans  la  Haute-Gambie.  Annales  du  Musée  Colonial 
de  Marseille,  1894.  —  Dumas  :  Culture  du  sorgho  dans  les  vallées  du 
Niger  et  du  Haut-Sénégal.  Journal  d'Agriculture  des  Pays  chauds, 
1905.) 

15.  Grappes  et  grains  de  sorgho  (Sénégal] . 

Cette  autre  variété  de  sorgho  provient  encore  de  la  mis- 
sion du  Or  Rançon.  Elle  est  aussi  à  panicule  très  lâche  et 
à  grain  blanc,  mais  avec  glumes  lancéolées-aiguës,  de  cou- 
leur puce,  non  ou  faiblement  ciliées,  de  même  longueur  ou 
un  peu  plus  longues  que  le  grain. 

16.  Grappe  de  sorgho  var.  bimbiri-ba  (Guinée  Française). 

Cette  variété,  qui  provient  de  Kankan,  est  à  panicule 
lâche  et  à  grain  blanc  grisâtre,  un  peu  anguleux  au  sommet 
(3  mm.  5  sur  3  mm.  ,  aussi  long  ou  plus  court  que  les  glumes, 
qui  sont  ovales  (3  mm.  o  sur  3  mm.)  et  brun  noirâtre, 
sauf  au  sommet  et  sur  les  bords,  où   elles  sont  rougeàtres. 

II.  Jumelle:  Quelques  variétés    de  sorghos    de    V Afrique  Occidentale 
Française .  Expansion  coloniale,  janvier  1912. 

17.  Grappe  de  sorgho  var.  mengui  foré  (Guinée  Française), 

Provient  de  la  station  agricole  de  Bentv.  La  panicule  est 
lâche  et  à  grain  un  peu  elliptique,  blanc  (3  mm.  5  sur 
2  mm.  5j,. marqué  parfois  de  quelques  points  rouges,  un 
peu  dépassé  par  les  glumes  lancéolées-aiguës,  un  peu  plus 
noires  que  dans  le  n°  15,  auquel  cette  variété  ressemble 
beaucoup. 

1 8.  Grappe  de  sorgho  var.  sula-oulenko  (Guinée  Française). 

Provient  de  Kankan.  La  panicule  est  lâche;  le  grain  est 
ovoïde,  blanc,  de  même  longueur  ou  plus  court  que  les 
glumes.  Celles-ci  sont  lancéolées  (6  mm.  sur  1  mm.), 
acajou  clair,  un  peu  moins  colorées  et  plutôt  jaunes  vers  le 
sommet. 


6  H.    JUMELLE 

19.  Grappe  de  sorgho  var.  mengui-fi khé  ( Guinée  Française). 

Station  agricole  de  Benty.  Lapanicule  est  lâche  ;  le  grain 
est  blanc  plus  ou  moins  rosé,  avec  parfois  un  ou  deux 
petits  points  rougeâtres  vers  le  sommet,  un  peu  elliptique, 
légèrement  anguleux  au  sommet,  plus  court  que  les  glumes, 
qui  sont  écartées,  lancéolées,   de  couleur  puce. 

20.  Grappe  de  sorgho  var.  kamin-keudé  (Guinée  Française). 

Provient  de  Kankan.  La  panicule  du  kamin-keudé ',  ou 
mil  pintade,  est  lâche  ;  le  grain  est  blanc,  un  peu  ellip- 
tique (3  mm.  sur  2),  légèrement  anguleux  au  sommet,  un 
peu  plus  court  que  les  glumes,  qui  sont  ovales-aiguës 
(4  mm.  sur  2  mm.  5),  noires. 

21 .  Grappe  de  sorgho  var.  sanko-ba  (Guinée  Française). 

Provient  de  Kankan.  La  panicule  est  lâche  ;  le  grain  est 
ovoïde,  un  peu  anguleux  au  sommet  (5  mm.  suri  mm.), 
blanc  sale,  un  peu  plus  long  que  les  glumes,  qui  sont 
ovales-obtuses,  bicolores,  la  première  étant  le  plus  sou- 
vent entièrement  jaune  paille  et  la  seconde  ne  Tétant  que 
dans  sa  moitié  supérieure,  et  rouge  dans  sa  moitié  infé- 
rieure. 

22.  Grappe  de  sorgho  var.mengui  gbéli  (Guinée  Française). 

Cet  échantillon  de  mil  rouge  provient  de  Kankan.  La 
panicule  est  très  lâche  ;  le  grain  est  elliptique  (4  mm.  sur 
2  mm.  5),  rouge,  un  peu  dépassé  par  les  glumes,  qui  sont 
brun  foncé,  lancéolées  et  aiguës  (5  mm.  sur  2  mm.). 

23.  Grappe  de  sorgho  var.  figné  (Sénégal). 

Provient  du  cercle  de  Siné-Saloum.  La  panicule  est  très 
lâche  ;  le  grain  est  blanc  rougeâtre  (4  mm.  sur  2  mm.  5), 
un  peu  dépassé  par  les  glumes,  qui  sont  noires,  lancéolées 
et  aiguës  (5  mm.  sur  2). 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  7 

2i.  Grappe  de  sorgho  var.  bodéri  (Sénégal). 

Provient  de  Saldé.  La  panicule  est  compacte,  comme 
dans  les  douros  ou  durrhas  de  l'Afrique  du  Nord.  Le  grain 
est  rougeâtre,  surtout  dans  sa  moitié  supérieure,  plutôt 
jaunâtre  dans  la  partie  cachée  par  les  glumes,  un  peu  plus 
long  que  large  (6  mm.  sur  o)  ;  les  glumes,  qui  sont  plus 
courtes,  sont  de  couleur  paille,  de  4  mm.  de  longueur  et  de 
largeur.  Cette  variété  se  sème  après  le  retrait  des  eaux  du 
Sénégal  ;  on  récolte  5  ou  6  mois  plus  tard.  Elle  se  plaît  en 
sol  argileux.  C'est  un  mil  de  qualité  ordinaire. 

[Catalogue  de  V Exposition  des  riz,  maïs  et  sorghos  de  l'Institut  colo- 
nial marseillais,  août-octobre  1911.  —  H.  Jumelle:  loc.  cit.) 

25.  Grappe  de  sorgho  var.  bassi  (Sénégal). 

Provient  du  Sine-Saloum.  La  panicule  est  compacte.  Le 
grain  est  jaune  sale,  avec  quelques  piquetures  rouges,  et 
plus  large  (5  mm.)  que  long  (4  mm.),  avec  un  sommet 
peu  convexe  et  presque  droit.  Les  glumes,  qu'il  dépasse, 
sont  rouge  brique  foncé,  de  4  mm.  sur  4.  Cette  variété, 
très  cultivée,  est  semée  à  la  fin  de  juin  et  récoltée  en  sep- 
tembre et  octobre. 

26.  Grappe  de  sorgho  var.  gadiaba  (Sénégal). 

Provient  de  Saldé.  La  grappe  est  compacte.  Le  grain  est 
à  peu  près  aussi  large  que  long  (5  mm.),  très  arrondi  au 
sommet,  plus  court  que  les  glumes,  qui  sont  brun  noi- 
râtre et  largement  ovales  (4  mm.  o  sur  4  mm.).  C'est  une 
variété  de  qualité  ordinaire,  bonne  pour  les  sols  argilo- 
siliceux  ;  on  la  sème  après  le  retrait  du  fleuve  et  on  récolte 
4  ou  3  mois  plus  tard. 

27.  Grappe  de  sorgho  var.  pourdi  (Sénégal). 

Provient  de  Saldé.  La  grappe  est  compacte.  Le  grain  est 
blanc  grisâtre,  un  peu  plus  long  que  large  (6  mm.  sur  i  mm.), 


8  H.    JUMELLE 

arrondi  au  sommet,  et  dépasse  les  glumes,  qui  sont  brun 
noirâtre  et  largement  ovales  (4  mm.  o  sur  4  mm.).  La 
glume  carénée,  qui  est  la  supérieure,  est  à  sommet  plus 
aigu  que  l'inférieure,  qui  est  convexe  et  non  carénée.  Cette 
variété,  très  recherchée  par  les  oiseaux,  est  semée  en  sol 
argilo-siliceux,  après  le  retrait  des  eaux,  et  est  récoltée  5 
ou  6  mois  plus  tard. 

28.  Grappe  de  sorgho  var.  sevil  (Sénégal). 

Provient  de  Saldé.  La  grappe  est  compacte.  Le  grain  est 
blanc  jaunâtre,  un  peu  plus  long  que  large  (o  mm.  sur 
imm.o),  comprimé,  plus  long  que  les  glumes,  qui  sontrou- 
geâtre  clair,  presque  arrondies  (3  mm.  o).  C'est  une  variété 
d'une  qualité  ordinaire,  qu'on  sème  en  sol  argileux,  après 
le  retrait  des  eaux  ;  on  récolte  o  ou  6  mois  plus  tard. 

29.  Grappe  de  sorgho  var.  savasouski    (Sénégal). 

Provient  de  Saldé.  La  panicule  est  compacte.  Le  grain 
est  jaune  rougeâtre,  comprimé,  à  peu  près  aussi  long  que 
large  (o  mm.),  comme  dans  le  gadiaba  ;  et  les  glumes  sont 
rougeâtre  clair,  comme  dans  le  sevil,  de  3  mm.  o  de  hauteur 
et  de  largeur.  Cette  variété  est  de  même  qualité  que  la  pré- 
cédente et  présente  à  peu  près  les  mêmes  conditions  de  végé- 
tation. 

30  et  31.  Petit  mil;   Pennisetum  typhoideum   (Sénégal).  — 
Graminées. 

32.  Fécule  de  petit  mil  var.  sanio. 

Le  Pennisetum  typhoideum,  ou  Penicillaria  spicata,  est  le 
petit  mil  proprement  dit,  originaire  d'Asie  tropicale.  Il  est 
très  cultivé  encore,  comme  le  sorgho,  par  beaucoup  de  peu- 
plades africaines.  Sur  la  côte  du  Sénégal,  sa  culture  alterne, 
dans  les  champs,  avec  celle  de  l'arachide.  Dans  l'intérieur, 
c'est  la  seule  Graminée  cultivée  immédiatement  en  deçà  du 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  9 

Sahara,  dans  la  zone  sahélienne,  là  où  il  ne  tombe  que  15  à 
30  cm.  d'eau  par  an  et  où  ne  se  font  pas  sentir  les  inondations 
du  Sénégal  ou  duNiger.  Certaines  variétés  à  forts  rendements 
sont  aussi  plus  ou  moins  cultivées  au  Sénégal,  dans  le 
Niger,  dans  la  Côte  d'Ivoire  et  au  Dahomey.  La  variété  sanio, 
qui  correspond  aux  nos  30  à  32,  atteint  jusqu'à  4  m.  de  hau- 
teur ;  son  épi  a  de  10  à  50  cm.  de  longueur.  C'est  une 
variété  rustique  et  peu  exigeante,  se  développant  en 
o  mois  1/2.  Ce  petit  mil  est  un  aliment  très  recherché  des 
indigènes  ;  son  prix  est  toujours  supérieur  à  celui  du  gros 
mil.  Au  Sénégal,  dans  le  cercle  de  Thiès,  le  sanio  se  plaît 
dans  tous  les  terrains  ;  on  sème  en  juillet  et  on  récolte  en 
novembre. 

(P.  Dumas  :  L'agriculture  dans  la  vallée  du  Niger.  Agriculture    pra- 
tique des  pays  chauds,  190;>. 

33.  Petit  mil  var.  souna   (Sénégal). 

Celte  seconde  variété  de  Pennisetum  typhoideum  est 
plus  petite  que  la  précédente  et  de  végétation  plus  rapide, 
car  elle  mûrit  en  trois  mois  ;  mais  elle  est  plus  exigeante  et 
son  grain  se  conserve  mal.  Dans  la  vallée  du  Niger,  on  la 
sème  le  plus  tôt  possible,  dès  que  les  premières  pluies  ont 
détrempé  le  sol.  Elle  est  très  répandue  dans  le  cercle  de 
Siné-Saloum  où  elle  se  plaît  en  sols  silico-argileux  ;  on  la 
sème  en  juin  et  juillet  et  on  récolte  en    octobre. 

34.  Petit  mil  var.  tengué  (Guinée  Française). 
Provient  de  la  Station  agricole  de  Bentv. 

35.  Epis  de  fonio  ;  Digitaria  exilis  Sénégal).  —  Graminées. 

36.  Grains  de  fonio  non  décortiqués. 

37.  Grains  de  fonio  décortiqués. 

Le  Digitaria  exilis,  qui  donne  un  petit  mil,  est  une  Gra- 
minée  dune  trentaine    de  centimètres  de  hauteur,  très  cul- 


10  H.    JUMELLE 

tivée  en  Guinée  Française,  surtout  au  Fouta-Djalon,  et 
dans  diverses  régions  du  Haut-Sénégal-Niger.  On  la  retrouve 
çà  et  là  dans  la  partie  orientale  du  Sénégal,  en  Haute-Côte 
d'Ivoire  et  dans  le  Haut-Dahomey.  Entre  le  Fouta  et  le 
douzième  degré,  MM.  Renoux  et  Dumas  estiment  l'étendue 
des  champs  de  fonio  au  tiers  des  surfaces  cultivées.  La 
décortication  est  faite  dans  des  mortiers  spéciaux  ;  le  grain 
décortiqué  est  cuit  à  la  vapeur,  ou  dans  l'eau,  ou  torréfié. 

(A.  Chevalier  :  loc .  cit.  —  Renoux  et  Dumas  :  Culture  du  fonio  dans  les 
vallées  du  Sénégal  et  du  Haut-Niger.  Agriculture  pratique  des  pays 
chauds  ;  second  semestre,  1905.) 

38.  Grappes  de  riz  ;  Oryza  sativa  (Sénégal). —  Graminées. 

Le  riz  est  très  cultivé  en  beaucoup  de  régions  de  l'Afrique 
Occidentale  Française,  principalement  en  Gasamance,  en 
Guinée  Française,  dans  la  vallée  du  Moyen-Niger,  et,  en 
Côte  d'Ivoire,  dans  les  vallées  du  Sassandra  et  du  Cavallv. 
Il  présente  de  nombreuses  variétés,  barbues  ou  sans 
barbes, 

(A.  Chevalier:  loc.  cit.) 

39.  Grappes  de  riz  var.  méréké   (Guinée  Française). 

La  grappe  de  cette  variété  non  barbue  est  tombante  et 
très  étalée,  longue  de  20  à  25  cm.  ;  le  grain  est  elliptique, 
avec  glumelles  d'un  jaune  clair,  à  peu  près  de  même  couleur 
que  les  glumes. 

(L.  Raybaud:  Etude  de  quelques  variétés  de  riz  des  colonies  françaises . 
L'Expansion  coloniale,    Ier  août  1912.) 

40.  Grappes  de  riz  var.  Port-Lokko   (Guinée  Française). 

Ainsi  que  son  nom  l'indique,  cette  variété  de  riz  serait 
originaire  de  Sierra-Leone.  Sa  panicule  est  étalée,  peu  four- 
nie, grêle,  longue  de  12  à  18  cm.  Le  grain  est  elliptique, 
ramassé  ;  glumelles  et  glumes  sont  d'un  jaune  terne,  sans 
barbes. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  11 

41.  Grappes  de  riz  var.  Sakala   (Guinée  Française). 

Cette  variété  (de  Sakala  ?)  a  été  récoltée  à  Bissidougou. 
La  grappe  est  à  axe  rigide,  contourné,  avec  rameaux  très 
rapprochés  de  cet  axe,  et  très  sinueux.  Le  grain  est  rouge 
brique,  elliptique,  très  aplati  ;  les  glumelles  sont  le  plus 
souvent  jaunâtres,  mais  aussi  brunâtres,  et  quelquefois 
noires  ;  les  petites  glumes,  à  la  base,  sont  de  teinte  plus 
claire. 

i2.  Grappe  de  riz  var.  kalimodia   (Guinée  Française). 

Cette  variété,  qui  provient  de  la  Station  agricole  de 
Benty,  est  à  grappe  tombante  plus  ou  moins  étalée  et  à 
grains  rouges,  mélangés  de  grains  blancs,  les  premiers  dans 
la  proportion  de  60  °/0.  Les  glumelles  sont  jaunes. 

43.  Grappes  de  riz  var.  Ali-Toma  (Guinée  Française). 

Cette  variété,  qui  provient  de  la  Station  agricole  de 
Benty,  est  àpanicule  tombante  et  peu  étalée;  le  grain  est 
d'un  blanc  très  légèrement  rouillé;  les  glumelles  sont  jaune 
brunâtre,  assez  velues. 

44.  Grappes  de  riz   var.  denkétégny  (Guinée  Française). 

C'est  un  riz  de  colline,  à  grappe  très  rigide  et  à  grain 
rouge  brique,  avec  glumelles  jaune  brunâtre. 

45.  Grappes  de  riz  var.  salifori   (Guinée  Française). 

C'est  encore  un  riz  de  colline,  à  grappe  rigide  et  à  grain 
rouge  brique,  mais  à  glumelles  généralement  noires,  avec 
glumes  plus  claires. 

46.  Grappes  de  riz  var.  marara  maro  (Côte  d'Ivoire  . 

C'est  une  variété  non  barbue.  La  grappe,  longue  de  25  à 
28  cm.,  est  étroite,  à  axe  rigide,  avec  des  rameaux  plus  ou 
moins  contournés  ;  le  grain   est   rouge  brun  et   elliptique  ; 


\2  H.    JUMELLE 

les  glumelles,  très  velues,  sont  les  unes  noires  et  les  autres 
jaunes,  celles-ci  souvent  stériles. 

47.  Grappes  de  riz  var.  brai  (Côte  d'Ivoire). 

C'est  un  riz  barbu.  La  panicule  est  tombante  et  étalée  ; 
les  grains  sont  d'un  blanc  jaunâtre  ou  verdàtre  ;  les  glu- 
melles  sont  brun  chocolat,  velues,  la  supérieure  avec  une 
arête  jaune  qui  peut  atteindre  6  cm.  de  longueur  ;  les  glumes 
sont  blanches. 

48.  Riz  du  Gavally    (Côte  d'Ivoire). 

Paz  en  paille  et  riz  décortiqué  par  les  indigènes. 

49.  Riz  vivace  de  Richard-Toll. 

Ce  riz  vivace  et  à  rhizomes,  qui  est  YOryza  Barthii  Chev., 
ou  Oryza  sy Ivestris  var .  Barthii  Stapf,  croît  à  l'état  sauvage 
en  Afrique  occidentale,  dans  la  partie  Nord  delà  zone  souda- 
naise, dans  les  dépressions  qui  sont  inondées  à  la  saison  des 
pluies.  On  le  trouve  dans  le  Moyen  et  le  Bas-Sénégal,  notam- 
ment dans  le  Oualo  ;  il  est  très  abondant  dans  tout  le  Moyen- 
Niger,  de  Segou  à  Tombouctou,  et  peut-être  au  delà  ;  il  est 
également  répandu  dans  le. haut  de  la  boucle  du  Niger,  dans 
certaines  parties  du  Mossi,  dans  la  pénéplaine  de  Gourma. 
Il  reste  en  herbe  pendant  deux  ou  trois  mois  et  transforme, 
dejuillet  à  septembre,  certains  marais  en  excellents  pâtu- 
rages. Lestiges  s'élèvent  ensuite  à  1  m.  à  1  m.  50,  et  par- 
fois à  une  plus  grande  hauteur  dans  les  eaux  profondes. 
La  grappe  toutefois  dépasse  toujours  de  quelques  déci- 
mètres le  niveau  de  l'eau.  La  glumelle  inférieure,  de  cou- 
leur variable,  est  terminée  par  une  longue  arête  de  12  à 
18  cm.  C'est  un  riz  à  grain  très  fin,  et  toujours  vendu  cher, 
mais  qui  ne  donne  que  de  faibles  rendements,  et  dont  la 
récolte  est  très  laborieuse .  Dans  les  régions  où  la  plante 
mûrit  mal,  elle  reste  intéressante  comme  fourrage  pour  le 
bétail. 


Al-'RLOL'K    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  J3 

(A.  Chevalier  :  Le  riz  sauvage  de  l'Afrique  tropicale.  Journal  d'Agri- 
culture tropicale,  31  janvier  1911.  —  G.Henry  :  Notes  sur  le  riz  viva.ee. 
Agriculture  pratique  des  pays  chauds,  1911e.) 


II.  —  GRAINES  ALIMENTAIRES 

61.  Voandzeia  subterranea.  —Légumineuses. 

62.  Pois-arachides  blancs    (Dahomey). 

63.  Pois-arachides  mélangés    (Dahomey). 

Le  Voandzeia  subterranea,  ou  pois-arachide,  ou  haricot 
des  Bambaras,  a  déjà  été  mentionné  dans  le  Catalogue  de 
Madagascar  (n°  21).  Les  fruits,  qui  mûrissent  en  terre, 
comme  ceux  de  l'arachide,  et  comme  ceux  aussi  du  Kerstin- 
giella  geocarpa,  ou  doï,  autre  Légumineuse  africaine,  sont 
des  gousses  globuleuses  indéhiscentes,  le  plus  souvent  à 
une  seule  graine.  La  plante  est  cultivée  chez  presque  toutes 
les  peuplades  de  l'Afrique  tropicale,  surtout  dans  les  régions 
de  savanes.  Les  graines  sont  de  diverses  couleurs,  jaunes, 
tachetées,  rouges  ou  noires,  selon  les  variétés. 

64.  Gousses  de    Ganavalia  ensiformis    (Sénégal).  —  Légu- 
mineuses. 

Le  Canavalia  ensiformis,  ou  Canavalia  gladiata,  est  une 
plante  grimpante  souvent  cultivée  en  Afrique  Occidentale 
Française  autour  des  cases  des  indigènes.  Ses  graines  sont 
blanches  ou  colorées;  elles  sont  mangeables,  mais  de  diges- 
tion difficile. 

65.  Gousse  de  Canavalia  obtusifolia    (Sénégal).  —    Légumi- 
neuses. 

Cet  autre  Canavalia  est,  comme  le  précédent,  appelé 
fanto  au  Sénégal.  Les  gousses  sont  moins  comprimées  que 


14  H.    JUMELLE 

dans  la  première  espèce,  et  les  graines,  qui  sont  tigrées  sur 
toute  la  surface,  sont  de  forme  un  peu  différente,  plus 
ovoïdes  et  plus  grosses.  La  plante  est  cultivée  autour  des 
cases  au  Niocolo.  Les  graines  dures  et  coriaces,  de  goût 
fade,  et  qu'il  faut  faire  bouillir  pendant  des  journées  entières, 
sont  peu  appréciées  des  indigènes,  qui  ne  les  consomment 
guère  qu'en  temps  de  disette.  Elles  passent  pour  donner 
une  maladie  qui  fait  tomber  les  dents.  Elles  sont  parfois 
considérées  comme  toxiques. 

(A.  Rançon  :  loc.  cit.) 

66.  Graines    de    Ganavalia    (Guinée    Française).  —  Légumi- 
neuses. 

Ces  graines  données  par  des  gousses  beaucoup  plus 
petites  que  les  précédentes,  et  qui  appartiendraient  peut- 
être  cependant  au  Canavalia  ensiformis,  sont  considérées  à 
Conakry   comme  toxiques. 

67.  Gousses   de  Psophocarpus  longepedunculatus.  —  Légu- 
mineuses. 

Le  Psophocarpus  longepedunculatus,  ou  Psophocarpus 
palmettorum,  est  voisin  du  Psophocarpus  tetragonolohus, 
qui  est  le  pois  carré  de  la  Réunion  et  de  Maurice,  où  on  con- 
somme les  gousses  vertes  et  les  graines  fraîches.  Les  deux 
espèces  sont  des  plantes  grimpantes,  à  racines  tubéreuses 
et  à  fleurs  bleuâtres  ou  lilas  ;  mais  le  Psophocarpus  longe- 
pedunculatus, qui  est  plutôt  l'espèce  du  continent  africain, 
où  elle  s'est  naturalisée,  est  à  tige  plus  grosse  et  à  gousses 
plus  petites,  avec  graines  moins  nombreuses.  Ces  gousses, 
chezlesdeux  espèces,  sont  tétragones,  avecuneaile  à  chaque 
angle. 

68.  Haricots  rouges  d'Europe    (Dahomey).   —  Légumineuses. 

Cette  variété  de  Phaseolus  vulgaris  provient  du  Dahomey, 
mais  y  a  été  importée  d'Europe. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  1  b* 

69.  Graines  de  Mucuna  urens  (Dahomey).  —  Légumineuses. 

70.  Graines  de  Mucuna  urens. 

71.  Gousses   de   Mucuna     flagellipes     (Soudan).   —  Légumi- 
neuses. 

La  détermination  des  gousses  de  Mucuna  flagellipes  a 
été  faite  avec  quelques  réserves.  Cette  espèce  est  africaine. 
Le  Mucuna  urens,  qui  est  appelé  pois  à  gratter,  en  raison 
des  poils  bruns  brûlants  qui,  comme  dans  le  M.  flagellipes, 
couvrent  ses  gousses,  ou  encore  œil  de  bourrique,  en  raison 
de  la  forme  et  de  l'aspect  de  ses  grosses  graines,  est  d'ori- 
gine américaine  et  est  donc  introduit  en  Afrique  comme  en 
beaucoup  d'autres  pays  chauds.  A  la  Martinique,  d'après 
le  Père  Duss,  les  graines  de  Mucuna  urens  seraient  man- 
gées rôties,  quoiqu'elles  soient  amères  ;  elles  seraient  diuré- 
tiques et  excitantes.  Peut-être  cependant  ne  doivent-elles 
pas  être  consommées  sans  quelques  précautions  ;  ce  doit 
être,  du  reste,  un  médiocre  aliment. 

72.  Gousses  de  PterOCarpUS  eSCUlentUS  (Dahomey).  —  Légu- 
mineuses. 

Cette  Légumineuse,  appelée  mengoun  en  certaines 
régions,  est  commune  en  Afrique  tropicale  le  long  des  cours 
d'eau  et  est  plantée  dans  quelques  villages  du  Bas-Daho- 
mey. Ses  graines  sont  comestibles,  mais  passent  pour  être 
toxiques  lorsqu'elles  sont  crues. 

73.  Rameaux  et  fruits  de  Blighia  sapida  (Dahomey).  —  Sapln- 
dacées. 

Ce  grand  arbre,  qui  est  le  finzan  des  Bambaras,  est  intro- 
duit aujourd'hui  en  beaucoup  de  pays  tropicaux,  mais  est 
d'origine  africaine  ;  il  est  commun  à  l'état  spontané,  d'après 
M.  Chevalier,  dans  les  forêts  de  la  Côte  d'Ivoire  et  du 
Congo.  11  est  très  cultivé  autour  des  villages  au  Dahomey, 
dans  le  Baoulé  et  la  Haute-Côte  d'Ivoire,  en  Guinée  Iran- 


16  H.    JUMELLE 

çaise.  Les  fruits  sont  des  capsules  ovoïdes,  rouges,  s'ouvrant, 
par  déhiscence  loculicide,  en  trois  valves.  Les  graines,  dont 
il  n'y  a  qu'une  par  loge,  sont  minces  et  brillantes,  mais 
chacune  est  partiellement  enveloppée  par  un  arille  épais, 
blanc  jaunâtre,  présentant  des  circonvolutions  qui  ont  valu 
à  la  plante  le  nom  vulgaire  de  ris  de  veau.  Cet  arille,  qui  a 
une  saveur  de  noix  fraîche,  est  mangé  cuit  à  F  eau  ou  frit. 
Cru,  il  passe  pour  toxique  :  il  peut  être  également  dange- 
reux lorsqu'il  est  consommé  trop  jeune  ou,  au  contraire, 
trop  avancé. 

74.  Noix  d'Anacardium  occidentale.  — Térébinthacées. 

Originaire  de  l'Afrique  tropicale  et  cultivé  aujourd'hui 
dans  tous  les  pays  chauds,  Y  acajou  à  pomme  est  très  fré- 
quemment planté  par  les  indigènes  en  Afrique  occidentale. 
Voir  le  Catalogue  de  Madagascar,  n°  22. 

75.  Graines  de  nénuphar.  —  Nymphéacées. 

Ces  graines  de  diahar,  qui  appartiennent  à  diverses 
espèces  de  Nympïiaea.  notamment  le  Xymphaea  stellata  et 
le  Nympjhaea  Lotus,  sont  mangées  en  couscous  par  les 
Noirs.  Les  graines  sont  blanches  ou  rouges  selon  l'espèce  ; 
les  rouges  seraient  les  meilleures.  Voirn0  6  de  ce  Catalogue. 

76.  Graines  de  Cola  cordifolia  (Sénégal).   —  Sterculiacées. 

77.  Arille  de  la  graine  de  Cola  cordifolia  (Sénégal). 

78.  Fruits,  fleurs  et  feuilles  de  Cola  cordifolia  (Sénégal). 

Cet  arbre  à  tronc  énorme,  indigène  dans  l'Ouest  Africain, 
mais  parfois  aussi  planté  dans  les  villages  soudanais  comme 
arbre  d'ombrage  propre  aux  palabres,  est  le  ntaha  du  Sou- 
dan, le  ndimh  des  Ouolofs,  le  doula  des  Mandingues,  le 
tabacklé  du  Cayor.  On  consomme  l'arille  jaunâtre  et  pul- 
peux, de  saveur  sucrée,  qui  enveloppe  la  base  des  graines. 

A.  Rançon:  loc.  cit..  —  A.  Chevalier  :  loc.  cit.). 


AFRIQUE    OCdibËKÏALÊ    FRANÇAIS!-;  \  t 


III.  —  FRUITS  ALIMENTAIRES 

91.  Fruits  de  Balanites  aegyptiaca  (Haut-Sénégal-Niger).  — 
Simaruhacées. 

Le  Balanites  aeyyptiaca,  ou  soump  des  Ouolofs,  que  nous 
citerons  encore  plus  loin  dans  la  section  des  Oléagineux, 
est  abondant,  à  l'état  spontané,  dans  le  Nord  du  Sénégal 
et  le  Soudan,  et  il  s'étend,  à  travers  tout  ce  Soudan,  jus- 
qu'en Abyssinie  ;  on  le  retrouve  dans  la  région  des  Lacs. 
En  Afrique  Occidentale  Française,  du  côté  de  Bobo-Diou- 
lasso  et  dans  le  Haut-Dahomey,  il  est  planté.  La  pulpe  de 
ses  fruits  est  comestible  ;  et  ces  fruits,  nommés  garbay  hon- 
non,  ou  «  dattes  amères  »,  sont  vendus  sur  le  marché  de 
Tombouctou.  A  haute  dose,  ils  seraient  purgatifs  et  pour- 
raient occasionner  des  diarrhées.  Les  racines,  lécorce  et  les 
feuilles  de  la  plante  seraient  purgatives  et  vermifuges, 
même  à  doses  modérées.  Les  racines  et  l'écorce  contiendraient 
de  la  saponine  et  pourraient,  comme  telles,  être  employées 
pour  le  nettoyage  et  le  dégraissage  des  étoffes. 

(De  Wildeman  :  Le  Balanites  aer/yptiaca.  Notices  sur  îles  plantes 
utiles  ou  intéressantes  de  la  flore  du  Congo  ;  Bruxelles,  1903. —  A.  Che- 
valier :  loc.  cit.) 

92.  Fruits  deDiospyros  mespiliformis  (Haut-Sénégal-Niger). 
—  Ebénacées. 

C'est  Yébénier  du  Soudan,  spontané  en  Afrique  tropicale 
en  dehors  de  la  forêt,  et  cultivé  en  quelques  villages.  Bien 
que  la  pulpe  des  fruits  soit  très  mince,  ces  fruits  se  trouvent 
couramment  sur  le  marché  de  Tombouctou. 

(A.  Chevalier:   loc.   cit. 

93.  Graines  de  Gitrullus  vulgaris.  —  Cucurbitacées. 

La  pastèque  est  spontanée  dans  les  terrains  sablonneux 
Annales  du  Musée  colonial  de  Marseille.  --  3*  Bérie,  5'  vol,  l'.'IT.  2 


18  H.    JUMELLE 

de  la  zone  soudanienne  et  fréquemment  cultivée  en  Afrique 
tropicale.  Les  fruits  des  formes  cultivées  sont  souvent  à 
saveur  douce  ;  c'est  le  cas  notamment  de  celles  de  ces 
formes  à  fruits  moyens  qu'on  rencontre  dans  le  Moyen-Ni- 
ger, en  particulier  autour  de  Tombouctou.  Ces  fruits  mû- 
rissent de  septembre  à  janvier  ;  les  graines  sèches  tiennent 
aussi  une  grande  place  dans  l'alimentation  indigène  de 
février  à  août. 

D'après  les  recherches  faites  à  l'Impérial  Institute  de 
Londres,  sur  des  graines  provenant  de  la  Nigérie  méridionale, 
où  la  plante  est  appelée  ikpan,  ces  graines  se  composent  de 
36  °/0  d'enveloppe  et  64  °/0  d'amande  ;  et  cette  amande 
donne  40,6  °/0  d'une  huile  jaune  pâle  qui  laisse  déposer  des 
flocons  blanchâtres  et  a  pour  caractères  : 

Densité 0,922 

Indice  d'acidilé 1,4 

Indice  d'iode 107 

Indice  de  saponification 196,5 

Pour  la  savonnerie,  cette  huile  d'ikpan  a  été  estimée  à 
Londres  à  une  valeur  un  peu  moindre  que  l'huile  de 
coton,  mais  ce  serait  peut-être  une  huile  comestible,  ce  qui 
élèverait  son  prix. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.  —  Bulletin  of  the Impérial  Institute,  1908,  n°  4.) 

94.  Fruits  d'Anona  rauricata.  —  Anonacées. 

Le  corossolier,  originaire  des  Antilles,  où  c'est  le  cachi- 
man  épineux,  est  depuis  longtemps  cultivé  par  les  indigènes 
dans  la  région  des  sources  du  Niger  et  dans  le  Bas-Daho- 
mey. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 

1)5-96.  Fruits  de  Zizyphus  orthacantha  ;  jujubier.  —  Rhamna- 

cées . 

Cette  espèce  de  jujubier,  voisine  du    Zizyphus  Jujuha, 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  19 

est  spontanée  au  Soudan  et  y  est  commune.  Elle  est  quel- 
quefois cultivée  plus  au  Sud.  Les  fruits  sont  comestibles  ; 
fermentes  dans  l'eau,  ils  donnent  aussi  une  boisson  rafraî- 
chissante. Les  feuilles  nourrissent  le  Bombyx  Faidherhii. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 

97.  Fruits  de  Passiflora  foetida  (Dahomey). — Passifloracées. 

Toutes  les  passiflores  sont  originaires  de  l'Amérique 
tropicale.  Le  Passiflora  foetida,  caractérisé  par  les  trois 
feuilles  involucrales  très  divisées  qui  accompagnent  chaque 
fruit,  est  aujourd'hui  naturalisé  dans  beaucoup  de  villages 
africains.  Le  fruit  est  comestible . 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 

98.  Graines  de  Luff a  cylindrica .  — Cucurbitacées. 

C'est,  au  Soudan,  le  niahessé  des  indigènes,  qui  toutefois 
ne  consomment  guère  les  jeunes  fruits,  comme  en  certaines 
autres  contrées,  et  n'utilisent  en  général  que  le  réseau 
fibreux  des  fruits  mûrs  et  secs . 

(A.  Chevalier:  loc.  cit.) 


99.  Fruits  d'Hibiscus  esculentus  (Sénégal).  —  Malvacées. 

Le  gombo,  dont  la  culture  est  encore  possible  dans  le 
Midi  de  la  France,  est  aujourd'hui  naturalisé  dans  tous  les 
pays  tropicaux;  d'après  Schweinfurth,  il  serait  spontané 
en  Abyssinie.  On  en  connaît  de  nombreuses  variétés  en 
Afrique  occidentale.  On  mange  les  fruits  quand  ils  sont 
jeunes,  comme  légumes,  avec  du  riz,  du  couscous,  de  la 
viande  ou  du  poisson.  C'est  le  guaniala  des  Bambaras,  le 
gaou  des  Malinkès,  le  candie  des  Peulhs,  le  diakatamc  des 
Sarracolés. 

(A.  Rançon  :  loc,  cit.  —  A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 


20  H.   jumelle 

100.  Fragment  de  régime  de  Phoenix  reclinata.  —  Palmiers, 

Cedattier,  à  tronc  bas.  dont  on  retrouve  une  A7ariété  à 
Madagascar,  est  connu  dans  toute  l'Afrique  tropicale  et 
même  en  Afrique  du  Sud,  sur  les  côtes  et  dans  l'intérieur  ; 
il  croît  ordinairement  sur  les  bords  des  cours  d'eau.  Les 
fruits  sont  mangeables. 

101.  Fruits  de  Salvadora  persica  (Haut-Sénégal-Niger).  — 

Salvadoracées. 

Ce  petit  arbre,  qui  pousse  à  l'état  sauvage  en  diverses 
régions  de  l'Afrique  tropicale,  ainsi  que  dans  l'Afrique  du 
Nord,  en  Arabie  et  dans.  l'Inde,  donne  de  petits  fruits  dont 
le  goût  rappelle  celui  des  raisins  de  Corinthe,  et  qui,  d'après 
M.  Chevalier,  sont  vendus  en  grande  quantité  à  Tombouc- 
tou. 

Les  graines,  dont  l'amande  est  amère,  sont  oléagineuses 
et  fournissent  44,6  °/0  d'une  huile  concrète  jaune,  à  odeur 
désagréable,  et  qui  a  pour  constantes,  comparées  à  celles  du 
Salvadora  oleoides  de  l'Inde  : 

S.  persica  S.  oleoides 

Indice  de  saponification 245,2  242,4 

Indice  d'iode 5,9  7,5 

Indice  d'acidité 9,3  11,13 

Solidification  des  acides  gras  30°4  40° 

Point  de  fusion 38°  41° 

Son  haut  point  de  fusion  rendrait  donc  ce  beurre  intéres- 
sant pour  la  stéarinerie,  et  aussi  peut-être,  après  purifica- 
tion, comme  graisse  alimentaire  et  «  beurre  à  chocolat  »,  au 
même  titre  que  les  beurres  (tengkaicany)  des  Shorea  de 
Bornéo. 

102.  Gousses  et   graines  de  Parkia  biglobosa  ;  nété  (Séné- 
gal) .  —  Légumineuses. 

103.  Jeunes  gousses  et  inflorescences  de  Parkia  biglobosa. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  21 

404.  Gousses  de  Parkia  biglobosa. 

105.  Feuilles  et  fragments  de  tige  de  Parkia  biglobosa. 

106.  Écorces  de  Parkia  biglobosa. 

Le  Parkia,  biglobosa,  ou  Parkia  a f ricana,  est  un  bel 
arbre  de  12  à  15  mètres  de  hauteur,  à  feuilles  deux  fois 
composées  et  à  fleurs  rouges,  disposées  en  boules.  Les 
gousses  noires,  linéaires  et  un  peu  en  faucille,  de  27  à  40 
cm.  de  longueur  sur  13  mm.  de  largeur,  sont  complètement 
remplies,  dans  les  intervalles  laissés  par  les  graines,  par 
une  pulpe  d'abord  spongieuse  et  blanche,  puis  granuleuse 
et  jaune  clair.  Les  graines  plongées  dans  cette  pulpe  sont 
elliptiques,  comprimées,  à  épais  tégument  brun.  Cette 
espèce  est  largement  répartie  dans  toute  la  zone  tropicale 
africaine  ;  on  la  retrouve  dans  le  Haut-Nil  et  au  Congo.  En 
Afrique  Occidentale  Française,  elle  habite  les  zones  souda- 
nienne  etguinéenne.  C'est  le  nété  et  le  néré  des  Bambaras, 
le  oulle  des  Ouolofs,  le  houlle  et  le  néri  des  Soussous,  le 
kombé  des  Bandas,  etc.  Il  joue  un  rôle  important  dans  l'ali- 
mentation indigène,  soit  par  ses  graines,  qui,  torréfiées  et 
fermentées,  donnent  une  sorte  de  fromage  (sumbara)  qu'on 
conserve  en  tablettes  et  qui  sert  de  condiment,  soit  surtout 
par  la  pulpe  de  ses  gousses.  Cette  pulpe  (ou  pain  cVépice 
d* Afrique)  réduite  en  farine  se  présente  sous  l'aspect  d'une 
poudre  jaune  d'or,  un  peu  humide  au  toucher,  s'agglomé- 
rant  facilement  par  pression,  d'odeur  douce  et  de  saveur 
fortement  sucrée  et  mucilagineuse.  Elle  contient,  d'après 
des  analyses  de  M.  Crété,  25  °/0  environ  de  saccharose, 
20  %  de  sucre  réducteur,  1  à  1,30  °/0  de  substances 
grasses,  et  des  matières  pectiques  correspondant  à  des  pec- 
tanes  et  à  des  galactanes.  La  pulpe  de  nété,  qui  n'est  donc 
pas  amylacée,  mais  plutôt  sucrée  et  mucilagineuse,  a  déjà 
été  employée  avec  succès  en  Europe  pour  l'alimentation  des 
jeunes  enfants.  Les  graines  plongées  dans  cette  pulpe  se 
composent  de  33  °/0  environ  de  tégument  et  66  °/o  d'amande, 
et  celle-ci  renferme  près  de  25  °/0  d'une  huile  jaune  paille 


22  H.    JUMELLE 

qui  a  pour  indice  d'iode  82,8  Ji,  et,  pour  indice  de  saponifi- 
cation, 192.  Après  torréfaction,  les  graines  peuvent  servir  à 
préparer  une  infusion  rappelant  le  café.  Les  enveloppes  des 
gousses  servent  au  Fouta-Djalon  pour  intoxiquer  le  pois  - 
son. 

(Heckel  et  Schlag-denhauffeil  :  Du  café  du  Soudan,  Parkia  biylobosa, 
au  point  de  vue  botanique  et  chimique .  Journal  de  Pharmacie  et  de 
Chimie,  4887.  — ■  A.  Chevalier  :  Les  Parkia  de  V Afrique  occidentale.  Bul- 
letin du  Muséum  d'Histoire  naturelle,  1910.  —  L.  Crété  :  Le  nété  et 
quelques  autres  Parkia  de  l'Afrique  occidentale.  Vigot,  Paris,  1910.) 

107-108.   Gousses  de  Dialium  nitidum  (Sénégal).  —  Légumi- 
neuses. 


109.  Graines  de  Dialium  nitidum. 

Le  Dialium  nitidum,  ou  tamarinier  velouté,  le  solom  des 
Ouolofs,  le  kocyto  des  Mandingues,  est  un  arbre  de  taille 
moyenne,  à  petits  fruits  vaguement  lenticulaires,  noirs  et 
veloutés,  dont  la  pulpe  acidulé  est  comestible  et  rafraîchis- 
sante. 

(P.  Sébire:  Les  Plantes  utiles  du  Sénégal.  —  Baillière,  1899.) 

110.  Fruits  de  Parinarium  senegalense.  —Rosacées. 

111.  Huile  et  graines  de  Parinarium  senegalense . 

Le  Parinarium  senegalense,  ou  Parinarium  macrophyl- 
lum,  est  le  néou  et  le  pommier  du  Cayor  des  colons.  Les 
fruits  globuleux,  jaunâtres,  avec  noyau  épais,  bosselé  et  à 
surface  anfractueuse,  sont  mangés  par  les  indigènes,  quoique 
la  pulpe  soit  peu  juteuse,  farineuse  et  un  peu  âpre.  C'est  le 
gingcr-hread-plum  des  colons  anglais  de  Sierra-Leone.  Les 
graines  contiennent  une  huile  qui  est  parfois  utilisée  au 
Sénégal  pour  faire  des  savons. 

Le  noyau  se  compose  de  85,86  °/0  de  coque  et  15,14  °/0  de 
graine.  Par  le  sulfure  de  carbone   on  obtient  la   substance 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  23 

grasse  dans  la  proportion  de  9,45  °/0  du  noyau  et  62,40  °/0 
de  la  graine  seule.  Cette  huile  est  liquide  à  la  température 
ordinaire,  légèrement  jaunâtre,  et  d'une  densité  de  0,954  à 
15°.  Elle  rancit  facilement,  en  s'épaississant.  Elle  est  très 
siccative  et  rappelle,  par  ses  propriétés,  l'huile  de  bancoul. 
Le  rendement  en  acides  gras  de  saponification  est  de  92  °/0, 
et  leur  point  de  solidification  est  de  20°.  Le  rendement  en 
acides  gras  de  distillation  est  de  72,50  °/0,  et  le  point  de 
solidification  de  ces  acides  est  de  32°.  Le  rendement  en 
acides  gras  solides  de  saponification  est  de  10  °/0,  et  le  point 
de  solidification  de  ces  acides  est  de  51  °7  .  Le  rendement  en 
acides  gras  solides  de  distillation  est  de  25  °/0,  et  leur 
point  de  solidification  est  de  50°.  Cette  huile  ne  convien- 
drait ni  en  savonnerie  ni  en  stéarinerie,  mais  serait  utili- 
sable comme  l'huile  de  lin.  Le  tourteau,  de  goût  agréable, 
mais  peu  azoté,  ne  peut  être  employé  que  comme  engrais. 

E.  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  fran- 
çaises. Annales  de  l'Institut  Colonial  de  Marseille,  1898.) 

112.  Fruits  et  feuilles  de  Parinarium  excelsum.  —  Rosacées. 

113.  Fruits  de  Parinarium  excelsum. 

Les  fruits  de  cette  autre  espèce,  qui  est  le  mampata  des 
Ouolofs,  sont  plus  petits  que  les  précédents  et  à  noyau 
moins  anfractueux.  Ils  sont  encore  consommés  par  les  indi- 
gènes et  seraient  de  saveur  plus  douce  et  plus  agréable  que 
les  fruits  du  néou.  C'est  le  gray  ou  rough-skinned-plum  de 
Sierra-Leone. 

114.  Ampelocissus  Lecardii.  —  Ampélidacées. 

Les  «  vignes  »  qui  poussent  à  l'état  spontané  dans  le 
Haut-Sénégal  sont  des  espèces  d' Ampelocissus  et  de  Cissus. 
Leurs  tiges  herbacées  ou  suffrutescentes  sont  ordinairement 
couchées  sur  le  sol.  A  la  fin  de  l'hivernage,  elles  produisent 
des  grappes  de  raisins  qui  ont  parfois  la  grosseur  d'une 
prune  et  sont    rouge  noirâtre,  avec   de   volumineux  pépins 


24  H.    JL'MELLE 

recouverts  d'une  mince  pulpe  sucrée.  Il  est  peu  probable 
que,  comme  on  y  avait  pensé  jadis,  on  puisse  réussir  à  hy- 
brider  ou  greffer  ces  vignes  du  Soudan  avec  les  véritables 
vignes. 

(A.    Chevalier:    loc.  cit.   Une  Mission  au  Sénégal.  Challamel,  Paris, 

1900.) 

115.  Noyaux  deXimenia  sp. —  Olacacées. 

Ce  Ximenia,  qui  est  voisin  du  Ximenia  americana,  et 
est  le  séno  des  Bambaras  et  des  Malinkès,  est  un  arbuste  de 
3  mètres  au  plus  de  hauteur,  assez  commun  dans  le  Foula- 
dougou,  le  Kita,  le  Manding,  le  Bambouck,  le  Denkilia  et 
le  Kuokodougou,  où  il  croît  sur  les  sols  pauvres  et  dans  les 
interstices  des  rochers.  Les  fruits  ressemblent  à  des  prunes 
mirabelles,  mais  parfaitement  sphériques.  La  pulpe  est 
peu  abondante  mais  rafraîchissante,  aigrelette,  légèrement 
aromatique  et  très  agréable.  L'amande,  contenue  dans  un 
noyau  assez  volumineux,  a  le  goût  de  laurier- cerise  et  con- 
tient une  assez  forte  proportion  d'acide  cyanhydrique  pour 
que  son  ingestion  soit  dangereuse. 

(A.  Rançon  :  loc.  cil.) 

116.  Fruits  de  Napoleona  imperialis  (Sénégal).  —  Myrtacées. 

La  pulpe  des  fruits  de  cette  Myrtacée  est  mangée  comme 
rafraîchissante. 


IV.   —  PLANTES     A     SUCRE 

121.  Tiges  de  Panicum  stagninum;  bourgou  (Haut-Sénégal- 
Niger).  —  Graminées. 

Le  bourgou,  ou  roseau  à  sucre  du  Soudan,  est  une  Gra- 
minée  qui  pousse  en  abondance  dans  les  terrains  inondés 
par  le  Niger;  il  apparaît  en  juin,  quand  la  crue  fait  débor- 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  25 

der  le  tleuve.  Les  tiges  grandissent  rapidement  et  atteignent 
en  septembre  jusqu'à  3  mètres.  À  la  période  des  plus 
grandes  pluies,  en  juillet,  elles  n'émergent  parfois  que  de 
10  centimètres,  et  jamais  de  plus  de  1  mètre.  La  plante  ne 
se  trouve  plus  qu'en  petite  quantité  au  sud  du  13e  degré  de 
latitude  Nord,  quoiqu'on  la  rencontre  encore  dans  les  lacs 
du  Bas-Dahomey  par  exemple,  mais  elle  est  très  abondante 
dans  la  région  de  Tombouctou  et  dans  tout  le  Moyen-Niger  ; 
son  grand  centre  est  le  lac  Débo,  qui  est  le  régulateur  de 
l'inondation  du  fleuve.  La  surface  de  production  s'étendrait 
sur  250.000  hectares.  Si  la  récolte  de  riz  est  mauvaise,  les 
indigènes  utilisent  les  graines.  Mais,  d'autre  part,  c'est 
surtout  comme  plante  à  sucre  que  le  bourgou  est  connu  et 
utilisé  autour  de  Tombouctou.  Les  tiges  qui  ont  été  fauchées 
sont  écrasées,  puis  traitées  par  l'eau,  et  on  obtient  un  sirop 
épais  qui  est  le  koundou-hari,  boisson  habituelle  des  Musul- 
mans de  Tombouctou.  Ce  sirop  doit  être  bien  frais,  car  il 
fermente  très  vite  ;  il  est  de  couleur  caramel  foncé,  d'abord 
sucré,  puis  acre,  très  désagréable  pour  ceux  qui  n'y  sont 
pas  habitués.  Concentré,  il  donne  une  mélasse  qui,  décou- 
pée comme  du  nougat,  est  le  katou,  vendu  également  sur 
le  marché  de  Tombouctou.  D'après  les  analyses  de 
MM.  Perrot  et  Tassilly,  le  bourgou  contient  10  %  de 
saccharose  et  7  °/0  de  sucres  réducteurs  évalués  en  glucose. 
Sans  être  aussi  riche  que  la  canne  à  sucre,  il  pourrait  donc 
être  utilisé  sur  place  pour  la  fabrication  d'alcool. 

(A.  Chevalier  :  Une  nouvelle  plante  à  sucre  de  l'Afrique  Occidentale 
Française.  Comptes  rendus  de  l'Association  française  pour  l'avancement 
des  sciences,  Congrès  de  Paris,  1900.  —  Perrot  et  Tassilly  :  Sur  la 
composition  chimique  et  Vutilisation  possible  du  bourgou.  Yigot,  Paris, 
4910.) 

122-423.  Vin  de  palme.  —  Palmiers. 

Le  palmiste,  surtout  intéressant  pour  ses  fruits  et  ses 
graines  à  substances  grasses  concrètes,  et  qui  sera,  comme 
tel,  cité  de  nouveau  dans  la  section  des  Oléagineux,  est,  en 
outre,  pour  les  indigènes  de  l'Afrique  occidentale,  un  palmier 


26  H.    JUMELLE 

à  vin.  Des  inflorescences  mâles  sectionnées  de  ce  palmiste 
on  retirerait  par  jour  un  demi-litre  à  un  litre  et  demi  de 
liquide. 


V.  —  CAFÉIQUES 

131.  Fruits  de  caféier  de  Libéria.  —  Rubiacées. 

132.  Café  de  Libéria. 

133.  Caféine  extraite  du  café  de  Libéria. 

Originaire  de  l'Angola,  le  caféier  de  Libéria  a  été  intro- 
duit à  une  époque  relativement  récente  sur  la  côte  de 
Guinée  ;  en  Afrique  Occidentale  Française,  la  seule  colonie 
qui  s'adonne  quelque  peu  à  sa  culture  est  la  Côte  d'Ivoire, 
qui  exportait  en  1912,  d'Assinie  et  de  Bassam,  28.000  kilos 
environ. 

134.  Café  du  Rio-Nunez  (Guinée  Française).  —  Ruhiacées. 

Le  Coffea  slenophylla,  qui  donne  le  café  dit  «  du  Rio- 
Nunez  »,  est  spontané  dans  la  Basse-Guinée  Française  et  à 
Sierra-Leone.  Il  croit  entre  400  et  700  mètres  d'altitude,  à 
100  à  300  kilomètres  de  la  mer,  dans  une  contrée  où  il 
tombe  de  1  m.  50  à  3  mètres  d'eau.  Plus  près  de  la  mer, 
au-dessous  de  300  mètres,  où  les  pluies  sont  plus  abon- 
dantes, comme  à  Boké,  sur  le  Rio-Nunez,  il  n'est  que 
cultivé.  Ce  n'est  que  dans  le  Haut-Rio-Nunez  qu'il  rede- 
vient spontané.  Le  café,  à  petits  grains,  est  d'arôme  assez 
fin,  mais  avec  un  petit  goût  de  vieux  qui  ne  plaît  pas 
toujours. 

(A.  Chevalier  :  Les  caféiers  sauvages  de  la  Guinée  Française.  Comptes 
rendus  de  l'Académie  des  Sciences,  22  mai  1905.) 

135.  Gousses  et  graines  de  Cola  nitida.  —  Sterculiacées, 


AFRUJUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  27 

136-137.  Graines  de  Cola  nitida. 

138.  Feuilles  de  Cola  nitida. 

139.  Pâte  des  graines  de  kola. 

140.  Pain  avec  poudre  de  kola  et  beurre  de  cacao. 

141.  Kolanine  des  graines  de  Cola  nitida. 

142-143.  Caféine  des  graines  de  kola. 
144.  Écorces  de  Cola  nitida. 

Les  noix  de  kola  que  consomment  les  indigènes  de 
l'Afrique  occidentale,  et  dont  l'emploi  est  aujourd'hui  cou- 
rant dans  la  thérapeutique  européenne,  sont  les  graines  de 
plusieurs  espèces  de  Cola,  dont  la  meilleure  est  le  Cola 
nitida.  Les  graines  de  ce  Cola  nitida  seront  toujours  dis- 
tinguées de  celles  des  autres  espèces  par  ce  caractère  qu'elles 
sont  à  deux  cotylédons,  tandis  qu'il  y  a  plus  de  deux  de  ces 
cotylédons  dans  les  autres  espèces,  et  notamment  dans  le 
Cola  acuminata,  le  Cola  verticillata  et  le  Cola  Ballayi. 

Le  Cola  nitida  est  spontané  dans  la  forêt  vierge  de  la 
Côte  d'Ivoire  et  du  Libéria,  mais  ses  diverses  races  sont 
aujourd'hui  cultivées  en  grand  en  Afrique  occidentale  à 
partir  de  la  Guinée  Française.  Il  est  bien  reconnu  en  théra- 
peutique que  les  graines  fraîches  sont,  comme  l'ont  toujours 
admis  les  Noirs,  bien  supérieures  aux  graines  sèches.  Ces 
graines  fraîches  n'agissent  pas  seulement  par  la  caféine, 
mais  encore  par  des  catéchines,  la  kolatine  et  la  kolatéine, 
qui  solubilisent  la  caféine  ;  et,  au  cours  de  la  dessiccation, 
ces  catéchines,  sous  l'influence  de  diastases,  telles  que  le 
kolooxydase,  subissent  des  transformations,  parmi  les- 
quelles la  plus  importante  est  la  mise  en  liberté  de  la 
caféine.  Les  effets  de  la  noix  sont  ainsi  considérablement 
atténués. 

(E.  Ileckel  :  Los  kolas  africains.  Annales  du  Musée  Colonial  de  Mar- 
seille, 1893.  —  Chevalier  et  Perrot  :  Les  kolêtlirè  et  les  nota  >/f  kola. 


28  H.    JUMELLE 

Les  Végétaux  utiles  de  l'Afrique  tropicale  française,  1911.  —  Goris  et 
Arnould  :  Conservation  et  stérilisation  des  noix  de  kola  fraîches.  Bulletin 
des  Sciences  pharmacologiques,  1907.) 

135.  Cacao  de  la  Côte  d'Ivoire.  —  Sterculiacées. 

0 

La  culture  du  cacaoyer  s'est  considérablement  développée 
en  ces  dernières  années  à  la  Côte  d'Ivoire.  Les  exportations 
de  cacaos,  qui  n'étaient  que  de  7  tonnes  en  1910,  se  sont 
élevées  à  300  tonnes  en  1916.  En  décembre  1915  on 
comptait  2.398  plantations  indigènes,  avec  plus  de  1.675.000 
arbres,  et  13  exploitations  européennes.  'Ces  plantations  se 
trouvent  surtout  dans  les  cercles  du  Bas-Cavallv,  d'Assinie, 
de  l'Agneby,  de  l'Indénié  et  des  Lagunes.  La  qualité  de  ces 
cacaos  de  la  Côte  d'Ivoire  a  déjà  été  appréciée  sur  nos 
marchés.  Les  cacaos  exposés  appartiennent  à  une  variété 
amelonaclo  du  groupe  des  forasteros.  Ils  ont  été  récoltés  et 
préparés  à  la  Station  de  Bingerville.  La  durée  de  la  fermen- 
tation a  été  de  6  jours,  avec  brassage  et  changement  de 
cuve  tous  les  jours  à  partir  du  deuxième.  Le  séchage  à  l'air 
libre  nécessite  10  à  15  jours,  suivant  la  saison.  En  décembre 
1916,  ces  cacaos  étaient  vendus,  pris  en  magasin,  1  fr.  72 
le  kilo. 

(Développement  delà  culture  du  cacaoyer  au  31  décembre   1591,    à  la 
Côte  d'Ivoire.  Bingerville,  1916.) 


VI.  —  CONDIMENTS     ET     AROMATES 

151.  Poivre  de  Guinée.  —  Pipéracées. 

Le  poivre  de  Guinée,  ou  poivre  de  Kissi,  qui  ressemble 
au  poivre  noir  du  Piper  nigrum  de  l'Inde,  est  donné  par  le 
Piper  guineense,  plante  grimpante  spontanée  dans  les 
forêts  et  les  galeries  forestières  de  l'Afrique  tropicale.  Il 
n'est  cultivé  qu'au  Kissi,  en  Guinée  Française,  où  il  donne 
lieu  à  un  petit  commerce. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 


ÀftUQuË  occidentale  FRANÇAISE  29 

\Îj2.  Poivre  d'Ethiopie.  —  Anonacées. 

153.  Racines  de  ndiar. 

154.  Bois  de  ndiar. 

Le  poivre  d'Ethiopie,  ou  encore  poivre  de  Sedhiou,  sou- 
vent aussi  appelé,  comme  le  précédent,  poivre  de  Guinée,  et 
qui  est  le  ndiar  des  Ouolofs,  est  un  condiment  à  saveur 
piquante  comme  le  véritable  poivre,  mais  son  origine  bota- 
nique est  toute  différente  de  celle  de  ce  poivre.  La  plante 
productrice  est  un  arbre  ;  et  le  produit  se  présente  sous  la 
forme  de  bouquets  de  baies  cylindriques,  delà  grosseur  d  une 
plume  d'oie,  avec  de  légers  étranglements  correspondant  aux 
intervalles  des  graines  qu  elles  contiennent.  L'espèce  est 
spontanée  en  quelques  régions  forestières  de  l'Afrique  tropi- 
cale, mais  cultivée  ailleurs,  notamment  dans  la  région  mari- 
time du  Sénégal  et  dans  le  Bas-Dahomey. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 

155.  Fruits  d'Aframomum  Melegueta  (Sénégal).  —  Zingibé- 

racées. 

Les  graines  de  V Aframomum  Melegueta  sont  la  mani- 
guette,  ou  méléguette,  ou  graine  de  Paradis,  ou  Y  alligator 
peper,  le  kisadji  de  Sierra-Leone.  Elles  sont  utilisées,  en 
Angleterre  notamment,  comme  condiment,  à  la  façon  des 
cardamones  de  l'Inde  ;  la  saveur  en  est  brûlante  et  très 
piquante.  La  plante  paraît  spontanée  en  certaines  parties 
des  forêts  de  la  Côte  dlvoire  et  du  Libéria,  et  est,  en  tous 
cas,  très  cultivée  sur  la  côte  du  golfe  de  Guinée,  en  Guinée 
Française,  à  Sierra-Leone,  à  la  Côte  d'Ivoire,  au  Daho- 
mey, etc. 

loG.  Fruits  d'Aframomum  sp.  (Guinée  Française).   —  Zingi- 
hé  racées. 

Cet  Aframomum,  à  plus  petits  fruits  que  le  précédent, 


30  U.    JUMELLE 

est  nommé  en  soussou  niohomi  conkouri,  ou  «  petit 
gingembre  ».  La  graine  est  mangée  par  les  Noirs  comme 
condiment.  C'est  peut-être  YAframomum  Meleguetella  K. 
Sch. 

157.  Rhizome  de  gingembre.  —  Zingihéracées. 

Le  Zingiber  officinale,  ou  gingembre,  niohoni  en  soussou, 
originaire  de  l'Asie  tropicale,  est  introduit  de  longue  date 
sur  cette  même  côte  du  golfe  de  Guinée  ;  il  est  très  cultivé 
notamment  au  Sierra-Leone. 

158.  Vanille  sauvage  du  Cavally(?)  (Côte  d'Ivoire).  —  Orchi- 

dacacées. 


VIL  —  PLANTES  MÉDICINALES 
ET  TOXIQUES 

171.  Racines  de  Tinospora  Bakis  (Sénégal).  — Ménisperma- 
cées. 

172.  Rameaux  floraux  de  Tinospora  Bakis. 

173.,  Principes  extraits  des  racines  de  Tinospora  Bakis. 

Le  Tinospora  Bakis  est  une  liane  commune  au  Sénégal, 
dans  le  Oualo,  le  Cayor  et  la  Gasamance,  et  qu'on  retrouve 
encore  plus  à  l'intérieur,  dans  les  environs  de  Kayes.  Les 
racines,  qui  sont  amères,  sont  vendues  sur  les  marchés  de 
Saint-Louis,  Dakar,  Gorée,  Rufîsque  ;  elles  sont  employées 
en  décoction  et  en  macération,  et  surtout  par  les  Ouolofs  et 
les  Sérères,  comme  toniques,  diurétiques  et  fébrifuges. 
Elles  contiennent,  comme  principes  actifs,  de  lacolombine, 
qui  y  est  en  proportion  plus  grande  que  dans  la  racine  de 
Colombo  [Cocculus  palmatus)  et  deux  alcaloïdes,  la  sango- 
line    et   la  pélosine,    cette   dernière   substance   étant  celle 


AFRKJUK    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  31 

qu'on  trouve  dans  les  racines  de  perdra  brava  (Cocculus 
Chondodendron) . 

(Heckel  et  SchlagdenhaufTen  :  Sur  le  bakis  (Tinospora  Bakis)  et  le 
sangol  (Cocculus  Leaeha)  du  Sénégal  et  du  Soudan.  Annales  du  Musée 
Colonial  de  Marseille,  1895.) 

174.  Racines  de  Cocculus  Leaeba  (Soudan).  —  Ménispcrma- 
cées. 

175-176.  Rameaux  de  Cocculus  Leaeba. 

177.  Principes  extraits  des  racines  de  sangol. 

Cette  autre  liane,  de  la  même  famille  que  la  précédente, 
et  qui  est  le  sangol  du  Sénégal,  est  d'aire  géographique  très 
étendue,  correspondant  à  toute  la  région  aride  comprise 
depuis  l'Inde  jusqu'aux  îles  du  Gap  Vert,  à  travers  l'Afgha- 
nistan, l'Arabie  et  l'Egypte.  Elle  croit  spontanément  dans 
la  zone  sahélienne  du  Soudan  et  est  plantée,  autour  des 
cases,  au  Sénégal,  au  Soudan  et  au  Baguirmi.  L'emploi  des 
racines  est  plus  limité  que  celui  des  racines  de  l'espèce 
précédente.  Ces  racines  sont  grattées,  puis  mises  à  macérer 
pendant  quelques  heures  dans  l'eau.  Elles  sont  moins 
amères  et  moins  diurétiques  que  celles  de  bakis.  On  les 
utilise  contre  les  fièvres  intermittentes  invétérées. 

(Heckel  et  SchlagdenhaufTen  :  loc.  cit.) 

178.  Bois  de  faux-sangol  (?)  (Guinée  Française). 

179.  Feuilles  d'Hibiscus  Abelmoschus..  —  Malvacées. 

Cette  plante  annuelle  est  le  rjomho  musqué,  ou  ambrclle, 
dont  les  graines  sont  utilisées  pour  leur  forte  odeur 
musquée  (voir  n°  386  de  ce  Catalogue),  mais  les  feuilles 
seraient  employées  par  les  indigènes  d'Afrique  occidentale 
comme  émollient  contre  les  inflammations  des  yeux. 

180.  Graines  de  Garcinia  Kola.  —  Clusiacées. 


32  ri.  iuMLLË 

181.  Feuilles  de  Garcinia  Kola. 

182.  Racines  de  Garcinia  Kola. 

183.  Extrait  de  bitter-kola. 

Le  Garcinia  Kola  est  un  arbre  de  8  à  15  mètres  de  hau- 
teur, indigène  à  Sierra-Leone,  au  Dahomey  et  au 
Lagos.  Au  Bas-Dahomey,  il  est  fréquemment  cultivé  autour 
des  habitations.  Les  graines,  qui  sont  le  hitter-kola,  ou  kola 
mâle,  sont  vendues  sur  tous  les  marchés  de  l'Afrique  occi- 
dentale depuis  Saint-Louis  jusque  la  Nigérie  anglaise  ;  celles 
qui  sont  vendues  au  Sénégal  et  en  Guinée  Française  pro- 
viennent de  Sierra-Leone.  L'amande  est  toujours  mangée 
crue  et  fraîche.  Les  indigènes  savent  d'ailleurs  fort  bien 
qu'elle  n'a  pas  les  propriétés  de  la  vraie  kola,  mais  ils 
admettent  que  son  ingestion  facilite  la  dégustation  de  cette 
kola  et  la  fait  trouver  plus  agréable.  Le  hitter-kola  arrête- 
rait les  coliques  ;  et,  après  avoir  croqué  une  graine,  on 
peut  manger  une  grande  quantité  de  noix  de  kola  sans 
être  incommodé.  D'après  Heckel,  il  suffirait,  d'autre  part, 
de  mâcher  quelques  graines  pour  guérir  les  rhumes. 

(Heckel  et  Schlag-denhauflen  :  Les  kolas  africains.  Annales  du  Musée 
Colonial  de  Marseille,  1893.  —  A.  Chevalier  et  E.  Perrot  :  Les  kolatiers 
et  les  noix  de  kola.  Les  Végétaux  utiles  de  l'Afrique  tropicale  française, 
.1911.) 

184.  Graines  de  Boscia  senegalensis   (Sénégal).  —  Cappa- 

ridacées. 

Ce  petit  arbre  est  le  pois    du    Sénégal,    le    djandam  des 
Sénégalais.  Ses  fleurs   sont  à   odeur   fétide.   La   vapeur  de 
l'eau  dans  laquelle  on  fait  bouillir  les  feuilles  guérirait  les 
maux  de  tête  ;  la  racine  passe  pour  vermifuge.  Les  graines 
torréfiées  peuvent  remplacer  le  café. 

185.  Ecorces    de    koakandi    (Guinée    Française).    —     Ruta- 
cées. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  33 

Ces  écorces  arriéres  et  aromatiques,  provenant  de  Boké, 
appartiennent  peut-être  à  un  Zanthoxylum.  Les  écorces  de 
beaucoup  de  Zanlho.rylum  sont  toniques  et  fébrifuges. 

186.  Ecorces  de  Khaya  senegalensis .  —  Méliacées. 

187.  Feuilles  de  Khaya  senegalensis. 

188.  Bois  de  Khaya  senegalensis. 

189.  Fleurs  de  Khaya  senegalensis. 

190.  Graines  de  Khaya  senegalensis. 

Le  Khaya  senegalensis,  ou  cailcédrat,  ou  acajou  du  Séné- 
gal, le  diala  des  Bambaras,  est  un  très  bel  arbre  du  Séné- 
gal et  du  Haut-Sénégal-Niger,  très  rare  en  Guinée  Fran- 
çaise. Son  bois  a  été  longtemps  exporté  comme  une  sorte 
d'acajou,  quoiqu'il  soit  inférieur  au  véritable  acajou  améri- 
cain (donné  par  le  Swietenia  Mahagoni).  La  partie  rouge 
de  Técorce  du  Khaya  senegalensis  est  fébrifuge  et  employée 
comme  lécorce  de  quinquina  ;  elle  contient  0,8  °/0  de 
caïlcédrine.  Quoique  bien  inférieure  au  quinquina,  elle  peut 
rendre  quelques  services  dans  les  fièvres  légères  et  comme 
tonique.  Les  graines  sont  très  amères  et  ont  les  mêmes 
propriétés. 

191.  Racines  de  Celastrus  senegalensis  (Sénégal).  —  Célas- 

t  racées. 

Les  racines  de  cet  arbrisseau  sont  amères  et  astringentes  ; 
elles  sont  indiquées  comme  purgatif  léger  et  contre  les 
diarrhées  chroniques. 

192.  Gousses  de  Gonnarus  africanus  (Guinée   Française). — 
Connaracées. 

193.  Fleurs  et  gousses  de  Gonnarus  africanus. 
19i.  Rameaux  floraux  de  Connarus  africanus. 

Annales  du  Musée  colonial  de  Marseille.  —  3*  série,  5"  vol.  1917.  :* 


34  H.    JUMELLE 

195.  Tiges  et  rameaux  de  Gonnarus  africanus. 

196.  Racines  de  séribéli. 

197.  Poudre  des  racines  de  séribéli. 

198.  Principes  extraits  des  graines  et  des  racines  de  séri- 
béli. 

Le  Connarus  africanus,  ou  séribéli,  est  un  arbre  de  4  à 
5  mètres  de  hauteur,  de  la  Sénégambie  et  de  la  Guinée 
Française.  Les  graines,  au  nombre  de  1  à  2  dans  de  courtes 
gousses  dont  un  bord  est  droit  et  l'autre  convexe,  sont 
munies,  à  la  base,  d'un  arille  charnu  et  rouge,  odorant  et 
de  saveur  astringente.  L'amande  de  la  graine  contient  40  °/0 
au  moins  d'une  substance  grasse,  composée  de  trois  quarts 
de  stéarine  et  d'un  quart  de  palmitine  ;  cette  amande  ren- 
ferme en  outre  une  matière  colorante  et  du  tannin.  Les 
parties  de  la  plante  employées  en  médecine  indigène  sont 
les  graines,  et  aussi,  dans  le  Bramaya,  les  écorces  de  la 
racine,  qui,  comme  les  amandes,  contiennent  du  tannin. 
Graines  et  écorces  sont  d'ailleurs  usitées  les  unes  et  les 
autres  comme  vermifuge  et  taenicide.  Les  Soussous  font 
sécher  au  soleil  les  graines  pourvues  de  leur  arille  et  les 
pulvérisent  dans  un  mortier,  puis  ils  font  avaler  au  malade, 
à  la  dose  de  30  à  50  grammes,  la  poudre  arrosée  de  jus  de 
citron,  après  l'avoir  mélangée,  sans  autre  apprêt,  au  riz 
qui  compose  le  repas.  Le  malade  vaque  à  ses  occupations 
comme  en  temps  normal  et  évacue  assez  vite  le  taenia  ou 
les  ascarides.  L'écorce  de  la  racine  est  pulvérisée  comme 
les  graines  et  administrée  comme  celles-ci.  Des  médecins 
français,  à  Conakry,  ont  employé  le  séribéli  avec  succès  ; 
on  fait  bouillir  dans  un  verre  d'eau  25  grammes  de  poudre 
de  graines  ou  de  racines  et  on  laisse  ensuite  macérer 
douze  heures,  après  lesquelles  on  fait  absorber  à  la  fois  au 
patient  poudre  et  liquide. 

(E.  Heckel  et  Schlagdenkauffen  :  Etude  botanique,  chimique  et  théra- 
peutique sur  le  Connarus  africanus.  Annales  de  la  Faculté  des  Sciences 
de  Marseille,  tome  VI,  fasc.  2.) 


AFRIQUE    OCCÎDEMALE   FRANÇAISE  35 

199.  Graines  d'Abrus  precatorius.  —  Légumineuses. 

200.  Feuilles  et  racines  d'Abrus  precatorius. 

201.  Cholestérine  d'Abrus  precatorius. 

Le  jéquirity,  à  gousse  oblongue,  contenant  des  graines 
rondes  d'un  beau  rouge  avec  une  tache  noire,  est  une  liane 
bien  connue  dans  tous  les  pays  tropicaux,  où  elle  est  sau- 
vage et  cultivée.  Ses  racines,  employées  comme  succédané 
de  la  réglisse,  lui  font  donner  le  nom  de  liane-réglisse.  Ses 
graines,  ainsi  que  les  tiges  et  les  feuilles,  sont,  en  divers  pays, 
employées  en  tisane  contre  les  maladies  des  voies  respira- 
toires. Les  graines  contiennent  un  principe  actif,  Vahrine, 
qui,  comme  la  ricine  des  graines  de  ricin,  appartient  au 
groupe  des  albuminoïdes  toxiques  ;  elles  sont,  pour  cette 
raison,  un  des  poisons  d'épreuve  de  Java.  Une  macération 
de  ces  graines  dans  l'eau  aurait  quelquefois  été  employée 
avec  succès,  en  Europe,  contre  la  conjonctivite  granuleuse 
chronique. 

202.  Graines  de  Physostigma  venenosum  (Sénégal).  — Légu- 
mineuses. 

Cette  liane  de  la  côte  de  Calabar,  et  dont  la  graine  est 
bien  connue  sous  le  nom  de  fève  du  Calahar,  ne  paraît  pas 
exister  en  Afrique  Occidentale  Française,  mais  les  graines 
sont  apportées  au  Sénégal  jusque  sur  le  marché  de  Saint- 
Louis,  où,  d'après  M.  Chevalier,  elles  sont  vendues  comme 
grigri.  Ces  graines  servaient  en  Nigérie  comme  poison 
d'épreuve,  dit  eséré  ;  et  l'éséré  était  une  macération  dès 
amandes  pilées  dans  l'eau,  ou  simplement  la  fève,  crue  ou 
cuite.  On  l'administrait  aussi  sous  la  forme  de  lavement. 
Ses  propriétés  toxiques  sont  dues  à  plusieurs  alcaloïdes, 
lésérine,  l'éséridine,  Féséramineet  lacalabarine.  L'ésérine  a, 
d'une  façon  générale,  une  action  paralysante  sur  le  système 
nerveux  moteur.  Ses  elfets  sur  la  pupille,  dont  elle  provoque 
le  rétrécissement,  sont  bien  connus;  elle  a  des   propriétés 


36  H.    JUMELLE 

atrésiantes,   alors  que  l'atropine  a  des   propriétés  mydria- 
tiques. 

(Perrot  et  Vogt  :  loc.  cit.) 

203.  Cholestérine     des    graines    de    bonduc.    —  Légumi- 
neuses. 

Le   Caesalpinia  Bonducella,    ou   bonduc,     originaire  des 

zones  côtières  tropicales  des  deux   mondes,    est  naturalisé 

aujourd'hui,  en  Afrique  occidentale,  autour  des  villages  de 

l'intérieur,  spécialement  à  la  Côte  d'Ivoire  et  au  Dahomey. 

M.  Chevalier  dit  que  la  plante  a  été  probablement  répandue 

par  les  indigènes  à  cause  de  ses  graines  en  forme  de  billes, 

qui  servent  à  jouer.  D'après  MM.  Heckel  et  Schlagdenhauf- 

fen,   la  composition  des   amandes    de    Caesalpinia    Bondu- 

cella  [bonduc  gris)    est  sensiblement  analogue  à  celle  des 

amandes  de  Caesalpinia   Bonduc  [bonduc  jaune)  et  est    la 

suivante  : 

Huile 25,130 

Bonducine 1,925 

Sucre 6,830 

Sels 3,791 

Albuminoïdes 20,490 

Hydrates  de  carbone 35,697 

Eau 5,800 

La  bonducine  est  un  principe  amer  qui  agirait  contre  la 
fièvre  intermittente  à  la  façon  du  sulfate  de  quinine.  Voir  le 
Catalogue  de  la  Réunion,  nos  140  et  141. 

(Heckel  et  Schlagdenhauffen  '.Recherches  sur  le  bonduc  et  ses  graines. 
Les  Nouveaux  remèdes.   Doin,  Paris,  1886.) 

204.  Graines  et  gousses  de  Cassia  occidentalis  (Sénégal).  — 
Légumineuses. 

205.  Poudre  de  graines  torréfiées  de  bentamaré. 

206.  Feuilles  et  fleurs  de  Cassia  occidentalis. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  37 

207.  Rameaux  et  gousses  de  Cassia  occidentalis. 

208-  209.  Racines  de  Cassia  occidentalis. 

Le  Cassia  occidentalis  est  un  arbuste  buissonnant,  de 
80  cm.  à  1  m.  50  de  hauteur,  à  fleurs  jaunes,  à  gousses 
arquées,  longues  de  7  à  12  cm.  sur  5  à  7  mm.  de  largeur. 
L'espèce  est  cosmopolite  dans  toute  la  zone  tropicale  des 
deux  mondes  ;  elle  est  appelée  herhe  puante  par  les  colons 
français,  fedegosa  par  les  colons  portugais,  en  raison  de 
l'odeur  de  ses  feuilles.  C'est  le  hentarnaré  du  Sénégal.  Les 
feuilles  seraient  purgatives,  dépuratives  et  légèrement 
sudorifîques  ;  les  racines,  infusées  dans  l'eau  tiède,  seraient, 
en  certaines  régions,  employées  contre  les  maladies  de  la 
peau,  l'hydropisie,  l'enflure  des  jambes.  Les  graines,  en 
teinture  vineuse,  sont  usitées  comme  fébrifuges.  La  torré- 
faction détruit  leur  principe  purgatif  et  leur  donne  un  goût 
qui  les  fait  souvent  employer  en  infusion  pour  remplacer  le 
café.  D'où  les  noms  de  «  caffé  »,  café  sauvage,  café  de 
Magdad,  qu'on  leur  a  encore  donnés  ;  et  elles  ont  été  sou- 
vent importées  en  Europe  et  aux  Etats-Unis  pour  être 
employées  comme  succédané  du  café,  au  même  titre  que  la 
chicorée,  à  laquelle  elles  sont  d'ailleurs  inférieures.  Mélangées 
à  deux  ou  trois  fois  leur  poids  de  café,  elles  donnent  une 
boisson  aromatique  et  fortifiante.  Elles  contiennent,  pour 
100,  d'après  Koenig  : 


Eau 11,09 

Matières  azotées 15,03 

—  grasses 2,">a 

—  non  azotées. 3,86 

Dextrines 35,60 

Tannin 5,23 

Cellulose 21,21 

Cendres fc,33 

(Ilekel  et  Schlagdenhauffen  :  Sur  le  ntbenlamuré  nu  fedegosa,  Cassia 
occidentalis,  au  point  de  vue  botanique,  chimique  et  thérapeutique. 
Archives  de  Médecine  navale,  avril  1887.  —  De  Wildeman  :  Les  Cassia 
du  Congo.  Notices  sur  des  plantes  utiles  ou  intéressantes  de  la  Bore  du 
Congo  belge,  Bruxelles,    1903.) 


38  H.    JUMELLE 

210.  Gousses  de  Gassia  Sieberiana    (Guinée  Française).  — 
Légumineuses. 

211.  Bois  et  écorces  de  Cassia  Sieberiana  (Sénégal) . 

Ce  petit  arbre  du  Sénégal  et  de  la  Guinée  Française,  qui  est 
le  sendiegne  des  Ouolofs,  est  très  voisin  du  Cassia  flstula, 
ou  canéficier,  des  Antilles.  Les  gousses  sont  toutefois  ordi- 
nairement plus  petites  que  celles  de  la  véritable  casse,  et 
les  graines  somt  plus  oblongues  et  moins  aplaties.  Les 
racines-,  d'après  le  P.  Sebire,  sont  employées  en  Afrique 
Occidentale  Française  contre  les  maladies  vénériennes.  La 
pulpe  des  gousses  est  un  purgatif  doux,  comme  celle  du 
canéficier. 

212.  Fruits  et  graines  d'Afzelia  africana;  lengué  (Dahomey). 

—  Léfjum  ineuses . 

213.  Bois  d  "Afzelia  africana . 

Les  graines  noires,  avec  arille  rouge,  de  ce  grand  et  bel 
arbre,  qu'on  trouve  en  Afrique  occidentale  depuis  le  Séné- 
gal jusqu'à  l'Angola,  sont  très  toxiques,  d'après  le  P. 
Sébire.  Pour  tuer  le  ngal,  ver  gros  et  court  qui  pénètre 
sous  la  peau,  on  met  du  miel  sur  la  plaie,  et,  dessus,  de  la 
poudre  de  ces  graines  de  hol.  Le  ver,  suivant  le  miel, 
mange  cette  poudre  qui  le  tue.  Guillemin  et  Perrottet 
disent  que  les  Noirs  et  les  singes  sont  très  friands  del'arille. 
Les  indigènes  attribuent  aux  graines  la  vertu  d'écarter  les 
mauvais  sorts  et  font  porter  à  leurs  enfants  ces  graines 
enfilées  en  collier.  Les  gousses  incinérées  donnent  une 
cendre  riche  en  potasse,  employée  pour  la  fabrication  d'un 
savon . 

214.  Gousses  de  Bauhinia  reticulata.  —  Légumineuses. 

Le  Bauhinia  reticulata.  qui  est  un  arbre  de  taille 
moyenne,  de  fi  à  15  mètres,  est  surtout  très  répandu,  en 
Afrique  occidentale,  dans  les  zones  sahélienne  et  souda- 
nienne,  et  principalement  au  voisinage  des  marigots.  Il  est 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  39 

connu  aussi  en  Guinée  Française  et  à  la  Côte  d'Ivoire. 
L'écorce  est  astringente  ;  et,  pilée  et  macérée  dans  l'eau 
froide>  elle  est  administrée,  en  médecine  indigène,  dans  les 
cas  de  diarrhée  et  de  dysenterie  chroniques. 

Les  jeunes  feuilles,  triturées  et  bouillies,  servent  en 
Guinée  Française  de  coagulant  pour  le  latex  du  Landolphia 
Heudelotii.  Le  bétail  est  très  friand  de  ces  feuilles,  qui,  en 
médecine  indigène,  seraient  aussi  utilisées  comme  expec- 
torant. L'écorce  du  tronc  et  des  grosses  branches,  divisée 
en  lanières,  donne  des  liens  solides  pour  la  construction 
des  cases.  Enfin  le  bois,  qui  esta  grain  lin,  serré,  de  struc- 
ture homogène,  de  couleur  brun  cannelle,  et  qui  pèse 
690  kilos  au  mètre  cube,  est  très  résistant  et  se  fend  diffi- 
cilement, mais  il  passe  pour  être  facilement  attaqué  par  les 
vers  et  les  termites.  Il  est  néanmoins  utilisable  pour  l'ébé- 
nisterie,  la  menuiserie,  la  charpente,  le  charronnage,  les 
constructions  de  pirogues  et  pour  la  fabrication  d'ustensiles 
courants,  tels  que  mortiers  et  pilons. 

(De  Wildeman  :  Notices  sur  des  plantes    utiles  ou  intéressantes  de    la 
flore  du  Congo,  vol.  II,  fasc.  I,  nov.  1900.  —  Perrot  et  Gérard  ;  loe.  cil. 

21  o.  Pulpe  de  tamarinier,  en  boules  (Sénégal). —  Légumi- 
neuses. 

Le  Tamarindus  indica,  ou  tamarinier,  le  dakliar  des 
Ouolofs,  est  un  arbre  assez  élevé,  disséminé  aujourd'hui 
dans  toute  la  zone  tropicale.  Il  est  indigène  en  Afrique,  et 
notamment  dans  la  zone  soudanienne,  mais  il  est  souvent 
aussi  planté  près  des  villages  ;  il  remonte  jusqu'à  Tombouc- 
tou.  Les  indigènes  du  Sénégal  agglomèrent  la  pulpe  des 
fruits  sous  forme  de  boules  qui  sont  vendues  sur  les  mar- 
chés. Cette  pulpe  est  laxative.  Gomme  aliment,  les  Noirs 
la  mélangent  au  riz.  Elle  donne  aussi  une  infusion  fraîche 
et  agréable,  usitée  dans  les  fièvres,  l'embarras  gastrique  et 
la  dysenterie.  L'écorce  est  astringente.  Les  feuilles  sont 
aussi  employées  en  médecine  indigène  ;  en  décoction  ou 
pulvérisées,  elles  seraient  un  caustique  analogue  à   la  tein- 


40  H.    JU3IELLE 

ture  d'iode.  Les  fleurs  pilées  entrent  dans  la  préparation  du 
couscous.  Le  bois  est  dur,  fibreux  et  difficilement  travaillé, 
mais  il  n'est  pas  attaqué  par  les  vers  ou  les  termites  ;  le 
cœur  est  noir  pourpre.  Son  poids  au  mètre  cube  est  de 
627  kilos.  Il  est  bon,  comme  le  précédent,  pour  l'ébénis- 
terie,  la  menuiserie,  la  charpente,  le  charronnage,  les  con- 
structions de  pirogues  et  la  fabrication  des  mortiers. 

(De  Wildeman  :  loc.  cit.  —  Perrot  et    Girard  :  loc.  cit.  —  Dr  Lasnet  : 
loc.  cit.) 

216.  Écorces    d'Erythrophloeum     guineense    (Sénégal).  — 
Légumineuses. 

216  bis.  Racines  de  tali. 

217.  Rameaux  de  tali. 

218.  Gousses,   gomme   et   graines    d'Erythrophloeum   gui- 
neense. 

219.  Graines  d'Erythrophloeum  guineense. 

L' Ery throphloeum  guineense  est  un  très  grand  et  bel 
arbre  de  la  Sénégambie,  de  la  Guinée  Française,  de  Sierra- 
Leone  et  de  la  Côte  d'Ivoire,  où  il  est  reconnaissable  à  la 
couleur  sombre  de  son  feuillage  et  à  ses  larges  gousses 
noires,  dont  les  valves,  en  saison  sèche,  restent  seulement 
adhérentes  près  de  la  base.  C'est  le  téli  ou  tali  des  Ouolofs. 
Chez  les  Diolas,  et  surtout  chez  les  Balantes,  dès  qu'un 
individu  est  soupçonné  d'être  sorcier,  il  doit  absorber  plu- 
sieurs calebasses  (de  2o  centilitres)  de  la  décoction  d'écorce 
de  tali,  dite  «  eau  rouge  ».  Il  commence  souvent  à  vomir 
avant  d'avoir  tout  bu,  mais  il  doit  continuer  jusqu'à  ce 
qu'il  ait  rendu,  sur  des  feuilles  de  bananier,  tout  le  riz  ou 
toute  la  kola  qu'on  lui  a  fait  manger  antérieurement.  S'il 
ne  vomit  pas  et  s'il  est  purgé,  il  est  immédiatement  déclaré 
coupable.  S'il  vomit,  il  peut  se  retirer,  mais  encore  il  n'est 
déclaré  innocent  que  si,  dans  les  24  heures  qui  suivent,  il 


AFRUJUK    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  41 

n'a  pas  eu  d'autres  vomissements.  Le  maximum  de  calebasses 
absorbées  est  de  seize  ;  certains  patients  meurent  parfois 
après  la  quatrième  calebasse.  On  a  évalué  à  un  quart  des 
buveurs  le  nombre  des  victimes  de  cette  coutume.  Le  prin- 
cipe actif  est  un  alcaloïde,  Yérythrophléine,  qui  détermine 
l'arrêt  du  cœur  en  systole  ;  il  annihilerait  les  effets  de  la 
strvchine.  L'écorce  de  Y  Acacia  Sieberiana  est  considérée 
comme  contrepoison  du  tali,  mais  n'a  sans  doute  pour 
action,  d'après  le  Dr  Lasnet,  que  de  provoquer  des  vomis- 
sements et  l'évacuation  du  poison. 

(Heckel  et  SchlagdenhautYen  :  Du  téli,  poison  d'épreuve  de  Sénégam- 
bie.  Les  Nouveaux  remèdes.  Paris,  1885.  —  Lasnet  :  loc.  cit.  —  Perrot 
et  Vogt  :  loc.  cit. 

220-221.  Fruits  comestibles  de  Detarium  senegalense  (Séné- 
gal). —  Légumineuses. 

222.  Fruits  vénéneux  de  Detarium  senegalense. 

223.  Rameaux  de  Detarium  senegalense. 

224.  Écorces   toxiques;  de  Detarium  senegalense. 

Le  Detarium  senegalense,  ou  Detarium  Heudelotianum , 
est  le  clitah,  ou  detah  des  Ouolofs,  le  ndoy  des  Sérères,  le 
detarr  des  Mandingues,  le  bodo  des  Malinkès.  Il  y  aurait 
lieu  de  distinguer  deux  variétés  :  une  variété  à  fruits  doux 
et  comestibles,  et  une  variété  {nyey  data  h,  ou  data  h  des 
éléphants)  à  fruits  amers  et  toxiques.  Les  fruits  doux,  de 
la  grosseur  d'un  abricot,  sont  mangés  par  les  indigènes, 
après  avoir  été  préalablement  bouillis.  D'après  MM.  Perrot 
et  Gérard,  ils  sont  employés  pour  soigner  les  rhumes  et  les 
maladies  de  poitrine,  et  on  brûle  les  noyaux  pour  chasser 
les  moustiques.  Les  racines,  les  écorces  et  le  bois,  en  macé- 
ration, seraient  un  remède  contre  l'anémie.  M.  Chevalier 
dit  encore  que  l'écorce  est  employée  pour  faire  fermenter 
plus  vite  et  rendre  plus  amer  le  vin  de  palme.  On  a  pré- 
tendu  pourtant  aussi  que  cette  écorce  (ou  celle  de  l'espèce 


42  H\    JUMELLE 

suivante)  sert,  comme  celle  de  Y Erythrophloeum  gui- 
rieense,  et  sous  le  même  nom  de  téli,  pour  empoisonner  les 
flèches. 

(Heckel  et  Schlagdenhauffen  :  Du  téli,  poison  d'épreuve  de  Sénégam- 
bie.  Les  Nouveaux  remèdes,  Paris,  1885.  —  Id.  :  Sur  deux  variétés  du 
Detarium  senegalense  aux  points  de  vue  botanique  et  chimique.  Journal 
de  Pharmacie  et  de  Chimie,  Paris,  1890.  —  Perrot  et  Vogt  :  Recherches 
sur  les  bois  de  différentes  Légumineuses  africaines.  Les  Végétaux  utiles 
de  l'Afrique  tropicale  française;  Challamel,  Paris,  1907.) 

22o-226.   Fruits  de   Detarium    microcarpum    (Sénégal).  — 
[légumineuses. 

227.  Feuilles  de  Detarium  microcarpum. 

Cette  espèce,  parfois  réunie  à  la  précédente,  s'en  dis- 
tingue cependant  bien,  notamment  par  son  tronc  plus 
droit,  ses  folioles  toujours  échancrées  et  ses  fruits  plus 
petits,  de  la  grosseur  d'une  prune.  La  pulpe  très  douce  est 
comestible.  Lécorce  serait  peut-être,  comme  nous  l'avons 
dit  plus  haut,  employée  pour  empoisonner  les  flèches. 

(Perrot  et  Gérard  :  loc.  cit.  —  Perrot  et  Vogt  :  loc.  cit.) 

228.  Gousses  de  Tetrapleura  Thonningii  (Dahomey).  —  Légu- 
mineuses. 

L'écorce  de  cet  arbre,  qu'on  retrouve  en  Gasamance,  est 
employée  en  décoction  comme  vomitif. 

(P.  Sébire  :  Les  Plantes  utiles  du  Sénégal.) 

229.  Racines  de  sandandour  (Sénégal). — Légumineuses. 

230.  Bois  de  sandandour. 

231.  Rameaux  de  sandandour. 
232-233.  Feuilles  de  sandandour. 
234.  Fleurs  et  feuilles  de  sandandour. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  43 

235.  Gousses  de  sandandour. 

Le  sandandour  des  Ouolofs,  yllaki  des  Toucouleurs 
serait,  d'après  Heckel,  Y  Acacia  Sieberiana.  La  racine  de  cet 
arbre  est  taenifuge  ;  on  en  prend  une  décoction  chaque 
matin  pendant  plusieurs  jours  jusqu'à  expulsion  du  dernier 
anneau  du  ténia.  La  même  racine  est  donnée  en  décoction 
aux  enfants  qui  souffrent  d'une  incontinence  d'urine. 

(P.  Sebire  :  Les  Plantes  utiles  du  Sénégal,  Baillière,  Paris,  1899.) 

236.  Graines  d'Entada  scandens.  - — Légumineuses. 

L'écorce  de  cette  liane  contient  du  tannin,  et  la  décoction 
est    employée    en    certains    pays    comme  astringente. 

237.  Racines    de   Combretum    micranthum    (Sénégal).  — 

Comhrétacées. 

238.  Feuilles  de  Combretum  micranthum. 

239.  Extrémités  des  tiges  de  Combretum  micranthum. 
2i0.  Fruits  de  Combretum  micranthum. 

241.  Graines  de  Combretum  micranthum. 

Le  Combretum  micranthum,  ou  kinkélibah  en  soussou, 
le  séguéou  des  Ouolofs,  le  kofina  des  Bambaras,  est  un  petit 
arbre  plus  ou  moins  touffu  suivant  l'âge,  et  dont  la  tige 
peut  atteindre  un  décimètre  de  diamètre.  Il  devient  alors 
tout  blanc  et  tranche  sur  les  arbres  et  les  arbustes  qui 
l'environnent.  Les  feuilles  fraîches  ou  sèches,  et  celles-ci 
entières  ou  pulvérisées,  sont  employées  avec  succès  contre 
les  fièvres  bilieuses,  simples  ou  hématuriques.  On  les  fait 
bouillir  pendant  un  quart  d'heure,  à  la  dose  de  16  grammes 
de  poudre  sèche  pour  \  litre  ;  la  tisane  doit  être  amère  et 
jaunâtre.  On  en  prend  un  verre  le  plus  tôt  possible,  puis, 
après  dix    minutes   de   repos,  un   demi-verre,    et,    après  un 


44  H.    JUMELLE 

nouveau  repos  de  même  durée,  encore  un  demi-verre.  Le 
malade  doit  d'ailleurs  en  boire  à  sa  soif  pendant  toute  sa 
maladie,  et  pendant  quatre  jours  au  moins,  sans  toutefois 
dépasser  un  litre  et  demi  par  jour. 

(E.  Heckel  :  De  l'emploi  des  feuilles  du  Combretum  Raimbaulti  contre 
la  fièvre  bilieuse  hématurique  des  pays  chauds.  Répertoire  de  Pharmacie, 
juin  1891.) 

242.  Fruits  de  Terminalia  avicennoides  (Sénégal).  —  Com- 
brétacées. 

Ce  petit  arbre  blanchâtre  est  le  rebreb  des  Ouolofs.  Les 
racines  sont  employées  en  infusion  pour  rendre  l'appétit 
aux  enfants.  Les  feuilles  sont  mises  sur  les  plaies. 

243.  Thé  de   Gambie;  Lippia  adoensis  (Sénégal). —  Verhe- 
nacées. 

C'est  le  rnborbor  des  Ouolofs,  abondant  en  Casamance 
et  dans  le  Bas-Sénégal.  Avec  ses  feuilles,  on  prépare  une 
infusion  théiforme  légèrement  sudorilîque. 

(Dr  Lasnet  :  Plantes  médicinales  du  Sénégal.  Une  Mission  au  Sénégal. 
Challamel,  1900.) 

244.  Fruits  de  Solanum  Duchartrei  (Sénégal).  — Solanacées. 

Ce  Solanum,  qui  est  le  het-i-djan  (ou  œil  de  serpent) 
des  Ouolofs,  croît  sur  le  plateau  de  Thiès,  à  Rufîsque,  et 
probablement  en  d'autres  points  de  l'Afrique  occiden- 
tale ;  il  fleurit  en  mars  et  avril.  Les  indigènes  emploient  les 
feuilles  pour  le  traitement  empirique  d'un  grand  nombre 
d'affections. 

(E.  Heckel  :  Une  nouvelle  espèce  de  l'Afrique  tropicale  :  Solanum 
Duchartrei.  Revue  générale  de  botanique,  1890.) 

245.  Feuilles  de  Strychnos  innocua.  —  Loganiacées. 

246.  Fruits  de  Strychnos  innocua. 


AFRIQUE    OCClDENtALE    FRANÇAISE  48 

Le  Strychnos  innocua,  ou  cantacoula,  est  un  arbuste 
épineux  commun  au  Sénégal  et  au  Soudan,  et  qui,  par  son 
port  et  ses  fruits  jaune  clair,  ressemble  beaucoup  à  l'oran- 
ger, quoiqu'il  appartienne  à  une  tout  autre  famille.  Les 
fruits,  qui  sont  à  coque  épaisse  et  ferme,  et  sont  mûrs  en 
janvier  et  février,  contiennent  de  nombreuses  graines,  de 
forme  discoïde,  plongées  dans  une  pulpe  abondante  et  par- 
fumée, de  saveur  assez  agréable.  Cette  pulpe  est  rafraîchis- 
sante ;  elle  aurait  des  vertus  astringentes,  car  les  indigènes 
l'utilisent  contre  certaines  diarrhées  rebelles.  Si  elle  paraît 
inoffensive,  comme  celle  des  fruits  de  diverses  autres 
espèces  de  Strychnos,  il  ne  faut  pas  moins  se  méfier  des 
graines  qu'elle  contient,  et  qu'il  est  prudent  de  rejeter,  cas 
elles  peuvent  renfermer  de  la  strychine.  Avec  la  coque  des 
fruits  débarrassés  de  la  pulpe,  les  indigènes  fabriquent  des 
tabatières,  ou  encore  des  boîtes  à  hammout. 

(A.  Rançon  :  loc.  cit.  —  Bâillon,  in  Adansonia,  XII.  — A.  Chevalier  : 
Géographie  botanique  et  flore  économique  du  Sénégal  et  du  Soudan.  Une 
Mission  au  Sénégal.  Challamel,  1900.) 

247.  Fruits    de    Strophantus    hispidus    (Sénégal).  —  Apo- 
cynacées. 

248.  Graines  de  Strophantus  hispidus. 

249.  Fruits  de  Strophanthus  sp. 

Le  Strophanthus  hispidus  est  spontané  dans  L'Ouest- 
Africain,  mais  est  aussi  cultivé  dans  les  champs  par  les 
indigènes,  au  Soudan,  dans  le  Haut-Dahomey,  etc.  Les 
graines  pulvérisées  entrent,  au  Soudan,  dans  la  composi- 
tion du  poison  des  flèches  [kouno  en  Bambàra).  Pour  pré- 
parer ce  poison,  d'après  Binger,  on  pile  les  graines  bien 
sèches  et  on  les  laisse  macérer  dans  l'urine  pendant  plu- 
sieurs jours  ;  le  tout  est  ensuite  cuit  avec  du  mil  et  du 
maïs,  jusqu'à  ce  que  la  préparation  ail  la  consistance  d  une 
pâte  ressemblant  au  goudron.  On  y  trempe  ensuite  Les 
pointes  des  flèches,  des  lances  et    même  les  balles.  Quand 


46  H.    JUMELLE 

la  préparation  est  fraîche,  les  blessures  occasionnées  par 
des  armes  enduites  de  kouno  sont  toutes  mortelles  ;  quand 
le  kouno  est  plus  ancien,  les  indigènes  combattent  les  effets 
toxiques  en  absorbant  un  antidote  dont  la  composition 
reste  inconnue  des  Européens.  Les  graines  de  la  plupart 
des  espèces  de  Strophanthus  contiennent  des  glucosides  qui 
agissent  sur  le  cœur  à  la  façon  de  la  digitale.  Les  trois 
principaux  Strophanthus  du  commerce  sont  africains  ;  et 
ce  sont  le  Strophanthus  Komhe  de  l'Afrique  orientale,  le 
Strophantus  hispidus  et  le  Strophanthus  gratus  (ou 
S.  glaher)  de  l'Afrique  occidentale.  Le  Strophanthus 
Komhe  donne,  la  véritable  strophantine,  qui  est  une  sub- 
stance amère,  cristallisée,  se  colorant  immédiatement  en 
vert  intense  par  l'acide  sulfurique  concentré,  facilement 
soluble  dans  l'eau  et  fondant  à  172°  5.  Le  Strophanthus 
hispidus  donne  une  pseudo-stropjhantine ,  qui  est  un  pro- 
duit microcristallin,  blanc,  neutre,  très  hygroscopique, 
fondant  vers  179°,  et  ne  se  colorant  pas  instantanément  en 
vert  émeraude  par  l'acide  sulfurique.  Le  Strophanthus 
glaher  donne  Youahaïne,  déjà  retirée  d'une  autre  Apocy- 
nacée  du  Somaliland,  VAcokantera  Schimperi.  Cette 
ouabaïne,  bien  distincte  des  deux  glucosides  précédents  — 
qui  sont  très  voisins,  si  même  ils  ne  sont  pas  identiques  — 
est  très  facilement  obtenue  a  l'état  cristallisé  ;  elle  est 
levogyre,  ne  précipite  pas  le  tannin,  est  soluble  dans  l'eau, 
se  colore  en  rouge  par  l'acide  sulfurique  concentré,  et 
fond  vers  185°.  Le  Strophantus  glaher  étant  surtout  une 
espèce  du  Cameroun,  tandis  qu'on  trouve  plutôt  en  Afrique 
Occidentale  Française  le  Strophanthus  hispidus,  la  stro- 
phantine cristallisée  des  Allemands  est,  en  réalité, 
Youahaïne.  La  strophantine  proprement  dite,  ou  strophan- 
tine pure,  du  commerce,  qui  se  présente  sous  l'aspect  d'une 
poudre  jaune  pâle,  est  préparée  avec  le  Strophanthus 
Komhe,  qui  est  le  Strophanthus  le  plus  abondant  sur  le 
marché  anglais.  Nous  pourrions  surtout  préparer  en  France 
la  pseudostrophantine,  puisque  l'espèce  la  plus  commune 
de  notre  Ouest-Africain  est  le  Strophanthus  hispidus.  Cette 


AFRlul'E    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  il 

espèce  semblerait  même,  d'après  M.  Chevalier,  la  seule  du 
genre  au  Dahomey  et  à  la  Côte  d'Ivoire,  quoique  le  S.  gra- 
tus,  d'après  M.  Stapf,  apparaisse  déjà  au  moins  à  Sierra- 
Leone. 

Le  laboratoire  de  l'Impérial  Institute  de  Londres,  utili- 
sant la  réaction  de  Fraser,  a  indiqué  le  procédé  suivant  pour 
aider  à  la  détermination  des  graines  de  Strophanthus.  Après 
que  ces  graines  ont  été  laissées  pendant  un  quart  d'heure 
environ  dans  l'eau  bouillante,  on  les  décortique,  et  on  plonge 
les  amandes  dans  l'acide  sulfurique  à  80°/o.  Les  amandes 
de  Strophanthus  hlspidus  et  de  Strophanthus  Komhe  ver- 
dissent ;  celles  de  Strophanthus  gratus  et  de  Strophanthus 
Nicholsoni  rougissent.  Par  cette  méthode,  les  graines  du 
n°  219  et  du  n°  220  de  nos  collections  ont  verdi  ;  celles  du 
n°  221 ,  qui  sont  d'ailleurs  plus  aplaties  et  plus  larges,  ont 
rougi  et  appartiennent  donc  bien  à  une  autre  espèce. 

Les  graines  de  Strophanthus  hispidus  contiennent  22  °/0 
d'une  huile  qui  est  constituée  par  de  l'oléine,  de  la  palmi- 
tine,  une  petite  quantité  d'une  essence  volatile,  de  la  cho- 
lestérine,  de  l'acide  formique  et  de  l'acide  acétique.  Ses 
caractéristiques  sont,  d'après  Mjoen  et  d'après  Bja- 
lobrsheski : 

Densité 0,9285 0,0249 

Indice  d'acide 38,1.. 24,55 

Indice  de    saponification .  .  .      187,9 170,3 

Indice  de  Hehner 95,3 94,1 

Indice  d'iode 73,02 101,6 

Indice  de  Reichert 0,5 0,9 

Indice  de  Koettstorfer — 104,6 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.  Une  Mission  an  Sénégal.  — Goris  et  Vischniac: 
Sur  la  composition  chimique  des  graisses  de  Slrophanlus.  Bulletin  des 
Sciences  pharmacologiques,  août,  septembre  1912.  —  Perrot  et  Vogt  : 
Poisons  de  flèche  et  poisons  d'épreuve.  Vigot,    Paris,  1913.) 

2o0.  Ecorces    et     racines     de    Sarcocephalus    esculentus 
(Guinée  Française).  —  Rubiacées. 

2.')l-2.')2.  Bois  de  Sarcocephalus  esculentus. 


48  H.    JUMELLE 

253.  Tiges  de  Sarcocephalus  esculentus. 

254.  Feuilles  et  fruits  de  Sarcocephalus  esculentus. 

255.  Feuilles,  fleurs  et  fruits  de  Sarcocephalus  esculentus. 

256.  Feuilles  de  Sarcocephalus  esculentus. 
257-258.  Fruits  de  Sarcocephalus  esculentus. 

Cet  arbre  du  Sénégal  et  de  la  Guinée  Française  est  le  cloun- 
daké  en  soussou,  le  batio  en  mandingue,  le  bouribolou  en 
diola,  le  diounk  en  portugais  de  Casamance,  le  nandok 
en  ouolof.  Le  tronc  atteint  6  à  8  mètres  de  hauteur,  et  est 
à  branches  sarmenteuses  ;  les  fleurs  sont  en  gros  glomérules 
blancs,  sphériques  ;  les  fruits,  de  la  grosseur  d'un  œuf,  ont 
l'aspect  de  grosses  fraises  rouges,  et  sont  comestibles. 
L'écorce,  dont  l'amertume  et  l'odeur  rappellent  la  racine 
de  gentiane,  est  considérée  par  les  indigènes  comme  un  bon 
remède  contre  le  paludisme,  et  elle  a  été,  en  fait,  employée 
dans  quelques  hôpitaux  comme  succédané  du  quinquina, 
dont  elle  n'a  cependant  pas  la  valeur.  Elle  contient,  d'autre 
part,  des  matières  colorantes  qui  donnent  à  la  soie  une 
belle  couleur  vieil  or  et  à  la  laine  une  teinte  jaune  durable, 
résistant  bien  à  la  lumière  et  aux  agents   atmosphériques. 

(Heckelet  Schlagdenhaufïen  :  Du  doundaké  et  de  son  écorce,  dite  quin- 
quina africain  ou  quina  du  Rio-Nunez.  Archives  de  médecine  navale, 
décembre  1885  et  janvier  1886.  —  Perrot  et  Vogt  :  loc.  cit.) 

259.  Racines  de  Vernonia  nigritiana  (Sénégal).  —  Composées. 

260.  Feuilles,  fleurs  et  principe  actif  de  Vernonia  nigritiana. 

C'est  le  batanjor  des  Ouolofs.  Les  racines  sont  douées  de 
propriétés  vomitiques  comme  celles  de  l'ipéca.  L'infusion  à 
faible  dose  purifie  le  sang,  est  diurétique  et  guérit  certaines 
maladies. d'yeux.   . 

(P.  Sebire  :  loc,  cit.) 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  49 

261.  Tiges,    feuilles  et    fleurs    de    Vernonia     amygdalina 

(Sénégal).  —  Composées. 

Cet  arbuste,  spontané  en  Afrique  tropicale,  est  souvent 
planté  en  haies  et  naturalisé  autour  des  villages.  C'est  le 
longouty  et  le  tondoatj  du  Sénégal.  Les  feuilles  seraient 
employées  en  cataplasme  et  en  frictions  contre  la  fièvre  jaune. 


VIII.  —  OLEAGINEUX 

275.  Régime  de  palmiste  (Dahomey).    —   Palmiers. 

276.  Fruits  de  palmiste. 

277.  Beurre  de   palme. 

278.  Amandes  de  palmiste. 

\J  Elaeis  guinensis,  ou  palmiste,  a,  à  1  état  spontané,  une 
large  aire  de  distribution  en  Afrique  tropicale,  mais  il  est 
surtout  abondant  à  l'ouest  des  Grands  Lacs,  entre  13°  lat. 
Nord  et  6°  lat.  Sud  ;  et,  en  dehors  de  ces  dernières  limites, 
il  est  plutôt  rare  et  ne  joue  qu'un  rôle  très  secondaire  dans 
l'alimentation.  En  Afrique  orientaleonnele  trouve  pas,  dans 
l'hémisphère  Nord,  au-dessus  de  3°  de  latitude  ;  et,  dans 
l'hémisphère  Sud,  il  n'est  connu  qu'à  Pemba  et  Zanzibar, 
où  il  a  sans  doute  été  planté.  Nous  avons  dit,  toutefois,  dans 
le  Catalogue  de  Madagascar,  qu'il  y  a  dans  l'Ouest  de  la 
grande  île  une  variété  indigène  madagascariensis .  Dans 
l'Ouest  Africain,  le  palmiste  est  cultivé  sur  une  grande 
échelle  depuis  la  Casamance  jusqu'à  l'Angola;  et  cette  cul- 
ture a  donné  naissance  à  de  très  nombreuses  variétés  qui 
sont  distinctes  entre  elles  par  la  dimension  du  tronc,  la 
grosseur  et  la  couleur  des  fruits,  les  proportions  relatives 
de  la  pulpe  et  du  noyau,  l'épaisseur  plus  ou  moins  grande 
de  ce  noyau,  la  proportion  de  substances  grasses,  etc. 

Annules  du  Musée  colonial  de  Marseille.    -  3'  série,   '■>*  vol.  11*1  T .  . 


50  H.    JUMELLE 

Le  palmiste  fournit  à  l'industrie  métropolitaine  deux 
produits  :  Y  huile  de  palme,  ou  beurre  de  palme]  etl' huile  de 
palmiste  ou  beurre  de  palmiste.  Le  beurre  de  palme  est  extrait 
sur  place  de  la  pulpe  des  fruits,  soit  par  les  méthodes  indi- 
gènes, soit  avec  un  outillage  européen.  Lorsque  ce  beurre 
de  palme  a  été  extrait,  les  noyaux  sont  brisés,  et  les  graines, 
qui  sont  les  amandes  de  palme,  oupalmistes,  sont  exportées 
en  Europe,  où  les  usines  extraient  par  pression  le  beurre 
de  palmiste.  Le  beurre  de  palme  est  utilisé  en  savonnerie  et 
en  stéarinerie.  Le  beurre  de  palmiste  est  employé  en  savon- 
nerie ;  il  peut  être  aussi  raffiné  pour  la  préparation  dune 
graisse  végétale  alimentaire,  analogue  au  beurre  de  coco. 

Dans  certaines  variétés,  la  pulpe  fraîche,  ou,  en  tout  cas, 
encore  humide  (13°/0  d'eau),  contient  69  °/0  d'huile,  et  la 
pulpe  sèche  80  °/0;  dans  d'autres,  la  pulpe  fraîche  (24  °/0  d'eau) 
a  une  teneur  de  57 °/0,  et  la  pulpe  sèche  une  teneur  de75°/0; 
dans  d'autres  encore,  des  pulpes  encore  un  peu  humides  (5,3 
à  6,9  °/0  d'eau)  ont  donné  de  58,5  à66,5  d'huile.  On  pourrait 
donc,  en  somme,  admettre  pour  cette  pulpe,  qui  repré- 
sente 40  à  50  °/0  du  fruit  entier,  une  moyenne  générale  et 
très  approximative  de  60  °/0  d'huile.  A  l'Impérial  Institute 
de  Londres,  des  fruits  entiers  ont  fourni  de  17  à  31  °/0  d'huile, 
alors  que,  par  les  méthodes  indigènes,  ces  mêmes  fruits 
donnent  11,2  à  13,7  ;  la  proportion  d'amandes  y  était  de 
15  à  21  %•  Les  pulpes  absolument  fraîches  ont  certainement 
au  moins  35  °/0  d'humidité. 

Dans  ces  amandes,  la  teneur  en  huile  de  palmiste  repré- 
sente 51  à  57  °/0  de  la  substance  complètement  desséchée. 
Le  poids  des  graines  par  rapport  aux  noyaux  est  aussi  très 
variable  ;  les  noyaux  de  certaines  variétés  seront  composés 
de  25  °/0  d'amande  et  de  75  °/0  de  coque,  alors  qu'on  trou- 
vera pour  d'autres  31  °/0  d'amande  et  69  de  coque,  et  pour 
d'autres  encore  40  %  d'amande  et  60  de  coque. 

Les  caractéristiques  données  pour  le  beurre  de  palme 
sont  tout  aussi  variables,  car,  déterminées  en  Europe,  elles 
dépendent  encore  de  l'état  plus  ou  moins  grand  d'ancien- 
neté, ainsi  que  du  mode  plus  ou  moins   défectueux  de  pré- 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  51 

parution  de  l'échantillon.  Le  beurre  de  palme  nous  parvient 
ordinairement  en  Europe  plus  ou  moins  coloré,  depuis  le 
jaune  orange  jusqu'au  rouge  sombre  ou  au  brun;  et  le  blan- 
chiment ne  s'opère  pas  toujours  dans  la  suite  avec  la 
même  facilité  pour  toutes  les  provenances.  Le  beurre  de 
palme  est  essentiellement  constitué  par  de  lapalmitine  et  de 
l'oléine,  avec  une  petite  quantité  de  stéarine  (0,53  à  0,72  °/0) 
et  de  l'acide  linoléique  ;  sa  consistance  est  modifiée  par  la 
grande  quantité  d'acides  gras  libres  (20  à  50  %  et  davan- 
tage) qu'il  contient  toujours.  Les  divers  essais  faits  sur  la 
substance  ont  donné  notamment  : 

Poids  spécifique 0,893  (Allen)  ;  0,9200  à  0,9245  (Impé- 
rial Institute). 

Point  de  solidification 31°  à  39°  >  Fendler). 

Point  de  fusion , 27°  à  42°5  (Impérial   Institute). 

Indice  d'acidité 10,4  (Impérial  Institute  . 

Indice  de  saponification 200,8  à  205,5  (Fendler)  ;    196,3    à  205,5 

(Imper.   Inst.). 

Indice  d'iode 53,2  à  57,4  (Fendler)  ;  51  (Imp.   Inst.). 

Indice  de  Reichert-Meissl. .  .  0,80  à  1,87  (Fendler). 

Indice  de  Hehner 94,2  à  97  (Tate). 

Solidification  des  acides  gras.         35°5  à  45°5,  et  ordinairement  44°  à45° 

(Lewkowitsch)  ;43°5  (Imper.  Inst.  . 

Le  beurre  de  palmiste  retiré  des  graines  a  pour  constantes: 

Poids  spécifique 0,91 1 9 . 

Point  de  solidification 23°  à  24°. 

Indice  de  saponification 242,4  à  254,8. 

Indice  d'iode 10,3  à  17,5    (Imp.    Inst.i  :    li. 9   à   16,8 

(Fendler)  ;  15,4  à  18,5  (Bon toux  . 

In<lice    de  Reichert-Meissl...  5  à 6,8. 

Indice  de  Hehner 91,1. 

Solidification  des  acides  gras.  20°  à  25°5. 

L'huile  de  palmiste  est  jaune,  ou  jaune  paille,  ou  blanche; 
elle  renferme  toujours  une  assez  grande  quantité  (5  à    l-> 
d'acides  gras  libres,  constitues  surtout  par  de  l'acide  laurique 
60  ;i  1)5   °/0),  avec  de  moindres    quantités  d'acides   mw 
tique,  oléique,  caprique  et  caprylique. 


r>2  H.    JUMELLE 

Les  tourteaux  de  palmiste  sont  utilisables  pour  l'alimen- 
tation du  bétail  et  comme  engrais. 

(A.  Chevalier:  Documents  sur  le  palmier  à  huile.  Les  Végétaux  utiles 
de  l'Afrique  Occidentale  Française.  Challamel,  Paris,  1910.  —  Investiga- 
tions in  connection  with  the  African  oil  palm  industry,  dans  le  Bulletin 
of  the  Impérial  Institute,  1909,  n°  4.  —  Bontoux  :  Les  Matières  premières 
utilisées  ou  utilisables  en  savonnerie.  Les  Matières  grasses,  1910.) 

279.  Graine  de  Beilschmiedia  sp.  —  Lauracées. 

280.  Corps  gras  des  graines  de  Beilschmiedia  sp. 

281.  Graines  de  Polygala  butyracea.  —   Polygalacées. 

282.  Rameaux  et  fleurs  de  Polygala  butyracea. 

283.  Corps  gras  de  Polygala  butyracea  extrait  par  pression. 

284.  Corps  gras  de  Polygala  butyracea  extrait   par  les  dis- 
solvants. 

Le  Polygala  butyracea,  ou  maloukany,  ou  ankalaki,  et 
qui  est  très  probablement  la  même  espèce  que  le  Polygala 
multiflora  de  Poiret,  est  un  petit  arbrisseau  à  feuilles  lan- 
céolées très  étroites,  indigène  à  Sierra-Leone.  Il  ne  semble 
que  très  rarement  cultivé,  si  même  il  lest,  en  Afrique 
Occidentale  Française. 

Les  graines,  petites  et  à  tégument  brillant  et  brunâtre, 
dur,  ne  contiennent  que  17,55  °/0  d'une  huile  concrète,  de 
saveur  agréable.  Cette  sorte  de  graisse  a  pour  composi- 
tion : 

Oléine 31,5 

Palmitine 57,540 

Mvristine 6,165 

Acide  palmitique  libre 4,795 

Elle  commence  à  s'empâter  vers  28  à  30°,  entre  en  fusion 
vers  35°  mais  n'est  complètement  fondue  qu'à  52°.  Elle  se 
solidifie  vers  33°. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  53 

Après  quelques  essais  culturaux  en  diverses  colonies,  la 
plante  a  été  délaissée,  en  raison  principalement  du  faible 
rendement  de  ses  graines. 

(E.  Heckel  :  Recherches  sur  les  graines  grasses  nouvelles  ou  peu 
connues  des  colonies  françaises.  Annales  de  l'Institut  Colonial  de  Mar- 
seille, 5e  année,  4e  volume,  1897.) 

28o.   Graines  de  coton .  —  Malvacées. 

Le  cotonnier  sera  de  nouveau  cité  plus  loin,  à  propos  des 
textiles.  Les  graines  des  diverses  espèces  de  Gossypium 
cultivés  contiennent  de  18  à  24  °/0  et  rendent  industrielle- 
ment 15  à  20  %  dune  huile  qui,  brute,  est  toujours  très 
colorée  et  acide,  mais,  après  neutralisation  et  blanchiment, 
devient  alimentaire.  Elle  est  utilisée  en  savonnerie,  de  même 
que  les  crasses  de  coton  qui  proviennent  de  sa  neutralisation. 
Elle  renferme,  à  l'état  de  glycérides,  20  à  2o  °/0  d'acides 
solides,  25  à  30  °/0  d'acide  linoléique,  45  à  50  %  d'acide 
oléique,  plus  0,73  à  1,64  °/0  d'insaponifiables. 

Ses  caractéristiques  sont  : 

Point  de  solidification 3°  à  4° 

Indice  de  saponification 191  à  19C,;> 

Indice  d'iode 100,9  à  116,9 

Indice  de  Hehner 59,9 

Solidification  des  acides  gras 35°6  à  37°C 

La  «  stéarine  de  coton  »  qu'on  obtient  par  refroidisse- 
ment de  l'huile  et  iiltration  est  une  masse  blanc  grisâtre 
avant  la  consistance  du  suif  et  utilisable  en  stéari- 
nerie. 

On  indique  pour  cette  oléarine: 

Solidification 40°8 

Indice  d'iode 72,6 

Indice  de  saponification.  .  204 

Indice  d'acide 202,9 

Poids  moléculaire 270 

(Bontoux  :  lor.  cit. 


54  H.    JUMELLE 

286.  Graines  de  kapok  (Guinée   française).  —  Malvacées. 

Le  Ceiha  pentandra,  ou  Eriodendron  anfractuosum,  a  été 
introduit  en  Afrique,  mais  la  plupart  des  fromagers  qui, 
dans  notre  Ouest- Africain,  sont  ordinairement  considérés 
comme  appartenant  à  cette  espèce  seraient,  en  réalité, 
YEriodendron  guineense. 

L'huile  des  graines  de  kapok  (Ceiba  pentandra)  a  déjà 
été  mentionnée  dans  le  Catalogue  de  Madagascar  (n°  204)  ; 
elle  est  alimentaire  et,  comme  l'huile  de  coton,  utilisable 
en  savonnerie,  en  mélange  avec  les  huiles  concrètes.  Le 
rendement  industriel  des  graines  (dont  la  teneur  est  de  21 
à  24%)  est  de  17  à  18%  d'huile. 

Les  caractéristiques  de  cette  huile  sont  : 

Point  de  solidification 29°6 

Indice  de  saponification 190 à  205 

Indice  d'iode 68,5  à  119,  selon    les  auteurs 

Indice  de  Hehner 95 

Solidification  des  acides  gras.  .  31°5  à  32° 

Il  serait  intéressant  d'étudier  comparativement  l'huile 
des  graines  de  YEriodendron  guineense. 

(Bontoux  :    loc.  cit.  —    A.  Chevalier  :    Bois    de  la   Cote  d'Ivoire.  Les 
Végétaux  utiles  de  l'Afrique  tropicale  française,  fasc.  V,1909.) 

287.  Graines  d'Adansonia  digitata . —  Malvacées. 

288.  Fruit  d'Adansonia  digitata. 

289.  Bois  de  baobab. 

290-291.  Rameaux,  écorces  et   feuilles    d'Adansonia    digi- 
tata. 

292.  Huile  et  tourteau  de  baobab. 

L Adansotiia  digitata,  ou  baobab,  est  spontané  dans  les 
régions  sèches  du  littoral  de  l'Afrique  tropicale.  Il  est 
planté  et  souvent  acclimaté  autour   des  villages,   dans   les 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  55 

régions  situées  en  dehors  de  la  forêt  vierge.  Les  graines 
de  cette  espèce  seraient  beaucoup  moins  riches  en  huile 
que  celles  de  YAdansonia  Grandidieri  de  Madagascar,  car, 
d'après  le  Bulletin  de  l'Impérial  Institute  de  Londres,  elles 
ne  contiendraient  que  11,6  à  12,5  de  substance  grasse,  au 
lieu  de  42,6  °/0  que  contiennent  les  graines  cortiquées  de 
YAdansonia  Grandidieri.  Cette  huile  YAdansonia  digitata, 
telle  qu'on  l'extrait  par  l'essence  de  pétrole,  est  un  peu 
visqueuse,  claire,  jaune  pâle,  sans  saveur  ni  odeur 
marquées.  Les  graines,  avec  leur  épais  tégument  et  leur 
faible  rendement,  ne  paraissent  pas  très  propres  à  une 
exportation  en  vue  de  l'extraction  de  cette  huile. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.  —  Baobab  fruits  and  seecfa  from  the  East 
Africa  Protectorate,  dans  le  Bulletin  of  the  Impérial  Institute,  vol.  XI, 
n° 4,  oct.-déc.  1913.) 

293.  Feuilles  et  fruits  de  Lophira  alata.  —  Lophiracées. 

294.  Fruits  de  Lophira  alata . 

295.  Huile  semi-concrète  et  corps  gras  de  mana. 

296-297.  Tourteau  et  poudre  de  tourteau  de  mana. 

Le  Lophira  alata,  ou  mène,  ou  mana,  est  un  arbre  de  8  à 
10  mètres  de  hauteur,  du  Sénégal,  de  la  Guinée  Française 
et  de  Sierra-Leone.  Tandis  que  le  karité  est  un  arbre  de  la 
zone  soudanienne,  et,  comme  tel,  reste  partout  éloigné  de 
la  côte,  le  mana  appartient  à  la  zone  guinéenne  et  se  rap- 
proche du  littoral  ;  en  Guinée  Française,  il  cesse  au  delà 
du  Fouta,  vers  le  Haut-Tinkisso,  où  apparaît  le  karité.  Cet 
habitat  du  mana  rend  le  transport  de  ses  graines  plus 
facile  que  celui  des  noix  de  karité.  Les  fruits,  qui  mûrissent 
vers  mai,  sont  des  akènes  fusiformes,  munis  à  la  base  de 
deux  ailes  inégales  qui  sont  des  sépales  persistants  ;  ils  con- 
tiennent chacun  une  seule  graine  sans  albumen  qui  a  la 
même  forme.  Par  le  sulfure  de  carbone,  des  fruits  frais,  qui 
se  composent    de  37  °/0    de  péricarpe    et  63  °/0  d'amande, 


56  H.    JUMELLE 

donnent  15,85  °/0  de  substances  grasses,  et  la  graine  seule 
27  °/0.  Avec  des  fruits  plus  vieux,  Heckelet  Schlagdenhauf- 
fen  ont  trouvé  27,1 7°/0  d'huile,  et  pour  la  graine  seule 
41,54'.  On  a  trouvé  à  peu  près  de  même  à  l'Impérial  Insti- 
tute  de  Londres  40°/o  pour  les  graines.  Les  constantes  de  la 
substance  grasse  sont  : 

Poids  spécifique  à  15° 0,859 

à  40° 0,9.016  à  0,  9105 

Indice   d'acide 18,54  à  48 

Indice  de  saponification 180,7  à  195,0 

Indice  d'iode 68  à  72,5 

Insaponifiables 0,5  à  2,5 

Solidification  des   acides  gras.  .  .  45°  à  49° 

Cette  substance  —  comme  celle  des  graines  plus  riches 
(55°/0)  du  kaku  de  la  Gold  Coast,  qui  est  le  Lophira  pro- 
cera  —  convient  comme  l'huile  de  palme  pour  la  savonne- 
rie. Les  tourteaux  ont  une  couleur  brune,  un  goût  amer  et 
une  saveur  fortement  astringente  qui  les  rendent  inutili- 
sables pour  l'alimentation  du  bétail  ;  mais,  quoique  ils  soient 
peu  riches  en  azote  (1,87  °/0),  ils  peuvent  être  employés 
comme  engrais,  tout  en  valant  moins  que  ceux  de  colza,  de 
coton  et  de  ricin . 

(Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  fran- 
çaises. Annales  de  l'Institut  Colonial,  année  1903.  —  A.  Hébert  :  Sur 
quelques  nouvelles  graines  oléagineuses  colojriales.  Journal  d'Agriculture 
tropicale,  déc.  1913.  —  Some  African  Oils  and  oil  Seeds.  Bulletin  of  the 
Impérial  Institute,  1908,  n°  4.) 

298.  Graines  de  Pentadesma  butyracea  Guinée  française). — 

Clusiacées. 

299.  Graines  et  fruits  de  tama. 

300.  Feuilles  de  Pentadesma  butyracea. 

301.  Substance  grasse  des  graines  de  tama. 

302.  Tourteau  de  tama. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  57 

Le  Pentadesma  butyraeea,  ou  lamy,  ou  tama,  ou  kanya, 
est  un  grand  arbre  de  la  Basse-Guinée  Française,  où  il 
abonde  près  de  tous  les  cours  d'eau,  de  Sierra-Leone  et  de 
la  Côte  d'Ivoire. 

En  Guinée  Française,  les  fruits,  qui  sont  de  grosses  baies 
pvriformes,  mûrissent  d'avril  à  juin.  Les  grosses  graines 
qu'ils  contiennent  au  nombre  de  3  à  10,  et  qui  ont  servi 
parfois,  en  raison  de  leur  forme,  à  frauder  les  noix  de  kola, 
donnent  par  le  sulfure  de  carbone  46  °/0  environ  d'une  sub- 
stance grasse  de  consistance  butyreuse,  jaunâtre,  à  saveur 
un  peu  fade,  à  odeur  rappelant  celle  des  graines.  Elle  a 
pour  constantes,  d'après  Hébert  : 

Densité  à  15° 0,899 

Point  de  fusion 32° 

Point  de  solidification 20° 

Indice  d'acide 16  (3,  1  à  3,  6,  d'après  d'autres  auteurs  : 

Indice  de  saponification 193  (186  à  190,  d'après  d'autres  auteurs) 

Indice  de  Reichert 0,3 

Indice  de  Ilehner 95,2 

Indice  d'iode 68,5     (41 ,8    à     4(3,5,    d'après    d'autres 

auteurs) . 

Après  saponification,  elle  fournit  des  acides  gras  blancs 
qui  se  composent,  pour  100,  de  10  d'acides  gras  non 
saturés  et  90  .d'acides  saturés.  Le  point  de  fusion  de  ces 
acides  gras  est  de  60°.  Les  acides  non  saturés  correspondent 
à  l'acide  oléique  ;  les  acides  saturés,  qui  fondent  à  f)7°-G80, 
sont  de  l'acide  stéarique,  dont  le  point  de  fusion  est  de  G9°2, 
et  de  l'acide  palmitique,  fondant  à  02°.  Le  beurre  de  tama 
se  rapprocherait  donc,  par  sa  composition,  des  suifs  ordi- 
naires ;  ce  qui  permettrait  de  l'employer  aux  mêmes  usages 
que   la  plupart  des  graisses  animales. 

(E.  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  </>'*  colonies 
françaises.  Annales  de  l'Institut  Colonial  de  Marseille,  1903.  —  Héberl  : 
Sur  la  composition  (h-  diverses  graines  oléagineuses  '/<•  V Afrique  Occi- 
dentale Française.  Bulletin  de  laSociété  chimique  «le  Paris,  2  mai  191 1. 

303.  Fruits  d'emblic    Guinée  Française).  —  l-Aiphorbiaece*. 


58  H.    JUMELLE 

304.  Corps  gras  de  la  graine  d'emblic. 

Uemblic  est  le  Phyllanthus  Emhlica,  ou  Emhlica  offici- 
nalis.  Ses  fruits  sont  les  myroholans  emblics,  et,  comme 
les  autres  myroholans,  tels  que  les  myroholans  chehuhs 
(du  Terminalia  Chehnla),  et  les  myroholans  bellerics  (du 
Terminalia  Bellerica),  sont  riches  en  tannin  ;  d'où  leurs 
emplois  en  thérapeutique  indigène,  en  tannerie  et  en  tein- 
turerie. Mais  les  graines  de  tous  ces  myrobolans  sont,  en 
outre,  oléagineuses. 

305.  Huile  de  Jatropha  Curcas.  —  Euphorbiacées. 

Le  Jatropha  Curcas,  ou  pulghère,  ou  pignon  d'Inde, 
déjà  cité  dans  le  Catalogue  de  la  Réunion  (n°  201),  est 
originaire  de  l'Amérique  du  Sud,  mais  est  introduit  aujour- 
d'hui dans  tous  les  pays  chauds.  Il  s'est  plus  ou  moins 
naturalisé  en  Afrique  tropicale,  où  il  sert  souvent  pour 
faire  des  clôtures.  Les  Noirs  n'utilisent  pas  ses  graines, 
dont  on  connaît  les  effets  purgatifs  très  énergiques  et  dan- 
gereux. La  teneur  en  huile  de  ces  graines  est  de  35  °/0. 
L'huile  renferme  environ  1 0  °/0  d'acides  solides  ;  et  les 
acides  liquides  se  composent  d'acides  oléique  et  linoléique, 
en  parties  à  peu  près  égales.  Les  caractéristiques,  d'après 
Lewkowitsch,  sont  : 

Poinl  de  solidification 8° 

Indice  de  saponification 93,2 

Indice  d'iode 98,3 

Indice  de  Hehner 95,1 

Solidification  des  acides  gras 28°6 

L'huile  de  pulghère  est  appréciée  en  savonnerie;  en 
raison  de  sa  faible  acidité,  elle  est  utilisable  pour  le  grais- 
sage et  pour  l'éclairage.  Les  importations  des  graines  à 
Marseille  se  sont  élevées,  en  ces  dernières  années,  à  un 
millier  de  tonnes  environ. 

306.  Fruits  de  ricin  (Dahomey).  — ■  Euphorbiacées. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  59 

Le  ricin,  peut-être  originaire  de  l'Afrique  orientale,  est 
répandu,  en  tout  cas,  aujourd'hui  à  travers  toute  l'Afrique 
tropicale,  comme  il  l'est  en  beaucoup  d'autres  pays  chauds. 

307.  Fruits  de  Balanites  aegyptiaca.  —  Simaruhacées. 

308.  Huile  de  Balanites  aegyptiaca. 

Ce  petit  arbre  épineux  a  déjà  été  mentionné  dans  la 
section  des  Fruits  alimentaires,  mais  ses  graines  sont,  en 
outre,  oléagineuses.  Elles  contiennent,  suivant  les  échan- 
tillons, il  à  o8,7  %  d'une  huile  qui,  extraite  par  les  dissol- 
vants, est  jaune  pâle,  transparente,  sans  saveur  ni  odeur 
marquées,  ne  se  desséchant  pas  à  l'air.  Elle  contient,  à 
l'état  de  glycérides,  33  °/0  d'acide  oléique,  33  d'acide  lino- 
léique,  34  °/o  d'acides  stéarique  et  palmitique.  Elle  se  rap- 
proche, par  ses  caractères,  de  l'huile  de  coton  et  a  pour 
caractéristiques,  d'après  diverses  analyses  : 

Densité 0,919  0,9187 

Indice  d'acide 5  1,4 

Indice  de  saponification 196,7  194,2  198,5 

Indice  d'iode 92,5  98,2  100 

Indice  de  Hehner 95,2  98,6 

Solidification  des  acides  gras.       34°6  34° 

Une  autre  espèce  voisine  de  Balanites,  le  Balanites 
Tieghemi,  serait  moins  richement  oléagineuse,  d'après  les 
recherches  de  Hébert,  car  les  graines  ne  contiendraient  que 
10  °/0  de  substance  grasse,  qui  est  une  huile  liquide,  jaune 
foncé,  dont  Hébert  dit  d'ailleurs  encore  qu'elle  se  rapproche 
beaucoup  de  l'huile  de  coton.  Elle  est  liquide  au-dessus  de 
— 3°,  et  son  indice  diode  est  de  121.  Ses  acides  gras  fondent 
à  3°  et  se  composent  de  63  °/0  d'acides  gras  non  saturés  et 
37  °/0  d'acides  saturés.  Les  acides  non  saturés  sont  surtout 
de  l'acide  oléique  ;  les  acides  saturés  fondent  à  37°-38°. 
Elle  peut  convenir  pour  la  savonnerie. 

(Sorne  africa.ii  Oih  and  oil  Seeds.  Bulletin  of  llie  Impérial  Instituts, 
1908,  n°  4.  —  Hébert  :  loc.  cit.) 


60  H.    JUMELLE 

309.  Graines  de  Carapa  procera  —  Méliacées. 

310.  Fruits  de  Carapa  procera. 

311.  Huile  de  touloucouna. 

Le  Carapa  procera,  ou  Carapa  guineensis,  ou  Carapa 
touloucouna,  est  le  touloucouna  des  Ouolofs.  Il  croît  au 
Sénégal,  ainsi  que  dans  le  Haut-Sénégal-Niger.  Les  indi- 
gènes, en  certaines  régions,  se  servent  de  l'huile  comme 
de  cosmétique  ;  en  d'autres,  on  la  considère  comme  bonne 
pour  guérir  les  plaies  ;  elle  serait  aussi  purgative  et  vermi- 
fuge. La  graine  se  compose  de  25  à  29  °/0  environ  de  tégu- 
ment et  75  à  71  %  d'amande  ;  et  les  amandes  abandonnent 
aux  dissolvants  jusqu'à  57  °/0  de  substance  grasse.  Par 
pression  on  obtient  46  °/0  environ.  La  substance  est  de 
saveur  amère,  d'une  odeur  caractéristique,  plus  ou  moins 
colorée,  plus  ou  moins  consistante  à  la  température  ordi- 
naire. 

Suivant  qu'elle  a  été  extraite  à  froid  ou  à  chaud,  on  a 
trouvé  à  l'Impérial  Institute  de  Londres  : 

Pressée  à  froid.  Pressée  à  chaud. 

Densité  à  15° 0,9272       0,9327 

—      à  40° 0,9179       0,9174 

Indice  de  saponification 197,1              19G,4 

Indice  d'iode 75,6             71 ,2 

Indice  de  Reichert-Meissl 3,5             3,1 

Solidification  des  acides  gras 3:>04              36°1 

Le  tourteau,  qui  est  amer,  ne  peut  convenir  pour  l'ali- 
mentation du  bétail  ;  sa  teneur  de  2,5  à  2,9  en  azote  ne  lui 
donne  aussi  qu'une  faible  valeur  comme  engrais. 

(E.  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  oupeu  connues  des  colonies  fran- 
çaises. Annales  du  Musée  Colonial  de  Marseille,  1898.  —  Some  african 
O ils  and  oil  Seeds.  Bulletin  of  the  Impérial  Institute,  1908.) 

312.  Graines  de  Trichilia  emetica.  —  Méliacées. 

Le  Trichilia  emetica,  ou  mafoureire,  est  surtout  un  arbre 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  61 

de  l'Afrique  orientale  ;  et  le  principal  pays  exportateur  de 
ses  graines  est  l'Est- Africain  Portugais.  L'espèce  est  cepen- 
dant aussi  signalée  en  Sénégambie  et  à  Sierra-Leone.  Les 
graines  oblongues,  contenues  dans  des  capsules  qui  s'ouvrent 
en  trois  valves,  sont  entourées  chacune  d'un  arille  écarlate. 
Amande  et  arille  sont  oléagineux  ;  l'amande  contient  de 
54  à  68  °/0  d'huile,  et  l'arille  50  °/0.  Les  deux  substances 
grasses  sont  solides  à  la  température  ordinaire  et  ont  pour 
caractères  : 

Huile  de  l'amande.        Huile  de  larille. 

Indice  de  saponification 2#0,3       209,7 

Indice  d'iode 52,6       71,6 

Indice  d'acidité 36,7       17,7 

Solidification  des  acides  gras 53°2       45°4 

Insaponifiables 1,4       1,3 

Les  graines  de   mafoureire  sont   donc  intéressantes   en 
stéarinerie  et  en  savonnerie. 

(Mafoureira  nuts  fron  Portuguese  East  African.  Bulletin  of  the  Impé- 
rial Institute,  1903.  —  Some  african  Oils  and  oïl  Seeds,  id.,  1908). 

313-314.  Huile  et  corps  gras  d'Anacardium  occidentale.  — 

Téréhinthacées . 

\S acajou  a  pomme  a  déjà  été  mentionné  dans  la  section 
des  Graines  alimentaires. 

315.  Gousses  de  Moringa  pterygosperma.  —  Moringacées. 

316.  Capsules  et  graines  de  ben. 

Le  Moringa  pterygosperma,  qui  est  d'origine  indienne, 
est  en  Afrique  tropicale  une  espèce  introduite,  mais  s'y  est 
d'ailleurs  bien  naturalisé.  L'espèce  sauvage  est  le  Moringa 
aptera.  Les  caractères  de  l'huile  de  ben  sont  donnés  dans  le 
Catalogue  de  la  Réunion  (n°  204).  La  plante  est  le  nebredaï 
ou  nevradaï  des  Ouolofs. 

317.  Fruits  de  Gardiospermum  halicababum  —  Sapindacées. 


62  H.    JUMELLE 

Les  graines  de  cette  plante  grimpante  donnent  une  huile 
jaune  pâle,  de  saveur  assez  prononcée,  rappelant  celle  des 
huiles  de  Gucurbitacées,  et  dont  l'odeur  est  celle  de  l'huile 
de  noix.  Elle  se  fige  déjà  à  14°  et  se  solidifie  à  10°  ;  elle  est 
soluble  dans  l'alcool  à  95°.  Les  feuilles  donnent  un  bon 
fourrage.  La  racine  est  employée  en  médecine  indigène 
comme  émétique,  laxatif,  stomachique  et  rubéfiant. 

(De  Wildeman  :  Notices  sur  des  plantes  utiles  ou  intéressantes  de  la 
flore  du  Congo,  vol.  II,  fasc.  1.) 

318.  Gousses  d'arachide  (Sénégal).  Légumineuses. 

319.  Huile  d'arachide. 

L'arachide,  en  Afrique  Occidentale  Française,  est  surtout 
cultivée  au  Sénégal,  qui  exporte  annuellement  240.000  tonnes 
de  gousses,  mais  elle  l'est  aussi  un  peu  dans  le  Haut-Séné- 
gal-Niger, dont  les  exportations  étaient  de  8.677  tonnes  en 
1913,  et  en  Guinée  Française,  qui  exportait  la  même  année 
3.546  tonnes.  Ces  arachides  de  l'Afrique  occidentale  nous 
sont  importées  à  Marseille  en  coques,  tandis  que  celles  de 
l'Inde  nous  parviennent  décortiquées.  Sur  le  total  de 
graines  oléagineuses  que  reçoit  annuellement  Marseille,  les 
arachides  décortiquées  ou  en  coques  représentent  65  °/0 
environ,  alors  que  déjà  les  coprahs,  qui  se  placent  au  second 
rang*  par  ordre  d'importance,  ne  représentent  que  17  °/0,  et 
les  sésames,  au  troisième  rang,  4  °/0. 

Les  arachides  en  coques  de  l'Afrique  occidentale  se  com- 
posent de  28  à  32  °/0  de  coques  et  68  à  72  °/0  de  graines, 
qui  renferment  50  °/0  environ  d'huile.  Celte  huile  d'ara- 
chide est  plus  ou  moins  colorée  suivant  les  provenances  ; 
elle  est  composée  d'oléine,  d'hypogéine  et  de  linoléine,  qui 
sont  liquides,  et  d'arachidine,  qui  est  solide.  Elle  se  soli- 
difie à  0°  à  2°,  et  a  pour  indice  de  saponification  185,6  à 
194,8,  et  pour  indice  d'iode  92,4  à  100,8.  Le  point  de  con- 
gélation des  acides  gras,  c'est-à-dire  son  titre,  est  de  28°  1 
à  29°  2.  C'est  une  huile  alimentaire  et  à  savonnerie  ;  elle 
entre  en  grandes  quantités,  à  Marseille,  dans  la  fabrication 


AFRIQUE   OCCIDENTALE    FRANÇAISE  63 

des    savons  unicolores  à  base  d'huile   concrète.    Le  tour- 
teau d'arachide   est  bon   pour  l'alimentation. 

(Bontoux,  loc.  cit.  —  H.  Jumelle  :  L'Industrie  marseillaise  des  corps 
gras.  La  Nature,  16  sept.  1916.) 

320.  Feuilles  etfleursde  Pentaclethra  macrophylla.  — Légu- 
mineuses. 

Le  Pentaclethra  macrophylla,  ou  oivala  du  Gabon,  est 
surtout  commun  au  Gabon  et  au  Congo  ;  ses  graines  et  son 
huile  seront  décrites  dans  le  Catalogue  de  l'Afrique  Equato- 
riale  Française.  Déjà,  en  Afrique  occidentale,  on  trouve 
l'arbre  en  Casamance,  en  Guinée  et  a  la  Côte  d'Ivoire  ;  les 
graines  sont  mangées  grillées. 

(E.  Heckel  :  Recherches  sur  les  graines  grasses  nouvelles  ou  peu  con- 
nues des  colonies  françaises.  Annales  du  Musée  Colonial  de  Marseille, 
5e  année,  4e  volume,  1897.) 

I 

321.  Graines  de  sésame  blanc.  —  Pédaliacées. 

322.  Huile  de  sésame. 

Le  Sesamum  indicum,  qui  est  une  plante  annuelle,  de 
80  centimètres  à  1  mètre  de  hauteur  environ,  est  cultivé  en 
Afrique  Occidentale  Française,  en  Guinée  Française  et  un  peu 
aussi  dans  le  Haut-SénégaLNiger.  C'est  le  héné  des  Bam- 
baras.  Les  nouveaux  procédés  de  raffinage  des  huiles  d'ara- 
chides de  Coromandel  ont,  en  ces  dernières  années,  quelque 
peu  diminué  à  Marseille  l'importance  des  huiles  de  sésame 
comme  huiles  alimentaires.  Ces  huiles  sont  cependant  tou- 
jours recherchées  en  hiver,  de  préférence  aux  huiles  d'ara- 
chide, dans  les  pays  à  longue  saison  froide,  en  raison  de 
l'infériorité  de  leur  point  de  congélation  ( —    i°  à  — 6°  . 

L'huile  de  sésame  renferme  12  à  15  °/0  de  glycérides 
d'acides  concrets  ;  le  reste  est  formé  d  environ  25  "  ,,  de  lino- 
Léine  et  (>0  °/0  d'oléine.  Le  point  de  solidification  des  acides 
gras  est  de  23"  environ.  L'indice  <!<■  saponification  de  1  huile 


64  h.    JUMELLE 

est  de  188  à  192  ;  l'indice  d'iode  est  de  106  à  114,5.  L'huile 
de  sésame  ordinaire  est  employée  à  Marseille  dans  la  fabri- 
cation des  savons  incolores  à  base  d'huile  concrète  ;  l'huile 
sulfurée  sert  pour  la  préparation  des  savons  marbrés. 

323.  Graines  de  benefmg. —  Labiées. 

L'Hyptis  spicigei%a,  ou  benefing,  ou  «  sésame  noir  »,  qui 
appartient  d'ailleurs  à  une  tout  autre  famille  que  le  véritable 
sésame,  croît  spontanément  ou  est  cultivé  en  diverses 
régions  du  Haut-Sénégal-Niger,  de  la  Guinée  Française  et 
du  Haut-Congo.  C'est,  comme  le  véritable  sésame,  une 
plante  annuelle,  de  80  cm.  à  1  mètre  de  hauteur  ;  ses 
graines,  brun  tabac,  sont  plus  petites  que  celles  de  sésame. 
Elles  contiennent  20  à  23  °/0  d'huile,  quelquefois  plus,  mais 
rendent  industriellement  13  à  14  °/0.  Cette  huile  plus  ou 
moins  colorée,  qui  a  pour  indice  d'iode  203  environ,  est,  par 
conséquent,  très  siccative.  Sa  siccativité  est  supérieure  à 
celle  de  l'huile  de  lin  ;  on  ne  connaît  actuellement,  comme 
huile  plus  siccative,  que  celle  du  Perilla  ocimoides  (qui  a 
pour  indice  d'iode  206),  de  la  Chine  et  du  Japon.  Elle  séche- 
rait, d'après  M.  Gastine,  plus  rapidement  que  l'huile  de  lin, 
mais  les  peintures  dans  la  composition  desquelles  elle  entre 
sont  moins  élastiques  et  plus  friables  que  celles  obtenues 
avec  cette  huile  de  lin.  On  peut  lui  reprocher  également  sa 
couleur  et  son  odeur.  D'autre  part,  les  graines,  petites,  à 
tégument  résistant  et  élastique,  sont  de  broyage  difficile,  et 
leur  rendement  est  bien  faible. 

Le  tourteau,  de  couleur  rougeâtre,  ne  paraît  pas  toxique, 
mais  il  ne  contient  que  2,8  °/0  d'azote;  il  est  donc  de 
médiocre  valeur. 

(Gastine  :  Les    graines  de    benefing.   Expansion  coloniale,   Marseille, 
mars  1913.) 

324.  Graines  de  karité  (Soudan).  —  Sapotacées. 

325.  Amandes  de  karité. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  65 

326.  Pain  de  karité  préparé  par  les  indigènes. 

327.  Beurre  de  karité  purifié. 

328.  Rameaux  et  feuilles  de  Karité. 

329.  Bois  de  karité. 

Le  Butyrospermum  Parkii,  ou  karité,  ou,  encore,  suivant 
les  régions,  tengha,  giddauchi,  eko,  lulu,  est  1'  «  arbre  à 
beurre  du  Soudan  »  ;  et  c'est,  en  effet,  un  des  arbres  qui 
caractérisent  essentiellement  la  région  soudanienne,  c'est-à- 
dire  la  zone  qui  comprend,  en  Afrique  tropicale  française:  1° 
une  grande  partie  du  Haut-Sénégal-Niger  (dont  la  partie  sep- 
tentrionale appartient,  avec  la  Mauritanie,  à  la  zone  sahé- 
lienne)  ;  2°  la  Haute-Guinée,  en  arrière  du  Fouta-Djalon;  3°  le 
Haut-Dahomey  ;  i°  en  Afrique  Equatoriale,  le  Territoire 
fétichiste  du  Tchad,  entre  le  10e  degré  de  latitude  et  Fort- 
Grampel.  La  variété  du  Haut-Sénégal-Niger  et  du  Ghari  est 
la  variété  mangifolium  ;  celle  du  Dahomey  est  la  variété 
Poissoni.  Le  beurre  que  fournissent  les  graines  est  le  beurre 
de  karité,  ou  beurre  de  Galam,o\x  beurre  de  ce,  ou  beurre  de 
shea.  Les  indigènes  le  préparent  pour  leur  propre  consom- 
mation en  torréfiant  puis  broyant  les  graines,  qu'ils  ont  au 
préalable  décortiquées,  et  en  traitant  cette  pâte  par  l'eau 
chaude;  ils  écument  l'huile,  la  font  de  nouveau  bouillir  pour 
la  purifier,  et,  après  solidification,  la  conservent  en  pains. 
D'après  M.  Chevalier,  36  kilos  de  fruits,  traités  ainsi  sur 
place,  ne  donnentque  2  kilos  de  beurre;  et  500  grammes  de 
graines  rendent  61  à  63  grammes,  soit  un  peu  plus  de  12°/0. 
La  proportion  est  faible,  puisque,  au  laboratoire,  l'Usine  Roc- 
ca,  Tassy  et  de  Roux,  a  Marseille,  a  trouvé  que  les  graines 
se  composent  de  33  °/0  de  tégument  et  67  d'amande,  et  que 
ces  amandes  (avec  8,70  à  6,12  d'humidité  donnent  iH  à 
50  °/0  de  substance  grasse.  A  l'usine  toutefois  le  rendement 
a  été  de  36°/0;  et  il  reste  dans  les  tourteaux  9  à  10  °  0  d'huile. 
Un  échantillon  de  beurre  de  karité  étudié  par  Hébeii  fon- 
Annales  du  Musée  colonial  do  Marseille.  —  3'  série,  '■->'  vol.  I0I T.  f) 


66 


H.    JUMELLE 


dait  à  32°,  se  solidifiait  à  19°  et  présentait   les    constantes 
suivantes  : 


Indice  de  saponification 196 

Indice  d'acidité 7,7 

Indice  de  Reichert 1,1 

Indice  de   Hehner 95,25 

Indice  d'iode *  69,6 

Les  acides  gras  non  saturés  sont  de  l'acide  oléique.  Les 
acides  gras  saturés  fondent  à  67°-68°  et  seraient  composés 
d1acide  arachidiqueet  d'acide  stéarique,  avec  un  peu  d'acide 
palmitique. 

La  torréfaction,  d'après  Hébert,  ne  semble  pas  influer 
sensiblement  sur  la  quantité  ni  sur  la  qualité  de  la  matière 
grasse.  Ce  chimiste,  en  comparant  des  amandes  fraîches 
(conservées  dans  le  formol),  des  amandes  séchées  au  soleil, 
mais  non  torréfiées,  et  des  amandes  torréfiées,  a  obtenu  les 
résultats  suivants  : 


Poids  moyen  d'une  amande. .  . 

Rendement  en  graisse,  %  d'a- 
mandes   

Humidité  des  amandes 

Rendement   en  graisse  °/o  d'a- 
mandes supposées  séchées.. 

Point  de  fusion  du  beurre 

Densité  au  point  de  fusion 

Indice  d'acidité 

Indice  de  Reichert 

Indice  de  Hehner 

Indice  de  saponification 

Indice  d'iode 

Fusion  des  acides  gras 


Amandes 

Amandes 

Amandes 

fraiches 

séchées 

torréfiées 

llgr.  1 

5  gr.5    .  . 

5  gr.  5 

10 

23 

.     25,4 

58          .... 

13,6 

.     14 

23,8       .... 

26,6 

.     29,5 

28° 

27° 

.     29° 

0,912   .... 

0.911     ... 

0,908 

9,1        .... 

5,6 

5,6 

3,8       .... 

2,4 

.       2,4 

jo,y       ...» 

93,9 

93,9 

193,2       .... 

188,6 

188.5 

63 

62,2 

64,2 

44° 

53" 

53° 

A  l'Impérial  Institute  de  Londres,  on  a  trouvé,  comme 
pourcentage  d'huile  des  amandes:  41,  4;  46,2  ;  48,  54,5.  Et 
avec  des  beurres  de  diverses  provenances,  les  résultats  ont 
été: 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  67 

Lagos     Gold  Coast     Nigérie       Soudan 

du  Nord 

Indice  d'acidité 18  ...     10,3....  18,2 

Indice  de  saponification 179  ...   181,7   182,8  184 

Indice  d'iode 58,7  ...     54       ....  57,9  ....  62,9 

Indice  de  Hehner 96,5                      94,6  91.9 

Indice  de  Reichert-Meissl ....  1,84  ... .  1,4 

Insaponifiables 1,7                        ....  7  ....  4,3 

Solidification  des  acides  gras. ..  52  ...     53° 

Le  beurre  de  karité  est  apprécié  en  stéarinerie,  mais  l'ha- 
bitat de  l'arbre,  toujours  éloigné  du  littoral,  rend  les  trans- 
ports difficiles  et  coûteux  ;  et  c'est  la  grande  cause  qui 
restreint  l'utilisation  delà  substance  grasse.  C'est,  en  tout 
cas,  cette  substance  même  qu'il  y  a  lieu  d'exporter,  plutôt 
que  les  graines;  et  il  serait  à  désirer  que,  comme  l'essai  en 
a  déjà  été  fait  dans  le  Haut-Sénégal-Niger,  le  beurre  fût 
extrait  dans  nos  colonies  par  des  maisons  européennes  qui 
achèteraient  les  graines  aux  indigènes.  Le  beurre,  dans  ces 
conditions,  arriverait  en  France  mieux  préparé  et  plus  pur 
que  le  produit  indigène . 

(Vuillet  :  Etude  du  karité.  André,  Paris,  1901.  —  E.  Perrot  :  Le  karité 
et  Vargan.  Les  Végétaux  utiles  de  l'Afrique  tropicale  française.  Chal- 
lamel,  Paris,  1907.  —  A.Hébert  :  Sur  la  graisse  de  karité.  Bulletin  delà 
Société  chimique  de  France,  oct.  1911.) 

330.  Graines  de  Dumoria  Heckeli  (Côte  d'Ivoire). — Sapota- 
cées. 

331.  Corps  gras  et  dérivés  des  graines  de  Dumoria  Heckeli. 

332.  Tourteau  pulvérisé  de  Dumoria  Heckeli. 

Le  Dumoria  Heckeli,  ou  Ticyhemella  Heckeliana,  est  Un 
arbre  de  30  à  40  mètres  de  hauteur,  de  la  Côte  d'Ivoire,  de 
la  Gold  Coast  et  du  Libéria,  où  il  vit  dans  la  grande  forêt, 
toujours  en  individus  dispersés.  C'est  le  duniori  des  Agnis, 
le  makaru  ou  ma  ko  ri  des  Apolloniens,  le  mbahu  des  Attiés. 
Il  est  commun,  en  Cote  d'Ivoire,  dans  l'Attié,  l'Indénié,  le 
Sanwi,  la  région  de  Dabou,  les  bassins  du  Sassandra  et  du 


68  H.    JUMELLE 

Cavally.  Les  fruits,  très  gros  et  presque  sphériques,  et  dont 
le  poids  varie  de  175  grammes  à  360  gr.,  sont  des  baies  à 
chair  jaune  abricot,  de  saveur  amère,  contenant  1  à  3  graines. 
Celles-ci,  qui  pèsent  de  25  à  55  grammes,  sont  ovoïdes 
allongées,  à  tégument  dur  et  épais.  L'amande  fournit  un 
beurre  qui  est  estimé  et  très  consommé  par  les  peuplades  de 
la  forêt  de  la  Côte  d'Ivoire.  La  substance  grasse,  que  les 
indigènes  obtiennent  en  traitant  par  l'eau  chaude  la  pâte 
de  ces  amandes  préalablement  desséchées  au  soleil,  est 
conservée  dans  des  bouteilles.  Elle  est  jaunâtre,  à  demi 
fluide,  moins  concrète  que  le  beurre  de  karité.  Les  Agnis, 
les  Attiès  et  les  Betès  en  font  encore  usage  pour  fabriquer 
leur  savon.  D'après  M.  Chevalier,  un  arbre  adulte  produit 
environ,  par  an,  3. 000 fruits,  représentant  i. 000 graines,  soit, 
à  raison  de  8  grammes  de  graisse  par  graine,  30  kilos  envi- 
ron de  cette  graisse.  Une  graine  se  compose  d'environ  65 
parties  de  tégument  et  35  parties  d'amande,  qui  rend  40  °/0 
de  beurre. 

Les  principaux  caractères  de  ce  beurre  sont  : 

Densité  à  15° 0,956 

Point  de  fusion 34° 

Indice  d'acide 5,6 

Indice  de  saponification 188 

Indice  de  Reichert 0,8 

Indice  de  Hehner 96,8 

Indice  d'iode 56,4 

Fusion  des  acides  gras 60° 

Les  acides  gras  sont  composés  de  33  °/0  d'acides  non  satu- 
rés et  67  d'acides  saturés.  Les  acides  non  saturés,  liquides, 
sont  jaunes  et  correspondent  à  l'acide  oléique  ;  les  acides 
saturés,  concrets,  fondent  à  67°-68°  et  se  composeraient 
d'acides  stéarique  et  palmitique  et  d'un  acide  carnaubique 
ou  cérotique. 

Le  beurre  de  dumori  peut  servir  pour  l'alimentation  et 
pour  la  fabrication  des  savons  et  des  bougies. 

Le  tourteau  est  relativement  peu  riche  en  matières  azotées 
(12,  18  °/0)j  même  en  hydrates  de  carbone  (18  °/0  environ); 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  G9 

il    pourrait    cependant  être   utilisé  pour   l'alimentation    ou 
comme  engrais. 

(A.  Chevalier  :  Les  bois  delà  Côte  d'Ivoire.  Les  Végétaux  utiles  de 
l'Afrique  tropicale  française,  fasc.  V,  1909.  —  A.  Hébert:  Sur  la  compo- 
sition de  diverses  graines  oléagineuses  deV Afrique  Occidentale  Française. 
Bulletin  de  la  Société  chimique  de  Paris,  2  mai  19H.) 

333.  Graines  deGuizotia  abyssinica.  — Composées. 

Le  Guizoiia  abyssinica,  ou  Guizotia  oleifera,  est  le  neuk 
d'Abyssinie.  11  est  peu  cultivé,  si  même  il  l'est,  en  Afrique 
Occidentale  Française.  Les  graines  renferment  34  à  45  °/0 
d'une  huile  à  saveur  de  noix,  qui  est  comestible.  C'est 
Yhuile  de  niger.  Elle  est  bonne  pour  la  savonnerie  et  est 
faiblement  siccative.  Ses  constantes,  d'après  divers  auteurs, 
sont  : 

Point  de  solidification —  9° 

Indice  de  saponification 123,53     189,9  à  192,2 

Indice  d'iode 126,6    à  133,5 

Indice   d'acide 3,7 

Indice  de  Reichert-Meissl 0,88 

Insaponifiables 1,26 

Fusion  des  acides  gras 28°2 

Indice  d'iodede  ces  acides 113,87 

Une  huile  raffinée  et  blanchie  a  donné  : 

Indice  d'acide 0,45 

Indice  de  saponification 217,80 

Indice  d'iode 114 

Indice  de'Reichert-Meissl 3,85 

Fusion  des  acides  gras 27°8 

Indice  d'iode  de  ces  acides 102,33 

334.  Amandes  de  guélé  iri  (Cote  d'Ivoire). 

335.  Corps  gras  et  dérivés  de  guélé  iri. 

Les  grosses  amandes  de  cette  plante  encore  indéterminée, 
et  qui,  dans  le  cercle  de  Kong,  à  la  Cote  d'Ivoire,  est  connue 
sous  les  noms  de  lama  et  de  guélé  iri,  donnent  une  graisse. 


70  H.    JUMELLE 


336.  Graines  d'ouanigny. 

Les  graines  de  cette  espèce  indéterminée  donnent  une 
huile. 

337.  Cendres  de  Graminées  (Dahomey). 

Les  cendres  de  Graminées  servent  au  Dahomey  pour  la 
fabrication  d'un  savon  indigène. 

338.  Fruits  de  Sapindus  senegalensis  —  Sapindacécs. 

339.  Fruits  de  Sapindus  Saponaria. 

L'espèce  de  Sapindus  indigène  au  Sénégal  est  le  Sapin- 
dus senegalensis  ;  le  Sapindus  Saponaria,  d'origine  améri- 
caine, est  introduit.  Les  fruits  de  ces  Sapindus  sont  emplo}rés 
comme  l'écorce  de  bois  de  Panama  (Quillaia  Smegmadermos) , 
car  ils  contiennent  de  la  saponine,  ou,  plus  exactement, 
d'après  M.  G.  Masson,  des  saponoïdes.  Les  saponines  sont 
blanches,  très  solubles  dans  l'eau,  insolubles  dans  l'alcool 
absolu  et  l'éther  acétique  ;  le  tannin  est  sans  action.  Les 
saponoïdes  sont  colorés,  et,  s'ils  ne  sont  pas  combinés  avec 
un  alcali,  sont  insolubles  dans  l'eau,  mais  solubles  dans 
l'alcool  absolu  et  l'éther  acétique  ;  ils  forment  avec  le  tannin 
des  combinaisons  insolubles  dans  l'eau  et  solubles  dans 
l'alcool.  Ils  sont  d'ailleurs  émulsifs  et  aphrogènes,  comme 
les  saponines.  Tandis  que  le  bois  de  Panama  contient  une 
saponine  (la  quillaiasaponine)  et  un  saponoïde  (l'acide  quil- 
laique),  le  péricarpe  des  fruits  de  Sapindus  Mukorossi  con- 
tient, en  même  temps  qu'une  très  petite  quantité  d'huile, 
deux  saponoïdes,  1 acide  sapindique  et  Y  acide  sapindétique . 

(G.  Masson:    Recherches  sur   quelques    plantes   à   saponine.  Thèse  de 
pharmacie  de  Paris,    1910.) 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  71 


IX.  —  TEXTILES  ET  PAILLES 

361.  Bourre   de    fromager    (Haut-Sénégal-Niger).  —  Malva- 
cées . 

362.  Bourre  de  dondol  (Sénégal). 

Ainsi  qu'il  a  été  dit  dans  la  section  précédente,  on  désigne 
sous  le  nom  de  fromagers  plusieurs  espèces  d'arbres  à  bois 
mou  dont  les  fruits  donnent  une  bourre  (poils  internes  de 
ces  fruits)  qui  est  le  kapok  du  commerce.  Le  véritable  kapok 
est  fourni  par  le  Ceiba  pentandra,  peut-être  originaire  de 
l'Amérique,  mais,  en  tout  cas,  introduit  de  longue  date 
dans  l'Inde  et  en  Malaisie,  et  aussi  en  Afrique.  En  Malaisie, 
l'espèce  est  tellement  acclimatée  et  répandue  qu'elle  y  est 
souvent  considérée  comme  indigène  ;  en  tout  cas,  le  kapok 
du  commerce  provient  principalement  des  Indes  Néerlan- 
daises. En  Afrique,  cette  espèce  est  souvent  confondue  avec 
les  espèces  indigènes,  plus  ou  moins  voisines,  qui  sont 
YErioclendron  guineense  et  le  Bomba?  buonopozensc ,  Il 
importerait  donc  de  s'assurer,  par  l'étude  d'échantillons 
d'origine  précise,  des  valeurs  respectives  de  toutes  ces 
bourres,  dont  les  bonnes  sortes  pourraient  donner  lieu  à  un 
commerce  de  quelque  importance  en  Afrique  Occidentale 
Française. 

On  sait  déjà  qu'est  d'assez  bonne  qualité  la  bourre  du 
Bombax  buonopozense,  qui  serait  le  dondol  des  Ouolofs. 

363.  Coton  non  égrené  du  Soudan.  —  Malvacées. 

364.  Coton  égrené  du  Nunez  (Guinée  Française). 
965.  Coton  sauvage  brut  du  Dahomey. 

366.  Coton  en  bobines  du  Soudan. 


72  H.    JUMELLE 

366  bis.  Coton  filé  et  en  bobines  du  Dahomey. 
366  ter.  Cotonnade  blanche  du  Soudan. 

Le  cotonnier  est  depuis  longtemps  cultivé  par  les  indi- 
gènes en  Afrique  Occidentale  Française  ;  et  ces  cotonniers 
cultivés  appartiennent  à  plusieurs  espèces  du  genre  Gos- 
sypium.  D'après  M.  Chevalier,  l'espèce  la  plus  cultivée  en 
Afrique  tropicale  serait  le  Gossypium  punctatum  Sch.  et 
Thon,  (non  Guill.  et  Perrot.)  qui  est  une  espèce  souvent 
rattachée  au  Gossypium  barbadense  ;  sa  variété  la  plus 
répandue  serait  la  variété  Nigeria.  On  cultiverait  aussi  au 
Baoulé  la  variété  religiosa  (de  couleur  nankin),  de  la  même 
espèce,  et  à  la  Côte  d'Ivoire,  dans  le  Bas  et  le  Moyen- 
Dahomey,  le  Gossypium  peruvianum  Cav.,  autre  espèce 
dont  les  graines  ne  portent  que  des  poils  longs,  mais  sont 
adhérentes  entre  elles. 

Les  principaux  essais  faits  en  Afrique  occidentale  par 
l'Association  cotonnière,  en  vue  de  la  culture  pour  l'expor- 
tation, l'ont  été  dans  le  Haut-Sénégal-Niger  (qui  a  exporté 
en  1 9 J  3  par  la  voie  Kouroussa-Conakry  75  tonnes),  dans 
les  cercles  du  Nord  et  du  Nord-Ouest  de  la  Côte  d'Ivoire 
(qui  a  exporté  100  tonnes  en  191o)  et  dans  le  Moyen- 
Dahomey,  notamment  dans  le  cercle  de  Savalou  (les  expor- 
tations du  Dahomey,  en  1913,  ayant  été  de  171  .193  kilos 
de  coton  brut  et  37.740  kilos  de  coton  égrené. 

(Yves  Henri:  La  Question  cotonnière.  Ministère  des  Colonies,  1906.  — 
A.  Chevalier  :  loc.  cit.,  dans  le  Bulletin  delà  Société  Nationale  d'Accli- 
matation de  France,  1912.) 

367.  Coton  brut  de  la  Côte  d'Ivoire.  —  Malvacces. 

368.  Coton  égrené  de  la  Côte  d'Ivoire. 

Ces  deux  cotons  de  la  Côte  d'Ivoire,  l'un  brut  et  l'autre 
égrené,  proviennent  du  cercle  des  Gouros,  secteur  de 
Zénoula.  Leurs  graines  noires  et  indépendantes  indique- 
raient qu'ils  dérivent    du   Gossypium  barbadense.  Il  n'y    a 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  73 

pas  à  la  Côte  d'Ivoire  de  variétés  pures  ;  toutes  sont  plus 
ou  moins  hybridées.  On  cherche  à  uniformiser  le  type  cul- 
tivé dans  le  Baoulé  en  favorisant  la  multiplication  de  cette 
variété  indéterminée  et  à  courtes  soies  (2o  à  26  mm.)  de 
G.  barbadense.  Le  rendement  en  coton  [Vint  index)  est  de 
30  à  31. 

369.  Cordes  faites  avec  les  filaments  fibreux  de  baobab.  — 
Malvacées . 

Les  indigènes  utilisent  fréquemment  les  filaments  fibreux 
du  liber  du  tronc  de  baobab  pour  en  faire  des  cordes.  Sur 
le  baobab,  voir  n°  292. 

370.  Fruits  de  Triumfetta  rhomboidea.  —  Tiliacées. 

Cette  petite  plante  herbacée  ou  semi-ligneuse  (kotourni 
des  indigènes)  est  répandue  à  l'état  sauvage  dans  toute 
l'Afrique  tropicale.  Son  liber  donne  une  filasse  ligneuse. 

371.  Graines  et  fruits  d'Hippocratea  Richardiana. — Celas- 

tracées. 

Les  filaments  fibreux  de  cette  liane,  qui  est  le  taf  des 
Ouolofs,  servent,  au  Sénégal,  à  entourer  les  calebasses 
avec  lesquelles  les  indigènes  puisent  l'eau. 

(P.  Sebire  :  loc.  cit.) 

372.  Feuilles  et  graines  d'Entada  africana.  —  Légumineuses. 

Les  filaments  fibreux  de  l'écorce  de  ce  petit  arbre  servent 
quelquefois  pour  faire  des  cordes. 

373.  Graines  de  Musa  textilis  (Dahomey).  —  Musacées. 

Le  Musa  textilis,  ou  abaca  des  Philippines,  n'est  qu'acci- 
dentellement introduit  en  Afrique  Occidentale  Française. 

374.  Fruits  d'Hyphaene  thebaica.  —  Palmiers. 


74  H.    JUMELLE 

La  variété  occidentalis  de  YHyphaene  thebaica,  ou  doum, 
est  spontanée  dans  la  zone  sahélienne,  c'est-à-dire  septen- 
trionale, de  notre  Afrique  occidentale  ;  elle  est  plantée  ou 
naturalisée  dans  les  régions  plus  méridionales.  Ses  feuilles, 
comme  celles  de  beaucoup  d'autres  Palmiers,  sont  em- 
ployées pour  le  tressage  des  nattes,  et  aussi  pour  la  fabri- 
cation de  cordes  assez  résistantes.  L'albumen  très  dur  de 
la  graine  peut  être  employé  comme  le  corozo,  ou  ivoire 
végétal,  qui  est  l'albumen  d'un  autre  palmier,  le  Phytele- 
phas  macrocarpa  de  l'Amérique  tropicale. 

37o.  Fruits  de  rônier  (Dahomey). — Palmiers. 

Le  Borassus  Aethiopum,  à  l'état  spontané  ou  planté,  est 
commun  en  beaucoup  de  points  de  l'Afrique  occidentale. 
Ses  feuilles  sont  utilisées  comme  celles  de  l'espèce  précé- 
dente. 

376.  Fruits  de  raphia.  — Palmiers. 

Ces  fruits  assez  petits  semblent  ceux  du  Raphia  gracilis, 
petit  Palmier  de  la  Guinée  Française  ne  dépassant  pas  3  à 
4  mètres  de  hauteur.  Les  feuilles  de  raphia  conviennent  aux 
mêmes  usages  que  les  précédentes. 


X.  —  BOIS 


Un  Catalogue  des  Bois  de  l'Afrique  Occidentale  Française 
sera  publié  ultérieurement. 


XL— PLANTES    A    PARFUMS 


385.   Tubercules  de    Cyperus  sp.  (Haut-Sénégal-Niger) 
Cypéracées. 


AFRIQUE   OCCIDENTALE    FRANÇAISE  75 

Dans  la  région  de  Tombouctou,  d'après  M.  Chevalier,  les 
femmes  pilent  ces  tubercules,  puis  les  mélangent  avec  de 
la  gomme  et  de  la  bouse  de  chameau,  ou  encore  avec  les 
crottes  d'une  espèce  d'antilope  ;  et  elles  confectionnent  ainsi 
de  petites  boules  qu'elles  enfilent  en  chapelets  et  qu'elles 
portent  autour  des  reins. 

386.  Fruits  d'Hibiscus  Abelmoschus . — Malvacées. 

Uambrette,  ou  gomho  musqué  (voir  n°  179),  dont  les 
graines  odorantes  sont  exportées  des  Antilles  Françaises,  est 
originaire  d'Amérique.  Les  indigènes  de  l'Afrique  tropicale 
la  cultivent  pour  faire  des  colliers  avec  les  graines.  C'est 
le  soumari  des  Soussous. 

L'essence  de  graine  d'ambrette  est  solide.  Un  échantillon 
analvsé  en  1 912  à  l'Usine  Roure-Bertrand,  à  Grasse,  a 
donné  : 

Poids  spécifique  à  30°.  .  . 0,8983 

—              —        à  43° 0,8883 

Déviation   polarimétrique -f-   1°"24 

Indice  de  réfraction  à  30° 1,4645 

Coefficient  de  neutralisation 47 

—  de  saponification 194,7  à  495,3. 

—  de  saponification 

après  acétylation 213,7 

Cette  essence  est  soluble  dans  1  vol.  d'alcool  à  90°,  mais 
il  se  produit  un  fort  trouble  par  addition  subséquente  du 
même  alcool. 

On  peut  distinguer  dans  l'essence  d'ambrette  lVs.se/ice 
normale,  solide  ou  cireuse  à  la  température  ordinaire,  et 
Vessence  liquide,  obtenue  par  l'élimination,  à  l'aide  d'un 
traitement  spécial,  des  acides  gras,  surtout  de  l'acide 
palmitique,  de  la  précédente.  A  l'Usine  Schimmel,  on  a 
trouvé  pour  ces  deux  essences  : 

Kssenct:  normale  Essence  liquida 

Densité  à  15° 0,9088  &  0,9183 

—      à  40° 0,891  à  0,892 


76  H.    JUMELLE 

Déviation  polarimétrique.  .  -+-  0°14à-j-  1°19 

Indice  de  réfraction  à  20°.  .  1,47421  à  1,47646 

Indice  d'acidité 75  à  132  0  à  2,4 

Indice  d'éther 66  à  113  167,7  à  180,5 

Solidification 38°  à  39° 

L'essence  normale  est  insoluble  dans  1 0  parties  d'alcool 
à  90°  ;  l'essence  liquide  est  soluble  dans  3  à  6  parties 
d'alcool  à  80°. 

(Bulletin  de  la  Maison  Roure-Bertrand,  oct.  1912.) 

387.  Feuilles,  fruits  et   graines   de    Copaifera    Salikounda 
(Guinée  Française).  —  Légumineuses. 

388.  Feuilles  de  Copaifera  Salikounda. 

389.  Écorces  de  la  tige  de  Copaifera  Salikounda. 

390.  Fleurs  de  Copaifera  Salikounda. 

Le  Copaifera  Salikounda  est  un  arbre  de  la  Guinée 
Française,  de  10  à  lo  mètres  de  hauteur.  Les  graines, 
comme  d'ailleurs  les  gousses,  répandent,  lorsqu'elles  sont 
desséchées,  une  forte  odeur  de  coumarine.  Dans  le  Rio- 
Pongo,  les  indigènes  les  emploient  comme  graines  odo- 
rantes ;  les  femmes  en  font  des  colliers  après  les  avoir 
cassées  par  petits  fragments.  Les  mêmes  graines  sont  uti- 
lisées contre  les  étourdissements  et  les  vertiges  ;  on  les 
met  dans  Feau  froide  et  on  boit  cette  macération  à  froid  par 
petites  verrées.  La  poudre  sert  à  parfumer  le  tabac  à  prises. 
On  en  fait  encore  une  pommade  dont  on  s'enduit  le  corps. 
L'amande  contient  0,08  °/0  de  coumarine  et  les  téguments 
0,027.  La  fève  de  salikounda  est  ainsi  17  à  18  fois  moins 
riche  en  cette  coumarine  que  la  fève  Tonka  (du  Dipteryx 
odorata). 

(Heckel  et  Schlagdenhauffen:  Sur  le  Copaifera  Salikoundade  l'Afrique 
tropicale  et  sur  ses  graines  à  coumarine.  Annales  de  la  Faculté  des 
Sciences  de  Marseille,  1892.) 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  77 


XII.  —  GOMMES  ET  RÉSINES 


401.  Graines  d'Acacia  Sénégal .  —  Légumineuses. 

la' Acacia  Sénégal,  ou  Acacia  Vereck,  est  le  principal  pro- 
ducteur de  gomme  arabique.  Ce  petit  arbre  des  terrains 
secs,  dunes  et  rochers,  croît  dans  la  zone  sahélienne  et  sur 
les  confins  du  Sahara,  depuis  la  Mauritanie  et  la  Sénégambie 
jusqu'à  la  Nubie.  La  gomme  arabique  que  récoltent 
les  Maures  au  nord  du  fleuve  Sénégal  se  divise  en  :  gommes 
du  Bas-Fleuve,  qui  sont  les  sortes  les  plus  claires,  appor- 
tées à  Dagana  et  à  Podor  ;  et  gommes  du  Haut-Fleuve,  ou 
de  Galam,  qui  sont  plus  colorées  et  traitées  à  Bakel,  Nioro, 
Kayes  et  Médine. 

Le  commerce  annuel  mondial  de  gomme  arabique  est  de 
24  à  25  millions  de  kilos,  dont  la  plus  grande  partie  (20  à 
21  millions  de  kilos)  vient  d'Egypte.  Le  Sénégal  exporte 
annuellement  2  millions  1/2  de  kilos  environ  et  le  Haut- 
Sénégal-Niger  oOO.OOO  kilos  à  peu  près  ;  mais  toutes  ces 
sortes,  dont  le  principal  marché  français  est  Bordeaux, 
sont  de  plus  en  plus  concurrencées  par  celles  du  Kordofan. 

Un  échantillon  de  gomme  du  Bas-Fleuve  analysé  à 
Londres,  en  1908,  présentait  comme  caractères  : 

Humidité 16,10 

Cendres 3,5 

Substance  sèche  soluble  dans  l'eau 82 

Acidité 1,9 

Viscosité  d'une  solution    au  dixième 22,!. 

Deux  autres  échantillons  du  Sénégal  ont  donné  : 

Petite  Blanche         Grosse  Blonde 

Humidité 16,1         16 

Cendres 3  3,1 

Substance  sèche  soluble  dans  l'eau 80,6         83 

\cidité 0,8         '■- 

Viscosité  de  la  solution  au  dixième 32,4         28, 


78  H.    JUMELLE 

(H.  Jacob  de  Cordemoy  :  Les  Plantes  à  gommes  et  à  résines.  Doin, 
Paris,  1911.  —  Perrot  et  Gérard:  Recherches  sur  les  bois  de  différentes 
espèces  de  Légumineuses  africaines.  Les  Végétaux  utiles  de  l'Afrique  tro- 
picale Française,  1907.) 

402.  Gousses  d'Acacia  arabica .   —  Légumineuses. 

403.  Gomme  d'Acacia  arabica. 

L1 Acacia  arabica,  ou  encore  Acacia  Adansonii,  est  le 
gommier  rouge,  tandis  que  le  précédent  est  le  gommier 
blanc.  C'est  le  neb-neb  des  Ouolofs.  L'espèce  a,  sur  tous 
les  terrains,  secs  ou  humides,  une  aire  de  distribution  très 
large.  Elle  s'avance  plus  loin  en  Asie  que  Y  Acacia  Sénégal 
et  est  le  principal  gommier  de  l'Inde  ;  elle  descend  aussi 
plus  bas  que  l'autre  espèce  en  Afrique  orientale,  puisqu'on  la 
retrouve  jusqu'au  Cap.  Comme  Y  Acacia  Sénégal,  elle  est  con- 
nue dans  l'Angola.  La  variété  du  Sénégal  est  la  variété 
tomentosa.  La  gomme,  rougeâtre  et  un  peu  tannifère,  est 
bien  inférieure  à  celle  de  Y  Acacia  Sénégal. 

(H.  Jacob  de  Cordemoy  :  /oc.  cit.  —  Perrot  et  Gérard  :  loc.  cit.) 

404.  Bois  d'Acacia  à  gomme  (?)  —  Légumineuses. 

40o.  Gomme  de  Sterculia  tomentosa.  —  Sterculiacées. 

406.  Gomme  de  mbeppe  rendue  soluble. 

407.  Fruits  et  graines  de  Sterculia  tomentosa. 

Le  Sterculia  tomentosa,  qu'on  retrouve  en  Abyssinie  et 
dans  l'Angola,  est,  en  Afrique  occidentale,  le  platane  du 
Sénégal  des  colons  français.  C'est  au  Sénégal  le  mbeppe  des 
Ouolofs  et  le  kongosita  des  Malinkès.  La  gomme  qu'il  four- 
nit est  une  sorte  de  gomme  adragante,  insoluble  dans  l'eau, 
mais  gonflable.  Les  indigènes  du  Sénégal  et  du  Soudan 
l'utilisent  peu.  Les  Laobès  cependant  la  mêlent  au  miel 
pour  faire  un  couscous  onctueux  spécial  ;  les  Peuhls  la 
font  entrer  dans  la  fabrication  d'une  sorte  Uniment  employé 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  79 

pour  panser  les  bestiaux  ;  les  Ouolofs  musulmans  l'em- 
ploient pour  préparer  une  encre  qui  est  d'usage  courant 
dans  les  écoles  de  talibé.  Elle  sert  aussi  parfois  à  apprêter 
les  tissus  pour  la  confection  de  pagnes  recherchés. 

Gette  gomme  de  tnbeppe  a  pour  densité  1,416  ;  elle  con- 
tient 20  °/0  environ  d'eau  et  laisse,  après  incinération, 
7,249  °/0  de  cendres.  Elle  est  de  couleur  blanc  nacré  et 
d'odeur  acétique,  et  se  présente  en  fragments  dont  l'aspect 
conchoïde  mamelonné  rappelle  la  gomme  adragante  en 
rubans,  et  aussi  en  masses  friables  informes.  Le  produit 
n'a  reçu  jusqu'alors  aucun  emploi  dans  l'industrie  euro- 
péenne ;  ses  utilisations  possibles  semblent  limitées.  Le 
rendement  de  l'arbre  est  faible. 

(H.  Heckel  :  Sur  la  gomme  de  m'beppe   ou  kongosita .  Revue  des  cul- 
tures coloniales;  déc.  1898  et  janv.  1899.) 

408.  Gomme  de  fromager.  —  Malvacées. 

Cette  gomme,  qui  serait  produite  par  le  Ceiha  pentandra 
ou  YEriodendron  guineense,  se  présente  en  grosses  boules 
rougeâtres.  La  gomme  de  Ceiha  pentandra  se  fonce  à  l'air; 
elle  est  astringente  et  insoluble. 

409.  Gomme  du  Saloum. 

Gette  gomme  indéterminée  ressemble  beaucoup  a  la  pré- 
cédente. 

410.  Gomme  de  kori. 

411.  Gomme  de  firia. 

Ces  deux  dernières  gommes  sont  indéterminées. 

412-413.  Rameaux  et  jeunes  pousses  de  Daniella  thurifera. 
—  Légumineuses. 

414.  Fleurs  de  Daniella  thurifera. 


80  H.    JUMELLE 

415.  Feuilles  de  Daniella  thurifera. 

416.  Résine  de  santan. 

417.  Boules  de  hammout  dans  des  coques  de  cantacoula. 

418.  Rameaux  de  l'arbre  à  hammout. 

Le  Daniella  thurifera,  qui  est  le  santan  des  Ouolofs  et 
le  hammout  des  Toucouleurs,  est  un  grand  arbre  qui  croît 
par  individus  isolés  ou  par  futaies  dans  la  zone  soudanienne, 
et  un  peu  aussi  dans  la  zone  guinéenne.  On  le  rencontre 
notamment  en  Casamance,  en  Gambie,  dans  la  boucle  du 
Niger,  dans  le  Fouta-Djalon,  à  Sierra-Leone,  dans  l'hinter- 
land  de  la  Côte  d'Ivoire  et  dans  le  Haut-Congo.  C'est 
Y  arbre  à  encens  de  Sierra-Leone.  Les  indigènes  brûlent  la 
résine  dans  leurs  cases  pour  les  parfumer.  Sur  les  marchés 
du  Soudan  cette  résine  est  vendue  dans  des  coques  de  canta- 
coula (partie  externe  des  fruits  de  Strychnos  innocua  ou  dune 
espèce  du  même  genre)  ;  après  avoir  été  pilée,  elle  est  ramol- 
lie à  la  chaleur  solaire  et  pétrie  en  forme  de  boules  dans 
ces  coques. 

(Rançon:  loc.  cit.  — Perrot  et  Gérard  :  loc.  cit.) 

419.  Mélange  de  résines  odorantes. 

Ce  mélange  est  vendu  à  Tombouctou;  il  est  employé  par 
les  Musulmans  pour  parfumer  leurs  demeures.  Les  frag- 
ments à  éclat  rougeâtre  appartiennent  vraisemblablement, 
d'après  M.  Chevalier,  qui  a  rapporté  ce  mélange,  auBalsa- 
modendron  africanum,  ou  Heudelotia  afrieana,  ou  Commi- 
phora  afrieana,  qui  est  un  arbre  de  la  zone  sahélienne. 

420.  Encens  du  Dahomey. 

Cette  résine  est  indéterminée. 

421.  Résine  de  latié,  1e  qualité. 


AFRIQUE    0CC1DEMALE    FRANÇAISE  8J 

422.  Résine  de  latié,  2e  qualité. 

Cette  résine  a  été  achetée  sur  le  marché  de  Kaves. 

423.  Fruits  de  Gopaifera  Guibourtiana.  —  Légumineuses. 

424.  Résine  copal  (Casamance). 

Cette  résine  est  sans  doute  donnée  par  le  Copaifera  Gui- 
bourtiana. 


XIII.  — CAOUTCHOUCS  ET  GUTTOÏDES 

435.  Caoutchouc  en  niggers  de  Landolphia  Heudelotii.    — 
Apocynacées. 

436-437.  Niggers  de  toll  de  la  Casamance  (Sénégal). 

438.  Twists  de  goïne  (Soudan). 

439.  Boule  de  caoutchouc  du  Soudan. 

UO.  Boule  de  caoutchouc  de  5  kilos  de  la  Guinée  Française. 

441.  Fruits  de  Landolphia  Heudelotii. 

442-443.  Fruits  jeunes  et  fruits  mûrs  de  toll  (Sénégal). 

Le  Landolphia  Heudelotii,  ou  toll,  ou  goïne,  est  la  liane 
qui  fournit  presque  tout  le  caoutchouc  exporté  du  Sénégal, 
du  Haut-Sénégal-Xiger  et  de  la  Guinée  Française  ;  son  aire 
de  distribution  est  comprise  approximativement  entre  le 
1*)"  et  le  10e  degré  de  latitude  Nord.  Le  caoutchouc  es! 
ordinairement  préparé  sous  forme  de  niggers,  de  twists  ou 
de  plaques.  Les  niggers  sont  préparés  en  agglomérant  en 
houles  les  larmes  ou  les  petits  fragments  de  caoutchouc 
récoltés  sui-  le  tronc,  et  en  enveloppant  cette  agglomération 

de   Blâment  S    lins.  Les    (tris/s  sont  encore  des  houles,   mais 
Annule  du  tàiutée  colonial  de  Marseille.  —  &•  BÔrie,  ■>'  vol.  1917.  I 


82  H.    JUMELLE 

formées  par  l'enroulement  de  lanières  qu'on  a  obtenues 
en  découpant  le  caoutchouc  qui  a  été  coagulé  dans  des 
récipients. 

444.  Niggers  du  Dahomey. 

La  liane  productrice  est  probablement  le  Landolphia  owa- 
riensis,  qui,  au-dessus  du  10e  degré  de  latitude,  remplace  le 
Landolphia  Heudelotii. 

445-446.  Caoutchouc  de  dop.  —  Artocarpées. 

Le  dop,  ou  doh,  est  le  Ficus  Vogelii,  qu'on  trouve  dans 
l'Ouest-Africain,  et  surtout  vers  le  littoral,  depuis  Dakar 
jusqu'à  l'embouchure  du  Congo.  Le  caoutchouc  de  dop, 
qu'on  reçoit  de  temps  à  autre  en  France,  est  une  sorte  très 
inférieure.  L'arbre  à  caoutchouc  intéressant  en  Afrique  occi- 
dentale, à  partir  de  Sierra-Leone,  est  le  Funtumia  elastica, 
qui  sera  mentionné  dans  le  Catalogue  d'Afrique  équato- 
riale.De  la  Côte  d'Ivoire,  le  caoutchouc  de  Funtumia  elas- 
tica  est  exporté  en  masses  qui  sont  des  cakes  ou  des  lump». 

447.  Gros  tronc  de  Landolphia  senegalensis.  —  Apocynacées. 
448-449,  Rameaux  de  Landolphia  senegalensis. 
450-451 .  Feuilles  de  Landolphia  senegalensis. 
452-453.  Fruits  de  Landolphia  senegalensis. 

454.  Fleurs  de  Landolphia  senegalensis.. 

Le  Landolphia  senegalensis,  qui  est  le  mada  des  Ouolofs, 
le  saba  des  Bambaras  et  le  laré  des  Peuhls,  est  une  liane 
très  commune  en  Afrique  occidentale,  mais  dont  le  latex 
est  sans  valeur.  La  pulpe  des  fruits  est  consommée  par  les 
indigènes. 

455.  Fruits  de  Carpodinus  sp.  (Sénégal).  — Apocynacées  . 
Ces   fruits   sont  peut-être  ceux  du  Carpodinus  hirsutus, 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  83 

liane  de  la  Casamance,  dont  le  latex  très  abondant  ne  donne 
qu'un  produit  très  inférieur,  gluant. 

4o6.  Gutta  de  karité.  —  Sapotacées. 

456 bis.  Produits  divers  extraits  de  la  gutta  de  karité. 

Le  latex  du  Butyrospermum  Parkii,  ou  karité,  déjà  cité 
dans  la  section  des  Oléagineux  (n°  329),  donne  une  sub- 
stance qui  a  quelques  propriétés  de  la  gutta.  Cette  sub- 
stance, notamment,  se  ramollit  dans  l'eau  chaude  en 
devenant  plastique  sans  viscosité.  La  possibilité  d'une  uti- 
lisation réelle  est  cependant  restée  jusqu'alors  très  douteuse. 

457.  Latex  de  Calotropis  procera.  — Asclépiadacées. 

Le  Calotropis  procera,  ou  fafetone  des  Ouolol's,  est  un 
petit  arbre  commun  en  certaines  régions  de  l'Afrique  occi- 
dentale, notamment  au  Sénégal  et  dans  le  Haut-Sénégal- 
Niger,  et  qu'on  retrouve  d'ailleurs  jusqu'en  Arabie  et  dans 
l'Inde.  Son  latex  est  sans  valeur. 

458.  Coagulât  de  Funtumia  africana.  — Apocynacéea. 

Tandis  que  le  Funtumia  elastica,  ou  ofuntum,  ou  ireh, 
donne  un  bon  caoutchouc,  le  Funtumia  africana,  qui  croît 
à  la  Côte  d'Ivoire  comme  ce  Funtumia  elastica,  et  y  est 
même  plus  répandu,  ne  fournit  qu'un  coagulât  visqueux 
inutilisable.  Pour  les  indigènes,  le  Funtumia  elastica  est 
ïirch  femelle,  et  le  Funtumia  africana  est  \  ireh  nulle . 

i.')(J.  Latex  concrète  de  yembé. 


XIV.  —  TANNINS     ET     COLORANTS 


471.  Écorces  de    Cochlospermum  tinctorium  (Sénégal 
liix accès. 


84  H.    J 131  ELLE 

La  racine  de  ce  petit  arbre,  qui  est  le  tayar  des  Ouolofs 
et  le  faux-doundaké,  donne  une  bonne  teinture  jaune.  Les 
écorces  sont  emménagogues. 

472.  Fruits  et  graines  de  rocou  (Sénégal).  —  Bixacées. 

Les  indigènes  de  l'Afrique  tropicale  utilisent  peu  pour  la 
teinture  les  graines  de  Bixa  Orellana.  Voir  le  Catalogue  de 
Madagascar,  n°  407. 

473.  Rouge  de  Pterocarpus  sp.  (Dahomey).  —  Légumineuses. 

Les  bois  de  la  racine  ou  de  la  tige  de  divers  Pterocarpus 
donnent  une  matière  colorante  rouge.  La  poudre  exposée  a 
été  obtenue  par  pilonnage  de  l'écorce  ;  les  femmes,  au 
Dahomey,  s'en  induisent  le  corps. 

474.  Graines  de  Lonchocarpus  sp.  —  Légumineuses. 

475.  Indigo  de  Lonchocarpus  cyanescens. 

Le  Lonchocarpus  cyanescens  est  un  arbre  des  forêts  et 
des  galeries  forestières  de  l'Afrique  tropicale.  C'est  le 
robinier  à  indigo,  le  karaha  des  Bambaras.  Les  jeunes 
feuilles  et  les  pousses,  traitées  comme  celles  des  indigotiers, 
fournissent  une  belle  teinture  bleue  que  les  indigènes 
apportent  sur  les  marchés.  Les  Noirs  préfèrent  ce  colorant 
à  celui  des  véritables  indigotiers. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 

476-477.  Feuilles  et  tiges  d'indigotier  (Soudan).  —  Légumi- 
neuses. 

478.  Tiges  et  racines  d'indigotier. 

479-480.  Fruits  et  graines  d'indigotier. 

481.  Boules  d'indigo. 

hlndigofera    tinctoria,    d'origine   asiatique,    et   un   peu 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  80 

aussi  YIndigofera  Anil,  d'origine  américaine,  sont  cultivés 
ou  naturalisés  en  diverses  régions  de  l'Afrique  occidentale, 
notamment  dans  la  région  soudanienne.  Nous  avons  dit 
que,  au  Sénégal,  cet  indigo  est  vendu  moins  cher  sur  les 
marchés  que  celui  de  karaha,  ou  Lonchocarpus  cyanescens. 
Voir  le  Catalogue  de  Madagascar,  n°  405. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 

482.  Écorces  d'Acacia  arabica.  —  Légumineuses. 

Les  écorces  de  cet  Acacia,  qui  est  le  goniaké  des  Ouolofs 
et  le  hani  des  Bambaras  (voir  n°  403),  contiennent  13  à 
16  %  de  tannin.  Mais  la  partie  de  la  plante  la  plus 
employée  en  tannerie  est  la  gousse. 

483.  Gousses  de  Caesalpinia  coriaria  (Sénégal .  —  Légumi- 
neuses. 

Ces  gousses  de  dividivi  proviennent  de  Rufîsque.  Le 
Caesalpinia  coriaria  est  une  espèce  américaine,  et  les  gousses 
employées  en  Europe  pour  la  tannerie  sont  exportées  de 
Colombie  et  des  Guyanes. 

484.  Rameaux  et   feuilles   de  Combretum   glutinosum.   — 

Comhrétacées. 

48o.  Racines  de  Combretum  glutinosum. 

Le  Combretum  glutinosum  est  le  calama  des  Bambaras, 
le  reliatt  des  Ouolofs.  Les  cendres  du  bois  servent  à  fixer 
les  couleurs  d'indigo.  Les  Bambaras  et  les  Malinkès  retirent 
des  feuilles  une  couleur  qui  leur  sert  à  teindre  en  jaune  sale 
et  en  rouge  de  rouille  leurs  boubous  et  leurs  pagnes.  Les 
cordonniers  indigènes  l'utilisent  aussi  pour  teindre  les  sou- 
liers en  jaune.  Pour  obtenir  cette  couleur,  les  indigènes 
font  sécher  les  feuilles  encore  très  vertes,  les  écrasent,  puis 
traitent  la  poudre  grossière  par  deux  lois  environ  son  poids 
d'eau.  Ils  laissent  macérer  pendant  au  moins  vingt-quatre 
heures;  l'étoffe  à  teindre  est  plongée  ensuite  dans  ce  liquide 


86  II.    JUMELLE 

pendant  environ  douze  heures,  puis  séchées.  On  fixe  à  l'aide 
des  cendres  du  végétal  lui-même.  La  teinte  dépend  de  la 
concentration  de  la  macération.  On  retire  aussi  la  couleur 
des  racines  et  de  l'écorce. 

(A.  Rançon  :  loc.  cit.,  p.  409.) 

486.  Poudre  de  henné.  —  Lythrariacées. 

Le  Lawscnia  alba,  ou  henné,  est  un  petit  arbre  très  cul- 
tivé en  beaucoup  de  régions  d'Afrique  et  d'Asie  ;  et  c'est 
avec  la  poudre  de  ses  feuilles  que  les  indigènes  se.  teignent 
certaines  parties  du  corps.  Au  Sénégal  et  au  Soudan,  où 
c'est  le  foundenn  des  Ouolofs,  les  Noirs  s'en  servent  pour 
colorer  leurs  ongles,  et  aussi  pour  teindre  la  queue  et  la 
crinière  des  chevaux  des  chefs.  En  France,  la  poudre  de 
henné  entre  dans  la  composition  de  diverses  mixtures  pour 
la  coloration  des  cheveux. 

(H.  Jumelle  :  Les  cultures  coloniales,  fasc.  VIII.  Baillière,  Paris,  1916.) 

487.  Graines  de  Strephonema  sericea.  —  Lythrariacées. 
Les  graines  de  ce  petit  arbre  sont  très  riches  en  tannin. 

488.  Écorces  de  Morinda  citrifolia.  —  Ruhiacées. 

Le  Morinda  citrifolia  est  un  arbre  indigène  à  la  fois  en 
Asie  et  en  Afrique  tropicales,  peut-être  même  aussi  dans  les 
îles  du  Pacifique  ;  et  cette  large  répartition  s'expliquerait 
par  la  conformation  des  graines,  qui,  munies  dune  sorte  de 
chambre  à  air,  peuvent  flotter  et  être  transportées  au  loin 
par  les  courants  marins.  En  Afrique  tropicale,  l'espèce  est 
surtout  commune  dans  l'Ouest,  depuis  la  Sénégambie  jus- 
qu'à l'Angola.  Ce  sont  les  racines  qui  servent  principalement 
pour  la  teinture  ;  l'écorce  donne  une  couleur  rouge  et  le  bois 
une  couleur  jaune.  On  a  obtenu  un  pigment  cristallisé,  ou 
morindine,  qui  semble  un  glucoside  et  a  pu  être  dédoublé 
en  morindon  et  glucose. 

(De  Wildeman  :  Notice  sur  des  plantes   utiles    ou    intéressantes  de  la 
Flore  du  Congo,  vol.  II,  fasc.  I.  Spineux,  Bruxelles,  1906.) 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE  87 


XV.  —  TABACS 

499.  Tabac  en  feuilles  du  Dahomey.  —  Solanacées. 

500.  Tabac  en  feuilles  de  Bamako   Haut-Sénégal-Niger). 

Deux  espèces  de  Nicotiana  sont  surtout  cultivées  en 
Afrique  Occidentale  Française  :  le  Nicotiana  Tabacum  et  le 
Nicotiana  rustica.  La  première  est  celle  qu'on  rencontre 
dans  presque  tous  les  villages  de  la  zone  des  forêts  ;  et  sa 
culture  et  sa  préparation  constituent  une  véritable  industrie 
en  beaucoup  de  régions,  notamment  au  Baoulé,  en  Côte 
d'Ivoire  et  dans  la  région  du  Djougou  au  Dahomey.  La 
seconde  espèce  est  plus  particulièrement  celle  de  la  zone 
soudanienne  ;  elle  donne  lieu  à  un  grand  commerce  dans  le 
Fouta-Djalon  et  dans  la  vallée  du  Moyen-Niger. 

(A.  Chevalier  :  loc.  cit.) 


INDEX   DES  COLLECTIONS  BOTANIQUES 


DE 


L'AFRIQUE  OCCIDENTALE  FRANÇAISE 


Abaca,  373. 

Abrus  precatorius,  199-201. 

Acacia  Adansonii,  402-403. 

—  arabica,   402-403;  482. 

—  Sénégal,  401. 

—  Sieheriana,  229-235. 

—  Vereck,  401. 
Acajou  à  pomme,  174. 

—  du  Sénégal,  186-190. 
Adansonia    digitata,    287-292  ; 

396. 
Aframomum  Meleguela.   155. 

sp.,  156. 
Afzelia  a/ricana,  212-213. 
Alligator  pepper,  155. 
Ambrette,  179;  38»'). 
Ampelocissus  Lecardii,  1  14. 
Anacardium    occidentale,     74; 

313-314. 
Ankalaki,  281-284. 
Anona  muricata,  94 . 
Arachide,  318-319. 
Arbre  à  encens,  il  2- il  S. 


Bakis,  171-173. 

Balanites  aegyptiaca,  91  ;  307- 

308. 
Bahamodendron        africanum 

419. 
Bani,  482. 

Baobab,  287-292  ;  369. 
Batio,  250-258. 
Batanjor,  259-260. 
Bauhinia  reticnlata,  21  i. 
Beilschmiedia  sp.,  279-280. 
Ben,  315-316. 
Bené,  321-322. 
Benefing,  323. 
Bentamaré,  204-209. 
Bet-i-djan,  244. 
Beurre  de  ce,  324-329. 
Beurre  de  Galam,  321-329. 
Beurre  de  shea,  324-329. 
Bitter-kola,  180-183. 
Bixa  Orellana,  172. 
BUghi*  sapida,  73. 


90 


II.    JUMELLE 


Bodo,  220-224. 
Bomhax  huonopozense,  362. 
Bonduc,  203. 
Borassus  Aelhiopum,  375. 
Boscia  senegalensis,  184. 
Bourgou,  121. 
Bouriboulou,  250-258. 
Butyrospermum     Parkii,     324- 
329;  456. 


Cacao,  145. 

Cachiman  épineux,  94. 
Caesalpinia  Bonduc,  203. 

—  coriaria,  483. 
Café  de  Libéria,  131-133. 
Café  de  Magdad,  204-209. 
Café  du  Rio-Nunez,  134. 
Café  sauvage,  204-209. 
Gailcédrat,  186-190. 
Calama,  484-485. 
Calotropis  procera,  457. 
Canavalia,  64-66. 
Canavalia  ensiformis,  64. 

—  gladiata,  64. 

—  ohtusifolia,  65. 
Candie,  99. 
Canéfîcier,  211. 
Cantacoula,  245-246. 
Carapa  guineensis,  309-311. 

—  procera,  309-31 1 . 

Touloucouna,    309-311. 
Cardiospermum     halicababum, 

317. 
Carpodinus  sp.,  455. 
Casse,  111. 
Cassia  occidenlalis ,  204-209. 

—  fistula,  211. 

—  Sieberiana,  210-211. 
Çé,  324-329. 


Ceiba  pentandra,  286. 
Celastrus  senegalensis,  191. 
Cissus,  114. 
Cilrullus  vulgaris,  93. 
Cocculus  Leaeha,  17 4-177. 
Cochlospermum  linctorium,Ali. 
Coffea  stenophylla,  134. 
Cola  acuminata,  144. 

—  Ballayi,  144. 

—  cordifolia,  76-78. 

—  nitida,  135-144. 

—  verticillata,  144. 
Coleus  rolundifolius,  5. 
Combretum    glutinosum,    484- 

485. 
Combretum    micranthum,  237- 

241. 
Commiphora  af ricana,  419. 
Connarus  africanus,  192-198. 
Copaifera  Guihourtiana,  423. 

—        Salikounda,  387-390. 
Copal,  423. 
Corossolier,  94. 
Coton,  285;  363-368. 
Cyperus  sp.  385. 

—       esculentus,  4. 


Dakhar,  215. 

Daniella  thurifera,  412-418. 

Datah,  220-224. 

Dattes  amères,  91 . 

Dattier,  100. 

Detah,  220-224. 

Detarium  Heudelotianum,  220- 

224. 
Detarium   microcarpum,     225- 

227. 
Detarium    senegalense,        220- 

224. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE 


91 


Detarr,  220-224. 

Diahar,  75. 

Diakatame,  99. 

Diala,  186-190. 

Dialium  nitidum,  107*109. 

Digitaria  exilis,  35-37. 

Diospyros  mespiliformis,  92. 

Dioscorea  alata,  2. 

—  cayennensis,  2. 

—  dumetorum,  2. 

—  prehensilis,  2. 
Diounk,  250-258. 
Ditah,  220-224. 
Dividivi,  483. 
Djandam,  184. 

Dob,  445-446. 

Dor,  63. 

Dondol,  365-362. 

Dop,  445-446. 

Doula,  76-78. 

Doum,  374. 

Doundaké,  250-258. 

Doundaké  (faux),  471. 

Dumori,  330-332. 

Dumoria  Heckeli,  330-332. 


E 


Ebénier,  92. 

Eko,  324-329. 

Elaeis  yuineensis,  275-278. 

Emblic,  303-304. 

Emblica  officinalis,  303-301. 

Encens  du  Dahomey,  420. 

Entada  a  [ricana,  372. 

E  ni  ad  a  scandais,  231». 

Eriodendron  an/i;tclu<muin, 

286;  362. 
EriodendrùU    t/iiineense,     286- 

368. 


Erythrophloeum  gûineense.2\5 

219. 
Eséré,  202. 

F 

Fafetone,  457. 
Fanto,  64-65. 
Fedegosa,  204-209. 
Fève  du  Galabar,  202. 
Ficus  Vogelii,  445-446. 
Finzan,  73. 
Fonio,  35-37. 
Fromager,  286;  361. 
Foundenn,  497. 
Funtumia  a f ricana,  458. 

G 

Gaou,  99. 

Garbay  honnon,  91. 
Garcinia  Kola,  180-183. 
Giddauchi,  324-329. 
Gingembre,  157. 
Gingembre  (petit),  156. 
Ginger-bread-plum,   111. 
Go  e  koun,  13. 
Goïne,  435-443. 
Gombo,  99. 

—       musqué,  179  ;  386. 
Gomme  du  Bas-Fleuve  101. 

de  liria,  41 1 . 

de  fromager,  408. 

de  Galam,  401 . 
—      du    Haut-Fleuve,    i<>i 

de  kori,   '»  10. 

de  mbeppe,  i'»~ . 

du  Salouin,   109, 
(  lommier  blanc,  loi . 
rouge,  4o3. 


92 

Goniaké,  403;  482. 
Gossypium,  285;   363-368. 
Graine  de  Paradis,  155. 
Gray-skinned  plum.  113. 
Guaniala,  99. 
Guélé-iri,  334-335. 
Gnizotia  ahyssinica,  333. 

—       oleifera,  333. 
Gutta  de  karité,  456. 

H 


Hammout,  412-418. 

Haricots,  68. 

Haricot  des  Bambaras,  61-63. 

Henné,  486. 

Herbe  puante,  204-209. 

Heudelolia  a f ricana,  419. 

Hibiscus     Abelmoschus,     179 

386. 
Hibiscus  esculentus,  99. 
Hippocratea  Richardiana,  371 
Huile  de  niger,  333. 
Hol,  213. 
Houlle,  102-106. 
Hyphaene  thebaica,  374. 
Hyptis  spiciyera,  323. 


H.    JUMELLE 


Ignames,  1-2. 
ïkpan,  93. 
Indigo,  476-481. 
Ireh,  458. 


K 

Kanva,  298. 

Kapok,  361-362. 

Karaba,  475. 

Karité,  324-331  ;  456. 

Katou,  121. 

Khaya  senegalensis,  186-190. 

Kinkélibah,  237-241. 

Kisadji,  155. 

Koakandi,  185. 

Kocyto,  107-109. 

Kofina,  237-241. 

Kola,  135-144. 

Kola  mâle,  180-183. 

Kombé,  102-106. 

Kongosita,  405-407. 

Koundou-hari,  121. 

Kotourni,  370. 


Jatropka  Curcas,  305. 
Jéquix-ity,  199-201. 
Jujubier,  95-96. 


Lamy,  298-302. 

Landolphia  Heudelotii,  435-443. 

—  owariensis,  444. 

Landolphia  senegalensis,     447- 

454. 
Laré,  454. 
Latié,  421-422. 
Lawsonia  alba,  486. 
Liane  réglisse,  199-201. 
Lippia  adoensis,  243. 
Lengué,  212-213. 
Lonchocarpus   cyanescens,  475. 

—  sp.,  474. 

Longouty,  261. 
Lophira  alata,  293-297. 

—      procera,  297. 
Lotos.  6. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE 


93 


Lu/fa  cylindrica,  98. 
Lulu,  324-329. 

M 

Mada,  454. 
Mafoureire,  312. 
Maïs  blanc,  10. 

—  Cuzco,  11. 

—  rouge,  10. 
Makaru,  330-332. 
Makori,  330-332. 
Maloukang,  281-284. 
Mampata,  112-113. 
Mana,  293-297. 
Maniguette,  152-154. 
Mbabu,  330-332. 
M'bentamaré,  204-209. 
M'beppe,  405-407. 
M'borbor,  243. 
Méléguette,  152-154. 
Mené,  293-297. 
Mengoun,  72. 

Mil  (gros),  14-29. 
Mil  (petit),  30-31. 
Mil     —      var.  sanio,  32. 

—  —       —     sonna,  33. 

—  —       —     tengué,  34. 
Mil  pintade,  20. 
Moli-koun,  13. 
Morinda  citrifolia,  488. 
Moringa   plerygosperma,    315- 

316. 
Mucuna  flagellipes,  71. 

—       urens,  69-70. 
Musa  texlilis,  373. 
Myrobolans  emblics,  303-304. 

N 
Nandok,  250-258. 


Napoleona  imperialis,  1 16. 

Ndiar,  152-154. 

Ndimb,  76-78. 

N'doy,  220-224. 

Neb-neb,  402-403. 

Nebredaï,  315-316. 

Nénuphar,  75. 

Néou, 111. 

Néré,  102-106. 

Néri,  102-106. 

Nété,  102-106. 

Névradaï,  315-316. 

Niabessé,  98. 

Nicotiana  Tahacum,  499-500. 

Niger,  333. 

Niohomi,  157. 

—       conkouri,  156. 
Ntaba,  76-78. 
Nyey  datah,  224. 
Nymphaea  Lotus,  6,  75. 
—         stellata,  75. 


Œil  de  bourrique,  69-70. 
Orohanche  lutea,  7. 
Oryza  Barthii,  49. 
Oryza  sativa,  38-48. 
Ouanigny,  336. 
Oulle,  102-106. 
Oussounifing,  5. 
Owala,  320. 


Pachyrhizus  angulatus,  3. 

Pain  d'épice  d'Afrique.    106. 
Palmiste,  275-27S. 
Panicam  stagninum,  121. 
Parinarium  excelsum^   1 12-1 13. 
—         macrophyllum,  1 1 1 . 


n 


H.    JUMELLE 


Parinarium  s  eue  galeuse,  lll. 
Parkia  a f ricana,  102-106. 

—  higlohosa,  102-106, 
Passiflora  foetida,  97, 
Pastèque,  93. 

Penicillaria  spicata,  30-34. 
Pennisetum  typhoideum,  30-34. 
Pentaclethra  niacrophyUay  320, 
Pentadesma  butyraceay  298-302, 
Phaseolus  vulgaris,  68, 
Phoenix  reclinaia,  100, 
Phyllanthus  Emblica,  303-304, 
Physostigma  venenosum,  202. 
Pignon  dinde,  305. 

Piper  guineense,  151, 
Platane  du  Sénégal,  405-407. 
Pois  arachides  blancs,  62. 

—         mélangés»,  63. 
Pois  à  gratter,  69-71. 
Pois  carré,  67. 
Pois  du  Sénégal,  184. 
Poivre  d'Ethiopie,   152-154. 

—  de  Guinée,  151. 

—  de  Kissi,  151. 

—  de  Sedhiou,  152-154. 
Polygala  hutyracea,  281-284. 

—         multiflora,  281-284. 
Pommier  du  Gayor,  111. 
Psophocarpus  palmettorum,  67. 
Psophocarpus      telragonolobusy 

67. 
Pterocarpus  esculentus ,  72. 

—  sp.,  473. 

Pulghère,  305. 


R 


Raphia,  376. 
Rebreb,  242. 
Rehatt,  484-485. 


Ricin,  306, 

Ris  de  veau,  73. 

Riz,  38-49. 

Riz  var.  Ali-Toma,  43. 

brai,  47. 

Riz  du  Cavally,  48. 

Riz  var.  denkétégny,  41. 

—  —     kalimodia,  42. 

—  —     marara  maro,  46. 

—  —     méréké,  39. 
Port-Lokko,  40. 

Riz  de  Richard-Toll,  49. 

•i-  var.  Sakala,  41. 

salifori,  45, 

Robinier  à  indigo,  475, 
Rocou,  472, 
Rônier,  375. 
Roseau  à  sucre,  121. 
Rough-skinned-pium,  113. 


S 


Saba,  454. 

Sali  kounda,  387-390. 
Salvadora  persica,  101, 
Sandandour,  229-235. 
Sangol,  174-177. 
Sangol  (faux),  178. 
Sanio,  32. 
Santan,  412-418. 
Sapindus  Saponaria,  339, 

—         senegalensis,  338. 
Sarcocephalus  esculentus,  250- 

258. 
Séguéou,  237-241 . 
Sendiègne,  210-2U. 
Séno,  115. 
Séribéli,  192-198. 
Sésame,  321-322. 
Solanum  Duchartrei,  244. 


AFRIQUE    OCCIDENTALE    FRANÇAISE 


95 


Solom,  107-109. 

Sorgho,  14-29. 

—  var.  bassi,  25. 

—  bimbiri-ba,  16. 

—  bodéri,  24. 

—  —  figné,  23. 

—  —  gadiaba,  26. 

—  —  kamin-keudé,    20. 

—  —  mengui-fi  khé,  19. 

—  —  mengui  foré,  17. 

—  —  mengui  gbéli,  22. 

—  —  pourdi,  27. 

—  —  sanko-ba,  21. 

—  —  savasouki,  29. 

—  —  sevil,  28. 

—  —  sula    oulenko,    18. 
Sorghum  vulgare,  14-29. 
Souchet,  4. 

Soumari,  386. 

Soump,  91. 

Souna,  33. 

Sterculia  tomentosa,  405-407. 

Strephonema  sericea,  487. 

Slrophanthus  hispidus,  247-248. 

—  sp.,  249. 

Strophantine,  248. 
Strychnos  innocua,  245-246. 


Tayar,  471. 

Tengba,  324-331. 

Téli,  216-219. 

Terminalia    avicennoides,    242. 

Tetrapleura  Tkonningii,  228. 

Thé  de  Gambie,  243. 

Tieghemella    Heckeliana,   330- 

332. 
Tinospora  Bakis,  171-173. 
Toll,  435-443. 
Tondoutj,  261. 
Touloucouna,  309-311. 
Trichilia  emetica,  312. 
Triumfetta  rhomboidea,  370. 


Vanille  du  Gavallv,  158. 
Vernonia  arnygdalina,  261. 

—       nigritiana,     259-260. 
Vin  de  palme,  122-123. 
Voandzeia    subterranea,  61-63. 


X 


Xi  me  nia  sp.,  115, 


Tabac,  499-500. 
Tabacklé,  76-78. 
Taf,  371. 
Tali,  215-219. 
Tama,  298-302;  335. 
Tamarindus  indica,  215. 
Tamarinier,  215. 

—         velouté,  107-109. 


Yembé,  459. 
Yllaki,  229-235. 


Zingiber  officinale,  157. 
Zizyphus  orthacantha,  95-96. 


ERRATUM 


Dans  le  Catalogue  de  Madagascar,  à  la  page  11,  n°  64,  au 
lieu  de  «  Rhum  de  Toaka  »,   lire  :   Rhu.m  (Toaka). 


MAÇON,  FROTAT  FRERES,  IMPRIMEURS 


Principaux  Mémoires  parus  antérieurement  dans  les 
NNALES    DU    MUSÉE    COLONIAL    DE    MARSEILLE 


IIeckel  :  Sur  quelques  plantes   à   graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues 
les  colonies  françaises,  et  en  particulier  de  Madagascar.  Année  L908. 

vVbrie  :  Contribution  à  l'étude  anatomique  et  histologique  des  plantes  textiles 
exotiques.  Année  1000. 

/Vildeman  :  Notes  sur  des  plantes  largement  cultivées  par  les  indigènes  en 
rique  tropicale.  Année  1009. 

Louis  Plan*  hon  el  Juillet  :  Étude  sur  quelques  fécules  coloniales.  Année  1909. 

I)1  lit  Les  Plantes  utiles  de  Madagascar.  Année  1910. 

II.  Jumelle  et    11.  Perrier  de  la    Bathie  :  Fragments  biologiques   de    la  flore  de 
Madagascar.  Année  1910. 

Guillaumin  :  Catalogue  des  Plantes  phanérogames  delà  Nouvelle-Calédonie  et 
dépendances.  Année  1911. 

l)i  iîaeiu  :  Les  Sapotacées  du  groupe  des  Sidéroxylinées.  Année  191*2. 

Haudon  ;  Sur  quelques  plantes  alimentaires  indigènes  du  Congo  français.    Ann 

1912. 

ii    Wildemain  :  Les  Bananiers  :   culture,  exploitation,  commerce  ;  systématique 
du  genre  Musa.  Année  1012. 

II.  Jumelle  et  II.  Perrier  de  la  Bathie  :  Palmiers  de  Madagascar    Année  1913. 

P.  Choux;  :  Études   biologiques    sur    les  Asclépiadacées  de   Madagascar.    \m 

1914. 

II.  Jumelle  :  Le  Dr  Heckel.  Année   I91î». 

II.  Hamet  et  II.  Perrier  de  i..\  Bathie  :  Contribution  à  1  étude  des  Crassulacées 
malgaches.  Année  1915. 

A.  P'auve.:  Le  Cocotier  de  Mer.  Lodoiceq  Sechellarum.  Aimer  1915. 

II.  Jumel      .  Les  Recherches  récentes  sur  les  ressources  des  Colonies  françaises 
et  étrangères  et  des  autres  Pays  chauds.  Année  1916. 

Il    Jumelle  ;  Catalogue  descriptif  des  Collections  botaniques  du  Musée  Coloni.il 
de  Marseille  :  Madagascar  et  Réunion.  V.nnée  1916. 


MODE    DE    PUBLICATION    ET    CONDITIONS    DE    VENTE 


Les  Annales  du  Musée  Colonial  de  Marseille,  fondées  en  1893, 
paraissent  annuellement  en  un  volume  ou  en  plusieurs  fascicules. 

Tous  ces  volumes,  dont  le  prix  est  variable  suivant  leur  importance, 
sont  en  vente  chez  M.  Challamel,  libraire,  17,  rue  Jacob,  à  Paris,  à 
qui  toutes  les  demandes  de  renseignements,  au  point  de  vue  commer- 
cial, doivent  être  adressées. 

Tout  ce  qui  concerne  la  rédaction  doit  être  adressé  à  M.  Henri 
Jumelle,  professeur  à  la  Faculté  des  Sciences,  directeur  du  Musée 
Colonial,  o,  rue  Noailles,  à  Marseille. 

Les  auteurs  des  mémoires  insérés  dans  les  Annales  ont  droit  gra- 
tuitement à  vingt-cinq  exemplaires  en  tirage  à  part.  Ils  peuvent,  à 
leurs  frais,  demander  vingt-cinq  exemplaires  supplémentaires,  avec 
titre  spécial  sur  la  couverture. 

Les  mémoires  ou  ouvrages  dont  un  exemplaire  sera  envoyé  au 
Directeur  du  Musée  Colonial  seront  signalés  chaque  année  en  fin 
de  volume  dans  les  Annales.  J 

Le  1er  fascicule  de  Tannée  1916  (Catalogue  descriptif  des  Collections 
Botaniques  du  Musée  Colonial  de  Marseille  :  Madagascar  et  Réunion) 
et  le  3e  fascicule  de  la  même  année  (Recherches  récentes  sur  les  res- 
sources des  Colonies  françaises  et  étrangères  et  des  autres  Pays 
chauds)  sont  déjà  parus. 

Le  2e  fascicule  (Les  hois  utiles  de  la  Guyane  française,  par  M.  H. 
Stone)  sera  publié  ultérieurement. 

Les  Annales  publieront  aussi  prochainement  des  études  de 
M.  Pieraerts,  conservateur  du  Musée  du  Congo  Belge,  sur  des  graines 
oléagineuses. 

MAÇON,  PROTAT  FRERES,  IMPRIMEURS. 


INSTITUT  COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 


DU 


MUSÉE    COLONIAL 

DE   MARSEILLE 

Fondées  en  1893  par  Edouard  Heckel 

dirigées  par 
M.  Henri  JUMELLE 

Professeur  à  la  Faculté  des  Sciences 
Directeur  du  Musée  Colonial  de  Marseille. 


Vingt- cinquième  année,  3e  série,  5e  volume  (1917) 

2e  FASCICULE 

1°  Notes  statistiques  sur  les  Plantations  étrangères  de  Caoutchouc   dans   le 
Moyen-Orient,  par  M.  Henri  JUMELLE. 

2°  Contribution  à  l'Etude  chimique  des  Noix  de  Sanga-Sanga,  ou  Ricinodendron 
qfricanum,  par  M.  PIERAERTS,  Conservateur  au  Musée  du  Congo  Belge. 

3°  Les  Variétés  du  Palmier  à  Huile,  par  M.  Henri  JUMELLE. 

4P  Quelques  données  sur  l'état  actuel  de  la  Culture  cotonnière,  par  M.  Henri 
JUMELLE. 


MARSEILLE 

MUSÉE   COLONIAL 

5,  Rue  Noailles,  5 


PARIS 

LIBRAIRIE  CHALLAMEL 

17,  Rue  Jacou,  17 


1917 


Revue  Agricole  et  Vétérinaire 


DE 


Madagascar  et  Dépendances 


Diî*eeteat*  :  G.  CfiRliE 


Sommaire    du    Numéro    d'Août    1917 

Chronique  agricole. 

Etudes  et  Recherches.  —  Madagascar.  —  Le  prix  des  Riz.  —  Stocks  de 
Riz  et  taxation  de  cette  denrée.  —  Du  crédit  à  Madagascar. 

Contribution  à  V Inventaire  des  Ressources  de  notre  Colonie.  —  Bois  de 
caisses. 


PARAIT  TOUS  LES  MOIS 

Abonnement  pour  la  France  et  les  Colonies  françaises  :  10  francs. 


Imprimerie-Librairie   LAVIGNE 

Rue  Amiral-Pierre,  à  TANANARIVE  (Madagascar) 


ANNALES 


DU 


MUSÉE  COLONIAL  DE  MARSEILLE 


(Année  1917) 


ORLEANS,    IMPRIMERIE    H.   TESSIER. 


INSTITUT  COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 


DU 


MUSÉE    COLONIAL 

DE   MARSEILLE 

Fondées  en  1893  par  Edouard  Heckel 

dirigées  par 
M.  Henri  JUMELLE 

Professeur  à  la  Faculté  des  Sciences 
Directeur  du  Musée  Colonial  de  Marseille. 


Vin   t-cinquième  année,  3e  série,  5e  volume  (1917) 


2*  FASCICULE 


L 

ao 

KL 


1°  Notes  statistiques  sur  les  Plantations  étrangères  de  Caoutchouc    dans    le 
Moyen-Orient,  par  M.  Henri  JUMELLE. 

2°  Contribution  à  l'Etude  chimique  des  Noix  de  Sanga-Sanga,  ou  Ricinixlaulron 
qfricanum,  par  M.  PIERAERTS,  Conservateur  au  Musée  du  Congo  Belge. 

3°  Les  Variétés  du  Palmier  à  Huile,  par  M.  Henri  JUMELLE. 

4P  Quelques  données  sur  l'état  actuel  de  la  Culture  cotonnière,  par  .M.   HENRI 
JUMELLE. 


MARSEILLE 

MUSÉE   COLONIAL 

5,  Rue  Noailles,  5 


PARIS 
LIBB  URIE  <  Il  ULLAMEL 

17,  Rui   J  A«  ob,  17 


l«il7 


Notes    statistiques 
sur  les  Plantations  étrangères  de  Caoutchouc 

dans  le  Moyen-Orient 


Il  est  convenu  aujourd'hui  d'appeler  «  Moyen-Orient  » 
(le  «  Middle  East  »  des  Anglais)  toute  la  région  sud-asiatique 
et  malaise  qui  comprend  l'Inde,  Ceylan,  la  Péninsule  malaise, 
la  Péninsule  indochinoise  et  l'Insulinde. 

L'  «  Extrême-Orient  »  correspond  à  la  Chine  et  au  Japon. 

Or,  c'est  précisément  dans  le  Moyen-Orient  que  s'est  déve- 
loppée depuis  moins  de  vingt  ans,  et  avec  une  prodigieuse 
rapidité,  la  culture  de  l'hévéa  brésilien  (1). 

L'apparition  du  caoutchouc  de  plantation  sur  les  marchés 
européens  et  américains  ne  date-  que  du  commencement  de 
ce  siècle  ;  c'est  donc  en  une  quinzaine  d'années  que  1<>s  plan- 
tations de  caoutchoutiers  ont  pris  une  extension  telle  que 
non  seulement,  en  ce  court  temps,  les  récoltes  totales  annuelles 
ont  quadruplé,  mais  encore  sont  de  plus  en  plus  constituées  par 
les  sortes  cultivées,  devant  lesquelles  les  caoutchoucs  sauvages 
perdent  chaque  jour  de  leur  importance. 

On  en  jugera  par  le  tableau  suivant,  où  l;i  production  est 
indiquée  en  tonnes. 


il)  En  dehors  du  Moyen-<  ►rient,  on  oe  i  eu1  citer  en  Vsie,  comme  plan- 
tations de  caoutchoutiers,  que  celles  de  l'île  chinoise  de  Haïnan,  où 
l'hévéa  m  été  introduit  en  1910  par  deux  So<  iétés  locales.  15.000  arl 
environ  auraient  été  plantés,  et   1.800  kilogrammes  environ  de  caoul 
chouc  ont  été  envoyés  à  Singapore  dans  l<         >nd  semestre  <l 

Le  produit  était  bon,  mais  mal  préparé. 


- 


LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 


ANNÉES 

Caoutchoucs  sauvages 
dn  Brésil 

1  Autres  caoutchoucs 
sauvages 

CAOUTCHOUCS 

de  plantation 

TOTAUX 

1900 

26.800 
29.000 
30 . 000 
36.000 
38 . 000 
39.000 
42.000 
40.800 
37.500 
42.400 
39.500 
37 . 000 
37.500 
36 . 500 

27.000 
23.500 
32.000 
29.000 
30.000 
24.500 
24.000 
21.000 
22.500 
27.000 
21.400 
18.000 
9 .  000 
10.000 

4 

8 

43 

510 

1 .  000 

1.800 

3.600 

8.200 

14.500 

28.600 

47.700 

71.500 

113. 400 

155.500 

53.804 

52.508 

62.043 

65.510 

69.000 

65.300 

69.600 

70.000 

74.500 

98.000 
108.600 
120.500 
159.900 
202.000(1) 

1902 

1904 

1906 

1907 

1908 

1909 

1910 

1911 

1912 

1913. 

1914 

1915 

1916 

Ainsi,  en  1900,  la  proportion  du  caoutchouc  de  plantation 
dans  la  récolte  mondiale  était  de  0,007  p.  100,  et  en  1916  elle 
était  de  73  p.  100. 

On  voit,  en  même  temps,  que  la  production  des  caoutchoucs 
de  cueillette  brésiliens  se  maintient  à  peu  près  constante, 
sans  tendance  sensible  à  une  élévation,  et  que  la  production 
des  autres  caoutchoucs  sauvages  d'Amérique,  d'Asie,  d'Océa- 
nie  ou  d'Afrique  s'est  abaissée  au  tiers  environ  de  ce  qu'elle 
était  il  y  a  quinze  ans.  C'est  donc  bien  le  «  Para  de  planta- 
tion »  qui  devient  de  plus  en  plus  le  maître  du  marché. 

En  Asie   et   Malaisie,   les   plantations   d'hévéas   couvrent 
aujourd'hui  approximativement  620.000  hectares  ainsi  répartis: 

Péninsule  malaise 268 .  000  hectares 

Indes  Néerlandaises 207 . 000      — 

Geylan 106.000      — 

Bornéo  Britannique 12. 000       — 

Inde  et  Birmanie '. 16.000       — 

Cochinehine 17.000       — 


(1)  Est-il  besoin  de  faire  remarquer  que  tous  les  chiffres  que  nous 
allons  citer  dans  ce  travail  ne  peuvent  jamais  être  considérés  que  comme 
approximatifs  ?  Il  y  a  toujours  quelques  écarts  entre  les  nombres  que 
donnent  les  diverses  revues  scientifiques  ou  commerciales.  Nous  avons 
adopté  ceux  qui,  d'après  les  sources  auxquelles  nous  les  avons  empruntés 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  3 

En  ces  quatre  dernières  années,  il  a  été  exporté  en  tonnes  : 

1913         1914         1915  1916 

De  la  Péninsule  malaise.     36.200     49.700     72.800     102.000 

De  Ceylan  et  Inde 11.830     14.800     20.600       23.500 

Des  Indes  Néerlandaises.  »  »        20.100       30.000 

De  1908  à  1912,  les  capitaux  chaque  année  placés  dans  ces 
plantations,  ont  été,  en  livres  sterling  : 

1908 2.010.000 

1909 12.008.000 

1910 38.841.500 

1911 6.619.000 

1912 2.242.000 

Soit  un  total  de  61.721.000  livres  sterling,  c'est-à-dire 
1  milliard  543.025  francs. 

En  1916,  on  évaluait  que  ce  total  s'élevait  à  100  millions 
de  livres,  c'est-à-dire  2  milliards  et  demi. 

Laissant  de  côté  momentanément  notre  colonie  de  la 
Gochinchine,  sur  laquelle  nous  reviendrons  spécialement  plus 
tard  avec  plus  de  détails,  voyons  ce  que  sont  actuellement, 
dans  les  autres  contrées  du  Moven-Orient,  l'état  et  les  con- 
ditions  de  culture  de  ces  caoutchoutiers. 

PÉNINSULE    MALAISE 

La  Péninsule  malaise  comprend  : 

1°  Les  Straits  Settlements,  ou  Etablissement  des  Détroits,  qui, 
le  long  du  détroit  de  Malacca,  forment  une  colonie  relevant 
directement  de  la  Couronne  ; 

2°  Quatre  Etats  Fédérés  Malais,  qui  sont  des  Protectorats 
occupant  une  grande  partie  de  la  péninsule,  sur  une  surface 
de  73.500  kilomètres  carrés  environ  ; 

3°  Quatre  Etats  Protégés. 


ou  après  comparaison  entre  toutes  [es  statistiques,  nous  onl  sembli 
rapprocher  1«*  plus  de  1;«  iv;ilih'\  Ainsi  1»-  total  <pi»'  nous  donnons  pour 
1916  esl  un  peu  supérieur  à  celui  que  donnent  les  revues  annuelles  des 
courtiers  anglais,  mais  les  récoltes  indiquées  par  ces  revues  pour  les 
Indes  Néerlandaises  nous  paraissent  beaucoup  trop  faibl< 


4      LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 

Les  Straits  Settlements  comprennent  : 

L'île  de  Singapore  (525  kmq.)  ; 

L'île  de  Penang  (272  kmq.)  ; 

La  Province  de  Wellesley  (688  kmq.),  qui  fait  partie  de 
l'Etablissement  anglais  de  Penang  ; 

Les  Dindings,  composés  de  l'île  de  Pangkor  et  de  la  partie 
de  la  côte  voisine  ; 

Mal  ace  a. 

Les  Etats  Fédérés  Malais,  d'un  peu  moins  d'un  milli  n 
d'habitants  (Malais,  Chinois,  Indiens,  Européens  et  Améri- 
cains), comprennent  : 

Dans  l'Est  :  Pahang  (36.465  kmq.)  ; 

Dans  l'Ouest  :  Perak  (22.185  kmq.)  ; 

Selangor  (8.160  kmq.)  ; 

Negri-Sembilan  (6.630  kmq.). 

Les  Etats  Protégés  sont  : 

Au  Sud  :  Le  Sultanat  de  Johore  (23.000  kmq.),  de  200.000  ha- 
bitant s  environ,  surtout  Chinois. 

Dans  l'Est-:  Kelantan  (12.750  kmq.),  de  300.000  habitants, 
transféré,  ainsi  que  les  Etats  suivants,  du  Siam  à  l'Angleterre 
en  1910  ; 

Trengganu  (15.300  kmq.),  de  50.000  habitants  ; 

Dans  l'Ouest  :  Kédah  (7.650  kmq.),  de  200.000  habitants. 

C'est  dès  1877  que  les  premiers  hévéas  furent  apportés  de 
Kew  aux  Jardins  botaniques  de  Singapore  et  de  Pérak  ; 
quelques-uns  de  ces  plants  commencèrent  à  rapporter  en  1881 
et  se  propagèrent  si  bien  qu'en  1898  le  seul  Jardin  Botanique 
de  Singapore  possédait  près  d'un  millier  de  grands  arbres. 
Mais,  en  dehors  de  ces  essais  officiels,  c'est  en  1897  seulement 
qu'un  colon,  M.  W.  Bailey,  plantait  environ  80  hectares  dans 
l'Etat  de  Selangor,  et  c'est  donc  à  cette  date  que  commencent 
les  vraies  entreprises  culturales  de  caoutchouc  dans  la 
péninsule.  Depuis  lors,  en  même  temps  que  la  culture  se 
développait,  les  conditions  économiques  de  la  péninsule  se 
sont  progressivement  et  rapidement  améliorées.  Les  anciennes 
forêts  se  sont  transformées  en  plantations  de  caoutchoutiers, 
les  voies  ferrées  de  la  partie  occidentale,  où  se  trouvent  presque 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  5 

toutes  ces  plantations,  se  sont  étendues  (1),  et  la  population, 
grâce  à  l'arrivée  de  milliers  de  coolies,  tamils,  chinois  et 
javanais,  a  considérablement  augmenté. 

En  1910,  la  surface  couverte  par  les  hévéas  était  de  158.878 
hectares,  dont  : 

Dans  les  Etats  Fédérés  Malais 98 .  310  hectares 

Straits  Settlements 37 .  968 

Etats  Protégés 22 .  600 

Les  98.310  hectares  des  Etats  Fédérés  étaient  composés  de  : 

Selangor  (190  plantations) 45.230  hectares 

Perak  (155  plantations) 33. 550      — 

Xegri  Sembilan  (78  plantations) 17.940       — 

Pahang  (12  plantations) 1 .560       — 

Les  37.968  hectares  des  Straits  Settlements  correspondaient 
à  109  plantations,  dont  : 

Singapore 5 .  600  hectares 

Malacca 22.000 

Penang 1.200 

Wellesley 9.168 

Enfin,  les  22.600  hectares  des  Etats  Protégés  se  composaient 
de  : 

.lohore  (44  plantations) 17. 100  hectares 

Kelantan  et  Kedah  (44  plantations)  .. .       5.200 


i  1 1  La  grande  voie  ferrée  dès  maintenant  en  exploitation  parcourt  du 
Nord  au  Sud  presque  toute  la  partie  occidentale  de  la  péninsule,  puisque, 
plus  ou  moins  parallèlement  à  la  côte,  elle  va  d'Alor  Star  à  Singapore. 
D'Alor  Star  une  ligne  est  en  projet  vers  Bangkok.  La  voie  actuelle  tra- 
verse doue  l'Etat  de  Kedah,  la  province  de  Wellesley,  les  Etats  de  Perak, 
de  Selangor,  de  Negri  Sembilan,  de  Johore  et  l'île  de  Singapore.  I  >e  petits 
tronçons  aboutissenl  à  Penang,  à  Port-Weld,  à  Tehik  Ajison,  à  Klang 
et  port  Swettenham,  à  Port-Dickson,  à  Malacca  Town.  Vers  l'intérieur, 
un  embranchement  mené  de  Gemas  à  Kuala-Lipis,  dans  l'Etat  de 
Pahang.  Cette  voie  sera  continuée,  à  travers  Kelantan,  Jusqu'à  River- 
Bide,  ou  elle  rejoindra  la  petite  ligne  actuelle  de  Rrverside  à  Tampat,  sur 
la  côte  Ouest,  i  n  peu  avant  Tampai.  a  Pasir  Ma^.  une  ligne  sera  cons- 
truite dans  la  direction  de  Bangkok. 


6      LES  PLANTATIONS  ÉTRANGÈRES  DE  CAOUTCHOUC 

En  1912,  la  surface  totale  s'élevait  à  248.640  hectares,  et 
les  ouvriers  employés  à  l'exploitation  étaient  au  nombre  de 
255.912,  dont  145.848  Tamils,  63.210  Chinois,  23.580  Javanais, 
19.425  Malais,  5.848  travailleurs  d'autres  races. 

En  1915,  sur  une  surface  approximative  de  200.000  hec- 
tares de  caoutchoutiers  pour  les  seuls  Etats  Fédérés,  on 
comptait  dans  l'Etat  de  Selangor  102.130  hectares,  et  dans 
l'Etat  de  Perak  (dont  les  exportations  étaient  de  16.663  tonnes 
de  caoutchouc  brut)  66.400  hectares,  dont  une  très  faible 
partie  seulement  avec  cultures  intercalaires. 

Comme  exportation  totale  de  la  Péninsule  malaise  en 
caoutchouc  brut  pour  1915,  nous  avons  indiqué  plus  haut 
72.800  tonnes  (d'après  la  feuille  annuelle  de  MM.  Figgis  et  C° 
de  Londres).  Le  Times  de  décembre  1916  admet  79.415  tonnes. 

Dans  les  Etats  Fédérés,  le  caoutchouc  représente  aujour- 
d'hui (1)  plus  de  40  p.  100  de  toutes  les  exportations.  De 
1890  à  1915,  le  commerce  extérieur  de  ces  Etat  s  s'est  élevé 
de  5.714.187  livres  sterling  à  26.106.773  livres,  et  cette  énorme 
augmentation  est  bien  due  essentiellement  au  caoutchouc, 
car  l'importance  des  deux  autres  principaux  articles  d'expor- 
tation, rétain  et  le  coprah,  a  peu  varié  ou  tendrait  même 
plutôt  à  diminuer  (2).  Telle  est  l'influence  qu'a  exercée  sur  la 
prospérité  du  pays  l'introduction  de  l'hévéa  (3). 

Parmi  les  Compagnies  établies  dans  la  Péninsule,  et  qui 
sont  particulièrement  nombreuses  dans  les  Etats  de  Selangor 
et  de  Perak,  quelques-unes  portent  des  noms  aujourd'hui 
bien  connus. 

La  «  Pataling  Rubber  )>  a  été  fondée  en  1903  dans  le  Selangor. 


(1)  D'après  des  renseignements  récents,  la  valeur  des  exportations  de 
ces  Etats  aurait  été  de  468.300.000  francs  pour  1915.  Dans  les  Etats 
Protégés,  d'autre  part,  la  valeur  des  exportations  aurait  été,  toujours 
pour  le  seul  caoutchouc,  de  113  millions  de  francs,  dont  90  millions 
pour  le  Sultanat  de  Johore  et  17  millions  pour  Kedah. 

(2)  Les  exportations  d'étain  représentent  cependant  toujours  une 
valeur  d'environ  200  millions  de  francs. 

(3)  Ajoutons  encore  que  le  port  de  Singapore  a  exporté  pendant  les 
sept  premiers  mois  de  1914,  1915  et  1916,  respectivement  16.821,  22.877 
ot  32.414  tonnes. 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  7 

La  «  Vallambrosa  »,  dans  le  même  Etat,  district  de  Klang, 
date  de  1904.  Cette  Société  eut  l'avantage  d'acheter  des  ter- 
rains à  un  prix  très  bas,  ce  qui  lui  permit  de  distribuer  des 
dividendes  particulièrement  élevés. 

L'  «  Anglo-Malay  »,  constituée  en  octobre  1905.  au  capital 
de  150.000  livres  sterling,  a  établi  aussi  des  propriétés  dans 
le  Selangor. 

La  «  Highlands  and  Lowlands  Para  Rubber  »,  toujours  dans 
le  même  Etat,  a  été  créée  en  juillet  1906,  au  capital  de 
310.000  livres  sterling. 

Dans  le  Selangor  encore  se  trouvent  les  plantations  de 
«  Selangor  Rubber  »,  de  «  The  Glenshiel  Rubber  »,  etc.  En 
1916,  la  «  Glenshiel  Rubber  »  possédait  907  hectares,  dont 
537  plantés  et  490  en  rapport  :  la  production  était  estimée  à 
163  tonnes. 

Dans  l'Etat  de  Perak,  d'importantes  Compagnies  avaient 
en  1916  la  même  situation  prospère.  On  estimait  pour  1916 
la  production  à  : 

1.065  tonnes  pour  la  «  Straits  Rubber  »,  906  tonnes  pour 
les  «  Penang  Rubber  Estâtes  »  (qui  ont  également  des  plan- 
tations à  Wellesley,  dans  les  Straits),  317  tonnes  pour  les 
«  Rubana  Rubber  Estâtes  »,  407  tonnes  pour  les  «  Tali  Ayer 
Rubber  Estâtes  »,  158  tonnes  pour  la  «  Bagan  Serai  », 
154  tonnes  pour  la  «  Batak  Rabit  Rubber  »,  145  tonn 
pour  la  «  Kurau  Rubber  »,  28  tonnes  pour  la  «  Merchiston 
Rubber  ». 

Les  surfaces  totales  de  ces  plantations  étaient  de  : 

4.361  hectares  pour  la  «  Straits  Rubber  »,  avec  3.190  hec- 
tares en  culture  : 

1.960  hectares  pour  la  «  Rubana  Rubber  »,  avec  L200hectare.s 
en  culture  ; 

1.900  hectares  pour  la  «  Tali  Ayer  Rubber  ,  avec  1.520  hec- 
tares t'H  cuit  lire. 

555  hectares  pour  la  o  Bagan  Serai    .  avec  i68  hectares  eu 

cuit  ure  ; 

714  hectares  pour  la     Batak  Rabii    .  avec  500  hectan  3  •  □ 

Cuit  ure  ; 


8 


LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 


900  hectares  pour  la  «  Glenshiel  Rubber  »,  avec  537  hectares 
en  culture  ; 

410  hectares  pour  la  «  Kurau  Rubber  »,  avec  369  hectares 
en  culture  ; 

488  hectares  pour  la  «  Merchiston  »,  avec  336  hectares  en 
culture. 

Dans  le  Sud  du  Sultanat  de  Johore,  la  «  Mount  Austin 
Rubber  »,  qui  distribuait  en  1915  un  dividende  de  34  p.  100,. 
a  4.280  hectares  entièrement  plantés,  et,  après  avoir  exporté, 
en  1915,  460  tonnes,  en  espérait  pour  1916  plus  de  600.  Le 
maximum  prévu  pour  l'avenir  est  de  2.215  tonnes. 

On  peut  citer,  comme  dividendes  pour  100,  pour  certaines 
de  ces  Sociétés,  de  1909  à  1912  : 


Selangor 

Pataling 

Bukit  Rajah 

Vallambrosa 

Batu  Caves 

Anglo-Malay 

Linggi 

Cicely  Rubber 

Kuala  Selangor 

Higlands  and  Lowlands. 

Damansara 

Perak  Rubber 

Seafield  Rubber 

Glenshiel  Rubber 


ANNEE 

de  fondation 


1899 
1903 
1903 
1904 
1904 
1905 
1905 
1905 
1905 
1906 
1906 
1906 
1907 
1908 


Capital  autorisé 
m  francs 


750.000 

750.000 

1.750.000 

1.500.000 

750.000 

3.750.000 

2 . 500 . 000 

250.000 

7.750.000 
2.750.000 
2.125.000 
2.500.000 


1909 


287 
125 
150 
250 
150 
50 
165 
135 

35 
50 
42 
15 


1910 


375 

325 

150 

175 

150 

75 

237 

200 

30 

50 

75 

30 

40 

15 


1911 


275 
250 
150 
130 
140 

70 
193,75 
175 
107,5 

37,5 

60 

35 

45 

20 


1912 


250 

275 

125 

100 

220 

70 

143, 

155 

150 

40 

70 

35 

65 

25 


Ainsi,  au  total,  en  ces  quatre  années,  la  «  Selangor  Rubber  » 
a  donné,  comme  dividende,  1.187  p.  100  ;  la  «  Pataling  »,  975  ; 
la  «  Linggi  »,  740  ;  et  la  «  Vallambrosa  »,  655. 

En  1915,  les  dividendes  ont  été  de  : 

Pour  la  «  Pataling  » 225  °0 

«  Selangor  » 162,5   °0 

«  Linggi  » 110  °0 

«  Vallambrosa  » 100  % 

En  cette  année  1915,  rares  ont  été  les  Compagnies  qui  ont 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  9 

distribué  des  dividendes  de  moins  de  10  p.  100  ;  certaines 
Sociétés  ont  donné  160  p.  100  et  davantage,  et  100  p.  100  n'a 
pas  été  une  exception. 

D'ailleurs,  la  consommation  et  la  production  augmentant , 
le  coût  de  production  diminue  progressivement.  Telle  plan- 
tation où  le  prix  de  revient  du  kilogramme  était  encore  de 
4  fr.  90  en  1913  l'obtenait,  en  1915,  à  3  francs.  D'après  les 
rapports  des  Compagnies  malaises  pour  cette  année  1915,  le 
coût  moyen  du  kilogramme  f.  o.  b.  était  de  2  fr.  75,  se  répar- 
tissant  approximativement  en  : 

Récolte  et  manufacture 1   fr.  30 

Charges  générales  d'administration 0  fr.  60 

Dépréciation 0  fr.  40 

Divers 0  fr.  45 

Le  prix  de  revient  du  caoutchouc  amazonien  étant  de 
7  francs  environ,  tout  l'avantage  est  donc  dès  maintenant,  et 
largement,  aux  sortes  de  plantation,  pour  lesquelles  le  prix 
de  vente  de  9  fr.  50  à  10  francs  est  très  rémunérateur,  alors 
qu'il  l'est  peu  pour  le  «  Para  »  de  cueillette  brésilien. 

Actuellement,  dans  les  Straits,  la  valeur  d'un  hévéa,  aux 
différents  âges,  est  la  suivante  en  francs  (1)  : 

Age  Incisé  Non  incisé    Arbres  par  hectare 

3  mois  1    fr.  40  375 

6     —  l   fr.   70  575 

y     —  2  fr.  375 

1  an  2  fr.  25  375 

2  ans  3  fr.  75  375 

3  —  i  fr.  25  5  fr.  65  375 
',  —  6  fr.  60  7  fr.  55  375 
5    —                    L3  fr.  60  375 

5  —  13  fr.  60  312 

6  —  \~   fr.  35  27.'. 

7  —  21  fr.  25  250 
s  —  24  fr.  85  22.'. 
y  —  30  fr.  H»  200 

10  —         31  fr.  85  200 


(1)  Nous  convertissons  en  francs  les  chiffres  indiqués  en  dollar-  par 
VIndia  Rubber  World,  e\  en  admettanl  qu'il  s'agit  du  dollar  américain 
(5  francs),  et  non  du  dollar  de  Singapore,  qui  vaut  seulement  3  francs. 


10     LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 

Vers  la  fin  de  1908,  le  capital  autorisé  était,  pour  68  Com- 
pagnies, de  1.300  francs  par  hectare  environ  ;  en  1910,  il  était 
de  1.960  francs.  Dans  les  bonnes  plantations  en  plein  rapport, 
le  rendement  est  de  450  à  510  kilogrammes  par  hectare.  En 
1915,  la  propriété  «  Seafield  »  récoltait  même  une  moyenne 
de  773  kilogrammes  à  l'hectare,  sur  une  surface  de  50  hectares 
plantés  en  1904  et  dont  les  arbres  étaient,  par  conséquent, 
âgés  de  10  à  11  ans.  Pour  l'ensemble  de  la  plantation,  le  ren- 
dement moyen  était  de  496  kilogrammes.  En  1911,  le  prix  de 
Tevient  de  la  plantation  jusqu'à  la  première  récolte  était 
évalué  à  1.050  francs  l'hectare  pour  une  plantation  de  1.500 
hectares. 

Les  hévéas  ont  donc  bien  réellement  trouvé  en  Péninsule 
malaise  une  de  leurs  grandes  contrées  de  prédilection.  Le  sol 
latéritique  n'est  certes  pas  toujours  de  premier  ordre  :  riche 
en  fer,  il  est  pauvre  en  potasse  et  en  chaux.  Mais  le  grand 
avantage  du  pays  semble  (1)  son  humidité  constante  à  une  tem- 
pérature modérément  élevée  ;  les  pluies  sont  peut-être  moins 
abondantes  qu'en  certaines  autres  parties  du  globe,  mais  elles 
sont  continues.  Et  ces  conditions  ne  favorisent  pas  seulement 
la  croissance  des  arbres,  qui  peuvent  quelquefois  atteindre 
plus  de  30  mètres  à  14  ans,  et,  en  tout  cas,  au  bout  de 
trois  ans  peuvent  déjà  donner  une  petite  récolte,  mais,  en 
outre,  permettent  l'exploitation  pendant  toute  l'année.  Une 
période  de  sécheresse  arrêterait  l'écoulement  du  latex  ;  de 
trop  fortes  pluies  rendraient  l'incision  difficile,  ou  même  im- 
possible. 

L'habileté  des  travailleurs  tamils,  chinois  et  javanais  oc- 
cupés au  travail  des  saignées  est  un  des  autres  facteurs  de 
succès. 

Et  c'est  grâce  à  toutes  ces  influences  réunies  que  la  Pénin- 
sule, qui  n'exportait  pas  encore  de  caoutchouc  il  y  a  vingt 
ans,  en  produisait,  en  1916,  102.000  tonnes. 


(1)  A  noter  cependant  qu'une  petite  saison  sèche  n'est  peut-être  pas 
aussi  défavorable  à  l'hévéa  qu'on  a  souvent  tendance  à  le  croire. 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  11 


Ceylan 


Tout  comme  la  Péninsule  malaise,  les  premiers  hévéas  ap- 
portés à  Ceylan  le  furent  par  les  soins  du  Jardin  de  Kew,  et 
ils  furent  plantés  en  1876.  au  Jardin  d"Henaratgoda.  Vers 
1887,  quelque  dix  ans  plus  tard,  les  planteurs  de  la  basse 
région  du  Sud-Ouest  commencèrent  à  mettre  quelques  arbres 
autour  de  leurs  champs  de  thé  ou  le  long  des  routes,  et  en 
1890  il  y  avait  80  à  120  hectares  de  caoutchoutiers.  qui.  d'ail- 
leurs, étaient  en  grande  partie  des  Castilloa  et  des  Manihot. 
Mais,  vers  1898.  les  prix  du  thé  ayant  baissé,  les  propriétaires 
furent  amenés  à  songer  à  de  nouvelles  cultures,  et  ce  fut  alors 
que  leur  attention  se  porta  sérieusement  sur  les  hévéas. 
Ceux-ci  furent  d'abord  cultivés  en  mélange  avec  les  arbres  à 
thé,  puis  les  théiers  furent  supprimés  et  les  caoutchoutiers 
restèrent  seuls.  L'hévéa  a  aussi,  dans  d'autres  plantations, 
remplacé  le  cacaoyer.  Enfin,  il  y  a  eu  des  plantations  directes 
d'hévéas. 

De  1898  à  1906,  20.000  hectares  environ  furent  plantés, 
puis  de  1906  à  1916,  76.000  ;  et  nous  avons  admis  plus  haut, 
pour  1916,  100.000  hectares  environ. 

Les  exportations  de  1916  ont  été  de  23.500  tonnes. 

Les  plantations,  dans  le  Sud-Ouest  de  Ceylan  comme  en 
Péninsule  malaise,  sont  établies  sur  des  sols  latéritiques,  for- 
més d'une  argile  sablonneuse  rouge  et  rougeâtre.  Les  arbres 
peuvent  à  la  rigueur  pousser  jusqu'à  800  mètres,  mais  c'est 
entre  le  niveau  de  la  mer  et  300  mètres  qu'on  obtient  les 
résultats  les  meilleurs  e1  les  plus  sûrs.  Il  y  a  d'ailleurs  à  tenir 
grand  compte,  en  plus  de  l'altitude,  de  la  plus  ou  moins  grande 
exposition  au  veut. 

Les  disl  ri<t  s  septentrionaux  de  l'île,  I  ropsecs,  ne  conv  iennent 
pas  au  caoutchoutier,  même  avec  irrigation. 

En  1908,  I"  capital  autorisé  pour  71  Compagnies  de  Ceylan 
el  de  l'Inde  étail  de  2.312  francs  par  hectare;  en  1910,  ce 
capil  al  et  ait  de  i.355  francs. 


12 


LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 


De  1910  à  1912,  quelques-unes  des  Sociétés  de  Geylan  ont 
distribué  les  dividendes  suivants,  pour  100  : 


Ceylon  Tea  Plantations 

Eàstern  Produce  and  Estâtes 

Bandarapola  Ceylon 

Yativantota  Tea 

Mahawale  Rubber  and  Tea     

Pantiya  Tea  and  Rubber 

General  Cevlon  Rubber  and  Estâtes 

Cevlon  Rubber 

Panawatte  Tea  and  Rubber 

Pelmadulla  Rubber 

Rosehaugh  Tea  and  Rubber 

Saint-George  Rubber 

Dickella  Rubber 


ANNEE 

de  Fondation 


1886 
1888 
1892 
1896 
1897 
1900 
1904 
1904 
1905 
1905 
1907 
1908 
1909 


1910 


35 
20 
20 
15 

17,5 
10 
20 
>) 

17,5 
10 
25 
22.5 


1911 


\0 


22,5 

30 

25 

25 

30 

25 

10 

25 

22,5 

36 

30 

10 


1912 


50 

22 

45 

20 

25 

35 

32,5 

22,5 

32,5 

30 

36 

40 

30 


En  1911,  d'après  M.  Wright,  les  frais  d'exploitation  d'un 
hectare,  jusqu'à  la  sixième  année,  variaient  de  1.000  à 
1.500  francs. 

Les  travailleurs  sont  des  Cinghalais,  qui  sont  les  meilleurs 
ouvriers,  et  les  Tamils  venus  de  la  côte  de  Coromandel.  De 
bons  saigneurs  parviennent  à  gagner  20  roupies  (de  1  fr.  65 
environ)  par  mois.  Les  surveillants  européens  gagnent  men- 
suellement de  250  à  300  roupies  dans  les  petites  plantations, 
500  roupies,  plus  2  p.  100  de  commission,  dans  les  plantations 
moyennes,  qui  sont  d'environ  250  hectares,  et  de  600  à 
1.000  roupies,  plus  le  pourcentage,  dans  les  plus  grandes,  qui 
sont  de  400  à  800  hectares.  Les  employés  venus  comme  crepers 
gagnent  souvent  150  roupies  la  première  année,  200  la  seconde 
et  250  la  troisième  ;  il  est  exceptionnel  que  leur  paie  mensuel'e 
s'élève  à  400  roupies. 

La  crêpe  est  la  forme  de  caoutchouc  la  plus  souvent  pré- 
parée  ;  on  prépare  cependant  aussi  des  feuilles  fumées  et  des 
biscuits. 

La  Grande-Bretagne  et  les  Etats-Unis  sont  les  plus  gros 
acheteurs.  En  1914,  62,9  p.  100  de  la  récolte  ont  été  livrés  à 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  13 

la  Grande-Bretagne  et  23,19  à  l'Amérique  du  Nord  ;  plus 
récemment,  toutefois,  les  envois  vers  les  Etats-Unis  ont  aug- 
menté (39,72  p.  100),  pendant  que  diminuaient  (55,12)  les 
expéditions  à  destination  de  l'Angleterre. 


Birmanie  et  Sud  de  l'Inde 

Dès  1900,  quelques  hévéas  étaient  plantés  dans  l'île  de 
Mergui  (un  peu  au  nord  de  Tenasserim),  en  Birmanie  (1).  Les 
progrès  de  la  culture  des  caoutchoutiers  dans  cette  partie  tout 
à  fait  méridionale  de  la  possession  anglaise  de  l'est  du  golfe 
du  Bengale  ont  néanmoins  été  lents,  et  la  surface  plantée 
-actuellement  ne  dépasse  guère  12.000  hectares.  Mais  l'atten- 
tion semble  se  tourner  vers  certaines  autres  parties  de  la 
Birmanie  méridionale  où  l'hévéa  peut  réussir;  et  onentrevoit 
d'ici  à  quelques  années  une  sérieuse  augmentation  dans  le 
nombre  et  la  surface  des  plantations.  De  140  tonnes  en  1911- 
1912,  la  production  est  passée  à  580  tonnes  en  1915-1916. 

Sur  les  cultures  du  Sud  de  l'Inde,  nous  ne  possédons  per- 
sonnellement que  d'assez  vagues  renseignements.  Nous  rele- 
vons seulement  dans  YIndia  Rubber  World  d'août  1916  les 
noms  de  deux  Sociétés. 

L'une,  la  «  Pudukab  Rubber  »,  devait  payer  en  L915  un 
dividende  de  10  p.  100.  La  récolte  de  cette  annêV  étail  de 
55.000  kilogrammes,  provenant  de  260  hectares,  le  rendement 
ayant  été  par  arbre  de  1  liv.  56,  contre  (>  liv.  84  en  191  i. 


M)  La  Birmanie  Anglaise  a  une  superficie  de  615.000  kilomètres 
carrés  environ,  avec  seulement  une  population  de  20  habitants  par 
kilomètre  (alors  que,  par  exemple,  dans  l'Inde,  dans  le  Gouvernement 
d'AUahabad,  il  y  en  a  167).  Le  pourcentage  des  forêts  (riches  en  l>'.i-> 
'!•■  tffki  H  «1rs  terres  incultes,  pour  la  surfin-. •  totale,  esi  de  62,9  p.  100, 
alors  qu'elle  esi  de  -'i~  pour  l'ensemble  de  l'Inde  Britannique.  I  e  grand 
produil  de  culture  pour  l'exportation  esi  le  riz,  <l<mt  il  esi  sorti  i  million 
220.000  tonnes  en  1915- 1916.  Parmi  les  produits  minéraux,  la  Birmanie 

a  exporté  3.806  tonnes  de  wolfram  en  1916  e1  282.250. gallonsde 

pél  rôle  en  1915, 


14  LES    PLANTATIONS    ETRANGERES    DE    CAOUTCHOUC 

L'autre  Compagnie,  la  «  Kilana  Rubber  »,  qui  doit  bientôt 
payer  son  premier  dividende,  a  obtenu,  sur  des  arbres  de 
6  ans  et  moins,  10.190  kilogrammes. 


Indes  Néerlandaises 


Les  Indes  Néerlandaises  ont  exporté,  en  1915,  20.100  tonnes 
de  caoutchouc  ;  et  l'exportation  de  1916  a  dû  être  approxima- 
tivement de  30.000  tonnes  (15.121  tonnes  pendant  les  six 
premiers  mois). 

Ces  chiffres  s'élèveront  rapidement  dans  l'avenir,  les  Indes 
Néerlandaises  ayant  entrepris  beaucoup  plus  tard  que  les 
colonies  anglaises  de  l'Asie  méridionale  les  plantations  d'hé- 
véas. Pendant  longtemps,  la  colonie  hollandaise  a  persisté 
dans  la  culture  du  Ficus  elastica,  et  c'est  depuis  cinq  ou 
six  ans  seulement,  vers  1911  et  1912,  que  l'ancien  caout- 
choutier  indigène  a  été  définitivement  délaissé  pour  l'espèce 
amazonienne. 

Au  1er  janvier  1913,  il  y  avait  à  Java  332  plantations  qui 
couvraient  (en  admettant  que  1  bouw  égale  71  ares),  88.322 hec- 
tares, dont  :  22.933  hectares  d'hévéas  seuls  ;  52.655  hectares 
d'hévéas  mélangés  ;  5.281  hectares  de  Ficus  seuls  ;  1.443  hec- 
tares de  Ficus  mélangés  ;  66  hectares  de  Castilloa  seuls  ; 
2.174  hectares  de  Castilloa  mélangés  ;  1.858  hectares  de 
Manihot  seuls  ;  1.908  hectares  de  Manihot  mélangés. 

Dans  les  autres  îles  hollandaises,  il  y  avait  91.082  hectaresT 
dont  :  67.890  hectares  d'hévéas  seuls  ;  21.902  hectares  d'hévéas 
mélangés;  1.166  hectares  de  Ficus  seuls;  7  hectares  de  Ficus 
mélangés  ;  112  hectares  de  Manihot  seuls  ;  4  hectares  de 
Manihot  mélangés. 

Donc  les  Ficus,  les  Castilloa  et  les  Manihot  disparaissent 
rapidement,  remplacés  par  les  hévéas. 

Au  commencement  de  1913,  le  capital  nominal  des  plan- 
tations des  Indes  Néerlandaises  était  de  278.719.900  florins, 
soit  585.379.790  francs,  dont  environ  : 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  15 

A  Java  : 

Capitaux  anglais. 186 .  908 .  10C  fr. 

hollandais 37  .  281 .  300  fr. 

—  belges  et  français 13. 470. 000  fr. 

allemands 2 .  730 .  000  fr. 

A  Sumatra  : 

Capitaux  anglais 150.612.840  fr. 

hollandais 98 .  273 .  700  fr. 

belges  et  français 17.598.000  fr. 

allemands 630 .  000  fr. 

—  suédois 882 .  000  fr. 

A  Bornéo  : 

Capitaux  anglais 29. 146.320  fr. 

hollandais \.  200 .  000  fr. 

A  Riow  : 

Capitaux  anglais 9.379.230  fr. 

—  belges  et  français 2. 100.000  fr. 

américains 2. 100.000  fr. 

Les  capitaux  anglais,  qui,  pour  l'ensemble  des  plantations 
du  Moyen-Orient,  représentent  les  neuf  dixièmes  environ  des 
deux  milliards  et  demi  placés  dans  cette  culture,  sont  donc, 
même  pour  les  Indes  Néerlandaises,  les  plus  importants,  puis- 
que les  capitaux  nominaux  sont  respectivement  de  : 

Capitaux  anglais 376.046.790  fr. 

hollandais 1 39 .  755  .  000  fr. 

belges  et  français 63.  L68.000  fr. 

allemands 3.360.000  fr. 

suédois 882.000  IV. 

américains 2.100.000  fr. 

Avant  1908,  le  capital  autorisé  pour  les  Compagnies  <! 
Indes  Néerlandaises  était  de  592  francs  par  hectare  :  «mi  1910, 
il  était  de  885  francs. 

Java.  —  Les  premiers  hévéas  envo  i   Java   vers    L8i 

ne  réussirent  pas.  mais  d'autres  pieds  venus  de  Perak  en  lv^- 
furent  plantés  dans  <!<■  meilleures  conditions,  et  c'est  là,  en 
partie,  l'origine  'les  arbres  aeti  Vprès  L907 seulement,  les 

planteurs  hollandais  semblèrent  commencer  à  comprendre  la 


16     LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 

valeur  de  l'espèce  amazonienne,  et  encore  n'est-ce  qu'après 
1910  que  les  plantations  ont  été  faites  de  façon  courante,  en 
même  temps  que,  comme  nous  l'avons  déjà  dit,  on  se  dé- 
tournait peu  à  peu  du  Ficus  elastica. 

Les  plantations  d'hévéas  s'étendent,  dans  l'île,  de  l'Ouest  à 
l'Est,  mais  sont  beaucoup  plus  nombreuses  sur  la  côte  Sud  que 
dans  le  Nord,  parce  que  la  pluviosité  y  est  plus  forte  et  plus 
régulière. 

Les  principaux  districts  caoutchoutiers  sont  ceux  de  Bui- 
tenzorg  et  de  Krawang  dans  la  province  de  Batavia,  Rang- 
kasbidoeng  et  Menés  dans  le  Bantam,  Tjandjoer,  jusqu'à 
Bandoeng  et  Bangar,  dans  le  Préanger,  Langen.  Tjipari  et 
Kiliminger  dans  le  Banjoenas,  Djember,  Kalisat  et  Banjoe- 
wani  dans  le  Besoeki.  Le  caoutchouc  est  encore  cultivé  en 
différents  points  des  provinces  de  Kediri  et  de  Soerabaja. 
Entre  Batavia  et  Soerabaja  les  essais  n'ont  pas  donné  les 
résultats  espérés. 

Alors  qu'il  y  avait  63.000  hectares  plantés  en  1910,  la  sur- 
face s'est  élevée  à  92.000  en  1912  ;  et  cet  accroissement,  qui  a 
été  la  conséquence  du  boom  de  1909-1910,  a  surtout  porté 
sur  les  districts  orientaux  des  provinces  de  Besoeki,  de  Pa- 
soeran  et  de  Keridi.  A  la  fin  de  1916,  45  Sociétés  étaient  ins- 
crites à  Londres,  avec  un  capital  tôt  al  de  155  millions  de  francs; 
la  surface  plantée  étant  de  40.000  hectares,  la  moyenne  de 
l'hectare  était  donc  de  3.875  francs. 

Au  point  de  vue  de  la  main-d'œuvre,  on  pourrait  croire  que, 
avec  la  population  indigène  d'au  moins  30  millions  d'âmes 
que  compte  Java  (dont  la  surface,  y  compris  Madoura,  est  de 
127.500  kmq.  environ),  il  n'y  a  aucune  difficulté.  Tel  n'est 
cependant  le  cas,  en  raison  des  grandes  superficies  couvertes 
par  les  diverses  cultures,  puisqu'on  estime  qu'il  y  a  dans  l'île  : 

Rizières ^.ÊOO.000  hectares 

Champs  de  sucre "140 .  000 

Champs  de  tabac 1 80 .  000 

Champs  de  thé 100 .  000 

Cocotiers 80 .  000 

Plantations  de  café  et  de  cacao  ....  $00.000       — 

Autres  cultures %  200.000       — 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  17 

Il  faut  par  conséquent  des  travailleurs  pour  plus  de  *f  mil- 
lions et  demi  d'hectares,  et  le  nombre  de  ces  travailleurs  doit 
être  d'autant  plus  grand  que  les  machines  sont  peu  employées. 

Il  y  a,  en  outre,  chaque  année,  une  forte  émigration  d'ou- 
vriers vers  Sumatra  et  la  Péninsule  malaise. 

Dans  l'Est  de  Java,  les  coolies  viennent  de  l'île  Madoura,  qui 
•est  voisine  de  la  province  de  Soerabaja. 

Il  n'y  a  pas,  croyons-nous,  de  contrat  de  travail  à  Java, 
mais  les  planteurs  donnent  aux  coolies  qui  restent  longtemps 
sur  leur  domaine  une  augmentation  de  salaire  et  certains 
privilèges. 

Le  travail  des  plantations  d'hévéas  est,  en  général,  peu 
recherché,  car  il  a  lieu  dans  des  contrées  basses,  peu  saines  et 
où  la  vie  est  chère.  La  paie  des  coolies  varie  dans  chaque  dis- 
trict, et  souvent  même  de  plantation  à  plantation. 

Pour  le  travail  ordinaire,  la  paie  moyenne  était  en  1913 
de  40  cents  de  florin  pour  les  hommes,  30  cents  pour  les 
femmes  et  13  pour  les  enfants.  Les  saigneurs  sont  naturelle- 
ment un  peu  plus  payés  ;  les  hommes  touchent  45  cents  et  les 
femmes,  35. 

En  cette  année  1913,  le  coût  de  production  f.  o.  b.  était  de 
3  fr.  20  environ  le  kilogramme.  En  1916,  divers  rapports  an- 
glais indiquaient  2  francs  ;  il  est  difficile  de  prévoir  un  prix 
plus  faible. 

Les  plantations  ne  comprennent  guère  plus  aujourd'hui  de 
250  arbres  à  l'hectare. 

Les  propriétés  anglaises  sont  à  peu  près  régies  de  la  même 
manière  qu'en  Péninsule  malaise  et  à  Ceylan.  Chaque  plan- 
tation a  son  régisseur  et  tout  un  personnel,  sous  le  contrôle 
d'un  agent  inspecteur  qui  est  en  rapport  immédiat  avec  les 
directeurs  de  la  métropole.  Le  traitement  du  régisseur  esl  de 
500  a  750  livres  sterling  par  an  ;  et.  en  général,  au  lieu  de 
recevoir  un  pourcentage  sur  les  bénéfices,  cerégisseurtouche 
un  eeni  de  florin  par  livre  de  caoutchouc  récolté  el  un  florin 
par  picul  de  café,  ce  qui  est  le  picul  money  .  Dans  les 
lu  m  nés  années,  les  régisseurs  doublent  plus  que  leur  traitement. 
Les  ouvriers  javanais  sont  payés  an  prix  d<  8  penci  (0  1 


18     LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 

par  jour  pour  les  hommes,  et  6  pence  (Ofr.  60)  pour  les  femmes  ; 
ce  qui  concorde  bien  avec  les  tarifs  déjà  indiqués  plus  haut 
en  cents  de  florin. 

Batavia  et  Soerabaja  sont  les  principaux  ports  javanais 
d'embarquement  du  caoutchouc.  Les  ports  de  l'Est  attirent 
de  plus  en  plus  les  Américains.  Alors  que,  en  1913,  il  était 
exporté  de  Java,  en  caoutchouc  de  Para,  1.006  tonnes  pour 
tes  Pays-Bas,  1.000  tonnes  pour  la  Grande-Bretagne  et 
339  tonnes  seulement  pour  les  autres  pays,  les  Etats-Unis,  en 
1915,  ont  acheté  à  Java  3.600.000  kilogrammes  de  caoutchouc 
brut,  la  Grande-Bretagne,  2.182.662  kilogrammes  et  la  Hol- 
lande, 1.307.000  kilogrammes.  La  commodité  et  les  facilités 
offertes  par  le  canal  de  Panama,  ainsi  que  les  frets  à  meilleur 
marché  et  le  tonnage  plus  fréquent  font  craindre  à  la  Grande- 
Bretagne  que  l'Amérique  du  Nord  n'enlève  ainsi  le  commerce 
de  Londres  et  de  Liverpool. 

Sumatra.  —  Plus  grande  que  Java,  l'île  de  Sumatra 
(427.000  kmq.)  est  beaucoup  moins  peuplée,  puisqu'on  n'y 
compte  guère  que  4  millions  d'habitants. 

La  culture  des  caoutchoutiers  n'y  a  pris  de  véritable  impor- 
tance que  depuis  l'époque  du  boom,  et  les  efforts  des  planteurs 
se  sont  particulièrement  portés  sur  la  partie  septentrionale 
de  la  Résidence  de  la  Côte  Orientale.  A  la  fin  de  1912,  il  y 
avait  dans  cette  Résidence  160  de  ces  plantations,  qui  cou- 
vraient de  90.000  à  100.000  hectares  ;  et  le  capital  engagé  était 
d'environ  250  millions  de  francs  dont,  en  chiffres  ronds  : 

Angleterre 125  millions 

Hollande 89 

Belgique  et  France 9 

Allemagne 2 

Amérique 22 

Chine  et  Détroits 3       — 

Les  Compagnies  anglaises  sont  aujourd'hui  au  nombre  de 
40,  qui  ont  44.000  hectares  plantés  en  hévéas. 

La    «  Langkat  Sumatra  Rubber  »,  fondée  en  1908,  a  dis- 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  19 

tribué  des  dividendes  de  15  p.  100  en  1910,  25  en  1911,  30  en 
1912. 

La  «  Lankat  Rubber  »,  fondée  en  1910,  a  donné  10  p.  100 
en  1911  et  22,5  p.  100  en  1912. 

La  «  Sumatra  Caoutchouc  Plantagen  »  a  été  constituée 
en  1907  au  capital  de  2.100.000  francs.  Formée  à  La  Haye  et 
soumise  à  la  loi  hollandaise,  elle  détient  trois  domaines  d'une 
superficie  totale  de  10.000  hectares.  La  Société  des  Plantations 
de  Tapanoeli,  dont  les  propriétés,  dans  le  district  de  ce  nom, 
sont  de  4.000  hectares,  en  est  une  filiale. 

Les  concessions  sont  données  par  le  Sultan,  après  appro- 
bation du  Gouvernement  hollandais,  et  ordinairement  pour 
75  ans,  avec  droit  au  renouvellement  pour  50  ans.  Le  bail 
annuel  est  souvent  de  2  fr.  80  par  hectare  ;  cependant,  les  plus 
récentes  concessions  ont  été  accordées  au  prix  de  6  fr.  25. 

De  très  bons  sols  pour  la  culture  sont  ceux  sur  lesquels 
on  a  cultivé  du  tabac  ou  du  riz  sec.  Quelques  planteurs  fument 
avec  des  scories.  On  plante  souvent  en  mélange  avec  le  Coffea 
robusta,  ce  qui  peut  alors  retarder  un  peu  l'époque  de  la  pre- 
mière récolte  (six  ans  au  lieu  de  cinq). 

En  1914,  sur  des  surfaces  de  200  à  600  hectares,  et  à  raison 
de  300  arbres  par  hectare,  on  obtenait  annuellement,  dans  de 
très  bonnes  plantations  : 

Sur  arbre  de  4  à  5  ans 1  livre 

5  à  6  —     2  — 

6  à  7  -     .' 3  — 

7  à  8  —    '. 

Et  dans  des  plantations  seulement  bonnes  : 

Sur  arbres  de  '*  à  5  ans 1   2  livre 

—  5  à  6  —   I  livre 

6  à  7  —    2 

7  à  8  3 

Sur  une  plantation  d'arbres  de  8  ans,  on  a  obtenu  jusqu 
7  livres  par  an. 

Pour  sa  main-d'œuvre,  Sumatra-Esl  dépend  de  la  Chine  e1 
de  Java.  Les  Indigènes,  qui  appartiennent  surtout  aux  tribus 


2<>     LES  PLANTATIONS  ÉTRANGÈRES  DE  CAOUTCHOUC 

montagneuses  éparses  des  Bataks,  les  survivants  d'une  des 
premières  races  du  pays,  ne  sont  guère  agriculteurs  et  ne  sont 
bons  que  pour  le  défrichement  de  la  jungle  ;  ils  sont  du  reste 
peu  nombreux.  Les  planteurs  engagent  donc  des  Javanais  et 
des  Chinois.  Il  y  a  peu  de  Tamils,  si  nombreux  dans  les  Etats 
Fédérés  et  les  Straits.  car,  tandis  que  le  Gouvernement 
anglais  des  Straits  s'efforce  de  recruter  pour  ses  possessions 
des  Javanais  et  des  Bandjais  du  sud  de  Bornéo,  il  interdit 
rigoureusement  rémigration  des  Tamils  vers  les  Indes  Néer- 
landaises. Ceux  de  ces  Tamils  qui  réussissent  à  émigrer  sont 
recrutés  par  des  moyens  qui  sont  interdits  dans  les  Straits. 

Au  1er  juillet  1912,  il  y  avait  sur  la  côte  orientale  de  Sumatra 
186.556  coolies,  dont  169.676  étaient  liés  par  des  contrats  de 
trois  ans,  et  16.880  sans  contrat. 

Des  coolies  engagés  sous  contrat,  110.541  étaient  Javanais, 
54.783  Chinois,  3.747  Tamils;  et  605  appartenaient  à  d'autres 
nationalités. 

Les  Javanais  arrivent  souvent  dans  un  état  physique  déplo- 
rable. Le  prix  de  leur  recrutement  varie  selon  les  circons- 
tances ;  il  était  en  ces  derniers  temps  de  125  florins  en  moyenne, 
soit  262  francs.  Cette  somme  comprend  l'avance  faite  au 
coolie  recruté,  le  prix  du  passage  de  Java  à  Deli,  les  frais  de 
contrôle  du  Gouvernement  (examen  médical  et  autres  forma- 
lités), le  paiement  des  bureaux  de  recrutement  et  de  leur  per- 
sonnel, etc. 

Les  gages  des  travailleurs,  sur  la  plantation,  sont  ordinaire- 
ment de  42  cents  de  florin  (0  fr.  85)  pour  les  hommes,  et 
32  cents  (0  fr.  75)  pour  les  femmes. 

Les  frais  de  production,  par  kilogramme  de  caoutchouc  sec, 
étaient  les  suivants  en  1914  : 

Entretien  de  la  plantation 0  fr.  14 

Récolte 0  fr.  55 

Outillage 0  fr.  09 

Transport  du  latex  à  la  manufacture 0-  fr.  01 

Outillage  et  personnel  à  cette  manufacture  ....  0  fr.  23 

Frais  d'expédition 0  fr.  16 

Soit  un  total  de  1  fr.  18. 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  21 

Pour  le  calcul  des  frais  d'entretien  de  la  plantation,  on  admet 
qu'un  hectare  coûte  69  francs  et  donne  de  350  à  450  kilo- 
grammes. 

Dans  les  prix  de  manufacture  rentrent  :  le  salaire  du  contre- 
maître, les  salaires  des  coolies,  le  prix  des  substances  chimiques, 
l'entretien  du  bâtiment  et  du  matériel,  l'éclairage  et  le  chauf- 
fage, les  faux-frais  et  les  assurances. 

Les  frais  d'expédition  se  composent  du  salaire  du  personnel, 
du  prix  du  magasin,  de  l'assurance  du  bâtiment,  du  transport 
à  la  gare,  de  l'embarquement  et  de  l'assurance  maritime. 

Mais,  en  plus  de  tous  les  frais  précédents,  il  faut  encore  faire 
entrer  en  compte  les  charges  générales  (salaire  des  Européens, 
hôpital,  assurances,  téléphones,  etc.),  qui  peuvent  être"  de 
0  fr.  65  par  kilogramme,  puis  l'income-tax,  la  perte  (2  p.  100) 
sur  la  dessiccation,  le  fret  et  les  frais  de  vente. 

Il  ne  faut  pas  non  plus  oublier  le  eoût  de  la  plantation  jus- 
qu'au moment  de  la  récolte,  soit  encore  3.150  francs  par  hec- 
tare (l),'plus  le  prix  du  terrain. 

Et,  en  définitive,  à  raison  de  450  kilogrammes  par  hectare, 
le  prix  de  revient  du  kilogramme  serait  à  Sumatra  de  2  fr.  30. 

Dans  certaines  Compagnies,  le  directeur  reçoit  1.260  francs 
par  mois,  avec  augmentation  ensuite  de  105  francs  par  mois, 
jusqu'à  ce  qu'il  atteigne,  dans  la  cinquième  année,  1.680  fran  s. 
Il  touche,  en  outre,  une  indemnité  de  logement  de  63  francs 
par  mois  et  5  p.  100  sur  les  bénéfices  nets. 

Les  exportations  totales  de  Sumatra  en  caoutchouc  de  Para 
ont  été  : 

En  191 1 670  tonnes 

1912 1.381 

1918 2.982     — 

1914 1.790 

1915 9.295 

Elles  étaient  estimées  à  12.000  tonnes  pour  L916. 


(1)  <".«•  chiffre  («ion  florins  par  acre),  donné  dans  une  communication  du 
Congrès  de  Batavia  de  I9i'i,  paraîl  élevé,  car  il  semble  qu'on  admette 
plus  souvent,  comme  iï;iis  totaux,  jusqu'à  la  première  récolte,  en  Malaisie, 
une  somme  deux  fois  moindre,  soi!  1.500  Francs  environ. 


22     LES  PLANTATIONS  ETRANGERES  DE  CAOUTCHOUC 

En  1913,  il  était  envoyé  : 

Pour  les  Pays-Bas 384  tonnes 

—  la  Grande-Bretagne 759     — 

—  les  autres  pays 1 .  839     — 

La  même  année,  Sumatra  n'exportait  que  : 

Caoutchouc  de  Ficus 440  tonnes 

Autres  sortes 6     — 

Bornéo  Hollandais. —  La  culture  des  caoutchoutiers  dans 
le  Bornéo  Hollandais  est  à  peu  près  entre  les  mains  de  quatre 
grandes  Sociétés. 

Dans  le  sud-est  de  l'île,  les  «  Hayoep  Rubber  Estâtes  »,  au 
capital  de  4.788.000  francs,  ont  planté  535  hectares  d'hévéas 
et  746  hectares  de  Ficus  elastica,  et  ont  récolté,  en  1915, 
157.407  kilogrammes  de  caoutchouc.  Le  dividende  moyen  a 
été  de  10  p.  100,  et  on  espérait,  pour  1916,  une  récolte  de 
205  tonnes. 

Dans  la  même  région,  les  «  South  East  Bornéo  Rubber  Plan- 
tations »,  au  capital  de  1  million  de  francs,  ont  planté  344  hec- 
tares. 

Sur  la  côte  Ouest,  la  «  Kapoewas  Rubber  C°  »,  au  capital 
de  2  millions  de  francs,  a  planté  528  hectares,  et  les  «  Sahang 
Rubber  Estâtes  »,  au  capital  de  1.115.000  francs,  possèdent 
470  hectares. 

Bornéo  Britannique 

Le  Bornéo  Britannique  comprend  :  1°  le  Nord-Bornéo 
Britannique  (79.400  kilomètres  carrés  et  160.000  habitants), 
protégé  par  l'Angleterre  ;  2°  les  deux  Sultanats  de  Brunei 
(7.500  kilomètres  carrés  et  25.000  habitants)  et  de  Sarawak 
(132.000  kilomètres  carrés  et  500.000  habitants),  placés  sous 
le  protectorat  britannique  depuis  1888. 

Déjà,  en  1896,  dans  le  Nord-Bornéo  Britannique,  quelques 
hévéas  avaient  été  plantés  dans  la  plantation  de  Sekong  ;  et, 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  23 

en  1898,  il  y  avait  1  acre  et  demi  dans  la  plantation  de  Pitas. 

Mais,  en  1915,  d'après  un  article  d'un  supplément  du  Times 
paru  en  décembre  1916,  et  auquel  nous  empruntons  ces  ren- 
seignements sur  le  Bornéo  Britannique,  18  Sociétés  (British 
Bornéo  Para,  Langkon,  Kimanis,  Sablas,  New  London  Bornéo, 
Sapong,  North-Borneo  Trading  C°,  Marudu  Rubber,  etc.) 
s'occupaient  de  cette  culture,  avec  un  capital  social  de  56  mil- 
lions de  francs.  La  surface  plantée  était  de  11.930  hectares, 
si  l'on  ne  tient  pas  compte  des  plantations  de  moins  de  40  hec- 
tares qui  élèveraient  le  total  à  plus  de  12.000  hectares.  La 
surface  en  pleine  exploitation  était  de  3.920.  hectares  ;  et 
570.000  arbres  étaient,  en  outre,  déjà  saignés  sur  les  planta- 
tions dont  l'exploitation  n'était  pas  encore  complète.  Certai- 
nes propriétés,  dont  les  arbres  les  plus  âgés  ont  10  ans,  ont 
déjà  donné  une  moyenne  de  450  kilogrammes  par  hectare. 

La  main-d'œuvre  est  de  recrutement  assez  facile.  A  la  fin 
de  1915,  le  nombre  des  travailleurs  qui  étaient  employés  dans 
les  plantations  caoutchoutières  était  de  9.636,  dont  4.065 
Chinois,  3.521  Javanais  et  2.050  ouvriers  d'autres  races,  sur- 
tout indigènes. 

Les  concessions  de  terres  ont  été  faites  aux  Compagnies 
pour  999  ans,  sans  redevance  ni  clause  restrictive  quelconque  ; 
et  le  Gouvernement  du  Nord-Borneo  Britannique  s'est  engagé 
pour  40  ans  à  ne  pas  imposer  de  droits  d'exportation. 

Les  exportations  de  caoutchouc  ont  été  de  : 

En  1914 613  tonnes 

1915 * 1  .050 

Les  grandes  propriétés  ont  été  établies  an  voisinage  de  la: 
voie  ferrée  qui,  sur  la  côte  Ouest,  va  du  port  de  Jesselton  à 
Mflalap,  dans  l'intérieur,  et  à  Weston.  (hms  la  baie  de  Brunei  ; 
il  y  a,  d'autre  part,  un  service  maritime  côtier,  puis  dés  ser- 
vices hebdomadaires  vers  Singapore,  et  un  service  bimensui  1 
vers  Hong-Kong.  Toutes  ces  conditions  favorisent  singuliè- 
rement l'extension  commerciale  du  Nord-Bornéo  Britannique. 

Dans  le  I  Votée  i  or;it  de  Uni  ne  i.  t  mis  Compagnies  s'occupent 
actuellement  <lu  caoutchouc  :  les  »  Brunei  Estâtes    .  tes  Li- 


24     LES  PLANTATIONS  ÉTRANGÈRES  DE  CAOUTCHOUC 

verpool  (Brunei)  Para  Estâtes  »,  et  la  «  Brunei  Rubber  and 

Land  C°  ». 

Sur  le  territoire  de  Sarawak,  les  «  Sarawak  Rubber  Estâtes  » 
ont  un  capital  de  5  millions  de  francs  et  ont  planté  1.414  hec- 
tares, qui  ont  donné  190.356  kilogrammes  de  caoutchouc  en 
1915.  On  espère  257.000  kilogrammes  en  1916.  Il  y  a  encore 
au  Sarawak  une  autre  Compagnie,  établie  à  Lawas. 


COMMERCE   MONDIAL 

Si  forte  qu'ait  été,  en  ces  dernières  années,  l'augmentation 
annuelle  de  la  production  du  caoutchouc  de  plantation  en 
Moyen-Orient,  la  consommation  a  facilement  absorbé  cette 
production. 

L'Amérique  du  Nord  est  d'ailleurs  la  contrée  qui  utilise 
actuellement  la  plus  forte  partie  (70  à  80  p.  100)  de  la  récolte 
mondiale  ;  tous  les  autres  pays  réunis  (Grande-Bretagne, 
France,  Russie,  Italie,  Australie,  Japon,  Pays  Scandinaves) 
ne  reçoivent  que  les  20  à  30  p.  100  restants. 

La  revue  de  MM.  Figgis  et  G0  de  Londres  indique  comme 
consommation  pour  1916  : 

Amérique  du  Nord 114. 000  tonnes 

Angleterre 25 .  000     — 

Russie 20.000     — 

France 8 .  500  '  — 

Japon  et  Australie 5 .  000 

Italie,  etc .' 5 .  000     — 

Empires  centraux  (  1  )   1 .  500     — 

Si  donc  la  Grande-Bretagne  est,  à  l'heure  actuelle,  par  ses 
colonies,  le  grand  producteur  de  caoutchouc,  c'est  l'Amérique 
du  Nord  qui  est  le  grand  consommateur  et  tend  à  accaparer 


(1)  Ce  caoutchouc  est  parvenu  en  partie  en  Allemagne  dans  les  sacs 
postaux  des  vapeurs  de  pays  neutres.  Près  de  3.000  paquets  ont  été  ainsi 
saisis  en  1916.  Du  caoutchouc  a  été  aussi  expédié  sous  la  déclaration  de 
«  volumes  de  propagande  ».  Le  kilogramme  de  caoutchouc  brut  valait, 
paraît-il,  récemment  en  Allemagne,  137  francs. 


DANS    LE    MOYEN-ORIENT  25 

la  production.  Les  Etats-Unis,  qui  recevaient  48.000  tonne» 
de  caoutchouc  en  1913,  en  importaient  61.250  en  1914,  96.792 
en  1915  et  66.397  dans  le  premier  semestre  de  1916. 

Presque  toute  l'augmentation  de  la  production  mondiale  a 
été  ainsi  achetée  en  ces  dernières  années  par  les  Etats-Unis. 

Mais,  créée  en  partie  par  les  circonstances  présentes  — 
quoique  ce  serait  une  erreur  de  croire  que  les  besoins  de  la 
guerre  expliquent  seuls  l'accroissement  de  l'industrie  améri- 
caine —  cette  situation  est  vraisemblablement  momentanée 
et,  avec  le  retour  à  un  commerce  mondial  plus  normal,  subira 
nécessairement  de  profondes  modifications.  Non  seulement  les 
Etats  centraux,  pour  l'instant  éliminés  du  marché,  mais  qui 
déjà  avant  les  hostilités  achetaient  annuellement  (1)  plus  de 
40.000  tonnes  (contre  8.000  en  France)  apporteront  les  fortes 
commandes  qu'exigera  le  rétablissement  de  leurs  industries, 
mais  il  est  à  prévoir  que  la  Grande-Bretagne,  stimulée  par  la 
concurrence  américaine,  multipliera  ses  manufactures  ;  et  il 
n'y  a  certainement  pas  lieu,  dans  ces  conditions,  de  redouter 
de  longtemps  une  surproduction.  L'avenir  reste  donc  plein 
d'espérances  pour  les  plantations  de  caoutchoutiers. 

Henri  Jumelle, 

Professeur  u  la  Faculté  des  Scienc 
Directeur  du  Musée  colonial  de  Marseille. 


(1)  D'après  le  Kolonial  Wi/thschaftlicher  Komitee,  il  y  avait  en  Alle- 
magne, en  1911,  100  importantes  manufactures  de  caoutrhoin- ;  le  nom- 
bre des  ouvriers  était  de  40.000  et  la  production  représentait  an  minimum 
de  300  millions  de  marks.  L'importation  du  caoutchouc  brut,  qui  étail 
de  13.000  tonnes  en  1890,  atteignait  33.000  tonnes"  en  191  L  L'exportatio  i 
des  objets  de  caoutchouc  manufacturés,  qui  étaii  de  22.655.000  marks 
en  1890,  dépassai!  66  millions  en  L910. 


Contribution   à  Y  Etude   chimique 

des  Noix  de  Sanga-Sanga 

ou    «    Ricinodendron    africanum   » 

par   M.    le  Professeur   Pieraerts 

Conservateur  au  Musée  du  Congo  Belge 


Sous  le  nom  de  sanga-sanga,  nous  avons  reçu  de  Ganda- 
Sundi,  localité  du  district  du  Bas-Congo  située  non  loin  de 
la  frontière  du  Congo  français,  un  lot  de  petites  noix  de  la 
grosseur  moyenne  d'une  noisette,  à  coque  noire  extrêmement 
•dure. 

La  note  explicative  qui  accompagnait  cet  envoi,  fait  en  vue 
d'une  étude  chimique  de  ces  graines,  était  ainsi  rédigée  : 

«  Le  sanga-sanga  est  un  arbre  de  haute  futaie  pouvant 
atteindre  de  25  à  30  mètres  de  hauteur  et  3  mètres  de  circon- 
férence. Il  est  très  répandu  dans  la  région;  on  en  compte 
parfois  jusque  dix  pieds  à  l'hectare.  Quoique  d'une  croissance 
très  rapide  et  à  couronne  très  étendue,  le  sanga-sanga  n'est 
pas  du  tout  exigeant  quant  à  la  qualité  du  sol  :  il  croit  dans 
n'importe  quel  terrain,  même  dans  les  plus  pauvres.  Le  sanga- 
sanga  fructifie  très  abondamment.  Les  fruits,  qui  mûrissent 
dans  le  courant  du  mois  de  mai,  sont  très  coriaces.  Pour  en 
extraire  aisément  les  noix,  on  met  les  fruits  en  tas  et  on  1rs 
abandonne  à  la  fermentation.  Les  noix  de  sanga-sanga 
conservent  durant  de  longs  mois.  Leur  exportation  serait 
très  aisée.  Jusqu'à  préseul,  les  indigènes  de  la  région  ont 
laissé  ces  noix  sans  emploi. 

«  Le  bois  du  sanga-sanga  est  très  poreux  et  de  fort  médiocre 


28  CONTRIBUTION    A    L  ETUDE    CHIMIQUE 

qualité.  On  ne  lui  prévoit  aucune  utilisation  ;  il  ne  convient 
même  pas  en  guise  de  bois  de  chauffage.   » 

C'était  là,  certes,  des  renseignements  des  plus  utiles  au 
point  de  vue  de  l'intérêt  industriel  et  commercial  que  peut 
présenter  le  produit  que  nous  avions  à  expertiser,  mais  la  note 
ne  nous  fournissait  pas  la  moindre  indication  concernant 
l'origine  botanique  des  graines.  On  comprend  cependant 
aisément  que  l'exacte  connaissance  de  «  l'état-civil»  scien- 
tifique d'un  produit  naturel  quelconque  soit  seul  capable 
d'assurer  un  sérieux  intérêt  à  l'étude  de  sa  composition  chi- 
mique, et  cela  quel  que  soit  le  mobile  qui  guide  pareille  étude. 

Que  celle-ci  n'envisage  que  le  côté  purement  spéculatif, 
ou  qu'elle  soit  exclusivement  orientée  vers  la  recherche  d'ap- 
plications utilitaires  éventuelles,  l'effort  qu'elle  aura  provoqué 
demeurera  vain,  et  les  résultats  qu'on  est  en  droit  d'en  es- 
compter resteront  illusoires,  tant  que  l'on  ignorera  le  nom 
scientifique  de  l'espèce  d'où  provient  la  matière  examinée. 
Non  seulement  pareille  ignorance  restreint  énormément  l'in- 
térêt et  l'utilité  de  l'étude  chimique  d'un  produit  tiré  du  règne 
organique,  mais  elle  peut  conduire,  au  surplus,  à  des  inter- 
prétations erronées  et  provoquer  des  discussions  aussi  stériles 
que  superflues.  Tout  nom  vernaculaire  demeure  toujours  un 
pis-aller,  qui  ne  mérite  quelque  crédit  que  pour  autant  qu'il 
soit  unique,  et  réservé  partout  à  la  désignation  d'une  seule 
et  même  espèce  (ou  variété  fixée).  Malheureusement,  c'est  là 
précisément  la  grande  exception.  En  effet,  les  espèces  dont 
l'aire  de  dispersion  géographique  est  quelque  peu  étendue  ou 
qui  sont  plus  ou  moins  ubiquistes  dans  l'une  ou  l'autre  grande 
zone  climatologique  (et  il  en  est  généralement  ainsi  pour  les 
plantes  de  grande  utilité),  portent  plusieurs  noms  ethno- 
graphiques, qui  changent  non  seulement  de  pays  à  pays,  mais 
fréquemment  aussi  d'une  peuplade  à  l'autre.  Cette  variation 
de  nomenclature  prête  inévitablement  à  confusion  et  con- 
tribue, par  ailleurs,  à  rendre  très  difficile  la  connaissance  de 
l'origine  botanique  exacte  d'un  produit  végétal.  D'autant  plus 
qu'en  bien  des  cas  la  confusion  déterminée  par  ces  change- 
ments onomastiques  se  trouve   encore   compliquée    du   fait 


DES    NOIX    DE    SANGA-SANGA  29 

qu'un  nom  vernaculaire  donné  s'applique,  suivant  les  diverses 
contrées  où  il  est  en  usage,  à  des  végétaux  spécifiquement 
différents  et  n'appartenant  pas  parfois  aux  mêmes  genres, 
voire  aux  mêmes  familles. 

Les  considérations  précédentes  nous  ont  déterminé  à  sou- 
mettre les  noix  de  sanga-sanga  à  l'appréciation  d'un  botaniste 
colonial  de  renom.  Notre  ami,  M.  D.  Bois,  assistant  au  Muséum 
d'Histoire  naturelle,  qui  voulut  bien  se  charger  de  cet  examen 
avec  son  amabilité  coutumière  et  à  qui  nous  réitérons  ici  nos 
vifs  remerciements,  nous  déclara  que  la  noix  de  sanga-sanga 
provient  d'une  Euphorbiacée,  le  Ricinodendron  africanum 
Mull.  Arg.,  dont  elle  forme  la  graine,  recouverte  de  son  endo- 
carpe osseux. 

Un  examen  comparatif  ultérieur  de  la  production  que  nous 
eûmes  entre  les  mains  avec  des  spécimens  authentiques  de  noix 
de  Ricinodendron  africanum,  dusàl'obligeancedeM.  H.  Jumelle, 
directeur  du  Musée  Colonial  de  Marseille,  confirma  absolument 
l'opinion  du  savant  professeur  de  l'Ecole  Coloniale. 

Le   Ricinodendron  semble  assez  fréquent  sur  la  côte  occi- 
dentale d'Afrique.  Selon  Ed.  Heckel  (1),  cette  Euphorbiacée 
est  connue  au  Congo  français  et  au   Gabon   sous  les   noms 
(Yessang,  enguessang  ou  issanguila,  appellations  qui  accusent 
manifestement   la   même   origine   que   l'expression    «  sanga- 
sanga    »  usitée   à   Ganda-Sundi.   Cette   dernière   désignation 
présente  évidemment  des  relations  dialectales  des  plus  étroit.  - 
avec  le  terme  onomastique   «  nsa  sana  »  que  Ton  réserve  au 
Ricinodendron   africanum  en   d'autres  contrées  de   l'Afrique 
occidentale  équatoriale  (2).  La  noix  du  sanga-sanga,  dont  la 
surface  externe  porte  des  sillons  très  tourmentés,  comporte  : 
1°  Vne  coque  (endocarpe),  très  dure,  noire  à  l'extérieur  et 
d'un  blanc  laiteux  à  l'intérieur;  2°  une  amande  (graine  pro- 
prement dite),  qui  remplit  complètement  la  cavité  de  la  coque 
«liez  les  spécimens  sains.  Le  tégument  séminal  est  mince  el 
fortemenl    appliqué  contre   la   face   interne   de  l'endocarpe. 


M)  Ed.  Heckel  :  Les  Graines  grasses  <>u  peu  connues  des  Colonies  fran- 
çaises. Paris,  1902,  p.  'a». 

2    Bulletin  <>j  the  Impérial  Institute,  Londres,  1907,  p 


30  CONTRIBUTION    A    L  ETUDE    CHIMIQUE 

L'embryon,  obovale,  est  muni  de  cotylédons  cordiformes,  à 
nervation  palmée,  que  l'albumen,  à  aspect  et  à  consistance 
de  cire,  ne  dépasse  que  de  quelques  millimètres.  100  noix  de 
san ga-sanga  triées,  c'est-à-dire  contenant  chacune  une  amande 
saine,  pèsent  172  grammes  en  moyenne,  tandis  que  100  noix 
«  tout  venant  »  accusent  un  poids  moyen  de  170  gr.  5.  Les 
noix  triées  comportent  66,5  p.  100  de  coque  et  33,5  p.  100 
d'amande.  Les  noix  «  tout  venant  »  fournissent  72  p.  100  de 
coque  et  28  p.  100  d'amande. 

Le  poids  minimum  d'une  noix  est  de 1  gr.  250 

Le  poids  maximum         —  —     2  gr.  400 

La  longueur  minima      —  —     12  mm.  5 

—  maxima      ■ —  —     17  mm.  5 

La  largeur  minima         —  —     11  mm. 

—         maxima         —  —     15  mm.  5 

L'amande  dose  notamment  : 


O/ 

o 
o 
•o 


Humidité  (à  100°) 17,64 

Matière  sèche 82,36 

Matières  minérales  totales..  .  7,32  %  de  la  matière  sèche 

—       — ■  insol.  dans  l'eau  6,70  %         —         — 

Soit  donc,  pour  ces  dernières,  les  91,53  %  de  la  totalité  des  cendres. 


Soumise  à  l'extraction  par  l'éther  anhydre,  l'amande  donne 
55,29  p.  100  d'huile  (soit  67,13  p.  100  de  matière  sèche) 
chiffre  qui,  rapporté  à  la  noix  entière,  correspond  à  une  teneur 
de  18,52  p.  100  sur  noix  triées,  et  de  15,48  sur  noix  «  tout 
venant  ».  Dans  le  tourteau  restant  après  l'élimination  de 
l'huile,  il  fut  trouvé  : 


Humidité  (à  100°) 9,16  °0 

Matière  sèche 90 ,  84  °0 

Matières  minérales  totales.. .  15,67  %  de  la  matière  sèche 

Azote  total 10,01   °0 

Acide  phosphorique  (P205)  .       5,56  % 

Pentosanes 3,74 

Matière  amylacée néant 

Alcalinité  des  matières  miné- 
rales solubles  dans  l'eau, 
en  K2G03 0,95  %  des  cendres 

Acide  phosphorique  (P205).  .  34,99  % 

Manganèse  (Mn)  (1) 0,056  % 


o 
o 


(1)  Le  manganèse  fut  déterminé  par  l'élégant  procédé  de  G.  Bertrand, 
qui  permet  d'obtenir  des  résultats  d'une  précision  quasi-mathématique. 


DES    NOIX    DE    SANGA-SANGA  [{\ 


La  coque  (endocarpe)  de  la  noix  contient 


o 

o 
o/ 
/o 


Humidité  (à  100°) 5,32 

Matière  sèche 94 ,  68 

Matières  minérales  totales...       9,89  °0  de  la  matière  sèche 

Azote  total 0,55  % 

Pentosanes   1,76%  —  — 

Extrait  éthéré 1 , 35  %  — 

Alcalinité  des  matières  miné- 
rales solubles  dans  l'eau, 
en  K2C03 2 ,  92  %  des  cendres. 

Manganèse 0,080  — 

L'huile  extraite  pas  Téther  est  limpide,  d'un  jaune  pâle  et 
d'une  saveur  douce,  à  arrière-goût  terreux  ;  elle  ne  présente 
pas  d'odeur  spéciale.  Ses  caractéristiques  sont  les  suivantes  : 

15° 

Poids  spécifique  à  —=- 0 ,  9345 

r        M  15° 

Température  critique  de  dissolution  dans 

l'alcool  absolu  (1) 90°, 2 

Indice  de  réïraction  à  19°, 5 1 ,5028 

Examen  polarimétrique  (2) aD  =  -f-  0°,04 

Indice  d'acidité 0,86 

(Soit  en  acide  oléique  =  0,43  %) 

Essai  de  Maumené 79° 

Bromures  insolubles  dans  l'éther Néant 

Acides  gras  insolubles  et  insaponifiable  .     95,85  °0 

Glycérine 9,77  % 

Indice  de  saponification 194,4 

Réaction    de  l'élaïdine  (masse  très  vis- 
queuse d'un  brun  jaunâtre). 

Point  de  fusion 32°,3  (3)  à  34°,5    \ 

Point  de  solidification  (Les  acides  fondus  restent  en  sur- 
fusion  à  la  température  du  laboratoire  (20°)  et  ne  se 
resolidifient  qu'au  bout  de  deux  heures.) 

Pour  le  mélange  d'acides  gras  insolubles,  il  a  été  trouvé  : 

Indice     de     neutralisation     (poids     iimhVulaiiv 

moyen  correspondant  =  323,3) 173,5 

Indice    de    saponification     (poids    moléculaire 

moyen  correspondant  =  26 1 ,  i  ) 214, 8 

lndict'  <lc  saponification  après  acétylation 242  .  '• 

Indice  d'acétyle ' 27,6 

Indice  d'iode 151,44 


(1)  Un  volume  d'huile  ••!  deux  volumes  d'alcool  absolu;  opération 
effectuée  en  tube  scellé. 

_  |  i»  gr.  •':'»'.)  d'huile  furenl  dissous  dans  du  chloroforme  :  la  solution 
fut  portée  au  volume  total  de  25  centimètres  cubes,  puis  examinée  dans 
I-  tube  de  220  millimètn 

Température  de  fusion  commençanU 
(  1 1  Température  de  fusion  complète. 


32  CONTRIBUTION    A    L  ETUDE    CHIMIQUE 

Nous  avons  soumis  en  outre  l'huile  de  sanga-sanga  à  deux 
essais  spéciaux,  savoir  :  l'essai  de  siccativité  ;  l'action  de 
l'iode  en  solution  chloroformique. 

Au  point  de  vue  de  la  siccativité,  les  expériences  ont  été 
tout  d'abord  effectuées  à  la  température  du  laboratoire  (15°). 

Des  poids  sensiblement  égaux  d'huile  de  sanga-sanga  furent 
étalés  en  couches  minces,  et  aussi  uniformément  que  possible, 
sur  des  lames  de  verre,  puis  placés  sous  une  cloche  dans  la- 
quelle l'air  circulait  librement.  Du  jour  au  lendemain,  les 
prises  d'essais  se  solidifièrent  et  donnèrent  naissance  à  des 
pellicules  peu  élastiques  et  qui  ne  poissaient  pas.  Tant  que  ces 
pellicules  restèrent  transparentes,  elles  n'augmentèrent  guère 
de  poids,  ce  qui  laisse  présumer  qu'un  travail  d'isomérisation 
ou  de  polymérisation  précède  l'oxydation. 

Dès  que  l'opacité  eut  gagné  entièrement  les  pellicules, 
celles-ci  se  ridèrent  et  se  gondolèrent  en  certaines  portions  de 
leur  surface.  Arrivées  à  ce  stade,  les  pellicules  produisent, 
au  toucher,  la  même  sensation  que  celle. que  détermine  la  cire. 
Les  tableaux  suivants  relatent  les  particularités  les  plus  sail- 
lantes observées  au  cours  des  expériences. 

Première  Expérience 

Temps  écoulé  Augmentation 

depuis  le  début  Aspect  de  la  pellicule  de 

de  l'opération  poids 

1  jour  Transparente 0,19 

2  —  —  0,19 

3  —           0,19 

5  Très  légère  opacité  sur  les  bords  . .  1 ,27 

7  Opaque  sur  la  moitié  de  son  étendue  2,43 

9    —  Opaque  sur  toute  son  étendue,  sauf 

en     quelques    points    très    res- 
treints, disséminés  dans  la  masse.  5,55 

12   ■■ —                 Opaque  en  toute  sa  surface 9,37 

15   —                                                                 10,76 

18  —                                                                    11,34 

19  —                                                                    11,34 

22    —                                                                    11,34 

26    —                                                                    11,45 

30    —                                                                    11,34 


DES    NOIX    DE    SANGA-SANGA  33 

Seconde  Expérience 

Temps  écoulé  Augmentation 

depuis  le  début  Aspect  de  la  pellicule  de 

de  l'opération  poids 

1  jour  Transparente Néant 

2  _  

3—                             —            — 

5    —                             —            — 

7   —  Rares    petits    points    opaques    a 

l'extrême  périphérie 0,73 

9   —  Opacité   légèrement    accentuée, 

mais  restant  limitée  à  l'extrême 

périphérie 0,89 

12    —                 Zone  opaque  sur  tout  le  pourtour.  1 ,40 
15   —                 L'opacité  atteint  la  moitié  de  la 

surface 2,49 

18  —  Entièrement  opaque,  hormis  en  la 

portion  centrale, restée  transpa- 
rente    5,72 

19  —                 Petit  point  transparent  au  centre.  7,23 
22   —                 Opaque  en  toute  sa  surface 9,1.'! 

25  —                      —                                        10,10 

26  —                      —                                        10,60 

30   —                       —                                         10,60 

Une  expérience,  effectuée  à  28°.  donna  : 

2  jours  Entièrement  opaque 2,96 

4    —  Contractée    en    certains    endroits, 

ridée  et  rugueuse  au  toucher.  . .  '♦  ,55 

Une  expérience,  exécutée  à  50°,  nous  fit  constater  : 

2  jours  (  >paque.  7,1* 

\     —  Devient  jaune,  se  ride  el  est  ru- 

gueuse au  toucher. 

Dans  une  expérience  faite  à  100°,  au  bout  de  deux  jours 
la  pellicule  était  opaque,  d'un  jaune  brunâtre,  e1  son  poids 
n'avait  augmenté  que  <le  0,57  p.  100. 

Toutes  ces  expériences  démnntrenl  que  ['action  de  l'air 
(et  peut-être  aussi  <!»■  la  lumière)  sur  l'huile  de  Ricinodendron 
africanum  constitue  un  processus  chimique  complexe  dont 
un»-  étude  systématique  seule  pourrail  expliquer  le  mécanisme. 

En  ce  qui  concerne  l'action  de  l'iode,  la  solution  chlorofor 
mi  que  d'huile  qui  servit  à  l'examen  poiarimétrique  tut  \ 

3 


34  CONTRIBUTION    A    L  ETUDE    CHIMIQUE 

peu  à  peu,  tout  en  remuant,  dans  un  égal  volume  d'une  solu- 
tion saturée  de  cet  iode  dans  le  chloroforme. 

Le  mélange  se  prit  au  bout  de  quelques  instants  en  une 
masse  gélatineuse  d'une  consistance  telle  que  rien  ne  s'écou- 
lait du  récipient  quand  on  le  retournait. 

Le  caractère  spécifique  le  plus  saillant  de  l'huile  de  Ricino- 
dendron  ajricaniim  réside  en  son  indice  de  réfraction,  qui 
dépasse  sensiblement  celui  de  n'importe  quelle  huile  végétale 
connue,  l'huile  d'abrasin  exceptée. 

L'huile  qui  nous  occupe  présente  d'autres  points  d'analogie 
avec  l'huile  à'  Ahurit  es  cordata,  car  ces  deux  corps  gras  ont  à 
peu  près  les  mêmes  indices  d'iode  et  les  mêmes  poids  spécifiques  ; 
elles  se  comportent,  en  outre,  d'une  façon  similaire  lorsqu'on 
les  expose  à  l'air  ou  qu'on  les  soumet  à  l'action  d'une  solution 
saturée  d'iode  dans  le  chloroforme.  L'huile  de  sanga-sanga 
se  distingue  de  l'huile  d'abrasin  par  l'odeur  ;  alors  que  la  pre- 
mière n'a  d'autre  odeur  que  celle  que  présente  toute  huile 
végétale,  la  seconde,  par  contre,  possède  une  odeur  pénétrante 
et  désagréable.  Il  y  a  lieu  de  faire  remarquer  cependant  que, 
selon  Lewkowitsch,  l'huile  d'abrasin  n'exhalerait  c^tte  odeur 
forte  et  caractéristique  qu'au  cas  où  l'on  a  négligé,  lors  de  sa 
préparation,  de  séparer  les  graines  saines  de  celles  qui  ont 
subi  des  altérations.  Nous  ignorons  jusqu'à  quel  point  cette 
assertion  est  fondée  ;  ce  qui  est  certain  (nous  avons  été  en 
mesure  de,  constater  le  fait),  c'est  que  les  noix  de  sanga-sanga 
dont  le  contenu  est  avarié  ont  la  paroi  interne  de  leur  coque 
recouverte  d'une  matière  brune,  à  odeur  résineuse  très  intense. 
L'huile  de  Ricinodendron  africanum,  à  l'instar  de  l'huile 
d'abrasin,    compte-t-elle    l'acide    oléomargarique    parmi    ses 
constituants  ? 

Eu  égard  aux  caractères  analogiques  signalés,  auxquels  il  con- 
vient d'ajouter  l'observation  faite  naguère  par  Ed.  Heckel  (1), 


(1)  L'état  physique  de  l'huile  de  Ricinodendron  africanum  dépend  de 
la  nature  du  dissolvant  employé  pour  son  extraction.  Alors  que  l'huile 
obtenue  par  l'éther  est  liquide  à  la  température  ordinaire,  celle  laissée 
par  le  sulfure  de  carbone  est  solide.  Cette  curieuse  particularité  se  cons- 
tate aussi  chez  l'huile  d'abrasin. 


DES    NOIX    DE    SANGA-SANGA  35 

il  n'y  aurait  rien  de  bien  surprenant  que  cet  acide  existât 
dans  l'huile  de  sanga-sanga.  Toutefois,  les  essais  auxquels 
nous  avons  procédé  ne  nous  mettent  pas  en  mesure  de 
répondre  à  la  question  posée.  Pour  l'élucider  d'une  manière 
satisfaisante,  il  s'agirait  d'isoler  le  principe  en  cause  et  de 
contrôler  ses  propriétés. 

Nous  nous  réservons  de  procéder  à  ce  travail  complémen- 
taier  dès  que  nous  disposerons  d'un  copieux  échantillon  de 
matière  première.  Tenons-nous  en,  pour  l'instant,  à  la  stricte 
interprétation  des  données  acquises  et  demandons-nous  quelles 
sont  les  conclusions  qui  en  découlent. 

Il  est  évident  tout  d'abord  que  l'huile  de  sanga-sanga  appar- 
tient au  groupe  des  huiles  dites  «  siccatives  ».  Elle  semble 
plus  siccative  que  l'huile  de  lin,  en  ce  sens  qu'elle  sèche,  c'est 
à-dire  qu'elle  se  solidifie  beaucoup  plus  vite.  Or  la  rapidité 
avec  laquelle  se  forme  la  pellicule  solide,  au  cours  du  processus 
complexe  cause  de  la  siccativité,  constitue  un  facteur  d'une 
importance  plus  considérable,  au  point  de  vue  de  certaines 
applications  possibles  d'une  huile  siccative,  que  l'intensité 
avec .  laquelle  se  produit  l'absorption  de  l'oxygène  atmo- 
sphérique. 

Est-ce  à  dire  qu'on  soit  autorisé  à  déduire  de  cette  consta- 
tation que  l'huile  de  sanga-sanga  soit  un  réel  succédané  de 
l'huile  de  lin  ? 

Nullement.  De  nombreuses  expériences  comparatives,  réa- 
lisées dans  des  conditions  rigoureusement  déterminées,  et 
exécutées  à  l'aide  de  produits  soigneusement  préparés  et 
d'origine  bien  authentique,  seraient  peut-être  de  nature  à 
solutionner  convenablement  ce  problème.  A  notre  avis, 
l'opacité,  la  consistance  et  le  manque  d'élasticité  de  la  pelli- 
cule en  laquelle  se  transforme  l'huile  de  Ricinodendron  afri- 
cannm  lorsqu'on  l'étalé  à  l'air  en  couche  mine»-,  constituent 
un  obstacle  insurmontable  à  son  emploi  à  titre  d'huile  pour 
peinture  ou  d'huile  à  vernis.  1 /huile  de  sanga-sanga  ne  noi 
paraît  pas  apte  davantage  à  remplacer  l'huile  de  lin  dans  la 
fabrication  des  encres  lit  hographiques  e1  des  linoléums  :  n 
tout  comme  l'huile  d'abrasin,  elle  servirai  avantageusi  m<  ni 


36  CONTRIBUTION    A    L'ÉTUDE    CHIMIQUE 

d'enduit  imperméable,  de  mastic  pour  le  calfatage  des  navires 
ou  autres  objets  ayant  des  joints  à  rendre  étanches,  d'huile 
d'éclairage  ou  de  mortier.  Rien  n'indique  qu'elle  ne  convien- 
drait pas  également  à  la  préparation  du  noir  de  fumée  pour 
l'encre  de  Chine. 

Si  elle  ne  contient  aucune  substance  toxique  (ce  qui  est  fort 
peu  probable),  l'huile  de  sanga-sanga  constituerait  une  bonne 
huile  alimentaire  qui  manifeste  une  grande  résistance  au 
rancissement.  En  stéarinerie,  elle  ne  saurait  trouver  emploi  ; 
les  fabricants  de  savons  mous  pourraient  l'utiliser  à  la  condi- 
tion de  prendre  la  précaution  de  l'associer  à  des  matières 
grasses  non  siccatives. 

Il  est  certain,  contrairement  à  l'opinion  émise  par  Schlagden- 
hauffen  (1)  que  l'huile  de  Ricinodendron  africanum  ne  renferme 
pas  de  ricinoléine,  du  moins  en  quantité  quelque  peu  notable. 
Son  inactivité  optique  et  son  extrême  insolubilité  dans  l'alcool 
absolu,  pour  ne  s'en  rapporter  qu'à  ces  deux  caractères,  le 
prouvent  formellement. 

Le  tourteau  d'amande  de  sanga-sanga  accuse  une  teneur 
en  azote  vraiment  exceptionnelle  (2)  ;  sa  richesse  en  acide 
phosphorique  est  également  extrêmement  élevée  (3).  Ce  tour- 
teau ferait,  indubitablement,  merveille  comme  fumure  pour 
pépinières,  plantations  vivrières  et  jardins.  Il  est  regrettable 
que  la  noix  deshuilée  n'abandonne  qu'une  quantité  relati- 
vement minime  d'un  aussi  précieux  engrais  (4).  Au  cas  où  il 
n'y  aurait  pas  de  principe  toxique  ou  nuisible,  ce  tourteau 
fournirait  une  nourriture  de  tout  premier  choix  pour  le  bétail 
et  pour  la  volaille.  Il  suffirait,  pour  en  faire  un  aliment  complet, 


(1)  Ed.  Heckel  :  loc.  cit. 

(2)  La  teneur  exceptionnellevemt  élevée  du  tourteau  en  azote  fait 
présumer  qu'il  renferme  des  quantités  notables  de  composés  autres  que 
des  matières  protéiques. 

(3)  La  quantité  de  matières  minérales  révélée  par  l'analyse  nous  surprit 
tellement  que  nous  crûmes  à  une  erreur  de  manipulation.  L~n  dosage  de 
contrôle  effectué  sur  l'amande  non  déshuilée  nous  montra  qu'il  n'en 
était  rien. 

(4)  100  parties  en  poids  de  noix  triées  correspondent  en  moyenne  à 
15  parties  de  tourteau. 


DES    NOIX    DE    SANGA-SANGA  37 

de  le  mélanger  avec  de  la  farine  de  manioc,  du  maïs  ou  toute 
autre  denrée  riche  en  matière  amylacée  ou  en  sucre. 

Il  nous  reste  un  mot  à  dire  de  la  comestibilité  de  la  noix  du 
sanga-sanga,  qui  est  une  question  encore  controversée. 

D'après  l'Impérial  Institute  (1),  le  tourteau  est  impropre  à 
l'alimentation  du  bétail,  probablement  à  cause  de  la  présence 
d'un  alcaloïde.  Cette  appréciation,  que  nous  transcrivons 
textuellement  telle  que  la  cite  Lewkowitsch  (2),  n'est  pas 
exprimée  bien  catégoriquement,  nous  tenons  à  en  faire  la 
remarque.  D'autre  part,  Ed.  Heckel  (3),  dans  son  mémoire 
sur  l'huile  d'enguessang,  dit  que,  suivant  Joly,  les  indigènes 
du  Gabon-Congo  mangent  la  graine  du  Ricinodendron  africa- 
num,  et  qu'à  l'aide  des  amandes  de  cette  plante  ils  confection- 
nent des  colliers  qu'ils  suspendent  dans  leurs  cases  et  qu'ils 
consomment  en  guise  de  friandise.  L'assertion  de  Joly  me  fut 
confirmée  par  un  missionnaire  qui,  avant  de  devenir,  durant 
la  présente  guerre,  aumônier  dans  l'héroïque  corps  Chaltin 
puis  dans  un  groupe  d'artillerie  de  l'armée  belge  sur  l'Yser, 
résida  pendant  de  longues  années  à  Kangu  (district  du  Bas- 
Congo,  région  du  Mayombé,  Congo  belge).  Voulant  donner 
plus  de  poids  à  son  affirmation  et  dissiper  mes  doutes,  le 
brave  aumônier  joignit  le  geste  à  la  parole  et  croqua,  en  nia 
présence,  une  bonne  douzaine  de  noix.  Il  ne  s'en  est  pas  porto 
plus  mal. 


(1)  Bul.  Imp.  Inst.,  KHi;,  p.  369. 

(2)  Lewkowitsch    traduit  par  Bontoux  :  Technologie  et  Analyst  chi- 
mique des  Huiles,  Graisses  et  fins.  Paris,  1910,  tome  III,  p.  1909. 

(3)  Ed.  Heckel  :  loc.  cit. 


Les  Variétés  du   Palmier  à    Huile 

par  M.  Henri  Jumelle. 


Nous  ne  saurions  être  dès  maintenant  trop  documentés  sur 
tout  ce  qui  concerne  et  peut  faciliter  l'exploitation  et  la  cul- 
ture du  palmiste  africain.  Les  deux  produits  du  fruit  de 
Y  Elaeis  guineensis,  beurre  de  palme  et  beurre  de  palmiste,  sont 
certes  connus  et  largement  utilisés  de  longue  date,  le  premier 
en  savonnerie  et  en  stéarinerie,  et  le  second  en  savonnerie, 
mais  il  semble  que  cette  utilisation  doive  s'étendre  encore 
dans  l'avenir,  et  que  le  beurre  de  palmiste  notamment  occupe 
à  l'avenir,  dans  les  industries  française  et  anglaise,  une  place 
plus  importante  que  par  le  passé.  Il  est  vraisemblable,  en 
outre,  que  les  deux  substances  ne  tarderont  pas  à  prendra 
rang  parmi  les  graisses  végétales  de  consommation,  au  même 
titre  que  le  beurre  de  coprah. 

Pour  le  beurre  ou  huile  de  palme,  en  particulier,  la  question 
de  l'emploi  de  cette  substance,  comme  graisse  alimentaire, 
était  soulevée  et  sérieusement  mise  à  l'étude,  en  Allemagn 
par  le  «  Kolonial-Wirthschaftliche  Komitee  »  de  Berlin,  à  la 
fin  de  1913.  Ce  Comité  créait  à  cette  époque  une  «  Olrohstoff- 
Kommission  »,  ou  Commission  des  Oléagineux,  et,  dès  la  pre- 
mière réunion  de  décembre,  cette  Commission  se  préoccupait 
drs  mesures  à  prendre  pour  obtenir  à  bon  compte  un  beurre 
de  palme  qui  pût  devenir^  dans  l'alimentation,  !<•  concurrent 
du  beurre  de  coco. 

Trois  causes,  n  priori,  ainsi  qu'il  résultait  de  la  discussion, 
pouvaient  empêcher  le  beurre  brut  de  palme  d'être  livré  à  la 
consommation  :  sa  couleur,  Ba  saveur  et  sa  forte  acidité.  Or, 
tandis  qu'il  n  >'<\  ni  bien  difficile,  ni  très  coûteux  de  décolorer 


40  LES    VARIÉTÉS 

la  substance  et  d'éliminer  sa  saveur,  la  forte  acidité  du  beurre 
tel  qu'il  est  exporté  des  colonies,  après  après  avoir  été  préparé 
par  les  méthodes  indigènes,  est  un  inconvénient  plus  grave, 
car  le  degré  de  saponification  nécessaire  en  ce  cas  pour  la 
neutralisation  a  pour  effet  concomitant  un  dédoublement,  et, 
par  conséquent,  une  perte  d'huile  qui  élève  considérablement 
le  prix  du  produit.  Il  faut  donc  —  condition  absolument  indis- 
pensable —  que  le  beurre  brut  importé  et  reçu  par  les  usines 
ne  dépasse  déjà  une  certaine  proportion  d'acide,  que  les  tech- 
niciens de  la  Commission  estimaient  à 8  p.  100,  quoique  certains 
fabricants  prétendissent  pouvoir  travailler  encore  jusqu'à 
10  p.  100. 

Mais,  en  définitive,  la  Commission  admettait  que  le  beurre 
brut  type,  propre  à  la  préparation  de  la  «  speisepalmôl  », 
devait  avoir  comme  teneur,  au  maximum,  8  p.  100  d'acidité, 
0,5  p.  100  d'impuretés  et  0,5  p.  100  d'eau. 

Et,  comme  il  n'est  pas  à  espérer  que  les  indigènes,  par  leurs 
procédés  primitifs,  puissent  fournir  une  huile  de  palme  qui 
satisfasse  à  ces  conditions,  il  faut  bien  absolument  s'efforcer 
de  répandre  et  de  généraliser,  dans  les  colonies  de  l'Afrique 
occidentale,  l'emploi  des  procédés  et  de  l'outillage  européens. 

Et  cette  nécessité  s'impose  de  plus  en  plus  au  fur  et  à  mesure 
que  s'accroissent  les  exportations  d'huile  de  palme  et  d'a- 
mandes. 

En  1915,  la  Grande-Bretagne  a  importé  67.369  tonnes 
d'huile  de  palme  et  233.249  tonnes  d'amandes. 

Sur  ces  233.249  tonnes  d'amandes,  195.389  tonnes  sont 
venues  des  colonies  anglaises  et  37.860  tonnes  des  colonies 
étrangères. 

La  même  année,  la  Grande-Bretagne  a  produit  94.082  tonnes 
d'huile  de  palmiste,  dont  elle  a  employé  93.902  tonnes,  n'en 
réexportant  que  180.  Si  l'on  remarque  que,  avant  la  guerre, 
les  importations  de  palmistes  pour  l'Allemagne  étaient  de 
261.408  tonnes  en  1912  et  235.917  tonnes  en  1913,  alors  que 
les  deux  colonies  allemandes  du  Cameroun  et  du  Togo  n'ex- 
portaient guère  que  25.000  tonnes  de  ces  palmistes  (11.639  t. 
du  Togo  en  1912  et  15.742  tonnes  du  Cameroun,  la  même  année), 


DU    PALMIER    A    HUILE  41 

on  voit  comment  la  Grande-Bretagne  a  repris  dès  ajourd'hui 
une  industrie  qui  était  passée  entre  les  mains  de  l'Allemagne. 
Il  sera  facile,  d'ailleurs,  au  Royaume-Uni  de  la  conserver 
puisqu'il  lui  suffira  désormais  de  continuer  à  importer  pour 
son  propre  compte  la  production  de  ses  colonies.  Les  posses- 
sions britanniques  de  l'Afrique  occidentale  exportaient,  en 
effet,  en  1915,  197.719  tonnes  de  palmistes,  contre  164.655 
en  1904,  les  exportations,  pour  ces  deux  années,  se  répar- 
tissant  ainsi  : 

1904  1915 

(En  tonnes) 

Gambie 179  495 

Sierra-Leone 25 . 101  89 .  264 

Gold  Goast 9.557  4.064 

Nigérie 129.818  153,900 

Les  mêmes  années,  les  exportations  en  huile  de  palme  étaient 
de  76.245  tonnes,  dont  : 

1904  1915 

(En  tonnes) 

Sierra-Leone 904  1.978 

Gold  Coast 8.666  1.360 

Nigérie 53.000  72.09? 

La  Nigérie  et,  en  particulier,  la  Nigérie  méridionale,  est 
donc  la  grande  colonie  britannique  à  palmistes  ;  et  la  nou- 
velle voie  ferrée  orientale,  en  desservant  la  grande  région  des 
palmiers  à  huile,  facilitera  encore  l'extension  de  ce  com- 
merce (l),  extension  qui  retentira  sur  V accroisse menl  de 
l'industrie  anglaise. 

Ce  qu'il  nous  faut,  toutefois,  naturellement  nous  demander 
en  France,  c'est  l'influence  que  pourrait  avoir  sur  noi  re  propre 
industrie  celte  monopolisation  par  l'Angleterre  des  produits 
de  ses  colonies. 

Pour  répondre  ù  cette  question,  comparons  toul   d'abord 


iii  Avant  l.i  guerre,  l'Allemagne  absorbait   '. '.  \>.  i lu  commei 

de  la  Nigérie  anglaise. 


(En  tonnes) 

» 

374 

6.014 

4.983 

3.887 

9.597 

119 

84 

42  LES    VARIÉTÉS 

nos  chiffres  d'importations  métropolitaines  et  d'exportations 
coloniales. 

Avant  la  guerre,  nous  importions  annuellement  environ 
18.000  tonnes  d'huile  de  palme  et  3.000  tonnes  de  palmistes. 

Or  nos  colonies  ont  exporté,  d'une  part  en  1904,  et,  d'autre 
part,  en  ces  dernières  années,  tant  en  France  qu'à  l'étranger: 

En  huile  de  palme  : 

1904  1913  1915 


Guinée  Française » 

Côte  d'Ivoire 5.839 

Dahomey 8.368 

Afrique  Equatoriale 152 

En  palmistes  : 

1904  1913  1915 

(En  tonnes) 

Sénégal 902  1.901  1.723 

Guinée  Française 2.855  5.172  5.829 

Côte  d'Ivoire 3.365  6.949  6.112 

Dahomey 25.997  26.371  22.224 

Afrique  Equatoriale 691  575  1.167 

Toutes  ces  exportations  représentent,  par  conséquent, 
approximativement  15.000  tonnes  d'huile  de  palme  et 
35.000  tonnes  de  palmistes,  c'est-à-dire  une  quantité  d'huile 
de  palme  à  peu  près  égale  à  nos  besoins  et,  par  contre,  une 
quantité  de  palmistes  qui  paraît  largement  supérieure.  Et  la 
conclusion  semblerait  que,  tout  au  moins  au  point  de  vue  de 
notre  industrie,  nous  n'avons  nul  souci  à  avoir  au  sujet  de 
la  production  des  amandes,  non  plus  que  pour  notre  appro- 
visionnement en  ce  qui  concerne  l'huile  de  palme. 

Mais,  ainsi  présenté,  le  problème  est  mal  posé,  parce  que 
nous  paraissons  admettre  :  1°  que  nous  n'augmenterons  pas 
notre  consommation  industrielle  d'huile  de  palme  ;  2°  que 
nous  délaisserons  comme  autrefois  les  palmistes  que  l'Aile- 


DU    PALMIER    A    HUILE  43 

magne   ne    dédaignait    pas   et    que   l'Angleterre   maintenant 
apprécie. 

Or  ceci  ne  peut  pas  et  ne  doit  pas  être  ;  et  voilà  pourquoi 
il  nous  faut  prévoir,  pour  nos  industries,  une  plus  forte  pro- 
duction à  la  fois  d'huile  de  palme  et  même  d'amandes. 

Et  est-ce  à  dire  alors  que  des  inquiétudes  seraient  jus- 
tifiées ?  Non,  certainement,  si  nous  songeons  aux  faibles  quan- 
tités qui,  somme  toute,  nous  manquent  ou  pourront  nous 
manquer,  car  ces  quantités,  nous  les  obtiendrons  très  aisément 
dans  nos  possessions,  à  la  condition  que,  ne  perdant  pas  de 
vue  nos  possibilités  coloniales,  nous  voulions  bien  faire  un 
effort  —  mais  effort  indispensable  —  parallèle  à  celui  de  nos 
voisins  (i). 

Et  cet  effort  doit  tout  de  suite  consister  : 

En  premier  lieu,  dans  le  perfectionnement  de  l'outillage  et 
■des  procédés  d'extraction  de  l'huile  de  palme  ; 

En  second  lieu,  dans  l'aménagement  cultural  des  palmeraies 
et  l'accroissement  des  plantations. 

Or,  sur  ce  dernier  point,  et  si  nous  voulons  nous  livrer 
à  une  culture  méthodique,  il  est  une  nécessité  primordiale  : 
bien  connaître  les  diverses  variétés  de  palmiste,  pour  ne  mul- 
tiplier que  celles  qui,  par  leurs  conditions  de  végétation  et 
leur  rendement,  méritent  d'être  conservées  et  propagées. 

Et  ce  que  nous  voudrions  tenter  ici,  c'est  de  résumer.  dans 
une  sorte  de  classement  tout  artificiel,  les  principales  obser- 
vations déjà  faites,  au  point  de  vue  morphologique  ou  chi- 
mique, sur  les  fruits  de  quelques-unes  de  ces      variétés     . 

En  nous  hasardant  à  cet  essai,  auquel  une  toute  récente 
«'Inde  botanique  de  M.  Beccari  (2),  nous  a  semblé  pouvoir 
servir  de  hase,  il  est  bien  entendu  que  nous  ne  lui  attribuons 
qu'une  valeur  1res  provisoire;  mais  nous  croyons  qu  il  peul 
être  utile,  pour  les  recherches  ultérieures,  de  rapprocher  dès 


l)  M.  le  Gouverneur  Vngoulvant  estimait  récemment  à  100.000  tonnes 
d'amandes  et  à  50.000  tonnes  d'huile  de  palme  les  possibilités  de  pro 
duel ion  de  I'  Afrique  Equatoriale. 

(2)  <  ».  Beccari  :  Contributo  alla  conoscenza  délia  Palmaaoh     I 
1914. 


44  LES    VARIÉTÉS 

maintenant  des  résultats  qui,  pour  la  plupart,  ont  été  jus- 
qu'alors séparément  mentionnés  par  divers  auteurs  (1). 

Nous  avons  dit  classement  et  non  classification  ;  et  on  ne 
pourrait,  en  effet,  raisonnablement,  à  l'heure  actuelle,  pré- 
tendre établir  une  classification  rationnelle  des  variétés  de 
palmiste.  Celles  mêmes  de  ces  variétés  déjà  connues  le  sont 
trop  incomplètement  ;  nous  sommes,  en  outre,  trop  peu  ren- 
seignés sur  le  degré  de  fixité  et  les  causes  réelles  des  caractères 
différentiels  qu'elles  présentent.  Beaucoup  de  particularités 
peuvent  n'être  que  le  résultat  plus  ou  moins  durable  d'une 
amélioration  culturale  ou,  au  contraire,  d'une  dégénérescence 
pathologique. 

C'est,   par  exemple,  au  second   de  ces  deux  facteurs  que' 
M.  Beccari  tend  avec  raison  à  attribuer  les  variétés  ou  formes 
que  nous  allons  désigner  sous  les  noms  de  pisifera,  gracilinux, 
leacocarpa,  albescens,  spectabilis,  idolatrica. 

Les  variétés  pisifera  et  gracilinux,  dont  le  noyau,  très  réduit, 
est  localisé  dans  la  partie  supérieure  du  fruit,  représentent 
un  état  cary oly tique . 

Les  variétés  leucocarpa  et  albescens,  à  fruits  blancs,  peuvent 
correspondre  à  une  décoloration  qui  est  également  l'indice 
d'un  état  morbide. 

Les  variétés  spectabilis  et  idolatrica,  dont  les  segments 
foliaires  ne  se  sont  pas  déchirés,  ce  qui  donne  à  la  feuille  un 
aspect  vaguement  flabelliforme,  constituent  également  des 
anomalies. 

La  rareté  de  la  plupart  de  ces  variétés,  dont  les  caractères 


(1)  «  Investigations  in  connection  with  the  African  palm  oil  industry  ». 
Bulletin  of  the  Impérial  Institute,  1909.  —  J.  Adam  :  «  Le  Palmier  à 
huile  en  Afrique  Occidentale  ».  Agriculture  Pratique  des  Pays  Chauds r 
1908  et  1909.  Preuss  :  «  Die  wirthschaftliche  Bedeutung  der  Ol- 
palme  ».  Der  Tropenpflanzer,  1902.  —  Strunk  :  «  Zur  Olpalmenkultur.  ». 
Der  Tropenpflanzer,  1906.  —  A.  Chevalier  :  Documents  sur  le  Palmier  à 
Huile.  Challamel,  1910. 


DU    PALMIER    A    HUILE  45 

semblent  d'ailleurs  devenus  héréditaires,  est  certainement  une 
confirmation  de  cette  hypothèse. 

D'autre  part,  la  similitude  de  caractères  que  semble  relever 
M.  Beccari  entre  des  variétés  qui  ne  sont  distinctes  que  par 
la  teinte  noire  ou  verdâtre  de  leurs  fruits  non  mûrs  nous  em- 
pêche de  donner  à  cette  couleur  avant  maturité  l'importance 
que. lui  a  attribuée  M.  Chevalier  en  en  faisant  la  base  d'une 
subdivision  en  deux  sous-espèces. 

M.  Chevalier,  en  effet,  groupe  dans  la  sous-espèce  nigrescens 
les  variétés  communis,  sempernigra,  Ceredia,  macrophylla,  etc., 
dont  les  jeunes  fruits  sont  noirâtres,  et  dans  la  sous-espèce 
virescens  les  variétés  repanda,  intermedia,  gracUinux  et  spec- 
tabilis,  dont  les  jeunes  fruits  sont  verdâtres. 

Or,  pour  M.  Beccari,  la  variété  repanda,  sauf  par  cette 
teinte  des  fruits,  ressemble  à  la  variété  dura  ;  Y  intermedia  se 
rapproche  dans  les  mêmes  conditions  de  la  variété  tenera  :  la 
gracUinux  correspond  de  même  à  la  pisijera,  et  la  speetabilis 
ne  serait,  comme  Y  idolatriea,  qu'un  état  symphyllique  de  la 
dura. 

Quant  aux  variétés  macrocarpa  et  Ceredia  (quand  cette  der- 
nière  ne  présente  pas  du  moins  la  caryolyse).  les  dimensions 
de  leurs  fruits  et  l'abondance  de  la  pulpe  amènent  tout  natu- 
rellement à  les  considérer  comme  des  formes  fortement  amé- 
liorées par  la  culture. 

Qu'on  ajoute  à  cela  que  de  nombreux  types  de  transition 
relient  toutes  ces  variétés  et  on  se  rendra  compte  qu'il  sera 
peut-être  bien  difficile  d'aboutir  jamais  à  une  classification 
systématique,  à  laquelle,  au  surplus,  on  n'est  encore  qu'im- 
parfaitement arrivé  pour  les  variétés  de  nos  espèces  culturales 
françaises. 

Mais  ce  qui.  heureusement,  pour  le  palmiste,  importe  surtoul 
[M»nr  le  moment  est  moins  l'établissemenl  de  cette  classifi- 
cation rationnelle  qu'un  classement  provisoire  d'un  provi- 
soire plus  ou  moins  durable         qui  faciliterait,  au  point  de  vue 

pratique,  la  comparaison  des  variétés  ou  formes  déjà  connu* 
el  un  peu  étudiées  :  et.  à  ce  point  de  vue,  il  nous  semble  qu  il 
'■-i  possible,  sans  grand  inconvénient,  de  ne  pas  nous  attarda  i 


46  LES    VARIÉTÉS 

outre  mesure  à  rechercher  s'il  s'agit  dans  chaque  cas  particulier 
d'une  variété  ou  d'une  forme. 

Nous  placerons  donc  sur  le  même  rang,  dans  la  description 
qui  va  suivre,  et  en  les  désignant  uniformément  comme  variétés, 
toutes  les  modifications  au  type  spécifique  guiiieensis  sur 
lesquelles  nous  possédons,  notamment  en  ce  qui  concerne  les 
fruits,  quelques  données  morphologiques  ou  chimiques. 

Sous  ces  réserves,  et  si  nous  faisons  abstraction  des  causes 
naturelles,  culturales  ou  pathologiques  qui  ont  provoqué  ces- 
modifications,  pour  n'envisager  que  les  caractères  acquis,  nous 
pourrons  établir  le  tableau  suivant  : 

I.  —  Noyau  épais  (de  2  à  4  millimètres  d'épaisseur). 

A.  —  Fruits  noirâtre»  avant  maturité  et  rouges  après,  au  ?)ioins 

dans  la  partie  inférieure. 

1°   Fruits   pesant   ordinairement    moins   de 
10  grammes  : 

a)  Pulpe   ordinairement    de    2  à  3   mm. 
d'épaisseur. 

a')  Fruits  non  anguleux,  ou  seulement 

dans  le  bas,  de  35  à  40  mm var.  dura 

&')  Fruits  très  anguleux  de  35  à  40  mm.     var.  angulosa 

b)  Pulpe  pouvant  avoir  4  à  5  mm.  d'épais,     var.  Ceredia 

c)  Pulpe  ordinairement  de  1  mm.  5  à  2  mm.  5 

a)  Fruits  longs  de  35  à  38  mm var.  semidura 

(3)  Fruits  longs  de  23  à  27  mm var.  fatua 

2°  Fruits  ordinairement  de  plus  de  10  gr.  : 

a)  Noyau  obové,  de  30  à  31  mm.  de  lon- 
gueur, à  paroi  de  3  à  4  mm var.  macrocarpa. 

b)  Noyau  sphérique,  à  paroi  de  3  mm.  à 

3  mm.  5 var.  macrophylla 

c)  Noyau  sphérique  ou  obové,  à  paroi  de 

5  à  8  mm var.  macrocarpa 

B.  —  Fruits  verdâtres  avant  maturité,  rouges  après. 

1°   Segments   foliaires   non   soudés.    Noyau 

irrégulièrement  globuleux var.  repanda 

2°  Segments  foliaires  soudés.  Noyau  ovale,     var.  spectabilis 

C.  —  Fruits  noirs  avant  et  après  maturité.  .  .  .      var.  sempernigra 

D.  —    Fruits    blanchâtres    avant    maturité; 

mésocarpe  peu  fibreux,  noyau  lisse,  grand,     var.  albescens 


DU    PALMIER    A    HUILE  47 

II.  —  Noyau  mince  (2  millimètres  au  plus  d'épaisseur). 

A.  —  Fruits  noirâtres  avant  maturité  et  rouges  après,  au  moins 

dans  la  partie  inférieure. 

1°  Fruits  non  rostres  au  sommet. 

a)  Segments  foliaires  non  soudés. 

a')  Fruit  de  22  à  28  mm.  sur  18  à  22  mm. 

\oyau  dans  toute  la  longueur  du  fruit,     var.  tenera 

V)  Fruit  de  23  à  28  mm.  sur  16  à  19  mm. 
Noyau  réduit,  dans  la  moitié  supé- 
rieure du  fruit var.  pisifera  (  1) 

b)  Segments  foliaires  plus  ou  moins  soudés. 

Fruit  de  20  à  26  mm.  sur  16  à  17  mm.,     var.  idolatrica 
2°  Fruits  rostres  au  sommet  (2),  au  moins 

à  sec var.  rostrata  (2) 

B.  —  Fruits  verdâtres  avant  maturité,  rouges  ensuite. 

1°  Noyau  dans  toute  la  longueur  du  fruit.  ..  .      var.  intennedia 
2°  Noyau  réduit,  dans  la  partie  supérieure 

du  fruit ,  .     var.  gracilinux 

('..  —  Fruits  blanchâtres  avant  maturité,  rouges  ensuite. 

Noyau  réduit,  dans  la  partie  supérieure  du 

fruit var.  leucocarpa 


Nous  ne  saurions  trop  répéter  que  ce  tableau  peut  donner 
prise  à  la  critique.  On  pourrait  nous  reprocher,  par  exemple, 
d'avoir  donné  à  des  variétés  qui,  comme  les  deux  dernièi 
ne  sont  peut-être  que  des  états  pathologiques,  la  même  valeur 
qu'à  d'autres  variétés  certainement  plus  réelles,  comme  la 
variété  dura  et«la  variété  Cerediu.  Nous  avons  aussi  éloigné 
des  variétés  qui.  comme  les  variétés  dura  e1  tenera,  sonl  peut- 
être  plus  voisines  que  ne  le  sont  entre  elles  la  variété  dura  e1 
la  variété  ?nacrocar/>(i  ou  la  variété  macrophylla. 

Enfin  le  défaut  général  de  ce  tableau  est  d'être  base  sur  d 


(l)  Il  y  .i  cependanl  aussi  un  étal  caryolytique  de  la  variéti  i  ■  'lia 
qui  pourrail  plus  mi  moins  correspondre  à  i  es  i  aractèn 

2)  Cette  variété  rostrata  esl  placée  ici  sous  la  réserve  que  la  i  ouleur 
première  du  fruil  esl  ignorée. 


/. 


8  LES    VARIÉTÉS 


caractères  dont  la  constance  n'est  peut-être  pas  suffisamment 
assurée  par  les  trop  rares  échantillons  examinés  jusqu'alors 
pour  certaines  variétés.  Nous  croyons  cependant  qu'il  peut 
être  utilisé  pour  les  recherches  ultérieures  ;  il  montre  aussi 
comment  la  repanda  (à  fruits  verdâtres),  la  spectabilis  (à 
segments  foliaires  soudés)  et  la  sempernigra  (à  fruits  toujours 
noirs)  peuvent  se  rattacher  à  la  dura,  tandis  que  Y  intermedia 
(à  fruits  verdâtres),  Yidolatrica  (à  segments  foliaires  soudés) 
se  rapprocheront  peut-être  plutôt  de  la  tenera.  Il  montre  bien 
aussi  immédiatement  comment  la  gracilinux  se  rapprocherait 
de  Y  intermedia  dans  la  section  des  fruits  à  noyau  mince,  pen- 
dant que  la  pisifera  (qui  est  un  état  caryolytique  analogue) 
se  rapprocherait  de  la  tenera,  mais,  au  reste,  tenera  et  inter- 
media ne  se  séparant  guère  que  par  la  couleur  première  des 
fruits. 

Nous  résumerons  maintenant,  dans  Tordre  même  du  ta- 
bleau, quelques  caractères  morphologiques  et  chimiques  de 
ces  «  variétés  ». 

Variété  DURA 


C'est  Y  Elaeis  nigrescens  var.  communis  de  M.  Chevalier, 
la  variété  communis  forme  dura  de  M.  Beceari  ;  et  c'est  la 
variété  la  plus  répandue  en  Afrique  occidentale.  Elle  croît  du 
Sénégal  à  la  Guinée  française,  à  l'exclusion  de  toutes  les  autres 
variétés,  et  elle  est  aussi  la  forme  dominante  depuis  Sierra- 
Leone  jusqu'à  la  Nigérie  du  Sud.  C'est  encore,  d' après  M.  Bec- 
cari,  la  forme  ordinaire  du  Congo  Belge. 

D'après  M.  Chevalier,  c'est  le  deyaya  du  Dahomey,  et, 
d'après  M.  Beceari,  Y  abe-ba  de  la  Gold  Coast  et  peut-être 
Yafia  ekpo  oyop  (dialecte  ibibio)  de  l'Old  Calabar,  puis  aussi, 
en  Nigérie,  Yiidin  (dialecte  du  Bénin)  de  la  Province  centrale, 
Yak  porro-jub  (dialecte  efik)  de  la  Province  orientale  et  Y  ope 
pankora  (dialecte  yoruba)  de  la  Province  occidentale.  Peut- 
être  est-ce  le  dihoho  de  l'Angola  (var.  macrosperma  de  Wel- 
witsch). 


DU    PALMIER    A    HUILE  49 

Lesfruits(Pl.I,fig.I;Pl.IIJig.  IVetVIII;Pl.III,fig.I,XIV, 
XVII,  XVIII),  sont  assez  gros,  ovales,  quelquefois  ventrus 
au  milieu,  rétrécis  et  anguleux,  par  suite  de  compression 
mutuelle,  dans  le  bas.  Ils  sont  longs  de  35  à  38  millimètres 
et  larges  de  22  à  25  millimètres,  et  sont  ou  entièrement  rouges, 
ou  rouges  dans  la  moitié  ou  le  tiers  inférieurs,  noirs  dans  le 
reste.  Pulpe  de  2  à  3  millimètres  d'épaisseur.  Le  noyau 
assez  volumineux,  obovale,  arrondi  en  haut,  occupe  presque 
toute  la  longueur  du  fruit  et  a  une  paroi  de  2  à  4  milli- 
mètres. 

Pour  des  fruits  de  la  variété  communis  Ghev.,  qui  corres- 
pond, croyons-nous,  à  cette  variété,  Hébert  a  trouvé  : 

Pulpe 35    % 

Noyau  et  amande 65    % 

Amande  seule 18    % 

Huile  pour  cent  de  pulpe  41 

—        de  fruit 22 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 42° 

Densité  au  point  de  fusion 0,882 

Indice  de  saponification 201 

—  de  Reichert 0,8 

—  d'iode 43,8 

de  Hehner 98 

Fusion  des  acides  gras 46° 

D'autre  part,  c'est  à  cette  même  variété  de  Beccari  que 
«doit  sans  doute  aussi  être  rapportée  une  autre  analyse  de 
Hébert  faite  sur  le  deyaya  du  Dahomey,  et  dont  les  résultats 
sont  les  suivants  : 


Pulpe 

Noyau  et  amande 


Huile  pour  cent  de  pulpe 

—      de  fruit 21 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 

Densité  au  point  de  fusion 0,881 

Indice  de  saponification 201 

—  de  Reichert 0,8 

—  d'iode 

—  de  l  lehner - 

Fusion  des  acides  gras 


50  LES    VARIÉTÉS 

Pour  Vabe-pa,  de  la  Gold  Coast,  le  Bulletin  of  the  Impérial 
Institute  donne  comme  moyennes  (1)  : 

Dimensions  du  fruit 30  x  20  mm. 

Poids 7  gr. 

Pulpe 29  % 

Noix 71   % 

Humidité  de  la  pulpe 16,3  % 

Huile  pour  cent  de  pulpe  fraîche 65 

—        de  pulpe  sèche 77,6 

—  —        du  fruit  entier 19 

Dimensions  du  noyau 27  x   17  mm. 

Poids  du  noyau 4  gr.  4 

Epaisseur  de  la  coque 3  mm.  75 

Dimensions  de  l'amande 17,5  x  10  mm. 

Poids  de  l'amande 1  gr.  6 

Amande  pour  cent  de  fruit 22 

Humidité  de  l'amande 20  °0 

Huile  pour  cent  d'amande  fraîche 41 

—  —       d'amande  sèche 51 

Pour  des  échantillons  de  la  Nigérie,  il  a  été  trouvé  : 

Ope-pankora     Udin 


Pulpe 36  % 

Noyaux 64  % 

Humidité  de  la  pulpe 25  °0 

Huile  pour  cent  de  pulpe  hilmide.  ...  54 

—        de  pulpe  sèche 72 

Huile  du  fruit  entier 19 

Amande   —        de  novau 30  » 

Humidité  de  l'amande »  8,3 


25 

o/ 

0 

75 

/o 

6, 

4 

66 

70, 

5 

16 

O' 
,0 


En  employant  à  l'Impérial  Institute  les  méthodes  indi- 
gènes d'extraction  avec  les  fruits  tfabe-pa,  de  la  Gold  Coast. 
il  a  été  obtenu  11,2  p.  100  d'huile,  sur  une  teneur  que  nous 
avons  dit  être  de  19  p.  100. 


(1)  Tous  les  chiffres  que  nous  donnerons  pour  la  Gold  Coast,  dans  ce 
tableau  et  dans  les  suivants,  d'après  le  Bulletin  of  the  Impérial  Institute, 
se  rapportent  à  des  fruits  qui  ont  été  conservés  dans  de  la  sciure  de  bois 
humide. 


DU    PALMIER    A    HUILE  5] 


Variété  ANGULOSA 


Cette  variété  est  Yokoro  oyop,  Yokporokpo  et  Yikrok  eyod 
du  Vieux-Calabar. 

Les  fruits  (PL  II,  fig.  III;  PL  III,  fig.  XIII)  ont,  comme  di- 
mensions, 30  à  35  millimètres  sur  22  à  24  millimètres  et  sont  très 
irréguliers  et  anguleux.  La  pulpe  a  2  à 3  millimètres  d'épaisseur. 
Le  noyau,  très  variable,  est  globuleux  ou  turbiné,  avec  une 
paroi  de  2  à  3  millimètres. 

Il  est  assez  difficile  de  dire  si  c'est  à  cette  variété  que  se 
rapportent  réellement  les  nombres  donnés  par  l'Impérial 
Institute  pour  Yok-po-ruk-pu,  ou  ak-por-ro-jub,  delaNigérie, 
car,  d'après  M.  Beccari,  ces  mêmes  noms  s'appliqueraient 
aussi  à  la  variété  dura. 

Ce  n'est,  par  conséquent,  qu'avec  doute  que  nous  plaçons 
ici  des  analyses  qui  se  rapportent  peut-être  à  la  variété  pré- 
cédente. 

Pulpe 45  °0 

Noyaux 55  % 

Humidité  de  la  pulpe 29 , 8   % 

Huile  pour  cent  de  pulpe  humide 58 ,2 

■ —        de  pulpe  sèche s:; 

—  —       du  noyau  entier 26 

Amande  pour  cent  de  noyau 20 

—  de  fruit  frais 11 

—  de  fruit  sec 10,5 

Humidité  de  l'amande 20,2 

Cette  variété  angalosa  serait  assez  voisin.'  de  la  variété 
faiua  que  nous  citerons  plus  loin,  mais  serait  d'un  meilleur 
rendement  en  huile,  car  sa  pulpe  es1  plus  épais 


Variété  CEREDIA  Chev. 

C'est  le  rercdi  et  Vakiê  nu  sran  de  la  Côte  d'  Ivoire,  où,  dans 
la  région  des  Lagunes,  les  indigènes  le  considèrent,  d'api 
M.  Chevalier,  comme  le  meilleur  de  t «ni-  les  palmistes. 


52  LES    VARIÉTÉS 

D'après  M.  Beccari,  c'est  Vadi-be  de  la  Golcl  Goast  et  Vosok 
eyop  du  Vieux-Calabar.  Ou  du  moins  cet  osok  eyop  serait 
intermédiaire  entre  la  variété  tenera  et  la  variété  Ceredia,  mais 
en  avoisinant  surtout  cette  Ceredia. 

Les  fruits  (PL  I,  fig.  VII  et  VIII  ;  PL  II,  fig.  I  et  XIV,  et 
PL  III,  fig.  V,  VI  et  XI')  sont  oblongs,  ovales-oblongs  ou  ovales- 
elliptiques,  de  30  à  50  millimètres  de  longueur  sur  15  à  20  mil- 
limètres de  largeur  ;  ils  sont  d'abord  noirs,  puis  rougeâtres 
à  la  base  et  d'un  pourpre  noirâtre  dans  le  haut.  La  pulpe  est 
abondante,  mais  peu  fibreuse,  et  a  jusqu'à  4  et  5  millimètres 
d'épaisseur.  Le  noyau  est  de  dimensions  variables.  Il  peut 
même  manquer,  ou  être  tout  au  moins  très  réduit  (état  caryo- 
lytique).  En  général  cependant  il  est  assez  gros,  avec  paroi 
mince,  mais  dure  et  bien  sclérifiée.  Il  est  souvent  obové,  la 
partie  globuleuse  correspondant  à  peu  près  au  milieu  du  fruit. 
La  graine  est  sphérique  ou  un  peu  ovoïde,  de  7  à  12  millimètres 
de  diamètre. 

Les  individus  sans  noyau  ou  à  noyau  très  réduit,  qui  cons- 
tituent la  forme  caryolytica  Becc.  (PL  II,  fig.  XIII  et 
PL  III,  fig.  XXI)  sont  V abedam-adibe  de  la  Gold  Coast,  qui 
ne  serait  toutefois  pas  à  confondre  avec  Yabedam  décrit  plus 
loin  comme  variété  fatua.  Les  fruits  ont  de  28  à  32  millimètres 
sur  15  à  20  millimètres  ;  et,  dans  la  moitié  supérieure  du  fruit, 
est  une  graine  pisiforme,  de  6  à  7  millimètres,  avec  noyau  très 
mince. 

Evans  dit  que  les  fruits  de  Vadi-be,  par  les  méthodes  indi- 
gènes, donnent  25  à  28  p.  100  d'huile. 


Variété  SEMIDURA  Becc. 

M.  Beccari  considère  cette  variété  comme  intermédiaire 
entre  la  variété  dura  et  la  variété  semidura. 

C'est  Yabe-tuntum  de  la  Gold  Coast. 

Les  fruits  (PL  II,  fig.  X  et  PL  III,  fig.  XIX)  sont 
assez  gros,  de  35  à  38  millimètres  sur  20  à  27  millimètres, 
obovales  ou  globuleux-obovales,  atténués,  et  plus  ou  moins 


DU    PALMIER    A    HUILE  53 

obtusément  anguleux  en  bas.  La  pulpe  a  1  mm.  5  à  2  mm.  5 
d'épaisseur.  Le  noyau,  assez  gros,  sphérique  ou  un  peu  turbiné, 
a  une  paroi  qui  varie  de  2  à  4  millimètres  ;  il  pèse  de  5  à 
8  grammes.  La  graine  est  large  de  15  à  16  millimètres,  ou 
quelquefois  seulement  de  11  à  12  millimètres. 

Le  Bulletin  of  the  Impérial  Institute  donne  pour  cette  variété 
les  nombres  suivants  : 

Dimensions  du  fruit 31,25  X  20  mm. 

Poids 7  gr.  1 

Pulpe 36  % 

Noix 64  % 

Humidité  de  la  pulpe 31,1   % 

Huile  pour  cent  de  pulpe  fraîche 48,7 

—    pour  cent  de  pulpe  sèche 70,5 

Dimensions  du  noyau 24  x   17  mm.  5 

Poids  du  noyau 4  gr.  5 

Epaisseur  de  la  coque 3  mm.  75 

Dimensions  de  l'amande 15  X  10  mm. 

Poids  de  l'amande I  gr.  2 

Amande  pour  cent  de  fruit 18 

Amande         —       de  noyau 28 

Humidité  de  l'amande 22,6  % 

Huile  pour  cent  d'amande  fraîche \\ 

Huile         —       d'amande  sèche 57 

Parla  méthode  indigène,  on  a  obtenu,  à  Londivs.  13,7  p.  100 
d'huile,  sur  une  teneur  de  17  p.  100  (alors  que,  pour  la  variété 
dura,  il  a  été  obtenu  11,2  p.  100,  sur  une  teneur  de  19  p.  100). 


Variété  FATUA  Becc. 

M.  Beccari  pense  que  cette  variété  esl  une  forme  sylvestre. 

C'est  ïabe-dam  de  la  Gold  Coast . 

Les  fruits  (PI.  II.  fig.  XV  e1  PL  III,  fig  XXIII)  en 
sont  plutôt  petits  (de  23  à  27  millimètres  sur  19  à  22),  ovales 
ou  largement  ovales,  ventrus  vers  le  milieu  ou  un  peu  au- 
dessous,  plus  ou  moins  anguleux  ou  comprimés. 

Le  mésocarpe  esl  très  mince  (1  millimètre  à  1  mm.  •">)•  I 
noyau  est  sphérique,  mais  un  peu  anguleux,  non  atténu 
la  base,   ave.-   une   paroi  «le  2  à  3  millimètres.  La  grain 


54  LES    VARIÉTÉS 

de  10  à  13  millimètres.  On  a  trouvé  à  l'Impérial  Institute  : 

Dimensions  du  fruit 28,75  x  17  mm.  5 

Poids  du  fruit 5  gr.  3 

Pulpe 34  % 

\oix 66  % 

Humidité  de  la  pulpe 13,5  % 

Huile  pour  cent  de  pulpe  fraiche  ...  68,6 

—  —       de  pulpe  sèche 79 

•  Dimensions  du  novau 22,5  x  16  mm.  25 

Poids  du  noyau 3  gr.  4 

Epaisseur  de  la  coque 3  mm.  25 

Dimensions  de  l'amande 13  x  10  mm. 

Poids  de  l'amande 0  gr.  8 

Amande  pour  cent  de  fruit 15 

—  —        de  noyau   23 

Humidité  de  l'amande 19,6  % 

Huile  pour  cent  d'amande  fraîche    . .  43, 6 

—  —      d'amande  sèche  ....  54 

La  méthode  indigène   d'extraction   a   donné   11,2   p.    100 
d'huile  (comme  pour  la  variété  dura)  sur  une  teneur  de  23  p.  100 
contre  19  p.  100  dans  la  variété  dura). 

Variété  MAGROGARPA  Chev. 

Cette  variété  se  trouve  à  San  Thomé  et  au  Gabon. 

Les  fruits  (PI.  I,  fig.  V),  noirs  avant  maturité,  sont' rouges 
lorsqu'ils  sont  mûrs  ;  ils  sont  ovoïdes  et  gros  et  pèsent  en 
moyenne  de  10  à  15  grammes,  mais  peuvent  peser  jusqu'à 
25  grammes.  Des  noyaux  étudiés  par  M.  Beccari  pesaient 
l'un  12  gr.  3  et  l'autre  17  gr.  3  ;  la  graine  seule  pesait  2  gr.  5. 
Ces  noyaux  sont  obovales  ou  subclavés,  de  30  à  35  millimètres 
sur  24  à  30  millimètres,  avec  une  paroi  de  2  à  3  millimètres  ; 
la  graine  est  globuleuse,  de  15  à  17  millimètres  de  diamètre. 

Variété   MAGROPHYLLA  Chev. 

Les  feuilles  de  cette  variété  de  la  Gold  Coast,  qui  est 
Vakyenkié  des  Fantis  et  a  été  décrite  par  M.  Chevalier,  sont 
dressées  et  non  étalées,  très  grandes  ;  elles  ont  une  longueur 
de  5  à  8  mètres,  avec  150  à  200  segments. 


DU    PALMIER    A    HUILE  55 

D'après  M.  Chevalier,  les  fruits  sont  ovoïdes,  de  30  milli- 
mètres sur  22  millimètres,  d'abord  noirâtres,  puis  d'un  noir 
vineux  à  la  base,  ensuite  rougeâtres,  et  à  mésocarpe  mince. 
Le  noyau  est  gros,  avec  une  paroi  de  3  millimètres  à  3  mm.  5  ; 
les  graines  ont  15  millimètres  de  diamètre. 

M.  Chevalier  ajoute  que  les  indigènes  consomment  ces 
graines,  mais  n'extraient  jamais  l'huile  de  la  pulpe,  qui  est 
mince  et  peu  oléagineuse. 

Tout  en  admettant,  d'après  la  plupart  des  caractères,  que 
Yabiibube  de  la  Gold  Coast  est  aussi  cette  variété  macrophylla, 
M.  Beccari  modifie  sensiblement  la  description  des  fruits 
donnée  par  M.  Chevalier. 

Les  fruits  de  Yabubii-be  (PI.  II,fig.XVI  et  PI.  III,  fig.  XXIV) 
sont  régulièrement  ovales,  surtout  larges  dans  leur  parti»' 
médiane,  terminés  en  pointe  conique,  de  28  à  32  millimètres 
sur  20  à  24  millimètres  ;  le  mésocarpe  est  très  pulpeux,  de 
3  millimètres  à  3  mm.  5  d'épaisseur,  avec  de  nombreuses  fibres 
adhérentes  au  noyau.  Celui-ci  est  obové,  atténué  vers  la  base, 
avec  une  paroi  assez  mince,  de  1  millimètre  à  1  mm.  5.  La 
graine  est  relativement  volumineuse,  de  13  à  15  millimètres 
de  diamètre. 

M.  Beccari  décrit  donc  une  pulpe  plus  épaisse  et  un  noyau 
plus  mince  que  ne  l'indique  M.  Chevalier. 

L'Impérial  Institute  indique  pour  Vabubu-be  : 

Dimensions  du  fruit 32,5  x   18  mm.  75 

Poids  du  fruit 5  <;r.  9 

Pulpe 50 


i^1 


Noix 5i)  % 

Humidité  de  la  pulpe 21,7   ",, 

Huile  pour  cent  de  pulpe  fraîche.  .  .  .  62, 1 

Huile  <!<•  pulpe  sèche    ....  79,3 

1  limensions  du  noyau 25  >    15  mm 

Poids  «lu  noyau   

Epaisseur  de  la  coque 2  mm 

Dimensions  de  l'amande 15       il  mm 

Poids  «1''  l'amande I  p\  16 

\m;imle  pour  cenl  de  fruit 2  I 

—  -  -       df  noyau 10 

Humidité  de  L'amande -i ,5 

I  [uile  pour  cent  d'amande  fraîche  . .  14,4 

—        d'amande  sèche.  . .  .  55 


56  LES    VARIÉTÉS 

La  teneur  en  huile  —  qui  concorde  avec  l'épaisseur  de  la- 
pulpe  —  est  élevée  (31  p.  100  du  fruit)  et  le  rendement  par  la 
méthode  indigène  serait  assez  fort  (25  p.  100)  ;  mais,  d'après 
une  lettre  du  directeur  de  l'Agriculture  d'Aburi  adressée  au 
Jardin  de  Kew,  la  brièveté  des  fibres  de  la  pulpe  et  les  dffi- 
cultes  qu'on  éprouve  pour  les  séparer  de  l'huile  empêchent 
les  Noirs  d'utiliser  cette  variété. 

Variété  MAGROGARPA  Becc. 

Cette  variété,  récoltée  par  Barter  dans  son  expédrtion  du 
Niger,  se  distingue  par  la  grosseur  de  ses  fruits  qui,  à  juger 
du  moins  d'après  les  noyaux  —  qui  sont  la  seule  partie  vue 
par  M,  Beccari  —  sont  de  la  grosseur  d'un  abricot. 

Les  noyaux  sont  très  irréguliers,  plus  ou  moins  arrondis  ou 
atténués  vers  la  base,  avec  une  paroi  de  5  à  8  millimètres  ; 
ceux  examinés  par  M.  Beccari  pesaient  de  23  à  54  grammes  et 
avaient  depuis  50  millimètres  sur  45  millimètres  jusqu'à 
53  millimètres  sur  33  millimètres.  La  graine,  cependant,  pro- 
portionnellement au  noyau,  est  petite  ;  elle  peut  avoir,  par 
exemple,  25  millimètres. 

Variété  REPANDA  Ghev. 

C'est  le  sede  ou  kissede  du  Dahomey  et  du  Togo,  d'après 
M.  Chevalier.  D'après  ce  botaniste,  ce  serait  aussi  Yafia  ekpo 
oyop  et  Yojima  de  la  Nigérie  méridionale,  quoique  nous  ayons 
vu  que  M.  Beccari  rapporterait  plutôt  Yafia  ekpo  oyop  à  la 
variété  dura.  Mais,  au  reste,  pour  M.  Beccari,  la  variété  repanda 
ne  différerait  guère  délabra  que  par  la  couleur  des  fruit  s  jeunes. 

La  variété  repanda  se  trouve  aussi  à  la  Côte  d'Ivoire  ;  et  ce 
serait  peut-être,  selon  M.  Chevalier,  le  dihusué  de  l'Angola. 

M.  Beccari  a  étudié  deux  formes  de  cette  variété. 

Dans  celle  qui,  pour  lui,  est  le  type  et  provient  d'Adjonaja, 
les  fruits  (PI.  I,  fig.  X  et  PI.  III,  fig.  IX)  sont  ovales,  à  base 
large,  ventrus  dans  leur  tiers  inférieur,  coniques  dans  la 
moitié  supérieure,  d'abord  verdâtres,  puis  presque  complè- 


DU    PALMIER    A    HUILE  57 

tement  rouges,  sauf  à  la  pointe,  de  30  à  35  millimètres  sur 
23  à  25  millimètres.  Le  mésocarpe  est  peu  abondant  (3  milli- 
mètres sur  les  côtés),  avec  des  fibres  peu  nombreuses  mais 
fortes.  Le  noyau,  qui  occupe  presque  toute  la  longueur  du  fruit, 
est  irrégulièrement  globuleux,  de  18  à  20  millimètres  de  dia- 
mètre, avec  une  forte  paroi  de  2  mm.  5  à  4  millimètres. 

Danslaseconde forme,  quiest  de  Niaouli,  près  Allada, les  fruits 
(PI.  I,  fig.  IX  et  PL  III,  fig.  VIII)  sont  légèrement  verdâtres  à 
la  pointe,  ovales-elliptiques,  ventrus  au  milieu,  de  23  à  28  milli- 
mètres sur  16  à  19  millimètres  ;  le  mésocarpe  a  1  mm.  5  à  2  milli- 
mètres d'épaisseur.  Les  parois  du  noyau  ont  2  à  3  millimètres. 

Pour  des  fruits  récoltés  par  M.  Chevalier,  Hébert  a  trouvé  : 

Pulpe 34,2   % 

Noyau  et  amande 65 , 8    % 

Amande  seule 31  °0 

Huile  pour  cent  de  pulpe 63 

de  fruit    32 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 43° 

Densité  au  point  de  fusion '».  884 

Indice  de  saponification 196 

—  de  Reichert ".8 

—  d'iode 52,1 

—  de  Hehner 95 

Fusion  des  acides  gras 44° 


Mais  cette  huile,  qui  est  de  couleur  blonde,  occasionnerait. 
paraît-il,  des  maux  de  tête  et  des  nausées  et.  jusqu'à  un  cer- 
tain point,  serait  nocive. 

Nous  rapprocherons  cette  remarque  de  M.  Chevalier  de 
celle  du  Dr  Gruner,  qui,  en  décrivant,  en  1904,  le  sedde  (à  fruit  s 
verdâtres)  de  Misahôhe,  au  Togo,  disait  que  l'huile  en  était 
réservée  par  les  indigènes  pour  les  usages  médicinaux. 

Pour  le  sedde  du  Togo,  Fendler  mentionne  : 

Poids  d'un  fruit :-  gr.  20 

Pulpe 2:. 

Noyau  et  amande 

Coque  pour  cenl  du  noyau  56 

Amande  seule  pour  cent  de  irait 18,5 

Humidité  de  pulpe 6  •  9 

1 1  uile  pour  cent  de  pulpe 

Résidu  fibreux  1,9 

l  [umidité  d'amande 9 

Huile  pour  cenl  d'amande «'•' .  - 

Résidu     —  —       •  •    ' 


58  LES    VARIÉTÉS 

On  remarquera  la  grande  différence  qu'il  y  a,  relativement 
à  la  proportion  d'amande,  entre  le  chiffre  de  M.  Hébert 
(31  p.  100)  et  celui  de  l'Impérial  Institute  (18,5  p.  100).  La 
couleur  verdâtre  des  fruits  non  mûrs  indique  cependant  bien 
qu'il  doit  s'agir  de  la  même  variété. 

D'après  M.  Adam,  «  le  kissede  fournit,  lorsque  ses  fruits 
sont  traités  seuls,  une  huile  de  qualité  inférieure,  à  saveur 
acre  et  brûlante.  Aussi  mélange-t-on  toujours  le  kissede  et  le 
de  dans  la  fabrication  de  l'huile  de  palme  du  commerce  ». 

Variété  SPEGTABILIS  Chev. 

C'est  le  sede-fade,  et  l'un  des  «  palmiers-fétiches  »,  du 
Dahomey,  où  M.  Chevalier  n'en  connaît,  du  reste,  qu'un 
exemplaire,  dans  la  cour  de  la  résidence  d'Allada. 

Par  la  soudure  des  segments  foliaires,  il  est,  dans  la  caté- 
gorie des  palmistes  à  jeunes  fruits  verdâtres,  le  correspondant 
du  fade,  ou  variété  idolatrica,  dans  la  catégorie  des  fruits 
noirâtres. 

Ces  fruits  (PI.  I,  fig.  XII  et  PI.  III,  fig.  XI)  sont  ovales  ou 
ovales  elliptiques,  surtout  larges  vers  le  milieu,  coniques  dans 
la  moitié  supérieure  et  mamelonnés  au  sommet,  de  30  à  35  mil- 
limètres sur  18  à  20  millimètres.  Le  mésocarpe  n'a  que  1  mil- 
limètre d'épaisseur.  Le  noyau,  par  contre,  est  gros,  ovale  avec 
une  paroi  de  3  à  4  millimètres.  La  graine  ail  millimètres  de 
diamètre. 

Pour  M.  Beccari,  ce  serait,  sauf  par  la  coloration  des  fruits, 
une  forme  symphyllique  de  la  variété  dura. 

Variété  SEMPERNIGRA  Chev. 

M.  Chevalier  signale  cette  variété  à  la  Côte  d'Ivoire  et  dans 
le  Bas-Dahomey. 

A  la  Côte  d'Ivoire,  dans  la  région  de  Dabou,  c'est  le  leguel 
hebebri. 

Les  fruits  ressemblent  beaucoup  à  ceux  de  la  variété  dura, 


DU    PALMIER    A    HUILE  59 

mais  restent  noirs  à  la  maturité,  au  moins  dans  la  moitié 
supérieure. 

Il  y  a  des  formes  à  coque  épaisse  (qui  sont  donc  celles  se 
rapprochant  surtout  de  la  variété  dura)  et  aussi  des  formes 
à  coque  mince. 

Hébert  a  trouvé  comme  caractères  des  fruits  et  de  l'huile  : 


<> 

0 


Pulpe 30 

Noyau  et  amande 70 

Amande  seule 16,  '* 

"Huile  pour  cent  de  la  pulpe 52 

—  —        de  fruit  16 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 44° 

Densité  au  point  de  fusion 0 ,  892 

Indice  de  saponification 196 

—  de  Reichert 0,9 

—  d'iode 52,2 

—  de  Hehner 98 . 1 

Fusion  des  acides  gras 47  ° 

Dans  la  région  de  Dabou,  les  indigènes  préfèrent  l'huile  de 
•«jette  variété  à  celle  de  la  variété  dura. 


Variété  ALBESGENS   Becc. 

C'est  Yabe-fita  ou  abe-foufou  de  la  Gold  Goast,  où  il  serait 
d'ailleurs  assez  rare.  Parla  couleur  de  ses  fruits,  c'est,  comme 
la  variété  leucocarpa,  un  des  palmiers  blancs  des  colons. 

LesfruitsrPl.il. fig.XVIIÏet  PL  III,  fig.  XXVI)  sont  ovales 
ou  ovales  elliptiques,  parfois  allongés,  la  partie  là  plus  large 
étant  à  peu  près  au  milieu,  blancs  et  plus  ou  moins  anguleux 
dans  la  moitié  ou  le  tiers  inférieurs,  noirs  et  régulièrement 
coniques  dans  la  partie  supérieure,  de  30  à  34  millimètres  sur 
20  à  23.  La  pulpe  a  2  à  3  millimètres  d'épaisseur  et  est  presque 
dépourvue  de  filaments  fibreux.  L<-  noyau,  presque  lisse,  est 
globule ux-oblong,  plus  ou  moins  irrégulier,  légèrement  réti 
•  •u  haut,  un  peu  plus  on  bas,  mais  non  caudé  ;  la  paroi  a  . 

millimètres.  La  graine  a  12  à  L3  millimètres  de  diamètre. 

L'Impérial  Institute  dil  que  les  fruits  ont,  en  moyenne, 
37  mm.  5  Bur  31  mm.  25,  les  noyaux  31  mm.  25  sur  17  mm.  5. 


60  LES    VARIÉTÉS 

et  l'amande  17  mm.  5  sur  8  mm.  7.  L'épaisseur  cb  la  coque 
est  de  4  mm.  25. 

L'huile  de  la  pulpe  serait  plus  blanche  que  dans  les  autres 
variétés  et  bien  distincte,  en  particulier,  à  cet  égard,  de  l'huile 
de  la  variété  leucocarpa. 

Variété   TENERA 

C'est,  pour  M.  Chevalier,  une  forme  de  YElœis  nigrescens 
variété  communis,  et  la  variété  communis  forme  tenera  de 
M.  Beccari. 

Cette  variété,  qu'on  retrouve  plus  ou  moins  clairsemée  dans 
toutes  les  régions  où  croît  la  variété  dura,  est  Yakoi  sran  (en 
dialecte  ébrié)  de  la  Côte  d'Ivoire,  Yabobo-be  de  la  Gold  CoasL 
le  debakui.  ou  de-debakui,  et  le  dechla  ou  deula,  du  Togo  (1), 
le  degbakoum  du  Dahomey,  Ya-sog-e-jub  de  la  Province  orien- 
tale de  la  Nigérie.  Peut-être  est-ce  aussi  —  mais  avec  doute  — 
en  Nigérie,  Y ivioronmila  du  Bénin,  Yau-sii-ku  et  Yope-arunjo. 

Ce  serait  encore,  d'après  le  Bulletin  de  Kew,  le  iisombo  de 
l'Angola  (variété  microsperma  Welw.)  :  et  M.  Beccari  y  rat- 
tacherait aussi  volontiers  le  lisombe  du  Cameroun,  qui  est? 
en  effet,  à  coque  mince. 

Dans  la  forme  normale  de  cette  variété  —  que  M.  Beccari 
décrit  d'après  des  échantillons  du  Dahomey  —  les  fruits 
(PL  I,  fig.  II  ;  PL  II,  fig.  VII  ;  PL  III,  fig.  II  et  XVI),  assez 
variables,  ont  de  22  à  28  millimètres  sur  18  à  22  millimètres  ;  ils 
sont  plus  ou  moins  largement  ovales,  ventrus  au  milieu  ou  dans 
le  tiers  inférieur,  se  rétrécissant  du  milieu  vers  le  haut  en  pointe 
conique,  rouges  lavés  de  noir  vers  la  pointe.  La  pulpe  a  3  mil- 
limètres d'épaisseur.  Le  noyau,  de  12  à  13  millimètres  de  dia- 
mètre, est  arrondi  en  haut,  atténué  vers  le  bas  de  1  millimètre 
à  1  mm.  5  ;  la  paroi  a  de  1  millimètre  à  1  mm.  5. 

D'autres  fois,  cependant,  ce  noyau  peut  être  plus  globuleux 
et  sa  paroi  peut  ne  pas  dépasser  0  mm.  5  d'épaisseur. 


(1)  Où  il  représenterait  environ  le  quart  des  palmiers  à  huile. 


DU    PALMIER    A    HUILE  61 

Pour  le  degbakoum  du  Dahomey,  Hébert  indique  : 

Huile  pour  cent  de  pulpe 47 

—       de  fruit 29 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 43° 

Densité  au  point  de  fusion 0,888 

Indice  de  saponification 196 

—  de  Reichert 0,8 

—  d'iode , 52,2 

—  de  Hehner    96,2 

Fusion  des  acides  gras 48° 

Pour  Yabobo-be  de  la  Gold  Coast,  l'Impérial  Institute  donne  : 

Dimensions  du  fruit 26,25x  16  mm.  25 

Poids  du  fruit 3  gr.  45 

Pulpe 69    % 

Noix 31    % 

Humidité  de  la  pulpe 24,1   % 

Huile  pour  cent  de  pulpe  fraîche   .  .  64, 1 

—  —        de  pulpe  sèche ...  .  84,4 

—  —        du  fruit  entier 44 

Dimensions  du  noyau   12,5  x  10  mm.  5 

Poids  du  noyau 1   gr.   1 

Epaisseur  de  la  coque I  mm. 

Dimensions  de  l'amande 10x8  mm.  75 

Poids  de  l'amande 0  gr.  45 

Amande  pour  cent  de  fruit 20 

—       de  novau   35 

Pour  le  de-debakui  du  Togo,  M.  Fendler  indique  : 

Poids  moyen  du  fruit 3  gr.  65 

Pulpe  pour  cent  de  fruit 26,9 

Amande..., 24,4   % 

(^oque    48.7   % 

Humidité  de  pulpe 5,7   % 

Huile  pour  cent  de  pulpe 58,5 

Humidité  d'amande., 6,5 

Huile  pour  cent  d'amande 49. 1 

Pour  le  dechJa  du  Togo,  qui  serait  la  même  variété,  M.  SI  runk 

donne  : 

Fruil S  gr.  '.  S  gr.  26 

Pulpe 2  gr.  75  gr.  10 

Graine I  gr.  69  apr.  1 6 

Pulpe  pour  ••••ni  de  graine  ....  1 62  1 13 

amande 0  gr.  69  0  gi    &7 

<  loque i  gr.  i  gi , 

Amande  pou  r  cent  de  coque.  .  69 


62  LES    VARIÉTÉS 

Sur  le  lisombe  du  Cameroun,  nous  trouvons  dans  le  Tropen- 
pflanzer  d'octobre  1906,  comme  moyennes  detroislots  d'échan- 
tillons, dont  les  fruits  étaient  de  grosseurs  diverses  : 

Fruit 5  gr.  5  7  gr.  41  10  gr. 

Pulpe 3  gr.  92  4  gr.  78  7  gr.  10 

Graine 1  gr.  58  2  gr.  63  2  gr.  90 

Pulpe  pour    cent    de 

graine 248  148  244 

Amande 0  gr.  52  1  gr.  28  1  gr.  25 

Coque 1  gr.  06  1  gr.  35  1  gr.  65 

Amande  pour  cent  de 

coque 49  95  76 

Dans  le  Tropenpflanzer  de  1902,  M.  Preuss  avait  déjà 
donné  les  nombres  suivants  pour  trois  échantillons,  .dont  le 
premier  à  petit  noyau  : 

Pulpe    pour   cent   de 

fruit 71  71  64,5 

Noyau 29  °0  29  %  35,5     °G 

Huile  pour  cent  de 

pulpe   32,66  44,44  40,35 

Amande    pour  cent 

de  noyau 9,54  12,5  17,27 

Coque 19,45   °0       16,5   °0         18,23   °0 

Huile  pour  cent  d'a- 
mande         49,2  »  « 

Pour  le  premier  de  ces  trois  échantillons,  il  a  été  en  outre 
trouvé,  comme  point  de  fusion  de  l'huile  de  pulpe,  27°,  et  de 
l'huile  d'amande  29°5.  Le  point  de  solidification  de  cette  huile 
de  palmiste  a  été  de  23"*,  l'indice  d'acidité  26,5. 

M.  Beccari  a  décrit  après  M.  Chevalier  un  état  caryolytique 
de  cette  variété  tenera,  qui  passe  ainsi  à  la  variété  pisifercu 

Les  fruits  de  cette  forme  caryolytique  (PI.  I.  fig.  III), 
de  27  à  30  millimètres  sur  17  à  21  millimètres,  sont  ovales, 
ventrus  vers  le  milieu  ou  un  peu  au-dessus,  rouges  en  bas  et 
graduellement  lavés  de  noir  du  tiers  inférieur  vers  le  haut. 
Le  noyau,  logé  dans  la  moitié  supérieure  du  fruit,  a  de  9  à 
16  millimètres  de  diamètre  :  il  est  globuleux  en  haut  et  brus- 
quement atténué  vers  le  bas,  où  les  filaments  fibreux  forment 
un  prolongement. 


DU    PALMIER    A    HUILE  63 

C'est  pour  ces  fruits  que  Hébert  a  donné  les  nombres  sui- 
vants : 

Pulpe 80  °0 

Noyau  et  amande , 20  °0 

Amande  seule 3  °0 

Huile  pour  cent  de  pulpe 59 

Huile         —        de  fruit 42 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 45° 

Densité  au  point  de  fusion 0,891 

Indice  de  saponification 197 

—  de  Reichert 1,3 

—  d'iode 50,2 

—  de  Hehner 97  ,  7 

Fusion  des  acides  gras 47° 

M.  Chevalier  fait  observer  que  ces  variétés  à  coque  mince 
sont  celles  sur  lesquelles  devraient  porter  principalement  les 
sélections  culturales. 

Cependant  les  variétés  à  petites  graines  et  presque  sans 
coque,  malgré  leur  riche  pourcentage  en  huile  de  palme,  «  ont 
l'inconvénient  de  priver  le  cultivateur  de  l'amande,  qui  est 
aussi  un  produit  de  valeur  ». 

M.  Adam  dit  que  le  degbakoum,  ainsi  que  le  votchi.  qui  est 
la  variété  suivante,  «  sont  réputés  comme  donnant  une  huile 
excellente,  douce  et  très  agréable  au  goût.  Quand  on  ne  dispose 
que  de  petites  quantités  de  fruits  de  ces  variétés,  on  les  con- 
somme soit  à  l'état  naturel,  soit  frits  avec  un  peu  de  sel.    » 

En  Nigérie  méridionale,  Yasogejub  est,  de  tous  les  palmist» 
ôc  la  Province  orientale,  celui  qui  donne  le  meilleur  rendement 
eu  huile. 

Variété   PISIFERA  Chev. 


C'est  le  votchi  du  Bas-Dahomey,  où  il  esl  répandu  «lin- 
tout. -s  les  palmeraies,  mais  seulement,  d'après  M.  Chevalier, 
dans  la  proportion  de  I  à  lu  p.  I .<»<>'». 

Les  fruits  (l>|.  I.  fig,  VI  "t  ri.  III.  fig.  I\  )  sont  obloi 
ou  ovales-elliptiques,  presque  arrondis  aux  deux  extrémil 
de  25  a  28  millimèt  res  but  L6  à  18  millimèt  res  ;  il-  sont  roui 


■ 


64  LES    VARIÉTÉS 


en  bas,  lavés  de  noirâtre  dans  la  moitié  ou  le  tiers  supérieurs. 
La  pulpe  est  épaisse  de  4  à  6  millimètres.  Le  noyau,  très  petit, 
se  trouve  seulement  dans  la  moitié  supérieure  du  fruit  ;  il  est 
globuleux,  a  de  4  à  6  millimètres  de  diamètre  ;  la  paroi,  exces- 
sivement mince,  a  0  mm.  5  ;  la  graine  est  subsphérique. 
M.  Savariau  a  trouvé,  avec  des  fruits  frais  : 

Pulpe 79,5  % 

Noyau  et  amande '20,5  % 

Amande 12,6  % 

Et  Hébert  indique  : 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 44° 

Densité  au  point  de  fusion 0 ,  889 

Indice  de  saponification 210 

—  de  Reichert 1,1 

d'iode 45,6 

—  de  Hehner 97,8 

Fusion  des  acides  gras  , 46°5 

La  variété,  tout  comme  l'état  caryolytique  de  la  précédente, 
n'est  pas  intéressante  pour  les  amandes,  qui  sont  trop  petites, 
mais  l'est  pour  sa  pulpe,  qui  est  épaisse  et  riche  en  huile. 


Variété  IDOLATRIGA  Chev. 

11  Elaeis  Dybowskii  Hua. 

C'est  Yobe  ohene  de  la  Gold  Coast,  le  fade  du  Dahomey,  Yafa- 
de  ou  klude  ou  agode,  du  Togo  et,  en  Nigérie,  Y  ope-if  a,  Yoge- 
dudin  ou  Yogiedi.  C'est  le  palmier- fétiche  des  colons  français, 
et  le  king-pahn  (ou  palmier  royal)  des  colons  anglais. 

Il  est  caractérisé,  comme  la  variété  spectabilis,  par  l'aspect 
flabelliforme  des  extrémités  des  feuilles,  dont  les  segments 
sont  soudés  et  apprimés. 

On  le  trouve  depuis  la  Gold  Coast  jusqu'à  la  Nigérie. 

Les  fruits  (PL  I,  fig.  XIII:  PI.  II.  fig.  VI  ;  et  PI.  III, 
fig.  VII  et  XV),  sont  assez  gros,  d'abord  noirs,  puis  rouges 
à  maturité,  sauf  au  sommet,  où  ils  restent  noirs. 


DU    PALMIER    A    HUILE  65 

D'après  Fendler,  l'étude  des  fruits  d'afa-de  donne  : 

Poids  d'un  fruit 5  gr.  15 

Pulpe   23,1   % 

Noyaux 76,0  % 

Amande 15,6  % 

Coque , 61 ,3  % 

Humidité  de  pulpe 5,6  % 

Huile  pour  cent  de  pulpe 62 , 9 

Humidité  d'amande 6 , 5  % 

Huile  pour  cent  d'amande 45,5 

Pour  le  klude,  qui,  au  Togo,  est  le  nom  du  même  palmier  à 
Misahôhe,  M.  Strunk  indique  : 

Fruit 3  gr.  92 

Pulpe 1  gr.  3 1 

Graine 2  gr.  61 

Pulpe  pour  cent  de  graine    50 

Amande 1  gr.  1 6 

Coque 1  gr.  45 

Amande  pour  cent  de  coque 80 

M.  Chevalier  dit  que,  au  Dahomey,  l'huile  n'est  pas  con- 
sommée. Les  féticheurs  l'emploient  comme  offrande  au 
dieu  Fa. 

Variété   ROSTRATA  Becc. 


C'est  le  mbana  eyop  ou  mfarta  eyop  ou  ekucbuba  ou  ayaram- 
bana  eyop  du  Vieux-Calabar. 

Les  fruits  (PI.  II,  fig.XIIetPl.  III,  fig.  XII')  sont  ventrus 
vers  If  milieu  ou  au-dessous  et  se  rétrécissent  brusquement 
(hins  la  partie  supérieure  eu  une  sorte  de  gros  bec  :  ils  sont 
aussi  plus  ou  moins  al  ténues  à  la  base  :  \\>  onl  de  32  à  36  milïi 
mètres  sur  18  à  21  millimètres.  La  pulpe  a  2  à  3  millimèti 
Le  noyau  est  irrégulièrement  Bphérique,  un  peu  rétréci  vers 
la  base,  avec  une  paroi  de  2  millimètres.  La  graine  a  1"  à 
12  millimèl  res  de  diamèl  re. 


66  LES    VARIÉTÉS 

Variété  INTERMEDIA  Chev. 

Cette  variété,  appelée  sede  par  les  Dahoméens,  comme  la 
variété  repanda,  est  propre  à  la  Côte  d'Ivoire  et  au  Dahomey, 
où  elle  est  mélangée  à  cette  variété  repanda. 

D'après  M.  Beccari,  elle  ne  diffère  guère  de  la  variété  tenera 
que  par  la  couleur  verte  de  ses  jeunes  fruits. 

Les  fruits  (PI.  I,  fig.  XI  et  PI.  III,  fig.  X),  d'abord  verdâtres 
comme  dans  la  variété  repanda,  deviennent  entièrement 
rouges  à  la  maturité  et  sont  plus  oblongs  que  dans  la  repanda  ; 
ils  ont  35  à  40  millimètres  sur  18  à  22  millimètres,  ou  encore 
28  à  30  millimètres  sur  20  à  23  millimètres.  La  pulpe  a  2  à 
3  millimètres  d'épaisseur.  Le  noyau  est  oblong,  avec  une 
paroi  de  1  mm.  5. 

Pour  les  fruits  de  cette  variété,  M.  Chevalier  a  trouvé 
50  p.  100  de  pulpe  et  22,7  p.  100  d'amande.  La  pulpe  est  donc 
plus  abondante  que  dans  la  variété  repanda,  et  le  rendement 
est  supérieur  à  celui  de  cette  variété.  M.  Chevalier  ne  dit  pas 
si  l'huile  est  nocive,  comme  celle  de  la  variété  repanda. 

Variété  GRACILINUX  Chev. 

C'est  le  sede-votchi  du  Dahomey  et,  à  la  Gold  Coast,  où  il 
est  rare  comme  au  Dahomey,  le  shell-less  et  le  soft  nui  des 
colons  anglais.  Peut-être  est-ce  le  difumbe  de  l'Angola. 

Comme  les  variétés  repanda  et  intermedia,  la  variété  graci- 
linux  est  à  fruits  verdâtres  avant  maturité.  Elle  peut  donc 
être  un  état  caryolytique  de  ces  variétés,  mais  en  se  rappro- 
chant surtout  de  Vintermedia,  puisqu'elle  est  à  coque  mince. 

Les  fruits,  sauf  par  la  couleur,  rappellent  beaucoup,  d'autre 
part,  ceux  de  la  variété  pisifera.  Ils  sont  ovales  ou  oblongs- 
ovales  (PL  I,  fig  XIV  ;  PL  II,  fig.  V  et  PI.  III,  fig.  XII),  de 
26  à  30  millimètres,  sur  19  à  22  millimètres  ;  la  pulpe  a  4 
à  7  millimètres,  d'épaisseur.  Le  petit  noyau  est  logé  dans  la 
moitié  supérieur  du  fruit  ;  il  a  7  millimètres  environ  de  diamètre 
et  est  à  paroi  très  mince  et  molle. 


DU    PALMIER     A    HUILE  67 

Hébert  donne  comme  caractères  des  fruits  : 

Pulpe ;;,:  % 

Noyau  et  amande 22 , 3   % 

Amande  seule 11,1   (,() 

Huile  pour  cent  de  pulpe   32 

—  —        de  fruit 30 

Fusion  de  l'huile  de  pulpe 42° 

Densité  au  point  de  fusion 0,889 

Indice  de  saponification 198 

—  de  Reichert 1.1 

—  d'iode 55 , 6 

de  Hehner 97,6 

Fusion  des  acides  gras 14° 

Peut-être  est-ce  à  cette  variété  qu'il  faut  rapporter  le  seed- 
less  mentionné  par  M.  Evans  à  la  Gold  Coast.  Sur  30  fruits 
examinés  à  l'Impérial  Institute,  6  seulement  contenaient  des 
noyaux,  dont  le  diamètre  était  d'environ  6  mm.  25  ;  ce  qui 
correspond  assez  bien  à  la  description  de  M.  Beccari. 

Pour  ce  seed-less,  l'Impérial  Institute  donne  : 

Dimensions  du  fruit 20  x    l<>  mm. 

Poids  du  fruit 0  gr.  5  à   'i  gr.  10 

Humidité  de  pulpe 11.1    % 

Huile  pour  cent  de  pulpe  fraîche  ...  .  76 

—  —       de  pulpe  sèche 85 

Les  amandes  de  cette  variété  sont  trop  petites  pour  avoir 
une  valeur  commerciale,  mais  la  pulpe  est  richemenl  oléa- 
gineuse. 

Variété  LEUGOGARPA   Becc. 

M.  Chevalier  considère  cette  variété  comme  une  forme  de 
Bon  E.  nigrescens  var.  communis,  M.  Beccari  cependanl  la 
rapproche  de  la  variété  Ceredia  plutôl  que  «le  la  variété  com- 
iti  unis. 

C'esl  le  loufou  ou  le  leguel  «le  la  Côte  d'Ivoire,  où  il  est  rar< 
el  apprécié  des  indigènes. 

Les  fruits  (PL  I,   fig.   [V  el  PI.  III.  fig.  III)  sonl  allong 
nettemenl  oblongs,  de  35  à  10  millimètres  sur  17  à  -»1  milli- 


68  LES    VARIÉTÉS    DU    PALMIER    A    HUILE 

mètres,  parfois  atténués  vers  la  base  à  partir  de  la  moitié, 
rouges  orangés  à  maturité,  mais  en  grande  partie  blancs  avant 
d'être  mûrs.  Le  mésocarpe  a  de  3  à  4  millimètres  d'épaisseur, 
mais  est  surtout  abondant  au-dessus  du  noyau.  Celui-ci  est 
capitellé,  placé  vers  le  milieu  du  fruit,  plutôt  petit,  à  paroi  de 
1  millimètre  d'épaisseur. 

C'est  vraisemblablement  de  cette  variété  que  parle  M.  Adam 
sous  le  nom  de  legble-au-fou,  en  disant  «  qu'elle  donne  une 
huile  blonde  très  recherchée  et  est,  en  outre,  employée  de 
préférence  à  toute  autre  pour  la  fabrication  d'une  sorte  de 
graisse  que  les  indigènes  obtiennent  en  laissant  l'huile  exposée 
au  soleil  dans  des  bassins  pendant  environ  quinze  jours  ». 


EXPLICATION  DES  PLANCHES 

PL  I.  —  Fruits  de  variétés  de  Palmiste 

(d'après  les  photographies  de  M.   Beccari), 

I.  —  Dura  d'Allada-Niaouli  (Dahomey). 
IL  —  Tenera  d'Allada-Niaouli. 

III.  —  Intermédiaire  entre  Tenera  et  Pisifera. 

IV.  —  Leucocarpa  de  Dabou. 
V.  —  Macrocarpa  (noyau). 

VI.  —  Pisifera. 
MI  et  VIII.  —  Ceredia. 

IX.  —  Repanda  de  Niaouli. 
X.  —  Repanda  d'Adjonaja. 
XI.  — Inter  média. 
XII.  —  Spectabilis.  : 

XIII.  —  Idolatrica. 

XIV.  —  Gracilinux. 


Pl.  I.    -  Fruits  de  variétés  de  palmiste. 
(d'après  les  photographies  de  M.  Bi  •  i  \ 


70  LES    VARIÉTÉS    DU    PALMIER    A    HUILE 


PI.  II.  —  Fruits  et  noyaux  de  variétés  de  Palmiste 

(d'après  les  photographies  de  M.  Beccari). 

I.  —  Ceredia  du  Vieux-Calabar. 
II.  —  Rostrata  du  Vieux-Calabar. 

III.  —  Angulosa  du  Vieux-Calabar. 

IV.  —  Dura  du  Vieux-Calabar. 
V.  —  Gracilinux  du  Dahomey. 

VI.  —  Idolatrica  de  la  Gold  Coast. 
VII.  —  Tenera  de  la  Cold  Coast. 
VIII.  —  Dura  de  la  Gold  Coast  (noyau). 
IX.  —  Dura  du  Congo  belge. 
X.  —  Semidura  de  la  Gold  Coast  (noyau). 
XI.  —  Compressa. 
XII.  —  Rostrata  ? 

XIII.  —  Ceredia,  forme  caryolytica,  de  la  Gold  Coast. 

XIV.  —  Ceredia  de  la  Gold  Coast. 
XV.  —  Fatua.  de  la  Gold  Coast. 

XVI.  —  Macrophylla. 
XVII.  —  Virescens  ?  (Abedam-cross  de  la  Gold  Coast). 
XVIII.  — •  Albescens  de  la  Gold  Coast. 


l'i..   li.         Frutti  et  noyaux  de  variétés   de  palmisU 
d'après  les  photographies  de  M.  Bfci  km. 


72  LES    VARIÉTÉS    DU    PALMIER    A    HUILE 


PI.  III.  —  Noyaux  de  variétés  de  Palmiste  en  section  transversale 

(d'après  les  photographies  de  M.  Beccari.) 

I.  —  Dura  d'Allada-Xiaouli  (Dahomey). 
II.  —  Tenera  d'Allada-Xiaouli. 

III.  —  Leucocarpa  de  Dabou  (Côte-d'Ivoire). 

IV.  —  Pisijera  du  Bas-Dahomey. 

V.  —  Ceredia  de  Bingerville.  (Côte  d'Ivoire) 
VI.  —  Ceredia. 
VII.  ■ —  Idolatrica  du  Dahomey. 
VIII.  —  Repanda  de  Niaouli  (Dahomey). 
IX.  —  Repanda  d'Adjonaja  (Dahomey). 
X.  —  Intermedia  d'Ouidah  (Dahomey). 
XI.  —  Spectabilis  du  Dahomey. 
XI'.  —  Ceredia  du  Vieux-Cal abar. 
XII.  —  Gracilinux  du  Dahomey. 
XII'.  —  Rostrata  du  Vieux-Calabar. 

XIII.  —  Angulosa  du  Vieux-Calabar. 

XIV.  —  Dura  du  Vieux-Calabar. 
XV.  —  Idolatrica  de  la  Gold  Coast. 

XVI.  —  Tenera  de  la  Gold  Coast. 
XVII.  —  Dura  de  la  Gold  Coast. 
XVIII.  —  Dura  du  Congo  belge. 
XIX.  —  Semidura  de  la  Gold  Coast. 
XX.  ■ — ■  Compressa. 
XXI.  —  Rostrata  ?  de  Buitenzorg. 
XXII.  —  Ceredia,  forme  caryolytica,  de  la  Gold  Coast. 
XXIII.  —  Fatua,  de  la  Gold  Coast. 

XXIV.  —  Macrophylla,  de  la  Gold  Coast. 

XXV.  — -  Abedam-cross  de  la  Gold  Coast. 
XXVI.  —  Albescens,  de  la  Gold  Coast.  \ 


l'i.  I    I.       Noyaux  de  variétés  de  palmiste  en  section  ti 
(d'après  les  photographies  d<   Vf.  Beccarî). 


Quelques   données   sur   l'état   actuel 
de   la   Culture   cotonnière 


Ce  ne  sont  pas  les  événements  présents  qui  ont  posé  pour 
les  Etats  d'Europe  le  problème  de  la  culture  cotonnière  dans 
les  colonies  ;  ils  en  ont  seulement  rendu  la  solution  plus 
urgente.  «  Il  est  naturel,  écrivait  en  1911  M.  W.  Dunstan.  que 
toutes  les  grandes  nations  européennes  soient  actuellement 
préoccupées  de  l'avenir  d'une  de  leurs  plus  importantes  indus- 
tries manufacturières,  dans  laquelle  sont  engagés  de  nombreux 
millions  de  travailleurs.  La  possibilité  d'un  déficit  imprévu 
dans  les  stocks  de  coton  brut  ou  une  hausse  artificielle  d*>* 
prix  sont  des  événements  touchant  à  des  intérêts  si  nombreux 
et  si  considérables  que  cette  question  mérite  de  retenir  ré- 
tention des  hommes  d'Etat  du  monde  entier.  » 

Les  Etats-Unis,  où  12  à  16  millions  d'hectares  sont  con- 
sacrés, dans  les  Etats  du  Sud,  à  la  culture  du  cotonnier, 
fournissent  de  longue  date  un  peu  plus  des  deux  tiers  des 
cotons  bruts  annuellement  manufacturés.  La  production 
indienne  égale  à  peine  le  quart  de  la  production  nord-améri- 
caine et  l'Egypte,  qui  d'ailleurs  s'est  plutôl  réservé  jus 
qu'alors  (1)  la  spécialité  dc^  produits  de  haute  qualité,  a  (!• 


i  \)  |]  faut  bien  remarquer  cependant  que  la  qualité  des  cotons  égyp- 
tiens paraît  depuis  quelque  temps  diminuer  sensiblement,  pendant  que 
li  cotons  américains  s'améliorent.  Les  filateurs  du  Lancashire  -"fit 
unanimes  ;'■  dire  que  les  cotons  égyptiens  n'ont  plus  la  même  rinesse,  la 
même  résistance  <•!  la  même  longueur  qu'autrefois  :  il-  donnent  plus  de 
déchets.  La  coloration  jaunâtre  du  Mit-.  1/7//.  qui  était  si  appréi  iée,  tend 
il  ténuer. 

l..i  culture  des  longue  soie  esl  un  problème  aujourd'hui  ;<  l'i  tude 
dans  1"  I  nde. 


76  QUELQUES    DONNÉES 

récoltes  qui  n'atteignent  même  pas,  en  quantité,  la  moitié  de- 
celle  de  l'Inde.  Les  planteurs  européens  sont  donc  inévitable- 
ment sous  l'entière  dépendance  des  envois  que  peuvent  ou 
veulent  bien  faire  les  Etats-Unis. 

Or,  d'une  part,  les  dégât  s  que  cause  depuis  déjàuncert  ainnom- 
bre  d'années  le  charançon  de  la  capsule,  Y  Anthonomus  grandis, 
puis  aussi,  semble -t -il,  des  méthodes  de  travail  qui  ne  sont 
peut-être  pas  aussi  perfectionnées  qu'on  pourrait  le  supposer 
ou  le  souhaiter,  ainsi  que,  en  tout  cas,  des  difficultés  certaines 
de  main-d'œuvre  et  la  faveur  dont  jouissent  de  plus  en  plus 
d'autres  cultures,  sous  l'influence  de  nouvelles  conditions 
économiques  (progrès  des  transport  s,  industrie  frigorifique,  etc.) 
sont  autant  de  causes  qui  font  déjà  obstacle  à  l'accroissement 
de  la  production  nord-américaine.  En  ces  dernières  années, 
cette  production  (14.614.000  balles  en  1913-1914,  15.905.840 
en  1914-1915  et  11.068.073  en  1915-1916)  (1)  ne  s'est,  au  plus, 
que  maintenue,  quand  encore  elle  n'a  pas  fléchi. 

D'autre  part,  les  Etats-Unis,  en  multipliant  leurs  usines, 
manifestent  de  plus  en  plus  leur  intention  de  manufacturer 
eux-mêmes  le  produit  qu'ils  récoltent.  Le  nombre  de  leurs 
broches  —  nombre  qui  est  de  56  millions  environ  en  Angle- 
terre, dans  le  Lancashire  (2)  —  serait  aujourd'hui  d'au  moins 


(1)  Les  balles  étant  de  227  kilogrammes,  la  production  a  donc  été  de 
3.610.625  tonnes  en  1914-1915  et  2.512.452  tonnes  en  1916.  Les  mêmes 
années,  elle  a  été  respectivement  de  949.273  tonnes  et  668.958  tonnes 
dans  l'Inde,  et  314.496  tonnes  et  218.485  tonnes  en  Egypte.  Soit,  au 
total,  pour  ces  trois  principaux  pays  cotonniers,  4.874.394  tonnes  en 
1914-1915  et,  par  suite  de  l'avilissement  des  prix  en  cette  année. 
3.399.895  tonnes  seulement  en  1915.-1916. 

Les  ensemencements  de  1916-1917  ayant  été  également  insuffisants, 
et  le  temps,  d'autre  part,  ayant  été  défavorable,  on  sait  que  ce  fut  cette 
raréfaction  prévue  de  la  matière  première  qui  détermina  à  la  fin  de  juin 
1917  une  hausse  exagérée  des  prix.  Le  Middling  atteignit  19  d.  1/2  à 
Londres  le  29  juin.  Les  grandes  bourses  du  coton  de  Liverpool,  du 
Havre  et  de  New-York  furent  aussitôt  momentanément  fermées. 

Le  17  août,  le  prix  à  Londres  était  de  nouveau  de  20  pence,  et  il 
redescendait  à  19  d.  1  /2  le  31.  Il  était  de  17  d.  le  14  septembre. 

(2)  En  1907,  le  nombre  des  broches  de  l'Angleterre  était  de  50.679.640 
et  celui  des  Etats-Unis  26.242.000,  pendant  qu'on  en  comptait  en  Aile- 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotonnière      77 

33  millions  (chiffre  donné  au  31  juillet  1916)  ;  et,  alors  que, 
en  1910-1911,  la  grande  république  américaine  n'utilisait 
encore  que  35,6  p.  100  de  sa  récolte,  elle  en  a  employé  depuis 
lors,  progressivement,  38,2  en  1912-1913,  37,8  en  19134914, 
40,2  en  1914-1915  et  58,3  p.  100  en  1915-1916. 

Enfin  il  faut  bien  dire  encore  que,  indépendamment  de 
toutes  les  causes  précédentes,  les  Etats-Unis  n'ont  jamais 
semblé  bien  désireux,  pour  un  autre  motif,  d'augmenter  leurs 
récoltes.  Profitant  de  la  sorte  de  monopole  qu'ils  détiennnent 
sur  les  qualités  courantes,  les  planteurs  américains,  représentés 
par  leurs  Associations,  se  sont  toujours  préoccupés  de  main- 
tenir les  cours  au  mieux  de  leurs  intérêts,  sans  se  soucier  outre 
mesure  des  nécessités  mondiales.  Et,  dans  ce  but,  non  seule- 
ment leurs  vastes  entrepôts  leur  permettent  de  limiter  la  vente 
aussitôt  que  les  prix  tendent  à  baisser,  mais,  en  outre,  dès  qn- 
cette  baisse  se  manifeste,  les  ensemencements  de  Tannée  sui- 
vante sont  également  réduits.  C'est  ce  qui  eut  lieu,  par  exemple, 
après  les  années  1904,  1908  et  1912. 

Et  c'est  pour  toutes  ces  raisons  que  l'Angleterre  —  qui  dut 
déjà  plusieurs  fois,  dans  le  passé,  avoir  recours  au  short  time, 
c'est-à-dire  à  un  chômage  partiel  —  s'inquiète  à  bon  droit  «l»- 
l'avenir.  Mais  combien  alors  notre  inquiétude,  en  Franc.-, 
doit-elle  être  plus  grande  encore  ? 

A  la  rigueur,  la  Grande-Bretagne  pourrait  peut-être  trouver 
dans  ses  possessions,  sinon  en  qualité,  du  moins  en  quant  il 
la  matière  première  nécessaire  àl'alimentation  de  ses  fabriques. 
Si  le  Lancashire  consomme  annuellement  un  cinquième  envi- 


magne  9.339.448,  en  France  6.800.000,  en  Russie,  6.500.000,  aux  Indes 
5.279.595,   en    Autriche   3.616.434,   en    Italie   3.500.000,   en    Espaj 
1.850.000,  .-ii  Suisse  1.484.000,  au  Japon  L.483.497. 

Remarquons  que  non  seulemenl  ce  nombre  des  broches  augmente 
progressivement,  mais  qu'en  outre  ces  broches  tournenl  aujourd'hui 
plus  vite  que  jadis,  et  dans  la  proportion  de  66  à  59,  si  l'on  compare  les 
années  1910  el  1896.  En  1912,  le  nombre  total  des  broches  dans  le  monde 
étail  de  plus  de  135  millions,  dont  56.750.000  en  Grande-Bretagne. 

Dans  l'année  qui  précéda  la  guerre,  la  valeur  des  exportations 
tissus'  de  coton  du  Lancashire  fut  de  127  millions  de  li vi  soil 

3  milliards  175  millions  de  francs.  Surce  total  l'Inde  importa  29,3  p    : 


78  QUELQUES    DOSÉES 

ron  (1)  de  la  récolte  cotonnière  mondiale  (qui  est  de  20  à 
27  millions  de  balles),  c'est  cette  quantité  à  peu  près  que  pro- 
duit l'Empire  Britannique  ;  et  le  Royaume-Uni,  qui  n'utilise 
pas  la  moitié  de  sa  récolte  coloniale,  achète  aux  Etats-Unis 
du  coton  brut  (40  à  50  millions  de  livres  sterling  par  an), 
parce  que  ce  coton  est  le  seul  qui  convienne  à  certaines  de  ses 
usines. 

Tel  n'est  même  pas  notre  cas.  Indépendamment  de  toute  con- 
sidération de  qualité,  toutes  nos  colonies  réunies  ne  peuvent 
nous  donner  actuellement  même  le  centième  de  la  quantité 
de  coton  (plus  d'un  million  de  balles),  qui  nous  était  déjà 
indispensable  avant  la  guerre. 

En  quelle  situation  nous  trouverons-nous  donc  demain,  au 
milieu  du  bouleversement  économique  qui  sera  l'une  des 
conséquences  de  la  lutte  en  cours,  si  nous  ne  nous  préoccupons 
pas  dès  maintenant  de  remédier  aux  éventualités  qu'il  est 
facile  de  prévoir  ? 

Nous  ne  voulons  même  pas,  d'ailleurs,  envisager  la  question 
au  point  de  vue  des  énormes  besoins  immédiats  de  la  période 
d'après-guerre.  A  ces  besoins  tout  momentanés  il  ne  sera 
possible  à  aucune  nation  —  en  dehors  des  Etats-Unis,  qui  ont 
la  ressource  de  se  réserver  leur  production  —  de  faire  face 
dans  des  conditions  autres  que  celles  du  passé  ;  aucun  peuple 
n'a  aujourd'hui  le  temps  ni  les  moyens  de  modifier  sensible- 
ment, dans  le  délai  voulu,  ces  conditions  anciennes.  Mais  le 
futur  essor  économique,  et  essor  durable,  que  chacun  se  plaît 
actuellement  à  prédire  à  son  propre  pays  —  en  admettant  que 
les  intentions  que  nous  entendons  partout  si  hautement  ex- 
primer soient  de  notre  part  mieux  que  des  mots  —  doit  en- 
traîner un  tel  développement  de  nos  manufactures,  comme 
de  celles  de  tous  les  autres  Etats  (2),  qu'il  nous  faudra  bien, 


(1)  Quarante  fois  à  peu  près,  fait  remarquer  la  presse  anglaise,  ce  qu'a 
réussi  à  produire  annuellement  (100.000  balles)  la  «  British  Cotton 
Growing  Association  »,  créée  depuis  une  quinzaine  d'années. 

(2)  Parmi  les  pays  où  l'industrie  cotonnière  fera  certainement  de 
grands  progrès  dans  un  avenir  prochain,  il  ne  faut  pas  oublier  la  Chine, 
qui,  déjà  avant  la  guerre,^avait  commencé  à  multiplier  ses  filatures  de 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotonnière      79 

de  toute  nécessité,  trouver  sur  notre  propre  domaine  les  élé- 
ments qui  nous  permettront  de  participer  à  cette  renaissance 
industrielle,  dans  l'effroyable,  et,  nous  pourrions  dire,  l'im- 
pitoyable concurrence  qui  s'annonce. 

Et  nous  répétons  que,  pour  l'industrie  cotonnière,  nous  ne 
sommes  pas  assurés,  faute  de  matière  première,  de  maintenir 
—  bien  loin  donc  de  l'étendre  —  notre  activité  manufacturière 
de  jadis.  Or,  ainsi  que  le  rappelait  M.  Audiffred  à  l'une  des 
séances  de  mars  1917  de  l'Académie  d'Agriculture,  les  tisseurs 
et  fileurs  de  coton  sont,  en  France,  au  nombre  de  300.000, 
«  ce  qui  représente,  en  y  comprenant  les  femmes  et  les  enfant  s. 
une  population  de  1.200.000  âmes  vivant  de  l'industrie  coton- 
nière.  » 

Nous  risquons  ainsi  à  la  fois  de  ne  plus  pouvoir  fournir  à 
plusieurs  certaines  de  mille  d'ouvriers  le  travail  auquel  ils 
sont  habitués  et  d'être  contraints  d'acheter  à  l'étranger  les 
tissus  que  nous  ne  serons  plus  à  même  de  fabriquer. 

A  un  autre  point  de  vue  —  qui  a  également  son  intérêt  — 
M.  Audiffred  faisait  encore  remarquer,  dans  la  même  séance 
de  l'Académie  :  «  Nous  manufacturions  avant  la  guenv 
235  millions  de  kilogrammes  de  coton,  qui  nous  coûtaient 
400  millions.  Aujourd'hui,  h»  prix  du  kilogramme  de  coton  -i 
plus  que  doublé  et  nous  dépensons  plus  de  800  millions  (2). 
Au  lieu  de  porter  cette  somme  aux  Etats-1'nis,  »ui  Egypte  ou 
dans  l'Inde,  si  nous  la  portions  dans  nos  colonies,  nous  aug- 
menterions dans  une  proportion  considérable  le  bien-être  d 


coton,  surtoul  après  la  guerre  russo-japonaise.  Il  y  aurail  actuellement, 
dans  l'Empire  chinois,  au  moins  :;i  filatures,  avec  plus  d'un  million  de 

broches  el  environ  1.500  métiers,  alors  qu'il  n'y  avail  pas! .000  broches 

il  y  ;i  vingt  ans.  La  consommation  totale  de  coton  par  toutes  les  filatun  s 
réunies  s'élèverait  à  au  moins  120.000  tonnes.  Ce  sont  donc  de  nouvelles 
quantités  de  coton  qui  se  trouveront  prises  sur  les  exportations  réduites 
des  Etats-1  nis. 

2)  950  millions  ,  a  rectifié  M.  D)  bowski.  Et,  puisque  l'occasion  s'en 
présente,  nous  notons  i<i  avec  plaisir  et  confiance  le  haut  intérêt  que 
porte  à  cette  si  importante  question  cotonnière  1'  \-  adémie  d1  Vgrii  ulturn 

de  France.  Puisse  la  voix  si  autorisée  des  personnalités  qui  h nposenl 

avoii  sur  les  décisions  gouvernementales  l'influei lésirablel 


80  QUELQUES    DONNÉES 

ces  populations  qui  nous  rendent  à  l'heure  actuelle  l'immense 
service  de  combattre  dans  les  rangs  des  soldats  de  la  métro- 
.  pôle,  ou  qui  travaillent  dans  nos  usines  de  guerre  ;  en  les  enri- 
chissant de  400  millions  par  an,  nous  leur  donnerions  un 
pouvoir  d'achat  correspondant,  en  produits  des  industries 
françaises.  » 

C'est  donc  bien  pour  de  multiples  et  sérieuses  raisons  que 
la  culture  du  cotonnier  dans  nos  colonies  est  pour  notre  France 
une  question  d'une  importance  capitale. 

Voyons  maintenant  —  car  c'est  un  des  facteurs  de  notre 
succès  que  nous  ne  perdions  jamais  de  vue  tous  les  efforts 
entrepris  de  divers  côtés,  et  que  nous  nous  tenions  au  courant 
de  tous  les  progrès  accomplis  chez  nous  et  ailleurs  —  ce  qui 
s'est  fait  en  ces  dernières  années,  soit  dans  les  grands  pays 
cotonniers,  soit  en  d'autres  contrées  où  il  semble  que  la  culture 
du  cotonnier  puisse  être  étendue  ou  introduite. 

Algérie 

La  culture  du  cotonnier  a  été  pratiquée  de  tout  temps  en 
Algérie,  dans  le  Tell  et  les  Oasis,  et,  en  1866,  l'Algérie  exportait 
750  tonnes  de  cotons  de  toutes  qualités.  Mais,  sous  diverses 
influences,  cette  culture  fut  ensuite  délaissée,  et  il  n'y  a  guère 
que  depuis  une  douzaine  d'années,  vers  1904,  qu'elle  a  com- 
mencé à  reprendre. 

La  récolte  commence  à  la  fin  de  septembre  ou  au  commen- 
cement d'octobre,  et  il  y  a  quatre  ou  cinq  cueillettes  successives. 

Comme   variétés,   M.  Trabut   (1)  recommande  les  cotons 

égyptiens,  qui  ont  bien   «  une  période  de  végétation  un  peu 

longue  pour  ces  contrées  ;  mais,  par  une  sélection  attentive 

des  races  locales  qui  ne  manquent  pas  de  se  manifester,  il  est 

possible  d'atténuer  ce  défaut   ». 


(1)  Trabut.  — «  Instructions  pour  la  Culture  du  Cotonnier  en  Algérie  ». 
Bulletin  des  Informations  agricoles  du  Gouvernement  général  de  V Algérie, 
Alger,  1917. 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotonmère      81 

«  Les  variétés  égyptiennes  Abassi,   Mit-Afifi,   Janovitch, 
Xoubari,  dit  encore  M.  Trabut,  ont  donné  des  résultats  satis- 
faisants ;  mais  il  convient  de  séparer  de  ces  races  les  formes 
qui  conviennent  le  mieux  à  la  région,  et  obtenir  des  formes 
locales  aussi  pures  que  possible.  » 

Le  Noubari,  par  exemple,  a  donné  de  bons  produits  en 
Algérie.  Depuis  1910,  M.  Colin,  à  l'Union  du  Sig,  en  Oranie, 
s'est  attaché  à  le  sélectionner  et  a  obtenu  le  «  Coton  de 
l'LTnion  du  Sig  »,  avec  lequel  on  a  obtenu,  en  1916,  20  quintaux 
-de  coton  brut  à  l'hectare.  8.831  kilogrammes  de  cette  récolte 
ont  fourni  à  l'égrenage  2.600  kilogrammes  de  coton  égrené, 
qui  a  été  vendu  à  Marseille  500  francs  le  quintal.  C'est  donc 
un  rendement  de  3.000  francs  à  l'hectare. 

Dans  la  brochure  à  laquelle  nous  empruntons  les  renseigne- 
ments précédents,  M.  Trabut  recommande  la  formation  de 
groupements  coopératifs,  qui  n'auraient  pas  seulement  pour 
but  d'aider  les  cultivateurs  dans  les  travaux  d'égrenage  et  de 
préparation  de  leurs  cotons,  mais  qui  exerceraient  aussi  une 
surveillance  sur  le  choix  des  semences  et  faciliteraient  la  vente 
des  récoltes  dans  les  meilleures  conditions. 

Des  coopératives  d'égrenage  ont  d'ailleurs  été  créées  d 
1908  à  Philippe  ville,  à  Bône  et  à  Orléansville.  A  Oran,  l'As- 
sociation Cotonnière  Coloniale  a  distribué  des  graines,  installé 
une  usine  d'égrenage  et  créé  des  facilités  pour  la  vente. 

La  culture  du  cotonnier  en  Algérie,  dit  M.  Trabut,  doit 
être  surtout  développée  dans  les  terres  irrigables  et  acces- 
soirement dans  des  sols  conservant  assez  d'humidité  sans 
irrigation.  L'Oranie,  la  plaine  du  Chélif,  les  plaines  el  Le 
littoral  constantinois  disposent  du  limât,  du  sol  et  de  l'eau 
pour  tirer  de  la  culture  du  cotonnier  de  grands  profit  s 

L'irrigation,  ajoute  le  même  auteur,  est    généralement 
considérée   comme   indispensable;   cependant,    il    n'est    pas 
impossible   d'obtenir,   dans  des  sols   profonds  et    Frais   des 
plaines  de  l'Est .  de  bonnes  récoltes  sans  irrigat  ion  ;  mais  cetti 
culture  du  cotonnier  sans  Irrigation  demande  encore  des  pré 
cisions  •■!  doit  faire  l'objet  <\r  nouvelles  recheri  hes  et  obs< 
vations  avant  d'être  adoptée  en  grand.       ajoutons  que,  en 


82  QUELQUES    DONNÉES 

fait,  des  essais  tentés  en  ce  sens  par  M.  F.  Godard  à  l'Ecole 
d'Agriculture  de  Philippe  ville  ont  déjà  donné  des  résultats 
encourageants. 

Maroc 


Le  Maroc  parait  bien  appelé  à  devenir  en  certaines  régions, 
telles  que  Colomb-Béchar,  Rabat,  Aïn-Zibet,  Souk-el-Rabat, 
un  pays  cotonnier  du  plus  haut  intérêt  ;  et  nous  aurons  cer- 
tainement l'occasion  de  donner  dans  la  suite  des  renseigne- 
ments plus  détaillés  et  plus  précis.  Pour  l'instant,  nous  nous 
contentons  de  signaler  les  quelques  essais  déjà  faits. 

Les  surfaces  ensemencées- en  cotonniers  étaient  de  35  hec- 
tares en  1914,  12  hectares  en  1915,  45  hectares  en  1916.  On 
signale  les  rendements,  par  hectare,  de  1.000  kilogrammes 
(de  coton  brut  évidemment)  d'Abassi,  et  de  la  même  quantité 
pour  le  Porto-Rico. 

Ce  «  Porto-Rico  »  a  été  apprécié  par  les  experts  et  coté 
4  francs  le  kilogramme,  pendant  que  d'autres  variétés  étaient 
cotées  de  1  fr.  20  à  2  francs. 

En  1915,  F  hectare  a  rapporté  2.240  francs  pour  YAbassi  et 
4.000  francs  pour  le  Porto-Rico. 


Haut-Sénégal-Niger 

L'importance  de  la  culture  du  cotonnier  augmente  peu  à 
peu  dans  la  colonie.  Dans  les  seules  régions  (1)  où  l'Association 
Gotonnière  exerce  son  action,  les  exportations  sont  passées  de 
25  tonnes  en  1907-1908  à  400  tonnes  de  coton  brut  en  1913- 
1914.  La  quantité  cultivée  sur  place  par  les  indigène's  peut, 
en  outre,  être  évaluée  à  1.000  tonnes. 


(1)  Annuaire  du  Gouvernement  général  de  V Afrique  Occidentale  Fran- 
çaise, 1915-1916,  Paris,  Librairie  Larose,  1916. 


sur  l  etat  actuel  de  la  culture  cotonmère      83 

Cote  d'Ivoire 

C'est  vers  1908  (2)  que,  pour  répondre  à  l'appel  de  l'Asso- 
ciation Cotonnière  Coloniale,  le  gouverneur  de  la  colonie  a 
commencé  à  se  préoccuper  de  développer  la  culture  du  coton- 
nier à  la  Côte  d'Ivoire,  en  vue  de  l'exportation. 

Antérieurement,  cette  culture  n'était  faite  parles  indigènes, 
dans  le  Nord  de  la  colonie,  qu'en  vue  de  l'industrie  familiale  ; 
et  les  quelques  essais  faits  en  1902  pour  introduire  les  variétés 
améliorées  américaines  ou  égyptiennes  n'avaient  donné  que 
de  très  médiocres  résultats. 

Mais,  vers  1908,  aidé  par  l'Association  Cotonnière.  le 
Gouvernement  local,  pour  lequel  ce  précédent  échec  était  du 
moins  une  indication,  porta  plutôt  son  attention  surles  variétés 
indigènes,  et  s'attacha  alors  à  cultiver  celles  de  ces  variétés 
les  «  mieux  appropriées  au  sol  et  susceptibles  d'être  produites 
le  plus  facilement  et  le  plus  régulièrement  en  quantité  com- 
merciale d'au  moins  5.000  à  10.000  kilogrammes  de  fibres 
nettes  ».  En  même  temps,  l'Association  envoyait  de  petites 
égreneuses  à  bras  à  treize  scies,  pour  la  préparation  des  pre- 
mières récoltes. 

En  1912,  au  moment  où  le  chemin  de  fer,  après  avoir  tra- 
versé le  sud  du  Baoulé,  était  sur  le  point  d'atteindre,  à  Bouaké, 
la  région  cotonnière  proprement  dite,  une  usine  d'égrenage 
et  de  pressage,  destinée  à  remplacer  les  appareils  à  bras,  de 
trop  faible  rendement,  fut  montée  à  Bouaké  même.  Kl.  depuis 
lors,  il  a  él  é  successivement  exporté  en  coton  égrené  : 

1913 ih   tonn 

1914 73 

1915 

1916  (estimation) 350 

Les  95  bonnes  de  L915  (exactemenl  94.848  kilogrammes) 
ont  représenté  une  valeur  de  35.419  fram  s. 


2    Situation  de  la  Culture  du  Cotonnier  et  de  la  Production  du  Coton 
à  la  Côte  d'Ivoire  au  \~>  octobre  1916.  Bingerville,  1917. 


84  QUELQUES    DONNÉES 

Pour  1916,  la  récolte  de  coton  brut  a  été  de  1.217.221  kilo- 
grammes, dont  la  production  s'est  ainsi  répartie  : 

Cercle  du  Baoulé   568 .  225  kgr. 

—  des  Tagouanas,  district  de  Darako- 

londougou 122 .  196  kgr. 

—  du   Ouorodougou,   district   de  Man- 

kono 28 .  699  kgr. 

—  des  Tagouanas,  moins  le  district  de 

Darakolondougou 30 .  000  kgr. 

—  du  Ouorodougou,  district  de  Seguela       33.000  kgr. 

—  du  Ouorodougou,  district  de  Man- 

kono 20 .  000  kgr. 

de  Kong 90 .  000  kgr. 

—     du  N'zi,  district  de  Yamoussoukro .  75.000  kgr. 

district  de  Ouellé 27 .  000  kgr. 

de  Toumodi 96 .  000  kgr. 

de  Bongouanou. ...  54 .  000  kgr. 
de  Boca  n'da  et  de 

Dimbokro 73 .  000  kgr. 

Tous  ces  cotons  ont  été  égrenés  à  : 

Bouaké,  pour  les  trois  premières  régions  ; 
Dabakala,  pour  la  quatrième  ; 
Seguela,  pour  les  deux  suivantes  ; 
Koroko,  pour  la  septième  ; 
Yamoussoukro,  pour  la  huitième  ; 

Dimbokro,  pour  les  districts  du  cercle  du  N'zi  autres  que 
celui  de  Yamoussoukro. 

Mais,  tandis  qu'à  Bouaké  et  Dimbokro,  en  raison  de  leur 
situation  sur  la  voie  ferrée,  le  travail  est  effectué  dans  des 
usines  à  vapeur,  c'est  encore  le  matériel  à  bras,  constitué  par 
des  égreneuses  à  seize  scies,  qui  est  en  usage  dans  les  autres 
stations  d'égrenage. 

Les  cotonniers  actuellement  cultivés  sont,  les  uns  à  graines 
indépendantes,  lisses  (espèce  barbadense)  ou  vêtues  (espèce 
hirsutum  probablement),  et  les  autres  à  graines  à  rognons 
(espèce  peruçianum). 

En  1913,  M.  Raymond  concluait  de  ses  premières  expé- 
riences, faites  dans  la  région  de  Bouaké,  que  la  multiplication 
la  plus  avantageuse  était  celle  de  la  variété  «  à  graines  lisses 
et  indépendantes  ». 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotonnière      85 

En  1915,  où  la  hauteur  totale  des  pluies  fut  de  1  m.  062, 
avec  une  période  de  sécheresse  en  juillet,  les  rendements 
de  cette  variété  furent  de  345  kilogrammes  à  l'hectare,  avec, 
à  l'égrenage,  32  p.  100  de  poils  de  25  à  26  millimètres  de 
longueur. 

Ce  type  de  coton  peut  être  bisannuel,  mais  la  seconde  récolte 
est  toujours  plus  faible  que  la  première  ;  le  rendement  en  poils 
est  aussi  moins  élevé  et  ces  poils  sont  plus  irréguliers. 

Mais  il  semble  établi  que  les  bons  cotons  de  la  Côte  d'Ivoire 
ont  un  écoulement  assuré.  Ils  peuvent  obtenir  3  ou  4  francs 
de  prime  sur  le  «  Middling  »,  qui  est  le  type  courant  du  coton 
américain  ;  ils  sont  à  poils  peut-être  plus  irréguliers,  mais 
certainement  plus  longs  que  ceux  de  ce  «  Middling  ». 

En  1916,  à  Bouaké,  ces  cotons  égrenés  et  emballés  étaient 
vendus,  aux  diverses  adjudications,  de  1.610  francs  (28  juillet) 
à  1.700  francs  (15  octobre)  la  tonne. 

Dahomey 

Nous  avons  dit  l'année  dernière  (1)  que  c'est  surtout  dans  le 
Moyen-Dahomey  et,  en  particulier,  dans  le  cercle  de  Savalou, 
qu'est  cultivé  le  cotonnier.  Savalou  fournit  70  p.  100  de 
l'exportation  générale  ;  c'est  là  que  se  trouvent  les  usines 
d'égrenage. 

Par  suite  de  l'abaissement  des  cours  et  des  difficultés  d'ex- 
pédition, l'exportation  n'a  atteint,  en  1915,  que  68.297  kilo- 
grammes de  coton  égrené  (85.372  francs),  contre  134.586  kilo- 
grammes en  1914  (168.233  francs). 

Indochine 
La  qualité  du  coton  cambodgien,  d'après  M.  Brenier  (2), 


(1)  il.  Jumelle  :  Les  Recherches  récentes  sur  les  Ressources  des 
Colonies  françaises  <•!  étrangères  ••!  des  autres  Pays  chauds  [nnales 
du  Musée  Colonial,  1916,  3e  Fascicule,  p.  55 

il    BrcnicT  :  ■  Les  Ressources  de  l'Indochine  el   leur  mise  en  valeur 
après  la  (  îuerre  a  [Bulletin  de  I"  Socit  té  d'Encouragement  /""//•  VIndm 
national,  .  Paris,  19  H'»). 


86  QUELQUES    DONNÉES 

serait  bien  supérieure  à  celle  du  coton  indien.  A  la  suite  d'un 
essai  industriel,  M.  Paul  Ancel,  de  la  maison  Ancel-Leitz, 
écrivait  dès  1904  que,  quoique  le  coton  du  Cambodge  n°  1 
soit  d'une  qualité  inférieure  au  «  Louisiane  »  comme  résis- 
tance, et  surtout  comme  longueur  de  poils,  il  est  possible 
d'arriver,  un  peu  au  détriment  de  la  production  il  est  vrai, 
à  faire  le  même  genre  de  fils  qu'avec  ce  dernier.  Avec  des 
machines  appropriées,  le  travail  serait  certainement  meilleur  ; 
et  ce  genre  de  coton  indochinois  se  travaille  bien  mieux  aux 
machines  étireuses  que  le  Louisiane,  par  suite  de  la  finesse  des 
poils. 

M.  Brenier  rappelle  que  le  Japon  achète  à  bas  prix  tout  ce 
que  produit  le  Cambodge,  soit  de  3.000  à  5.000  tonnes  actuel- 
lement ;  et,  en  décembre  1911,  le  représentant  des  filateurs  du 
Lancashire  déclarait  que  ces  filateurs  étaient  acheteurs  de 
500.000  balles  de  coton  du  Cambodge,  tel  que  commençait  à 
le  produire  le  Sud  de  l'Inde,  si  on  pouvait  le  leur  fournir. 

La  superficie  cultivée  en  cotonniers  au  Cambodge,  qui  est 
uniquement,  à  l'heure  actuelle,  celle  que  permettent  les  inon- 
dations du  Mékong,  pourrait  être  étendue  par  des  travaux  de 
colmatage  qu'il  faudrait  obtenir  de  l'autorité  locale. 

Possessions  françaises  d'Océanie 

Nous  avons  déjà  dit  dans  ces  Annales  (1)  qu'il  était  exporté 
en  1915  : 

De  Nouvelle-Calédonie,   1.331.127  kilogrammes  de  coton 

non  égrené  ; 
Des  Etablissements  français  d'Océanie,  8.485  kilogrammes 

de  coton  égrené. 

Une  grande  partie  du  coton  exporté  de  Nouvelle-Calédonie 
est  récolté  aux  Nouvelles-Hébrides,  qui  ont  expédié  dans 
notre  vieille  colonie,  en  coton  brut  r 


(1)  H.  Jumelle  :   «  Les  Recherches  récentes  sur  les  Ressources  des 
Colonies  françaises  et  étrangères   »  {Annales  du  Musée  Colonial,  1916). 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotonnière      87 

1911 197.685  kgr. 

1912 316.324  kgr. 

1913 846.097  kgr. 

1914 1.088.703  kgr. 

1915 1.638.801  kgr. 

1916 1.751.905  kgr. 

Il  y  a  donc,  de  façon  continue,  léger  progrès  dans  notre 
production  cotonnière  des  Nouvelles- Hébrides. 

Les  1.751.905  kilogrammes  de  1916  étaient  évalués,  au  port 
d'embarquement,   875.930  francs. 

Les  Etablissements  Français  d'Océanie,  qui  expédiaient 
8.485  kilogrammes  de  coton  égrené  en  1915,  en  avaient  ex- 
porté 17.320  kilogrammes  en  1914. 


Etats-Unis 

Malgré  leur  forte  production  cotonnière  (tl  millions 
191.820  balles)  (1),  les  Etats-Unis  sont  tributaires  de  l'étran- 
ger pour  les  cotons  «  longue-soie  ».  Ces  cotons  à  poils  d'au 
moins  28  millimètres  ne  sont,  en  effet,  récoltés,  dans  le  Nord- 
Amérique,  qu'en  quantité  relativement  faible,  et  inférieure 
aux  besoins  des  fabriques  de  fils,  de  tricots,  de  dentelles  et 
surtout  de  bandes  pour  automobiles  et  bicyclettes.  A  elles 
seules,  les  manufactures  américaines  de  pneumatiques  et  de 
bandes  —  qui  ont  produit  en  1917  plus  de  56.000  kilogrammes 
de  ces  articles  —  ont  utilisé  plus  de  250.000  balles  de  <  longue- 
soie  .  Or  la  récolte  de  1915  en  «  Sea-Island  »  n'a  été  que  de 
'91.844  balles,  dont  57.572  de  Géorgie,  28.094  de  Floride  et 
6.178  de  la  Caroline  du  Sud  :  et.  au  total,  la  production  di 

long-si  aple    -  aurait  et  e  de  825.000  balles  (2).  Les  El  ;it  B-l  'ni- 


(1)  Nous  avons  «lit  plus  haut,  d'après  une  autre  statistique,  il  mil 
lions  068.073  balles. 

(2    La  quantité  de     longue-soie     récoltée  en  Egypte  en  1915  aurait 
été,  au  plus,  d'un  million  de  balles;  et  ce  serait  approximativemenl 
total,  -  millions  de  balles  de  ces  cotons  qui  auraient  été  produits,  en 

:  te  année,  dans  le  monde. 


88  QUELQUES    DONNÉES 

ont  donc  dû  importer  de  l'étranger  420.995  balles,  dont 
350.796  balles  de  «longue-soie  »  d'Egypte  ;  et  ainsi  s'explique 
le  désir  qu'a  la  République  nord-américaine  d'étendre,  dans 
les  régions  où  le  climat  et  le  sol  sont  favorables,  certaines 
variétés  égyptiennes,  ou  des  dérivés  de  ces  variétés. 

Au  nombre  de  ces  régions  serait  notamment  le  «  Grand 
Sud-Ouest  »,  c'est-à-dire  l' Arizona,  le  sud  de  la  Californie  et 
le  nord  du  Mexique.  De  grands  travaux  d'irrigation  ont  été 
entrepris  dans  cette  contrée  pour  la  mise  en  valeur  du  Désert 
du  Colorado,  et  déjà  des  résultats  satisfaisants  ont  été  obtenus, 
principalement  avec  le  Durango,  qui,  provenant  de  l'Etat 
mexicain  de  ce  nom,  serait  une  excellente  variété  à  longue 
soie  des  hautes  terres. 

Le  Durango  s'est  admirablemeat  acclimaté  dans  1" Impérial 
Valley  de  Californie.  Dans  cette  vallée,  où  toute  la  culture 
(correspondant  actuellement  à  200.00(1  hectares)  est  due  à 
l'irrigation,  les  cotonniers  couvraient  en  ces  derniers  temps 
40.000  hectares,  dont  18.000  sur  le  territoire  des  Etats-Unis 
et  22.000  au  Mexique.  Or,  la  récolte  de  1916  a  été  de  40.000 
balles  de  «  courte-soie  »  du  type  Big-boll  et  30.000  balles  de 
«longue-soie  »  Durango.  On  avait  obtenu  5.986  balles  en  1910, 
"  9.700  en  1911,  8.215  en  1912,  22,838  en  1913,  49.835  en  1914 
et  28.551  en  1915. 

Ces  dernières  statistiques  comprennent,  du  moins,  les  cotons 
récoltés  sur  le  territoire  des  Etats-Unis  et  ceux  qui.  récoltés 
au  Mexique,  ont  été  égrenés  en  Californie  américaine  (The 
India  Rubber  World,  mars  1917). 

Si  l'on  songe  qu'on  évalue  à  près  de  600.000  hectares  la 
superficie  qui  peut  être  irriguée  par  le  Colorado  (280.000  dans 
l'Impérial  Valley,  200.000  dans  le  delta  du  Colorado  et  80.000 
au  Mexique  dans  le  Sonora,  au-dessous  de  la  vallée  de  Yuma), 
on  voit  qu'il  y  a  place  encore  pour  l'accroissement  de  la  cul- 
ture des  «  longue-soie  ». 

Dans  l' Arizona,  dans  la  Sait  River  Valley,  il  a  été  également 
obtenu  des  cotons  qui  ont  la  caractéristique  des  cotons  égyp- 
tiens ;  et  sur  sols  irrigués,  où  de  la  luzerne  a  été  cultivée,  la_ 
moyenne   de   récolte   est   élevée.    En   ces   dernières   années, 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  coto^nière      89 

l' Arizona  a  exporté  2.229  balles  en  1912,  7.142  balles  en  1914, 
1.981  balles  seulement  (par  suite  des  bas  prix  de  1914)  en 
1915,  4.000  balles  en  1916. 

Egypte 

Nous  avons  déjà  vu  plus  haut,  en  note,  que  la  récolte  du 
coton  en  Egypte,  en  1915-1916  (du  1er  septembre  1915  au 
31  août  1916),  a  été  très  inférieure  à  celle  de  1914-1915 
(218.485  tonnes,  au  lieu  de  314.496).  Il  ne  semble  pas  que  la 
production  doive  s'élever  beaucoup  en  1916-1917,  car  la  sur- 
face ensemencée  en  1916  a  été  inférieure  à  celle  prévue 
(1.655.512  feddans,  au  lieu  de  1.750.000)  ;  et,  au  lieu  de 
8  millions  de  kantars,  on  prévoit,  à  raison  de  4  kantars  par 
feddan,  6.622.048  kantars,  soit  295.000  tonnes  environ,  c'est- 
à-dire  quelque  peu  plus  cependant  qu'en  1915-1916  (1). 

La  moins-value  sur  les  prévisions  n'est  pas  due  seulement 
à  la  moindre  surface  ensemencée,  mais  aux  dégâts  que  cause 
le  «  ver  de  la  graine  »,  ou  «  ver  rose  de  la  capsule  »,  qui  est 
le  Gelechia  gossypiella  (2). 

En  1915-1916,  la  prime  du  coton  égyptien  (dont  le  prix 
moyen  a  été  de  10  d.  42)  sur  le  Middling  américain  (valant 
7  d.  51)  a  été  de  39  p.  100,  alors  qu'elle  était  de  40  p.  100  en 
1914-1915.  La  moyenne,  depuis  1899,  avait  été  de  45  p.  101  ' 
(63  p.  100  en  1906-1907,  67  p.  100  en  1909- 1910)  (3). 


il)  Pour  1918,  le  Gouvernement  égyptien  a  décidé  de  restreindre  la 
surface  <!•■  culture  du  cotonnier.  Cette  décision  est  la  conséquence  des 
difficultés  de  transport  des  «rivales  de  l'Inde  .-t  d'Australie.  L'Egypte, 
qui  risque  de  ne  plus  être  suffisamment  approvisionnée  de  ce  i  ôté,  doit 
nécessairement  accroître  les  surfaces  de  culture  de  réaies;  et  la 

culture  <lu  (<»  ton  est  <lf  celles  qui  <loivent  être  momentanément  sacrifi 

2)  Ce  Gelechia  gossypiella,  on  pink  boll  worm,  qui,  apporté  vrai- 
semblablement de  l'Inde,  esl  aujourd'hui  un  des  plus  redoutables 
ennemis  du  cotonnier  en  Egypte,  n'y  est  apparu  qu'en  I9H.  Pour  le 
combattre,  on  chauffe  les  graines  dans  un  appareil  spécial  à  50°,  et  on 
tue  ainsi  98  p.  100  des  larves  qui  se  trouvent  dans  ces  graines,  où  elles 

-<»nt  installées  pour  passer  l'hiver. 
;    Malgré  la  supériorité  <lu  coton  égyptien,  c'est  le  coton  américain 

hfiddling'l  pland      qui,  en  raison  de  la  forte  production  des  Et 


90  QUELQUES    DONNÉES 

Au  sujet  des  dates  les  plus  favorables  d'ensemencement 
en  Egypte,  il  résulterait  des  recherches  de  MM.  Balls  et  Holton 
que.  sur  le  territoire  de  Gizeh  tout  au  moins,  la  meilleure 
récolte  est  celle  qui  correspond  à  des  semis  du  15  mars.  Ce 
qui  concorde  au  reste  avec  les  habitudes  des  cultivateurs 
égyptiens  de  la  contrée,  qui  ont  coutume  d'ensemencer  entre 
le  10  et  le  15  de  ce  mois. 


Soudan  Anglo-Egyptien 

Il  était  tout  naturel  que  le  Gouvernement  Britannique 
songeât  à  mettre  à  profit,  pour  la  culture  du  cotonnier,  le 
Soudan  égyptien  placé  sous  son  contrôle.  Ainsi  que  l'écrivait, 
en  1911,  M.  Dunstan  à  propos  de  cette  contrée,  «  de  nombreux 
districts  ont  été  cultivés  en  bon  coton  du  type  égyptien,  et, 
de  plus,  il  est  reconnu  qu'il  existe,  surtout  dans  la  province 
de  Berber,  de  très  vastes  étendues  de  terrain  approprié  ». 
«  Mais,  ajoutait  M.  Dunstan,  il  faut  dans  ces  contrées,  où  il 
ne  pleut  jamais,  disposer  artificiellement  d'une  quantité 
suffisante  d'eau  et  pouvoir  se  procurer  la  main-d'œuvre 
nécessaire.  » 

Insuffisance  d'eau  et  manque  de  main-d'œuvre  étaient,  en 
effet,  déjà  deux  des  difficultés  auxquelles  pouvait  se  heurter 
un  projet  de  culture  cotonnière  au  Soudan.  Une  troisième 
était  l'état  plus  que  précaire  des  communications  aux  débuts 
de  l'occupation  anglaise.  Enfin  de  gros  crédits  étaient  indis- 
pensables. 

Dans  sa  si  intéressante  notice  sur  Un  voyage  d 'Etudes  au 


Unis,  fournit  la  base  des  prix  sur  le  marché.  Dans  les  quinze  années 
précédant  la  guerre,  les  prix  de  ce  «  Middling  »  avaient  généralement 
varié,  suivant  les  années,  entre  3  et  6  ou  7  pence  la  livre  à  Manchester. 
Or,  en  1917,  les  prix,  qui  n'étaient  encore  que  de  9  pence  à  Londres  au 
1er  septembre  1916,  se  sont  élevés,  à  la  fin  de  juin,  à  12  d.  3/4  à  New- 
Tork  et  19  d.  1/2  à  Londres.  En  mars  1917,  lorsque  le  «  Middling  » 
valait  à  Londres  12  pence  1/2,  le  coton  égyptien  était  coté  jusqu'à 
22  pence  85. 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotoxxière      91 

Soudan  A nglo- Egyptien  en  1913-1914,  M.  G.  Foucart  (1)  a 
lumineusement  exposé  comment  le  Sudan-Government  a  su 
bravement  aborder  sans  tarder  toutes  ces  difficultés  et  a 
déjà  commencé  à  les  résoudre. 

Le  problème  des  communications  est  même  déjà  à  peu  près 
résolu.  Alors  qu'en  1897,  il  n'y  avait  pas  —  en  dehors  de  quel- 
ques tronçons  de  voies  militaires  —  un  kilomètre  de  rail  au  Sou- 
dan, en  1914  un  réseau  de  2.393  kilomètres  était  construit,  dont 
toutes  les  maîtresses  lignes  étaient  déjà  régulièrement  ex- 
ploitées  ;  et  les  ramifications  secondaires  étaient  à  l'étude. 
Le  début  du  fonctionnement  remonte  à  Tannée  1900;  et 
aujourd'hui  tout  un  système  mi-fluvial,  mi-ferré,  achemine 
tous  les  produits  du  pays  vers  la  Mer  Rouge,  c'est-à-dire, 
plus  exactement,  vers  Port -Soudan,  cette  ville  nouvelle  surgie 
comme  par  enchantement  à  40  kilomètres  au  nord  de  l'ancien 
port  de  Souakim.  Commencé  en  1905,  Port-Soudan  était 
inauguré  quatre  ans  plus  tard,  en  avril  1909,  après  23  millions 
de  dépenses. 

Le  problème  de  la  main-d'œuvre  n'est  pas  le  moins  grave. 
Le  Soudan  égyptien  renferme  à  peine  deux  millions  d'habi- 
tants, pour  une  superficie  qui  équivaut  à  six  ou  sept  fois  celle 
de  la  France  ;  et  beaucoup  de  ces  populations,  dans  le  Sud, 
vivent  encore  à  l'état  sauvage.  D'autre  part,  la  région  n'esl 
pas  de  celles  qui  puissent  convenir  au  travailleur-  européen  ; 
elle  ne  convient  pas  davantage  à  l'immigration  indienne  ou 
chinoise.  Et  c'est  à  trois  éléments  africains  qu'il  t'a  ni  surtoul 
s'adresser  :  aux  Gallas  d'Abvssinie,  aux  Noirs  du  sud  du  Bahr- 
el-Gazal,  de  l'Ouganda  el  du  Congo  belge,  et   aux   races  d< 
l'Afrique  occidentale.  M.  Foucart  dit  qu'à  Dueim  le  Qombn 
des  immigrés  de  l'Ouest-Africain  étan  de  15.000  environ,  d< 
1912  à  1914.  S'il  faul ,  au  total,  pour  les  dix  prochaines  ann< 
200.000  à  250.000  travailleurs,  on  peul  raisonnablement  ad- 
niri  i  iv  que  ers  chiffres  seront  ai  t  einl  s. 


il    <;.  Foucarl  :  Un  voyage  d'Etudes  au  Soudan  Anglo-égyptu 
191  'i  .  Edité  parla  Chambre  de  commerce  de  Marseille  en  1916. 


92  QUELQUES    DONNÉES 

Quant  aux  travaux  d1  irrigation,  ils  sont  aussi  dès  à  présent 
entrés  dans  le  plan  d'exécution.  Tels  sont  notamment  ceux 
de  la  section  nilotique  du  Dongola,  des  régions  de  Tokar  et 
de  Kassala,  et  surtout  du  Gezireh.  Ces  derniers,  les  plus  im- 
portants de  tous,  «  consistent  essentiellement,  dit  M.  Foueart. 
à  élever  sur  le  Nil  Bleu,  à  8  kilomètres  au  sud  de  Sennaar. 
un  barrage  ;  la  différence  de  la  cote  avec  le  Nil  Blanc  étant 
de  70  mètres,  un  canal  transversal  coupant  le  Gesireh  du 
Nil  Bleu  au  Nil  Blanc  amènera,  par  une  série  de  dérivations 
Secondaires,  l'irrigation  nécessaire  et  transformera  toutes  ces 
régions  en  terres  susceptibles  de  produire  le  coton.  Sur  le  Nil 
Blanc  lui-même,  le  barrage  de  Gebel  Aouli  constituera,  et  pour 
les  terrains  soudanais  et  pour  l'Egypte  elle-même,  une  im- 
mense réserve  d'eau  ».  M.  Foueart  cite  encore,  comme  tra- 
vaux secondaires,  ceux  de  la  Dinder,  affluent  du  Nil  Bleu. 

Et  ce  ne  sont  là  que  les  travaux  pour  lesquels  les  fonds 
nécessaires  sont  dès  maintenant  disponibles.  On  songe  pour 
plus  tard  à  l'aménagement  complet  de  TAtbara,  à  la  régula- 
risation du  lac  Tana,  au  percement  du  canal  rectiligne  de  Bor, 
dans  les  régions  du  Haut-Nil,  à  la  construction  de  déversoirs 
aux  chutes  Ripon,  à  la  sortie  du  lac  Victoria,  etc. 

Au  point  de  vue  financier,  il  est  convenu  que  l'Egypte 
contribuera,  de  compte  à  demi  avec  le  Gouvernement  du 
Soudan,  à  certaines  dépenses  pour  les  grandes  entreprises 
telles  que  le  barrage  du  Nil  Blanc.  Un  emprunt  de  3  millions 
de  livres  a  été,  en  outre,  garanti  par  l'Angleterre  pour  ces 
mêmes  entreprises. 

De  l'exécution  de  tout  ce  grand  plan  de  «  remodelage  »  de 
la  vallée  du  Nil  et,  en  particulier,  des  travaux  de  barrage  du 
Nil  Blanc,  du  Nil  Bleu  et  du  canal  de  Gesireh  dépend 
donc  l'avenir  de  la  culture  cotonnière  dans  le  pays.  Au  début 
de  1914,  on  admettait  que  les  surfaces  qui  pouvaient  être 
plantées  en  coton  avant  1920  étaient  de  : 

Dans  la  province  de  Dongola 40.000  hectares 

Dans  la  région  de  Tokar 20.000       — 

Dans  la  région  de  Kassala 100.000       — 

Dans  le  Gezireh 400.000       — 


sur  l'état  actuel  de  la  culture   cotonnière      93 

Les  événements  présents  doivent  nous  amener  aujourd'hui 
à  modifier  les  prévisions  du  commencement  de  1914,  mais 
au  seul  point  de  vue  du  laps  de  temps  dans  lesquelles  les 
surfaces  indiquées  pourront  être  livrées  à  la  culture  :  les 
nombres  indiqués  pour  ces  surfaces  mêmes  restent  vrais. 
M.  Foucart  dit  que,  lors  de  son  passage  à  Khartoun,  on  esti- 
mait alors  devant  lui  à  800.000  hectares  au  moins  la  superficie 
des  terres  qui,  dans  les  quatre  régions  mentionnées,  pourraient 
convenir  aux  cotonniers  lorsque  seraient  complètement  achevés 
les  travaux  en  cours. 

Sur  ce  total,  on  admettait  400.000  hectares  pour  le  Gezireh 
(dont  la  superficie  est  d'environ  1.600.000  hectares),  200.000 
pour  les  vallées  d'Atbara,  autour  et  en  aval  de  Kassala, 
80.000  dans  le  Dongola,  120.000  pour  l'oasis  de  Tokar  et  la 
vallée  en  amont. 

Jusqu'alors,  il  a  été  produit  (la  livre  égyptienne  valant 
25  fr.  90)  : 

En  1311...  270.000  livres  égyptiennes,  correspondant  à  12.500  tonnes 

En  1912.. .  155. 000  8.000 

En  1915.  ..  236.793 

En  1916  (l)  269.0'.):; 

Soit  donc,  pour  cette  année  1916,  6.970.000  francs  environ. 

Ne  négligeant  aucun  moyen  d'étendre  cette  production, 
le  Gouvernement  du  Soudan  a  fondé  sur  le  Ni]  Bleu,  commi 
station  d'essais  pour  la  culture  du  cotonnier,  (a  station  d»- 
Tayibah. 

Dans   cette    station,    qui    occupe    une    surface    d'enviroi 
1.000  hectares  el  où  les  terres  onl  la  composition  ordinaire 
de  celles  du  Gesireh,  les  champs,  dit  M.  Foucart,  onl  nu 
lemenl  triennal  :  une  année  de  Légumineuses,  un-'  année  de 


H  Bn  ces  années  1915  -'l   1916,  les  exportations  totales  «lu  Soudan 
égyptien  uni  été  respectivement  de  1.557.991  el  2.881  ijyp- 

tiennes.  La  contrée  a  notamment  exporté,  en  plus  'lu  i  oton,  'I'-  la  gomme 
586.102  livres  en  1916),  du  sésame    193.040  livi        du  son 
livres),  des  peaux,  'lu  bétail,  de  l'ivoire   70.234  livi         (■ . 


94  QUELQUES    DONNÉES 

cotonnier  et  une  année  de  céréales  (2).  Les  semailles  ont  lieu 
en  juillet,  après  trois  labours.  La  récolte  est  faite  en  trois  ou 
quatre  cueillettes  successives  de  janvier  à  avril,  la  première 
étant  de  beaucoup  la  meilleure.  On  irrigue  immédiatement 
après  le  semis  et  on  renouvelle  l'irrigation  suivant  les  besoins 
de  la  plante,  mais  en  tous  les  cas  après  chaque  cueillette. 

L'espèce  sélectionnée  pour  les  graines  est  le  Mit-Afiji 
égyptien.  L' Upland  américain,  essayé  en  1912,  a  été  abandonné. 

Comme  salaires  journaliers,  M.  Foucart  indique  3  piastres 
(77  centimes)  pour  les  hommes,  1  piastre  1  /2  pour  les  femmes 
et  1  piastre  (25  centimes  environ)  pour  les  enfants. 

Gomme  rendement,  on  admettait  en  1914,  à  Tayibah, 
5  kantars  3  à  5  kantars  6  par  feddan.  Le  feddan  égalant  à  peu 
près  l'acre  anglais,  exactement  42  ares,  et  le  kantar  étant  de 
44  kgr.  500,  c'est  donc  approximativement  560  à  595  kilo- 
grammes de  coton  égrené  à  l'hectare. 

C'est  à  peu  près  ce  qu'on  obtenait  jadis  en  Egypte,  où  la 
production  était  de  6  kantars  par  feddan,  alors  qu'elle  ne 
serait  plus  guère  aujourd'hui  que  de  3  kantars  5,  soit  320  kilo- 
grammes, à  l'hectare. 

En  1915-1916,  l'exportation  du  Soudan  a  été  de  plus  de 
24.000  balles,  d'une  valeur  d'environ  300.000  livres  sterling. 

Australie 

Certaines  régions  de  l'Australie,  notamment  dans  le 
Territoire  du  Nord  et  au  Queensland,  sont  favorables  à  la 
culture  du  cotonnier  ;  et,  comme  pour  notre  Algérie,  il  fut 


(2)  Ce  système  d'assolement  triennal  est  celui  qui  a  été  longtemps 
adopté  en  Egypte,  où  on  faisait  une  culture  d'été  en  coton,  puis  une 
culture  d'hiver  en  fèves,  trèfle  et  autres,  et,  pendant  la  troisième  année, 
une  culture  d'hiver  avec  blé,  puis  sorgho  à  la  crue,  avec  une  coupe  de 
trèfle  ensuite.  Mais  aujourd'hui,  beaucoup  de  propriétaires,  désireux 
d'un  plus  grand  rapport,  ont  pris  l'habitude  fâcheuse  d'un  assolement 
biennal,  d'autant  plus  épuisant  qu'il  n'est  pas  compensé  par  un  apport 
d'engrais  suffisant.  Voir  à  ce  sujet  un  article  de  M.  Dumont  sur  «  L'Agri- 
culture en  Egypte  »,  dans  la  Vie  Agricole  et  Rurale  du  25  août  1917. 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  coton^ière     95 

une  époque  où  le  Queensland  exporta  d'assez  notables  quan- 
tités de  coton.  En  1871,  ces  exportations  furent  de  1.133tonnes 
de  coton  égrené.  Puis,  pour  diverses  raisons,  parmi  lesquelles, 
au  premier  rang,  la  cherté  de  main-d'œuvre,  cette  industrie 
fut  abandonnée,  et,  en  1897,  l'usine  d'égrenage  d'Ipswich, 
qui  avait  été  ouverte  en  1890,  fut  fermée. 

Plus  récemment,  pourtant,  le  gouverneur  a  de  nouveau 
poussé  à  cette  culture,  en  distribuant  des  graines  et  en  garan- 
tissant un  prix  minimum  de  vente  de  6  d.  1/2.  320  hectares 
ont  été  ainsi  ensemencés  en  1916  au  Queensland. 

Dans  le  Territoire  du  Nord,  on  ne  comptait  encore  que 
6  hectares  en  1912-1913  ;  mais  on  espère  que  la  culture  s'y 
étendra,  ainsi  que  dans  certaines  parties  de  l'Australie  Occi- 
dentale et  de  la  Nouvelle-Galles  du  Sud. 

Au  commencement  de  1917,  quelques  échantillons  de  ees 
cotons  australiens  ont  été  examinés  à  l'Impérial  Institut.' 
de  Londres.  Les  uns  (du  Queensland)  provenaient  de  variétés 
égyptiennes  ;  les  autres  (de  l'Australie  Occidentale  et  de  la 
Nouvelle-Galles  du  Sud)  provenaient  de  variétés  américaines. 
Les  cotons  égyptiens  du  Queensland  ont  semblé  plutôt  mé- 
diocres, mais  les  cotons  américains  ont  paru  de  qualité  suf- 
fisante. 

Autres  Possessions  Anglaises 

A  la  Gold  Coast,  les  résultats  obtenus  dans  le  Territoire  du 
Nord  ont  été  si  peu  satisfaisants  que  l'Association  a  décidé 
d'abandonner  ses  essais. 

Kn  Ni^érii".  la  production  au  Lagos  a  été  affectée  par  la 
baisse  de  prix  due  à  la  guerre.  En  L915,  la  récolte  n'a  été  que 
de  6.16J  balles,  au  lieu  de  13.547  en  1914  :  mais,  pour  1916, 
on  espérait  10.000  balles.  Dans  le  districl  d'Illushi,  des  Pro- 
vinces du  Sud,  il  y  a  eu  de  si  faibles  progrès  que  la  Mai  mu 
d'Illushi  a  été  fermée.  Mans  les  Provinces  du  Nord,  aucon- 
traire,  un  coton  longue-soie  a  été  introduit  ave<  ~':' 
pendant  le  premier  semestre  de  1916,  10.000  balles  ont 


96  QUELQUES    DONNÉES 

mises  en  vente,  alors  qu'il  n'y  en  avait  eu  que  1.128  pour 
toute  l'année  1915. 

Dans  l'Ouganda  et  dans  le  Nyassaland,  dont  nous  avons 
parlé  longuement  dans  notre  précédente  Revue  (/oc,  cit.,  p.  108), 
les  bas  prix  dus  à  la  guerre  avaient  momentanément  découragé 
les  indigènes,  mais  la  confiance  renaît,  tout  au  moins  au 
Nyassaland.  Dans  l'Ouganda,  l'Impérial  Institute  craint 
quelques  années  difficiles. 


Brésil 

L'insuffisance  qui  est  à  prévoir  après  la  guerre  dans  la  pro- 
duction eotonnière,  pour  les  raisons  plus  haut  exposées,  doit 
encourager  le  Brésil  à  étendre  une  culture  qui,  jusqu'alors, 
dans  l'Amérique  du  Sud,  est  restée  relativement  restreinte. 
On  admet  ordinairement,  dans  les  statistiques  générales,  que 
sur  une  production  mondiale  de  22  millions  environ  de  balles 
(toutes  rapportées  à  227  kilogrammes),  le  Brésil  apporte  une 
contribution  de  300. 000. balles.  Ce  chiffre  même  est  exagéré  si 
nous  nous  reportons  à  la  statistique  brésilienne  de  1913,  qui 
n'indique  que  37.424  tonnes,  au  lieu  des  68.100  que  devraient 
représenter  les  300.000  balles  (1). 

En  1914,  le  Brésil  a  exporté  30.434  tonnes. 

Quant  à  l'année  1915,  diverses  raisons  en  ont  rendu  les 
exportations  de  coton  tout  à  fait  anormales.  D'abord,  la 
grande  sécheresse  de  cette  année-là,  dans  le  Nord,  a  fortement 
diminué  la  production,  puis  les  entraves  apportées  à  la  navi- 
gation ont  encore  naturellement  exercé  leur  influence,  et, 
enfin,  le  produit  a  été  retenu  sur  place  par  les  industries 
textiles,  qui,  en  raison  de  la  raréfaction  et  delà  hausse  énorme 
de  la  matière  première,  ont  même  demandé  l'établissement 
d'un  droit  prohibitif  de  sortie.   En  définitive,  le   Brésil  n'a 


(1)  Le  chiffre  de  300.000  balles  ne  serait  d'ailleurs  pas  encore  exact 
si  nous  admettions  qu'il  s'agit  de  balles  brésiliennes  de  80  à  82  kilo- 


grammes. 


sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotonnière      97 

livré,  en  cette  année  1915,  au  commerce  extérieur  que  5.228 
tonnes  de  coton  (1). 

En  valeur,  les  exportations  de  coton  de  ces  trois  années 
1913,  1914  et  1915,  ont  été  respectivement  de  57,  36  et  7  mil- 
lions de  francs. 

En  1913,  les  exportations  totales  du  Brésil  (2)  étaient 
d:une  valeur  de  1.621.225.000  francs,  sur  lesquels  le  café 
(13.267.000  sacs  de  60  kilogrammes)  comptait  pour  un  milliard 
19.450.000  francs  et  le  caoutchouc  pour  259.375.000  francs. 
Le  coton  se  place  au  second  rang  en  quantité,  et  au  troisième 
en  valeur. 

Que  les  Etats  du  Brésil,  où  le  sol  est  favorable  au  cotonnier 
et  où  de  grandes  surfaces  restent  disponibles,  s'adonnent  à 
cette  culture,  et  le  Brésil  pourrait  devenir  pour  le  coton  un 
grand  pays  producteur. 

Au  reste,  les  administrations  locales  s'en  rendent  parfai- 
tement compte,  puisque,  par  décret  en  date  du  5  août  1916, 
l'Etat  de  Bahia  offre  la  disposition  gratuite,  pendant  cinq 
années,   de  certaines  terres  domaniales  à  des   planteurs  de 
coton,  brésiliens  ou  étrangers,  ou  aux  personnes  qui    n'étanl 
pas  elles-mêmes  des  agriculteurs,  désirent  fonder  des  colon;.  - 
agricoles  en  vue  de  la  culture  du  cotonnier.  A  la  fin  de  ces 
cinq  ans,  la  pleine  possession  de  ces  terrains  sera  acquise  aux 
personnes  qui  ont  cultivé  ou  qui  ont  fondé  la  «•.»!. .ni. •.  Dans 
le  cas,  parcontre,  où,  à  l'expiration  des  cinq  années  prévues,  I< 
terres  ne  seraient  pas  en  état  de  culture  effective,  elles  ferai*  ni 
retour  à  l'Etat  de  Bahia.  Ce  dernier  offre  également  des  faci- 
lités pour  la  distribution  de  la  semence  el  s'engage  à  appointer 
un  ou  plusieurs  spécialistes  pour  instruire  les   producteurs 
sur  Les  méthodes  «le  plantation  et  le  traitemenl  des  maladii 


(1)  D'après  des  renseignements  tout   récents,   le   Brésil   produirai I 

actuellement  248  millions  de  francs  environ  de  tissus  d ton  et  en 

importerait  d'Europe  et  des  Etats-Unis  12  à  13  millions 

(2)  Dans  les  statistiques  "l'un   précédenl   fascicule  de  ces    [m 

[:>c  Bérie,  'r  volume,  :Je  fascicule,  p.  177),  nous  n'avons  pas  suffisamment 
précisé  qui»,  dans  1<>  tableau  donné,  les  exportations  cil  taienl  les 
exportations  du  Brésil  pour  1"  premier  semestre  de  1915. 


98  ÉTAT    ACTUEL   DE    LA    CULTURE    COTONNIERE 

Pendant  que,  à  Liverpool,  le  coton  américain  passait  de 
7  d.  08  à  11  d.  17  la  livre,  celui  de  Pernambuco  passait  de 
7  d.  52  à  11  d.  92.  Le  produit  brésilien  est  donc  apprécié. 

Russie 

La  Russie  offre,  au  point  de  vue  cotonnier,  cet  intérêt  que 
ses  manufactures  —  qui,  en  1914,  comprenaient  9.213.000  bro- 
ches et  224.000  métiers  —  sont  pour  la  plus  grande  part,  alimen- 
tées par  les  récoltes  du  pays. 

En  1906,  le  coton  russe,  qui  provenait  du  Caucase  et  surtout 
du  Turkestan,  ne  donnait  que  38  p.  100  de  la  quantité  em- 
ployée par  les  filatures  ;  en  1913,  il  donnait,  54  p.  100,  et,  en 
1915,74  p.  100.Surles26p.  100  qui  manquaient  encore,  8  p.  100 
provenaient  des  pays  asiatiques  limitrophes  ;  et  l'étranger  ne 
fournissait  plus,  en  définitive,  que  18  p.  100. 

En  1913,  les  usines  de  tissage  ont  produit  19.600.000  ponds, 
soit  321.048.000  kilogrammes  de  tissus. 

Henri  Jumelle. 


ORLEANS,    IMP.    H.  TESSIER. 


COLONIES    ET    MARINE 


Sommaire  du  Numéro  de  Novembre  1917 

Emile  Ghautemps.  —  Quelques  considérations  sur  le  rôle  de  la  Marine. 

O  A.  d'Arlincourt.  —  La  question  des  Confins  aîgéro-marocains. 

Gratien  Candace.  —  Notre  Marine  marchande. 

Paul  Bluysen.  —  Le  problème  dir Fret  colonial. 

E.  Ch.  —  La  Conférence  coloniale  et  son  œuvre.  —  Le  Comité  général 
du  Pétrole  en  France. 

Henry  Bérenger.  —  L'Ile   d'Emeraude.   Notre  belle  Guadeloupe. 

Colonies.  —  Nouvelles-Hébrides  :  Le  commerce  d'exportation  en 
1916.  —  Etablissements  français  de  l'Océanie  :  Un  exercice  florissant. 
—  Indochine  :  l 'ne  belle  année  commerciale.  —  La  santé  aux  Coloni-  s. 

Bibliographie.  —  A  travers  Journaux  et  Revues. 


Le  Numéro  :  2  fr.  50.  —  Abonnements  :  Vn  an.  10  francs. 

EN  VENTE  : 

11,  Rue  des  Petits-Champs,  PARIS 


MODE  DE  PUBLICATION  ET  CONDITIONS  DE  VENTE 


Les  Annales  du  Musée  Colonial  de  Marseille,  fondées  en  1893,  pa- 
raissent annuellement  en  un  volume  ou  en  plusieurs  fascicules. 

Tous  ces  volumes,  dont  le  prix  est  variable  suivant  leur  importance, 
sont  en  vente  chez  M.  Challamel,  libraire,  17,  rue  Jacob,  à  Paris,  à 
qui  toutes  les  demandes  de  renseignements,  au  point  de  vue  commer- 
cial, doivent  être  adressées. 

Tout  ce  qui  concerne  la  rédaction  doit  être  adressé  à  M.  Henri 
Jumelle,  professeur  à  la  Faculté  des  Sciences,  directeur  du  Musée 
Colonial,  5,  rue  Noailles,  à  Marseille. 

Les  auteurs  des  mémoires  insérés  dans  les  Annales  ont  droit  gra- 
tuitement à  vingt-cinq  exemplaires  en  tirage  à  part.  Ils  peuvent,  à 
leurs  frais,  demander  vingt-cinq  exemplaires  supplémentaires,  avec 
titre  spécial  sur  la  couverture. 

Les  mémoires  ou  ouvrages  dont  un  exemplaire  sera  envoyé  au 
Directeur  du  Musée  Colonial  seront  signalés  chaque  année  en  fin  de 
volume  dans  les  Annales. 

Le  1er  fascicule  de  l'année  1916  (Catalogue  descriptif  des  Collections 
Botaniques  du  Musée  Colonial  de  Marseille  :  Madagascar  et  Réunion) 
et  le  3e  fascicule  de  la  même  année  (Recherches  récentes  sur  les  Res- 
sources des  Colonies  françaises  et  étrangères  et  des  autres  Pays  chauds) 
sont  déjà  parus,  ainsi  que  le  1er  fascicule  de  l'année  1917  (Catalogue 
descriptif  des  Collections  Botaniques  du  Musée  Colonial  de  Marseille  : 
Afrique  Occidentale  Française). 

Le  2e  fascicule  de  1916  paraîtra  le  mois  prochain  et  contiendra  les 
mémoires  suivants  : 

1°  Quelques  Graines  oléagineuses  africaines,  par  M.  Pieraerts,  Con- 
servateur au  Musée  du  Congo  Belge. 

2°  Les  Monocotylédones  aquatiques  de  Madagascar,  par  M.  Henri 
Jumelle. 

3°  Les  Bois  utiles  de  la  Guyane  Française,  par  M.  Herbert  Stone, 
de  Birmingham. 


INSTITUT   COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 


DU 


MUSÉE  COLONIAL 

DE  MARSEILLE 

FONDÉES    EN     J  893    PAR    EDOUARD    HeCKEL 
DIRIGÉES    PAR 

M.    Henri  JUMELLE 

Professeur  à  la  Faculté  des   Sciences, 
Directeur   du    Musée  Colonial  de   Marseille. 


Vingt-cinquième  année,  3'  série,  5    volume     1917). 

3e  Fascicule. 

Les   Bois   utiles    de   la   Guyane    Française     Suite), 
par  M.  Herbert  Stonè,  de  Birmingham. 


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MARSEILLE 

MUSEE    COLONIAL 
5,  Rui  Noaii  1 1  s,  5 


PARIS 
LIBRAIRIE  CHALLAMEL 

17.    RUB    Ja(  "ii.     1  / 


l'.M 


Principaux  Mémoires  parus  antérieurement  dans  les 
ANNALES    DU    MUSÉE    COLONIAL  DE   MARSEILLE 


Dr  Heckel:  Les  Kolas  africains.  Année  1893.  (Volume  presque  épuisé.) 

Dr  Rançon  :  Dans  la  Haute-Gambie.  Année  1894.    Volume  complètement  épuisé.) 

R.  P.  Duss:  Flore  phanérogamique  des  Antilles  françaises.  Année  1896.  (Volume 
complètement  épuisé.) 

E.  Geoffroy  :  Rapport  de  Mission  scientifique  à  la  Martinique  et  à  la  Guyane. 

Année  1897. 

Dr  Heckel  :  Les    Plantes   médicinales    et    toxiques    de    la    Guyane   française. 

Année  1897. 

Dp  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  françaises. 

Année  1897. 

Dr  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  françaises. 

Année  1898. 

H.  Jumelle  :  Le  Cacaoyer.  Année  1899. 

D1  H.  Jacob  de  Cordemoy  :  Gommes,  gommes-résines  et  résines   des  colonies 
françaises.  Année  1899. 

L.  Laurent  :  Le  Tabac.  Année  1900. 

Dr.H.  Jacob  de  Cordemoy  :  Les  Soies  dans  l'Extrême-Orient  et  dans  les  colonies 
françaises.  Année  1901 . 

L.  Laurent  :  L'Or  dans  les  colonies  françaises.  Année  1901. 

A.  Chevalier;  Voyage  scientifique    au   Sénégal,   au  Soudan  et  en  Casamance. 

Année  1902. 

Gaffarel  :  L'Exposition  d'Hanoi.  Année  1903. 

Dr  Heckel  :  Graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues  des  colonies  françaises. 

Année  1903. 

Dv  H.  Jacob  de  Cordemoy:  L'Ile  delà  Réunion.    (Géographie  physique;  richesses 
naturelles,  cultures  et  industries.)  Année  1904. 

Capitaine  Maire  :   Étude  ethnographique   sur  la   race    Man  du   Haut-Tonkin. 

Année  1904. 

E.  Lefel -yre  :  Étude  chimique  sur  les  huiles  de  bois  d'Indochine.  Année  1905. 

H.  Jumelle  :  Sur  quelques  plantes  utiles  ou   intéressantes  du  Nord-Ouest  de 
Madagascar.  Année  1907. 

H.  Jumelle  et  H.  Perrier  de  la  Bathie  :  Notes  sur  la  Flore  du   Nord-Ouest  de 
Madagascar.  Année  1907. 

H.  Jumelle  et  H.  Perrier  de  la  Bathie  :  Notes  biologiques  sur  la  végétation   du 
Nord-Ouest  de  Madagascar  ;  les  Asclépiadées.  Année  1908. 


ANNALES 


D  l 


MUSÉE    COLONIAL     DE    MARSEILLE 

(Année    1917) 


MAÇON,  PROTAT  FRERES,  IMPRIMEURS 


INSTITUT   COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 

DU 


MUSÉE  COLONIAL 

DE  MARSEILLE 

FONDÉES    EN     1893    PAR    EDOUARD    HeCKEL 
DIRIGÉES    PAR 

M.    Henri  JUMELLE 

Professeur  à  la  Faculté  des    Sciences, 
Directeur   du    Musée  Colonial  de  Marseille. 


Vingt-cinquième  année,  3f  série.  5'  volume  (1917) . 

3e  Fascicule. 

Les   Bois   utiles    de   la  Guyane    Française    Suite), 

par  M.  Herbert  Stone,  de  Birmingham. 


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MARSEILLE 
MUSÉE   COLONIAL 

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PARIS 
LIBRAIRIE  CHALLAME1 

17.    m  i     .1  m  <>n.    I  7 


LES     BOIS     UTILES 


DE  LA  GUYANE  FRANÇAISE 


*<- 


par  M.  HERBERT  STONE 

DE    BIRMINGHAM 

(Suite). 


ÉTUDE     DESCRIPTIVE 


DES  BOIS  DE  LA  GUYANE  FRANÇAISE 


SECONDE   PARTIE 


FAMILLE  XL  Y.   —  MÉLIACÉES 


TRIBU  I.  —  MÉLIEES 

Melia  Azedarach  Lin.  n°  1171. 

Synonyme  :  Azedarach  deleteria  Moench. 

Noms  vulgaires  :  Lilas  des  Indes,  Margousier,  Faux-Syco- 
more, Arbre  saint,  Arbre  à  chapelets,  Cinnamomo.  Orte. 
Aariabapou  au  Malabar  (Descourtilz).  Laurier  grec  Wicsner). 
Pasilla,  Lilaila  (Ant.  Urban).  Lotier  blanc  (Hoquillon).  Syco- 
moro  batardo,  Melia,  Amargoseira,  Conteira  (Portug.,  Cou- 
tinho).  Lilier  à  feuilles  de  Frêne,  Kirîkohomba  Ceylan  . 
Lilas  du  pays  (Guad.  et  Martin.)  ;  Kakera-kikera  et  Mimboo 
(Malaisie)  ;  Koekara-kaekeri  (Sunda,  Duss]  :  Voandelaka  Mal- 
gache, Dandouau);  Cinnamomo  Esp.,  Wilkomm  .  (  !ay  Sandau, 
Xuyen  luyen,  Xun  lien  Cnrliinehine,  Loiireiro  .  Tira  Tahiti  : 
Lilas  de  Chine  (Tahiti,  fr.);  Sau-dan  (Annam,  de  Cordemoy 
Xoan-hà,  La  variété  rougeâtre  :  Xoan-trang,  la  variété  blan- 
châtre (Bulletin  de  l'Indochine).  Salugueiro  da  [ndia,  Lyrio 
do   [ndia,    Jasmin    d<>   soldado     Brésil,   Peckoll  .    Lien-moc 


4  H.     STONE 

(Tonkin)  ;  Bois  de  lilas  (Musée  Colonial  de  Marseille)  ;  Bastard 
Gedar,  Persian  Lilac,Albero  di  Paternostri  (Saint-Domingue), 
Albero  délia  pazienza,  Siccomoro,  Sicomoro,  Zaccheo  (Var- 
gioni).  Xoan  ou  Souan,  dont  deux  variétés,  Xoan  tia,  rou- 
geâtre,  et  Xoan  trang,  blanc  ;  Maha  Neem  (Ind.).  Zenzalaht 
(Egypte),  Pride  of  India,  China-berry,  China  tree,  Bead  tree, 
Paternosterbaum  (Hough).  Fico  d'Egitto,  Meliac,  'Agriaz, 
Arbol  de  Paraiso,  Margosa  (terme  gén.)  Lillock  (Ant.  Angl.); 
Nim  (Inde)  ;  Paraiso  (Argentine,  Rolland)  ;  Cyronenne  (Fr. 
du  midi),  Bombalo  ià  n'puto  (Afr.  Port.).  Chaun  mou,  Hou- 
lieu,  Xim  lien,  Yu-mou  (Annam)  ;  Faux-Camphrier  (Cochin.)  ; 
Seun  dau,  Shien  lien,  Sen-yoo-si  (Japon)  ;  Lila,  Piocha,  Pa- 
raiso morado  (Mexique);  Aleli  (Venezuela,  Grisard).  So  Do 
(Coch.  Ch.),  Lilas  (Réu.,  Niederlein).  Grand  Lilas  (Réunion  : 
Cordemoy).  Glatter  Zedrach  (Ail).  Malevemboumaram 
(Tamoul  ;  Gaebelé).  —  Tjakri-tjikri  (Batavia  :  Greshoff;  voir 
aussi  1997  C). 

Provenance  :  Inde  centrale,  région  de  l'Himalaya,  et  cultivé 
dans  tous  les  pays  chauds. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne,  ressemblant  à  l'acajou;  de  couleur  rougeâtre- 
clair  ou  brun  foncé,  avec  des  raies  plus  claires  et  des  stries 
noires,  ou  même  fauves.  Surface  un  peu  luisante.  Nuance  de  la 
coupe  transversale  beaucoup  plus  foncée  que  celle  des  autres 
sections. 

Caractères  physiques. —  Densité,  0,755  (Argentine,  0,939). 
D'après  Mathey,  0,550  à  0,590  pour  une  provenance  euro- 
péenne, et  0,572  à  0,589  pour  une  provenance  exotique.  Du- 
reté, entre  le  Tilleul  et  le  Cerisier. 

Odeur,  à  sec,  nulle  ;  humecté,  odeur  très  légère,  mais  spé- 
ciale. Sans  saveur,  quoique,  d'après  le  Bulletin  de  l'Indochine, 
saveur  amère. 

Caractères  de  V  écorce.  —  D'après  Hough,  écorce  gris  rou- 
geâtre,  tombant  avec  l'âge  en  plaques  fibreuses  longitudinales. 
D'après  Peckolt,  écorce  brun  cannelle,  inodore,  d'une  saveur 
amère  et  astringente.  Verte,  lisse,  d'après  Descourtilz.  D'après 
le  Catalogue  de  l'Argentine,   épaisse  de  3  à  5    mm.    environ, 


ROIS    L'TILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  B 

avec  des  rides  assez  saillantes  et  de  couleur  marron  noirâtre. 

Lorsque  l'écorce  est  jeune,  elle  est  plutôt  lisse,  avec  des 
rides  réticulées  ;  dans  chaque  maille  se  trouve  une  petite  len- 
ticelle.  Plus  tard,  elle  se  gerce  légèrement  et  tombe  en  plaques. 
Elle  se  divise  en  deux  couches  :  une  intérieure,  qui  est  stra- 
tifiée, et  jaune  ou  brune;  et  une  extérieure,  brune  ou  rouge. 
Au-dessous  est  une  couche  de  liber  mince  comme  du  papier . 
Surface  de  la  bûche  lisse. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier,  bien  distinct  du  cœur,  est 
rougeâtre.  D'après  Hough,  il  n'aurait  qu'une  à  deux  couches, 
de  couleur  jaune  clair  ;  blanc,  au  contraire,  d'après  le  Catal. 
de  l'Argentine  ;  jaune  blanchâtre,  d'après  Wiesncr. 

Moelle.  —  2  à  3  mm.  de  diamètre  ;  arrondie,  brune. 
•     La  structure  du   bois  ressemble  à  celle  des  Cedrela  (voir 
Clef  au  n°  1198,  et  fïg.  15,  pi.  vi). 

Section  transversale.  —  Couches  très  bien  délimitées  par 
une  zone  de  bois  plus  dense,  qui  contraste  avec  un  anneau  de 
vaisseaux.  Hough  cite  un  échantillon  des  Etats-Unis  qui  pré- 
sente une  couche  de  5  cm.  4  d'épaisseur  et  qui,  en  neuf  ans, 
a  atteint  le  nombre  de  16  couches.  Le  cas  est  remarquable  au 
point  de  vue  de  la  croissance  anormale,  puisque,  en  un  an, 
le  diamètre  de  l'arbre  a  augmenté  de  10  cm.  8  environ  et  que 
cet  arbre  a  produit  plus  d'une  couche  par  an  sous  un  climat 
tempéré.  La  section  de  Hough  nous  fournit,  en  outre,  un 
exemple  où  la  structure,  peu  développée  dans  les  pays  chauds, 
prend  un  caractère  bien  ditférent,  en  apparence,  lorsque 
l'arbre  est  introduit  dans  un  pays  plus  favorable  à  sa  crois- 
sance. Moeller  constate  que,  dans  cette  espèce,  il  n'y  a  pas  de 
vaisseaux  dans  la  zone  d'automne,  tandis  que,  dans  la  section 
de  Hough,  on  les  voit  à  l'œil  nu  à  une  distance  de  deux  mètres. 
Or  il  est  probable  que  la  tige  dont  s'est  servi  Moeller  n'avait 
pas  encore  sa  couche  d'automne.  Notre  figure  l'">  ne  montr 
qu'une  partie  d'une  couche. 

Vaisseaux,  visibles,   souvent   tirs  apparents,   d'un    diamètre 

de  0  mm.  IS  de  diamètre  en  moyenne,  diminuant  sensiblement 
vers  1  extérieur  de  la  couche.  A  l'intérieur,  se  trouve  un 
anneau  de   grands  vaisseaux,   en  dehors  desquels  les   petit 


H.     STONE 


sont  disposés  en  festons  qui  deviennent  de  plus  en  plus  appa- 
rents vers  le  bord  extérieur.  Les  vaisseaux  sont  peu  nom- 
breux, 1  à  13  par  mm.  q.  ;  plus  clairs  que  les  fibres  ligneuses, 
les    vaisseaux    de    l'anneau    contiennent    parfois  une   résine 


rouge. 


Rayons  bien  visibles,  moyens,  uniformes  et  plutôt  réguliers, 
écartés  les  uns  des  autres  d'une  distance  égale  au  diamètre 
d'un  gros  vaisseau,  soit  7  par  mm.  environ.  Denses,  blan- 
châtres ou  rougeâtres. 

Parenchvme  a  entourant  les  vaisseaux  en  les  unissant  aux 
festons. 

Section  radiale.  —  Nuance  un  peu  plus  foncée  que  celle  de 
la  section  tangentielle.  Surface  un  peu  luisante.  Couches  bien 
délimitées  par  l'anneau  de  vaisseaux,  qui  est  bien  apparent  à 
cause  de  la  grandeur  et  de  la  couleur  noirâtre  de  ces  vaisseaux. 
Rayons  en  raies  brunâtres,  assez  apparents. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  couches 
sont  encore  plus  apparentes  à  cause  des  longues  franges  qui 
sont  souvent  en  zigzag.  Les  rayons,  étant  d'une  couleur  rou- 
geâtre,  produisent  parfois  un  effet  moiré,  mais  pas  dans  tous 
les  échantillons. 

Emplois.  —  Ce  bois  me  semble  être  d'une  utilité  générale 
pour  tous  les  cas  où  une  longue  durée  n'est  pas  nécessaire  ;  il 
se  travaille  très  facilement. 

Il  résiste  aux  insectes  à  cause  de  son  amertume  ;  il  pourrait 
servir  comme  bois  de  chauffage  à  l'étranger  (Bulletin  de  l'Indo- 
chine). 

D'après  Pittier,  il  n'a  pas  d'utilité  à  Costa  Rica  ;  peut  servir 
pour  instruments,  d'après  le  Catal.  de  l'Argentine. 

A  la  CarDline,  pour  les  roues  batteuses  des  manufactures 
d'indigo,  à  cause  de  sa  faible  quantité  de  tannin  d'après 
Grisard. 

Bois  de  chauffage  aux  Antilles.  Les  marchands  chinois  le 
font  passer  pour  Bois  de  camphre  après  l'avoir  imbibé  d'essence 
de  camphre. 

Bois  très  bon  pour  la  construction,  L'ébénisterie  et  le  châr- 
ronnage  à  la  Réunion,  d'après  Cordemoy. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  7 

Ech.  types:  Les  sections  de  Hough,  n°  105,  partie  V,  et  celle  de 
Noerdlinger.  Musée  de  Lyon,  série  II  (Egypte),  n°  285  (Nouvelle-Calé- 
donie), n°  450.  Musée  Colonial  de  Marseille,  n°  65  delà  Réunion. 

Références:  Icônes  lignorum,  pi.  48,  fig.  2.  Moeller,  pi.  5,  fig.  60. 
Pittier,  p.  123.  Grisard,  1893,1,  p.  124,  et  tirage  à  part,  p.  299.  Boquillon, 
partie  III,  description  de  l'écorce  et  du  jeune  bois,  p.  68.  Liste  Argen- 
tine, p.  21.  Bull,  de  l'Indoch.,  1902,  p.  830.  Peckolt,  1901,  p.  319.  Aublet, 
p.  393. 

TRIBU   II.  —  TRICHILIÉES 


Guarea  trichilioides  Lin.,  n°  1178. 

Synonyme:  G.  Aubletii  A.  Juss.  ;  Trichilia  Guara  Aubl. 

Aublet,  p.  393  :  Bois  baie. 

Dumonteil,  p.  156  (Est-ce  bien  cette  espèce?)  :  Bois  bâle.  Densité, 
0,365;  force,  95;  élasticité,  147;  flexibilité,  4-09  ;  p.  163.  Classe  6,  qui 
est  de  très  faible  valeur. 

De  Lanessan,  p.  143  :  Bon  pour  planches. 

Sagot,  Catal.  XII,  p.  203  ;  Bois-balle. 

Grisard,  1892,  II,  p.  39  :  Bois  à  balles,  Pistolet,  Bois  pistolet,  Bois 
rouge  de  Saint-Domingue  (Ant.  et  Guyane)  ;Jito,  Gito  (Brésil);  Guanco 
blanco,  Mestigo  (Colombie)  ;  Yamao,  Gouare  (Cuba)  ;  Musk-wood  [Ja- 
maïque) ;  Camboata,  Pao  de  Sabao  (Argentine);  Trompillo,  Trompito 
(Venezuela).  Bois  ordinairement  rouge  ou  rougeâtre,  d'élasticité  assez 
grande,  se  travaillant  facilement,  inattaquable  par  les  insectes;  de 
conservation  médiocre.  Bon  pour  travaux  d'intérieur.  Densité,  0,500. 

Grisard  cite  par  ailleurs  les  noms  Trompillo  et  Trompito  comme  noms 
vulgaires  de  L&tiix  hirtella  (voir  503);  et  Sagot  donne  le  nom  Trompito 
au  Cecropia  (voir  6645). 

Rodriguès,  18'»3,  p.  74  :  Carrapeta,  Bilreiro,  Marinheiro  (Brésil  . 
Ecorce  a  m  ère  et  résineuse. 


TRIBU   III.  —  SWIETENIEES 

Garapa  guianensis  Aubl.,  n°  1192  A. 
Synonyme  :  C.  latifolia  Willd.  ;  Guarea  Caoba  C.DC.  (qui 
n'est    pas  dans   L'Index).  Ce   n'est   pas   Le  Carapa  gruineensiê 

Sw. 


8  H.    STONE 

Peckolt  a  admis  pour  cette  espèce  trois  variétés  :  Andiroba 
branca,  de  densité,  0,548  ;  A.  ferrea,  0,719,  et  A.  vermelha, 
0,769. 

Dumonteil  et  Bell,  d'autre  part,  en  citent  deux,  quoique 
Spence,  collecteur  de  Bell,  ne  voie  pas  la  différence. 

En  ce  qui  me  concerne,  je  pencherai  pour  l'avis  de  Spence, 
car,  si  j'ai  trouvé  quelques  petites  dissemblances,  c'est  que 
l'aubier  de  la  deuxième  variété  était  plus  nettement  délimité 
du  cœur  que  celui  de  la  première.  Au  contraire,  l'échantillon 
n°  4  du  Brésil  présente  des  différences  plus  accentuées  ;  à 
comparer  entre  la  figure  4,  pi.  V  et  la  fig.  26,  pi.  VIL  Peut-être 
est-ce  une  question  des  conditions  de  croissance.  Le  bois  de 
Martin-Lavigne  présente  quelques  différences  avec  ceux  de 
Bell  et  le  n°  0466  de  llmp.  Institute  ;  l'écorce  décrite  par 
Guibourt,  p.  538,  diffère  encore  davantage. 

Vulgairement,  cependant,  il  faut  le  remarquer,  il  y  aurait 
bien  une  distinction  qui  correspondrait  à  une  variété  de  mon- 
tagne et  à  une  variété  de  plaine,  car  les  noms  coloniaux  indi- 
gènes ne  sont  pas  toujours  les  mêmes  pour  les  deux. 

Noms  vulgaires  de  la  variété  de  montagne  :  Carapa  (Ga- 
libis)  ;  Y-andiroba  (Garipons)  ;  le  Granatum  littoreum  de 
Rumphius  (Aublet).  Garapas,  Karapa  (Galib.),  non  Carapat 
qui  est  une  racine  (Préfontaine).  Caraipa  (v.  700),  Crapo, 
Andiroba  carapa  (Guy.  fr.)  ;  Highland  Crabwood,  Caraba 
(Guy.  Angl.  d'après  Bell).  Krapaboom  (Debrot).  Arbre  à  l'huile 
de  la  Guyane  Fr.  (Martin-Lavigne).  Carapa  rouge  (Catal.  des 
Colonies  fr.).  Yandiroba,  Andirova,  Nandirova  (Brésil,  d'après 
Rodriguès).  N'est  pas  le  Bois  de  Crabe,  ni  Crave  (voir  6200  E), 
ni  Crababalli,  ni  Caribaballi  (6609  B),  ni  Carib-wood,  ni  le 
Crapaud  de  Dumonteil,  qui  le  cite  à  part  (voir  partie  III)  ; 
ni  le  Krapholz  de  l'Icones  lignorum. 

Noms  vulgaires  de  la  variété  de  plaine  :   White  Crabwood 
(Bell).   Andiroba   branca,    Caraipa     (Brésil,    d'après    Miers). 
Lowland  Crabwood,  White   Caraba    (Laslett).  Carapa  blanc 
(Dumonteil).    Caoba    (Costa-Rica,  Pittier).  Bois   caille  (Cat. 
Expos.  1867). 

Provenance  :  Amérique  trop.,  Antilles,  Guyane. 


ROTS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  9 

Les  échantillons  de  Bell  ont  été  déterminés,  d'après  les 
feuilles  et  les  fruits,  par  le  Dr  Freeman. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne,  ressemblant  à  l'acajou  à  meubles  dans  les 
qualités  supérieures,  et  à  l'acajou  à  planches  (1198  A)  dans  les 
sortes  inférieures.  Peckolt  indique  une  couleur  brun  jaunâtre, 
mais  peut-être  parle-t-il  de  la  variété  Andiroba  amarella . 
Aublet  et  Miers  l'indiquent  blanchâtre,  qui  concorde  peut-être 
avec  la  variété  A.  branca  de  Peckolt.  En  tout  cas,  pour  notre 
variété  n°  2,  nous  ne  pouvons  décrire  ainsi  ni  le  cœur,  ni 
l'aubier. 

Surface  brillante,  satinée,  fonçant  très  fortement  à  l'air; 
grain  gros.  Nuance  de  la  coupe  transversale  plus  foncée  que 
celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,o40  à  0,739;  dureté, 
celle  du  Faux-platane.  Odeur  faible,  parfois  nulle;  saveur  lé- 
gèrement astringente.  La  solution  aqueuse  est  incolore,  et  la 
solution  alcoolique  est  d'un  brun  très  clair. 

Il  se  fend  facilement  ;  les  morceaux  restent  droits  et  lisses. 

Dumonteil,  p.  154:  Carapa  blanc.  Densité,  0,659;  force,  171;  élasti- 
cité, 177  ;  flexibilité,  2,15  ;  p.  160.  Classe  3  qui  est  celle  du  Pin  ;  p.  16*2 . 
Classe  4,  celle  des  bois  à  meubles.  Son  Bois  Crapaud  a  une  densité 
de  1,120. 

Caractères  de  ï écorcc.  —  De  couleur  brun  foncé  ou  rouge  : 
lisse,  comme  celle  du  Faux-platane  ;  épaisse  de  3  à  5  mm. 
environ,  dure,  tenace,  presque  ligneuse.  L'intérieur  de  l'écorce 
est  aussi  brun  foncé  et  la  couche  de  liber  sous-jacente  es1 
rouge.  Surface  de  la  bûche  lisse. 

D'après  Guibourt,   l'écorce  est  épaisse,  grise  ei   rugueus 
rouge  foncé  à  L'intérieur;  cassure  assez  nette,  présentant   «1 
couches  concentriques,  alternativement  claires  el  plus  foncées  : 
de  saveur  amère. 

D'après  Peckolt,  couleur  brun  grisâtre,  intérieurement 
rouge  foncé  :  saveur  amère. 

D'après    Boquillon,    La    surface   de   L'écorce    est    rugueus 
cendrée.  L'écorce  est  épaisse  de  8  à  10  mm.,  à  épiderme  gris 


10  H.    STONE 

blanchâtre,  sous  lequel  elle  est  de  couleur  rouge,  qui  devient 
plus  claire  vers  l'intérieur  ;  cassure  grenue,  légèrement  lamel- 
leuse  à  l'extérieur  ;  près  du  liber  se  trouve  une  série  de  libres 
aplaties. 

Ecorce  épaisse,  grisâtre,  d'après  Aublet. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  épais  de  2  à  6  cm.  environ, 
d'une  couleur  écrue,  bien  délimité  du  cœur  dans  la  variété  I 
(rouge)  et  moins  nettement  dans  la  variété  II  (blanche). 

Moelle.  —  Diamètre  de  0  mm.  5  environ,  rouge,  molle,  de 
grosses  cellules. 

La  structure  est  celle  des  Acajous  et  des  Ceclrela.  Voir  la  clef,  au 
no  1198,  la  figure  4,  pi.  VII,  de  l'échantillon  0466,  et  la  figure  26,  pi.  V, 
de  la  variété  II  (rouge)  de  l'échantillon  2671  de  Bell. 

Section  transversale.  —  Couches  parfois  bien  délimitées. 
Mais  est-ce  une  ligne  de  parenchyme  (visible  à  la  loupe),  qui 
forme  la  limite  ? 

Vaisseaux  très  variables,  visibles  comme  des  piqûres,  soit  à 
l'œil  nu,  soit  au  moins  à  la  loupe.  Ils  ont  de  0  mm.  2  à  0  mm.  33 
de  diamètre,  suivant  l'âge  ;  mais  entre  les  limites  de  chaque 
couche  il  y  a  peu  de  variations.  Fortement  isolés,  ayant  une 
tendance  à  se  placer  en  lignes  obliques,  sans  anneau  de  vais- 
seaux. Ils  sont  simples  et  quelquefois  groupés  par  2  ou  3.  La 
matière  qu'ils  renferment  est  foncée. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  écartés  les  uns  des  autres  à  une 
distance  égale  à  celle  du  diamètre  d'un  gros  vaisseau. 

Parenchyme  a  entourant  les  vaisseaux  et  s'étendant  parfois 
en  petites  ailes  tangentielles  ;  et  Vh  formant  les  lignes  nom- 
breuses qui,  en  apparence,  limitent  les  couches. 

Section  radiale.  —  Nuance  plus  foncée  que  celle  de  la  sec- 
tion tangentielle,  à  cause  de  la  couleur  foncée  des  rayons,  qui 
sont,  dans  certains  cas,  très  apparents,  et  dans  d'autres, 
visibles  seulement  par  réflexion.  Vaisseaux  apparents,  souvent 
serrés  côte  à  côte  ;  leur  contenu  est  noir.  Les  rayons  donnent 
souvent  à  la  coupe  un  effet  moiré. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  beaucoup 
moins  poreuse,  car  la  coupe  ne  traverse  qu'un  vaisseau  par 


ROIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  11 

groupe.  Les  limites  des  couches  sont  indiquées  par  des  lignes 
et  des  lacets  foncés.  Rayons  minuscules,  donnant  aussi  à  cette 
section,  grâce  à  leur  nombre,  un  effet  moiré  qui  n  est  ici  visible 
qu'à  la  loupe,  lorsque  le  bois  est  humecté. 

Emplois.  —  Bon  pour  l'architecture  navale,  pour  la  char- 
pente et  pour  les  mats,  à  cause  de  sa  résistance  ;  peut  être 
obtenu  jusqu'à  20  à  23  m.  sur  1  m.  à  1  m.  30  d'équarrissage 
(McTurk).  D'après  Thomas,  bon  pour  bordages.  Construction, 
menuiserie,  d'après  Silva. 

L'écorce  est  bonne  pour  le  tannage  des  peaux,  d'après 
Grisard. 

Bon  bois  très  commode  à  travailler  et  propre  à  remplacer 
les  acajous  de  qualité  moyenne. 


Éch.  types:  Variété  I  (rouge):  15,2671  Bell;  0466  Imper.  Inst.; 
2320,  Laslett  ;  la  section  de  Noerdlinger  ;  4,  Bur.  des  Rens.  Brésil. 
Variété  II  (blanche):  16,2671  Bell. 

Icônes  :  Martin-Lavigne  (est-ce  cette  espèce?  ,  fig.  23  et  24. 

Stone  et  Fr.,  fig.  14  ;  Stone,  T.  of  C,  pi.  III,  fig.  24.  Icônes  lignorum, 
pi.  45,  fig.  8. 

Références  :  Spence  ms.  Bell,  pp.  14  et  15  ;  Miers,  ms.  ;  Silva,  ms.  ; 
Grisard,  1892,  II,  p.  532;  Peckolt,  1901,  p.  353;  Thomas,  p.  157; 
Dumonteil,  1823,  loc.  cit.;  Duchesne,  p.  205;  Boquillon,  partie  III, 
p.  71  ;  Préfontaine,  p.  163;  Aublet,  Suppl.,  p.  32. 


Koolishiri   Bell),  n°  1192  B. 

Espèce  indéterminée,  mais  c'est  une  Méliacée  voisine  des 
Carapa. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  ayant  quelques 
points  de  similitude  avec  l'acajou  ;  d'une  couleur  brun  rou- 
geàtre  à  rose  foncé,  devenant  un  peu  plus  sombre  à  1  air. 
Nuance  de  la  coupe  transversale  légèrement  plus  foncée  que 
celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  — Densité,  0,849;  dureté,  celle  du 
Houx  ou  du  Citronnier  ;  sans  odeur;  saveur  astringente. 

Caractères  de  Vécorce.         Ecorce  épaisse  de  6  ;'i  9  mm., 
li^sr  ou  ridée,  très  dure  et   Ligneuse,  marquée,  sur  l.i  sur! 
intérieure,  de  sillons  fusif ormes.  I  .u  section  transvers  il'-  devient 


12  H.    STONE 

cramoisie  lorsqu'elle  est  humectée;  pleine  de  sclérites  blancs. 
Surface  de  la  bûche  profondément  striée  ou  sillonnée. 

Moelle.  —  Diamètre  de  3  mm.  environ,  molle,  rouge. 

Structure  du  Lois.  — L'aubier  a  12  mm.  d'épaisseur  environ 
et  est  plus  clair  que  le  cœur. 

La  structure  est  celle  des  Carapa  1192  A  (Voir  Clef  au 
n°  1198),  à  part  les  différences  suivantes  : 

Couches  bien  délimitées  ;  la  ligne  de  parenchyme  à  peine 
visible  forme  la  limite. 

Les  rayons  sont  tellement  serrés  que  les  intervalles  entre 
eux  sont  à  peine  égaux  à  la  largeur  de  ces  rayons  (caractère 
assez  rare). 

Le  parenchyme  est  comme  celui  du  Carapa,  mais  ne  s'étend 
pas  en  forme  d'ailes. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  vides,  rougeâtres.  Rayons  à 
peine  apparents. 

Emplois.  — Bon  pour  meubles.  Peut  être  facilement  obtenu 
jusqu'à  7  m.  sur  15  à  22  cm.  d'équarrissage  (Bell).  Se  tra- 
vaille facilement  et  pourrait  peut-être  remplacer  les  sortes 
d'acajous  claires  et  inférieures. 

Éch.  type  :  54,2710  Bell. 
Référence  :  Stone  et  Fr.,  p.  55. 

Killikowa  (Bell)  ;  Kerekowa  (Paul  ?),  n°  1192  G. 

Espèce  indéterminée,  mais  voisine  des  Carapa. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne  ;  d'une  couleur  brun  rougeâtre,  fonçant  légè- 
rement à  l'air.  Grain  plutôt  à  rebours,  avec  des  pores  plus 
foncés.  Surface  brillante,  chatoyante,  soyeuse.  Nuance  de  la 
coupe  transversale  plus  foncée  que   celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,711.  Dureté,  celle  du 
Cerisier.  Sans  odeur  ni  saveur. 

Caractères  de  ïécorce.  —  Ecorce  épaisse  de  4  à  5  mm. 
environ,  légèrement  gercée,  fibreuse,  d'une  couleur  rouge 
foncé.  Les  fibres  brillent  sur  la  section  transversale.  La  sur- 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  13 

face  de  la  bûche  vue  à  la  loupe  est  finement  striée  et  micacée, 
à  cause  des  perles  de  gomme. 

Structure  du  bois.  —  Dans  une  bûche  de  23  cm.  de  dia- 
mètre, l'aubier  n'est  pas  différent  du  cœur. 

La  structure  est  celle  des  Cedrela  (voir  Clef,  n°  1198),  à 
part  les  différences  suivantes  : 

Section  transversale .  —  Couches  bien  délimitées  ;  une 
mince  ligne  de  parenchyme  en  forme  la  limite. 

Vaisseaux  juste  visibles  comme  des  piqûres.  Leur  diamètre 
diminue  légèrement  vers  l'extérieur  de  la  couche,  quoique,  en 
apparence,  il  semble  augmenter. 

Rayons  visibles  à  l'œil  nu  lorsque  le  bois  est  humecté. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  petits,  mais  bien  apparents  ; 
foncés.  Rayons  étroits,  bruns,  très  apparents  sur  le  fond 
brillant. 

Section  tangentielle.  —  Les  rayons  produisent  un  ell'et 
moiré  ;  hauteur  de  2  mm.  environ. 

Emplois.  —  Bon  pour  meubles  ;  peut  être  obtenu  facile- 
ment jusqu'à  12  m.  sur  20  à  3o  cm.  déquarrissage  (Bell). 

Commode  à  travailler,  peut  remplacer  l'érable  ;  charpente, 
menuiserie  à  couvert. 


Éch.  type  :  51,2707  Hell. 
Référence  :  Stone  et  Fr.,  p.  52. 


TRIBU  IV.  —  CEDRELEES 

Les  Acajous  et  Cèdres,  n°  H98. 

Le  vrai  Acajou  à  meubles,  Sirietenia  Mu/uujoni  Lin.,  n  est 
pas  indigène  de  la  Guyane.  Les  divers  l><»is  qui  portent 
noms  son!  de  trois  catégories  ;  1°  certaines  Méliacées,  presque 
toujours  rougeâtres  ;  2"  certaines  Lauracées,  qui  <>nt  des  cou- 
leurs variées,  blanc,  brun,  noirâtre,  el  même  verdâtre,  cette 
dernière  couleur  étant  très  répandue  parmi  les  Vectandra 
voir  n°"  6200  i  I  suivants  ;  3°  des  bois  appartenant  à  plusieurs 
familles  et  qui    <>ni    L'apparence   de    l'acajou  ou   1  odeur  des 


li  i).     STONh 

cèdres,  tels  que  l'Acajou  Bâtard  {Curatella,  33),  l'Acajou  à 
pommes  (Anacardium,  1509),  le  Cèdre  basasse  (Protium, 
1156  B),  et  le  Cèdre  blanc  (Tecoma,  5467). 

Malheureusement  nous  n'avons  guère  de  renseignements 
précis  que  sur  le  Cedrela  odorata,  ou  Acajou  femelle. 

L'Acajou  veiné  de  Cayenne,  de  Varenne-Fenille,  est  très 
lourd,  de  densité  1,100.  Il  appartient  probablement  à  une 
Légumineuse  inconnue.  J'ai  vu  un  échantillon  au  Musée  Colo- 
nial de  Marseille  étiqueté  «  Acajou  »  au  n°  24  de  la  Guyane, 
qui  pourrait  être  ce  bois.  Peut-être  aussi  est-ce  le  Wild  Acajou 
d'Icônes  lignorum  (voir  partie  II). 

Clef  pour  les  espèces  qui  /assemblent  aux  Cedrela. 

1 .  La    coupe  transversale  présente,  au  bord  intérieur 

de  chaque  couche,  un  anneau  de  vaisseaux  plus 
ou  moins  serrés.  A  comparer  avec  la  lîg.  3,  pi.  V. 

1.1.  Les   vaisseaux  en  dehors  de  l'anneau,  unis  par   le 

parenchyme,  sont  en  festons  très  apparents. 
Melia  Azedarach,  1171,  fig.  15,  pi.  VI. 

1.2.  Les  vaisseaux  sont  ailés  par  le  parenchyme,  mais  ils 

ne  sont  pas  unis.  Cedrela  odorata,  1198  A;  et 
peut-être  C.  guianensis,  1198  B. 

2.  Pas  d'anneau  de  vaisseaux. 

2.1.  Sur  la  coupe  transversale,  les  rayons  sont  excessi- 

vement serrés,  les  intervalles  entre  eux  étant  à 
peine  égaux  à  la  largeur  de  ces  rayons.  Koo- 
lishiri,  1192  B. 

2.2.  Rayons  écartés  les  uns  des  autres  d'une   distance 

égale  à  celle  du  diamètre  d'un  gros  vaisseau. 

2.2.1.  Sans  saveur.  La  surface  en  coupe  radiale  est  cha- 

tovanteet  soveuse.  Les  ravons  sont  visibles  à  l'œil 
nu  lorsqu'ils  sont  humectés.  Killikowa,  1192  C. 

2.2.2.  Saveur  astringente.   Surface  seulement  légèrement 

brillante.  Les  rayons  ne  sont  visibles  qu'à  la 
loupe.  Carapa  guianensis,  1192  A. 

Cedrela  Odorata  Lin.,  n°  1198  A  (non  Schlecht,  Blanco, 
Grisebach,  Puiiz.,  Cham.,  Pav.,  Vell.). 


BOIS    UTILES    DP:    LA    fcUÏANE    FRANÇAISE  18 

En  plus  de  la  confusion  que  présente  la  systématique,  et 
que  nous  ont  indiquée  les  réserves  faites  ci- dessus,  il  y  a 
toute  une  série  de  bois  de  Cedrela  qui  sont  tellement  sem- 
blables qu'il  est  presque  impossible  de  les  séparer,  même 
lorsqu'ils  sont  côte  à  côte.  Ceci  est  surtout  vrai  des  C.  fissilis 
et  hrasiliensis,  qui  ont  une  synonymie  énormément  embrouillée. 

Les  échantillons  qui  vont  être  décrits  sont  déterminés  avec 
quelque  incertitude  ;  je  crois  néanmoins  qu'ils  appartiennent 
bien  à  cette  espèce. 

Dumonteil  cite  un  /Vcajou  blanc  de  densité  0,424,  et  un 
Acajou  bâtard  de  0,349,  dans  la  même  liste.  Je  pense  que  le 
dernier  est  trop  léger  pour  cette  espèce  et  devrait  être  rap- 
porté au  C.  guianensis.  J'ai  eu  quelques  hésitations  à  propos 
des  noms  cités  par  Duss,  mais  je  les  admets,  car  il  paraît 
qu'il  n'y  a  qu'une  seule  espèce  de  Cedrela  aux  Antilles  fran- 
çaises. 

Noms  vulgaires  :  Acajou  femelle  ;  Acajou  à  planches,  Bois 
d'Acajou  à  planches,  Cèdre  acajou  (Barbad.)  ;  Barbadoes 
bastard  Cedar  (Angl.)  :  Gedro  (Am.  mérid.  Esp.,  d'après 
Stevenson).  Havannah  ou  Havana  cedar  (Royle).  Cuba, 
Mexican  ou  Honduras  Cedar  (Laslett).  Zuckerkistenholz 
(Wiesneri.  Jamaica  ou  \Yest  Indian  Cedar  (Smith  .  Pfef- 
ferholz  (Nemnichj.  Cedro  aromatico,  Acajou  amer.  Cèdre 
(Brésil,  da  Gama).  Cedrel,  Cèdre  odorant,  Bois  de  Cedra 
(Beauverie).  Cedro  di  Cuba,  Cedro  di  Spagna  (Fogli).  Cedro 
mogani  (Pereira,  est-ce  cette  espèce?).  Cedro  dulce  (Venez.  : 
Snow).  Cedro  hembra  (Urban).  Caju  senti  (Niederlein  .  Cail- 
cedra,  Calcedra,  Calceida  (souvent  appliqués  à  Khaya  scw- 
r/alensis)^  Cèdre  de  la  Barbade  ou  de  la  M  irtinique 
(Duchesnc  .  Acajou  senti.  Acajou  du  pays  Guad.  ;  Duss 
Cedro  macho  Mexique;  Grisard  .  Calentas,  Gedro  de!  pais 
(Philip.;  Valdez).  Acajou  cedrela,  Bucabally  Démarary; 
Brousseau).  Cèdre  acajou,  Faux  acajou  (Martin-Lavign 

Provenance:  Am.  trop.;  Ant.  ;  Mexique;  Guyanes. 

Caractères  généraux.  —  Bois  léger  «■!   mou,  d'une  couleur 
brun  rougeâtre,  ou  rouge  brique  clair,  <>u  brunâtre  :  uniforme 
Surface   légèremenl    brillante;    Fonçanl    légèrement    è    l'air; 


16  H.    STONE 

grain  plutôt  gros.  Il  est  bien  connu  comme  bois  pour  boîte  à 
cigares.  Nuance  de  la  coupe  transversale  un  peu  plus  foncée 
que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,439  à  0,631.  Le  chiffre 
cité  par  de  Lanessan  (0,36o)  me  paraît  trop  faible,  et  même 
celui  de  Valdez  (0,400)  ;  et  le  chiffre  de  Boulger  (0,272)  Test 
encore  bien  plus,  puisque  c'est  à  peu  près  la  densité  du  liège  ! 
(Est-ce  une  erreur  d'impression?)  Dureté,  celle  de  l'Aune  ou 
du  Quassia.  Odorant  à  sec,,  mais  légèrement.  D'après  Duss, 
odeur  très  agréable,  surtout  quand  il  est  sec.  D'après  Valdez, 
celle  du  Genévrier.  Le  Règne  Végétal  exprime  une  opinion 
contraire  :  Lorsqu'on  le  frotte,  il  répand  une  odeur  fétide  et 
nauséabonde.  Peut-être  veut-on  alors  parler  de  lécorce? 

Saveur  astringente  plutôt  qu'amère  ;  elle  se  développe  len- 
tement au  goût.  Solution  aqueuse  rose  clair  avec  un  précipité 
abondant. 

Le  bois  brûle  assez  bien,  sans  odeur  spéciale,  en  pétillant 
beaucoup.  Il  est  très  cassant  et  se  fend  facilement. 

D'après  Valdez,  il  se  casse  avec  de  courtes  fibres. 

Caractère  de  l'écorce.  —  D'après  Berkhout,  fortement 
odorante. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  étroit,  blanc  rougeâtre, 
d'après  Boulger. 

Moelle.  —  Diamètre  de  1  mm.  2,  arrondie,  rouge.  Quelques 
cellules  sont  parfois  remplies  d'une  matière  foncée. 

Section  transversale .  —  Couches  très  apparentes  et  bien 
délimitées. 

Vaisseaux  bien  visibles,  à  cause  de  leur  grandeur,  lorsque 
la  surface  est  polie  avec  du  papier  verre,  mais  ils  le  sont  peu 
lorsque  la  coupe  est  rabotée  ;  diamètre  de  0  mm.  2;  disposés 
en  un  anneau  concentrique,  bien  distinct,  de  grands  vaisseaux 
non  serrés,  les  petits,  qui  sont  en  dehors  de  cet  anneau,  étant 
fortement  isolés,  mais  toujours  avec  une  tendance  à  se  dis- 
poser concentriquement  ;  peu  nombreux,  1  à  6  par  mm.  q. 
Leur  contenu  est  rarement  visible  à  sec. 

Les  rayons  sont  visibles  à  la  loupe,  lins,  uniformes,  régu- 
liers, écartés  les  uns  des  autres  à  une  distance  un    eu  moindre 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  17 

que  celle  du  diamètre  d'un  gros  vaisseau,  soit  4  à  7  par  mm.  ; 
de  couleur  rouge  brique. 

Parenchvme  abondant.  Pa  entoure  les  vaisseaux  et  est 
visible  à  peine  ;  à  l'extérieur  de  la  couche,  il  s'étend  tan- 
gentiellement  en  forme  d'ailes  ou  d'arcs  vagues  ;  Vh  est  très 
apparent,  en  lignes  concentriques  continues,  beaucoup  plus 
larges  que  les  rayons  et  très  écartées  les  unes  des  autres, 
souvent  de  1  cm.  Peut-être  sont-elles  les  limites  des  couches. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  apparents,  légèrement 
plus  foncés  que  les  fibres  ligneuses,  vides  pour  la  plupart, 
avec  des  cloisons  qui,  ordinairement,  sont  plus  courtes  que  le 
diamètre  de  ces  vaisseaux;  dans  ces  vaisseaux,  çà  et  là,  se 
trouvent  des  perles  de  résine.  Les  rayons,  grâce  à  leur  nombre 
et  à  leur  couleur,  produisent  un  effet  brillant  et  moiré,  mais 
ne  sont  visibles  que  lorsque  le  bois  est  humecté.  Le  paren- 
chyme h  est  à  peine  apparent  à  l'œil  nu.  La  surface  de  la 
coupe  est  souvent  brillante  et  nacrée. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  la  surface, 
tout  étant  brillante,  n'est  pas  nacrée.  Les  limites  des  couches 
sont  plus  apparentes  à  cause  des  franges  de  l'anneau  de 
vaisseaux.  Rayons  minuscules,  bruns  ou  rouges,  visibles  à  la 
loupe. 

Emplois .  —  Bon  pour  boîtes  à  cigares  et  articles  du  même 
genre.  Peut  être  obtenu  jusqu'à  6  à  13  m.  sur  30  à  60  cm. 
d'équarrissage  (Laslett).  Cet  auteur  donne  le  résultat  de  ses 
essais  au  point  de  vue  de  la  résistance  de  ce  bois. 

D'après  le  «  Guide  de  Kew  »,  bois  très  bon  pour  la  char- 
pente d'intérieur,  colfres,  garde-meubles,  tiroirs,  car  il  éloigne 
les  insectes  :  pour  les  bardeaux,  qui  résistent  de  Longues 
années. 

Bon  pour  crayons,  dit  Duchesne,  mais  je  trouve  (jue  le 
grain  est  bien  trop  gros  pour  cet  usage. 

D'après  Duss.  L'extrait  du  bois  est  fébrifuge;  lf  bois  donne 
une  résine  aromatique. 

Ech.  types:  2  J  7  :  » ,  Laslett  ;  0882,  Hughes  ;  a°13de  La  G 
Coloni.il  de  Marseille. 

AnnaUi  du  Musée  colonial  </<•  Marseille.      3*  série,  ■'•*  vol.  I9i:. 


18  H.    STONE 

Icônes  :  Moeller,  VI,  fig.  62  (fibres  seulement).  Martin-Lavigne, 
fig.  26  et  27.  Icônes  lignorum,  pi.  LXXIII,  fig.  8;  Wit  Cederhout  boom; 
mais  est-ce  bien  cette  espèce? 

Références  :  Aublet,  p.  246;  Varenne-Fenille,  p.  147;  Dumonteil,  II, 
partie  2,  p.  156  ;  Duss,  p.  129:  Boulger,  p.  186  ;  Le  Règne  Végétal, 
partie  médicale,  I,  p.  297;  Valdez,  ms.;  Préfontaine,  p.  139  ;  de  Lanessan, 
p.  143  ;  Kew  Guide,  p.  62  ;  Laslett,  p.  269  ;  Beauverie,  p.  259  ;  Duchesne, 
p.  205;  Martin-Lavigne,  p.  90:  Grisard,  1893,  I,  p.  29;  Berkhout,  p.  25. 

Cedrela  guianensis  A.  Juss,  n°  1198  B. 

Je  n'ai  pas  encore  trouvé  un  échantillon  bien  déterminé  de 
cette  espèce;  tous  ceux  que  j'ai  pu  examiner  ne  m'ont  pas 
semblé  différents  du  C.  odorata. 

Gomme  l'odeur  du  bois  de  Préfontaine  parait  plus  péné- 
trante que  celle  de  l'espèce  précédente,  je  cite  ici  l'espèce  de 
Préfontaine.  Dumonteil  cite  deux  bois  différents  qui  pourraient 
bien  se  rapporter  au  même  arbre.  La  Commission  de  Brest, 
en  donnant  la  description  de  l'Acajou  ou  Cèdre  rouge,  indique 
qu'il  est  de  la  même  couleur  que  celle  de  l'Acajou  femelle,  ou 
Cèdre  de  Demararv.  Le  Cèdre  rouge  est  peut-être  le  C.  guia- 
nensis ;  et  le  Cèdre  de  Demarary,  le  C.  odorata. 

Préfontaine,  p.  139  :  Acajou  à  planches,  Ooubouheri  des  femmes 
Caraibes,  Iacaicachi  des  hommes;  Cèdre,  à  Saint-Domingue.  Odeur 
suave,  qui  est  communiquée  au  linge,  s'il  est  renfermé  dans  une  armoire 
faite  de  ce  bois. 

Aublet,  p.  246  :  Acafou,  pour  maisons,  barriques  et  pirogues. 

Dumonteil,  p.  158;  Acajou  bâtard.  Densité,  0,3*9  ;  force,  80;  élasti- 
cité, 141  ;  flexibilité,  4,73,  p.  163.  Classe  6  de  faible  valeur.  Est-ce  bien 
cette  espèce? 

Commission  de  Brest,  p.  166  :  Acajou  ou  Cèdre  rouge.  Densité,  0,385 
à  0,466;  force,  250  à  420;  ce  qui  revient  à  0,49,  si  le  Chêne  égale  I, 
p.  174.  Moitié  moins  fort  que  le  Chêne,  de  deux  cinquièmes  plus  léger, 
beaucoup  moins  élastique  ;  ordinairement  de  la  couleur  du  Cèdre  ou  de 
l'Acajou  femelle  ;  se  travaille  très  bien  et  très  bon  pour  la  menuiserie. 
Tous  les  cabrions  se  sont  cassés  net  sans  le  moindre  avertissement,  et 
la  section  de  rupture  était  comme  coupée  ;  le  pied  était  probablement 
«  en  retour  ». 

Autres  essais  sur  les  bois  de  Dumonteil,  p.  190  :  Pour  des  échantillons 
conservés  à  couvert  :  force,  320  à  495,  0,49  à  0,55  si  le  Chêne  égale  1  ; 
élasticité,  1  à  27.  Conservés  à  découvert  :  force,  320  à  500;  élasticité, 
15  à  25  ;  p.  197.  Classe  2b. 


BOIS    UTILES    DE    LA   GUYANE    FRANÇAISE  19 

Sagot,  p.  914  :  Acajou  de  la  Guyane;  léger,  rouge,  se  sciant  parfai- 
tement; l'arbre  est  monté  sur  des  arcabas.  Le  même,  Catalogue,  XII, 
p.  205  :  Acajou,  bois  blanc  devenant  rouge  en  se  desséchant;  il  résiste 
aux  termites.  Le  même  encore,  p.  924  :  Acajou,  Cedrela,  Bucabally. 

Bassières,  p.  102  :  Acajou  ;  bon  pour  meubles  et  boites  à  cigares. 
Densité,  0,577. 

Pour  d'autres  références,  voir  l'espèce  précédente. 
Acajou  blanc,  n°  1198  G. 

Dumonteil,  p.  158  :  Densité,  0,424;  force,  111;  élasticité,  134;  flexi- 
bilité, 3,91. 

Du  Tertre  cite  un  autre  Acajou  blanc  qui  devient  très  dur 
en  se  desséchant. 

FAMILLE  XLVII.  —  OLAGACÉES 

TRIBU  I.  —  OLACÉES 

Ximenia  americana  Lin.,  n°  1208. 

Synonymes  :  X.  multiflora  Jacq.  ;  Hcijmassoli  spinosa 
Aubl. 

Aublet,  p.  324  :  Heymassoli  (Galibis)  ;  écorce  brune,  ridée,  gercée  ; 
bois  blanchâtre. 

Grisard,  1893,  I,  p.  135  :  Alvarillo  del  campo  (Amer.  Sud  ,  Falsc 
Santal-vvood  (Angl.),  Muhinge  (Angola),  Caytao  (Annam\  Ameixa 
(Brésil),  et  le  fruit  Alvarillo  da  terra;  Gangi  (Congo),  Vana  (lul>;i)j 
Oranger  des  falaises,  Prunier  épineux  (Guadel.),  Albaricoque,  AJbarillo 
on  Abriboquilla  de  campo  (Argentine),  Sea-side  Plum  (Trinité), 
Umpeque  Zambèze)  ;  bois  jaunâtre,  dur,  de  très  faible  dimension,  serré 
et  odorant.  I/écorce  est  bonne  pour  tannage. 

Niederlein,  p.  '.'>  :  Oranger  montagne. 

TRIBU  III.  —  IGAGINÉES 

Poraqueiba  guianensis  Aubl.,  q°  1240. 
Synonyme  :  P.  surinamensis  Miers. 

\ublet,  p.  123  :  Poraquébé   Galibi  tendrée;  bois  roussâtre, 

dur,  sompact. 
Rodriguès,  1893,  p.  50  :  llmary  amarello    Brésil  . 


20  H.    STONE 

FAMILLE    XLVIIL  —   ILICACÉES 

Ilex  Macoucoua  Pers.,  n°  1265. 

Synonyme  :  Macoucoua  guianensis  Aubl. 

Aublet,  p.  88  :  Macoucou  (Galibis)  ;  écorce  épaisse,  dure,  cassante  et 
blanchâtre  extérieurement  ;  employée  par  les  Galibis  pour  cuire  leurs 
poteries. 

Sagot,  XIII,  p.  283  :  Un  petit  arbre. 


FAMILLE   L.  —  CELASTRACEES 

N°  1309.  Goupi,  Coupi,  Acioa,  Saourari,  Pekea  et  Kabu- 
calli. 

Tous  ces  noms  se  rapportent  à  trois  genres  ;  je  commence 
par  éclaircir  la  synonymie  systématique. 

1°  Dans  le  genre  Caryocar,  n°  G64  : 

C.  hutyrosum  Willd.  Syn.  :  Pekea  hutirosa  Aubl.  ;  Pekea 
lentinos  Aubl. 

C.  glahrum  Pers.  ;  Syn.  :  Saourari  glahra  Aubl. 

C.  villosum  Pers.  ;  Svn.  :  Saourari  villosa  Aubl. 

C.  tomentosum  Willd.  ;  Syn.  :  C.  tuberculosum  Baill. 

De  Lanessan  cite  Caryocar  tomentosum  comme  svnonvme 
de  C.  hutyrosum. 
■     2°  Dans  le  genre  Couepia  =  Acioa,  n°  2015. 

C.  guianensis  Aubl.  ;  Syn.  :  Acioa  amara  Steud.  ;  A.  dulcis 
Steud.  ;  Acioa  guianensis  Aublet. 

Aublet  décrit  Couepia  guianensis  et  Acioa  guianensis  comme 
deux  espèces  différentes,  et  Grisard  en  donne  encore  deux 
sous  les  synonymes  de  Couepia  dulcis  et  C.  guianensis. 

3°  Dans  le  genre  Goupia.  n°  1309. 

G.  glahra  Aubl.  ;  et  G.  tomentosa  Aublet. 

Noms  vulgaires  :  Il  y  a  ici  tellement  de  confusion  que  j'ai 
jugé  à  propos  de  me  servir  de  Pekea  et  Saourari  pour  Caryocar, 
de  Coupi  et  de  Acioa  pour  Couepia,  et  de  Goupi  pour  Goupia. 
Cependant  Pekea  est  un  nom  commun  à  plusieurs  espèces. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  21 

Le  bois  que  je  vais  décrire  a  une  odeur  nauséabonde  et 
caractéristique,  mais,  dans  les  descriptions,  on  cite  avec  odeur 
désagréable  le  Couepia  guianensis  (Grisard)  et  le  Goupia 
glahra.  Tous  les  deux  sont  durs  et  lourds. 

L'échantillon  de  Bell  est  un  Goupia  ou  un  Caryocar  ; 
malheureusement  pour  sa  détermination,  il  avait  été  envoyé 
avec  des  feuilles  de  l'un  et  des  fruits  de  l'autre  ;  ce  n'est  sûre- 
ment pas  un  Couepia.  Ce  n'est  pas  non  plus  le  Caryocar 
butyrosum,  qui  a  été  bien  déterminé  (voir  664),  et  il  ne  peut 
pas  être  Goupia  tomentosa,  qui  n'est  qu'un  petit  arbre,  selon 
Aublet.  Berkhout,  p.  2o,  semble  toutefois  ne  pas  être  du 
même  avis  sur  ce  G.  tomentosa  ;  ce  serait  le  Goupia  glabra 
qui  serait  un  mauvais  petit  arbre. 

Comme  aucune  espèce  de  Caryocar  n'est  citée  comme 
malodorante,  je  pense  que  notre  bois  est  bien  Goupia  glabra 
et  que  Grisard  a  eu  tort  d'adopter  le  nom  de  Gaboucalli  pour 
Couepia. 

Aublet  décrit  le  bois  de  Goupia  glabra  comme  peu  compact, 
mais  je  pense  qu'il  veut  parler  de  l'aubier  comme  cela  lui 
arrive  parfois  dans  son  ouvrage.  En  définitive,  Berkhout  pour- 
rait avoir  raison. 

Goupia  glabra  Aubl.,  n°  1309  A. 

Mon  échantillon  est  du  même  bois  que  ceux  de  Janssonius 
(1914,  p.  16)  et  de  Martin-La  vigne  (p.  91),  autant  qu'on  peut 
en  juger  d'après  leurs  descriptions  microscopiques  ;  cependant 
son  parenchyme  est  beaucoup  plus  développé  que  l'indiquent 
les  ligures  fournies  par  ces  auteurs.  Je  me  demande  si  le  bois 
de  leurs  échantillons  n'était  pas  plus  jeune  que  le  mien. 

Dumonteil  cite  deux  sortes  de  Goupia  :  Coupi  noir,  de  den- 
sité 0,881  ;  et  Coupi,  0,819.  La  Commission  de  Bresi  en  cite 
encore  deux  qui  ont  une  odeur  fétide  :  Coupi  blanc,  de  densité 
0,9.'{:2  ;  et  Coupi  rouge.  Mais,  faute  de  renseignements  précis, 
je  ne  me  permets  pas  de  prendre  une  décision  pour  indiquer 
si  ces  bois   se  rapportent  à    Goupia   OU  à  Couepia     voir    2013 

E.F.G.). 

Noms  vulgaires  :  Goupi  (Galibis,  d'après  Aublet   ;  K.iliu- 


22  H.     STONE 

calli  (Bell),  mais  non  celui  de  Brousseau,  qui  est  l'Angélique 
(voir  1927),  ni  le  Kaboekalie  de  l'Icones  Lignorum.  Le  Goupy 
franc  de  Michel  peut  être  accepté,  mais  le  Goupi  jaune  de 
Niederlein  est  plutôt  l'espèce  suivante. 

Caractères  généraux.  —  Bois  lourd,  dur,  d'une  couleur 
brun  rougeâtre  ou  gris  et  dune  odeur  répugnante  de  fromage 
en  état  de  décomposition  avancée.  Surface  mate  fonçant  beau- 
coup à  l'air.  Grain  gros  ou  moyen  suivant  la  coupe. 

Couleur  blanche  ;  peu  compact,  d'après  Aublet. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,833  à  0,913  (1,042 
d'après  Martin-Lavigne).  Dureté,  celle  du  Charme.  L'odeur 
s'efface  avec  le  temps,  mais  la  moindre  entaille  la  fait  réap- 
paraître. Saveur  répugnante,  qui  n'est  pas  cependant  celle  du 
fromage  décomposé. 

Solution  aqueuse,  «  opalescente  ».  La  solution  alcoolique 
est  d'une  teinte  acajou  clair,  donnant  un  précipité  qui  fait 
mousser  l'eau  abondamment.  Ces  deux  solutions  ont  une  odeur 
caractéristique  (Martin-Lavigne) . 

Le  bois  brûle  assez  bien,  avec  beaucoup  de  flamme  et  peu 
de  fumée  ;  odeur  caractéristique,  qui  n'est  pas  désagréable. 

D'après  Martin-Lavigne  :  odeur  acre. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  de  3  à  4  mm.,  lisse  ou 
légèrement  ridée,  tombant  facilement  en  miettes.  La  surface 
de  la  bûche  est  lisse. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  de  couleur  grisâtre  à 
blanc  jaunâtre. 

Section  transversale.  —  Couches  variables,  souvent  mal 
délimitées  ;  les  limites  sont  peut-être  les  zones  de  bois  les 
plus  denses. 

Vaisseaux  visibles  comme  des  piqûres  lorsqu'ils  sont  grands, 
souvent  très  apparents  à  cause  de  leurs  bords  clairs.  Ils 
semblent  augmenter  en  diamètre  vers  l'extérieur  de  la  couche, 
indépendamment  de  l'accroissement  dû  à  l'âge  de  l'arbre  ;  et 
l'augmentation  est  de  0  mm.  1  à  0  mm.  2  de  diamètre.  Distri- 
bution assez  régulière,  avec  tendance  à  se  disposer  en  lignes 
obliques;  peu  nombreux,  1  à  10  par  mm.  q.  ;  pour  la  plupart 
simples,  beaucoup  par  paires  et  rarement  davantage. 


BOTS    UTILES    DR    LA    GUYANE    FRANÇAISE  23 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  uniformes,  presque 
réguliers,  serrés,  à  intervalles  d'une  distance  bien  moindre 
que  le  diamètre  d'un  gros  vaisseau  et  s'écartent  largement  au 
niveau  de  ces  vaisseaux.  Ils  occupent  un  tiers  de  la  surface 
environ  ;  10  à  15  par  mm. 

Parenchyme  a  entourant  les  vaisseaux  et  parfois  s'étendant 
en  forme  d'ailes  (souvent  difficiles  à  voir  dans  les  vieux  échan- 
tillons), et  Pb  très  variable,  souvent  très  réduit,  se  montrant 
parfois  en  petits  traits  de  la  même  couleur  que  les  rayons 
auxquels  ils  sont  attachés.  La  couleur  est  plus  foncée  que 
celle  du  parenchyme  a. 

Section  radiale.  — Couches  faiblement  marquées.  Vaisseaux 
gros  ou  moyens,  renfermant  parfois  des  perles  de  gomme  et 
présentant  les  bords  clairs  du  Pa.  Rayons  fins,  obscurs, 
translucides. 

Section  tangentielle.  —  Gomme  la  radiale,  mais  les  rayons 
sont  à  peine  visibles  à  l'œil  nu  ;  cependant  ils  occupent  une 
grande  partie  de  la  surface. 

Emplois.  —  Bon  pour  les  planchers  de  fond  de  bateaux, 
pour  traverses  de  chemin  de  fer  ;  peut  être  obtenu  jusqu'à 
20  m.  sur  30  à  40  cm.  d'équarrissage,  d'après  McTurk. 

Les  indigènes  donnent  la  préférence  aux  pirogues  faites  avec 
ce  bois,  car  elles  ne  se  fendent  pas  au  soleil,  d'après  Bell. 

Très  dur  à  travailler  ;  son  odeur  empêche  de  l'employer 
même  comme  pavage. 

Éch.  types:  44,2700  Bell  ;  0065,  Imp.  Institute  ;  2626,  Berkhaut;  n°  17. 
Coupi  et  n°  118,  Goupi,   Guyane,   Musée  Colonial  de   Marseille.  Icon 
Lignorum  :  pi.   68,  fig.  7,   et  pi.  72,  fig.  7.  Cabecalie;   Martin-Lavigne, 
fig.  31  et  32. 

Références:  Bell,   p.  G;  Stone  <-t  Fr.,   p.  '».•);  de  Lanessan,  p.    I 
McTurk,  n°  M). 

Goupia  tomentosa  Aubl, ,  n°  1309  B. 

Aulilci,  p.  296:  Petil  arbre  de  20  à  25  pieds;  bois  blanc,  légèrement 
compact.  Écorce  ridée,  noirâtre,  tachetée  de  blanc. 
N  iederlein,  p.  I  :  «  Soupi  jaune. 
Berkhout,  p.  2:»    !..•  réi  itable  Koepie  .  odeur  dés  -  !«■. 


24  H.    STONE 

FAMILLE  LV.  —  SAPINDAGÉES 

TRIBU  III.  —  SAPINDÉES 
Toulicia  guianensis  Aubl.,  n°  1382. 

Aublet,  p.  359  :  Toulici  (Galibis)  ;  écorce  cendrée  ;  bois  blanc,  peu 
compact. 

Sagot,  p.  914:  Bois  flambeau;  coupé  en  petites  lanières,  il  sert  de 
torche  dans  les  pêches  de  nuit. 

Description  d'un  échantillon,  n°  148,  Guyane  (Mus.  Col. 
Mars.). 

Caractères  généraux.  —  Bois  très  dur  et  lourd  ;  grain  gros 
et  à  rebours.  Couleur  d'un  brun  foncé  rave  de  brun  clair. 
Surface  mate.  Structure  très  visible  en  section  transversale, 
dont  la  nuance  est  un  peu  plus  foncée  que  celle  des  autres 
sections. 

Caractères  physiques .  —  Densité:  1,017  ;  dureté,  celle  du 
Chêne  Yeuse.  Sans  odeur,  saveur  astringente. 

Caractères  de  V écorce.  —  De  couleur  brun  foncé  ;  surface 
unie,  mais  couverte  de  tubercules  arrondis  comme  des  lenti- 
celles,  et  qui  montrent  la  couleur  rougeâtre  de  la  couche 
sous-jacente.  Epaisseur  de  2  à  3  mm.,  d'une  seule  couche 
très  dense.  Extérieurement  les  écailles  sont  délimitées  par  des 
couches  minces  d'une  couleur  plus  claire.  L'écorce  est  très 
dure,  ligneuse,  cassante,  inodore  et  sans  saveur.  Extérieur  de 
la  bûche  finement  strié. 

Structure  du  hois.  —  L'aubier  est  un  peu  plus  clair  que  le 
cœur  et  est  assez  bien  délimité. 

Section  transversale.  —  Couches  très  bien  définies  à  cause 
du  changement  d'orientation  parmi  les  vaisseaux  ;  de  contour 
régulier. 

Vaisseaux  très  visibles  à  cause  de  leur  grandeur  et  de  leur 
disposition  en  lignes  obliques,  qui  penchent  à  gauche  ou  à 
droite  dans  les  parties  différentes  de  la  même  couche  et  qui 
sont  rarement  de  la  même  orientation  dans  les  couches  voi- 


BOIS    ITILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  25 

sines.  Les  vaisseaux  sont  très  grands,  mais  ils  varient  beau- 
coup, très  peu  nombreux,  fortement  isolés,  simples  ou  par 
paires;  rarement  par  groupes  de  3  à  4. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  presque  réguliers  en 
largeur,  mais  à  intervalles  irréguliers,  dune  distance  variant 
entre  le  diamètre  et  le  1/2  diamètre jd' un  gros  vaisseau;  de 
couleur  jaune. 

Parenchyme  a  très  apparent  et  abondant,  entourant  les  vais- 
seaux et  sétendant  en  formant  des  ailes  qui  sont  parfois  dune 
longueur  appréciable.  Le  Pa  unit,  çà  et  là,  les  vaisseaux 
aux  lignes  obliques  qui  sont  très  bien  marquées. 

Section  radiale.  —  Couches  à  peine  marquées.  Vaisseaux 
très  ^ros,  mais  peu  apparents,  étant  pour  la  plupart  voilés  par 
le  Pa.  Rayons  à  peine  visibles,  transparents. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  rayons 
ne  sont  visibles  qu'au  micro  (XlO),  étant  en  minces  lignes 
jaunes  unicellulaires.  Hauteur  de  0  mm.  3. 

Sapindus  arborescens  Aubl.,  n°  138L. 

Aublet,  p.  357  :  Macaca-apa-ipou,  Maca-apa-ipou    Galibis  ;  Savonnier 
à  petit  fruit  ;  écorce  raboteuse,  grisâtre;  bois  blanchâtre. 

TRIBU  VI.  —  MÉLICOCCÉES 


Melicocca  bijuga  Lin.,  n°  1404. 

Grisard,  1893,  I,  p.  38  :  Quenette,  Knépier  France  :  Honey-berry  of 
Guiana  (Angl.);  Mamoncillo  Cuba  ;  Knippa,  (iénip  Curac;a<>,  voir 
:il«  ;  Kenep,  Quenette  (Guadel.)  ;  Genip  tree  Jamaïque  ;  Quenel 
Mail.  Yba-pomo  Tai'a-im\  :  Quenepe  France  ;  Guenepe  Angl.  : 
Maco  Trinité,  Esp.);  M  a  mou  Venez.).  Bois  de  C(  uleur  jaune,  parsemé 
<l<-  veines  très  fines,  qui  tranchent  agréablemenl  sur  le  fond  par  leur 
ouance  légèrement  plus  fonc<  iuches  peu  distinctes.  Le  bois  est  dur, 

pesant,  compact  ;  texture  serrée.  Densité  0,900  ;  bon  pour  l'ébénisteri 

le  tour.   etc. 

[cônes   lignorum  :  PI.  LXXX,  Dg.  (»,  Kneppie;  couleur  de  pain 
présentant  des  lacets  en  ziyzag. 


26  H.    STONE 


TRIBU  (SOUS-TRIBU)  IX.  —  CUPANÉES 

Matayba  guianensis  Aubl.,  n°  1433. 

Synonyme  :  Ratonia  guianensis  (non  dans  l'Index  Kew). 

Aublet,  p.  331  :    Touaou,   Atauaou  (Galibis)  ;  écorce  ridée,  sillonnée, 
noirâtre. 

Je  me  demande  si  ce  n'est  pas  le  Taouin  de  Dumonteil  (?) 
voir  Pt.  II. 


FAMILLE    LXI.   —   ANAGARDIACÉES 

TRIBU  I.  —  MANGIFÉRÉES 

Mangifera  indica  Lin.,  n°  1508. 

Noms  vulgaires  :  Manguier,  Mango,  Mangotier,  Mangueiro, 
Manga,  Mangga,  Manya,  Itaparika,  Itamaraka,  Boceta,  Cabeça 
da  negro,  Mango  do  mar  grande,  et  plusieurs  variétés  (Brésil, 
d'après  Rodriguès).  Mangas  d'après  Dalechamp,  Vipapa 
(Océanie  et  Tahiti  :  Xiederlein).  Pour  les  autres  noms,  très 
nombreux  dans  le  dialecte  asiatique,  voir  Gamble  et  Grisard. 
Mais  Grisard  cite  «  Mango  pickle  »  (Angl.)  qui  n'est  pas  un 
bois  mais  une  conserve  de  Mango  ! 

Provenance  :  Asie  trop.  (Cultivé  dans  tous  les  pays  chauds). 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne  :  couleur  blanc  grisâtre  à  brun  clair.  D'après 
de  Lanessan,  jaunâtre.  Le  Manguier  des  forêts,  mauve  foncé 
au  moment  de  sectionner,  prend  une  teinte  d'un  beau  brun 
noir  veiné  de  blanc  ou  de  jaune  en  vieillissant.  Le  Manguier 
cultivé  est  de  couleur  grisâtre  ou  blanchâtre,  mélangée  de 
taches  jaunes  (Grisard).  Fibres  fortement  entrecroisées. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,425  ;  d'après  Dumonteil, 
0,647;  Manguier  des  forêts,  1,079,  et  M.  cultivé,  0,680  d'après 
Grisard.  Dureté  très  variable.  Sans  saveur  ;  légère  odeur  de 
cuir.  Force,  120  ;  élasticité,  215  ;  flexibilité,  4,25.  Classe  5, 
d'après  Dumonteil.  A  la  rupture   par  flexion,  les  couches   se 


BOTS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  27 

séparent  nettement  les  unes  des  autres.   Le  Manguier  cultivé 
est  assez  liant  (Grisard). 

Caractères  de  ïécorce.  —  Description  de  lécorce  d'un  échan- 
tillon n°  2,  Majunga,  Mad.  (M.  G.  M.). 

Surface  extérieure  un  peu  rugueuse,  légèrement  fendillée, 
d'un  brun  rougeâtre  ;  épaisseur  de  3  à  5  mm.  La  section,  d'un 
brun  foncé,  se  compose  de  deux  couches  ;  l'interne,  d'une  struc- 
ture uniforme,  est  composée  de  fibres  brunes,  mélangées  avec 
de  grands  sclérites  ;  texture  dure,  ligneuse;  cassure  grenue. 
La  couche  externe  se  compose  d'écaillés  qui  sont  plates, 
longues  et  presque  lisses.  Les  côtes  des  écailles  très  faible- 
ment inclinées  laissent  à  peine  apercevoir  la  couche  sous- 
jacente.  Sans  odeur  ni  saveur. 

L'échantillon  n°  loi,  Antilles  (Mus.  Gol.  Mars.), ne  se  rap- 
porte aucunement  avec  le  précédent. 

D'après  Diaz,  Técorce  est  gercée,  scabre  et  noirâtre.  Elle 
ne  concorde  pas  non  plus   avec   les  échantillons  précédents. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  aussi  dur  que  le  bois  ; 
très  épais,  jaune  pâle  avec  de  longues  taches  grises  (Manguier 
des  forêts,  d'après  Grisard). 

Section  transversale.  —  Couches  très  apparentes,  limitées 
par  des  lignes  blanchâtres.  Contour  régulier. 

Vaisseaux  visibles  à  cause  de  leur  bord  blanc  et  de  leur 
aspect  de  piqûres;  grandeur,  0  mm.  25;  diminuant  vers  l'exté- 
rieur de  la  couche  ;  peu  nombreux,  de  1  par  2  mm.  q.  à  6 
par  mm.  q.  ;  fortement  isolés;  la  plupart  simples,  beaucoup 
par  paires  et  quelques-uns  par  groupes  de  trois  disposés  en 
lignes  obliques  bien  prononcées. 

Rayons  à  peine  visibles,  (ins,  uniformes  ;  2   à  3  correspon- 
dant au  diamètre  d'un  gros  vaisseau,   niais    très  Irréguliers  : 
10  a   16  par  mm.;  légèrement  plus  lunées  en  couleur  que  le 
parenchyme,  mais  beaucoup  plus  clairs  que  les  libres  Ligneus 
Ils  paraissent    être    remplis    «le    gomme,    qui     leur    donne    une 

apparence  pointillée.  Ils  occupenl   un  tiers  de  la  surface  du 
bois  environ. 

Parenchyme  a  abondant,  entourant  les  vaisseaux  delars 

i 

bords  qui  s  étendent  parfois  en  petites  ailes  unissant  rarement 


28  H.    STONE 

deux  groupes,  sauf  sur  le  bord  extérieur  des  couches,  où  elles 
forment  une  ligne  concentrique  continue. 

Section  radiale.  —  Couches  indistinctes.  Vaisseaux  très 
apparents.  Rayons  très  fins,  visibles  seulement  par  l'effet  moiré 
qu'ils  produisent.  Pa  d'une  couleur  rose,  se  gonfle  beaucoup 
lorsqu'il  est  humecté. 

Section  tangentielle.  —  Vaisseaux  très  apparents,  sinueux  et 
entrecroisés.  Rayons  visibles  par  leur  effet  moiré;  même  à  la 
loupe,  paraissent  très  petits.  Ils  sont  composés  de  cellules 
rouges,  mêlées  à  d'autres  incolores;  hauteur  de  1  à  10  cellules 
sur  1  cellule  de  largeur. 

Emplois.  —  D'après  Grisard,  bon  pour  construction,  outils 
de  menuiserie;  se  travaille  assez  difficilement;  résiste  à  la 
pourriture  humide  pendant  de  longues  années.  Manguier 
cultivé  :  texture  assez  grossière,  de  conservation  très  limitée 
et  ne  résistant  ni  à  l'humidité,  ni  aux  attaques  des  termites. 

D'après  de  Lanessan,  bon  pour  caisses  d'emballages,  bour- 
rellerie, chauffage,  charbon.  Il  serait  d'un  bon  usage  pour  les 
pays  froids. 

Un  bon  bois,  d'après  Rodriguès. 

Ech.  type  :  N°  80  de  la  Guyane  ;   Musée  Colonial  de  Marseille. 
Références  :  de  Lanessan.  p.    142  :  Grisard,  1893,  II,   p.  324  ;    Sagot, 
XIII,  p.  288. 

Anacardium  occidentale  Lin.,  n°  1509. 

Noms  vulgaires  :  Pomme  d'acajou  (Guy,  d'après  Sagot). 
Acajou  à  pommes.  Acajou  (Piso).  Acajou-thea  (Plumier). 
Caschou  (Mer.).  Cassuvium  (Rumph.),  Kapa-mava  (Rheed, 
d'après  Aublet).  Aloi,  Aloi-ichie  (Caraib.),  Auloui,  Acajou- 
iba,  Acaja-iba  (Marcgr.),  Acajuacaya.  Ajacaté,  Itimaboera, 
Gastanea  (Brésil,  d'après  Préfontaine).  Gaja,  Gajueiro  (Brésil), 
le  fruit  se  nomme  Matury  lorsqu'il  est  vert  (Rodriguès).  Aca- 
joubaum  (terme  gén.  Allem.),  Cashew-nut  tree,  Malacca  bean 
(Angl.),  Acajou  (Antilles),  Gajueiro  do  mato  (Brésil),  Mara- 
non  (Cuba,  Solomon,  Mexique)  ;  Anacardo  occidental  (Esp.), 
Gatsjoc-appelboom  (Indes  Néerl.),  Kasjoeboom,  Akajouboom 
(Holl.),  Albero  acaja  (Italien),  Anacardeiro  (Portug.),  Gashew 


■V 


BOISjUTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  2^ 

tree  (Trinité j,  Merei,  Mères,  Pauju  (Venez.,  d'après  Grisard). 
Mahabibo  (Madagascar:  Mus.  Col.  Mars.).  Acajou  à  fruit 
(Niederlein).  Non  le  Cacbouhout,  ni  le  Kaschoe  boom  de 
l'Icones  lignorum.  Pour  les  noms  asiatiques,  voir  Gamble  et 
Grisard. 

Provenance  :  Inde  occidentale  ;  et  cultivé  dans  les  pays 
chauds. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne,  d'une  couleur  brun  noisette  foncé,  ou  brun 
rougeâtre  uniforme,  avec  nuances  claires  et  foncées. 

Brun,  d'après  Préfontaine.  Rose,  d  après  Rodriguès.  D'après 
Grisard,  blanc  rougeâtre,  ou  plutôt  rose  moiré,  quelquefois 
rouge  pâle. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,o00  à  0,o70  ;  d'après 
de  Lanessan,  0,731.  Dureté,  celle  de  l'Aune.  Saveur  astrin- 
gente. Sans  odeur. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  non 
délimitées. 

Vaisseaux  bien  visibles,  même  très  apparents  à  cause  de 
leur  bord  clair;  grands,  très  variables.  Leur  diamètre  devient 
régulièrement  plus  petit  vers  l'extérieur  de  la  couche.  For- 
tement isolés,  peu  nombreux,  de  1  à  6  par  mm.  q.  ;  simples, 
par  paires,  ou  quelquefois  par  groupes  de  3.  Leur  contenu  est 
noir. 

Rayons  à  peine  visibles,  quoiqu'ils  soient  larges,  car  ils 
occupent  jusqu'au  tiers  de  la  surface.  Ils  sont,  à  intervalles 
les  uns  des  autres,  d'une  distance  égale  au  diamètre  d'un  gros 
vaisseau,  et  s'écartent  un  peu  au  niveau  de  ces  vaisseaux.  Ils 
sont  peu  nombreux  ;  4  à  o  par  mm.  ;  de  couleur  brune,  un  peu 
plus  foncée  que  celle  du  parenchyme.  Les  cellules  sonl  l 
grosses. 

Parenchyme  très  abondant.  Va  entoure  Les  vaisseaux  en 
taches  irrégulières,  d'une  couleur  brun  clair,  et  Vl>  en  Lignes 
minées,  foncées,  concentriques,  de  La  Largeur  environ  i 
rayons,  et  de  2  à  3  par  mm.  Ces  Lignes  ne  se  montrent  pas 
sur  une  surface  polie  au  papier  de  verre,  mais  seulement 
lorsque  le  bois  est  coupé. 


30  H.    STONE 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  en  forme  de  gros  sillons, 
remplis  de  matière  noire,  luisants  quand  ils  sont  vides.  Ils 
sont  bordés  par  le  Pa  clair  très  apparent.  Rayons  petits,  pro- 
duisant un  effet  moiré  à  cause  de  leur  couleur  foncée. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  rayons 
se  présentent  en  minuscules  fuseaux  brun  foncé,  qui  sont  très 
larges  en  proportion  de  leur  hauteur. 

Emplois.  —  Bon  pour  colonnes  de  véranda,  caisses  d'embal- 
lage, menuiserie,  petite  construction  ;  résistant,  quoique  léger 
(Grisard).  Il  fournit  beaucoup  de  potasse  (Rodriguès).  L'arbre 
est  souvent  tortueux  (Préfontaine). 

Ech.   type  :  N°  51  de  la  Guyane,  Musée  Colonial  de  Marseille. 
Références:  Rodriguès,   1893,   p.  98;  Préfontaine,  p.    139;   Grisard, 
1893,  II,  p.  317  ;  de  Lanessan,  p.  736  ;  Sagot,  XIII,  p.  287. 

TRIBU  IL  —  SPONDIÉES 

Spondias  lutea  Lin.,  non  Roy  en,  n°  loi  4. 
Synonyme  :  S.  Monbin  Jacq.  non  Lin. 

Préfontaine,  p.  193  :  Monbin.  Oulou  pour  les  hommes  etMonben  pour 
les  femmes  caraïbes. 

Aublet,  p.  469:  Monbin. 

Sagot,  p.  918  :  Monbin,  Spondias  Mauria.  (Ne  se  trouve  pas  dans 
l'Index.) 

Pulle,  p.  265  :  Mopé  (Surinam). 

Diaz,  p.  270:  Mombim,  Ciruela  de  huesito,  Spondias  Japurea.  (Ne  se 
trouve  pas  dans  l'Index.) 

Rodriguès,  1893,  p.  103  :  Caja  pequeno;  Acaya  miri,  Taperyba.  Ecorce 
aromatique,  émétique  et  astringente. 

Grisebach  :  Ilog  Plum  (Antilles  ^glaises). 

Niederlein,  p.  5  :  Mombin  jaune  ;  Prune  d'Amérique  (Guadel.),  Jobo 
(Mart.).  Non  le  Ooloo  de  Bell,  n°  1156  B. 

Huber,  p.  94  :  Tapereba  (Amazones). 

Spondias  dulcis  Forst,  n°  1154  B. 
Synonyme  :  Sp.  lutea  Roy  en  (non  Lin.). 

Sagot,  XIII,  p.  289  :  Pomme  Cythère. 
Pulle, 07,  n°  99  :  Fransi  mopé  (Surinam). 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  31 

Tapiriria  guianensis  Aubl.,  n°  1525  A. 

Aublet,  p.  470  :  Tapiriri  (Galibis)  ;  écorce  lisse  roussâtre  ;  bois  blanc 
peu  compact.  Ce  n'est  pas  le  bois  Tapiré  de  Préfontaine  (voir  1o2.j  Ci 
ni  celui  de  Sagot,  ni  celui  de  l'espèce  suivante. 

Huber,  p.  190  ;  Pao  Pombo. 

Tapiriria  sp.,  n°  1525  B. 

Ce  bois  a  été  déterminé  comme  voisin  de  T.  guianensis 
Aubl.  par  le  Dr  Freeman,  d'après  les  feuilles  et  les  fruits. 

Nom  vulgaire  :  Duka  (Bell),  Dooka(Cat.  Expos.  Paris  1867), 
non  le  Ducalaballi,  ni  Dukuria. 

Caractères  généraux.  —  Bois  mou,  léger,  d'une  couleur 
rouge  pâle  ou  rose  brun,  qui  ressemble  à  l'acajou  de  qualité 
inférieure.  Surface  brillante,  souvent  mouchetée  par  la  gomme 
que  les  pores  laissent  exsuder  ;  elle  fonce  légèrement  à  l'air. 
La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  plus  foncée  que  celle 
des  autres  sections  ;.  celle  de  la  coupe  radiale  est  la  plus 
brillante. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,564  à  0 , 7 i 6 .  Dureté, 
celle  du  Faux  Platane.  Sans  odeur  à  sec,  et  saveur  nulle. 

Caractères  de    V écorce  —  Ecorce  lisse,  avec  des  lenticel] 
saillantes  ovales.  Les   fibres    de   l'intérieur    sont    feuillet»-. 
Epaisse  de  2  à  i  mm. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier,  qui  est  de  couleur  écrue, 
passe  graduellement  au  cœur;  5  à  6  cm.  d'épaisseur. 

Section  transversale.   —  Couches  délimitées  en   apparent 
mais  les  limites  exactes  sont  douteuses  ;  contour  régulier. 

Vaisseaux  visibles  comme  des  piqûres,  mais  à  peine;  grands, 
avec  beaucoup  de  variation;  distribués  régulièrement;  peu 
nombreux.  Ils  sont  fortements  isolés  ;  simples  ou  par  groupi  - 
de  2  à  3. 

Hayons  à  peine  visibles,  lins,  uniformes,  irréguliers,  a  inter- 
valles d'une  distance  plus  ou  moins  égale  au  diamètre  <1  un 
gros  vaisseau,  et  s'écartanl  Légèrement  au  niveau  de  ces  vais- 
seaux. Ils  sont  rougeâtres. 

Section  radiale.  — ■  Vaisseaux  lins,  bruns,  plus  foncés  que 
les  libres  ligneuses.  Rayons  bien  visibles,  un  peu  plus  bruns  et 
plus  rouges  que  les  libres  ligneuses. 


32  H.     STONE 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  à  part  les  mailles 
et  son  éclat  brillant. 

Emplois.  —  Bon  pour  meubles  et  travaux  d'intérieur, 
d'après  McTurk,  qui  indique  qu'il  y  a  deux  ou  trois  sortes  de 
ce  bois. 

Très  abondant;  peut  être  obtenu  facilement  jusqu'à  13  m. 
sur  45  cm.  d'équarrissage  ;  ne  résiste  pas  aux  attaques  d'in- 
sectes (Bell). 

Après  avoir  été  essayé  par  des  fabricants  de  boîtes  à  cigares, 
les  uns  l'ont  trouvé  bon  pour  boîtes  de  deuxième  qualité, 
tandis  que  les  autres  l'ont  déclaré  impropre  à  cet  usage  (Imper, 
lnstit. 


Éch.  type  :  22,2678  Bell. 

Références  :   McTurk,    p.   5;   Bell,    p.  5  ;  Bull.  Imper.  Institute,  XII, 
p.  369;  Stone  et  Fr.,  p.  22. 

Bois  Tapiré,  n°  1525  G. 

Préfontaine,  p.  156:   Cœur  mêlé  de  rouge  et  de  jonquille;  bon  pour 
meubles;  odeur  agréable,  qu'il  communique  au  linge. 

Loxopterygium  Sagoti  Hook,  n°  1553. 

Sagot,  XIII,  p.  288  :  Grand  arbre;  bois  d'une  couleur  noir  brunâtre* 
dureté  movenne. 


FAMILLE    LXIV.    —   GONNARAGÉES 


TRIBU  I.  —  CONNAREES 

Connarus  guianensis  Lamb.,  n°  1571  A. 

Synonyme  :  C.  africanus  Lamk.  ;  Omphalohium  Lamhertii 
DC." 

Noms  populaires  :  Hiawaoballi  (Bell).  Zebra-wood,  Hiawa- 
balli  (Boulger,  voir  1156  A  et  C).  Palmalatto  (Laslett).  (A 
comparer  avec  1571  G.)  Bois  Serpent  (terme gén.),  Préfontaine 
mâle  (Guyane.  Niederlein). 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  33 

L'échantillon  de  Bell  a  été  étudié,  d'après  les  feuilles  et  les 
fruits,  par  le  Dr  Freeman,  qui  croit  pouvoir  l'attribuer  à 
Connarus  guianensis. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  compact,  dune 
couleur  acajou  uniforme;  grain  fin.  La  surface  est  luisante, 
froide  au  toucher  ;  fonce  beaucoup  à  l'air  et,  de  ce  fait,  devient 
beaucoup  plus  belle.  Nuance  de  la  coupe  transversale  un  peu 
plus  foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  1  à  1,079.  Dureté,  celle 
du  Cœur  vert.  Saveur  faiblement  aromatique.  Odeur  nulle. 

Caractères  de  lécorce.  —  Ecorce  épaisse  de  o  à  6  mm., 
tombant  en  plaques  plus  ou  moins  rectangulaires  et  cassantes, 
de  couleur  foncée,  nettement  délimitées  en  section.  La  surface 
de  la  bûche  est  ridée  et  striée. 

Section  transversale.  —  Couches  bien  délimitées  ;  les  zones 
plus  foncées  qui  ont  peu  de  vaisseaux  en  forment  les  limites. 
Contour  régulier. 

Vaisseaux  visibles  (très  apparents  dans  l'aubier),  peu 
variables,  sauf  dans  les  groupes  ;  distribués  régulièrement  ; 
isolés,  peu  nombreux,  simples  pour  La  plupart  et  quelques- 
uns  par  groupes  de  2  à  3.  Plus  clairs  dans  les  zones  foncées, 
mais  souvent  peu  apparents. 

Hayons  visibles  à  la  loupe,  fins,  uniformes,  également 
distants,  et  à  intervalles  égaux  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau, 
s'écartant  à  peine  au  niveau  de  ces  vaisseaux  ;  un  peu  plus 
clairs  que  les  lignes  fibreuses. 

Parenchyme  a  entourant  les  vaisseaux  très  étroitement. 

Section  radiale.  —  Nuance  brillante,  pins  claire  que  celle 
de  la  section  tangentielle  ;  couches  non  délimitées.  \  aisseaux 
tins.  Hayons  petits  et  rouges  Lorsqu'ils  sont  humectés. 

Section  tangentielle.  — Comme  la  radiale,  mais  les  rayons, 
en  lignes  minuscules  rouges,  sont  à  peine  visibles  :  hauteur 
de  0  mm.  2'»  environ. 

Emplois.  —  Bon  pour  meubles;  peut  être  obtenu  jusqu'à 
20  m.  sur  10  cm.  d'équarrissage  ;  pas  abondanl    Bell  . 

Très  beau  ;  il  donne  une  gomme  poisseuse  comme  celle  du 
Hoobooballi    Lasletl  . 

Annules ^du  Musée  coloniMl de  Marseille.—  IM7,  <j 


34  ti.     STONË 

Très  dur  à  travailler  ;  se  fend  facilement  et  ne  prend  pas  les 
clous.  Il  se  polit  bien  et  peut  remplacer  les  qualités  d'acajou 
à  couleur  inférieure. 

Éch.  type  :  33;  2689  Bell. 

Références  :  Bell,  p.  5;  Laslett,  p.  451. 

Bois  Préfontaine,  n°  1571  B. 

Sous  le  nom  de  Bois  Préfontaine,  Niederlein  cite  des 
espèces  de  Connarus  et  Lonchocarpus  :  je  crois  donc  bien 
faire  en  citant  ici  les  Préfontaine  des  autres  auteurs,  quoique 
leur  identité  soit  douteuse. 

Dumonteil,  p.  154  :  Densité,  0,827;  force,  207;  élasticité,  149;  flexi- 
bilité, 2,23;  p.  160.  Classe  2,  celle  du  Chêne. 

Sagot,  p.  905  :  Préfontaine,  probablement  une  Légumineuse. 
De  Lanessan,  p.  135  :  Préfontaine,  une  Dalbergiée. 

Le  Préfontaine  correspondant  à  l'échantillon  n°  45  de  la 
Guyane,  au  Musée  Colonial  de  Marseille,  n'a  aucun  rapport 
avec  le  Connarus  précédent,  et  en  a  très  peu  avec  les  Légu- 
mineuses. Ses  caractères  sont  les  suivants  : 

Caractères  généraux.  —  Bois  assez  lourd,  dur,  d'une  cou- 
leur brun  clair  uniforme  ;  grain  moyen  ;  surface  mate.  Nuance 
de  la  coupe  transversale  un  peu  plus  foncée  que  celle  des 
autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,700  ;  dureté,  celle  du 
Cerisier.  Légère  odeur  de  cuir.  Très  légère  saveur. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  en 
apparence  délimitées  ;  les  zones  plus  foncées  en  forment  çà 
et  là  les  limites. 

Vaisseaux  bien  visibles  à  cause  de  la  couleur  claire  de  leurs 
bords  ;  grands  ;  0  mm.  2  de  diamètre  ;  fortement  isolés,  de  1 
par  2  mm.  q.  jusqu'à  8  par  mm.  q.  Ils  sont  pour  la  plupart 
simples,  mais  quelquefois  ils  se  trouvent  par  groupes  radiaux, 
accouplés  par  deux,  formés  de  6  à  8  vaisseaux  (caractère  très 
rare).  Souvent  remplis  d'une  matière  blanche. 

Rayons  visibles.  On  en  voit,  en  apparence,  de  deux  sortes  : 
les  plus  grands  sont  bruns,  espacés  irrégulièrement  (2  à  3  par 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  35 

mm.)  ;  les  petits  sont  excessivement  lins,  mais  ils  ont  de 
grosses  cellules;  nombreux  (6  à  8  par  mm.). 

Parenchyme  a  entourant  les  vaisseaux  et  s'étendant  en 
étroites  ailes,  qui  unissent  souvent  quelques  groupes  de  vais- 
seaux tangentiellement.  De  couleur  plus  claire  que  celle  des 
rayons. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  peu  nombreux,  mais  gros, 
renfermant  de  petits  granules  dune  matière  blanche. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  le  grain  est 
moins  gros.  Les  larges  rayons  sont  en  fuseaux  pointus,  com- 
posés de  cellules  larges  et  plates,  en  une  seule  série. 

Connarus  Sp.,  n°  1571  G. 

Sagot,  p.  908  :  Aiaoua  (aon  Aiouea  d'Aublet),  Connarus  (voir  6184).  Id., 
p.  920  :  Aiaoua,  Aioua  icica,  Connarus  sp. 

Ridley,  p.  31  :  Hiawaballi  :  Bois  de  Zébra.  Connarus  guianensix. 

Les  noms  précédents  égalent  Hiawa  et,  avec  Icica,  res- 
semblent beaucoup  à  ceux  des  Protium  ;  voir  1156.  A  com- 
parer aussi  à  Hiawaballi,  n°  1571  E.    • 


FAMILLE  LXV.  —  LÉGUMINEUSES 


SOUS-FAMILLE.  —  PAPILIOXACÉES 


TRIBU  VIII.  —  PHASEOLÉES 

Erythrina    corallodendron    Lin.     (non   Herb.    Madr.,    ni 
Lamk.,  ni  Lour.  |,  n"  I  793. 
Synonyme  :  E,  $pino$a  Mill. 

Loureiro,  II,  p.  W7  :  \rbor  sebifcra,  te  Boatainkring  <l<-  Rumphiua. 
Boie  blanc,  extrêmement  léger,  d'aucune  utilité  pour  la   conatruction. 

Buchoi  :  li*  Gelak  littoral  -le  Rumphiua  :  Moui  non. 

Dumonteil,  p.  159  :  immortel.  Deneité,  0,^17  ;  ton 
li.">.  p.  I63i  Claaee  6,  de  très  faible  valeur. 


36  H.     STONE 

Grisard,  1894,  I,  p.  198  :  Immortel,  Bois  Immortel,  Flamboyant, 
Arbre  à  cafres,  Bois  de  corail  (Antilles)  ;  Mulungu  (Brésil)  ;  Pinon 
espinosa  (Cuba);  Arbre  immortel  (Guy.  franc.);  Baracara  (Guy.  angl.? 
voir  1876);  Pito  (Salvador);  Pericoa,  Pericoca  (Venez.).  Il  y  a  encore 
beaucoup  de  nqms  asiatiques.  —  Bois  blanchâtre  légèrement  grisâtre, 
parsemé  parfois  de  petites  veines  noires  bien  distinctes;  très  gros,  très 
léger,  et  d'un  tissu  lâche  et  spongieux.  Il  ne  présente  aucun  intérêt 
industriel.  Sa  densité  est  de  0,270. 

Le  Musée  Colonial  de  Marseille  possède  un  bois  étiqueté 
«  Immortel  ».  Ce  bois  est  dune  couleur  jaune  brunâtre,  légè- 
rement luisant,  avec  des  pores  très  gros,  mais  rares  ;  les  fibres 
sont  entrecroisés;  sa  densité  est  de  0,880.  Il  n'a  évidemment 
aucun  rapport  avec  YErythrina. 

TRIBU  IX.  —  DALBERGIÉES 

.  Dalbergia  caudata  G.  Don.,  n°  1828  A. 
Bois  Saint-Martin  ;  échantillon  d'écorce  du  n°  288  de  la 
Guvane,  au  Musée  Colonial  de  Marseille.  Lécorce  est  unie, 
mais  rugueuse  ;  se  compose  de  l'épidémie  et  de  deux  couches. 
La  cassure  de  la  couche  interne  est  fibreuse  ;  celle  de  la  couche 
externe  est  grenue.  Epaisseur  de  1  à  2  mm.  environ.  Sans 
odeur  ni  saveur. 

Dalbergiée  non  déterminée,  n°  1828  B. 
Sagot,  p..  905  :  Bois  Préfontaine  (voir  1571  B). 

Macheerium  Schomburgkii  Bth,  n°  1832  A. 

Laslett,  p.  451  :  Itikibouraballi  ;  de  couleur  brun  foncé  ou  noirâtre; 
grain  serré.  Bois  dur  et  résistant. 

De  Lanessan,  p.  135  :  Bois  de  lettres  marbré;  dur  et  lourd. 

Grisard,  1894,  I,  p.  87  :  Bois  de  lettres  tigré  ou  moucheté  (Guy.  fr.); 
Itaka,  Itiki,  Itikibourabally  (Guy.  angl.);  Tiger-wood  (Angl.);  de  cou- 
leur brun  rougeâtre  foncé,  parsemé  de  petites  mouchetures  noires  irré- 
gulières, auxquelles  il  doit  son  nom  de  Bois  de  lettres.  Cette  essence 
offre  la  plus  grande  analogie  avec  le  Piratinera  guianensis.  Sa  densité 
est  de  1,320. 


ROTS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  37 

Je  pense  que  l'échantillon  de  Grisard  est  bien  le  Plratinera 
(Brosimum)  (voir  6623),  car  les  Machœrium  sont  bien  diffé- 
rents. Je  n'ai  pas  vu  d'échantillon  encore  bien  déterminé,  mais 
je  donne  ici  la  description  de  l'Itikabounaballi  (Bell),  Itika- 
boura  (Hawtayne),  Ititriribouraballi  (Dalton)  de  la  Guyane 
anglaise  et  Tikiboure  de  Surinam  de  l'Icones  lignorum. 

(Caractères  généraux,  —  Rois  dur  et  lourd,  d'une  couleur 
brun  noisette  foncé,  uniforme  ;  surface  de  la  coupe  radiale 
brillante.  Il  fonce  légèrement  à  l'air. 

Couleur  presque  noire,  d'après  McTurk. 

Caractères  physiques.  —  Densité  d'un  échantillon  composé 
en  partie  d'aubier,  0,809.  Dureté,  celle  du  Gampêche.  Sans 
odeur  ;  saveur  légèrement  résineuse. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Ecorce  épaisse  de  3  mm.  environ, 
de  couleur  brun  clair.  Elle  tombe  en  minces  plaquettes  stra- 
tifiées et  cassantes,  et  montre  la  couche  sous-jacente  plus 
claire,  qui  est  aussi  stratifiée  en  présentant  des  lignes  noires. 
La  surface  de  la  bûche  est  ridée  en  fines  côtes. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  de  couleur  écrue,  brus- 
quement délimité  du  cœur  ;  6  à  9  cm.  d'épaisseur  environ.  La 
structure  est  comme  celle  de  Swartzia  tomentosa  (1896  A),  à 
parties  ditférences  suivantes. 

Sec/ion  transversale.  —  Vaisseaux  très  apparents,  augmen- 
tant de  diamètre  avec  l'âge.  Je  n'ai  jamais  vu  une  augmenta- 
tion aussi  forte  sur  aucun  autre  bois. 

Parenchyme  en  lignes  d'une  largeur  approximativement 
égale  à  celle  des  intervalles  des  rayons. 

Section  radiale.  —  Nuance  plus  claire  que  celle  de  la  sec- 
tion transversale,  mais  plus  foncée  que  celle  de  la  section  tan- 
genticlle.  Vaisseaux  en  sillons  très  apparents,  bien  visibles  • 
cause  du  fond  brillant.  Parenchyme  en  ligues  brunes,  serrées, 
visibles  à  la  loupe,  donnant  un  effet  satiné  à  la  coup»-.  I 
rayons  sont  visibles  à  la  loupe. 

Emplois.  —  l>ois  très  beau,  ressemblant  au  Noyer,  mais 
avec  plus  d'éclat,  li  esl  assez  dur;»  travailler;  se  fend  facile- 
ment ;  d'un  polissage  médiocre.  Peui  être  obtenu  jusqu  à 
.">.">  cm.  d'équarrissage  (McTurk). 


38  II.     STONE 

Éch.  types  :  43,2699  Bell. 

Références  :  Bell,  n°  43  ;  McTurk,  p.  3.  Laslett,  p.  421.  Icônes  ligno- 
rum  (aubier  seulement),  pi.  LXVI,  fig-.  5. 

Machœrium  sp.,  n°  1832  B. 

Niederlein,  p.  5  :  Palissandre  du  pays  (Guyane). 

Irriariadanni  (Bell),  n°  1832  C.  Irriaradan  (Hawtayne). 

Ce  bois  est  peut-être  bien  un  Machœrium.  Je  le  place  ici 
sous  réserves. 

Caractères  généraux.  —  Bois  plutôt  lourd,  dur,  d'une  cou- 
leur brun  clair,  striée  de  lignes  rouges  très  apparentes;  grain 
gros,  ouvert.  La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  légère- 
ment plus  foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,771  ;  dureté,  celle  du 
Hêtre.  Odeur  et  saveur  presque  nulles. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Ecorce  épaisse  de  3  mm.  environ, 
brune,  légèrement  gercée;  l'épidémie  est  formé  d'une  pellicule 
cassante.  La  couche  extérieure  est  dure,  brune,  ligneuse  ; 
celle  de  l'intérieur  est  grise,  dune  structure  uniforme.  La  sur- 
face de  la  bûche  présente  à  la  loupe  une  apparence  moirée 
produite  par  les  rayons,  qui  sont  saillants.  Les  fibres  sont 
sinueuses. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  épais  de  4  à  5  cm.  envi- 
ron, d'une  couleur  grise  très  foncée  et  peu  commune  (due  pro- 
bablement à  un  Champignon). 

Moelle.  —  3  mm.  de  diamètre  environ,  brune,  ligneuse. 

Section  transversale.  —  Couches  bien  délimitées  ;  de  fines 
lignes  et  une  interruption  dans  la  succession  des  bandes  du 
parenchyme  en  forment  les  limites. 

Vaisseaux  grands,  visibles  comme  des  piqûres,  pouvant  être 
comptés  à  l'œil  nu  dans  les  couches  les  plus  externes  du  bois 
des  arbres  âgés.  Ils  deviennent  plus  grands  avec  l'âge  de 
l'arbre,  mais  ceux  qui  sont  entre  les  limites  de  la  couche  ne 
varient  pas  en  grandeur,  sauf  dans  les  groupes.  Ils  sont  forte- 
ment isolés,  distribués  régulièrement  et  contiennent  de  la 
gomme  brillante. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  39 

Rayons  légèrement  visibles  lorsqu'ils  sont  humectés,  uni- 
formes, réguliers,  ressemblant  à  des  fils  de  soie  légèrement 
ondulés;  écartés  les  uns  des  autres  dune  distance  égale  à  celle 
du  diamètre  d'un  gros  vaisseau  et  s'écartant  au  niveau  de  ces 
vaisseaux.  Même  couleur  que  celle  du  parenchyme. 

Parenchyme  gros,  d'une  visibilité  frappante,  en  larges 
bandes  claires,  concentriques,  continues,  serrées  qui  enve- 
loppent les  vaisseaux.  Ces  bandes  sont  rompues  dans  les 
couches  les  plus  internes  du  bois,  dont  la  structure  ressemble 
à  celle  du  Peltogyne   fig.  5,  pi.  IV). 

Section  radiale.  —  Plus  claire  que  la  transversale,  mais  plus 
foncée  que  la  tangentielle.  Les  vaisseaux  se  présentent  en 
gros  sillons,  munis  de  cloisons  visibles  à  l'œil  nu.  Ravons 
semi-translucides,  peu  visibles.  Les  couches  sont  à  peine 
délimitées. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  la  nuance 
est  légèrement  plus  claire,  à  cause  du  parenchyme  qui  est  beau- 
coup plus  visible  dans  cette  section.  Les  rayons,  qui  ont 
Omm.  25  de  hauteur,  sont  extrêmement  petits. 

Emplois.  —  Peut  être  facilement  obtenu  de  17  ni.  de  lon- 
gueur sur  30  cm.  de  largeur  d'équarrissage  ;  de  Longue  durée  ; 
supérieur  au  Cœur  vert.  11  produit  une  gomme  jaune,  pois- 
seuse (McTurk). 

Kcii.  type  :  fc2.2698  Bell. 

Références:  McTurk,  p.  t;  Stone  cl  IV.,  p.  iJ. 

Moutouchi.  rapporté  par  les  auteurs  à  Pterocarpus  Draco  L. 
non  Lamk.  .  n°  1837. 

On  trouve  cinq  sortes,   et   même  davantage,  Bûil  dans   I 
Musées,  soit  citées  par  les  autorités.  Ces  bois  sonl  très  difl 
rents  entre  eux,  et  il  esi  évident  qu'il  règ  ne  une  cei  tune  confu- 
sion plutôl  entre  les  noms  qu'entre  les  bois. 

Dans  les  cinq  variétés  décrites  plu--  loin,  je  ne  puis  dir€  i 
Laquelle  se  rapporte  le  nom  systématique  de  PterocMrpuê 
Draco  \  y  puis  seulement  affirmer  que  La   varié!  I  ;»  ^n 

peu  l.i  structure  du  genre  Pterocarpus. 

Le  Moutouchi  «I.-  Préfontaine  est  VInga  ■tli>->    voii  2003  H  ; 


40  H.    STONE 

et  le  Moutouchiroa  d'Aublet  est    le   Crudia   aromatica  (voit 
1963  C). 

Selon  les  renseignements  fournis  par  les  auteurs,  on  peur 
distinguer  les  variétés  suivantes  : 

Variété  1. 

Préfontaine,  p.  194  (non-celui  de  la  page  198):  Moutouchy,  Palétuvier, 
Liège  du  pays.  On  prend  le  cœur  du  bois,  qu'on  amollit  à  coups  de  mar- 
teau, et  dont  on  fait  des  bouchons. 

Sagot,  1869,  p.  903  :  Moutouchi  suberosa  Aubl.  Bois  blanc,  sans 
dureté. 

Aublet,  p.  748  :  Moutouchi  des  Galibis,  Garipons  et  Créoles.  Ecorce 
lisse,  grisâtre  ;  bois  blanc  peu  compact. 

Variété  2. 

De  Lanessan,  p.  135  :  Bois  poreux,  léger.  Il  donne  la  densité  de  0,875, 
d'après  Dumonteil,  et  continue  par  une  description  qui  est,  en  réalité, 
celle  de  Guibourt. 

Guibourt,  p.  322  :  Aubier  blanc  ;  cœur  irrégulier,  et  dont  la  coupe 
transversale  montre  un  dessin  grossier  de  carte  géographique  ;  il  pré> 
sente  toutes  les  couleurs,  depuis  le  rouge  vif  jusqu'au  violet,  et  depuis 
le  châtain  clair  jusqu'au  châtain  noir. 

Variété  3. 

Grisard,  1894,  I,  p.  167:  Sangre  de  Draco  (Amer,  espag.),  Palétuviere 
Mangle  médaille  géant  (Guadel.),  Cartangenero,  Iluamouchi  (Mexique), 
Bois  l'étang,  Lagunera  (Trinité),  Bois  de  corail  tendre,  Bois  chatousieux 
(Antil.  Guadel.).  Bois  rouge  clair,  fibreux,  léger,  exhalant  une  faible 
odeur  de  campêche,  lorsqu'on  le  râpe  ;  on  le  vend  pour  le  Santal  roug- 
de  l'Inde.  Il  peut  être  employé  en  guise  de  liège,  à  cause  de  sa  compres- 
sibilité. 

Si  nous  nous  en  rapportions  à  la  citation  précédente  de 
Grisard,  nous  nous  trouverions  en  présence  d'un  bois  qui 
aurait  la  composition  de  trois  bois  différents,  car  son  bois 
compressible  est  vraisemblablement  le  Pterocarpus  Draco  de 
Linné,  celui  vendu  pour  le  Santal  rouge  est  le  P.  Draco  de 
Lamk.  et  son  palétuvier  est  Xlnga  alha  2005  B. 

Variété  4. 

La  variété  4  est  représentée  par  les  échantillons  nos  47  et 
119  du  Musée  Colon,  de  Mars,  et  des  nos  97  et  119,  série  II 
du  Musée  de  Lyon,  et  peut-être  aussi  par  le  bois  de  Bassières, 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  11 

qui  dit,  p.  104  :  Veiné  de  violet  pâle,  de  brun  clair  et  de  blanc; 
sa  densité  est  de  0,87o  à  1,018  ;  il  se  débite  bien  et  se  laisse 
facilement  travailler. 

Comme  j'ai  vu,  de  cette  variété,  quatre  échantillons  de  pro- 
venances diverses,  je  crois  qu'elle  est  le  véritable  Moutouchi 
du  commerce,  et  peut-être  le  Pterocarpus  Draco  de  Linné. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  d'une  couleur 
brun  noisette  clair  ou  foncé,  presque  uniforme,  mais  avec,  ça 
et  là,  quelques  lignes  pourpres  ou  noirâtres.  Sur  la  coupe 
transversale,  le  parenchyme  se  montre  comme  un  petit  dessin 
en  dentelle  un  peu  plus  clair  que  le  fond.  Les  différences  qui 
existent  entre  ces  échantillons  me  paraissent  dues  à  la  crois- 
sance ;  les  nos  119  (Lyon)  et  47  (Marseille)  seraient  des  parties 
de  bois  d'un  âge  plus  jeune  que  celles  du  n°  119  (Marseille). 

Surface  mate  ou  légèrement  luisante.  La  nuance  de  la  coupe 
transversale  est  un  peu  plus  foncée  que  celle  des  autres  sec- 
tions. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,630  à  plus  de  1.  Très 
faible  odeur  de  cuir;  sans  saveur. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  en 
apparence  bien  délimitées,  mais  non  à  la  loupe.  Il  y  a  des  zones 
de  densité  variable. 

Vaisseaux  visibles,  quelquefois  très  fortement  apparents  : 
0  mm.  1  à  0  mm.  2  de  diamètre;  largement  isolés,  avec  ten- 
dance à  se  placer  en  lignes  obliques;  simples  pour  la  plupart, 
beaucoup  de  paires  subdivisées  et,  plus  rarement,  des  groupes 
radiaux  de  .'î  à  i.  Ils  sont  peu  nombreux,  de  1  par  '2  mm.q. 
à  8  par  mm.  q. 

Hayons  visibles  à  la  loupe,  très  lins,  ir  réguliers,  '2  a  i  dans 
un  intervalle  égal  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau,  ou  I  1  a  16 
par  mm.  Ils   sont   à   peu  près  droits:   bruns. 

l'a  rein  divine  très  abondant  :  n  en  tour-'  1rs  vaisseaux,  es!  h  • 

mince  et  bien  visible,  brun  clair;  b  esi  visible  dans  les  détails 
a  la  Loupe,  mais  dans  L'ensemble  à  l'œil  nu.  11  se  compose  de 

hé-,   nombreuses  lignes  plus  on  moins  continues,     -  & 

intervalles  égaux  au  diamètre  radial  d'un  gros  vaisseau,  ou   3 
à  G  par  mm.  ;  leur  Largeur  est  !«■  double  environ  de  celle  d< 


42  H.     STONE 

rayons.  Elles  sont  plus  claires  que  les  rayons,  mais  plus  fon- 
cées que  le  Pa. 

Section  radiale.  —  Couches  à  peine  délimitées.  Vaisseaux 
gros  (119,  Marseille)  ou  fins  (47,  Marseille;  et  119,  Lyon). 
Rayons  visibles  à  la  loupe,  obscurs,  translucides,  bruns  ou 
jaunes.  Parenchyme  h  en  très  fines  lignes  parallèles,  blan- 
châtres. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  couches 
sont  quelquefois  bien  indiquées  avec  des  franges  en  zigzag 
(119,  Marseille)  ou  à  peine  indiquées  (97,  Lyon).  Rayons 
obscurs,  visibles  à  peine  à  la  loupe,  rangés  pour  la  plupart  en 
étages. 

Variétés  insuffisamment  décrites. 

Dumonteil,  p.  154:  Moutouclii  ;  densité  de  0,875;  force,  255;  élasti- 
cité, 186  ;  p.  612.  Classe  4,  celle  des  meubles. 

Sagot,  1869,  p.  903  :  Moutouchy  grand  bois;  propre  à  l'ébénisterie* 
C'est  probablement  un  Swarlzia. 

Huber,  p.  174.  Mututy  da  terr«  firme:  Moutouchi  grand  bois,  proba- 
blement le  Pterocarpus  Rohrii.  Vahl  :  le  même,  p.  212.  Mututy  de  varzea 
(Para)  Pterocarpus  Draco  L. 

Pulle,  p.  228  :  Bébé  hoedoe  (Surinam);  Pterocarpus  Draco  Lin. 

Fuente,  p.  205:  Bébé  (Surinam);  Pterocarpus  suberosus. 

Aramata  (Bell),  n°  1837  B. 

Armata  (Cal.  Expos.  Paris  1867).  Aroumatte  (Icon., 
lignorum). 

Ce  bois  a  une  structure  semblable  aux  Dalbergiées.  Je  le 
place  ici  sous  réserves. 

Caractères  généraux .  —  Bois  plutôt  dur  et  lourd,  d'une 
couleur  brun  verdàtre  légèrement  rayé.  La  structure  est  bien 
visible.  Surface  mate,  sauf  en  coupe  radiale,  fonçant  beaucoup 
à  l'air.  La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  plus  foncée  que 
celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,805  ;  dureté,  celle  du 
Charme.  Odeur  très  faible.  La  saveur  est  un  peu  celle  du 
cèdre  pour  boites  à  cigares. 

Caractères  de  ïécorce.  —  Ecorce  épaisse  de  1  cm.  environ, 
dune  couleur  brun  clair  ou  jaunâtre,  plutôt  lisse  ;  fibreuse 
intérieurement   et  devenant  dure  vers  l'épiderme,  au-dessous 


BOIS    UTTCES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  43 

duquel  se   trouve  une  couche  claire  et  blanchâtre.  La  surface 
de  la  bûche  est  lisse. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  couleur  de  pain  bis  ; 
bien  distinct  du  cœur  ;  épais  de  2  à  3  cm . 

Section  transversale.  —  Couches  en  apparence  bien  délimi- 
tées, mais  moins  nettement  à  la  loupe.  Les  zones  moins 
poreuses  seraient  peut-être  les  limites. 

Vaisseaux  bien  visibles  à  cause  de  leur  bord  clair  ;  grands  : 
peu  variables,  sauf  dans  les  groupes,  où  les  vaisseaux  du 
milieu  sont  ordinairement  beaucoup  plus  petits.  Ils  sont 
simples  ou  en  groupes  radiaux  de  2  à  6  ;  distribués  régulière- 
ment ;  peu  nombreux,  de  1  à  6  par  mm.  q. 

Rayons  juste  visibles,  très  fins,  uniformes,  réguliers,  écartés 
les  uns  des  autres  à  une  distance  à  peu  près  égale  à  celle  du 
diamètre  d'un  gros  vaisseau,  0  à  9  par  mm. 

Parenchvme  a  entourant  les  vaisseaux  et  les  unissant  tan- 
gentiellement  en  lignes  concentriques,  continues,  claires  et 
légèrement  ondulées  ;  un  peu  plus  larges  que  les  rayons. 

Section  radiale. —  Couches  probablement  délimitées  par  de 
vagues  veines  verticales.  Vaisseaux  se  présentant  en  tins 
sillons  incolores.  Ravons  minuscules,  brillants.  Parenchvme 
en  lignes  claires. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  rayons 
sont  beaucoup  plus  petits  ;  ils  ont  jusqu'à  Omni.  25  de  hauteur; 
blancs. 

Emplois.  —  Peut  être  facilement  obtenu  jusqu'à  10  m.  sur 
27  à  30  d'équarrissage  (Bell). 

Bon  pour  constructions,  bateaux,  et  quelquefois  pour  1  ébé- 
nisterie  (McTurk). 

Bois  assez  dur,  pas  très  beau,  difficile  à  travailler.  Il  sa 
fend  facilement  et  son  polissage  est  médiocre. 

Éch.  type  :  1,2657  Bell. 

Références:    McTurk,  p.  6;  Stone  ei    Fr.,  p.  I:    Icônes  lignorum, 

pi,  I.XXI.  ûg.  '»-.  en  couleur   assez  ma]  réusi 

Ineeriballi  (Bell),  n°  1837  G. 

Ce  bois,  que  je  place  ici  sous  réserves,  a  aussi  la  structure 
•  les  Dalbergiées 


44  II.    STONE 

Caractères  généraux.  —  Bois  plutôt  mou,  léger,  d'une  cou- 
leur brun  rougeâtre  clair,  parsemé  de  raies  de  la  même 
couleur,  mais  plus  foncées,  grain  gros  et  à  rebours.  Surface 
tour  à  tour  brillante  et  mate,  fonçant  légèrement  à  l'air.  La 
nuance  de  la  coupe  transversale  est  plus  foncée  que  celle  des 
autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité  ?  (échantillon  vermoulu). 
Odeur  légère  ;  saveur  rappelant  faiblement  celle  du  Pin. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Ecorce  épaisse  de  4  à  8  mm., 
rougeâtre,  lisse,  fibreuse  à  l'intérieur,  avec  une  couche  gra- 
nuleuse. La  surface  de  la  bûche  est  lisse. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  n'est  pas  très  nettement 
délimité  du  cœur  ;  il  y  a  transformation  graduelle.  Son  épais- 
seur est  de  9  cm.  environ,  et  sa  couleur  celle  du  pain  bis. 

Section  transversale.  —  Couches  en  apparence  délimitées, 
mais  les  limites  vraies  sont  douteuses.  Les  zones  de  couleur 
foncée  n'ont  aucun  rapport  avec  la  structure. 

Vaisseaux  visibles,  mais  non  trçs  apparents,  très  variables  ; 
semblant  devenir  plus  larges  vers  l'extérieur  de  la  couche. 
Ils  sont  toujours  disposés  en  lignes  obliques,  mais  qui,  dans 
le  bois  dense,  ne  se  composent  pas  plus  de  10  à  15  vaisseaux 
étroitement  serrés,  ces  vaisseaux  étant  au  contraire  largement 
isolés  dans  le  bois  de  densité  moindre. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  écartés  les  uns  des  autres  d'une 
distance  moindre  que  celle  du  diamètre  d'un  gros  vaisseau. 

Emplois.  —  Abondant,  bon  pour  construction  ;  d'une  durée 
peu  commune  ;  peut  être  obtenu  jusqu'à  13  m.  sur  35  à  40 
cm.  d'équarrissage  (Bell). 

Il  se  travaille  facilement,  mais  son  polissage  laisse  fortement 
à  désirer. 

Éch.  type:  41,2697  Bell. 
Référence:  Stone  etFr.,  p.  41. 

Lonchocarpus  sericeus  H.  B.  &  K.,  n°  1843  A. 
Synonymes  :  L.  formosianus  DC.  ;  Rohiniaviolacea  Beauv., 
non  Jacq.  ;  Dalhergia  guineensis  Spreng. 

Cette  espèce,  je  crois,   n'est  pas  de  la   Guyane,  mais  je  la 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  45 

cite  car  il  y  a  confusion  entre  les  synonymes  de  cette  espèce 
et  d'autres  espèces  de  la  Guyane. 

Lonchocarpus  rubiginosus  Bth,  n°  1843  B. 

Niederlein,  p.  14:  Saint-Martin  rouge,  Martin,  Patacoa  (Guyane).  Le 
même,  p.  14.  Préfontaine,  Préfontaine  rouge  (Guy.),  Caconnier (Guad.). 

Lonchocarpus  latifolius  H.  B.  6c  K.,  n°  1843  C. 

Grisebach  :  Bitch-wood  (Antilles  anglaises). 

Sagot,  p.  903. 

Niederlein,  p.  14.  Savonnette  jaune  (Mart.). 

Lonchocarpus  rufescens  Bth,  n°  1843  D. 
Synonyme  :  Rohinia  Nicou  Aubl. 

Aublet,  p.  771  :  Un  arbrisseau. 

Lonchocarpus  sp.,  n°  1843  E. 

Niederlein,  p.  4  :  Saint-Martin  soufré;  Savonnette  blanche.  Le  même, 
p.  13,  1902.  Panacoco  gris  (Guad.). 

Derris  (Pterocarpus;  guianensis  Aubl.,  n°  1846. 

Synonyme:  \  atairea  guianensis  Aubl. 

Noms  vulgaires  :  Dartrier  de  la  Guyane  (Aublet).  Graine  à 
dartre,  Ourisoura  (Rodway).  Coumati  (Niederlein).  Arisowroo 
(Bell).  Arisower  (Surinam,  Icônes  lignor.  ).  Faveira  de  empi- 
gem  (Brésil,   Amazones,  Lluber). 

Léchantillon  de  Bell  a  été  déterminé,  d'après  les  feuilles  cl 
les  fruits,  comme  le  Pterocarpus  guianensis,  mais  une  révision 
du  genre  a  transféré  cette  espèce  a  celui  de  lier  fis  Index 
Kew,  Suppl.). 

Caractères  généraux.  —  Bois  assez  Lourd  et  dur  :  d'une  cou- 
leur variant  entre  le  jaune,  le  brun  rougeâtre,  b'  brun  foncé 
même  le  vert.  Surface  Luisante  fonçant  Légèrement  ;•  1  air.  La 
nuance  de  la  coupe  transversale  est  plus  fonce  que  celle  des 
autres  sections.  La  coupe  radiale  est  la  plus  claire  <-t  La  plus 
brillante  de  toutes.  Grain  gros,  ouvert. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,748  :  dur*  du 


46  h.  sioM, 

Teck.  Odeur,  à  sec,  nulle;  saveur  très  arrière,  rappelant  celle 
du  cèdre  pour  boîtes  à  cigares.  D'après  Gamble,  saveur  comme 
le  «  Quina  ». 

Caractères  de  Vécorce.  — Ecorce  blanchâtre,  d'après  Aublet. 
Épaisse  de  o  mm.  environ,  lisse,  se  composant  de  deux 
couches  ;  celle  de  l'intérieur  de  3  mm.  environ  est  fibreuse 
comme  du  liber  ;  celle  de  l'extérieur  sémiette  et  est  remplie 
de  scié  rites  durs  et  blanchâtres.  La  surface  de  la  bûche  est 
finement  striée. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  de  couleur  écrue,  épais  de  3 
cm.  o  à  o  cm.  environ  ;  nettement  délimité  du  cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  mal  délimitées;  les  vraies 
limites  sont  douteuses. 

Vaisseaux  très  apparents,  en  grosses  lignes  ondulées, 
obliques,  et  ininterrompues  sur  une  grande  distance  ;  distribués 
régulièrement  ;  simples  ou  par  groupes  de  2  à  6. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  fins,  réguliers,  écartés  les  uns 
des  autres  d'une  distance  égale  à  celle  du  diamètre  d'un  gros 
vaisseau  et  s'écartant  à  peine  au  niveau  de  ces  vaisseaux. 

Parenchvme  a  entourant  les  vaisseaux  et  s'étendant  en 
lignes  concentriques,  assez  grosses  et  irrégulières  :  la  ligne 
qui  paraît  être  la  limite  de  la  couche  serait  peut-être  le  Pi). 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  gros  et  luisants. 

Section  tangentielle.  —  Rayons  très  petits,  blanchâtres. 

Emplois.  —  Peut  être  obtenu  jusqu'à  13  à  17  m.  sur  20 
cm.  d'équarrissage  (Bell). 

D'une  longue  durée  quand  il  est  exposé  aux  intempéries  ; 
il  résiste  aux  vers  (McTurk). 

Se  fend  facilement,  cassant,  et  ne  prend  pas  les  clous. 

Éch.  type  :  3,2659  Bell  ;  0370  Impér.  Instit. 

Références  :  McTurk  p.  5  ;  Aublet,  p.  755  ;  Sagot,  XIII,  pw  307  ;  Icônes 
lign.,  pi.  63.  Stone  et  Fr.,  p.  3;  Bell,  p.    4. 

Piscidia  Erythrina  Lin.,  n°  1848. 

Niederlein,  p.   12:  Bois  puant. 

Les  Andira  et  les  Wacapous,  n°  1851 . 

Ces  bois   se    rapportent   à    Andira  excelsa  H.  B.   &  K.,  à 


BotS    btlLES    DE    LA    GLiA.NE    FRANÇAISE 

A.  Auhletii  Bth  et  à  A.  inermis  Sw.  Toutes  ces  espèces  sont 
bonnes  d'après  l'Index  Kew.  qui  cite  encore  le  Vouacapoua 
americana  d'Aublet  comme  synonyme  de  A.  excelsa  ;  d'après 
Steudel,  ce  Vouacapoua  est  synonyme  de  A.  racemosa  Lamk., 
qui  est  VA.  Auhletii  ;  et  enfin,  d'après  Grisebach,  il  serait 
synonyme  de  A.  inermis.  Pour  ajouter  à  la  confusion,  Grise- 
bach cite  encore  A.  racemosa,  qui  est  le  A.  Auhletii,  comme 
synonyme  de  A.  inermis. 

Il  me  paraît  que,  si  on  peut  confondre  Vouacapoua  avec  trois 
espèces  différentes,  les  différences  entre  elles  ne  doivent  pas 
être  très  grandes.  D'ailleurs  les  échantillons  que  j'ai  vus  sont 
tellement  semblables  que  je  puis  à  peine  les  distinguer  les  uns 
des  autres,  et  j'adopte  le  Vouacapoua  d'Aublet  pour  ces  trois 
espèces. 

D'après  Huber,  p.  221,  ce  point  a  été  éclairci  par  Bâillon 
dans  VAdansonia,  vol.  IX,  1 8GS- 1 S7U  ;  le  nom  Vouacapoua 
americana  est  le  bon.  L'article  de  Bâillon  est  reproduit  en 
entier  dans  l'appendice  de  «  Mattas  et  Madeiras  amazonas  » 
d' Huber. 

Les  échantillons  ne  présentent  aucune  différence,  sauf  le 
développement  du  parenchyme,  qui  est  un  tissu  toujours 
capricieux . 

Je  fais  remarquer  également  que  les  bois  de  Bowdichia  vir- 
yi/iuides  et  nitida  sont  aussi  difficiles  à  distinguer  des  Waca- 
pous.  Ils  sont  confondus  certainement  dans  le  commerce 

Les  noms  indigènes  sont  encore  plus  confus.  Grisard  cite 
Acapu  (Brésil  .  Wacapou,  Bois  «le  Vouacapoua,  Epi  de  blé 
(Guyane  ;  Dacamabally  (Arrhouages)  ;  Blackheart,  Partrid- 
gewood  Col.  Angl,  :  Angelin  grand  bois  Martinique  et  Tri- 
nité) et  Pilon  (Venezuela).  Presque  tous  se  rapportent  à  plu- 
sieurs bois,  d.  an  moins,  à  sept  espèces  différentes.  Berkhoui 
donne,  en  plus  de  Dacama  el  Wacapou,  le  nom  Bruinhart  qui 
se  confond  avec  Brauna  Melanoxylon  Brauna  I  -  noms  ne 
doivent  pas  être  regardés  comme  précis,  car,  chez  tous  I 
auteurs,  ils  ne  sont  jamais  groupés  de  la  même  manière.  Dans 
ce  qui  va  suivre  je  rapporte  pour  les  Andira  la  description 
des  auteurs  aux  uoms  spécifiques  qu  ils  ont  adoptés  ;  el  tous 


48  H.    STONE 

les  échantillons  de  Wacapou  vont  être  décrits  sous  le  nom  de 
Vouacapoua  americana,  n°  1851  D. 

Andira  Aubletii  Bth,  n°  1851  A. 

Sagot,  p.  224:  Bois  le  meilleur  et  le  plus  classique  de  la  Guyane  ; 
assez  rare.  On  le  reconnaît  à  son  tronc  marqué  de  côtes  saillantes  et 
d'excavations. 

Bassières,  p.  96  :  Le  meilleur  de  nos  bois  durs  ;  se  travaille  facile- 
ment, se  durcit  en  vieillissant  et  se  conserve  indéfiniment.  Ses  fibres 
sont  droites;  bon  pour  charpentes,  bardeaux. 

Grisard,  1893,  II,  p.  513:  Bois  d'une  belle  couleur  brun  foncé,  quel- 
quefois presque  noir.  Aubier  d'une  faible  épaisseur  ;  blanchâtre. 

Niederlein,  p.  2  :  Wacapou  Giuliu  (Guyane). 

Andira  inermis  Kunth.,  n°  1851  B. 

Noms  vulgaires  :  Yaba  (Cuba,  Hawtayne).  Bastard  Cabban 
(Brésil,  Miers).  Angelin,  Angelim,  Cabbage-bark  tree 
(Antilles),  Lombriceiro  (Brésil,  da  Gama).  Bilge-water  tree, 
Wormbark  (Lindley).  Wild  Olive,  Bastard  Cabbage  (Guy. 
Angl.,  Schomburgk).  Bruinhart  (Surinam,  Pulle).  Angileen 
(Antilles,  Grisebach).  Moca,  Moca  blanca  (Antilles,  Urban). 
Bois  Olive  (Guadel.),  Pilon  (Venez.,  Grisard).  Bois  palmiste 
(Guibourt).  Morcagueira  (Brésil,  Peckolt).  Morcegueira  (Bré- 
sil, Huber). 

Ici  je  dois  dire  que  j'ai  reçu  moi-même  un  échantillon  sous 
le  nom  à' Andira  inermis,  et  je  l'ai  décrit  sous  ce  nom  dans 
le  Timbers  of  Commerce,  page  93.  J'ai  cependant  quelques 
doutes  sur  cette  identification  et  j'ai  mentionné  l'espèce  sous 
toutes  réserves. 

Guibourt,  II,  p.  355  dans  le  titre  de  son  article  sur  le  Bois 
de  Panacoco  ajoute  le  nom  de  Bois  de  Perdrix  (Partridge- 
wood)  ;  ce  qui  donnerait  à  penser  que  les  deux  bois  sont  les 
mêmes  ;  je  tiens  à  signaler  cette  particularité,  car  la  description 
du  Bois  de  Perdrix  qui  suit  celle  du  Panacoco  se  rapporte  à 
un  bois  différent. 

Grisard,  1893,  II,  p.  514  :  rouge  brun,  un  peu  noirâtre,  assez  dur  et 
de  bonne  qualité  ;  il  offre  la  plus  grande  analogie  avec  l'espèce  précé- 


BUIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  49 

dente,  A.  Aubletii.  Les  bois  de  Saint-François  et  de  Saint-Martin  pré- 
sentent les  mêmes  dispositions  fibreuses  et  ont  la  même  couleur;  den- 
sité de  0,900  à  1,113. 

Andira  excelsa  H.  B.  et  K.,  n°  1851  C. 

Noms  vulgaires.  :  Vouacapoua  (Guy.  angl.,  Miers).  Cœur 
dehors  (terme  gén.,  Niederlein).  Angelin  à  grappes  (Musée 
Colon,  de  Marseille). 

Vouacapoua  americana  Aubl.,  n°  1851  D. 

Parmi  les  nombreux  échantillons  que  je  vais  décrire,  aucun 
n'est  bien  déterminé  ;  la  plupart  ne  sont  étiquetés  que  sous 
les  noms  indigènes.  Le  Bureau  des  Renseignements  du 
Brésil  à  Paris    m'a   envové  un    échantillon    sous  le  nom   de 

«y 

V.  americana,  mais,  comme  les  éditions  publiées  par  ce 
Bureau  contiennent  certaines  erreurs,  ma  confiance  est  très 
limitée  dans  ces  déterminations.  Je  crois  cependant  que,  dans 
ce  cas,  l'identification  est  juste. 

Saldanha  da  Gama  cite  un  Angelim-pedra  (Andira  specta- 
bilis,  qui  ne  se  trouve  pas  dans  l'Index).  Ce  bois,  ayant  un 
cœur  qui  devient  noirâtre  à  l'air,  est  peut-être  bien  le  V.  ame- 
ricana, et  aussi  l'Epi  de  blé  de  Varenne-Fenille,  le  Palmiste 
de  Guibourt,  le  Vouacapou  holz,  ou  Wegaba  holz  de  Wiesner, 
et  le  Bruinhart  de  Berkhout,  mais  non  le  Partridge-wood  'des 
Anglais,  ni  l'Œil  de  Perdrix  de  Roubo,  ni  le  Partridge-wood 
de  Grisard,  que  celui-ci  cite  sous  le  nom  de  Ifeisteria  cocci- 
nea  Jacq. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  d'une  couleur 
brun  foncé,  strié  de  lignes  brunâtres  ou  blanchâtres  ti 
grosses  ;  il  ressemble  beaucoup  au  bois  des  Palmiers.  La  sur- 
face des  fibres  est  légèrement  luisante  ;  celle  du  parenchyme 
est  mate.  La  nuance  de  la  section  transversale  esi  tantôl 
claire,  tantôt  foncée,  suivanl  le  t  L  ■  \  <  - 1  «  »  j  >  [  n  •  1 1 1  «  -  n  (  du  paren- 
chyme,  et,   proportionnellement,    plus  mate  <>u  plus   luisant 

Cœur    rouge  foncé,    qui    devient    noir    en    se  desséchant 
(Aublet). 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,930  à   1,012.   Dure! 

celle  du  Unis.  Odeur,  a  sec,  très  Légère;   mais  il  répand  une 
Annules  du  Musée  c<>i>>iu;ii  ./-'  èi*r$eille.       v  -  •  I  H 7,  4 


50  ë.  stoxe 

odeur  de  violette  lorsqu'on  le  travaille.  Saveur  insipide.  Solu- 
tion aqueuse  incolore  à  l'eau  froide.  Il  brûle  assez  bien  en 
exhalant  une  faible  odeur  caractéristique. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Je  n'ai  jamais  eu  l'occasion  de 
voir,  comme  écorce,  qu'un  échantillon  du  Musée  Colonial  de 
Marseille,  n°  2o0,  Antilles,  étiqueté  Andira  racemosa.  Cette 
écorce  a  l'épidémie  jaune  blanchâtre,  se  détachant  en  plaques 
minces,  qui  laissent  des  empreintes  peu  profondes,  comme 
celles  des  Platanes.  Couche  interne  brun  grisâtre.  La  surface 
intérieure  présente  (particularité  spéciale)  un  effet  moiré,  pro- 
duit par  les  rayons,  qui  est  à  peine  visible. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  bien  délimité  du  cœur  (voir 
pi.  III  et  IV).  Blanc  jaunâtre.,  d'après  Aublet. 

Moelle.  —  Diamètre  de  7  mm.  environ,  brune,  ayant  o  lobes. 
Section  transversale.  —  Je  trouve  que  les  détails  sont  bien 
plus  visibles  sur  une  section  polie  au  papier  de  verre  crue  sur 
une  coupe  faite  au  rabot.  Couches  bien  délimitées  ;  les  zones 
de  bois  presque  dépourvues  de  vaisseaux  en  sont  les  limites. 
Les  couches  suivent  le  contour  de  la  moelle  pendant  de 
longues  années  et  finissent  par  produire  des  côtes  et  des 
excavations  qu'on  appelle  «  arcabas  »  à  la  Guyane  et  «  saco- 
pembas  »  au  Brésil  (voir  1896).  Da  Gama  dit  que  l'Angelim- 
pedra  a  cinq  lobes,  comme  l'un  de  nos  échantillons  ;  cependant 
la  planche  n°  i  n'en  montre  que  3  ou  i. 

Vaisseaux  très  apparents,  larges,  diminuant  beaucoup  sur 
le  bord  externe  de  la  couche,  distribués  régulièrement  en 
lignes  obliques  très  visibles,  qui  semblent  former  des  festons. 
Xofe.  —  Près  de  la  moelle,  les  vaisseaux  sont  ailés  et  isolés  ; 
ce  n'est  que  lorsque  le  bois  devient  plus  âgé  qu'ils  s'unissent 
entre  eux,  sauf  ceux  du  bord  externe  de  chaque  couche,  qui 
restent  toujours  isolés  pour  la  plupart. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  fins,  uniformes,  réguliers,  moins 
denses  que  les  fibres,  écartés  les  uns  des  autres  d'une  distance 
égale  environ  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau,  et  ne  s'écartant 
pas  au  niveau  de  ces  vaisseaux. 

Parenchyme  très  apparent  a,  entourant  les  vaisseaux  sous 
forme  de  larges  bords  qui  s'étendent  en  ailes  et  souvent  en 
lignes. 


nOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  Y)  i 

Section  radiale.  —  Couches  assez  bien  délimitées,  mais 
difficiles  a  suivre.  Les  vaisseaux,  avec  leur  parenchyme,  se 
présentent  en  lignes  brunes  ou  blanchâtres,  visibles  d'une 
manière  frappante,  sauf  dans  les  variétés  où  le  parenchyme 
est  de  couleur  foncée  (voir  pi.  III). 

Section  tangentielle.  —  Gomme  la  radiale,  mais  les  couches 
formées  en  lignes  et  en  lacets  frangés  sont  un  peu  plus  faciles 
à  suivre. 

Emplois.  —  Bon  pour  constructions,  palissades,  cases  de 
nègres,  meubles,  mortiers,  pilons.  Il  se  conserve  assez  bien 
(Aublet). 

Bon  pour  architecture  navale,  charpente,  poutres,  traverses 
de  chemins  de  fer  (Silva). 

Beau  bois  se  travaillant  bien  malgré  sa  dureté. 

Éch.  types  :  Musée  Colonial  de  Marseille,  nos  29,  48,  102  et  107  de 
la  Guyane.  Musée  de  Lyon,  série  II,  n°  301,  Guyane.  Bureau  des  Ren- 
seignements du  Brésil,  n°  1. 

No  1851  E. 

Variété  ou  espèce  très  voisine  de  la  précédente,  différente 
en  apparence.  Le  parenchyme  peut  être  comparé  aux  extré- 
mités des  poils  d'une  fourrure  noire,  pointillée  de  brun. 

Musée  Colonial  de1  Marseille,  échantillon  n°  6  de  la  Guvane. 

Le  Partridge-wood  des  Anglais,  n°  1851  F. 

Noms  vulgaires  :  Pheasant-wood  ;  Brown,  Black  ou  Sweet 
Partridge-wood,  Ang-elin,  Rebhuhnerholz. 

C'est  probablement  le  bois  de  Kousselet  et  le  A.capu-rajada 
du  Para  de  Miers  et  de  Wiesner  (cité  comme  And  ira  Aubletii 
B.  et  L.  ;  synonyme  :  Vouacapoua  americana  Aubl.  .  mais 
ce  n  est  pas  le  bois  de  Guibourt,  qui  a  uni'  écorce  fibreuse,  e! 
encore  moins  un  Wacapou. 

Caractères  <f<:n<'>ruu.r.  —  Bois  lourd  et  dur.  d'une  couleur 
brun  foncé,  qui  l'ait  ressortir  souvent  un  joli  dessin  en  den- 
telle sur  la  coupe   tangentielle.   Grain   gros.    La    suri 
luisant^  «-t   unie,  car  les  pores  s.ml  remplis  de  résine.   Il  ne 
fonce  que   légèrement   à  l'air,   au   contraire  des    Wacapou 


52  H.    STONE 

mais  il  est  possible  que  ce  bois,  avant  d'arriver  à  destination, 
ait  déjà  pris  sa  teinte  foncée. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,900  à  1,230.  Extrê- 
mement dur.  Odeur,  à  sec,  nulle.  Saveur  légère  de  noisette  ; 
solution  aqueuse  de  couleur  brun  rougeâtre  foncé.  Il  est  très 
difficile  à  allumer  et  brûle  très  mal. 

Caractères  de  Yécorce.  —  Ecorce  très  mince,  ressemblant  à 
une  couche  de  laque  brun  foncé;  de  1  mm.  d'épaisseur  environ. 
Elle  est  fortement  adhérente  et  cassante. 

Mince,  très  dure  et  coriace,  se  fendant  longitudinalement 
(Miers,  pour  Acapu-rajada). 

Structure  du  hois.  —  L'aubier  a  une  épaisseur  de  6  à 
20  mm.,  brun  clair  ou  brun  blanchâtre  ;  il  est  bien  délimité 
du  cœur,  qui  est  d'un  contour  irrégulièrement  ondulé  (proba- 
blement un  cas  des  «  arcabas  »). 

Section  transversale.  —  Couches  en  apparence  très  bien 
délimitées,  mais,  en  réalité,  douteuses,  car  les  lignes  du 
parenchyme  ne  sont  pas  concentriques. 

Vaisseaux  bien  apparents,  à  cause  de  leur  grandeur  et  de 
leurs  bords  clairs.  Ils  ont  0  mm.  18  de  diamètre  ;  peu 
variables  ;  irrégulièrement  distribués,  avec  tendance  à  se  dis- 
poser en  zones.  Les  plus  grands  sont  simples  ;  les  petits  sont 
subdivisés  en  groupes  radiaux  ou  irréguliers,  de  2  à  7  vais- 
seaux. Ils  sont  de  forme  ovale,  assez  nombreux,  de  14  à 
50  par  mmq.;  ils  contiennent  de  la  gomme  brune. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  uniformes,  écartés  les 
uns  des  autres  à  une  distance  un  peu  moindre  que  le  diamètre 
d'un  gros  vaisseau,  et  s'écartant  au  niveau  de  ces  vaisseaux  ; 
9  à  12  par  mm.  Ils  sont  de  couleur  blanchâtre  ;  mais,  vus  en 
section  transparente,  ils  paraissent  plus  foncés  que  les  fibres 
ligneuses  ;  composés  de  petites  cellules. 

Parenchyme  très  abondant  a,  entourant  incomplètement 
les  vaisseaux  et  s'étendant  en  fines  lignes  concentriques  blan- 
châtres, qui  s'anastomosent,  sont  de  5  à  8  par  mm.  et  sont 
de  largeur  variable  et  souvent  interrompues  ;  contour  plutôt 
irrégulier. 

Section  radiale.    —  Vaisseaux   bien  visibles  ;  mais,   étant 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  53 

remplis  ordinairement  de  gomme  noire,  ils  ne  sont  pas  très 
apparents.  Rayons  très  petits,  luisants.  Parenchyme  a  très 
apparent  le  long  des  bords  des  vaisseaux,  et  h  visible  à  la 
loupe  en  fines  lignes,  comme  des  hachures. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  rayons 
sont  encore  moins  visibles,  et  le  parenchyme  est  très  variable  ; 
parfois  il  apparaît  en  franges  en  zigzag  ;  d'autres  fois  il  est  à 
peine  visible. 

No  1851  G. 

Cette  variété  a  la  structure  des  Wacapous  ;  mais,  comme  le 
parenchyme  et  les  fibres  ligneuses  sont  à  peu  près  de  la  même 
couleur  brun  clair  uni,  elle  perd  toute  ressemblance  avec  les 
bois  de  Palmiers.  Les  vaisseaux  sont  gros  et  se  présentent 
comme  des  sillons  qui  deviennent  noirs  sur  une  surface  vernie. 
La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  beaucoup  plus  claire 
que  celle  des  autres  sections.  Sa  densité  est  de  0,600  environ. 
Le  parenchyme  est  abondant  et  compose  la  moitié  du  bois. 

Éch.  type  :  Musée  Colonial  de  Marseille,  n°  25,  Guyane. 

N°  1851  H. 

Ce  bois  est  semblable  au  précédent  sous  tous  les  rapports, 
sauf  le  parenchyme,  qui  est  très  réduit  et  qui  se  montre  très 
peu  sur  la  coupe  tangentielle,  où  il  est  plutôt  visible  par 
reflet.  Lorsque  le  bois  est  sec,  la  nuance  de  La  coupe  transver- 
sale est  beaucoup  plus  foncée  que  celle  des  autres  sections,  à 
cause  de  la  prédominance  des  libres  ligneuses  foncées.  Le 
parenchyme  forme  à  peine  la  sixième  partie  du  bois.  Densité 
de  0,600  environ. 

Éch'.  type  :  Musée  Colonial  de  Marseille,  n°  kJ<>,  Guyane. 

No  1851  I. 

Le  Wacapou  de  Dumonteil  (peut-être  une  des  variétés  pri 

cédentes). 

Dumonteil,  p.  L54  :  Densité,  0,900 ;  force,  304  ;  élasticité,  I8t;  p.  160. 
Classe  2,  celle  du  (  ihêne. 


54  IT.    STONE 

Bois  Saint-Martin  ou  Saint-Martin  rouge,  no  1851  I. 

Les  bois  désignés  sous  ce  nom  sont  tellement  nombreux  et 
différents  que  je  suis  forcé  de  conclure  que,  dans  le  commerce, 
le  nom  Saint-Martin  est  d'une  application  générale  à  tout  bois 
non  connu.  Outre  les  deux  échantillons  que  je  vais  décrire, 
j'ai  vu  au  Musée  Colonial  de  Marseille  trois  échantillons  de  la 
Guyane  ;  les  n09  102  et  107  sont  certainement  des  Wacapous, 
et  le  n°  108  est  de  couleur  rouge  foncé.  Au  Jardin  Botanique 
de  Marseille,  j'ai  vu  un  quatrième  échantillon,  n°  23,  de  cou- 
leur rouge  vermeil.  Le  nom  Saint-Martin  se  rapporte  à 
l'Ebène  verte,  au  Bois  de  Campêche,  au  Bois  amer,  au  Pana- 
coco,  à  un  Lonchocarpus,  à  un  Dalhergia  et  à  deux  espèces  de 
Copaifera.  (Voir  Table  des  Matières.) 

Dumonteil,  p.  152,  Saint-Martin  :  Densité,  0,912;  force,  229;  élasti- 
cité, 127. 

La  Commission  de  Brest,  p.  162  :  Saint-Martin  rouge.  Densité,  0,870 
à  0,922;  force,  1130  à  1140  ou  1,70  si  le  Chêne  =  1  ;  élasticité,  25  à  30  ; 
p.  163.  Il  fait  entendre  des  craquements  longtemps  avant  de  se  rompre. 
Le  même,  p.  167  :  7/ 10  plus  fort  que  le  Chêne,  1/5  plus  pesant,  mais 
moins  élastique  ;  rouge  pâle  agréable  ;  grain  assez  fin,  mais  les  canaux 
sinueux  sont  aussi  gros  que  dans  le  Chêne.  i\  pourrait  être  assez  avan- 
tageusement employé  en  varangues,  genoux,  quilles,  etc.  Dans  l'eau,  il 
a  paru  se  conserver  aussi  bien  que  dans  un  magasin  ;  ne  convient  pas 
aux  ouvrages  de  tour.  Le  même,  p.  197  :  Classe  1,  celle  du  Chêne.  Le 
même,  p.  184  (essais  sur  des  échantillons,  sans  doute  ceux  de  Dumon- 
teil). Conservé  à  couvert  :  force,  800  à  1260  ou  1,58  si  le  Chêne  —  1  ; 
élasticité,  10  à  25  ;  à  découvert  :  force,  1010  à  1410  ou  1,49  si  le  Chêne 
=  1  ;  élasticité,  20  à  25. 

Si  c'est  le  même  bois  que  celui  de  l'échantillon  de  Mar- 
seille n°  188,  il  pourrait  servir  pour  crosses  de  fusils. 

Saint-Martin  blanc.  —  N°  1831  K. 

Commission  de  Brest,  p.  162  :  Deusité,  0,880  à  910;  force,  1020  à 
1120  ou  1,58  si  le  Chêne  =  1  ;  élasticité,  20  à  25.  Le  même,  p.  163  : 
Avant  de  se  rompre,  il  produit  déjà  beaucoup  d'éclats  et  de  fentes  lon- 
gitudinales ;  cassures  bien  fibreuses.  Le  même,  p.  171  :  de  couleur  roux 
pâle.  Densité,  0,830  à  0,9  J0  ;  moitié  plus  fort  que  le  Chêne,  1/5  plus  lourd, 
mais  beaucoup  moins  élastique  :   très  rigide  :  grain  assez   fin;  pourrait 


nOTS    UTILES    DE   LA    GUYANE    FRANÇAISE  55 

être  utilement  employé  comme  bois  courbant.  Le  même,  p.  197;  Classe 
le,  celle  du  Chêne. 

Saint-Martin  ou  Saint- Martin  gris,  n°  1851  L. 

Description  d'après  les  échantillons  :  X  130,  série  I  I ,  Lyon 
(Saint-Martin),  et  n°  2,  Guyane,  Marseille  (Saint-Martin  gris). 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  rayé  de  lignes 
étroites  brun  clair  et  noires,  ressemblant  au  Wacapou  ou  au 
bois  des  Palmiers.  La  surface  est  plutôt  mate.  En  coupe  trans- 
versale, ce  bois  présente  le  parenchyme  en  taches  plus  grandes 
quelles  ne  le  sont  sur  les  autres  bois;  et,  en  conséquence,  la 
nuance  de  la  coupe  transversale  est  aussi  claire,  même  plus 
claire  que  celle  des  autres  sections. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  mal 
délimitées. 

Vaisseaux  visibles  comme  des  piqûres  ;  très  grands,  dia- 
mètre de  0  mm.  25  ;  très  rares,  1  à  5  par  mm.  q.  Ils  sont  for- 
tement isolés,  simples,  quelquefois  par  paires,  vides  ou  rem- 
plis de  résine  jaune. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  fins  comme  de  la  soie,  uni- 
formes, irréguliers  ;  4  à  5  par  mm.  ;  écartés  les  uns  des  autres 
à  une  distance  égale  environ  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau 
et  s'écartant  au  niveau  de  ces  vaisseaux  ;  incolores. 

Parenchyme  visible  d'une  manière  frappante,  a,  entourant 
les  vaisseaux  en  grosses  taches  irrégulières,  obliques  ou  con- 
centriques, souventanastomosees.il  occupe  le  tiers  ou  la  moitié 
de  la  surface;  brun  clair. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  gros,  rares  d  peu  appa- 
rents. Rayons  bruns,  visibles  à  la  loupe.  Pa  occupe  la  moitié 
de  la  surface  en  grosses  lignes  claires. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  payons 
sont  beaucoup  plus  petits  <-t  visibles  a  la  loupedans  les  ligni 
noirâtres  des  fibres  ligneuses  seulement.    Ils    sont  invisibl 
dans  le  Vu  <pii  est,  sur  cette  section,  encore  plus  gros,  plus 
abondant  cl  irrégulier. 

Clef  pour  fous  les  />'"  1851. 

A.   Bois  Insuffisamment  décrits  ou  de  couleur  i  I  même 

blanchi  1 3 ;l   '    J.&  K 


56  II.    STONE 

B.   Bois  de  couleur  brun  foncé  ou  noirâtres,  raves  ou   non, 
de  couleurs  plus  claires. 

1 .  Non  rayé.  Parenchyme  de  couleur  foncée  se 
montrant  à  peine.      Les  Wacapous  1851  G  &  H. 

2.  Rayé.  Parenchyme  de  couleur  pain  bis,  très  appa- 
rent en  lignes  claires  sur  la  coupe  longitudinale. 

2.1.  En  coupe  transversale,  le  parenchyme  est  uni  en 
lignes  concentriques  qui  se  rétrécissent  entre  les 
vaisseaux. 

2.1.1.  Parenchyme  réduit  en  fines  lignes.  Vaisseaux  de 
14  à  50  par  mmq.,  avec  tendance  à  se  disposer 
en  zones.  Partridge  1851  F. 

2.1.2.  Parenchyme  abondant,  occupant  du  quart  aux 
deux  tiers  de  la  coupe.  Vaisseaux,  jusqu'à  19  par 
mmq.   (Voir  Clef  n°  1876.) 

2.2.  Parenchvme  entourant  les  vaisseaux,  soit  étroite- 
ment,  soit  en  ailes,  soit  en  taches  unissant  des 
groupes,  mais  non  en  lignes  concentriques. 

2.2.1.  Parenchvme  entourant  étroitement  les  vais- 
seaux  sans  ailes. 

2.2.1.1.  Parenchyme,  en  coupe  longitudinale,  largement 
développé  en  grosses  stries.  Bowdickia  nitida 
1880  C. 

2.2.1.2.  Parenchyme  brun  se  présentant  en  bords  fins  le 
long  des  vaisseaux  moyens,  ce  qui  donne  à  la 
coupe  l'aspect  dune  fourrure.  }Vacapou  1851  E. 

2.2.2.  Parenchyme,  en  coupe  transversale,  entourant  les 
vaisseaux,  et  s'étendant  en  ailes  çà  et  là,  formant 
souvent  des  lignes  obliques,  des  angles  et  des  arcs. 

2.2.2.1.  Vaisseaux,  en  section  transversale,  ailés  seule- 
ment dans  la  zone  extérieure  de  la  couche  ou 
autour  de  la  moelle.  Bois  très  luisant.  Vouacapoua 
1851  D. 

2.2.2.2.  Vaisseaux  ailés  et  parfois  unis  de  groupe  en 
groupe  par  le  parenchyme.  Boivdichia  virr/ilioides 
1880  B. 

2.2.2.3.  Vaisseaux  ailés,  mais  le  parenchyme  se  présente 
en  grosses  taches.  Saint-Martin  1851  L. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  o7 

La  ligure  en  couleur,  n°  7,  pi.  XI,  dans  l'Icones  lignorum, 
est  beaucoup  trop  claire  et  trop  unie  pour  qu'on  puisse  y  recon- 
naître une  de  mes  variétés;  et  la  figure  n°  2,  pi.  LXXYI,  il  me 
semble,  est  beaucoup  trop  noire.  La  planche  LXXIII,  fig.  7 
(Bruinhart)  indique  bien  un  Wacapou,  bien  qu'elle  soit  un 
peu  claire  en  couleur. 

Références  pour  toutes  les  espèces  précédentes  relatives  au  n°  185 J  : 
Silva,  ms.  ;  Miers,  ms.;  Martin-Lavigne,  p.  100;  Saldanha  da  Gama, 
1825,  p.  25;  Aublet,  Suppl.,  p.  9;  Wiesner,  II,  p.  945;  Sagot,  p.  224; 
Dumonteil,  1823,  II,  partie  2;  Comm.  de  Brest,  1826,  partie  2  ;  Grisard, 
1893,  II,  pp.  513  et  514;  Roussell,  I,  p.  310  ;  Bouverie,  p.  150  ;  McTurk, 
n°  35  ;  Bassières,  p.  96  ;  Roubo,  p.  777';  Stone,  T.  of  C,  p.  98  ;  Berkhout, 
p.  25. 

Geoffraea  spinosa  Jacq.,  n°  1852  A. 

Synonyme  :  Geoffroy  a  spinosa  Lin.  (ne  se  trouve  pas  dans 
l'Index). 

Aublet,  p.  760;  Umari  de  Marcgraff.  (Voir  n°  907.) 

Grisard,  1894,  II,  p.  414:  Chanar  (Argentine).  Le  tronc  vert  se  dé- 
pouille de  son  écorce  au  printemps  ;  plusieurs  variétés,  celles  du  Nord 
surtout,  sont  bonnes  pour  la  charpente, d'après  Martin  de  Moussy  :  ;< 

La  variété  la  plus  commune  est  un  bois  très  dur  qui  ne  peul  guère 
servir  qu'à  la  construction  des  ranchos  ou  chaumières  de  la  campagne. 

Geoffraea  violacea  Pers.,  n°  1852  B. 
Svnonvme  :  Acourou  violacea  Aubl. 

Aublet,   p.  753  :  Lcorce  roussàtre,  ridée  cl  gercée.    Bois  blanchâtre, 
intérieur  rou^eâlrc,  dur  et  compact. 
Niederlein,  p.  \  :  Amadou  indien,  Monsieur  le  Curé    Guyane  . 

Dipterix  odorata  Willd.,  d°  1853  A. 

Synonymes:  Coumarouna  odora  Aubl.  :  C.  odorata  Aubl.  : 
Baryosma  Tongo  Gaertn.  ;  Heinzia  peregrina  J.  F.  Gmel. 
Les  genres  Taralea  et  Bolduccia  égalenl  Dipterix. 

Noms  vulgaires  :  Gayac  (Dumonteil  serait-ce  bod  Goyas 
p.  \l\2  ?  .  Gayac  mâle  Musée  C.  Marseille  .  Tonka-bean 
tree,  Kumara  Bell).  Tonkin-bean  (McTurk).  Curaaru,  Cum- 
bari,  Faver  de  Tonca,  Tonga-bean    Miers  .  Gouamara    K«  w  . 


58  H.    STONE 

Coumarue  (Fr.);  Koemarie  (Holl.);  Koemara  (Angl.)  ;  Sarra- 
pia  (se  rapporte  plutôt  aux  fèves  qu'à  l'arbre  ;  Cayenne)  ;  Bois 
de  Savane,  Gavas  de  Cayenne  (Guyane  Fr.  d'après  Martin- 
Lavigne).  Cumary,  Gamiri  (Ital.  Petrocehi).  Quamary  (Imp. 
Inst.).  Lokus,  Locus  (Surinam,  Berkhout).  Comarre,  Qua- 
mare,  Groot  Lokus,  Tonka  Boon  (d'après  l'Icones  lignorum, 
son  Coemarremara  ne  s'identifie  pas  avec  cette  espèce).  Cum- 
baru,  Cumbury  et  autres  noms  similaires  s'appliquent  aussi 
à  Dipteryx  oppositifolia  ;  et  à  une  espèce  de  Torresia  d'après 
Rodriguès.  Gayac  de  Cayenne,  Hivourae,  Ibirae,  Manlira 
(Caribes,  d'après  Préfontaine.  Sont-ils  bien  de  cette  espèce  ?) 
Le  Tonga-bean  wood  de  Lindley,  Alyxia  buxifolia,  doit  être 
différent.  Le  Coumarourana  d'Aublet  est  l'espèce  suivante. 

L'échantillon  de  Bell  a  été  déterminé,  d'après  les  feuilles  et 
les  fruits,  par  le  Dr.  Freeman.  Ce  bois  correspond  bien  aux 
descriptions  de  Miers,  Guibourt,  Martin-La  vigne  et  des  autres 
auteurs  cités  ci-dessus  ;  c'est  sans  doute  le  bois  de  Dumonteil. 

Préfontaine  dit  que  le  Gayac  de  Cayenne  est  employé  pour 
les  maladies  vénériennes  ;  cette  application  me  fait  supposer 
que  son  bois  pourrait  bien  être  le  Guaiacum,  qui  n'est  pas 
cependant  indigène  de  la  Guyane. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  d'une  couleur 
brun  rougeâtre,  variant  par  places  du  ton  clair  au  ton  foncé. 
Brun,  d'après  Aublet.  Brun  rougeâtre  rayé,  d'après  Miers.  La 
surface,  un  peu  luisante,  fonce  légèrement  à  l'air  ;  grain  serré 
et  fortement  à  rebours. 

Caractères  physiques.  — Densité,  1,030  à  1,080; 

D'après  Dumonteil  :  Densité,  1,153  ;  force,  385  ;  élasticité, 
139. 

D'après  Obreen  :  Force  1045  si  le  Chêne  ss=  663.  D'après 
Berkhout  :  force  2825  si  le  Teck  de  lre  qualité  =  1920  ;  élas- 
ticité 4000  si  le  Teck  =  2000.  D'après  de  Lanessan  :  Densité, 
1153,  résistance  385  kilos. 

Dureté,  celle  du  Panacoco.   Sans  saveur  ni  odeur. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  de  3  mm.  environ,  pleine 
de  sclérites  blancs  et  durs,  s'émiettant  extérieurement  en 
laissant  apercevoir  des  couches  de  couleurs  variées  ;  du  brun 
au  jaune  pâle, 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE   FRANÇAISE  ">9 

D'après  l'échantillon  n°  311,  Guyane,  du  Musée  Col.  de 
Mars.  :  Ecorce  épaisse  de  3  à  6  mm.  laissant  exsuder  une 
gomme  noire;  épiderme  blanchâtre  ou  gris  jaunâtre.  La  sur- 
face intérieure  est  couverte  de  sillons  en  fuseaux,  dans  lesquels 
viennent  s'adapter  les  saillies  qui  se  trouvent  sur  la  surface 
de  la  bûche.  Lécorce  entière  est  composée  de  ces  fuseaux. 
Sans  saveur  ni  odeur.  Cette  structure  est  rare  et  très  curieuse  ; 
ne  l'ayant  pas  remarquée  dans  l'échantillon  de  Bell,  je  doute 
que  cette  écorce  soit  de  notre  espèce. 

Structure  du  bois.  —  La  structure  est  comme  celle  du  Pen- 
taclethra  n°  1978  A,  à  part  les  différences  suivantes  :  Aubier 
nettement  délimité  du  cœur,  brun  pâle  ou  brun  grisâtre  ; 
épais  dé  3  à  4  cm.  environ  ;  blanc  (Aublet). 

Section  transversale.  —  A  comparer  avec  la  figure  5,  pi.  V. 

Couches  en  apparence  délimitées  ;  les  zones  qui  ont  le 
moins  de  vaisseaux  en  sont  peut-être  les  limites. 

Vaisseaux  très  apparents  à  cause  de  leur  grandeur  et  de 
leur  contenu  blanc  ;  simples  pour  la  plupart,  et  cependant 
beaucoup  aussi  de  groupes  de  2  à 5  (pas  de  groupes  linéaires^. 

Rayons  à  peine  visibles  à  la  loupe,  écartés  les  uns  des 
autres  à  une  distance  moindre  que  celle  du  diamètre  d'un 
gros  vaisseau. 

Parenchyme  a  formant  de  larges  bords  clairs  autour  des 
vaisseaux,  et  unissant  çà  et  là  deux  ou  trois  groupes. 

Section  radiale.  —  Couches  à  peine  délimitées.  Les  vais- 
seaux sont,  pour  la  plupart,  obscurcis  par  les  bords  glauques 
et  sinueux  du  parenchyme  a  ;  ils  renferment  souvent  de  la 
gomme  et  de  la  matière  blanche.  Hayons  très  petits,  obscurs, 
semi-translucides. 

Sec/ ion  tangentielle.  —  Comme  l;i  radiale,  mais  les  rayons 
se  trouvant  en  étages  paraissent  sur  la  surface  comme  de 
fines  hachures. 

Emplois,  —  Bon  pour  moyeux,  engrenages,  brancards, 
plates-formes  pour  machines;  exl  rêmement  tenace  ei  de  longue 
durée.  Hauteur  moyenne  de  l'arbre,  •*!'•  mètres  Miers  .  Peu! 
être   obtenu   à    60    cm,     d'équarri  M<  rurk  .    D'apn 

Duchesne,  le  bois  peut  servir  en  médecine  comme  sudorifiqu 


60  H.    STONE 

D'après  la  "Connu,  de  Brest:  trop  franc  pour  rouets  de  pou- 
lies ;  se  fend  lorsqu'on  met  le  dé  ;  pour  cet  usage,  il  est  classé 
à  la  moitié  de  la  valeur  du  Gaïac  ordinaire. 

Éch.  types:  57,  2712  Bell;  n°  311  de  la  Guyane  au  Musée  Col.  Mars, 
(écorce). 

Icônes  lignorum:  pi.  69,  fig.  2,  et  pi.  83,  fig.  7;  peut-être  aussi  la 
pi.  61,  fig.  7,  qui  cependaut  paraît  trop  noire.  Martin-Lavigne  :  fig.  40  et 
41. 

Référencées:  Rodriguès,  p.  155;  Aublet,  Suppl.,  p.  7;  McTurk,  p.  5  ; 
Miers,ms.  ;  Duchesne,p.  266;  Grisard,  1894, 1,  p.  76  ;  Dumonteil,  1823, 
II,  partie  2;  Comm.  de  Brest,  1826,  II,  partie  2;  Stone  et  Fr.,  p.  57. 

Dipteryx  oppositifolia  Willd.,  n°  1853  B. 
Synonyme  :  Taralea  oppositifolia  Aubl. 

Aublet,  p.  745  :  Coumarourana  (Garipons)  Tarala  (Galibis).  Ecorce 
externe,  membraneuse,  blanche,  se  détachant  naturellement  et  tombant 
en  morceaux  plus  ou  moins  larges;  bois  blanc,  dur,  pesant  et  compact. 

Inocarpus  prouacensis  Aubl.,  n°  1856  A. 

Synonyme  :  /.  guianensis  Aubl.  ;  Bocoa  prouacensis  Aubl.  : 
B.  guianensis  Steud.  ;  Etahallia  prouacensis  Bth. 

Le  nom  vulgaire  Boco  est  attribué  au  moins  à  deux  bois  : 
l'un,  de  couleur  gris  brunâtre,  a  été  décrit  par  de  Lanessan  ; 
Aublet,  Sagot  et  Guibourt  ont  décrit  le  deuxième  sous  des 
couleurs  diverses,  qui  cependant  ne  sont  pas  discordantes. 
Brun,  mêlé  de  vert  jaunâtre,  d'après  Aublet.  Je  pense  qu'il 
peut  varier  jusqu'au  brun  noir.  Guibourt  dit  que  tous  les 
échantillons  de  Boco  qu'il  a  vus  étaient  le  Panacoco.  Je  suis 
de  son  avis,  car,  après  beaucoup  de  recherches,  je  n'ai  trouvé 
que  des  différences  très  minimes  dans  le  bois  du  cœur  des 
deux  espèces  ;  il  y  en  a  cependant  de  très  grandes  entre 
l'écorce  et  l'aubier  des  deux  bois.  Je  crois  que  les  échantillons 
que  je  vais  décrire  sont  le  Boco  du  commerce  et  le  bois  de 
Guibourt,  mais  je  n'ose  pas  affirmer  que  ce  soit  YInocarpus 
prouacensis. 

Aublet,  Suppl.,  p.  38  :  Bocoa  prouacensis,  Bois  Boco  (Gaux)  ;  écorce 
lisse,  grisâtre  ;  bois  blanc  à  l'extérieur  et  brun  mêlé  de  vert-jaunâtre  à 
l'intérieur;  dur  et  très  compact  ;  bon  pour  poulies. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  01 

Dumonteil,  p,  152:  Bocco.  Densité,  1,208;  force,  402;  élasticité,  135, 
p.  160.  Classe  1   (plus  lourd  que  le  Chêne)  et  Classe  4  (meubles). 

Comm.  de  Brest  ;  p.  162  :  Cèbre  boco.  Densité,  1,200;  force,  880  à 
1220,  ou  1,65  si  le  chêne  =  1  ;  élasticité,  5  à  10.  Le  même,  p.  163  :  cassé 
avec  un  seul  éclat  comme  le  Panacoco,  ces  deux  espèces  se  ressemblent 
sous  tous  lés  rapports.  Le  même  ;  p.  183  :  rouets  de  poulies,  valeur 
pour  cet  usage  de  la  moitié  du  bois  de  Gaïac.  Le  même,  p.  184  (essais 
sur  le  bois  de  Dumonteil  .  Conservé  à  couvert  :  force,  720  à  1,680  ou  de 
1,65  à  2,56  si  le  chêne  =  1  ;  élasticité,  25  à  35;  à  découvert  :  force, 
1630  à  1690,  ou  2,14  si  le  chêne  =  l  ;  élasticité  27  à  30  ;  commence  à  cra- 
quer longtemps  avant  de  rompre.  Après  s'être  assez  fortement  courbé 

sous  une  charge  de  1,510  kilos,  il  reprend  sa  forme  primitive:  Classe  1 . 

i 

On  voit  que  ce  bois  a  une  force  et  une  élasticité  peu  ordi- 
naires. Il  pourrait  servir  pour  rais  de  roues  d'automobiles. 


Sagot,  Richesses  de  la  Guyane,  p.  236  :  Bocoa  prouacensis  ;  d'un  brun 
noir  très  foncé.  Le  même,  Catal.,  p.  318  :  Aubier  jaune,  cœur  noir  bru- 
nâtre. 

Guibourt,  III,  p.  354  :  «  Bois  de  Boco,  Bois  de  coco,  Bois  de  fer  de 
commerce.  Bocoa  prouacensis.  Ecorce  grisâtre,  lisse;  aubier  blanc; 
cœur  brun,  mêlé  de  vert  jaunâtre.  »  Cette  description  nous  paraît  être 
celle  d'Aublet,  car  plus  loin,  Guibourt  ajoute  :  cœur  gris  brunâtre,  uni- 
forme ;  aubier  jaune  comme  du  buis  ;  contour  régulier;  section  trans- 
versale  pointillée  de  gris  sur  un  fond  brun  ;  rayons  visibles  ;«  la  loupe  ; 
lignes  de  parenchyme  en  petite  quantité,  très  unes,  ondulées,  blan- 
châtres. En  section  longitudinale,  les  vaisseaux  sont  remplis  d'un  suc 
rougeàtre. 

Grisard,  1893,  II,  p.  516:  Bocoa  prouacensis.  Synonyme:  Etaballia 
yuiaripnsis  Bth.  Pau  ferro  vermelho  ou  roxo  Brésil  :  Bois  de  fer  de  la 
Guyane,  Etabally  (Guyane)  ;  de  grande  dimension.  Aubier  d'une  très 
forte  épaisseur,  presque  aussi  dur  cl  compact  que  le  bois.  Cœur  brun 
noir,  très  foncé,  d'une  teinte  presque  uniforme,  et  présentant  sur  la 
coupe  transversale  un  cercle  régulier  qui  tranche  bien  sur  la  dus 
claire  de  l'aubier.  Lourd,  compact,  de  texture  Une.  ^e  travaillant  bien 
en  tons  sens,  malgré  son  excessive  dureté  ;  employé  pour  !  ébénisterie 
deluxe,  tour,  instruments  à  vent,  etc.  :  excellent  pour  étais,  solives,  etc. 

Bassières,  p,   104:   Etabally     Demerarj    .    Densité,    1,208.    Vubier  de 
couleur  jaune  coi  mue  le  buis  ;  le  cœur  brun  noir  très  ton 

De  Lanessan,  p,  LU  :  Bois  de  coco  ou  de  fer,  decouleu  brunâtre 

presque  uniforme.  Aubier  jaune.  La  couche  longitudinale  offre  un 
très  fin,  gris  brunâtre  et  jaunâtre,  parsemé  de  petites   tâches  li 
brunes.  Cœur  concentrique  régulier. 


62  il.    STONE 

Miers,  ms.  Pao  ferro  vermelho.  Densité,  1,086:  de  couleur  brune 
Teiné  de  verl  grisâtre. 

Michel,  ms.  :  Bois  marbré. 

Il  ne  faut  pas  confondre  ce  bois  avec  l'Etabally,  ni  l'Eda- 
balli  de  la  Guyane  Anglaise,  ni  le  Bois  de  coco  des  Anglais. 
(Voirn08  561  A  ;  662  et  1745.) 

Résumé  des  différences  entre  Boco  et  Panacoco. 

1.  En  section  transversale  dans  le  Boco  (1856),  les  lignes 
du  parenchyme,  sauf  sur  la  limite  de  chaque  couche,  sont 
souvent  interrompues  et  font  de  petites  ondulations  un  peu 
angulaires.  En  section  longitudinale,  les  vaisseaux  sont  très 
obscurs.  L'aubier  est  jaune  comme  du  buis. 

2.  En  section  transversale,  dans  le  Panacoco  (1896),  les 
lignes  du  parenchyme  sont  régulières  et  continues.  En  section 
longitudinale,  les  vaisseaux,  quoique  très  petits,  sont  bien 
apparents.  L'aubier  est  couleur  de  pain  bis. 

Caractères  généraux  du  Boco.  —  Ces  caractères  sont  les 
mêmes  que  ceux  déjà  cités  d'après  Grisard,  à  part  les  diffé- 
rences suivantes.  Surface  luisante.  La  nuance  de  la  coupe 
transversale,  noir  ou  noir  brunâtre  uniforme,  est  plus  foncée 
que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  1,208  environ.  Dureté, 
celle  de  l'Ebène  noire.  Odeur,  lorsqu'il  est  travaillé,  légère  de 
violette  ;  sans  saveur. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Couleur  brun  noirâtre,  mais,  là  où 
l'écorce  est  rompue,  la  couche  sous-jacente  est  d'un  jaune 
brunâtre  sale.  La  surface  est  plus  ou  moins  lisse  mais  cou- 
verte de  plaques  très  minces  tendant  à  se  détacher.  Epaisseur  de 
1  mm.  environ,  partagée  en  trois  couches  :  l'interne  est  fibreuse, 
extrêmement  mince  et  très  foncée  en  section  ;  la  médiane  est 
jaune  clair  ;  l'externe  se  compose  d'écaillés  noirâtres.  Flexible, 
se  détachant  facilement  ;  sans  saveur  ni  odeur.  La  surface 
interne  montre,  à  la  loupe,  les  impressions  des  rayons  en 
palissade. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  ressemble  au  Buis,  mais  de 
couleur  plus  foncée,  striée  de  blanc  ;  il  est  bien  délimité  du 


MOIS    UTILES    DU   LA    UlYANE    tHAX,AlàL  63 

cœur  qui  est,  en  apparence,  régulier  et  circulaire,  mais  n'est 
pas  concentrique  avec  les  couches.  Voir  (1896  G.) 

Section  transversale.  —  Couches,  en  apparence,  bien  déli- 
mitées. Les  limites  peuvent  être  les  lignes  du  parenchyme, 
qui  sont  très  minces  et  plus  régulières  dans  leur  périphérie 
que  les  autres  lignes  intermédiaires. 

Vaisseaux  à  peine  visibles,  même  dans  l'aubier.  Ils  sont 
ovales,  assez  grands,  de  0  mm.  2  de  diamètre  ;  simples  pour 
la  plupart,  beaucoup  par  paires  subdivisées,  rarement  par 
groupes  de  3,  i,  jusqu'à  8,  en  file  radiale.  Ils  présentent  le 
cas  exceptionnel,  d'être  excessivement  rares,  depuis  1  par  3 
mm.  q.  jusqu'à  4  par  mmq.    Leur  contenu  est  brun  ou  noir. 

Rayons  à  peine  visibles   à  la   loupe,    très   fins,    uniform- 
réguliers   dans  leur  largeur,   écartés    irrégulièrement  les  uns 
des  autres  à  une  distance  égale  ou  inférieure  au  diamètre  d'un 
gros  vaisseau.   Ils  sont  de  10  à  16  par  mm.,    très  courbés  ou 
ondulés  ;  de  même  couleur  que  celle  du  parenchyme. 

Parenchyme  a,  abondant  mais  visible  seulement  à  la  loupe, 
sauf  dans  le  bois  clair,  en  très  fines  lignes  concentriques, 
très  irrégulières  dans  leur  contour  et  souvent  interrompues. 
Elles  unissent  les  vaisseaux  tangentiellement  ;  espacées  irré- 
gulièrement, de  3  à  6  par  mm. 

Section  radiale.  —  Couches  assez  bien  délimitées.  Va  ux 

très  obscurs  et  à  peine  visibles  ;  ils  sont  beaucoup  plus  petits 
et  beaucoup    plus  difficile   à  voir   que   dans   le  Panacoco.   Le 
parenchyme  forme  des  lignes  brunes  parallèles  a  peine  visibl 
Rayons  très  petits,  mais  visibles  à  la  loupe,  bruns. 

Section  tangentielle.  — -  Comme  la  radiale,  mais  Les  couches 
sont  souvent  mieux  délimitées.  Le  parenchyme  forme  des 
Lignes  ou  lacets  en  zigzag,  donnant  une  nuance  plu--  claire 
a  l.i  coupe.  Rayons  très  petits,  la  plupart  en  et;  srayons 

ont  une  hauteur  de  I  mm.  25  environ,  ou  15  cellules  sur  une 
de  Largeur;  ils  sont  étroits,  aigus.  Les  vaisseaux  sonl  parfois 
remplis  de  noir. 

ih.  types  :    N       r-'.t  .'"   el    I  M  de  La    Guyane    Marseille   ;   u     II 
Béi  ie  2   Lyon  . 


64  H.     STOiNE 

Inocarpus  edulis  Forst.,  n° 1856  B. 

Synonyme  :  Etahallia  macrophylla  Bth. 

Dans  l'Index  Kewensis,  la  seule  espèce  d'Inocarpus  citée 
est  la  présente  ;  mais  sous  le  nom  de  Bocoa,  synonyme  d1 Ino- 
carpus, il  s'en  trouve  deux  :  B.  edulis  et  B.  prouacensis. 

Lescallier,  p.  56  :  Mapa  ;  ne  convient  pas  pour  la  marine. 

Dumonteil,  p.  156  :  Mapa  (Est-ce  bien  cette  espèce?).  Densité,  0,528  ; 
force,  159  ;  élasticité,  157  ;  flexibilité,  2,83,  p.  160.  Classe  3,  celle  des 
Pins. 

Biscbop-Grevelïnk,  p.  231.  Ghajam  (Java). 

Moll  et  Janssonius,  IV,  p.  82,  fig.  153.  Les  détails  suivants  proviennent 
de  leur  description. 

Structure  du  Lois.  —  Couches  assez  bien  délimitées  par 
une  mince  ligne  du  parenchyme. 

Vaisseaux  fortement  isolés,  distribués  irrégulièrement,  de  5 
à  8  par  mmq.  et  parfois  davantage;  la  plupart  simples,  beau- 
coup par  groupes  de  2  à  3. 

Rayons  de  la  largeur  d'une  cellule,  rarement  de  2,  sur  une 
hauteur  de  4  à  16  ;  parfois  deux  rayons  se  fondent  l'un  dans 
l'autre. 

Parenchyme  entourant  incomplètement  les  vaisseaux  et 
s'étendant  en  de  longues  ailes  à  peu  près  parallèles.  La  lon- 
gueur des  taches  du  parenchyme  augmente  vers  le  bord  externe 
de  la  couche,  tandis  que  leur  largeur  diminue.  Il  y  a  des  taches 
complètement  isolés  des  vaisseaux.  Il  est  encore  des  lignes 
minces  qui  peuvent  former  les  limites  des  couches.  Ces  lignes 
sont  interrompues,  à  des  intervalles  d'ailleurs  éloignés,  et, 
de  ce  fait,  ne  sont  pas  continues  ;  leur  largeur  peut  être  de  2 
à  8  cellules,  mais  ordinairement  de  3  à  4. 

Niederlein  :  Mapé. 

Il  ne  faut  pas  confondre  ce  bois  avec  le  Mapou  (Bombax, 
voir  771  A),  qui  est  beaucoup  plus  léger,  ni  avec  le  Mapa  de 
Fresneau.  (Voir  partie  II.) 

TRIBU  X.  —  SOPHORÉES 

Ormosia  coccinea  Jacq.,  n°  1876  A. 
Synonyme:  Robinia  coccinea  Aubl, 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  65 

Noms  vulgaires  :  Barracarra  (ternie  gén.  Bell. y  Panacoco 
(Sagotj.  Ollio  de  cabra  (Peckolt).  Petit  Panacoco,  Petit  Pana- 
coco  de  Cayenne  (Aublet).  Préfontaine  dit  que  ce  dernier 
nom  se  rapporte  à  une  liane. 

Ce  n'est  pas  le  Barracarra  du  Brésil  (v.  1793),  non  plus 
que  le  Bourracurra  (v.  6623],  le  Baracara  de  Grisard,  ni  le 
Panacoco  «  proprement  dit  »  de  Guibourt  et  du  commerce 
(v.  1896)  ;  mais  ce  pourrait  être  celui  que  Guibourt,  III,  p.  31, 
a  décrit  comme  avant  un  cœur  rougeàtre.  Ce  n  est  pas  non 
plus  le  Panacoco  de  Dumonteil,  mais  il  peut  être  bien  son 
Panacoco  à  grandes  feuilles,  dont  la  densité  est  de  0,643  (v. 
1896  E). 

L'échantillon  de  Bell  a  été  déterminé,  d'après  les  feuilles  et 
les  fruits,  par  le  Dr  Freeman. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne  ;  d'une  couleur  blanc  rougeàtre,  veinée  de 
lignes  et  de  taches  d'un  blanc  de  lait.  Il  ressemble  à  l'Acajou 
de  qualité  inférieure.  Surface  brillante,  froide  au  toucher,  fon- 
çant légèrement  à  l'air.  La  nuance  de  la  coupe  transversale  est 
légèrement  bigarrée  et  plus  foncée  que  celle  des  autres  sec- 
tions. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,712.  Dureté,  celle  de 
l'Erable.  Sans  odeur  ni  saveur. 

Caractères  de  ïécorce.  —  Ecorce  plutôt  lisse,  sillonnée  et 
couverte  de  tubercules;  6  mm.  d'épaisseur  environ.  La 
couche  extérieure  s'émiette  ;  celle  de  l'intérieur  est  dure  et 
ligneuse.  La  surface  de  la  bûche  est  striée. 

Structure  du  bois.  —  La  structure  est  comme  celle  d 
Andira.  (Voir  Clef  n°  1876  E.)  Elle  n'a  rien  de  commun  a\ 
7 ii)  bin  ia  Pse  u  da  ca  c  ia . 

L'aubier  est  blanc  rougeàtre,  bien  délimité  du  cœur  ;  3  cm.  i .» 
environ  d  épaisseur. 

Section  transversale  —  Couches  mal  délimitées  :  les  limites 
pourraient  être  indiquées  par  les  interruptions  de  la  su<  >n 

des  bandes  eoneent lit jues  du  parenchyme  :  contour  régulier. 

Vaisseaux  visibles  à  cause  de   leur  grandeur  et  des  I 
bords  clairs  du  parenchyme  ;  peu  variables  :  simples  pour   la 

Annale*  du  Musée  colonial  de  Marseille.       3*  léric 


66  H.     STONE 

plupart,  quelques-uns  par  paires.  Ils  sont  distribués  égale- 
ment ;  ronds  et  très  rares  ;  leur  contenu  est  souvent  brillant. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  uniformes,  réguliers, 
écartés  les  uns  des  autres  d'une  distance  égale  au  diamètre 
d'un  gros  vaisseau  ;  leur  couleur  est  plus  claire  que  celle  des 
fibres  ligneuses. 

Parenchyme  a  entourant  les  vaisseaux  en  taches  très  appa- 
rentes, dune  couleur  claire,  et  en  forme  de  losange  lorsqu'ils 
sont  isolés,  ou  en  bandes  concentriques  qui  se  rétrécissent 
entre  ces  vaisseaux.  Le  parenchyme  occupe  les  deux  tiers  du 
bois  environ. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  gros,  rouges,  ouverts,  bordés 
par  le  parenchyme  blanchâtre.  Rayons  à  peine  visibles,  petits, 
semi-translucides . 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  le  Pa  appa- 
raît en  veines  plus  apparentes  et  plus  blanches,  donnant  à 
la  section  un  aspect  laiteux.  Rayons  très  petits,  visibles  à  la 
loupe. 

Emplois.  —  Madriers,  traverses  de  chemin  de  fer,  pavage  ; 
peut  être  facilement  obtenu  jusqu'à  20  m.  sur  30  à  40  cm. 
d'équarrissage  (Bell).  Bois  de  valeur,  d'après  Miers. 

Il  est  facile  à  travailler,  se  fend  facilement,  se  polit  bien, 
mais  ne  se  prête  pas  bien  au  clouage. 

Éch.  type:  9,2665  Bell. 

Références  :  Bell,  p.  3;  Wiesner,  p.  87;  Stone  et  Fi\,  p.  9. 

Kamarakata  (Bell.),  n°  1876  B. 

McTurk  a  décrit,  sous  ce  nom,  un  bois  de  couleur  brun 
foncé  et  d'une  saveur  amère,  mais  qui  ne  peut  être  cette  espèce. 

L'échantillon  de  Bell  n'est  pas  déterminé,  mais,  d'après  sa 
structure,  je  puis  affirmer  que  c'est  une  Légumineuse,  voisine 
d'Ormosia. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne,  de  couleur  jaune  brunâtre  uniforme.  Sur  la 
coupe  transversale,  la  structure  est  très  apparente.  Surface 
légèrement  luisante,  fonçant  un  peu  à  l'air. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  67 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,767  ;  dureté,  celle  du 
Teck.  Sans  saveur  ni  odeur. 

Caractères  de  Vécorce.  —  4  à  6  mm.  d'épaisseur,  légèrement 
gercée  et  ridée,  très  dure  et  granuleuse.  La  surface  de  la 
bûche  est  lisse  ou  striée. 

Structure  du  bois.  —  Gomme  celle  de  YOrmosia  n°  1876 
A.  (Voir  Clef,  p.  57.) 

L'aubier  est  de  couleur  écrue,  distinct  du  cœur,  mais  sans 
ligne  de  démarcation  nette  ;  épaisseur  de  7  cm.  environ. 

Section  transversale.  —  Vaisseaux  visibles  à  l'œil  nu, 
grands,  peu  variables,  simples  pour  la  plupart,  et  parfois 
quelques  groupes  de  2  à  4. 

Rayons  à  peine  visibles. 

Le  parenchyme  occupe  la  moitié  de  la  surface  environ. 

Section  radiale.  —  Rayons  facilement  visibles,  quoique  peu 
apparents. 

Emplois.  —  Bon  pour  moyeux,  plates-formes  des  moulins, 
ayant  les  qualités  du  Kumara  (1853  A    ;  très  rare. 

Il  se  travaille  bien;  se  fend  facilement. 

Éch.  type  :  48,2704  Bell. 

Références:  Bell,  p.  7  ;  McTurk,  p.  5  ;  Stone  cl  Fr.,  40. 

Dakama  (Bell)  ;  Dacama-Balli  (Hawtayne),  n°  1876  G. 

Ce  n'est  pas  le  Dacama  cité  parmi  les  noms  des  Wacapous 
(v.   1851)  ni  le  Mclanoxylon  Brauna  Schott. 

L'échantillon  de  Bell  n'est  pas  déterminé,  mais,  d'apn 
structure,  je  puis  affirmer  que  c'est  une  Légumineuse  voisine 
(YOrmosia. 

Caractères  généraux.  —  lî<>is  dur  et  Lourd,  d'une  belle  cou- 
leur rouge  uniforme,  avec  des  stries  fonc<  3.  Surfa<  e  l<  _•  re- 
ment luisante,  fonçant  beaucoup  à  l'air,  un  peu  froide  au  tou- 
cher. La  nuance  de  la  coupe  radiale  est  beaucoup  plus  claire 
que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  de  1,040  à  1,061  :  dui 
celle  du  Buis.  Odeur  à  sec  nulle  ;  saveur  Insipide. 

Caractères  de  Vécorce.  —  De  i  à  6  mm,  environ  <l  épaisseur  ; 


6$  H.    STONE 

rougeâtre  ;  présentant  des  larges  lenticelles  ovales.  Elle  tombe 
en  plaques  plutôt  grandes  et  irrégulières,  qui,  en  section,  sont 
exceptionnellement  bien  délimitées.  La  couche  intérieure  est 
dure,  fibreuse.  L/écorce  est  fortement  adhérente  à  la  bûche, 
dont  la  surface  est  ridée. 

Structure  du  bois.  —  Comme  celle  de  YOrmosia  (V.  Clef, 
n°  1876  E),  à  part  les  différences  suivantes. 

L'aubier  est  de  couleur  brun  clair  et  se  transforme  en  cœur 
graduellement  ;  épais  de  2  cm.  5  à  4  cm.  5  environ. 

Section  transversale.  —  Les  vaisseaux  sont  moins  nombreux. 

Le  parenchyme  occupe  beaucoup  moins  de  surface,  de  1/4 
à  3/8  ;  la  plus  grande  partie  se  présente  en  taches  en  forme 
de  fuseaux  ou  de  losanges  entourant  les  vaisseaux.  Lorsqu'il 
arrive  à  unir  les  vaisseaux  en  lignes,  ces  lignes  tendent  plutôt 
dans  le  sens  oblique  que  concentrique. 

Section  radiale.  —  Les  vaisseaux  sont  bordés  par  le  paren- 
chyme de  couleur  grise,  qui  est  presque  imperceptible. 

Emplois.  —  Un  des  meilleurs  bois  de  construction,  de  plus 
longue  durée  que  le  Wallaba  (v.  1948)  ;  peut  être  facilement 
obtenu  jusqu'à  8  ou  10  m.  sur  30  à  60  cm.  d'équarrissage 
(Bell). 

Très  dur  à  travailler,  se  fend  facilement  ;  beau  bois  malgré 
la  médiocrité  de  son  polissage. 

Éch.  type:  20,2676  Bell. 

Références  :  Bell,  p.  4  ;  Stone  et  Fr.,p.  20. 

Cœur  dehors,  n°  1876  D. 

Deux  bois,  paraît-il,  sinon  trois,  portent  ce  nom,  mais,  sur 
six  auteurs  qui  les  citent,  il  n'y  a  que  Martin-Lavigne  qui 
indique  une  couleur  brun  marron  dans  sa  description.  Il  n'est 
pas  certain  que  son  bois  soit  un  Diplotropis.  Eaute  de  ren- 
seignements précis,  je  préfère  donner  ici  la  description  de 
l'échantillon,  n°  103,  du  Musée  Colonial  de  Marseille,  qui  con- 
corde assez  bien  avec  Dacama  (1876  C).  Je  donne,  n°  1879, 
la  citation  de  Martin-Lavigne  et  celle  des  auteurs  qui  désignent 
«  Cœur  dehors  »  sous  le  nom  de  Diplotropis  guianensis. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  69 

Niederlein  cite  «  Cœur  dehors  »  comme  Andira  excelsa,  qui 
est  le  Wacapou  (v.  1851).  Ce  dernier  est  souvent  de  couleur 
brun  marron  mais  est  loin  d'avoir  la  structure  du  bois  de 
Martin-Lavigne. 

Caractères  généraux.  —  (N°  103  de  la  Guyane,  Marseille.) 

Bois  dur  et  lourd,  d'une  couleur  vermeil  clair,  vive,  striée 
de  blanc  et  ayant  parfois  des  raies  plus  foncées  ;  surface  mate  ; 
grain  gros,  mais,  par  places,  fin  en  apparence.  La  nuance  de 
la  coupe  transversale  est  un  peu  plus  foncée  que  celle  des 
autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité  de  0,990  ;  dureté,  celle  du 
Buis.  Odeur,  à  sec,  nulle  ;  saveur  insipide.  Il  se  fend  assez  bien, 
brûle  avec  peu  de  flamme  et  peu  de  fumée,  en  pétillant  beau- 
coup et  exhalant  une  faible  odeur  agréable. 

Structure  du  Lois.  —  (A  comparer  avec  la  fig.  5,  pi.  V,  et 
voir  la  Clefàn0  1876  E.) 

Section  transversale.  —  Couches  en  apparence  délimitées. 
Les  zones  où  les  vaisseaux  sont  moins  nombreux  indiquent 
parfois  les  limites. 

Vaisseaux  très  apparents  a  cause  des  larges  bords  form^ js 
par  le  parenchyme  ;  de  grandeur  moyenne,  jusqu'à  0mm.  !  de 
diamètre  ;  plus  petits  dans  le  bois  dense,  mais  augmentant 
beaucoup  avec  l'âge  de  l'arbre.  Ils  sont  fortement  isolés,  dis- 
tribués également  dans  chaque  couche,  mais  variant  beaucoup 
en  nombre  dune  couche  à  l'autre,  de  1  par  2  mmq.  jusqu'à 
4  par  mmq.  ;  simples  pour  la  plupart,  avec  tendance  à  se 
disposer  en  lignes  obliques.  Leur  contenu  est  jaune. 

Bayons  visibles  à  la  loupe,  très  lins,  uniformes,  plutôt 
réguliers,  écartés  les  uns  des  autres  d'une  distance  égale  au 
diamètre  d'un  gros  vaisseau  et  ne  s  "écartant  pas  au  niveau  de 
ces  vaisseaux.  Ils  Sont  rouges  et  bien  apparents  sur  le  bois 
foncé. 

Parenchyme  abondant  H    très  apparent.    Il  se  présente  en 
taches  fortement  ailées,  qui  sont  en  Losange  et  qui  entourent 
les  vaisseaux.  Il  unit  parfois  deux  groupes,  même  davantaj 
<lc  vaisseaux   entre  Lesquels  il  s<'  rétrécit  :  de  couleur  roug 
clair. 


70  H.    STONE 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  rares  et  peu  apparents  à 
cause  du  parenchyme  qui  les  obscurcit. 

Section  tangentielle.  • —  Très  différente  de  la  radiale.  Le 
parenchyme  se  présente  en  lignes  blanches  très  apparentes  et 
en  zigzag,  parmi  lesquelles  on  peut  voir  la  gomme  renfermée 
dans  les  vaisseaux  comme  de  petits  points  jaunes. 

Rayons  juste  visibles  à  la  loupe,  se  montrant  en  fuseaux 
blancs  très  petits  ;  hauteur  de  1  mm.  environ,  largeur  de 
trois  rangées  de  petites  cellules. 

N°  1876  E.  Bois  rouge  ;  Anacoucou  (Caraïbes)  ;  Gabuiriba 

(Pison),  d'après  Préfontaine. 

Préfontaine  dit,  p.  155  :  Bois  très  rouge,  devenant  plus  clair 
et  gris  avec  le  temps.  Ecorce  grise,  devenant  rouge  en  séchant, 
aussi  bien  à  l'extérieur  qu'à  l'intérieur. 

Cette  citation  rappelle  le  Dacama  (1876  C)  et  le  Panacoco, 
nom  vulgaire  à'Ormosia  1876  A).  Préfontaine  en  cite  un  autre, 
sous  le  nom  de  Balata  rouge  ou  Sapotillier  marron,  à  Saint- 
Domingue,  et  dit,  p.  146,  que  ce  bois  perd  sa  couleur  et 
devient  grisâtre  ;  il  est  un  de  ceux  qui  résistent  le  plus  long- 
temps à  l'air  et  dure  indéfiniment  lorsqu'il  est  a  couvert . 

Diplotropis  guianensis  Bth.,  n°  1879. 

Synonyme  :   Tachigali  paniculata  Rich.  (non  Aublet). 

Préfontaine,  p.  107  :  Cœur  dehors  (v,  187G  D  .  Il  n'a  pas  un  pouce 
d'aubier  et  c'est  pourquoi  on  l'a  surnommé.  «  Excellent  pour  bâtir  en 
toute  terre  ».  C'est  le  meilleur  de  tous  les  bois  pour  moyeux,  pilotis, 
rouleaux  et  jantes  de  moulin,  etc. 

Dumonteil,  p.  152:  Cœur  dehors.  Densité,  0,991  ;  force,  283;  élasti- 
cité. 108  ;  flexibilité,  1,42.  Le  même.  p.   156  :  Classe  2,  celle  du  Chêne. 

Sagot,  p.  904,  dit  qu'il  a  prouvé  que  Cœur  dehors  est  bien  le  Diplotro- 
pis  guianensis,  car  il  en  a  fait  abattre  un  arbre  ;  malheureusement  il  ne 
le  décrit  pas  ;  et  le  nom  commun  se  rapporte  à  plus  d'une  espèce. 
,  De  Lanessan,  p.  186:  Bon  pour  moyeux,  corps   de  pompe,  traverses 
et  flasques  d'affûts  de  canon. 

Grisard,  1894,  II,  p,  413:  Solide  et  incorruptible  ;  n'est  jamais  droit. 
Densité.  1.100. 

Bassières,  p.  96  :  Se  fend  facilement:  fibres  flexueuses  et  croisées. 

Martiu-Lavio-ne   schéma  à  la  fin  du  volume)  :  Levarte  Kabes  (Surinam); 


ROIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  71 

de  grande  dureté;  cœur  brun  marron  ;  aubier  brun  blanchâtre.  Densité, 
0,940. 

Couches  très  bien  délimitées  en  section  transversale. 

Vaisseaux  isolés  ou  groupés  par  2  ;  diamètre  de  180  à  300  microns  ; 
3  par  mmq. 

Rayons  ;  hauteur  de  300  à  600  microns  sur  i'.\  à  30  de  largeur,  ou  de 
une  à  deux  rangées  de  cellules. 

Parenchyme  en  faibles  amas  autour  des  vaisseaux. 

Clef  pour  Ormosia  et  les  bois  du  même  genre. 

1 .  Couleur  rouge  ou  blanc  rougeâtre. 

1.1.     Beau  rouge.  En  coupe  transversale,  le  parenchyme 

occupe  de   1/4  à  3/8   de  la   surface.    Dacama  ; 

1876  G. 
1.  2.      Blanc  rougeâtre.  Le   Va  occupe  les  deux  tiers  de 

la  surface  transversale.  Ormosia  ;  1876  A. 

1.  3.     Vermeil  clair.   Le  Pa  unit  à  la  fois  2  à  3  groupes 

de  vaisseaux  seulement.  Les  vaisseaux  sont 
remplis  d'une  gomme  jaune.  Cœur  dehors  ; 
1876  D. 

2.  Couleur   jaune  brunâtre.    Le   parenchyme  occupe 

la  moitié  de  la  surface  transversale.  Kamarakata  : 
1876  B. 

3.  Couleur  brun  marron.  Le  parenchyme  est  en  faibles 

amas  autour  des  vaisseaux,  d'après  Martin- 
Lavigne.  Diplotropis  guianensis  ;  1879. 

4.  Couleur  brun  verdâtre.  Aramata;   1837  B. 

Bowdichia  virgilioides  II.  B.  &  K.,  n°  1880  A. 
Synonymes  :  B.  major  Mart.  d'après  L'Index  Kew.   Cité  par 

Grisard  comme  une  espèce  à  part    ;  Sepipira  major  Mart. 

Noms   vulgaires:    Sicupira    assu,    Sebipira    b    S         Paulo 
(Pereira  .    A.loorneo      Kunth).    Suoupira    parda      Salaanha  . 
Cortex  alcorneo    désignanl  l'écorce   :  Alcornoque,  Chaban 
(Planchon  .    Tataboo  (Bel)  .  synonyme  de  notre  échantillon. 

Il  paraît  qu'il  y  a  beaucoup  de  variétés,  ef  même  différent 
espèces  de  Sicupira.    Pereira   oite  un  Sucupira-mirim  ou  S. 


72  H.    STOTS'E 

d'agua,  d'un  grain  fin,  et  Rodriguès  donne  les  nombreux  noms 
suivants  :  Cicopira,  Cebipyra,  Sucopira,  Sicupyra,  Sipupira 
Sucupi,  Sapupira  (Para),  Sepipira,  Sebi-pira,  Sapopira,  Sepi- 
pirduna,  Sepipera,  en  ajoutant  que,  dans  le  dialecte  des  indi- 
gènes du  Brésil,  ce  mot  est  remplacé  par  n'importe  quel 
nom  précédent,  suivant  l'adjectif  qui  l'accompagne. 

Il  cite  encore  :  Sepipira-assu,  qui  est  le  Bowdichia  virgi- 
lioides,  var.  glahrata,  avec  fibres  foncées  et  luisantes  ;  le  S.- 
preta,  qui  a  les  fibres  presque  noires  ;  le  S.-vermelha,  ou  B. 
virgilioides  var.  ferruginea  ;  le  S.-roxa,  ou  B.  virgil.  var. 
puhescens  ;  le  S.-aquosa,  ou  B.  nitida  Mart.  (v.  1880  C)  du 
Rio  negro  ;  et  enfin  le  S.-amarella,  ou  Ferreira  spectahilis 
Fr.  Ail,  que  nous  pouvons  écarter. 

Saldanha  da  Gama  cite  S.-aquosa  comme  nom  vulgaire  de 
B.  minor  (qui  n'est  pas  dans  l'Index)  et  de  B.  nitida  ;  bois 
léger.  (Peut-être  est-ce  celui  de  Rodriguès  et  le  S.-d'agua  de 
Pereira  ?) 

Jeannenev  ms.  cite  un  Socopire  qui  serait  le  Peltophorum 
Vogelianum  Bth. 

Les  noms  vulgaires  associés  avec  B.  nitida  sont  ordinaire- 
ment confondus  avec  les  noms  cités  ci-dessus. 

L'échantillon  de  Tataboo  de  Bell  a  été  déterminé,  d'après 
les  feuilles  et  les  fruits,  comme  étant  probablement  le  Boivdi- 
chia  virgilioides  H.  B.  &  K. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  de  couleur  brun 
noisette  ou  brun  doré,  avec  des  raies  claires  et  foncées.  En 
coupe  transversale,  la  structure  est  très  apparente.  Surface 
luisante  à  cause  des  fibres  ligneuses.  Il  fonce  légèrement  à 
l'air.  Les  nuances  des  coupes  sont  à  peu  près  les  mêmes,  mais 
celle  de  la  coupe  tangentielle  est  beaucoup  plus  brillante  que 
celle  la  de  coupe  radiale. 

On  le  confond  toujours  avec  le  B.  nitida  et  avec  les  Waca- 
pous,  dont  il  est  très  difficile,  sinon  impossible,  de  le  distin- 
guer. (Voir  Clef,  n°  1851.) 

Caractères pjhysiques.  —  Densité,  de  0,948à  0,991  ;  dureté, 
celle  du  Buis.  Odeur,  à  sec,  nulle.  Saveur  légère  du  Pin. 

Caractères  de  l'écorce  de  Tataboo  :  10  à  12  mm.  d'épaisseur 


BOTS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  73 

environ,  légèrement  gercée,  tombant  par  plaques  irrégulières  ; 
elle  est  très  dure  et  ligneuse,  granuleuse  lorsqu'elle  est  coupée. 

D'après  Pereira,  Fécorce  de  B.  virrjilioides  est  mouchetée, 
très  sillonnée,  grosse  et  irrégulière.  D'après  Planchon,  écorce 
épaisse  de  1  cm.  ;  surface  extérieure  de  couleur  brun  foncé, 
ayant  des  parties  verruqueuses  couleur  de  rouille.  Ces  parties 
se  détachent  par  plaques,  en  laissant  voir  un  tissu  sous-jacent 
brunâtre  ou  rougeâtre.  La  face  interne  est  jaunâtre.  La  cassure 
est  grenue  dans  les  trois-quarts  de  la  partie  extérieure  ;  dans 
l'autre  quart,  elle  est  fibreuse  et  feuilletée  et  est  formée  comme 
de  longues  et  étroites  plaques  de  liber  appliquées  les  unes 
contre  les  autres.  D'après  da  Gama,  l'écorce  estamère,  médi- 
cinale. 

Structure  du  bois  de  Tataboo.  —  Gomme  celle  des  Waca- 
pous. 

L'aubier  est  de  couleur  de  pain  bis  ou  de  couleur  grise,  très 
bien  délimité  du  cœur;  épais  de  2  cm.  à  2  cm.  o  environ. 

Section  transversale.  —  Gouches  en  apparence  délimitées, 
mais  les  vraies  limites  sont  douteuses. 

Vaisseaux  très  apparents,  grands  et  très  variables,  ne 
diminuant  pas  régulièrement  ;  fortement  isolés  et  distribués 
uniformément;  la  plupart  simples,  quelquefois  par  paires,  et 
aussi  des  groupes  de  3  ;  souvent  remplis  de  gomme  ou  d'une 
matière  blanche. 

Rayons  visibles  à  la  loupe  comme  des  fils  de  soie  blan- 
châtres, très  fins,  pour  ainsi  dire  réguliers,  à  intervalles  égaux, 
au  diamètre  d'un  gros  vaisseau  et  ne  s'écartant  pas  au  niveau 
de  ces  vaisseaux. 

Parenchyme  a  très  apparent,  formant  de  larges  bords  quel- 
quefois ailés,  autour  des  vaisseaux,  et  unissant  parfois  deux 
groupes  et  même  davantage. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  apparents,  tan  toi  gros, 
tantôt  fins,  mais  le  parenchyme  les  entoure  tous  de  ses  bor- 
dures blanchâtres.  Rayons  assez  apparents,  <h'  même  couleur 
que  1<'  parenchyme. 

Emplois.  —  (Bois  de  Tataboo   :  Plates-formes  de  moulin 
construction,  bateaux  ;  peu  abondant  d'après  McTurk. 


74  H.    STONE 

Peut  être  obtenu  jusqu'à  17  à  20  m.  sur  30  à  60  cm.  déquar- 
rissage  (Bell). 

L'un  des  bois  choisis  à  Deptford  par  le  Gouvernement  Bri- 
tannique comme  pouvant  être  employé  pour  les  constructions 
navales  (Hawkes). 

Difficile  à  travailler  ;  se  fend  facilement. 

Emplois.  — [B.  virçfilioides)  :  Bon  pour  brancards,  navires, 
ponts  et  travaux  en  submersion,  reconnu  comme  ayant  une 
grande  durée.  Les  arbres  peuvent  atteindre  une  circonférence 
de  5  m.  94  (Saldanha  da  Gama). 

Bon  pour  roues  de  moulins,  axes  de  presse  (Guibourt). 

Ech.  type  :  85,2741  Bell. 

Références:  Pereira,  p.  72  ;  Rodriguès,  p.  149;  McTurck,  p.  3;  Bell, 
p.  9  ;Grisard,  1893,  II,  p.  517;  da  Gama,  1865,  p.  114,  et  1867,  p.  85  ; 
Guibourt,  III,  p.  305  ;  Stone  et  Fr.,  p.  87,  fig.  85. 

Bowdichia  nitida  Spr.,  n°  1880  C. 

Je  ne  sais  si  ce  bois  est  indigène  à  la  Guyane,  mais  je  le 
cite  à  cause  de  l'espèce  précédente.  Je  dois  dire  qu'il  est 
très  difficile  de  le  distinguer  de  B.  virgilioides  et  des  Waca- 
pous.  Sa  surface  est  mate  sur  toutes  les  coupes  ;  et,  en  section 
transversale,  le  parenchyme  qui  entoure  les  vaisseaux  n'est 
pas  ailé.  (Voir  Clef,  n°  1851.) 

TRIBU  XL   —  SWARTZIÉES 

Panacoco,  n°  1896. 

Il  y  aurait,  paraît-il^  trois  bois  de  Panacoco  au  moins, 
sans  parler  du  Petit  Panacoco,  qui  est  une  liane.  Dumonteil 
en  cite  deux:  un  Panacoco  dont  la  densité  est  de  1,181,  et  le 
Panacoco  à  grandes  feuilles,  dont  la  densité  est  de  0,643  ;  mais 
leur  couleur  nous  est  inconnue.  A  Marseille,  nous  avons  deux 
échantillons  de  Panacoco  ;  l'un  presque  noir  et  l'autre  jaune 
rougeâtre.  Dans  la  Guyane  Anglaise  se  trouvent  encore  deux 
espèces,  mai  leurs  bois  sont  tellement  semlables  qu'il  est 
difficile  de  les  distinguer  lorsqu'ils  ont  été  débités.  Enfin  il  y 
a  encore  quelques  espèces  du  genre  Stvar^zia  qui  ressemblent 
au  Panacoco  et  qui  doivent  être  prises  en  considération. 


BOTS    UTILES    DE    LA   GUYANE    FRANÇAISE  7o 

Le  Boco  ressemble  aussi  exactement  au  Panacoco  noirâtre. 
Suivant  les  descriptions  des  auteurs,  nous  pouvons  classer 
ces  bois  comme  suit  : 

1  .  Bois  lourds. 

1-1 .  Bois  noirâtres  ou  le  devenant  en  se  desséchant.  Tel 
est  le  Sicartzia  tomentosa  DC,  échantillon  de 
Bell  bien  déterminé,  et  qu'il  faut  accepter  comme 
tel,  malgré  les  légères  différences  qu'on  relève 
dans  la  description  d'Aublet  au  sujet  du  Robinia 
Panacoco,  svnonvme  de  Sicartzia  tomentosa. 
Tels  sont  encore  :  le  grand  Panacoco  de  Préfon- 
taine, qui  passe  pour  «  l'Ebène  noire  »  ;  le  Bois 
de  fer  de  Cavenne,  de  Guibourt  et  de  Varenne- 
Fenilie,  rouge  brun,  se  fonçant  jusqu'à  ce  qu  il 
paraisse  noir  ;  le  Panacoco  de  Dumonteil,  den- 
sité de  1,208,  qui  est  le  même  que  celui  de  la 
Commission  de  Brest  ;  le  Robinia  Panacoco  de 
Bassières,  à  cœur  noir  et  de  densité  de  1.1  NI  à 
1,231;  le  Bania  et  le  Siribidanni  de  Bell  ;  les 
échantillons  du  Musée  Colon,  de  Marseille,  n°  S. 
et  ceux  du  Musée  de  Lyon,  série  II.  n°"  101  H 
112. 

1  -2  .  Bois  jaunes  ou  bruns  qui  conservent  leur  couleur  : 
Sicartzia  triphylla  Willd.  ;  synonyme  :  Possiria 
arborescens.  Aublet  ;  jaunâtre,  employé  pour  les 
pointes  de  flèches  ;  le  Tounatea  Panacoco  cité  par 
Lanessan,  rougeâtre,  densité  de  1,208;  le  Pana- 
coco jaune  de  Cavenne  de  Varenne-Fenille,  de  cou- 
leur brune,  avec  aubier  jaune,  de  densité  de  1,480 
environ  ;  et  l'échantillon  n"  20  du  Mu»  (  1.  de 
Marseille. 

1-3.  Bois  rougeâtre  :  Le  bois  de  Guibourt,  vol.  III. 
54. 

2.  Dois    d'un  poids  moyen  :  Le  Pana  andea 

feuilles  de  Dumonteil,  densité  de  0,64 
E. 

3.  Bois  mou,  légèrement  compact,  blanchâtre;  s 

zia  data  Willd,  n°  1896  I 


76  H.    RTONE 

Les  deuxième  et  troisième  classes  ne  présentent  pas  de 
difficultés.  Dans  la  première  (section  1-2),  je  crois  que  le  bois 
de  Lanessan  et  de  V.-Fenille  sont  le  Swartzia  triphylla.  La 
section  1-1  est  tellement  confuse  que  je  me  borne  à  décrire  les 
échantillons  en  ajoutant  la  Clef  suivante  pour  essayer  de  les 
différencier  entre  eux,  et  aussi  du  Partridge-wood  des  Anglais. 

1 .  Dans  la  section  tangentielle,  le  parenchyme  est 
très  apparent  et  produit  un  joli  dessin  jaune  clair 
sur  le  fond. 

1-1.  Fond  noirâtre  ou  noir.  Ech.  n°  8,  Musée  G.  M., 

1896  H. 
1-2.  Fond  brun  foncé.  Partridge,  qui  peut  aussi  être 

placé  dans  la  section  suivante. 

2.  Dans  la  section  tangentielle,  le  parenchyme  est 
obscur. 

2-1 .  Dans  la  section  transversale,  les  lignes  du  paren- 

chyme sont   peu  visibles  à  la  loupe  et  sont  de  la 
même  largeur  que  celle  des  rayons. 

2-1-1.  Aubier  jaune  comme  le  Buis.  Siribidanni,  1896 

G,  et  peut-être  le  Boco  de  Guibourt,  1856. 

2-1-2.  Aubier  de  couleur  écrue,  Bania,  1896  F. 

2-2.  Dans  la  section  transversale,  les  lignes  du  paren- 

chyme sont  plus  larges   que  •  les  rayons   et   sou- 
vent égales  au  semi-diamètre  des  gros  vaisseaux. 

2-2-1 .         L'aubier  n'est  pas  différencié  du  cœur,  Sikkisikki- 
danni,  1596  J. 
•  2-2-2.  Aubier  nettement  délimité  du  cœur. 

2-2-2-1.  Bois  noirâtre.  Moins  de  14  vaisseaux  par  mmq. 
Sivartzia  tomentosa,  1896  A. 

2-2-2-2.  Bois  brun  foncé.  De  14  à  50  vaisseaux  par  mmq. 
Partridge,  1851  F. 

Swartzia  tomentosa  DG.,  n°  1896  A. 

Synonyme:  Rohinia  Panacoco  Aubl.  ;  R.  tomentosa  Willd. 
[Tounatea  Panacoco  H.  Bn.?). 

Noms  vulgaires:  Wamara  (Bell).  Palo  santo  (term.  gén. 
Portug.).    Anacoco   (Galibis).   Bois   de    fer  (Colons    Guyane, 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  77 

d'après  Aublet).  Gran  Panacoco  (Préfontaine  i.  Bois  de  fer  de 
Cayenne  (Varenne-Fenille).  Brown  Ebony,  Club-wood  (Dal- 
ton).  Pao  de  Remo  (Para),  Ironwood  (Guy.  Angl.,Hawtayne). 
Pferdefleischolz  (terme  gén.  ?),  Narangillo  (terme  gén.). 
Saint-Martin  (terme  gén.Guy.Fr.,Boulger).  Apoetoe (Surinam, 
Berkhout).  Hucuya,  Anacoco  wanebala  (Brésil,  da  Gama). 
Legno  ferro  délia  Guiana,  Panacoco  (Ital.,  Fogli).  Bois  de  pa- 
gaie blanc  (Guyane  fr.),  Boucara (Surinam),  Bara carra  des  Gali- 
bis  (Demerary).  Wanebala,  Bois  de  Perdrix  (Grisard  .  Perdrix. 
Heistère  rouge  (Lyon).  Presque  tous  ces  noms  ont  une  appli- 
cation générale,  et  surtout  il  ne  faudrait  pas  confondre  le 
Barracarra  avec  ÏOrmosia  (1876),  ou  YErythrina  (1793  ;  le 
Wanabala  avec  le  Wana-balli  (6201);  le  Bois  de  Perdrix 
avec  les  Andira  (1851  E),  ni  le  Palo  santo  avec  le  vrai 
Guaiacum. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dune  dureté  excessve,  tri- 
lourd  et  de  couleur  pourpre  foncé. 

D'après  Aublet  :  Bois  brun  rougeàtre  devenant  noirâtre. 
D'après  Fenille  :  Bois  rouge  brun  devenant  noir.  D'après  la 
Commission  de  Brest  :  couleur  lie  de  vin. 

Surface  un  peu  luisante,  prenant  un  polissage  naturel  au 
fil  des  outils  ;  froide  au  toucher.  La  nuance  de  la  coupe  trans- 
versale est  presque  noire,  et  plus  foncée  que  celle  des  autres 
sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  de  1,1  60  à  1,481  1  >um.). 
Dureté,  celle  de  l'Ebène  noir.  Odeur,  à  sec,  nulle.  Saveur 
légèrement  astringente.  Force,  400  ;  élasticité,  115  Dumon- 
teil). 

Essais  de  la  Commission  de  Brest  sur  le  même  bois  de 
Dumonteil.  Conservé  a  couvert;  force,  <l<-  1,440  à  1,760  ou 
2, 0(i  à  2,42  si  le  Chêne  =  1;  élasticité  de  15  à  20.  Conservé 
à  découvert  :  force  de  1,1  10  à  1,7  M),  ou  1 ,85  si  le  Chên  I  : 
élasticité  de  20  à  25.  La  même  sur  un  échantillon  nouveau  : 
force  de  1  ..'{20  à  1,550,  ou  2,00  si  le  Chêne  I  ;  élasticité  de 
12  à  15;  Les  cabrions  onl  donné  un  léger  avertissemenl  en 
cassant  d'un  seul  éclat.  D'après  Obreen,  force,  I  6  u  2 
le  Chêne  =  1  ). 


78  H.    STO^E 

Caractères  de  Vécorce.  —  L.'écorce  des  arcabas  est  cendrée 
et  lisse  ;  l'écorce  du  tronc,  épaisse,  brune,  gercée  et  raboteuse, 
laisse  exsuder  parfois  une  résine  rougeâtre  liquide,  qui  devient 
noirâtre  en  se  desséchant  (Aublet).  D'après  l'échantillon  de 
Bell,  l'écorce  est  épaisse  de  1  à  2  mm.  environ,  brune,  lisse 
et  fibreuse  ;  la  couche  intérieure  ressemble  au  liber.  La  sur- 
face de  la  bûche  est  lisse. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  de  couleur  écrue,  brus- 
quement délimité  du  cœur,  épais  de  5  cm.  5  à  10  cm.  Blanc, 
d'après  Aublet.  Abondant,  jaunâtre,  d'après  la  Gomm.  de 
Brest. 

Au-dessus  des  arcabas,  le  contour  du  cœur  est  régulier  ;  au 
dessous,  il  est  irrégulier  et  présente  une  section  étoilée  qui 
pénètre  dans  l'aubier. 

Section  transversale.  —  Cette  section  est  à  comparer  avec 
celle  du  Boco  (1856  A). 

Couches  mal  délimitées;  les  zones  des  vaisseaux  pourraient, 
à  la  rigueur,  indiquer  les  limites  ;  le  contour  est  régulier  ou 
lobé. 

Vaisseaux  visibles  à  cause  de  la  couleur  claire  de  leur 
parenchyme  ;  grands,  jusqu'à  0  mm.  25  de  diamètre  ;  peu 
variables,  diminuant  légèrement  vers  l'extérieur  de  la  couche. 
Ils  sont  peu  nombreux;  distribués  régulièrement;  fortement 
isolés  ;  simples  pour  la  plupart,  quelques  groupes  de  2,  4,  et 
même  jusqu'à  7. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  uniformes,  réguliers, 
à  intervalles  un  peu  moins  larges  que  le  diamètre  d'un  gros 
vaisseau  et  s'écartant  légèrement  au  niveau  de  ces  vaisseaux. 

Parenchvme  a  unissant  les  vaisseaux  sans  les  entourer 
complètement.  Il  forme  des  lignes  nombreuses,  continues, 
concentriques,  qui  sont  environ  deux  fois  moins  larges  que  le 
diamètre  d'un  gros  vaisseau. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  étroits,  mais  visibles  à 
cause  de  leur  contenu  luisant.  Rayons  minuscules,  à  peine 
visibles.  Parenchyme  visible  à  la  loupe. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  rayons 
étant    en    étages,    produisent   un    effet   changeant    et    appa- 


ÊOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  79 

raissent  comme  des  lignes  qui,  coupées  à  angle  droit  par  les 
lignes  du  parenchyme,  font  ressortir  une  série  de  petits  car- 
rés. Guibourt,  ayant  observé  cette  particularité,  dit  que  la 
surface  présente  une  véritable  marqueterie  de  petits  carrés 
diversement  colorés  et  des  lignes  blanches  très  apparentes. 
Je  suis  bien  de  son  avis,  sauf  sur  la  coloration,  et  je  me 
demande  si  son  échantillon  n'était  pas  attaqué  par  un  cham- 
pignon, source  féconde  de  toutes  sortes  de  couleurs  et  de  des- 
sins bizarres. 

Emplois.  —  D'après  x\ublet  :  Bon  pour  construction, 
réputé  incorruptible.  Il  affirme  avoir  vu  des  pièces  enfoncées 
en  grande  partie  dans  la  terre  et  restées  saines  après  plus  de 
60  ans.  D'après  Miers  :  Avirons  excellents  :  réputé  incor- 
ruptible. Un  des  plus  grands  arbres  de  la  Guyane,  d'après 
Bulfon. 

La  Comm.  de  Brest  le  classe  comme  suit  :  Classe  1  (plus 
lourd  que  le  Chêne ).  Classe  4,  celle  des  meubles  ;  et  a  la  moi- 
tié de  la  valeur  du  Gaiac  pour  rouets  de  poulies. 

Ech.   types  :  92,2748,  Bell.  ;  0,207,  Imp.  Inst. 

Références:  Miers,  ms.  ;  Grisard,  1894,  I,  j>.  311;  Buffon  Suite-  . 
p.  122;  Au  blet,  p.  768;  Guibourt,  II,  p.  331  ;  Préfontaine,  p.  198; 
Varenne-Feuille,  p.  145 ;  S.  da Gama,  ts^<>;  Bassières,  p.  104;  Duinonteil, 
1823,  II,  partie  2,  Comm.  de  Brest,  1826,  II,  partie  2  ;  «l»-  Lanessan, 
p.  134;  Sagot,  Catal.,  XIII,  p.  313;  Stone  el  Fr.,  fig.  92,  p.  94,  Obreen 
cité  par  Berkliout,  p.  35. 

Swartzia  triphylla  Willd.  (non  DC),  n"  1896  B. 
Synonymes  :  Possira  (Possiriu)  arborescens  Anbl. 

Aublet,  p.  934:  Bois  dard.  Bois  à  flèches.  Ecorce  lisse,  mince,  gri- 
sâtre; bois  jaunâtre,  dur,  compact,  employé  par  les  indigènes  pour  les 
pointes  des  tirelire. 

Préfontaine,  p.  198;  Panacoco  jaune  :  Gran  Panacoco.  Est-ce  bien 
cet  if  espèce  ".' 

De  Lanessan,  p.  134  :    Tounatea  panacoco  II.  B.  el  K.  (non  dans  I  In- 
dex). Synonyme  :  Robinia  Panacoco    \.  1896,  A  .  Bois  de  Pan  B   i 
de  Perdrix,    Aubier   blanc:  bois  rougeâtre,  dur.  Sur    la  section  Ion. 
tudiuale,  on    remarque    un    dessin    imitant    Pailc  '!<•     perdrix.     I 
bien  cel  if  espèce  .' 


80  H.    STONE 

La  description  suivante  est  celle  d'un  échantillon  qui  est 
probablement  le  Swartzia  triphylla,  et  que  possède  le  Musée 
Colonial  de  Marseille  (Guyane,  n°  20). 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  brun  clair  ou 
jaunâtre,  fonçant  légèrement  à  l'air,  La  surface  est  un  peu 
luisante,  et  froide  au  toucher  comme  du  marbre. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  1,14.  Dureté  égale  à  celle 
d'Ebène.  Sans  odeur  ni  saveur. 

Structure  du  bois.  —  La  même  que  celle  de  l'espèce  précé- 
dente, à  part  les  différences  suivantes  : 

Parenchyme.  Les  lignes  concentriques  sont  souvent  inter- 
rompues. 

Section  radiale.  —  De  couleur  très  uniforme.  Le  caractère 
le  plus  frappant  consiste  en  ce  que  les  rayons  sont  tellement 
serrés  en  lignes  parallèles,  verticalement  et  horizontalement, 
qu'ils  couvrent  la  surface  du  bois  en  voilant  presque  toutes 
les  fibres  ligneuses. 

Swartzia  alata  W.,  n°  1896  G. 

Synonyme  :   Tournatea  guianensis  Aubl. 

Aublet,  p.  550  ;  Tounou  (Galibis).  Ecorce  cendrée  ;    bois  blanchâtre, 
peu  compact. 
Sagot,  Catal.,  XIII,  p.  313.    Pas  commun. 

Swartzia  polyphylla  DC.,  n°  1896  D. 

Sagot,  loc.  cit.  :  Bois  pagaie  (terme  gén.).  Voir  1896,  I. 

Panacoco  à  grandes  feuilles,  n°  1896  E. 

Dumonteil.  p.  154:  densité,  0,643  ;  force,    154;  élasticité,  139;  flexibi- 
lité, 2,41,  p.   163.  Classe  5  (qualité  inférieure)  (v.  1876  A). 

D'après  Sagot,  loc.  cit.,  le  Swartzia  alata  a  des  feuilles  plus 
grandes  que  le  S.  triphylla.  Celles  de  S.  polyphylla  sont 
beaucoup  plus  petites,  mais  la  seule  espèce  qu'il  décrit 
comme  ayant  des  grandes  feuilles  est  le  S.  Benthaniiana 
Miq. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  81 

Bania  (Bell),  n°  1896  F. 

Caractères  généraux.  —  Rois  dur  et  lourd,  de  couleur 
pourpre  foncé,  très  difficile  à  distinguer  du  Swartzia  tomen- 
tosa  (1896  A)  ;  cependant,  en  section  transversale,  les  lignes 
du  parenchyme  sont  interrompues,  la  largeur  n'est  pas  beau- 
coup plus  grande  que  celle  des  rayons  et  l'écorce  est  diffé- 
rente. Les  dimensions  de  l'arbre  et  des  feuilles  diffèrent 
aussi. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  de  1,230  à  1,350  ;  dureté, 
celle  à  peu  près  du  Bois  de  lettres. 

Caractères  de  Vécorce.  —  De  couleur  brune  ;  épaisse  de  2 
à  3  mm.  environ  ;  molle,  avec  des  gerçures  peu  profondes  et 
liégeuses.  Elle  se  compose  de  deux  couches  :  la  couche  externe 
est  formée  de  plaques  molles  et  plates,  s'émiettant  facilement; 
}a  couche  interne  est  dure,  ligneuse  et  comprend  la  moitié  de 
l'épaisseur  totale. 

Structure  du  hois.  —  L'aubier  est  de  couleur  écrue,  épais 
de  2  cm.  o  à  i  cm. 

Emplois.  —  Utile  pour  faire  des  cannes,  des  règles  et  de 
petits  meubles  de  luxe  ;  il  n'est  pas  abondant  ;  peut  être 
obtenu  jusqu'à  10  m.  de  longueur,  mais  il  a  peu  d'épaisseur  à 
cause  de  son  tronc  cannelé     Bell). 

Il  est  bon  pour  la  tabletterie  et  la  marqueterie,  malgré 
son  polissage  médiocre,  mais  très  difficile  à  débiter  a  la  scie. 

Ech.  type  :  0,20i'.2  Bell. 

Références:  Bell,  p.  3  ;  Stone  et  Fr.,  p.  6. 

Siribidanni  (Bell),  n°  1896  G  (non  le  Sebadanni  pt  IL 
ni  le  Sibbidanni    U94  D). 

Bois  semblable,    sous    tons   les    rapports,    à    l'espèce  pré< 
dente  et   à  Swartzia  to  ment  osa ,    sauf   L'aubier,  qui  est   jaune 
comme  du   Buis,   d'une  épaisseur  <!»•  ">  cm.  5  à     l<>  cm.  I 
indices  me  portent  a  croire  que  c'esl  le  Boco    1856  .  Le  paren- 
chyme est  visible   par    reflet   en    fines    stries  brunes,  sur    la 
coupe  radiale. 

Ecorce  inconnue. 

.{mules  du  Musée  rnhiiit.il  •!>■  Ifartat'Me,  -  o\.  \o\ 


82  H*.    STONE 

Emplois.  —  Bon  pour  meubles  ;  n'est  pas  abondant,  et  on 
ne  l'obtient  que  par  petites  dimensions  (Bell). 

D'après  McTurk,  il  est  abondant  dans  quelques  localités; 
hauteur  moyenne  de  16  m.  ;  peut  s'obtenir  de  1  m.  25  à  2  m. 
d'équarrissage  sans  aubier. 

Dune  qualité  inférieure  ;  se  travaille  comme  l'espèce  pré- 
cédente. 

Ech.  type:  82,2738. 

Références  ;  Bell,  p.  9  ;  Hawtayne,  p.  386;  McTurk,  p.  5  ;  Stone  et  Fr., 
p.  814. 

Swartzia  sp.,  n°  1896  H. 

Le  Musée  Colonial  de  Marseille  possède  un  échantillon,  n°  8 
de  la  Guyane,  étiqueté  Féréol.  C'est  bien  un  Sicartzia,  mal- 
gré quelques  différences  avec  les  autres  espèces,  mais  qui 
peuvent  provenir,  je  crois,  des  conditions  de  croissance.  En 
coupe  tangentielle,  le  parenchyme,  se  présentant  en  lignes  et 
lacets  bruns  sur  un  fond  noir  d'ébène,  produit  un  effet  d'une 
richesse  et  dune  beauté  peu  communes. 


Les  Bois  Pagaies,  n°  1896  I. 


Sagot,  p.  905;  de  divers  Swartzia;  bois  blanc  légèrement  veiné. 

La  couleur  blanche  paraît  indiquer  que  la  citation  de  Sagot  porte- 
rait plutôt  sur  l'aubier  (arcabas)  d'une  des  espèces  précédentes. 

Préfontaine,  p.  197:  Bois  pagaye  ;  Yakelele  (Caraïbes). 

Dumonteil,  p.  154:  Bois  pagaye;  densité,  0,800;  force,  239;  élasticité 5 
248;  flexibilité,  2,01,  p.   160.  Classe  3. 

L'auteur  cite  ce  bois  à  part  des  Panacoco.  Voir  aussi  Cou- 
rimari,    partie  II. 

Sikkisikki-Danni  (Bell),  n°  1896  J. 

Noms  vulgaires  :  Siki-siki-danna  (Hawtayne).  Ironwood 
(Laslett). 

Ce  bois  n'est  pas  un  Panacoco,  mais  sa  structure  est  sem- 
blable. 

Caractères  généraux.  —  Bois  très  lourd,  dur,  d'une  couleur 
brun  terne  ou  grise,  et  dont  les  pores  laissent  voir  beaucoup 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAIS  83 

de  matière  blanche.    La  surface   est  à    peine  luisante  et  fonce 
légèrement  à  l'air. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  l,loO;  dureté,  celle  de 
l'Ebène  noire.  Sans  saveur  ni  odeur. 

Ecorce  inconnue.  La  surface  de  la  bûche  est  cannelée  ou 
ridée. 

Structure  du  Lois.  —  L'aubier  n'est  pas  distinct  du  cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  en  apparence  délimitées; 
les  zones  ayant  peu  de  vaisseaux  pourraient  être  leurs  limites. 
Le  contour  est  presque  régulier. 

Vaisseaux  très  apparents  à  cause  de  leur  couleur  blanche, 
grands,  peu  variables,  ovales.  Ils  sont  distribués  irrégulière- 
ment par  zones  ;  tous  simples  et  remplis  de  matière  blanche. 

Rayons  juste  visibles  à  la  loupe,  très  lins,  uniformes,  plu- 
tôt irréguliers,  à  intervalles  inférieurs  au  diamètre  d'un  gr<  - 
vaisseau,  très  serrés,  nombreux,  et  s'écartant  a  peine  au 
niveau  de  ces  vaisseaux  ;  de  couleur  d'or. 

Parenchyme   a  entourant  les   vaisseaux   et  s'étendant    en 
fines  lignes  nombreuses,  concentriques,  irrégulières,  ondulé» 
et  d'une  couleur  semblable  à  celle  des  rayons,  mais  d'une  lar- 
geur  plus  grande . 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  en  fins  sillons,  couleur  de  lait. 
Rayons  presque  imperceptibles. 

Emplois.  —  De  petits  arbres,  bons  pour  pilotis,  construc- 
tion (Bell). 

Très  dur  à  travailler,  se  fend  facilement. 

Kcli.  type  :  79,273b  Bell. 
Référence  :  Stone  et  Fr.,  p.  80. 

SOUS-FAMILLE.    —    OESALPINIÉES 

TRIBU  XIII.  —  EUCiESALPINIÉES 

Geesalpinia  echinata    Lam.,  d°  1910   \ 
La  présence  de  cei  échantillon   'lui--   l<        illections  »!<•  la 
Guyane  du  Musée  Colonial  de  Marseille  étant  la  seule  preuve 


8i  H.     STONE 

que  ce  bois  puisse  avoir  cette  provenance,  je  m'abstiens  de 
m'en  occuper  longuement  ici  et  je  me  borne  à  indiquer  que 
les  moyens  de  le  distinguer  du  Gampêche  sont  cités  aun°  1912. 
Les  structures  de  ces  deux  bois  se  ressemblent  beaucoup.  On 
trouvera  les  renseignements  les  plus  complets  dans  les 
ouvrages  de  Girardin,  p.  540  ;  Schutzenberger,  II,  p.  297  ; 
Planchon  et  Gollin,  II,  p.  486. 

Gaesalpinia  (Guilandina)  coccinea  Aubl.,  n°  1910  B. 

N'est  pas  dans  YIndex  Kew. 

Aublet,  p.  317  :  Écorce  gercée,  roussâtre.  Bois  blanc,  amer,  peu  com- 
pact. 

Haematoxylon  campechianum  Lin.,  n°  1912. 

Synonyme  :  H.  Brasiletto  Karst,  d'après  Urban  (Flore  des 
Antilles). 

Noms  vulgaires  :  Gampêche,  Laurier  de  Campêche,  Laurier 
aromatique  Bois  dinde  (Roubo).  Cœur  rouge  (Dubard).  Lignum 
Campechianum  (Aublet).  Campêche-Carmen  (Pennetier).  Bois 
de  la  Jamaïque,  Bois  de  Nicaragua,  Bois  de  sang,  Bois  san- 
glant ;  Triam  pangam  (Malabar),  Pao  de  Sapan  !  (Descourtilz). 
Bois  noir,  Bois  bleu,  Ligno  tauro  (Nemnich).  Blockwood 
(Napier).  Le  Lignum  hœmatoxyle  des  droguistes,  Campetch 
(Icônes  lignorum).  Campeggio  (Petrocchi).  Blauholz,  Cam- 
peschenholz,  Allerheiligenholz,  Blankholz,  Blutholz  (Tol- 
hausen).  Campeachy  vvood,  Mahogany  (t.  gén.  da  Gama). 
Gampêche  rouge  (Mackie).  Bois  de  flambeau  (Gde  Encyclopé- 
die). Lignum  insulœ,  Bonaire,  Nicaragua  wood  (Urban).  Zapote 
(t.  gén.  à  Costa- Rica,  d'après  Pittier).  Bois  noir,  nom  ancien; 
Bois  de  Campêche  (Girardin).  Logwood  (Simmonds).  Palo 
azul  (Roussellet).  Assourou  (Caraïbe)  ;  Pao  sanguinho  (Port.)  ; 
Palo  de  sangre  (Esp.  Régis).  Lignum  tinctile  Campechense 
(Fluckiger).  Le  Lignum  nephriticum  d'Hernandez  d'après 
Bâillon,  non  celui  cité  par  Guibourt  ou  Planchon. 

Les  différents  noms  attribués  aux  qualités  et  aux  coupes 
diverses  sont  cités  plus  loin.  (Voir  Emplois.) 

Provenance  :  Amérique  tropicale  et  centrale  ;  Antilles  ;  et 
cultivé  dans  la  Guyane  Française,  d'après  Sagot. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  85 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur,  pesant,  de  couleur  rouge 
acajou,  fonçant  beaucoup  à  l'air  jusqu'au  brun  foncé  et  même 
noirâtre. 

D'après  Grisard,  de  couleur  d'un  beau  rouge  brunâtre  pâle, 
parfois  tacheté  de  noir  très  régulièrement  ;  il  se  distingue  du 
Bois  du  Brésil  par  sa  couleur  extérieure  tirant  fortement  sur 
le  noir.  Rouge  glacé  dejaune,  d'après  Roubo.  Brun  rougeâtre, 
ressemblant  beaucoup  au  Partridge  wood,  d'après  Miers.  Cra- 
moisi, rayé  de  noir,  d'après  Beauverie.  Rouge  à  l'extérieur, 
jaunâtre  à  l'intérieur,  d'après  Bassières.  Jaunâtre,  d'après  Des- 
courtilz.  Rouge  brun  à  l'extérieur,  moins  foncé  à  l'intérieur, 
d'après  Schutzenberger. 

La  surface  est  mate  ou  légèrement  luisante;  grain  forte- 
ment à  rebours. 

Ce  bois  ne  peut  être  confondu  avec  aucune  autre  espèce, 
sauf  le  Bois  de  Brésil  [Cœsalpinia  1910)  et  le  bois  de  Santal 
rouge,  mais  qu'on  peut  distinguer  ainsi. 

Clef  pour  faciliter  la  distinction  de  ces  trois  espèces: 

t  .      La  solution  avec  l'eau  potable  est  Incolore,  quoique 
fluorescente.  Pterocarpus  santalinus,  ou  Santal 
rouge. 
2.      La  solution  avec  l'eau  potable  est  colorée. 

2,  I.  La  solution  aqueuse  donne  avec  l'alun  un  précipité 
pourpre  (Girardin)  et  avec  la  chaux  un  ppt. 
bleu  (Charpentier).  Campêche,  n°  1912. 

2,  2.     La   solution    aqueuse  ne  donne   pas   de    précipité 
avec  l'alun  (Schutz.j,  mais  un   ppt.  rouge  ai 
la  chaux  (Charpentier,!.  Cœsalpinia,  Unis  de  Bré- 
sil, n°  1910. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  <l-  0,807  à  I.07.I.  Dure! 
celle  du  Palissandre  ou  du  Bois  de  lance.  Odeur  à  Be<  presque 
nulle. 

D'après  Roubo,  lorsqu'on  1«'  travaille,  l'odeur  esl  ■  >le 
mais  un  peu  forte  :  d'après  Henkel,  odeur  <1«-  violette,  surtout 
lorsqu'on  l«i  râpe  :  d'après  (i.  Plançhon,  ".leur  trè  ble, 


86  H.    STONE 

rappelant  à  la   fois  légèrement  l'anis  et  la  violette  ;    d'après 
Guibourt,  odeur  d'iris  très  accentuée. 

Saveur  douce  et  âpre  à  la  fois  (Planchon)  ;  légèrement 
arrière  et  parfumée  (de  Lanessan)  ;  sucrée,  astringente,  amère 
(Descourtilz)  ;  sucrée  et   parfumée  (Guibourt). 

A  mon  avis,  la  saveur  est  caractéristique,  mais  ni  sucrée  ni 
amère.  Toutes  les  solutions  ont  une  odeur  d'iris  (Guibourt). 
Cette  odeur  est  plus  manifeste  dans  la  décoction  que  dans  le 
bois  sec  (Fluckiger)  ;  lorsque  le  bois  est  mâché,  il  donne  à  la 
salive  une  couleur  rouge  foncée  (Schwartzkopf).  Les  opinions 
sont  partagées  au  sujet  de  la  couleur  de  la  solution  aqueuse. 
L'eau  potable,  contenant  toujours  une  trace  de  chaux,  donne 
une  solution  couleur  vin  de  Porto  ou  rouge  pourpre.  D'après 
Wiesner,  couleur  violette,  puis  rouge  carmin;  rouge  d'après 
Descourtilz  ;  rouge  de  sang  foncé,  l'eau  pure,  à  l'abri  de  l'air, 
ne  se  colorant  pas  (Girardin)  ;  le  bois  ne  colore  pas  l'eau 
(Pennetier). 

Chaude,  la  solution  aqueuse  distillée  est  jaune  rougeâtre 
(Gir.).  La  matière  colorante  est  peu  soluble,  même  à  l'eau 
chaude,  qui  ne  prend  que  3  %.  Les  râpures  entassées  sont 
arrosées  avec  de  Teau  de  chaux  ;  et,  après  fermentation,  la 
matière  colorante  est  plus  soluble  (Fol.). 

La  solution  aqueuse  donne  les  réactions  suivantes  :  avec  la 
potasse,  couleur  plus  foncée  ;  avec  les  alcalis  :  bleue 
(Schwartz.)  ;  rouge  puis  violacée  (Schutzenberger)  ;  rouge 
pourpre,  puis  violette,  tout  au  moins  bleue  (Gît.)  ;  brune  et 
rouge  (Roussell). 

Avec  l'alun  :  teinte  violette  (Henkel). 

Eau  de  chaux  :  précipité  bleu  ;  solution  jaune  puis  rouge 
(Schutz.)  ;  précipité  pourpre,  solution  jaune,  puis  couleur  de 
vin  ou  violette  (Gir.). 

Sous-acétate  de  plomb  :  ppt.  violet  très  foncé,  fluorescent 
(Gir.). 

Oxydes  métalliques  :  ppt.  bleu  (Gir.  et  Schutz.). 

Sels  basiques  :  comme  les  alcalis.  Sels  neutres  de  magnésie, 
chaux  et  baryte  :  couleur  pourpre  ou  violette  (Gir.). 

Acides:   rouge  clair  (Schw.)  ;  jaune  rouge  (Gir.  et  Schu.). 


BOTS    UTILES    DE    T.A    GUYANE    FRANÇAISE  87 

Acides  concentrés  :  rouge.  Non  concentrés  :  jaune,  mais  fina- 
lement décoloration  de  la  solution  (Schutz.)  ;  jaune,  puis  déco- 
loration (Gir.).  Acides  sulfhydrique,  sulfureux  et  carbonique; 
réaction  jaune  (Schutz.).  Sels  acides  :  comme  les  acides  (Gir.). 

Hydrate  ouprotoxyde  d'étain:  laque  violacée  ;  hydrate  stan- 
nique  :  ppt.  rouge  (Schutz.).  Chlorure  d'étain  :  ppt.  violet  et 
bleu  (Gir.).  Perchlorure  d'étain:  ppt.  violet  (Schut.). 

Sels  de  fer  :  ppt.  noir  bleuâtre  (Gir.  et  Schutz.).  Sels  de 
cuivre  :  ppt.  bleu  fSchutz.)  ;  ppt.  bleu  ou  lie  de  vin  foncé 
(Gir.).  Sels  d'or  :  ppt.  orange  (Gir.).  Sels  de  zinc  :  ppt. 
pourpre  foncé  (Schutz.)  ;  pourpre  rouge  foncé  (Gir.  .  Azotate 
de  bismuth  :  Sol.  d'un  beau  violet  (Gir.  et  Schutz.).  Aluminate 
de  soude:  ppt.  abondant  violacé  ;  en  excès,  insoluble  (Gir. 
et  Schutz.).  Chlorure  d'antimoine  :  ppt.  cramoisi  (Gir.  et 
Schutz.).  Sublimé  corrosif  :  ppt.  orange  (Girardin  et  Schutz.  . 

Gélatine  :  ppt.  rouge  (Gir.). 

Avec  les  acides  et  les  alcalis,  le  Ca  m  pêche  se  comporte  de 
la  même  manière  que  l'infusion  du  Bois  de  Brésil,  mais  avec 
les  substances  métalliques  les  effets  sont  différents    Dingler). 

Solution  avec  l'alcool  et  l'éther  :  Beau  jaune  orange  ou  jaune 
verdàtre  (Schutz.)  ;  rouge  (Desc.)  :  rouge  jaune  (Planchon  . 

Les  ouvrages  de  Girardin  et  de  Schutzenberger  méritent 
d'être  consultés  sous  le  rapport  de  l'application  du  Campêche 
pour  la  teinture,  car  ils  sont  les  plus  détaillés.  Le  dernier  de 
auteurs  a  adopté  la  plupart  des  renseignements  de  Girardin  ; 
il  signale  cependant  des  réactions  qui  ne  concordent  pafl 
j'ai  jugé  utile  de  les  citer  ensemble  pour  permettre  les  com- 
paraisons. 

Le  Bois  de  Campêche  brûle  bien,  sans  arôme  spécial,  en 
produisant  beaucoup  de  cendres   blanches.   Il  est    très  fort  et 

résistant  .   On  a   de  la   peine    a  écraser  entre   les  dents    un    petit 

éclat  de  2  mmq.  D'après  Grisard  :  Bois  élastique,  mre 
fibreuse  très  Longue,  produisant  de  gr<         lata 

Caractères  de  l'écorce.  —  Écorce   très  mine.',  unie.   don. 
de  couleur  gris  argenté  ou   jaune     l'omet  .  Ilnni  foncé  :  elle 
tombe   en    petites    plaques     Gamble   :    Yu\n\    brun  noirâtre 
(Schutz.)  :  très  m  i. .ce  et  t. -es  unie    Diderot    :  noire   KluJ. 


88  H.    STONE 

Structure  du  bois.  — Elle  est  très  différente  du  Bois  de  Bré- 
sil à  la  loupe,  mais  non  au  microscope. 

L'aubier  est  blanc  ou  de  couleur  écrue,  étroit,  bien  délimité 
du  cœur.  Ce  dernier  est  excessivement  irrég-ulier,  avant  sou- 
vent  la  forme  étoilée.  Le  contour  des  bûches  est  d'une  irrégu- 
larité fantastique  ;  elles  sont  formées  dune  petite  partie  cen- 
trale, avec  des  côtes  d'une  profondeur  variant  de  plusieurs 
centimètres  et  d'une  largeur  de  3  à  4  cm.  Cette  forme  me 
paraît  si  anormale  que,  malgré  sa  fréquence,  je  l'attribue  à  la 
larve  d'un  insecte,  car  j'ai  toujours  trouvé  une  altération  au 
fond  de  chaque  canal.  Dans  ce  cas,  ces  côtes  n'auraient  donc 
rien  d'analogue  avec  les  arcabas  du  Panacoco  et  des  Andira. 

Moelle  cylindrique,  de  2  mm.  de  diamètre,  aussi  dure  que 
le  bois. 

Section  transversale .  —  La  nuance  est  beaucoup  plus  foncée 
que  celle  des  autres  sections. 

Couches  très  bien  délimitées  par  une  variation  de  densité 
et  une  zone  ayant  peu  de  vaisseaux. 

Vaisseaux  très  apparents  à  cause  de  leur  groupement  en 
lignes  concentriques  ondulées,  plus  petits  sur  le  bord  extrême 
de  la  couche,  ailleurs  peu  variables.  Ils  sont  fortement  isolés, 
mais  unis  par  le  parenchyme  ;  simples  pour  la  plupart  ; 
quelques  paires  et  rarement  des  groupes  ;  peu  nombreux,  de 
7  à  26  par  mmq.  Ils  ont  une  tendance  à  se  disposer  en  un 
cercle  concentrique  sur  le  bord  intérieur  de  la  couche  ;  plu- 
sieurs sont  remplis  d'une  matière  blanche . 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  uniformes,  de  o  à  9 
par  mm.,  et  écartés  les  uns  des  autres  d'une  distance  égale 
environ  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau.  Ils  sont  plus  clairs 
que  les  fibres  ligneuses,  mais  moins  que  le  parenchyme. 

Parenchvme  a  entourant  et  unissant  les  vaisseaux  en  festons 
ou  lignes  ondulées  qui  s'anastomosent  et  se  ramifient,  mais 
tout  en  se  séparant  en  fragments  irréguliers.  D'après  Muller, 
le  parenchyme  contient  de  gros  cristaux. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  apparents,  en  sillons  fon- 
cés et  luisants  lorsqu'ils  sont  vides,  mais  souvent  remplis  de 
matières  blanches  ou  noirâtres.  Ravons  bien  visibles,  en  fines 
lignes  parallèles  luisantes,  produisant  un  effet  agréable. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  89 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  ravons 
sont  tout  petits  et  ne  sont  visibles  qu'à  l'aide  d'une  forte 
loupe  ;  de  1  mm.  5  à  2  mm.  de  hauteur. 

Emplois.  —  Bois  de  teinture  employé  aussi  pour  la  tablet- 
terie. Pour  les  teintes  diverses  on  peut  consulter  Girardin  et 
Schutzenberger,  qui  indiquent  notamment  :  le  bleu,  le  violet 
et  le  noir.  Avec  le  fer  :  noir  et  gris.  Avec  l'alumine  :  violet 
grisâtre.  Avec  fer  et  alumine  réunis  :  noir  supérieur.  Avec 
l'acide  chromique  :  une  belle  laque.  Avec  le  fer  et  la  gomme, 
une  belle  encre  noire. 

Au  point  de  vue  médicinal,  le  bois  est  stomachique  et  astrin- 
gent, il  donne  un  principe  antiputride  (Sagot).  Il  produit  une 
gomme-résine  qui  brûle  comme  le  camphre  (Duss). 

Il  donne  une  encre  rouge,  et  on  l'emploie  pour  archets  de 
violon.  Incorruptible  dans  la  terre  ;  bon  pour  traverses,  poutres 
(Antilles)  ;  se  fend  rarement  (Duchesne). 

«  Quant  à  l'hœmatoxyline,  qui  a  des  propriétés  excellentes 
et  dont  on  se  passerait  difficilement,  son  prix  de  revient  dans 
le  bois  de  Gampèche  est  si  bas,  dit  Noelting,  que  nous  n'au- 
rons jamais  aucune  chance  de  préparer  un  produit  synthé- 
tique à  un  prix  pareil.  Le  Campèche  gardera  son  emploi  sur- 
tout dans  la  teinture  de  soie  en  noir.  »  Je  pense  que  la  Guyane 
devrait  encourager  la  culture  de  cette  essence  si  précieuse, 
d'autant  plus  qu'elle  croit  rapidement. 

Pennetier  cite  13  qualités  ou  coupes  de  ce  bois,  parmi  les- 
quelles je  relève  celles  du  Havre,  de  Bordeaux,  de  Marseille, 
de  Campèche,  de  Sisal,  de  Haïti,  de  Saint-Domingue,  de  la 
Martinique,  de  la  Guadeloupe  et  la  coupe  anglaise  ou  de  la 
Jamaïque. 

Schûtzenberger  en  cite  aussi  13  sortes  :  Campeachy,  î  qua- 
lités ;  Honduras  Blauholz,  2  qualités;  Jamaica,  3  qualités  : 
Domingo,  i. 

Simmonds  cite  Jamaica,  Saint-Domingo,  Campeachy  direct, 
G.  indirecl  «'t  Tabasco,  puis  Nicaragua  wood,  avecles  deu* 
variétés  l«i<>  de  La  1  tacha  el  lama. 

Preuss  eile  pour  Honduras  Blauholz  i  sortes  qui  Bon!  : 
Tinta  Maria,  Tinta  negra,  Tinta  i  m  el  1  inl  i  amarella 
catzim.  Il  dit  que  La  première  se  distii         facilement  par  - 


90  H.    STONE 

feuilles,  ce  qui  semblerait  indiquer  qu'il  y  a  une  autre  espèce 
d' Hsematoxylon  (en  plus  de  H.  Brasiletto  Karst  qui  ne  se  dis- 
tingue pas  par  ses  feuilles  d'H.  Campechvianum). 

Roussel  cite  cinq  coupes,  qui  sont  la  coupe  anglaise  et 
celles  de  Saint-Domingue,  de  la  Martinique,  de  Campêche- 
Guadeloupe  et  d'Espagne. 

Girardin  cite  six  coupes  :  la  coupe  anglaise  et  celles  d'Es- 
pagne, de  la  Jamaïque,  de  Saint-Domingue  d'Haïti,  d'Hon- 
duras, de  la  Martinique  et  de  la  Guadeloupe. 

La  coupe  anglaise  est  bien  taillée  (transversalement  à  la 
scie)  ;  pas  d'aubier,  d'après  Roussel. 

Les  sortes  de  Honduras  Blauholz  et  celle  de  la  Jamaïque 
appartiennent  à  la  coupe  anglaise  ;  grandes  dimensions. 

La  coupe  d'Espagne  a  un  bout  carré  et  l'autre  oblique  ; 
grandes  dimensions,  sans  aubier  et  peu  de  cavités.  Les 
planches  du  Yucatan,  de  20  à  60  kilos,  sont  de  cette  coupe. 

La  Saint-Domingue  et  de  Haïti,  la  Martinique  et  la  Cam- 
pêche-Guadeloupe  sont  en  morceaux  plus  petits,  plus  gros- 
siers et  de  qualité  inférieure. 

Ech.  types:  Musée  Colon,  de  Marseille,  n°  66,  Guyane;  Musée  de 
Lyon,  série  II,  n°  74,  Antilles. 

Icônes:  Planchon  et  Collin,  II,  fig.  1046,  section  transversale,  fig. 
1047.  Moeller,  pi.  VI,  fi  g.  73.  Icônes  lignorum,  pi.  V,  fig.  1,  en  couleur. 

Références  :  Girardin,  p.  532;  Gamble,  2e  édition,  p.  270  ;  Schutzen- 
berger,  p.  319  ;  Fol.,  p.  305;  Guibourt,  III,  pp.  317,  331  et  341;  Plan- 
chon G.,  II,  p.  85;  Grisard,  1894,  I,  p.  80;  Roubo,  p.  769;  Miers,  ms.  ; 
Beauverie,  p.  371  ;  Bassières,p.  116  ;  Descourtilz,  p.  174;  de  Lanessan, 
p.  154  ;  Pennetier,  pp.  498  et  501;  Moeller,  p.  410;  Dingler,  XVII, 
p.  324  ;  Diderot,  Encycl.,  II,  p.  308  ;  Henkel,  partie  IV,  p.  312  ;  Rous- 
sell,  pp.  272  et  275  ;  Duss,  p.  227;  Duchesne,  p.  280;  Noelting,  p. 
589;  Sagot,  XXVII,  p.  220  ;  Id.,  Catal.,  XIII,  p.  309  ;  Simmonds, 
p.  445  ;  Preuss,  p.  39:  Wiesner,  p.  930  ;  Léman,  p.  19;  Scwartzkopf, 
p.  81  ;  Fluckiger  et  Hanbury,  p.  384;  Pomet,  p.  121  ;  Hollaud,  Bull., 
Misc.,Inform.,  Kew\,  1916,  p.  209;  Charpentier,  p.  383;  Bâillon,  vol.  VI, 
p.  243. 

TRIBU  XIV.  —  CASSIÉES 

Martia  parvifolia  Bth.,  n°  1925. 
Synonyme  :  Martiusia  parvifolia  Bth, 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  9i 

Ce  bois  m'est  inconnu.  Martin-Lavigne  a  adopté  la  descrip- 
tion de  Guibourt  pour  le  Bois  d'Amarante  rouge  ;  cependant 
ce  dernier  auteur  avoue  qu'il  n'a  aucune  donnée  sur  l'origine 
de  ce  bois.  D'autres  espèces  pourraient  très  bien  concorder 
avec  sa  description.  Il  dit  encore  que  son  bois  a  une  odeur  et 
une  saveur  aromatique  de  Palissandre,  tandis  que  Martin- 
Lavigne  dans  son  schéma  dit  que  son  bois  est  inodore,  ce  qui 
laisserait  supposer  que,  si  le  bois  de  Martin-Lavigne  est  le 
Martia  parvifolia  Bth.,  il  ne  peut  être  le  bois  d'Amarante  de 
Guibourt. 

Les  détails  suivants  proviennent  de  Martin-Lavigne  : 

Nom  vulgaire  :  Purpuurhart  (Surinam).  Bois  d'Amarante 
rouge. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  compact,  de  couleur 
rouge  cochenille  foncé,  devenant  plus  claire  et  jaunâtre  en 
pleine  lumière  ;  grain  plutôt  fin.  homogène;  lourd. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  1 ,053  ;  dureté  très  grande  ; 
sans  odeur.  La  solution  aqueuse  est  de  couleur  jaune  citron, 
légèrement  trouble  mais  s'éclaircissant  par  addition  d'alcool. 
Solution  aie.  jaune  bichromate  et  limpide. 

Il  brûle  avec  peu  de  flamme  en  pétillant. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Ecorce  compacte  "très  dure,  unie, 
formée  de  deux  couches  distinctes  ;  celle  de  l'extérieur  est 
grise  et  celle  de  l'intérieur  brun  très  foncé. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  très  mince,  grisâtre,  dur 
et  compact.  (D'après  Guibourt,  de  1 1  à  14  mm.  d'épaisseur. 

Section  transversale.  —  Les  limites  des  couches  sont  les 
bandes  les  plus  foncées  et  à  peu  près  dépourvues  de  \  aisseaux. 

Vaisseaux  isolés,  visibles  comme  de  petits  points  blancs  : 
de  120  à  150  microns  de  diamètre;  peu  abondants,  de  '2  ,i  .'{ 
par  niinq. 

Rayons  séparés  par  intervalles  tics  variables  ;  «le  i  .'i  ."»  par 
mm. 

Parenchyme  très  abondant,  visible  en  lignes  concentriqui 
ondulées,  blanchâtres  ;  largeur  de  ion  à  160  microns. 

Section  radiale,     i  Cette  section  esl  légèrement  plu^  clai 
que  la  section  transversale.  Elle  est  parcouru*  longitudinale- 


02  H.    STONÉ 

ment  par  des  lignes  blanches  assez  régulièrement  espacées, 
entrecoupées  elles-mêmes  par  les  lignes  transversales  des 
rayons  sur  un  front  rouge  de  feu,  comme  un  dessin  écossais 
rouge  brun. 

Section  tangentielle.  —  Gomme  la  radiale,  les  rayons  sont 
d'une  hauteur  de  220  à  300  microns,  sur  une  largeur  de  20 
dans  les  fibres  ligneuses  et  de  28  dans  le  parenchyme.  Ils  sont 
généralement  bisériés. 

Références  :  Guibourt,  vol.  III,  p.  346  ;  Martin-Lavigne,  p.  9G,  fig.  34 
et  35  ;  Sagot,  p.  905. 

Angélique,  n°  1927. 

L'Angélique  se  rapporte  au  Dicorynia  paraensis  Bth.  — 
Synonyme:  D.  uapensis  Spr.  ;  D.  floribund a  Spr.  ;  D.  spru- 
ceana  Bth. 

J'ai  trouvé  plusieurs  bois  d'Angélique  et  je  ne  sais  auquel 
attribuer  le  nom  systématique;  mais,  d'après  la  description  de 
la  Commission  de  Brest,  je  crois  que  la  variété  A  décrite 
ci-dessous  est  le  véritable  Angélique  du  commerce  et  proba- 
blement celui  de  Dumonteil,  de  Sagot,  de  Lapparent,  de 
Janssonius  ;  et  celui  de  Martin-Lavigne  se  rapporte  au 
Chêne-vert,  n°  1927  C.  Le  bois  de  Préfontaine  serait  plutôt 
un  Angelin  [And ira)  1851  B,  et  celui  de  Grisard  un  Piptade- 
nia.  Le  nom  Angélique  est  associé  avec  Dicorynia  guianensis 
et  avec  Nectandra    Wilde  noiviana  Nées. 

Préfontaine,  p.  140  :  Angélique.  Grain  grisâtre,  filandreux,  ressem- 
blant au  Oouacapou. 

Dumonteil,  p.  154:  Angélique,  densité:  0,74G  ;  force  :  215;  élasticité  : 
207  ;  p.  160.  Classe  3,  celle  des  Pins. 

Commission  de  Brest  ;  p.  165  :  Angélique.  Densité,  0,732  à  0,752  ; 
force,  900  à  960,  ou  1,36  si  le  Chêne  =  1  ;  élasticité,  20  à  25  ;  rupture 
annoncée  par  de  nombreux  éclats  ;  fibres  bien  déchirées.  La  même, 
p.  171  :  A  peu  près  du  même  poids  et  presque  aussi  élastique,  mais  un 
tiers  plus  fort  que  le  Chêne,  avec  lequel  il  a  quelques  rapports  pour  le 
grain  et  la  couleur  ;  ne  convient  pas  pour  le  tour  et  Tébénisterie. 

De  Lapparent,  p.  579  :  L'Angélique  perdait  5  °/0  par  la  pourriture,  tan- 
dis que  le  Chêne,  dans  les  mêmes  conditions,  perdait  30  1/2  °/0.  Le 
même,  p.  580  ;   L'Angélique  paraît  principalement   appelé  à  rendre  les 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  93 

plus  grands  services  aux  constructions  navales,  parce  que,  indépendam- 
ment de  ses  qualités  d'élasticité,  de  force  et  de  durée,  sa  densité  ne 
dépasse  pas  celle  du  Chêne  ordinaire. 

Sagot,p.  956:  Barklatfen  Surinam).  Bois  rougeâtrede  dureté  moyenne. 
Le  même,  p.  226  :  abondant,  de  grandes  dimensions.  Le  même, 
p.  267  :  rouge  pâle,  poids  moyen,  se  conserve  bien  dans  l'eau  de  mer, 
mais  fait  rouiller  les  clous.  En  le  travaillant,  il  faut  souvent  limer  les 
scies. 

Brousseau,  p.  129  :  Kabakally  (en  Demerary,  1309  A). 

Grisard,  1894,  I,  p.  459:  Angico  (Brésil);  rougeiHre  pale  veiné  de 
jaune  et  de  rouge. 

Bassières,  p.  98:  rouge  pâle  ;  bois  de  trois  variétés:  noir,  rouge  et 
blanc. 

Michel  ras,  :  Angélique  franc. 

Martin-Lavigne  :  BasraLokus  (Surinam)  2°  schéma  de  la  fin 
du  volume.  L'auteur  donne  des  détails  qui  ne  s'accordent 
avec  aucun  de  nos  échantillons.  On  peut  les  résumer  ainsi  : 

Aubier  blanc  rougeàtre.  Cœur  rougeàtre  clair  d'aspect 
homogène  ;  grain  fin,  dureté  moyenne,  porosité  faible  ;  den- 
sité :  0,812.  Odeur  nulle. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisseur  de  2  mm.,  adhérence 
faible,  d'une  nature  dure  friable,  couleur  extérieure  rougeàtre, 
et,  en  section,  rougeàtre  clair. 

Couches  non  indiquées  : 

Structure  du  bois.  —  Vaisseaux  isolés,  2  par  mmq.,  de 
forme  arrondie  régulière.  Rayons  de  7  à  8  par  mm.  ;  hauteur: 
700  à  1.000  microns.  Parenchyme  en  bandes  concentriques 
régulières. 

Janssonius  (1914,  p.  35,  lig.  11  et  12)  donne  une  descrip- 
tion encore  plus  détaillée,  qui  ne  s'accorde  pas  avec  celle  de 
Martin-Lavigne,  mais  qui  correspondrait  assez  1>kmi  avec  DOS 
échantillons  de  la  variété  A.  Son  échantillon  a  été  déterminé 
d'après  des  Heurs  et  des  fruits  conservés  dans  L'alcool. 

Résumé  de  sa  description  :  Aubier  dune  largeur  atteignant 
parfois  l.'i  cm.  de  couleur  blanc  brunâtre.  Cœurbrun  parsemé 
de  petites  taches  d'un  brun  rougeàtre.  Couches  doii  délimi- 
tées; mais,  à  l'œil  nu.  la  présence  «les   lignes   tangentielles, 

d'un   brun    foncé,   plus  OU  moins    distinctes    el    plus  OU    nue: 

régulières,  paraissent  indiquer  Les  Limites.  Vaisseaux  réguhè- 


94  M.    stONÈ 

rement  distribués,  de  2  à  4  par  mmq.,  simples  ou  pairs. 
Rayons,  d'après  la  fîg.  11  :  fins,  nombreux,  à  intervalles 
moindres  que  le  diamètre  des  vaisseaux,  et  s'écartant  à  leurs 
niveaux,  de  7  à  9  environ  par  mm. 

Angélique,  var.  A. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne,  grain  très  grossier  et  un  peu  à  rebours.  Cou- 
leur brun  clair,  striée  d'un  brun  foncé,  ressemblant  à  celle  du 
Chêne,  à  part  ses  mailles,  qui  sont  plus  petites  et  plus  obscures. 
Surface  mate.  La  nuance  de  la  section  transversale  est  un  peu 
plus  foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,700  ;  Dureté,  celle 
du  Chêne.  Sans  saveur  ni  odeur. 

Caractères  de  lécorce.  —  Surface  inégale,  à  cause  de  l'irré- 
gularité de  la  chute  des  écailles,  qui  sont  feuilletées  et  très 
minces.  Couleur  brune  en  nuances  diverses.  Epaisseur,  1  cm. 
environ.  Couche  intérieure  d'un  brun  clair;  texture  ligneuse, 
dure;  cassure  grenue,  présentant  les  rayons  corticaux  de  cou- 
leur brune  et  visible  à  l'œil  nu.  Surface  intérieure,  lisse  et 
micacée,  présentant  un  effet  moiré  produit  par  les  rayons  mats 
parmi  les  fibres  brillants  et  satinés. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  bien  délimité  du  cœur  et 
légèrement  plus  clair. 

Couches  en  apparences  distinctes,  mais  non  à  la  loupe, 
sauf  dans  le  cas  où  les  zones  denses  forment  ou  paraissent 
former  les  limites. 

Vaisseaux  visibles,  très  grands,  peu  de  variations,  rangés  en 
lignes  obliques  courbes  qui  laissent  entre  elles  des  espaces 
vides;  fortement  isolés,  très  peu  nombreux;  simples  ou  par 
deux. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  réguliers  en  largeur, 
à  intervalles  égaux  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau  et  ne 
s'écartant  pas  au  niveau  des  vaisseaux.  Couleur  brune. 

Parenchvme  a  visible,  entourant  les  vaisseaux  et  s'éten- 
dant  en  lignes  minces,  unissant  les  vaisseaux  tangentielle- 
ment.  Ces  lignes  souvent  s'anastomosent.  Couleur  brune, 
plus  claire  que  celle  des  rayons. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  98 

Section  radiale.  — Couches  non  délimitées.  Vaisseaux  brun 
foncé  tranchant  sur  le  fond  plus  clair,  luisants,  vides.  Rayons 
à  peine  visibles,  en  lignes  minces  légèrement  plus  foncées  que 
les  fibres  ligneuses.  Parenchyme  visible  à  la  loupe  en  minces 
lignes  parallèles. 

Section  taivjentielle.  —  Gomme  la  radiale,  mais  les  vais- 
seaux occupent  plus  d'espace  et  forment  des  dessins  en  den- 
telle çà  et  là.  Rayons  visibles  à  la  loupe,  d'une  hauteur  de 
Omm.  2,  en  traits  unicellulaires  pas  trop  effilés  ;  couleur 
jaune. 

Emplois.  —  Ce  bois  paraît  être  dune  utilité  très  grande. 
D'un  tiers  plus  fort  que  le  Chêne,  il  ne  faudrait  que  les  trois 
quarts  de  la  quantité  pour  rendre  les  mêmes  services.  Je  sup- 
pose qu'il  pourrait  être  importé  à  vin  prix  qui  permettrait  de 
pouvoir  faire  concurrence  au  Chêne,  d'autant  plus  qu'après  la 
guerre  le  bois  de  ce  dernier  sera  assez  rare. 

Éch.    types  :  Nos  3,  23  et  145.  Guyane,  Musée  Col.  de  Marseille. 

Angélique,  variété  B. 

Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une  dureté  moyenne,  de  couleur 
rose  clair  striée  de  minces  lignes  blanchâtres  peu  apparentes. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,560  environ  :  dureté, 
celle  de  l'Aune.  Odeur  légère  de  vinaigre,  beaucoup  plus  forte 
lorsqu'on  travaille  le  bois.  Saveur  nulle  ou  insipide.  La  solu- 
tion aqueuse  est  incolore  à  froid  ;  à  chaud,  d'un  brun  très  clair. 
Solution  aie.  incolore. 

Le  bois  brûle  mal  en  pétillant  beaucoup  :  sans  odeur  spé- 
ciale. 

Structure  du  hois.  —  L'aubier  est  brun  foncé,   plus  fon< 
même   que  le  cœur  :  de   6  mm.  environ   d'épaisseur.    Je  me 
demande  si  cet  échantillon  n'était  pas  •■  en  retour 

Section  transversale. —  La  nuance  de  cette  section  es!  plus 
foncée  que  celle  des  autres  coupes. 

Couches  très  apparentes;  les  zones  étroites  du  bois,  sans 
vaisseaux,  en  forment  Les  limites. 

Vaisseaux  visibles  à  caus  •  de  leurs  bords  blan  inds, 

distribués  régulièrement,  sauf  sur  le  bord  I 


%  H.     STONE 

Ils  sont  fortement  isolés,  simples  pour  la  plupart,  quelques- 
uns  par  paires  ;  peu  nombreux,  20  par  mmq.  environ. 

Rayons  à  peine  visibles  à  la  loupe,  uniformes,  fins  comme 
de  la  soie  ;  très  réguliers,  écartés  les  uns  des  autres  d'une 
distance  égale  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau  ;  de  même  cou- 
leur que  le  parenchyme. 

Parenchyme  a  très  abondant,  entourant  les  vaisseaux  en 
forme  de  losange  et  s'étendant  comme  des  ailes,  qui  unissent 
les  vaisseaux  tangentiellement  dans  la  zone  externe  de  la 
couche.  Couleur  presque  blanche. 

Section  radiale.  —  Les  limites  des  couches  sont  difficiles  à 
suivre,  car  elles  sont  en  très  fines  lignes,  plus  foncées  que  le 
fond.  Vaisseaux  visibles  et  même  très  apparents  à  cause  de 
leurs  bords  blanchâtres,  qui  les  recouvrent  pour  la  plupart  ; 
çà  et  là  se  trouvent  des  perles  luisantes.  Rayons  à  peine 
visibles  comme  des  ombres,  par  réflexion. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  limites 
des  couches  se  présentent  mieux.  Les  rayons  sont  à  peine 
visibles  à  la  loupe,  en  lignes  blanches  excessivement  fines  ; 
leur  largeur  est  de  1  à  2  rangées  de  cellules. 

Ech.  type:  Musée  Colon,  de  Marseille,  n°  06,  Guyane. 

Chêne  vert.  —  N°  1927  C.  Ce  bois  envoyé  de  Cavenne  à 
l'Exposition  de  Marseille,  en  1906,  n'est  pas  naturellement  un 
Quercus,  ni  le  Chêne  français,  ainsi  qu'on  appelle  à  la 
Guyane  le  Terminalia  Buceras,  2249  A.  Je  me  demande  s'il 
ne  peut  être  Dicorynia  guianensis. 

Caractères  généraux.  —  Bois  plutôt  dur  et  lourd,  de  couleur 
brune  ou  d  un  brun  grisâtre  uniforme,  ou  avec  des  raies  plus 
foncées.  Il  présente  fort  bien  un  eflet  moiré  sur  la  coupe  tan- 
gentielle. Surface  mate  ou  légèrement  luisante;  grain  fin  et 
serré.  La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  un  peu  plus 
foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,687;  dureté,  celle  de 
l'Erable.  Odeur  et  saveur  légères,  même  nulles. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  brun  ou  brun  grisâtre;  épais 
de  2  à  2  cm.o.  L'effet  moiré  s'y  présente  bien  mieux  que  dans 


BOIS  UTILES  DE  LA  GUYANE  FRANÇAISE  97 

le  cœur.  Les  rayons  prennent  une  couleur  allant  du  brun  au 


gris, 


Section  transversale.  —  Couches  en  apparence  bien  déli- 
mitées, mais  non  à  la  loupe. 

Vaisseaux  visibles  à  cause  de  leurs  bords  clairs  ;  on  peut  les 
compter  à  l'œil  nu.  Us  sont  moyens,  de  0  mm.  de  diamètre, 
uniformes  ;  simples  pour  la  plupart,  beaucoup  par  paires  et 
quelques-uns  par  groupes  de  forme  curieuse,  droits  et  radiaux, 
de  3  à  8.  Les  vaisseaux  sont  distribués  régulièrement  et  for- 
tement isolés,  de  1  par  2  mmq.  à  4  par  mmq.  Leur  contenu 
est  souvent  noir. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  obscurs,  uniformes,  un 
peu  irréguliers.  Ils  sont  de  8  à  10  par  mm.,  à  intervalles  d'une 
distance  égale  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau,  et  ne  sf écartant 
pas  au  niveau  de  ces  vaisseaux.  Ils  deviennent  légèrement 
ondulés  en  croisant  les  lignes  du  parenchyme. 

Parenchyme  très  abondant,  visible  :  Pa  entoure  les  vais- 
seaux et  est  de  couleur  grise  ;  Pb  se  présente  en  lignes  concen- 
triques, exceptionnellement  nombreuses  et  gracieusement 
ondulées,  et  qui  unissent  les  vaisseaux  à  de  longs  intervalles 
de  2  mm.  environ.  Elles  sont  en  apparence  continues  mais 
sont  souvent  arrêtées  par  un  vaisseau  ;  de  couleur  brune,  bien 
distincte  de  celle  du  Pa,  à  cause  de  la  présence  de  perles  de 
résine.  Ces  perles  donnent  aux  lignes  L'aspecI  «le  chapelets. 
Les  lignes  sont  environ  de  4  par  mm.  et  d'une  largeur  égale 
au  semi-diamètre  d'un  gros  vaisseau. 

Section  radiale.  — Vaisseaux  peu  apparents,  rares  :  contenu 
noirâtre.  Hayons  k  peine  visibles.  1res  étroits,  bruns.  PI> 
visible  seulement  à  la  loupe,  mais  occupant  nue  grande  partie 
de  la  surface  en  lignes  verticales 

Section  tangentielle.  —  Comme  La  radiale,  mais  les  rayons 

sont   en    1res    petits   fuse;uix   à    peine   visibles  à   la   loupe  ;  h.ui- 

teur,  jusqu'à  8  cellules  sur  1  ou,  parfois,  -  de  largeur. 

J'ai  remarqué   que,  dans  l'aubier  de  notre  échantillon,  1 
rayons  étaient  en  étages,  tandis  qu'ils  sonl  en  quinconce  dans 
Le  cœur;  preuve  de  L'inconstance  de  ce  caractère.  11  oe 

Annalet  du  Mutée  colonial  de  \t*r teille,  —  y  série,  >•  vol,  18 


98  H.     STONE 

rait  donc  à  rien  pour  la  classification,  contrairement  à  ce  que 
prétendent  quelques  auteurs. 

Emplois.  —  Constructions,  traverses  de  chemin  de  fer  ; 
pourrait  servir  aussi  pour  crosses  de  fusils. 

Ech.   type;  Musée  Colon,  de  Marseille,  n°  101.  Guyane. 

Cassia  Apoucouita  Aubl.,  n°  1929  A. 

Aublet,  p.  379  ;  Apoucouita  (Galibis)  ;  Canéficier  apoucouita. 

Cassia  fistula  Lin.,  n°  1929  B. 

Barrère,  p.  33:  Guabipocaiba  ;  Piso  casse  (Brésil). 

Aublet,  p.  381  :  Cultivé  à  la  Guyane. 

Grisebach  :  Cassia  stick  tree  (Antilles  Anglaises). 

Moll.  et  Janssonius,  IV,  p.  104,  donnent  pour  le  Cassia 
javanica  la  figure  156  dont  ils  se  servent  pour  toutes  les 
espèces  de  Cassia.  Les  renseignements  suivants  proviennent 
de  leur  description. 

Cœur  de  couleur  rougeâtre  ;  aubier  jaune  sale  et  quelquefois 
légèrement  rougeâtre. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  assez 
bien  délimitées  par  une  mince  ligne  du  parenchyme. 

Vaisseaux  grands,  diminuant  régulièrement  vers  le  bord 
externe  de  la  couche,  mais  parfois  aussi  les  plus  grands  se 
trouvant  dans  la  zone  médiane.  Us  sont  peu  nombreux,  de  6  par 
mmq.  environ,  et  plus  rares  sur  les  deux  bords  de  la  couche 
qu'au  milieu  ;  du  moins  ils  ne  sont  pas  plus  nombreux  qu'ail- 
leurs sur  le  bord  de  la  couche  interne. 

Rayons  uniformes,  ayant  au  plus  la  largeur  de  deux  rangées 
de  cellules  sur  3  à  12  de  hauteur,  ordinairement  5.  Ils  sont 
ondulés  et  s'écartent  légèrement  au  niveau  des  vaisseaux. 

Parenchyme  visible,  entourant  les  vaisseaux  en  larges 
taches  irrégulières,  qui  s'étendent  tangentiellement  et  unissent 
deux  vaisseaux  ou  deux  groupes  de  vaisseaux,  même  davan- 
tage. Le  parenchyme  se  présente  aussi  en  lignes  d'une  largeur 
souvent  égale  à  celle  des  zones  des  fibres  ligneuses.  Ces  zones 
sont  d'une  largeur  de  4  à  5  cellules.  Les  lignes  du  parenchyme 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRAIS  ÇAISL  J)9 

sont   relativement  continues  ;  parfois  elles  s'interrompent   et 
s'anastomosent  çà  et  là. 

Gassia  grandis  Lin.,  n°  1929  G. 

Synonyme  :  C.  javanica  Aubl.  (Voir  espèce  précédente.) 

Aublet,  p.  382  :  Casse  de  Para.  Cassia  javanica  Lin. 

Gassia  biflora  Lin.,  non  Griseb,  ni  Mill,  n°  1929  D. 
Synonymes  :  C.  Marimari  Aubl. 

Aublet,  p.  382  :  Marimari  (Galibis). 

Cassia  bacillaris  Lin.,  non  Willd.,  n°  1929  E. 
Synonyme:  Mimosa  nodosa  Lin. 

Aublet,  p.  94u  :  Inga  (terme  gén.  Caraïbes). 

Dialium  divaricatum  Vahl,  n°  193:;. 
Synonyme  :  Arouna  g uianensis  Aubl. 

Aublet,  p.  16  :  Arouna  (Galibis).  Ecorce   lisse,  grisâtre  ;   bois  blanc, 
peu  compact. 

TRIBU  XVI.  —  AMHERSTIÉES 


Macrolobium  Vouapa  G.  F.  Gmel,  n°  1946  A. 

Synonymes  :  M.  bifoliu m  Pers.  ;   Vouapa  bifolia  Aubl. 

Noms  vulgaires  :  Sereebebe  (Guyane,    d'après    Bell  .   Sara- 
bebe,  Eperua  sec,   Vouapa   sec    (Guyane    :    Ouapa     Galibis   : 
Bois  caca,  Palo  machete  (Grisard,  probablement  L'espèce  pré- 
sente, non  1948  A).  Wapa  sec  (Sagol  .  Vouapa  blanc   Mu 
Col.  de  Marseille],  [pé  verdadeiro  (Amazones:   Huber  . 

L'échantillon  de  Bell  a  été  (l«H«'rminé,  d'après  les  feuilles  et 
Les  fruits,  par  Le  Dr  Freeman. 

Je   crois   que  ce   bois  est  le  Wapa   de  la  Commission    de 
Bn-sl,  employé  dans   La   construction  du  navire    Terpêicfn 
(voir  P.JiN  E  .  Si    c'était  VEperua  falcata^  on  aurai!  parlé  «!•' 
la  nature  huileuse  de  ce  bois.  Je  ae  sais  rien  de  positif  sur  les 
bois  de    Dumonteil:   Le  Wapa  à   petites   feuilles  e(    le   W 


100  H.    STONE 

grandes  feuilles.  A  mon  avis,  ce  sont  des  Macrolobium  ;  le 
premier  serait  l'espèce  présente  et  le  second  le  M.  Simira, 
c'est-à-dire  l'espèce  suivante,  si  Ton  peut  en  juger  d'après  les 
feuilles  figurées  par  Aublet.  Voir  Eperua  falcafa,  n°  1948  A. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  assez  lourd,  d'une  cou- 
leur ressemblant  à  l'Acajou  (roussâtre,  d'après  Aublet)  ; 
grain  plutôt  gros  ;  surface  un  peu  luisante,  fonçant  légèrement 
à  l'air.  La  nuance  de  toutes  les  coupes  est  pareille  ;  la  section 
transversale  est  la  plus  mate. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,737.  Dureté,  celle  de 
l'Erable.  Odeur  à  sec  nulle,  d'après  Grisard;  odeur  désa- 
gréable quand  il  est  frais  ou  lorsqu'il  est  travaillé.  (Est-ce 
bien  cette  espèce  ?)  Sans  saveur. 

Dumonteil  (Wapa  à  petites  feuilles)  :  densité,  0,756  ;  force, 
175;  élasticité,   193. 

Caractères  de  Vécorce.  —  D'après  l'échantillon  de  Bell, 
écorce  épaisse  de  i  à  6  mm.,  lisse,  bien  adhérente,  plutôt 
ligneuse,  remplie  de  sclérites  granuleux.  La  surface  de  la 
bûche  est  lisse. 

D'après  l'échantillon  du  Musée  Col.  de  Mars.,  n°  315 
Guyane,  écorce  extérieurement  brunâtre,  rouge  foncé  à  l'in- 
rieur,  formée  de  deux  couches,  dont  la  plus  interne  présente 
des  ravons  corticaux,  et  l'externe  tombe  en  miettes.  Couche 
très  mince  de  liber.  Saveur  légèrement  amère. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  gris  rose  sale,  ou, 
d'après  Aublet,  blanchâtre.  5  cm.  d'épaisseur  environ,  très 
bien  délimité  du  cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  parfois  délimitées  ;  les 
lignes  très  fines  du  parenchyme,  visibles  à  la  loupe,  forment 
les  limites  ;  contour  régulier. 

Vaisseaux  grands,  visibles  à  cause  de  leur  contenu  blanc, 
légèrement  variables,  mais  ne  diminuant  pas  vers  l'extérieur 
de  la  couche.  Ils  sont  distribués  également  ;  fortement  iso- 
lés ;  simples  ou  par  groupes  de  2  à  7  subdivisés  ;  contenant 
parfois  des  thylles. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  écartés  les  uns  des  autres  d'une 
distance   égale  au  diamètre  d'un    gros  vaisseau  et   semblant 


HOTS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  101 

parfois  être  interrompus  par  ces  vaisseaux.  Au  microscope, 
les  cellules  paraissent  être  remplies  d'une  gomme  rouge. 

Parenchyme  visible  à  la  loupe  ;  a  en  taches  qui  entourent 
presque  les  vaisseaux. 

Section  radiale.  —  Couches  délimitées  par  une  fine  ligne 
foncée  ou  blanchâtre.  Vaisseaux  gros,  ouverts,  remplis  pour 
la  plupart  de  matière  blanche  ou  de  th viles. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  rayons 
sont  seulement  visibles  à  la  loupe,  montrant  leurs  cellules 
rouges. 

Emplois.  —  Peut  être  obtenu  de  5  à  7  m.  sur  40  à  .*>.">  cm. 
d'équarrissage  (Bell). 

Dur  à  travailler,  se  fend  facilement  ;  il  pourrait  remplacer 
les  Acajous  de  qualité  inférieure. 

Ech.  types:  77,  2733,  Bell;  Musée  Col.  de  Mars.,  n°  315  Guyane 
(écorce  seulement). 

Références:  Icônes  lignorum,  pi.  LXV,  fig.  6;  Au  blet,  p.  25;  et  pi.  7 
et  8;  Grisard,  1804,  I,  p.  543  ;  Bell,  p.  9  ;  Stone  et  Fr.,  p.  78. 

Macrolobium  Simira  G.  F.  Gmel.,  n°  1946  B. 
Synonyme  :   Vouapa  Simira  Aubl. 

Aublet,  p.  27  :  Simira  (Galibis)  ;  Bois  Violet.  Le  Bois  est  dur,  compact . 
de  couleur  bleuâtre;  écorce  rougeâtre,  ridée,    gercée  et  1res   épais 
Le  nom  Simira  est  général  pour  tous  les  bois  qui  donnent  une   teinture 
rouge  ou  violette. 

Brousseau  :  Wapa  blanc,  ressemblant  à  un  Bois  Violet  ou  Pur- 
puurhart.  (Est-ce  bien  cette  espèce  ?) 

Macrolobium  Utea  J.  F.  Gmel.,  u°  1946  C. 
Synonyme  :  Outea  guianensis  Aubl. 

Aublet,  p.  29;  [ouiay  (Galibis).  Ecorce  lisse,  grisâtre;  bois  peu  com- 
pact; aubier  blanc,  cœur  rougeâtre. 

Eperua  falcata  Aubl.  non  Blanco,  n"  l(.>is. 

Synonymes  :  E.  rubiginosa  Miq. ;  Pangera  falcata  Willd 
Dimorpha  falcata  Sm.    d'après  Bâillon  . 

Noms  vulgaires  :  Wapa  gras  :  Wallaba  Bell  .  Jebaru-rana, 
Vouapa    tabaca,     Bainha    de    Espada     Guy,     Amas.    Miers). 


102  TT.    STONE 

Parive,  Eperu,  Wapa  huileux  (Aublet).  Wapa  patouvé  (Gai. 
Brésil).  Wouapa,  Woapa,  Bijlhout,  Bylhout  (Hawtayne). 
Roode  Wallaba,  Bierie  hoedoe  (Surinam.  Pulle).  Itoori  Wal- 
laba,  Pois  sabre  (McTurk).  Ballaba  (Imp.  Inst.).  Wallaha  des 
Arrouhages  (Lanessan).  Espadeira  (Correa).  Vouapa,  Vouapa 
gras  (Sagot).  Itoerie  Ballaba  (Surinam,  Icon.,  lign.).  Apazeiro 
(Amazones).  Apa  (Huber.  Para):  Etoorie  ou  Ituri  Wallaba 
(Cat.  Expos.  Paris,  1867).  Bijlhout:  Bili  hoedoe  (Surinam: 
Greshofî). 

Il  y  a  beaucoup  de  confusion  dans  la  nomenclature  de  ce 
bois,  quoiqu'on  le  distingue  facilement.  Il  y  a  deux  variétés, 
mais  McTurk  en  fait  quatre,  dont  on  peut  d'abord  éliminer 
Sarabebe  (v.  1941  A),  et  aussi  Karabimiti,  qui  n'est  jamais 
employé,  dit-il.  Il  reste  Bimiti  Wallaba  et  Itoori  Wallaba. 
McTurk  englobe  ces  quatre  variétés  sous  le  nom  d'E.  falcata, 
ouE.  Jenmani  Oliv.  Mais,  dans  une  autre  brochure,  il  dit  que 
Itoori  Wallaba  est  YE.  Jenmani  (qui  ne  se  trouve  pas  dans 
l'Index),  pendant  que  Bimiti  Wallaba,  arbre  à  fleurs  blanches, 
est  YE.  Schomburgki  Bth.  et  que  Wallaba  mou  (Soft  Wal- 
laba), est  YE.  falcata.  Brousseau  dit  que  le  Vouapa  gras  a  des 
fleurs  rouges  comme  YE.  falcata,  d'après  Aublet,  et  je  con- 
clus que  ce  Vouapa  est  bien  l'Itoori  Wallaba,  ainsi  que 
l'échantillon  de  Bell.  Les  mots  Wapa,  Ouapa  et  Vouapa,  etc., 
signifient  un  bois  quelconque,  bon  pour  la  charpente  ;  de  ce 
fait,  il  n'est  pas  étonnant  d'en  rencontrer  partout.  Les  bota- 
nistes, en  se  servant  de  ces  noms,  augmentent  encore  la 
confusion . 

Dumonteil  cite  un  Wapa  Gourbaril  (1948  D),  probablement 
un  Hymenaea,  et  un  Wapa  blanc  (1948  G),  d'une  densité  de 
0,912.  Si  l'adjectif  «  blanc  »  se  rapporte  aux  fleurs,  ce  Wapa 
pourrait  être  le  Bimiti  Wallaba.  Je  ne  connais  pas  d'Eperua 
a  bois  blanc  ;  tous  sont  à  bois  rouge.  Dumonteil  cite  encore 
un  Wapa  huileux,  sans  doute  le  même  que  celui  de  Bell. 
Malheureuseme'nt  les  deux  échantillons  de  Bell  étaient  étique- 
tés Bimiti-Itoori.  Gomme  Harrison  et  Bancroft  indiquent  que 
le  Bimiti  est  employé  seulement  pour  bois  de  chauffage,  il  est 
probable  que  c'est  le  Wallaba  mou  de  McTurk,  que  nous  pou- 


BOIS    UTILES    DE    LA    GDYANE    FRANÇAISE  103 

vons  encore  éliminer.  De  ces  quatre  variétés  il  ne  nous  reste 
plus  qu'Itoori  qui  corresponde  au  Wapa  gras. 

Nous  avons  deux  variétés  d'Itoori,  mais  d'une  différence  si 
minime  qu'elle  peut  être  due  à  l'habitat. 

Caractères  généraux  de  la  variété  A.  —  Bois  lourd,  d'une 
couleur  rouge  foncé,  laissant  exsuder  une  gomme  rouge  et 
adhérente  qui  altère   la  surface  et  retient   les  pou-  s.    La 

surface  est  mate  lorsqu'elle  vient  d'être  coupée,  mais  elle 
reprend  vite  son  ancien  aspect  répugnant;  elle  fonce  légère- 
ment à  l'air.  La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  plus  fon- 
cée que  celle  des  autres  sections.  Ce  bois  ne  peut  être  confondu 
avec  aucun  autre,  sauf  avec  la  variété  B. 

Caractères  physiques.  — Densité,  de  0,920  à  l,0iS.  D'api 
Dumonteil,  le  «  Wapa  huileux  »  a  pour  densité,  0/930  :  foi 
224;  élasticité,  144.  Dureté,  celle  du  Buis.    Odeur  el   saveur 
de  créosote.  Solution  aqueuse,  jaunâtre  claire;  sol.   aie.  cra- 
moisie. 11  est  intéressant  de  constater  que  ces  réactions  sont 
l'opposé  de  celles  du  bois  de  Campêche  et  du  Bois  du  Brésil. 

Ce  bois  brûle  mal,  en  pétillant  énormément  ;  se  fend  faci- 
lement et  se  retire  beaucoup  en  se  desséchant,  ce  qui  es1  <lù 
probablement  plutôt  à  la  perte  de  la  gomme  qu'à  celle  de 
l'eau.  D'après  Dumonteil,  ce  rétrécissement  serait  de  294  sur 
1224,  ou  de  2ï  %. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  environ  de  7  a  12  min.. 
lisse,  non  gercée,  semblant  tomber  en  minces  plaques.  Elle 
très  amère,   de  couleur  grise  ou  noire  (d'après    Aublet,   rous- 
sàtre).  La  surface  de  la  bûche  est  striée. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  blanc  sale,  épais  de  -'  i  •">  om. 
environ  ;  bien  délimité  du  cœur. 

Section  transversale  (h  comparer  avec  la  fig.  24,  pi.  NU.  — 
Couches  délimitées:   une  fine  ligne  du  parenchyme,  avec  ou 
sans  anneau  de  petits  vaisseaux,  peut   indiquer  les    limite 
contour  régulier. 

Vaisseau!  très  apparents,  grands,  jusqu'à  <ï  mm.  33  «1.-  d: 
mètre,  légèrement   variables,  distribués  également,  saui  1' 
qu'ils  soni  réunis  en  arcs  et  en  lignes  concentriques  sur  une 
seule  rangée.  Ils  sont   simples   on  par  groupe         liaui  ;   ; 


104  H.    STONE 

nombreux,  de  1  à  9  par  mm.  ;  leurs  bords  sont  de  couleur 
rouge-clair,  et  leur  contenu,  qui  est  ambré  ou  cramoisi, 
s'échappe  lorsque  le  bois  est  fraîchement  coupé. 

Rayons  bien  visibles,  moyens,  uniformes,  équidistants,  écar- 
tés les  uns  des  autres  d'une  distance  moindre  que  le  diamètre 
d'un  gros  vaisseau.  Ils  sont  légèrement  ondulés  et  s'écartent  à 
peine  au  niveau  des  vaisseaux.  Ils  sont  formés  de  cellules  très 
grosses  et  sont  de  7   à  8  par  mm. 

Parenchyme  a  entourant  étroitement  les  vaisseaux  en  taches 
isolées,  irrégulières,  et  h  en  lignes  concentriques,  de  la  lar- 
geur environ  des  rayons. 

Section  radiale.  — Vaisseaux  très  apparents  ;  leurs  cloisons 
sont  visibles  à  l'œil  nu,  et  ont  0  mm.  5  de  longueur  environ. 
Rayons  très  apparents,  pourpres,  un  peu  plus  foncés  que  le 
fond. 

Section  transversale.  —  Comme  la  radiale,  mais  d'une 
nuance  moins  claire,  et  présentant  des  raies  rouges.  Rayons 
bruns,  très  minces,  atteignant  la  hauteur  de  15  mm.  et  même 
davantage,  fait  très  rare  parmi  les  Légumineuses. 

Emplois.  —  Bon  pour  bardeaux  ;  pouvant  durer  40  ans.  Il 
résiste  aux  intempéries  en  toutes  circonstances.  Peut  être 
obtenu  de  9  à  27  m.  sur  40  à  70  cm.  d'équarrissage  sans 
aubier  (McTurk). 

Très  abondant  à  Gayenne,  facile  à  travailler  ;  palissades, 
merrains  ;  très  bon  en  sciage  (Bassières). 

Il  ne  faut  pas  le  couper  mince  pour  bardeaux  ;  très  abondant 
(Sagot). 

Bois  se  fendant  facilement,  droit  et  net,  à  la  hache,  mais 
ne  se  prêtant  pas  au  clouage.  Il  est  très  difficile  à  polir,  et 
impropre  à  l'ébénisterie  à  cause  de  sa  nature  poisseuse. 

Éch.  types:  91  a,  2755  Bell  ;  2638,  Berkhout;  0578,  Imp.  Inst.  ;  Musée 
Col.  de  Mars.  n°  38  Guyane  ;  la  coupe  de  Noerdlinger. 

Icônes;  Stone  et  Fr.,  fig.  91  a  ;  Stone,  T.  of  C,  pi.  VI,  fig.  48;  Icônes 
lignorum,  pi.  62,  fig.  2,  Bimittie  Ballaba  et  fig.  6  Itoerie  Ballaba,  mais 
non  le  Valaba,  pi.  LX,  fig.  4,  en  couleur. 

Références  :  McTurk,  p.  180;  Martin-Lavigne,  schéma  I  ;  Brousseau, 
p.  134  ;  de  Lanessan,  p.  133  ;  Miers,  ms,  ;  Bell,  p.  10  ;  Bassières,  p.  98; 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  40 


«-• 


Harrison   et   B.   Bull.,  Imp.   Inst.,   XIII,  p.  230;  Sagot,    1869,   XXVII, 
p.  226;  kl.,  Catal.  XIII,  p.  314;  Aublet,  p.  369. 

N°  1948  B. 

Très  semblable  à  la  variété  A,  à  part  les  différences  sui- 
vantes : 

Caractères  de  Vécorce.  — Epaisse  seulement  de  2  mm.  envi- 
ron, lisse,  dure  et  ligneuse,  dune  seule  couche,  en  plus  de 
l'épiderme.  Les  rayons  corticaux  sont  visibles  sur  les  coupes. 

Le  bois  est  beaucoup  moins  huileux  et  poisseux,  et  les  pous- 
sières ne  s'y  attachent  pas  au  même  degré  que  sur  le  pré- 
cédent. 

Structure  du  Lois.  —  En  section  transversale  :  vaisseaux  à 
peine  visibles,  plutôt  petits,  de  0  mm.  23  de  diamètre,  Laissant 
exsuder  très  peu  dégomme  ;  rayons  visibles  à  la  loupe. 

Section  radiale.  —  Surface  luisante.  Vaisseaux  se  présen- 
tant en  fins  sillons,  dont  les  cloisons  sont  visibles  seulement  à 
la  loupe. 

Section  tanyentielle.  —  Les  rayons  n'excèdent  pas  1  mm. 
de  hauteur.  Cette  différence  entre  les  deux  variétés  es!  la  seule 
qui  ait  une  valeur  importante. 

Ech.  type:  91,  2747  Bell. 

Wapa  blanc,  n°  1948  G. 

Dumonteil,  p.  152  :  Densité,  0,912;  force,  L95  ;  élasticité,  136;  ll«-\i- 
bilité,  2,10  ;  p.  160.  Classe  2,  celle  du  Chêne. 

C'est  peut-être  le  Bimiti  Wallaba  à  (leurs  blanches  de 
McTurk  (v.   1948). 

Wapa  Gourbaril,  n°  1948  1). 

Dumonteil,  p.  154:  Densité,  0,865  ;  force,  228  ;  élasticité,  122  :  flexi- 
bilité,  l ,  82,  p .   160.  Classe  2;  •■'•ll<-  'In  <  Ihêne. 

Wappa,  q°  19  i  s  E. 

Co  m  m.  de  Brest,  p.    IT'.l  :   Deux    pi<  !"■!-,  "ut     ' 

pour    la  construction  <l«'    la   frégate    ferpsichort   en    !v 
après  elles  paraissaient  mieux  i  que  lea  pièces  i  qui 


106  H.    STONE 

les  entouraient.  Il  fournit  de  bonnes  pièces  de  liaison.  Il  est  aussi  bon 
que  le  Balata  pour  les  grandes  constructions,  et  son  poids,  inférieur  à 
ce  dernier,  rend  son  emploi  plus  général.  La  même,  p.  190  :  Densité, 
0,891  ;  force,  de  1150  à  1290,  ou  1,82  si  le  Chêne  =  1;  élasticité,  de  22 
à  27  ~  p.  197.  Classe  1  c. 

Tamarin  dus  indica  Lin.,  n°  1952. 

Sloane,  p.  231  :  Tamarin.  Écorce  brune,  épaisse,  très  fendillée;  bois 
dur  et  a  gros  grain. 

Aublet,  p.  24  :  le  bois  peut  être  employé  aux  mêmes  usages  que 
l'Orme. 

De  Cordemoy,  p.  389  :  Tamarinier  des  bois  (Réunion). 

Rodriguès,  1893,  p.  150  :  Tamarindo,  Tamarino  (Brésil)  ;  Tamarind 
(Angl.). 

Bischop,  p.  41.  Assam  Djawa  (Néerland). 

Moll  et  Janssonius,  IV,  p.  129,  donnent  une  description  très  détaillée 
avec  section  transversale,  fig.  161 .  Ils  constatent  quela  section  de  Noerd- 
linger,  1869,  V,  n°  33  de  T.  indica,  n'est  pas  de  cette  espèce.  Leur  des- 
cription ne  concorde  pas  non  plus  avec  nos  échantillons  types  que  je 
décris  plus  loin  sous  leur  nom  vulgaire  de  Tamarinier. 

Gaebelé,  p.  34.  Poulia  maram  (Tamoul),  bois  dur,  résistant,  veiné. 
Il  donne  un  charbon  excellent  que  l'on  utilise  dans  la  préparation  de  la 
poudre. 

N°  1952  A  (d'après  Moll  et  Janssonius\ 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  non 
délimitées.  Il  y  a  des  zones  dépourvues  de  vaisseaux.  Ceux- 
ci,  dont  le  diamètre  est  de  45  à  85  microns,  sont  peu  nombreux, 
de  9  par  mmq.  environ  ;  simples  pour  la  plupart,  les  groupes 
de  2  à  3  étant  plus  rares  ;  leur  distribution  est  régulière. 

Rayons  de  largeur  variable,  brusquement  plus  étroits  sur  la 
limite  de  la  couche  et  devenant  aussitôt  plus  larges  graduelle- 
ment. Leur  hauteur  est  de  2  à  18  cellules  sur  1  à  3  de  lar- 
geur. D'après  la  figure,  ils  sont  écartés  les  uns  des  autres 
d'une  distance  égale  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau  environ . 

Parenchyme.  —  A  l'œil  nu,  il  paraît  formé  de  zones  sem- 
blables aux  couches,  et  écartées  de  3  à  8  mm.  ;  mais,  à  la 
loupe,  on  voit  qu'il  entoure  les  vaisseaux  en  taches  irrégu- 
lières qui  ont  jusqua  200  microns  de  largeur.  Moll  et  Jans- 
sonius   indiquent   que   le     parenchyme   est   disposé  de   trois 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  i  07 

manières  différentes  :  le  «  paratrachéal  »,  le  «  métatrachéal  », 
et  celui  qui  est  dispersé  parmi  les  fibres  ligneuses.  Ils  ajoutent 
que  les  deux  premiers  modes  passent  graduellement  (imper- 
ceptiblement, «  unmerklich  »)  l'un  à  l'autre.  Comme,  dans 
leurs  descriptions,  ils  répètent  souvent  ce  fait,  je  crois  que 
ces  deux  termes  représentent  plutôt  une  variation  qu'une  dif- 
férence réelle. 

Description  de  l'aubier  et  de  lécorce  d'un  échantillon  n°  1, 
Majunga,  Madagascar  (Mus.  Col.  Mars.). 

Aubier  blanc,  largeur  d'au  moins  7  cm.  ■'). 

Caractères  de  Vécorce.  —  Surface  fendillée  longitudinale- 
ment  en  côtes  étroites  et  peu  profondes  et  légèrement  réti- 
culées ;  de  couleur  brun  argenté.  La  couche  sous-jacente  est 
d'un  brun  de  rouille.  Surface  intérieure  argentée,  finement 
striée.  Texture  dure,  ligneuse  ;  cassure  grenue.  Epaisseur  de 
3  à  4  mm.  Section  de  couleur  brune  composée  de  i  couches, 
dont  l'interne  est  très  mince  et  se  sépare  en  feuilles  tenaces. 
La  deuxième  couche  se  compose  de  libres  brunes,  mélangées 
de  petits  sclérites  plus  clairs  séparés  en  files  radiales  par  1 
rayons  corticaux  ;  vers  l'extérieur,  les  sclérites  deviennent 
de  plus  en  plus  grands  et  composent  la  troisième  couche  qui 
est  continue,  bien  visible  à  l'œil  nu,  de  couleur  blanche.  C 
sclérites  sont  très  grands  et  fortement  serrés.  La  coiu  In- 
externe est  formée  par  des  écailles  qui  sont  finemenl  strati- 
fiées de  noir  et  de  brun. 

N°  1952  B  (Tamarinier). 

Description  d'après  les  échantillons  n°  89,  Guyane,  Musée 
Col.  de  Mars.,  et  n°  228,  série  IL  Lyon,  qui  ne  sonl  pas  autre- 
ment déterminés  : 

Caractères  (je néraux.  —  Bois  très  Lourd  ef  de  couleur  brun 
pourpre  foncé,  ou  comme  L'Acajou  lorsqu  il  »i>t  poli.  11  a 
quelques  analogies  àvecle  Bois  pourpre.  Grain  très    a  rebours 

Caractères  physiques.  —  La  densité  es!  plus  grande  que 
l'eau,  même  si  L'aubier  fait  partie  de  L'échantillon.  Dureté 
plus  forte  que  celle  du  Buis.  S;ms  odeur  m  saveur.  Solution 
aie,  faiblement  rougeatre. 


1 08  H.    STONË 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  de  couleur  écrue,  bien 
délimité  du  cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  non  délimitées,  mais  le 
changement  d'orientation  des  lignes  des  vaisseaux  doit  pro- 
bablement indiquer  les  limites. 

Vaisseaux  très  apparents  à  cause  de  leur  contenu  blanc  et 
de  leurs  bords  grisâtres  ;  pas  très  grands,  de  0  mm.  065  de  dia- 
mètre, presque  uniformes  ;  la  plupart  simples,  beaucoup  par 
paires  et  quelques-uns  par  groupes  radiaux  de  trois.  Quand 
ils  sont  remplis  de  matière  blanche,  ils  ont  l'air  de  très  petits 
œufs  dans  leur  nid  ;  de  1  à  12  par  mmq.  Les  groupes  sont 
disposés  en  lignes  obliques  visibles,  se  dirigeant  en  général 
alternativement  à  droite  dans  une  couche  et  à  gauche  dans 
l'autre. 

Rayons  à  peine  visibles  à  la  loupe  ;  très  lins,  uniformes,  pas 
trop  réguliers  ;  de  2  à  3  dans  un  espace  égal  au  diamètre  d'un 
gros  vaisseau,  ou  de  15  à  17  par  mm.  Ils  sont  légèrement 
ondulés,  s'écartant  à  peine  au  niveau  des  vaisseaux.  Beaucoup 
d'entre  eux  sont  interrompus  par  les  vaisseaux. 

Parenchyme  a  très  apparent  en  larges  taches  grises,  arron- 
dies ou  légèrement  ailées,  entourant  les  vaisseaux  jusqu'à 
0  mm.  5  de  diamètre. 

Section  radiale.  —  Couches  obscures.  Vaisseaux  visibles, 
mais  fins  et  voilés  par  le  parenchyme,  qui  cependant  est  très 
peu  apparent.  Fibres  très  entrecroisées.  Rayons  très  petits, 
bruns. 

Tachigalia  paniculata  Aubl.  (non  Rich.),  n°  1957. 
Synonyme  :    T.  trigona  Aubl. 

Aublet,  p.  373  :  Tachigali  (Galibis)  ;  écorce  cendrée,  ridée  ;  bois  dur, 
blanchâtre. 

Bois  pourpre  ou  Bois  violet,  n°  1958. 

Sous  le  nom  de  bois  pourpre  et  de  bois  violet,  on  confond 
souvent  des  bois  très  divers  :  1°  ceux  dont  le  bois  est  de 
teinte  pourpre  ;  2°  ceux  qui  sont  à  odeur  de  violette  ;  et  3° 
ceux  qui,  par  eux-mêmes  ou  par  leur  écorce,  donnent,  comme 


H01S    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  109 

YInga  alha  n°  2005  B,  un  colorant  pourpre.  La  détermination 
de  l'espèce  commerciale  la  plus  connue  a  toujours  été  défec- 
tueuse ;  en  outre  les  synonymes  indigènes,  tels  que  Zapatero, 
Guarubu  et  Gonçalo  Alves,  sont  d'une  application  plus  ou 
moins  générale. 

L'échantillon  de  Bell,  qui  est  le  bois  le  plus  souvent  ren- 
contré dans  le  commerce  et  dans  les  collections,  a  été  déter- 
miné, d'après  les  feuilles  et  les  fruits,  par  le  b1'  Freeman, 
comme  Peltogyne  paniculata.  Lorsque  l'arbre  vient  d'être 
abattu,  le  bois  a  une  couleur  brun  roux  d'acajou  'grisâtre 
dans  la  coupe  transversale),  qui  devient  pourpre  à  vue  d'œil. 
Ce  changement  s'opère  beaucoup  plus  lentement  lorsqu'il  est 
sec.  La  couleur  pourpre  reste  longtemps  superficielle  et  est 
vite  enlevée  si  on  frotte  avec  du  papier  à  verre  :  cependant 
de  vieux  échantillons  sont  pourpres  même  intérieurement.  Ce 
phénomène  assez  curieux  dépend,  d'après  Arnaudon,  qui  l'a 
bien  étudié,  de  l'oxydation  sous  l'influence  de  la  lumière  :  il 
ajoute  que,  sans  l'action  de  cette  dernière,  ce  phénomène 
n'existe  pas.  Cependant  le  bois  a  une  transparence  Limitée  ; 
et  il  me  semble  que  l'oxydation  seule  doive  suffire.  La  chaleur, 
qui  sans  doute  stimule  cette  oxydation,  produit  ce  change- 
ment immédiat.  Le  polissage  à  base  d'alcool  enlève  la  cou- 
leur, si  elle  n'est  pas  trop  profonde.  Ce  changement  de  cou- 
leur nous  fait  conclure  que  nous  sommes  en  présence  d'esp 
différentes  à  cause  des  opinions  diverses  des  observateurs. 

Saldanha  da  Gama  cite  Peltogyne  Guarubu  de  couleur 
pourpre,  sans  parler  de  changement.  L'auteur  de  1  article 
«  Bois  »,  dans  le  Dictionnaire  de  Roussel!  évidemmenl  un 
commerçant  et  homme  expérimenté  ,  parle  de  trois  espèces  : 
1°  Bois  violet,  dont  le  vernis  dure  peu  de  temps,  mais  pour 
lequel  il  ne  mentionne  pas  que  le  vernis  enlève  sa  couleur; 
Bois  de  couleur  violacée  devenant  rouge  brunâtre  ou  noir 
lorsqu'il  est  poli.  3°  Bois  mou  à  fibres  entrecroisées  (  i  la 
deuxième  espèce  qui  s'accorde  avec  I  échantillon  de  Bell. 
Brousseau  cite  un  Bois  Violel  qui  flotte  Bur  l'eau.  Si,  comme 
je  crois  l'interpréter,  ce  bois  flotte  lorsqu'on  vient  de  l  abatl 
il  ne  peut  être  notre  espèce,  ef  peut-être  est-ce  le  bois  mou 
de  Rousse  11, 


110  H.    STONE 

Je  crois  que  le  Peltogyne  paniculata  est  le  bois  de  la 
deuxième  variété  de  Roussell  et  le  Bois  Violet  ou  Bois  Ama- 
rante de  Varenne-Fenille  (mais  non  son  Bois  Violet  marbré), 
le  Copaifera  bracteata  de  Grisard,  de  Barrère,  et  de  presque 
•tous  les  Musées,  et  aussi  celui  de  ma  citation  qui,  à  cet  égard, 
est  erronée  [T.  of  C,  p.  84).  Le  Peltogyne  venosa  me  paraît 
être  le  Bois  de  Roubo,  ou  mon  Purpleheart  (T.  of  C,  p.  87). 
Comme  souvent  il  est  difficile  de  bien  saisir  ce  qu'un  auteur 
veut  dire,  je  donne  ici  toutes  les  citations. 

Barrère,  p.  105  :  Bois  Violet,  de  couleur  violet  clair,  tirant  sur  la  cou- 
leur purpurine,  se  ternissant  facilement  si  on  n'a  pas  le  soin  de  le  cirer 
de  temps  en  temps.  Spartium  arboreum,  trifolium  ligno  violaceo. 

Préfontaine,  p.  156:  L'arbre  est  monté  sur  des  arcabas.  Comme  cet 
auteur  s'est  servi  de  Barrère,  nous  devons  considérer  les  deux  bois 
comme  étant  la  même  espèce. 

Roubo,  p.  170:  Amarante,  Bois  de  la  Chine.  Avant  d'avoir  été  tra- 
vaillé, de  couleur  violet  gris,  vineux  ;  bois  brillant  comme  s'il  avait  été 
argenté.  Lorsqu'il  est  poli,  sa  couleur  change  et  devient  d'un  beau  vio- 
let, qui,  avec  le  temps,  passe  au  noir.  Dans  la  coupe  transversale,  il 
présente  un  grand  nombre  de  petits  points  blancs. 

Il  est  fort  probable  que  Roubo  emploie  le  mot  «  poli  »  au  lieu  de 
«  lisse  »;  en  tous  cas,  les  petits  points  blancs  ndiquent  plutôt  le  Pen- 
taclethra  (v.  1978  A). 

Aublet,  p.  27:  Vouapa  Simira  (v.  1946  B). 

Varenne-Fenille,  p.  150:  Bois  d'Amarante  de  Cayenne  ;  en  coupe 
transversale,  il  présente  des  piqûres  plus  ou  moins  prononcées.  Le 
même,  p.  156:  densité,  0,952.  Le  même  auteur  cite  un  Bois  violet  mar- 
bré de  deux  teintes:  violet  foncé  et  violet  clair;  mais  le  dernier  devient 
jaune  et  le  premier  brun.  Les  couches  sont  très  confuses  et  sont  de 
plusieurs  teintes  variables;  pores  peu  apparents  ;  densité  de  1,050. 

Malonet,  I,  p.  382:  Bois  Bagot.  Ce  nom  a  été  donné  d'après  un  explo- 
rateur qui  faisait  un  voyagea  la  Guyane  Française  en  vue  des  ressources 
forestières.  (Voir  1958  C.) 

Dumonteil,  p.  154:  Bois  Violet.  Densité  de  0,771;  force,  231  ;  élasti- 
cité, 182,  p.  160.  Classe  3,  celle  des  Pins,  et  Classe  4,  celle  des  Meubles. 
Bois  Bagot:  densité,  1,032;  force,  288  ;  élasticité,  234;  flexibilité,  1,  74. 
Classe  4.  Paparout  :  densité,  0,655;  force,  160  ;  élasticité,  149  ;  flexibi- 
lité, 2,  62.  Classe  3. 

Le  terme  Paparout  est  probablement  une  variation  du  hol- 
landais   Purpuurhout,    qui   signifie   «  Bois   pourpre  »,  ou   de 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  lil 

l'anglais  Purpleheart  ;  mais  le  nom  provençal  du  Micocoulier, 
«  Paparoutié  »,  peut  aussi  être  employé  pour  un  arbre 
quelconque  de  la  Guyane  Française. 

Commission  de  Brest,  p.  162:  Bois  violet.  Résultats  d'un  essai  sur 
l'échantillon  de  Dumonteil  :  force,  de  863  à  1040,  ou  1,64  si  le  Chêne  = 
1  ;  élasticité,  de  20  à  30  ;  s'est  rompu  d'un  seul  éelat  et  avec  une  partie 
des  fibres  déchirée.  La  même,  p.  197  :  Classe  1  c;  couleur  lie  de  vin, 
mais  un  peu  plus  claire. 

Guibourt,  p.  346  :  Bois  d'Amarante  violet;  couleur  d'abord  grise,  puis 
devenant  immédiatement  violette  uniforme.  Solution  aqueuse  incolore, 
même  à  l'eau  chaude  ;  solution  aie.  donnant  une  belle  teinture  rouge. 
Le  même,  p.  348  :  Autre  variété,  Bois  Bagot  (v.  1958  Cl,  rosé  avec  des 
veines  peu  foncées;  pourvu  d'un  aubier  blanchâtre  qui  est  traversé  par 
des  veines  brunes  comme  celui  du  Palissandre  dont  il  a  légèrement 
l'odeur.  Ce  bois  se  rapporte  à  Peltogyne  venosa.  Le  même,  p.  3"'»<!: 
Autre  variété,  Bois  Violet  ou  Kingwood:  Odeur  de  rose  ou  du  Palis- 
sandre lorsqu'il  est  râpé.  (Voir  Bois  royal,  partie  II.) 

Sagot  :  Cynometra  Hoslmanniana  (v.  1971). 

Saldanha  da  Gama,  1863,  p.  122:  Peltogyne  Guarubu;  Guarubu  ou 
Roxinho  (Brésil)  ;  cœur  pourpre.  Ce  bois  résiste  à  une  très  forte  pres- 
sion et  ne  peut  être  confondu  avec  n'importe  quel  autre. 

Comme  le  P.  Guarabu  n'est  pas  cité  dans  l'Index   Kew,  il 
est  possible  qu'il  soit  synonyme  dune  de  nos  deux  espèces 
Peltogyne,  de  préférence  le  paniculata,  qui  est  renommé  pour 
sa  résistance  à  la  pression. 

Grisard  cite  Copaifcra  bracteaia  (v.  1967  et  aussi  Jeux 
espèces  de  Peltogyne. 

Bassières:  Bois  Violet,  P.  venosa,  et  Bois  Bagot;  ce  dernier  a  ><>n 
aubier  blanc  et  le  cœur  du  plus  beau  pourpre. 

Bodriguès  :  Myracrodruon  graveolens  ;  Guarubu-batata,  Gonçalo 
Alves. 

A  comparer  avec  Pentaclethra  ftlamentc  n"  1978  \), 
avec  Kooroobovelli  (1978  B    et  Martia  parvifolia    1925  . 

Noms  vulgaires  associés  avec  le  Copaifera  bracteatax  ainsi 
qu'avec  sa  var.  pubiflora    «>u  C.  pubiflon        '  se  rapportant 
probablement  ;i   Peltogyne  :  B<>i^  Violet,    Amarante,   Bois  de 
Cœur  pourpre,   Purplewood    da  Gama  .    Bois   Bag  >l    Dem 
rary  ;  Zudral   Surinam,  Brousseau     Simirid  ^rrouhaj 


112  H.    STONE 

et  Galibis  (de  Lanessan).  Saka  (Bell).  Simiri  (Bâillon).  Zapa- 
ter  (Grisard).  Zaj3ateri  (Catal.  Kew).  Guarubu,  Guarubussu, 
Sapatero  (Trinité  ;  Miers).  Marawineroo,  Marawayana  du 
fleuve  de  ce  nom,  Purpleheart  (Angl.);  Purpuurhart  (Holl.)  ; 
Sacka  (Surinam  ;  McTurk).  Violetholz  (Imp.  Inst.).  Zapatero 
morado,  Z.  negro,  Saint-Martin  soufré  (Niederlein,  v.  5467 
B).  Bois  Violet  de  la  Chine  (Régis).  Hoepelhout  (Surinam; 
Bremer). 

Noms  vulgaires  associés  avec  Peltogyne  Guaruha  Allem  : 
Guarubu  de  deux  variétés,  le  preto  et  le  rajado  (Brésil  ;  Rodri- 
guès).  Bois  Violet  ;  Pau  ou  Pâo  roxo,  Roxinho  (Para  ;  Grisard). 

Résumé  des  bois  Violet,  Amarante  et  Bagot  : 

1 .  Couleur  bleue  (Aublet)  :   Vouapa  Simira   1941  B. 

2.  Couleur  et  odeur  du  Palissandre  :  Le  Bois  Violet  de 

Guibourt. 
3  •  Couleur  pourpre   marbré  devenant  avec  le  temps 

brune  et  jaune  :  Le  Bois  de  Varenne-Fenille. 

4.  Couleur  de  cochenille  :  Le  Bois  de  Martin-Lavigne 

1925. 

5 .  Couleur  pourpre  ou  brune  ;  ou  brune  devenant 

pourpre. 

5.1.  La  coupe    transversale    présente  une    infinité   de 

petits     points    blancs .    Solution  aqueuse    brun 
foncé.   Pentaclethra  1978,  et  peut-être  le   bois 
*        de  Roubo  et  l'Amarante  de  Cavenne  de  Varenne- 
Fenille.  A  comparer  la  fig.  19,  pi.  VIL 

5.2.  Dans  la  coupe    transversale,    les    vaisseaux   sont 

entourés  de  taches    claires    du   parenchyme.    A 
comparer  fig.  5,  pi.  V.  Peltogyne  1958. 

5.2.1.  Le  parenchyme  se  présente  en  grandes  taches  en 

losange.  Voir  fig.  5.         P.  paniculata  1958  A. 

5.2.2.  Le  parenchyme  n'entoure   qu'imparfaitement    les 

vaisseaux.  P.  venosa  ?  1958  B. 

5.3.  La  coupe  transversale  présente  le  parenchyme  en 

lignes  ondulées,  très  serrées. 
5.3.1.    Solution    aqueuse  incolore;    sol.  aie.   belle  teinte 
rouge.  Bois  d'Amarante  violet  de  Guibourt. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  113 

o.  3.  2.    Solution  aqueuse  incolore  ;  sol.  aie,  brune.  Bagotte 
(éch.  n°  107  Lyon)  1958  G. 

Peltogyne  paniculata  Bth.,  n°  1958  A. 

L'échantillon  de  Bell  a  été  déterminé,  d'après  les  feuilles  et 
les  fruits,  parle  Dr  Freeman. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd  ;  fraîchement 
coupé,  de  couleur  brune  passant  vite  au  pourpre.  Cette  cou- 
leur, d'abord  superficielle,  peut  être  enlevée  par  des  vernis  à 
base  d'alcool  ;  mais,  à  la  longue,  elle  pénètre  dans  le  bois. 
D'après  Wiesner,  la  couleur  passe  au  vert  sale  avec  l'ammo- 
niaque. 

La  surface  est  plutôt  mate.  La  nuance  de  la  coupe  trans- 
versale est  beaucoup  plus  foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité  de  0,705  à  0,991  :  dure! 
celle  du  Bois  de  lance.  Sans  odeur  ni  saveur.  La  soluti<  n 
aqueuse  est  brune,  et,  après  évaporation,  le  résidu  est 
pourpre.  Le  bois  brûle  bien  ;  il  passe  du  brun  au  pourpre 
sous  l'influence  de  la  chaleur  ;  très  élastique,  solide  et  résis- 
tant aux  chocs. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Ecorce  dure,  fortement  adhérent 
unie,  lisse  comme  celle  du  Hêtre,  mais  plus  épaisse,  pouvant 
avoir  jusqu'à  i  cm.  environ.  Elle  est  de  couleur  rouge  1  »ri« ju. ■ . 
Au-dessous  de  lépiderme  se  trouve  une  mince  couche  blanche. 
La  surface  de  la  bûche  est  lisse,  mais  à  la  loupe  die  a  1  ap- 
parence d'être  dentelée. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  d'un  blanc  sale,  n  «huit  pas 
toujours  bien  délimité  du  cœur. 

Section    transversale.    —    De    minées  Lignes    blanchâti 
peuvent  délimiter  les  couches. 

Vaisseaux  visibles,  même  très  apparents  à  cause  d    S{ 
taches  du  p.irenehvme  qui  les  entourent  :    Omni.  13    de  dia- 
mètre environ  ;  extrêmement  variables  suivant  I  âge  de  I  arbre. 
Ils  sont  distribués  régulièrement,  de    là    I-   par  mm.    «1     1 
à  0  dans  le  bois  ;i  gros  vaisseaux  et  de  2  à  12  dans  le  b<  : 
pdils  vaisseaux    :  simples  ou  par  groupes  de  2  11-*  sonl 

souvent  remplis  de  gomme. 

Annule*  du  Musée  colonial  d^  Marseille,  •"'•  !•! 


114  H.    STONÉ 

Rayons  bien  visibles,  lorsque  le  bois  est  humecté  ;  très  fins, 
uniformes,  presque  équidistants,  écartés  les  uns  des  autres 
d'une  distance  égale  ou  inférieure  au  diamètre  d'un  gros  vais- 
seau ;  de  5  à  7  par  mm.  Ils  sont  beaucoup  plus  denses  que 
les  fibres  ligneuses  ;  de  couleur  blanchâtre  ou  brunâtre. 

Parenchyme  abondant  ;  a  très  apparent,  en  grosses  taches 
en  fuseau  ou  en  losange,  entourant  les  vaisseaux  et  les  unis- 
sant parfois  ;  h,  avec  de  minces  lignes  concentriques  qui 
pourraient  être  les  limites  des  couches. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  peu  apparents,  bien  qu'ils 
soient  grands,  car  ils  sont  obscurcis  par  les  bords  grisâtres 
du  parenchyme.  Rayons  très  apparents  malgré  leur  petitesse. 

Section  tangentielle.  —  Nuancé  un  peu  plus  claire  que  celle 
de  la  radiale.  Les  couches  sont  parfois  délimitées  par  des  lacets 
blanchâtres.  Rayons  visibles  à  la  loupe.  Le  parenchyme  est 
bien  plus  largement  étalé  dans  cette  section. 

Emplois.  —  Bon  pour  plates-formes  de  moulins  et  de  mor- 
tiers, et  pour  tous  les  usages  exigeant  beaucoup  de  résistance 
à  la  pression  ;  construction  (Morris).  Baguettes  de  fusils,  mar- 
queterie, tour  (Berkhout).  Pourrissant  moins  facilement  que 
le  Kooroobovelli  (1978  D  ;  peut  être  obtenu  de  33  à  40  m.  sur 
un  1  m.  10  d'équarrissage  sans  aubier  (McTurkV 

11  se  fend  et  se  travaille  facilement,  quoique  dur  ;  lorsqu'il 
est  poli,  il  n'a  rien  de  remarquable,  mais  c'est  un  bon  bois 
d'ébénisterie. 

Éch.  types:  74,  2730  Bell;  0099  dép.  Agric.  Guy.  Angl.  ;  et  le  n° 
128  Guyane  du  Musée  Col.  de  Marseille. 

Icônes  :  Stone,  T.  of  C,  pi.  VI,  fig.  47.  Icônes  lignorum,  pi.  5,  fîg.  3, 
pi.  35,  fig.  4  et  5,  et  pi.  79,  fîg.  1  en  couleur.  La  pi.  77,  fîg.  2,  pourrait 
représenter  l'aubier. 

Références  non  encore  citées:  McTurk,  p.  6;  Dumonteil,  1823,  II, 
partie  2  ;  Comm.  de  Brest,  1826,  II,  partie  2;  Rodriguès,  p.  161  ;  Arnau- 
don  (tirage  à  part),  1858  ;  Grisard,  1894,  I,  p.  545  ;  Stone  et  Fr.,  p.  74. 

Peltogyne  venosa  Vog.  (Bth.?),  n°  1958  B. 

Noms  vulgaires  :  Purpuurhart  (Demerary  ;  Sagot).  Bois 
Violet  de  la  Guyane,  Bois  Violet,  Bois  Bagot  (Guy.  Fr.)  ;  Pur- 
pleheart  (Guy.  Angl.). 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  118 

Sagot,  p.  904  :  Ce  bois  nouvellement  travaillé  a  une  teinte  violette  tr<-^ 
singulière.  L'arbre  a  des  feuilles  comme  celles  du  Courbaril.  Le  même, 
p.  226  :  le  bois  se  durcit  beaucoup  en  vieillissant  mais  se  travaille  aisé- 
ment lorsqu'il  est  frais  ;  densité  moyenne. 

Grisard,  1894,  I,  p.  544  :  Aubier  blanchâtre,  quelquefois  d'un  blanc  pur 
et  souvent  traversé  par  des  veines  brunes  comme  celles  du  Palissandre. 
Cœur  du  plus  beau  pourpre  et  devenant  presque  noir  avec  le  temps.  Bois 
de  dureté  moyenne,  assez  compact,  légèrement  odorant  et  ordinaire- 
ment très  sain.  Il  a  beaucoup  d'analogie  avec  le  Palissandre.  Den-it 
0,875  (à  comparer  avec  le  Bagot  de  Guibourt  cité  p.  92  . 

Je  n'ai  aucune  preuve  de  l'identité  que  j'admets  pour  ce 
bois.  Comme  la  structure  du  Peltogyne  est  très  caractéris- 
tique et  que,  à  la  Guyane,  d'où  viennent  deux  sortes  de  bois 
pourpre,  se  trouvent  deux  espèces  de  P.  dont  lune  est  bien 
déterminée  sous  le  nom  de  P.  paniculata,  l'autre,  à  mon  avis, 
doit  être  le  P.  venosa.  Si  je  ne  me  trompe,  le  bois  que  j'ai 
décrit  sous  le  nom  de  Demerara  Purpleheart,  T.  ofC.9  p.  87, 
doit  être  le  P.  venosa,  qui  se  distingue  du  paniculata  par  1 
différences  suivantes  : 

Dans  la  section  transversale,  les  vaisseaux  sont  très  appa- 
rents, non  à  cause  de  leur  grandeur,  mais  à  cause  de  leur 
quantité. 

Le  parenchyme  se   présente  en    petites  taches,  à   côté  <1 
vaisseaux,  en  les  entourant  à  peine. 

Dans  la  section  radiale,  le  Pa  est  à  peine  visible,  et  dans  la 
section  tangentielle,  il  est  un  peu  plus  apparent. 

Bois  Bagot,  n°  1958  C. 

Le  seul  échantillon  que  j'aie  vu  de  ce  bois  est  celui  de  Lyon, 
série  II,  n°  107,  étiqueté  Bagotte  ;  malheureusement   ce   n'est 
qu'un  placage  avant  l  mm.  d'épaisseur.  Malgré  cela,  je  mus 
arrivé  à  pouvoir  démontrer  que  ce   n-'est  pas   un  Peltogyi 
quoique  le  phénomène  du  changement  de  couleur  de  brun  en 
pourpre  existe  aussi  dans  ce   Bois  Bagot.  La  couleur    pourp 
avait  été  presque  enlevée  |>  tr  1<-  |><>li—  ig      Ce  n  est  pas  1<-  1" 
Bagot  de  Guibourt  m  le  Jacarandatam.    Voir  n"    1958     !  I 
B,  1971.) 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  «-t  lourd,  brun  ! 


116  n.    STONE 

de  noir,  devenant  pourpre  à  l'air  (cette  dernière  couleur  légè- 
rement prononcée)  ;  grain  gros,  produisant  de  fines  stries 
claires  ;  et  sur  la  coupe  tangentielle,  les  rayons  produisent  un 
effet  moiré  bien  visible  si  l'on  fait  miroiter  le  bois  à  la  lumière. 

Caractères  physiques.  —  La  solution  aqueuse  est  incolore  ; 
sol.  aie.   brun  clair. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  dou- 
teuses. (Voir  Section  tang.) 

Vaisseaux  bien  visibles  à  cause  de  leur  grandeur  et  de  leur 
couleur  claire  (rouge  sur  noir)  ;  diamètre  de  Omm.  1  à 
0mm.  125  ;  distribués  irrégulièrement.  Ils  sont  fortement  iso- 
lés, depuis  1  par  2  mmq.  jusqu'à  10  par  mmq.  ;  simples 
pour  la  plupart,  quelques-uns  par  paires.  Leur  contenu  est 
noirâtre. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  minces,  uniformes,  un  peu 
irréguliers,  de  14  à  17  par  mm.,  écartés  les  uns  des  autres 
d'une  distance  égale  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau  et  d'une 
distance  moindre  entre  ces  vaisseaux.  Ils  sont  de  couleur  rou- 
geàtre  foncé,  lorsqu'ils  sont  humectés. 

Parenchyme  abondant,  a,  visible  autour  des  vaisseaux,  mais 
les  ailes  minces  et  longues  qui  s'étendent  latéralement,  en 
s'unissant  aux  lignes  concentriques,  sont  visibles  seulement  à  la 
loupe.  Ces  lignes  concentriques  sont  ondulées  et  écartées  dune 
distance  égale  au  diamètre  radial  d'un  gros  vaisseau,  lors- 
qu'elles sont  étroitement  serrées.  Parfois,  elles  sont  inter- 
rompues sur  une  distance  radiale  de  1  mm.  et  prennent  la 
forme  d'ailes  unissant  un  ou  deux  vaisseaux.  Les  ailes  ne  sont 
pas  en  fuseau  comme  dans  le  Peltogyne  paniculata. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  gros,  clairs,  remplis  de 
gomme  claire  ou  foncée.  Bayons  obscurs,  visibles  à  la  loupe  ; 
de  couleur  rouge,  légèrement  plus  claire  que  le  fond;  environ 
0  mm.  o  de  hauteur.  Pa  visible  se  présentant  en  bordures 
claires  le  long  des  vaisseaux. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  couches 
sont  peut-être  marquées  par  les  zones  ou  les  lignes  du  Pa 
lorsqu'elles  sont  étroitement  serrées  ;  et  elles  paraissent  en 
franges  claires  mais  vagues.  Les  rayons,  étant  en  étages,  pro- 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  117 

duisent  en  eifet   moiré,  qui   est  visible   sur  une  surface  polie 
(vernie),  mais  à  peine  sur  une  surface  humectée. 

Courbaril,  n°  1959. 

Beaucoup  de  variétés  de  bois  portent  le  nom  de  Courbaril 
et  de  Jatobâ  ;  plusieurs  espèces  d'Hymenœa  produisent  des 
bois  qui  ne  sont  pas  ditférenciés  dans  le  commerce.  J'ai  vu 
de  nombreux  échantillons  où  la  structure  varie  beaucoup  et 
je  me  vois  forcé  d'éliminer  tous  ceux  qui  ne  sont  pas,  en 
quelque  sorte,  déterminés.  Suivent  les  descriptions  de  l'échan- 
tillon de  Bell,  déterminé  d'après  les  feuilles  et  les  fruits  p;ir 
le  Dr  Freeman,  comme  étant  probablement  Vllymensea  Cour- 
baril', la  coupe  de  Noerdlinger  et  quelques  autres  concordent 
avec  les  précédents. 

Hymenaea  Courbaril  Lin.  non.  Mart.,  n°  1959  A. 

Synonymie  :  H.  amini  fera  Sloke,s  ;  //.  resinifera  Salisb.  Les 
noms  génériques  Courbari  et  Courbaril  sont  synonymes 
dHymcnsea. 

Noms  vulgaires  :  Locustrier,  Algarobba,  dans   la  Province 
de  Rio  Janeiro  (Kunth.)  qui  s'appliquent  également  aux  Proso- 
pis  dans  la  Rép.  Arg.  (Rodriguèsj.  Simiri(v.  1941  B)  et  Kwan- 
nari(Galibis  et  Arr.)  représentent  deux  variétés  (Guy.  Angl.  ; 
Morris).   Locust  Gum  (Boulger).  Pois  confiture,  Gomme  ani- 
mée, Courbaril  Plum.  Locust,  Zapateri  (Guy.  Angl.  ;  Miers). 
Leathery-leaved  Locust  tree,  West  Indian  Locust  tree,  Qua- 
pinol  Animebaum,  Henschreckenbaum  (Wiesner).  Bois  Surin 
Teck    (Surinam;    Berkhout).  Chimidida,    Itaiba    (Guy.    IV.: 
Aublet).  Goma  anime  (Descourtilz).  Gitahy,  Getaigba,  Jetahj  , 
Jutahy  (Brésil  sept.);  Jetay,    Jatay,   Jataiba,  Jatobâ     Brésil 
mérid.)  ;  Yutahy  (Para)  ;  avec  Les  variétés  Catinga,  peba,  el 
assu  (Rodriguès)  et  les  variétés  acu,  cica,  mirim  el  pororoca 
(Allemao).  Lokus  (Surinam  ;  Pulle  .  Bois  de  Courbaril,  Cour- 
baril montagne  (Gâtai.    Expos.   Chicago).   Copalier   d'Amé- 
rique,   Caroubier  de  la  Guyane,  Cu'om  raû    Assam    :  Kraph 
mini  tray    Cambodge);  Guapinol    Guadeloupe  ;  Caouroubali 
Caraïbes),    Coapinole      Mexique),   Avati   ou   Abati    timbary 


118  H.    STONE 

(Paraguay),  Anime  Copinol  (Salvador),  Corobore,  Algarobbo 
(Venez.  ;  Grisard).  Yatayba  (Matto  Grosso;  Endlich).  Sprui- 
khahnboom  (Néerl.,  Bischop). 

Les  auteurs  ont  des  opinions  diverses  sur  les  caractères 
de  ce  bois.  Préfontaine  dit  qu'il  ressemble  au  Noyer.  D'après 
Sagot  :  Brun  rougeâtre,  devenant  plus  foncé  en  vieillissant  et 
parfois  couleur  de  l'Acajou  de  qualité  inférieure.  De  Lanessan 
dit  qu'il  y  a  deux  variétés  :  la  var.  rouge  à  densité  de  1,117, 
et  la  var.  jaune  de  1,107.  D'après  Descourtilz  :  Beau  rouge. 
Guibourt  :  Rouge  brun  très  uniforme.  Bell  :  Rouge  tirant  sur 
l'orange.  Bassières  :  Brun  rougeâtre,  mais  le  cœur  a  une  cou- 
leur plus  vive. 

Caractères  physiques.  —  Les  chiffres  donnés  par  Dumon- 
teil  pour  son  Courbaril  sont  :  Densité,  0,904  ;  force,  333  ; 
élast.  188.  Classes  2  et  4. 

Ceux  de  la  Comm.  de  Brest  :  Densité,  0,957  ;  force,  de  1089 
à  1110,  ou  1,57  si  le  chêne  =  1  ;  élast.  25.   Classe  1  c. 

Silva  :  Densité,  0,861  ;  et  da  Gama  :  0,982. 

D'après  Descourtilz,  écorce  d'un  roux  noirâtre,  épaisse, 
raboteuse  et  ridée. 

N°  1959  B. 

Description  des  échantillons:  81,2737  Bell;  0066  Imp. 
Instit.  Guyane  angl.  ;  41  et  120,  série  II,  Lyon,  Guyane  fr. 

Caractères  généraux.  — Bois  dur  et  lourd,  brun  rouge  rayé 
d'une  teinte  plus  foncée.  Surface  mate,  fonçant  à  l'air  ;  grain 
plutôt  gros  et  ouvert,  mais  la  surface  paraît  unie,  car  les  pores 
sont  rares.  La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  beaucoup 
plus  foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  — Densité,  de  0,900  à  0,921  ;  dureté, 

celle  du  Teck.  Odeur  à  sec  nulle  ;  saveur    faiblement  sucrée. 

Solution  de  couleur  brun  jaunâtre.   Le  bois  est  élastique,  se 

fend  facilement  et  brûle  bien. 

i 

Caractères  de  V écorce  (Echantillon  Bell).  —  Ecorce  épaisse 
de  6  mm.  environ,  brun  foncé,  légèrement  gercée  et  presque 
aussi  dure  que  Je  bois.  Elle  est  formée  de  trois  couches  :  Tin- 
terne    présente    les   rayons   en    section  ;    l'intermédiaire    est 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  119 

blanche,  mince,  et  est  bien  distincte  des  autres  ;  et  l'externe  se 
compose  de  plaques  tombant  à  la  longue.  L'écorce  peut  se 
détacher  d'une  seule  pièce  et  est  employée  par  les  indigènes 
pour  faire  des  canots.  La  surface  de  la  bûche  est  tout  à  fait 
lisse. 

Structurée  du  bois.  —  L'aubier  est  épais  de  7  à  10  cm.  envi- 
ron, jaunâtre  ou  blanc  sale,  assez  bien  délimité  du  cœur. 

Moelle  petite,  1  mm.  de  diamètre  environ,  rougeâtre  ou 
jaunâtre,  lobée  ou  en  forme  de  quatre  ailes   ou  quatre   coins. 

Section  transversale.  —  Couches  douteuses,  mais  (cas  excep- 
tionnel) très  bien  marquées  en  apparence.   (Voir  parenchyme.) 

Vaisseaux  facilement  visibles,  quoique  petits,  de  0  mm.  13 
de  diamètre;  peu  variables,  distribués  également.  Ils  sont  peu 
nombreux,  de  5  à  13  par  mmq.;  simples  ou  subdivisés  par  2 
à  7  vaisseaux  en  groupes  arrondis  ou  radiaux.  Leur  contenu 
est  souvent  rouge  ou  jaunâtre. 

Rayons  à  peine  visibles,  fins,  uniformes,  équidistants,  écar- 
tés les  uns  des  autres  d'une  distance  égale  au  diamètre  d'un 
gros  vaisseau  environ.  En  section  transparente,  ils  sont  un 
peu  plus  denses  que  les  fibres.  De  couleur  jaunâtre. 

Parenchyme  abondant;  a  entourant  les  vaisseaux  en  s'éten- 
dant  tangentiellement  en  ailes  qui  s'unissent  parfois  entre 
elles  et  forment  des  anneaux  entiers  qui  sont  le  plus  souvent 
interrompus  en  fragments.  Le  parenchyme  est  do  largeur 
irrégulière,  tantôt  aussi  mince  que  les  rayons,  et  tantôt  aussi 
large  que  les  vaisseaux.  Les  anneaux  pourraient  être  les 
limites  des  couches. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  plutôt  gros,  de  couleur  brun 
foncé.    Hayons   très    apparents,   surtout    dans  L'aubiei 
qu'ils  sont  humectés. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale  maisl  -  u 

sont  plus  fins  et  les  rayons  donnent,  à  cause  de  leur  nombn 
un  effet  moiré  à  La  coupe,  comme  celui  de  I  Acajou. 

Emplois.  —  Bon  pour  meubles,  plates-formes  de  moulins, 
chevilles  McTurk  .  N'est  jamais  attaqué  par  les  vers  ni  par 
le  champignon  Merulius  lacrymans  Rodwa^  .  Bon  pour 
comptoirs  dfl  magasin;    peul  être  obtenu  facilement  jusqv 


120  H.    STONE 

13  à  17  m.  sur  30  a  65  cm.  d'équarrissage  (Bell).  Bon  pour 
charpentes,  machines  ;  résistant  suffisamment  dans  tous  les 
sens  (Bassières). 

N°  1959  C. 

La  coupe  transversale  de  Noerdlinger  et  l'échantillon  de 
Lyon,  série  II,  n°  251. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dun  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne  et  de  couleur  (pour  Téch.  251)  brun  grisâtre 
clair  ;  grain  très  gros. 

Ecorce.  Aubier.  Moelle  ? 

Structure  du  hois.  —  Section  transversale. 

Couches  très  bien  délimitées  par  les  lignes  du  parenchyme. 
(Ces  lignes  sont  souvent  répétées  à  de  petits  intervalles,  et 
forment  en  apparence  des  limites  doubles,  mais  c'est  peut- 
être  une  particularité  de  l'échantillon  de  Lyon.) 

Vaisseaux  facilement  visibles,  grands,  jusqu'à  0  mm.  2  de 
diamètre. 

Rayons  plutôt  larges  pour  un  bois  de  Légumineuse  ;  écartés 
les  uns  des  autres  d'une  distance  inférieure  au  diamètre  d'un 
gros  vaisseau,  parfois  trois  rayons  se  trouvant  dans  le  même 
intervalle.  Ils  se  courbent  en  traversant  les  limites  des 
couches  ;  très  effilés  aux  deux  extrémités,  où  ils  sont  de  cou- 
leur grisâtre  comme  les  fibres  ;  mais  au  milieu  où  ils  sont 
larges,  ils  ont  une  couleur  rouge,  ce  qui  leur  donne  un  aspect 
bigarré. 

Parenchyme  a  visible,  entourant  les  vaisseaux  et  s'étendant 
en  ailes  qui  n'arrivent  pas  jusqu'aux  lignes  concentriques,  et 
h  très  apparent  simulant  les  limites  des  couches. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  blanchâtres,  très  gros. 

Section  tangentielle.  —  Surface  plus  soyeuse  que  la  radiale. 
Les  vaisseaux  sont  encore  plus  gros,  et  les  lignes  du  Ph  très 
apparentes  et  d'un  aspect  curieux  lorsqu'elles  sont  doubles. 
Les  rayons,  quoique  très  petits,  sont  tellement  nombreux  qu'ils 
produisent  un  effet  moiré  soyeux  sur  la  coupe. 

Note.     Plusieurs    autres    Hymensea    non     indigènes   de    la    Guyane 
doivent  être  pris  en  considération  lorsqu'on  ne  connaît   pas    la  prove- 


BOIS    T'TILES   DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  121 

nance  de  l'échantillon,  tels  que:  H.  mirabilis,  cité  par  da  Gama  ;  H. 
stirjnocarpa  Mart.  non  Ein.  et  H.  stilbocarpa  Hayne,  cités  par  Pareira, 
pp.  54  et  55,  et  Grisard,  1894,  I,  p.  541. 

Références:  Wiesner,  p.  85  ;  McTurk,  n°  37  ;  Bassières,  p.  98;  Des- 
courtilz,  V,  p.  208;  Bell,  p.  9  ;  Miers,  ms.  ;  Rodriguès,  p.  158;  Allemao, 
p.  27;  Grisard,  1894,  I,  p.  541;  Bull.  Econom.  Cochinchine,  1901. 
p.  712;  Dumonteil,  1823,  pp.  152  et  160;  Comm.  de  Brest,  p.  180;  Sa- 
got,  p.  227;  Préfontaine,  p.  169;  de  Lanessan,  p.  546;  Silva,  ms.  ;  da 
Gaina,  1865,  p.  118;Guibourt,  III,  p.  333;  Stone  et  Fr.,  p.  82;  Stone,  T, 
ofC,  pi.  VII,  fig.  56. 

Crudia  grandiflora  Bth.,  n°  1963  A. 

Synonyme  :  Eperua  [Parivoa)  grandiflora  Aubl. 

Aublet,  p.  757  :  Parivoa  grandiflora,  Vouapa  (Galibis).  Ecorce  épaisse, 
lisse,  blanchâtre;  bois  rougeâtre,  très  solide  et  compact.  Bon  pour  con- 
struction, pilotis  ;  de  très  grande  durée. 

De  Lanessan,  p.  133  :  Bois  dur;  employé  par  les  Indiens  pour  instru- 
ments de  musique. 

Crudia  Parivoa  DC,  n°  1963  B. 
Synonyme  :  Parivoa  tomentosa  Aubl. 

Aublet,  p.  759  :  Vouapa;  écorce  lisse,  grisâtre;  bois  rougeâtre. 
Iluber,  p.  177  :  Jutahyrana  (Amazones,  terme  gén.). 

Crudia  aromatica  Willd,  n°  1963  G. 

Svnonvme  :   Touchiroa  aromatica  Aubl. 

Aublet,  p.  385:  Moutouchiroa  (Galibis);  écorce  grisâtre;  bois  blanc, 
peu  compact,  léger  et  un  peu  aromatique. 

Miers,  ms.  Peut  être  obtenu  jusqu'à  17  m.  sur  60  cm.  de  diamètre. 

Crudia  Apalatoa  Steud.,  n°  1963  D. 

Synonyme  :  Apalatoa  spicata  Aubl. 

Aublet,  p.  383:  Apalatoa  Galibis  :  écorce  lisse,  grisâtre;  bois  blan- 
châtre. 

TRIBU  XVII.  —  CYNOMÉTRÉES 

Copaifera,  q°  1967. 

Les  deux  espèces  suivantes  Boni  presque  tou  ours  confon- 
dues SiveclePeltopyrie   v.  I 938  A   el  elles  sonl  souvent  i 


1 22  H.    STONE 

sous  le   nom  de   Copaifera   bracteata    var.    pubifîora,   syno- 
nyme qui  ne  se  trouve  pas  dans  l'Index. 

Copaifera  bracteata  Bth.,  n°1967  A. 

De  Lanessan,  p.  132  :  Bois  violet,  Amarante,  Simiridis  des  Galibis  et 
des  Ait.  Ce  bois  est  compact,  pesant,  d'une  texture  très  fine  disposée 
en  lignes  ondulées;  nouvellement  coupé,  il  est  d'un  gris  foncé,  qui 
passe  rapidement,  à  l'air,  au  violet  uniforme.  Le  véritable  Bois  violet 
est  plus  rare  ;  il  s'en  distingue  par  ses  veines  tranchées. 

Niederlein,  p.  3  :  Saint-Martin  soufré  (Guyane). 

Voir  aussi  des  citations  aun°  1958. 

Copaifera  pubiflora  Lindl.,  1967  B.  (Ne  se  trouve  pas  dans 
l'Index  ;  est-ce  celui  de  Bth.) 

De  Lanessan,  p.  132;  Bois  Amarante  d'une  solidité  et  d'une  élasticité 
à  toute  épreuve  ;  bon  pour  plates-formes  de  pièces  d'artillerie,  etc. 

Niederlein,  p.  3  ;  Saint-Martin,  Bagot  (Guyane,  v.  1958  C),  Zapotero 
morado,  Z.  Negro  (Brésil). 

Copaifera  guianensis  Desf.,  n°  1967  G. 

Sagot,  Catal.,  p.  319:  Fréquent. 

Cynometra  Hostmannii  Tul.,  n°  1971. 

Sagot,  p.  904:  C.  Hostmanniana  Tul.  Bois  Bagot  (v.  1958  C),  Zeedrat 
(Surinam);  aubier  blanc;  cœur  beau  pourpre.  Le  feuillage  rappelle 
celui  de  Courbaril. 

Il  faut  noter  que  les  feuilles  du  Peltogyne  venosa  (1958  B) 
ont  aussi  une  grande  ressemblance  avec  celle  de  cette  espèce. 


TRIBU  XVIII.  —  DIMORPHANDRÉES 

Dimorphandra  Mora  Bth.  et  Hook,  n°  1975  A. 

Synonymie  :  D.  excelsa  Baill.  ;  D.  guianensis  Baill.  ;  Mora 
excelsa  Baill.  et  Bth. 

Je  ne  puis  affirmer  que  ce  bois  soit  indigène  de  la  Guyane 
Française.  Grisard  dit  qu'il  y  est  rare.  Sagot  déclare  n'avoir 


BOTS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  123 

trouvé  aucun  échantillon  dans  les  herbiers.  Dans  son  Cata- 
logue, p.  321,  il  se  borne  à  dire  que  cet  arbre  se  trouve  pro- 
bablement dans  le  haut  des  rivières.  Niederlein,  en  revanche, 
le  cite  dans  une  liste  d'échantillons  de  la  Guyane  envoyés  à 
l'Exposition  de  BulTalo,  en  1911. 

Noms  vulgaires:  Mora  (Bell).  Moreira  (Amaz.  :  Miers). 
Moral  (Boulger).  Mahot  rouge  (Guyane;  Niederlein).  Peto 
(Surinam  ;  Berkhout).  Muro  (Trinité  ;  Devenish).  Ce  n'est  pas 
le  Mora-balli  (4508  E),  ni  le  Morabucquia  (1975  B),  mais  ce 
dernier  lui  ressemble  beaucoup. 

Je  ne  puis  affirmer  que  le  Moera  de  l'Icones  lignorum, 
pi.  LXIV,  fig.  7,  soit  cette  espèce.  Presque  tous  ces  noms 
sont  dune  application  générale  ;  le  mot  Mora  veut  dire  Mûrier 
pour  la  plupart,  mais,  comme  cet  arbre  n'a  rien  de  commun 
avec  Dimorphandra,  je  pense  qu'il  se  rapporte  plutôt  à  Muira, 
qui  veut  dire  bois  dans  le  dialecte  des  indigènes  du  Brésil. 

L'échantillon  de  Bell  a  été  déterminé  d'après  les  feuilles  et 
les  fruits  par  le  Dr  Freeman. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  de  couleur 
brun  rougeàtre,  strié  de  lignes  blanches  et  brunes  ;  grain  gros  ; 
surface  un  peu  luisante,  fonçant  légèrement  à  l'air.  La  nuance 
de  la  section  transversale  est  beaucoup  plus  foncée  que  celle 
des  autres  coupes. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  de  0,91 1  à  1 ,096  :  dureté, 
celle  du  Buis  ;  force,  3970  si  le  Chêne  =  890  (Glavimans, 
cité  par  Berkhout).  Odeur  à  sec  nulle.  Saveur  extrêmement 
amère,  astringente,  se  développant  lentement  sur  la  langue. 
Solution  aqueuse  de  couleur  brun  foncé.  Le  l><>i^  brûle  bien 
en  pétillant  beaucoup. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  de  3  mm.  environ,  dur 
brune  et  tombant  en  plaques  arrondies.  Lasurfacede  labûche 
est  lisse. 

Structure  du  bois.  — Aubier  de  jaunâtre  k  brun  clair;  bien 
délimité  du  cœur  ;  épais  dr  •">  cm ,  em  iron. 

Section  transversale.      -Couches  bien  délimitées,  mais  p 
très  apparentes  ;   les  fines  lignes   du  parenchyme  en  sont  les 
Limites 


124  H.    STONE 

Vaisseaux  très  apparents,  grands,  de  0  mm.  2o  ;  peu 
variables;  distribués  également  sur  toute  la  coupe,  de  17  à  40 
par  mm.  Ils  sont  simples  ou  par  groupes  de  1  à  6,  et  peuvent 
contenir  tour  à  tour  soit  de  la  gomme,  soit  une  matière  blanche 
ou  des  thvlles. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  fins,  uniformes,  équidistants, 
écartés  les  uns  des  autres  dune  distance  égale  au  diamètre 
d'un  gros  vaisseau  ;  de  5  à  7  par  mm.  Ils  ont  à  peu  près  la 
même  couleur  que  celle  du  Pa. 

Parenchyme  très  apparent  ;  a  abondant,  entourant  les  vais- 
seaux en  larges  taches  et  les  unissant  en  lignes  obliques  ou 
concentriques  ;  b  représenté  par  la  fine  ligne  qui  limite  les 
couches. 

Le  parenchyme  de  la  partie  de  l'aubier  la  plus  proche  du 
cœur  commence  à  se  colorer  avant  les  autres  tissus. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  apparents  à  cause  des 
bordures  d'un  brun  clair  du  Pa  et  de  leur  contenu  blanc. 

Section  tangentielle.  —  Gomme  la  radiale,  mais  les  vaisseaux 
vus  à  la  loupe  donnent  l'apparence  du  bois  de  Palmier.  Le  Pa 
est  très  apparent  et  occupe  la  moitié  de  la  surface. 

Emplois.  —  L'un  des  bois  les  plus  importants  de  la  Guyane 
Anglaise.  Schomburgh  en  fait  les  plus  grands  éloges.  Miers 
cite  deux  variétés  ;  l'une  rouge  et  l'autre  blanche.  Résistant 
et  tenace,  plus  durable  que  le  Teck  ;  architecture,  navires, 
pilotis,  d'après  Laslett,  qui  donne  des  essais  de  résistance.  Ne 
fait  pas  d'éclats  et  résiste  au  Merulius  lacrymans  (pourriture 
sèche,  Miers).  Cependant  il  ne  résiste  pas  au  T credo  d'après 
l'échantillon  n°  1  du  Mus.  de  Kew.  L'un  des  meilleurs  bois 
pour  traverses,  pavages,  etc.  (Bell).  Berkhout  cite  de  très 
mauvaises  expériences,  mais  je  crois  qu'elles  ont  été  faites  sur 
des  espèces  qui  sont  confondues  avec  le  Mora.  Peut  être 
obtenu  jusqu'à  6  à  12  m.  sur  30  à  50  cm.  d'équarrissage  ;  il 
peut  atteindre  une  hauteur  de  oO  m.  (McTurk).  Lorsqu'il  est 
grand,  il  est  souvent  creux  (Morris). 

Éch.  types  :  65,  2721  Bell  ;  2312,  2564  Laslett  ;  2632  Berkhout  ;  la  sec- 
tion de  Noerdlinger. 
Icônes  :  Stone,  T.   of  C,  pi.  VI,  fig.  52  et  p.  94. 


MOIS    UTILES    DE    f,A    GUYANE    FRANÇAISE  1  2o 

Références  :  Lasletl,  p.  275;  le  même,  p.  450  ;  McTurk,  n°  60;  Bell, 
p.  8;  Grisard,  1894,  I,  p.  463;  Niederlein,  p.  2;  Sag-ot,  Catal.,  p.  321  ; 
le  même  (Richesses),    p.  924  ;   Berkhout,   p.  27;   Stone  et    Fr.,  p.  66. 


Morabucquia,  n°  1975  B. 

Ce  bois  ressemble  beaucoup  au  Mora.  Le  Dr  Freeman  a 
constaté  la  parenté  des  deux  espèces,  mais  n'est  pas  arrivé  à 
une  détermination  exacte,  malgré  les  feuilles  et  les  fruits  qui 
accompagnaient  l'échantillon  de  Bell.  Sa  structure  a  beaucoup 
de  rapport  avec  celle  du  Peltogync,  mais  sa  ressemblance 
superficielle  avec  le  Mora  est  tellement  frappante  que,  lors- 
qu'on se  trouve  en  face  de  ces  deux  bois,  on  peut  à  peine  les 
distinguer  l'un  de  l'autre. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  d'une  couleur 
rougeàtre,  parfois  rayée. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  de  0,980  à  1 .072  ;  dure!*1, 
celle  du  Buis.  Odeur  à  sec  nulle.  Saveur  extrêmement  forte, 
amère,  astringente. 

Caractères  de  Vècorce.  —  Ecorce  épaisse  de  2  à  3  mm.  envi- 
ron, lisse,  dure,  ligneuse.  En  section  transversale,  elle  est  tra- 
versée par  des  corps  triangulaires  rouges  dont  les  bases  sont 
tournées  vers  l'extérieur  et  les  sommets  opposés  aux  extré- 
mités des  rayons  du  bois.  La  partie  extérieure  de  l'écorce 
tombe  en  plaques  irrégulières,  découvrant  des  taches  rouges 
de  la  couche  sous-jacenle.  La  surface  de  la  bûche  est  fine- 
ment striée. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  brun  clair,  bien  délimité  du 
cœur,  mais  non  brusquement;  épais  de  '1  en».  '»  à  i  cm,  envi- 
ron. 

La  structure  ressemble  à  celle  du  n°  1958  A.  a  part  les 
différences  suivantes  :  le  parenchyme  s.-  présente  en  li_  - 
tangentielles  s'anastomosanl  çà  e(  la.  Les  vaisseaux  son( 
souvent  remplis  de  matière  blanche.  Sur  la  coupe  radiale,  les 
vaisseaux  sont  à  peine  visibles,  saul  Lorsqu  ils  sonl  blancs  : 
les  rayons,  parfois  assez  apparents,  donnent  un  euel  moucheb 

à   la  COUpe. 

Emplois.   —    Les    mêmes  que       eux   du    Mora.    D'api 


126  II.     STONE 

McTurk,  peut  être  obtenu  jusqu'à  17  m.  sur  55  cm.  d'équar- 
rissage.  D'après  Laslett,  non  durable. 

Beau  bois,  se  fend  facilement  ;  dur  à  travailler. 

Éch.  types:  67,  2728  Bell. 

Références  :  McTurk,  p.  6;  Laslett,  p.  19;  Stone  et  Fr.,  p.  68. 


SOUS-FAMILLE    III.  —   MIMOSEES 


TRIBU  XIX.  —  PARKIEES 
Pentaclethra  filamentosa  Bth.,  n°  1978  A. 

Synonyme:  P.  brevifolia  Bth. 

Noms  vulgaires  :  Bois  mulâtre,  Wild  Tamarind  à  la  Trinité, 
Palo  mulato  au  Venez.  (Grisard).  Trysil,  Koorooballi  (Bell), 
non  Kooroobovelli,  qui  est  l'espèce  suivante.  Trisle  (Rodway). 
Parana-cache  au  Brésil  (Miers).  Gavilan  à  Costa-Rica  (Pit- 
tier).  Paranachy,  Paranakochy  au  Brésil  (Rodriguès).  Para- 
cachy  (Amazones  :  Huber). 

Je  suis  porté  à  croire  que  le  bois  Amarante  de  Roubo  (v. 
1958)  est  cette  espèce,  à  cause  des  pores  blancs  qu'il  présente 
et  qui  caractérisent  l'espèce. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  rouge  foncé. 
D'après  Miers,  brun  rouge  pourpre,  bigarré  de  nombreuses 
taches  foncées.  D'après  Bell,  brun  rouge  bigarré.  Surface  un 
peu  luisante,  fonçant  légèrement  à  l'air  ;  grain  gros.  La 
nuance  de  la  coupe  transversale  est  beaucoup  plus  foncée  que 
celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,800  ;  dureté,  celle  de 
l'Acajou.  Sans  odeur  ;  saveur  astringente. 

Caractères  de  ïécorce.  —  Epaisse  de  2  cm.  5  environ, 
d'après  Miers.  La  surface  de  la  bûche  est  finement  ridée. 

Structure  du  bois.  —  Aubier  blanc  rougeâtre  ou  couleur  de 
pain  bis  ;  bien  délimité  du  cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  parfois  délimitées  ;  les 
fines  lignes  du  parenchyme  pourraient  être  les  limites. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  127 

Vaisseaux  visibles,  même  très  apparents  à  cause  de  leur 
grandeur  et  de  leur  contenu  blanc  ;  la  plupart  simples,  beau- 
coup par  paires,  et  quelques-uns  en  groupes  subdivisés  irré- 
gulièrement de  4  à  5  vaisseaux  ;  mais  pas  de  groupes  linéaires. 

Ravons  très  difficiles  à  voir,  même  à  la  loupe,  et  écartés  les 
uns  des  autres  dune  distance  moindre  que  le  diamètre  d'un 
gros  vaisseau. 

Parenchyme  a  entourant  les  vaisseaux  ;  les  lignes  limitant 
les  couches  pourraient  être  le  P/>. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  en  gros  sillons  plus  foncés 
que  le  fond,  souvent  remplis  de  matière  blanche,  ou  de 
gomme  rouge  ou  foncée. 

Emplois.  —  Bon  pour  construction,  mâts,  chauffage,  peut 
être  obtenu  jusqu'à  13  m.  sur  30  cm.  d'équarrissage  (Bell). 

Beau  bois  se  travaillant  bien,  quoique  dur. 

Ech.  type:  55,  2711  Bell. 

Références  ;  Bell,  n°  55  ;  Miers,  ms.  ;  Stone  et  Fr.,  p.  56. 

Kooroobovelli  (Bell),  n°  1978  B. 

Non  déterminé,  mais  très  voisin  du  Pentaclethrn .  quoique 
les  feuilles  et  les  fruits  ne  soient  pas  les  mêmes.  Quant  au 
bois,  la  saveur  seule  peut  indiquer  une  différence  d'espèce. 
L'écorce  est  beaucoup  plus  mince. 

Noms  vulgaires  :  Purpleheart(Bell).  Kooroobovilli (McTurk 
Ces  deux  noms  signifient  «  Cœur  pourpre  » . 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d  une 
dureté  moyenne,  de  couleur  acajou.  Malgré  La  signification 
des  noms  populaires,  je  n'ai  pas  remarqué  de  teinte  pourpre. 
Surface  luisante  et  mate,  tour  à  tour  par  taches  :  grain  el 

«  à  rebours  ». 

Bois    Légèrement   imprégné  de    gomme-résine     Bassières 
Mais  est-ce  cette  espèce  ? 

Caractères  physiques.  —   Densité,  0,711  :  «lui         celle  d 
L'Erable.  Sans  odeur  ni  saveur.  S.-   fend   avec  Facilité,  dur  - 

travailler  et   émousse  les  "utils. 

Caractères  de  l'écorce,  —Semblable  àcelledull 
de  -  a  3  mm.  Elle  est  formée  de  l'épiderme  el  de  deus  i  ouch 


128  H,    STONE 

pouvant  se  séparer  aisément.    La    couche   interne    est  plutôt 
dure,  fibreuse;  l'externe,  très  dure. 

Structure  du  bois.  —  Comme  celle  de  l'espèce  précédente. 
L'aubier  est  de  couleur  de  pain  bis,  épais  de  2cm.  5  environ  ; 
assez  bien  délimité  du  cœur. 

Éch.  type  :  55,  2729  Bell. 

Références  :  Bell,  p.  9;  Bassières,  p.  96  ;  Stone  et  Fr.,  74. 

Hoobooballi  var.  2  (Bell  et  McTurk),  n°  1978  G. 

Voir  Clef  au  n°  1984.  Non  déterminé. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne,  de  couleur  brunâtre  ou  brun  blanchâtre, 
rayée  de  noirâtre.  La  coupe  transversale  est  traversée  par  des 
lignes  noirâtres  irrégulièrement  concentriques  et  fortement 
ondulées.  Surface  brillante.  La  nuance  de  la  coupe  transver- 
sale est  légèrement  plus  foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,651  ;  dureté,  celle  du 
Cerisier.  Sans  odeur  ni  saveur. 

Caractères  de  l'écorce.  —  Epaisse  de  3  à  7  mm.  environ, 
formée  de  deux  couches  ;  l'interne  est  de  couleur  brun  cho- 
colat, plutôt  ligneuse,  présentant  des  fragments  de  rayons  ; 
l'externe  est  mince,  rugueuse,  et  tombe  en  petites  écailles  qui 
sont  bien  délimitées  en  section.  D'après  McTurk,  elle  contient 
une  gomme  poisseuse,  qu  on  peut  retrouver  sèche  sous  l'écorce 
des  vieux  échantillons. 

Structure  du  bois.  —  La  structure  ressemble  à  celle  du 
n°  1978  A,  à  part  les  différences  suivantes  :  l'aubier  est  moins 
rougeâtre  et  légèrement  plus  clair  que  le  cœur  ;  bien  déli- 
mité ;  épaisseur  de  7  cm.  5  environ. 

Section  transversale.  —  Couches  très  values.  Les  bandes 
noirâtres  ne  concordent  pas  avec  la  structure. 

Vaisseaux  visibles  à  peine,  comme  des  piqûres. 

Les  lignes  concentriques  du  parenchyme  n'existent  pas. 

Section  radiale.  —  Les  vaisseaux  laissent  exsuder  de  la 
gomme  en  petites  gouttes.  Rayons  très  étroits,  et  néanmoins 
très  apparents. 

Emplois.  —  Peut  être  obtenu  facilement  jusqu'à  10  m.  sur 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE:  1  2λ 

3o  cm.  d'équarrissage  (Bell).  Bon  pour  bordages  sous  l'eau, 
où  il  dure  beaucoup  plus  longtemps  que  n'importe  quel 
autre  bois  (McTurk). 

Éch.  type:  35,  2691  bell. 

Références:  McTurk,  p.  5;  Stone  et  Fr. ,  p.  35. 

HyariCalli  (Bell),  n°  1978  D. 

Ce  bois  a  la  structure  du  Pentaclelhra.  Je  le  place  ici  sous 
réserves. 

Caractères  généraux.  —  Bois  d'un  poids  moyen  et  d'une 
dureté  moyenne  ;  de  couleur  brun  noisette,  quelquefois  légè- 
rement rayée.  Surface  brillante,  fonçant  un  peu  à  l'air.  La 
nuance  de  la  coupe  transversale  est  tant  soit  peu  plus  foncée 
que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,750  ;  dureté,  celle  du 
Teck.  Sans  odeur  ni  saveur. 

Ecorce  inconnue.  La  surface  de  la  bûche  est  lisse. 

Structure  du  bois.  —  La  structure  ressemble  à  celle  du  n* 
1978  A,  à  part  les  différences  suivantes.  (Voir  Clef.  p.  lu  et 
pi.  VII,  fig.  19.) 

L'aubier  est  très  étroit  et  très  brusquement  délimité  du 
cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  bien  délimitées  par  des 
zones  de  différentes  densités;  contour  régulier. 

Vaisseaux  visibles  à  cause  de  leurs  bords  clairs. 

Rayons  à  peine  visibles. 

Section  radiale.  — Vaisseaux  se  présentant  en  lins  sillons. 
Les  rayons,  quoique  étroits,  sont  bien  apparents,  car  ils 
tranchent  bien  sur  le  fond  brillant.  Couches  indiqu  par 
des  raies  en  couleur. 

Emplois.  —  Bon  bois  pour  meubles;  peut  êtn         ilemeni 
obtenu  jusqu'à   10  à   1 3   m.  sur  20  à    22  cm.   d'équarriss 
(Bell). 

Joli  bois  facile  a  travailler  :  mais,  se  fendanl  facilement,  il 
ne  convient  ni  au  rabot  ni  au  tour. 

Annules  du  Musée  cnloniul  <h-  \Lu*>-t[le.       3«  êérit      '  9 


130  ti.    STONE 

Éch.  type  ;  39,  2695  Bell. 
Référence  ;  Stone  et  Fr.,  p.  39. 


Fukadie,  Phokadie  (Bell),  n°  1978  E. 

Ce  bois  a  la  structure  de  Penlaclethra. 

Caractères  généraux.  —  Bois  lourd  et  dur,  de  couleur 
brune.  D'après  Bell,  de  couleur  brune  et  parfois  déteinte  verte. 

Grain  gros,  ouvert.  Surface  légèrement  luisante. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,905  ;  dureté,  celle  du 
Bois  de  Lance.  Sans  odeur  ni  saveur. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  de  8  à  10  mm.,  tombant 
en  grandes  plaques  épaisses,  irrégulières  ;  épidémie  dur  et 
cassant.  L'intérieur  est  finement  stratifié  et  se  sépare  facile- 
ment en  fibres,  comme  du  chanvre.  La  surface  de  la  bûche 
est  striée. 

Structure  du  bois.  —  La  structure  ressemble  à  celle  du  n° 
1978  A;  à  parties  différences  indiquées  p.   132. 

Aubier  brun,  non  différencié  du  cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  bien  délimitées  ;  les  lignes 
visibles  du  parenchyme  en  forment  les  limites  ;  contour 
ondulé,   irrégulier. 

Vaisseaux  visibles  comme  de  grandes  piqûres  ;  leur  gran- 
deur ne  diminue  pas  dans  l'intérieur  de  la  couche,  mais  avec 
l'âge  de  l'arbre  ;  ils  augmentent  de  diamètre  suivant  les 
couches.  Ils  sont  distribués  inégalement,  et,  dans  les  couches 
bien  développées,  ils  ont  une  tendance  à  se  disposer  en  lignes 
obliques  ;  simples  ou  en  groupes  ovales  de  2  à  4  vaisseaux. 

Rayons  à  peine  visibles,  fins,  clairs,  uniformes,  écartés  les 
uns  des  autres  d'une  distance  moindre  que  le  diamètre  d'un 
gros  vaisseau  et  s'écartant  au  niveau  de  ces  vaisseaux. 

Le  parenchyme  a  se  présente  en  taches  à  côté  des  vaisseaux. 
Section  radiale.  —  Vaisseaux  en  gros  sillons,  avec  cloisons 
bien  visibles.   Rayons  fins,  très  peu  apparents. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  le  grain 
est  beaucoup  plus  fin,  car  les  groupes  de  vaisseaux  sont  cou- 
pés dans  le  sens  du  plus  petit  diamètre.  Rayons  très  petits, 
0  mm.  5  de  hauteur. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  l31 

Emplois.  —  Peut  être  obtenu  facilement  jusqu'à  10  m.  sur 
30  cm.  d'équarrissage  (Bell).  Se  fend  facilement  et  un  peu  dur 
à  travailler  ;  polissage  médiocre. 

Éch.  type:  71,  2727  Bell. 
Référence:  Stone  et  Fr.,  72. 

Hooroowassa  (Bell),  n°  1978  F. 

Ce  bois  a  encore  la  structure  du  Pentaclelhra.  Ce  n'est  pas 
le  Huruwassa  ou  Soapwood,  qui  est  le  Sapindus  Saponaria 
cité  dans  le  Catalogue  de  l'Exposition  de  Paris,  1867,  p.  27. 

Caractères  généraux.  —  Bois  plutôt  léger,  mou,  de  couleur 
rouge  clair  ;  surface  brillante  fonçant  légèrement  à  l'air  ;  grain 
très  gros.  La  structure  est  facilement  visible.  La  nuance  de  la 
coupe  transversale  est  légèrement  plus  foncée  que  celle  des 
autres  sections. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,643  ;  dureté,  celle  du 
Cerisier.  Sans  odeur  ni  saveur. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  de  6  à  10  mm.,  tombant 
en  plaques  irrégulières,  légères  et  très  molles.  L'intérieur  est 
stratifié  et  ressemble  au  liber.  La  surface  de  la  bûche  est  can- 
nelée en  sillons  peu  profonds. 

Structure  du  bois.  —  La  structure  ressemble  à  celle  du  n° 
1978  A;  à  part  les   différences  suivantes.  (Voir  Clef,  p.  132.) 

L'aubier  n'est  pas  bien  différencié  du  cœur,  de  2  cm.  5  à 
4  cm.  5  d'épaisseur  ;  couleur  de  pain  bis. 

Section  transversale.  —  Vaisseaux  visibles  et  même  très 
apparents,  comme  des  piqûres;  parfois  les  groupes  peuvent  se 
composer  de  lo  vaisseaux,  les  parois  qui  subdivisent  ces 
groupes  se  dirigeant  dans  tous  Les  sens  :  groupes  radiaux  rares. 
Les  vaisseaux  sont  vides  pour  la  plupart. 

Les  fines  lignes  concentriques  du  parenchyme  sont  rares. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  eu  gros  sillons  vides,  «•!  de 
même  couleur  que  1<-  fond.  Rayons  à  peine  visibles  Lorsqu'ils 
sont  humectés. 

Emplois.  —  Sert  aux  mêmes  os         que  Le  Mora    1973  A 
peut  être  obtenu   facilemenl  jusqu'à  lo   m.   sui  33  cm, 


132  H.    STOîsE 

d'équarrissage.  Les  bûches  de  grandes  dimensions  sont  ordi- 
nairement «  en  retour  »  (Bell). 

Éch.  type  :  37,  2693  Bell. 
Référence:  StoneelFr.,  p.  38. 

Clef  pour  les  bois  qui  ressemblent  au  Pentaclethra. 

A  comparer  avec  la  pi.  VII,  fig\  19. 

1.  Vaisseaux,  çà  et  là,  contenantune  matière  blanche. 

1.1.  Saveur     astringente.     Pentaclethra    fdamentosa, 

1978  A. 

1.2.  Saveur  nulle.  Kooroohovelli,  1978  B. 

2.  Vaisseaux  sans  matière  blanche. 

2.1.  Vaisseaux  visibles  à   cause  des  bords  clairs   du 

parenchyme  ;  le  bois  est  de  couleur  brun  noi- 
sette rayé.  En  coupe  radiale,  les  rayons 
tranchent  bien  sur  le  fond.  Hyariballi,  1978  D. 

2.2.  Vaisseaux  visibles  comme  des  piqûres. 

2.2.1.  Bois  blanchâtre  avec  zones  noirâtres  irrégulières. 

Hoobooballi,  1978  C. 

2.2.2.  Bois  brun   quelquefois   teinté  de    vert.  Fukadie, 

1978  E. 

2.2.3.  Bois  rouge  clair,  surface  brillante.  Hooroowassa, 

1978  F. 

TRIBU  XX.  —  P1PTADÉNIÉES 

Entada  polystachya  DC,  n°  1980. 

Synonyme  :  Mimosa  bipennata  Aublet  (p.  946). 

TRIBU  XXI.  —  ADÉNANTHÉRÉES 
Stryphnodendron  guianense  Bth.,  n°  1984. 

Synonyme  :  Mimosa  guianensis  Aubl. 

Noms  vulgaires  :  Gassie  de  la  Guyane  (Aublet).  Boise  Zébra 
(Musée  de  Lyon).  Bois  Serpent  (Musée  Colon,  de  Mars.). 
Hooboobally,  Surinam  Snakewood  (Devenish).  Pashaco  (Cor- 


ROIS    UTILES    DE    LA    CUTANE    FRANÇAISE  133 

rêa).  Slang  houdou,  Sncki  housou,  Bousi  tamarin  (Surinam  ; 
Bremer).  Puta  locus  (Surinam  :  Fuente).  Ce  n'est  pas  le  Hoo- 
booballi  de  Stone  et  Fr.,  p.  35  (v.  1978  C),  ni  de  Stone,  T.  of 
67. ,  p.  98  (v.  2333  J),  où  le  nom  Cassie  est  cité  par  erreur. 
Ce  n'est  pas  non  plus  le  Bois  Case  (v.  2008),  mais  probable- 
ment le  bois  Casse  de  Dumonteil. 

Ces  trois  bois  (les  deux  Hoobooballi  et  le  Cassie),  sans 
l'aide  de  la  loupe,  sont  très  difficiles  à  distinguer  les  uns  des 
autres.  J'ai  déterminé  l'espèce  présente  d'après  le  bois, 
l'écorce  et  les  feuilles.  Le  Moutouchi  de  Guibourt  (1837  var. 
2)  pourrait  appartenir  à  cette  espèce,  si  toutefois  il  n'est  pas 
trop  léger.  Je  ne  connais  aucun  autre  bois  qui  corresponde- 
aussi  bien  avec  la  comparaison  de  Guibourt,  «  un  dessin  de 
carte  géographique  en  couleur  ».  Varenne-Fenille  cite  un  Bois 
Grenadille  qui  paraît  être  voisin  de  notre  espèce,  tandis  que 
le  Bois  Serpent  de  Niederlein  est  un  Clusia. 

Les  trois  Hoobooballi  peuvent  être  distingués,  comme  suit  : 
1  .        En  section  transversale,  le  parenchyme  se  présente 
en  lignes  concentriques  continues. 

1.1.  Les  lignes  sont  visibles,  même  très   apparentes. 

Stryphnodendron  cruianense,  1984. 

1.2.  Les  lignes    sont   excessivement   fines   et   visibles 

seulement  à  la  loupe.  Lecythis  sp.,  2333  J. 
2.        Pas  de  lignes  concentriques  du  parenchyme.  Hoo- 
booballi de  Bell,  1978  C. 

Provenance  :  Guyane  Française. 

V  * 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  de  couleur  blan- 
châtre, jaune  ou  même  brun  foncé,  largement  rayée  de  bandes 
rougeàtres  ou  pourpres,  d'une  manière  très  curieuse  ;  grain 
très  gros.  Surface  un  peu  luisante,  fonçant  légèrement  à  1  air. 
La  nuance  de  la  coupe  transversale  est  beaucoup  plus  fon< 
que   celle   des   autres    sections.    Aublet    dit  que    la    couleur  est 

blanche.  Probablement  sou  échantillon  était  trop  petit  et  les 
bandes.l.'  couleur  pouvaient  très  bien  être  absentes. 

Caractères  physiques.   —  Densité,  0,783,  «Tapies  Dumon- 
teil ;  dureté,  celle  du  Charme.  S.ms  saveur  ni  odeur. 


134  H.     STONE 

Essais   de  Dumonleil,  p.  154  :   Bois  Casse,  force,  190  ;   élast.,    405  ; 
flexib. ,  3,38  ;  p.  160.  Classe  3,  celle  des  Pins. 


Caractères  de  lécorce  (d'après  l'échantillon  n°  124  Guyane, 
M.  C.  Marseille).  —  Epiderme  grisâtre,  tombant  en  feuilles, 
et  découvrant  une  couche  moyenne  ligneuse,  de  couleur  brun 
rougeâtre  foncé;  en  section,  la  couche  interne  est  de  couleur 
brun  clair  ;  fibreuse,  ligneuse  et  d'une  cassure  nette.  Elle 
montre  les  rayons  en  section.  D'après^  Aublet,  écorce  lisse, 
grisâtre. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  n'est  pas  différencié  du 
cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  délimitées;  les  zones 
sans  vaisseaux,  avec  ou  sans  ligne  de  parenchyme,  en  sont  les 
limites.  Les  zones  noires,  qui  paraissent  comme  des  raies  ver- 
ticales dans  la  pi.  2,  fig.  3,  sont  très  bizarres  et  irrégulières  ; 
elles  n'ont  aucun  rapport  avec  la  structure. 

Vaisseaux  très  apparents,  grands,  peu  nombreux  ;  ils  sont 
simples  ou  par  groupes  de  2  à  3  ;  vides. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  en  lignes  droites 
comme  tracées  à  la  règle  ;  très  nombreux,  3  dans  un  espace 
égal  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau  environ,  mais  ne  sécar- 
tant  pas  au  niveau  de  ces  vaisseaux. 

Parenchyme  d'un  aspect  particulier  ;  a  entoure  largement 
les  vaisseaux  en  taches  irrégulières,  qui  les  unissent  par 
groupes  et  forment  des  lignes  concentriques  entières  sur  le 
bord  extérieur  de  la  couche  ;  de  couleur  brun  clair. 

Section  radiale.  —  Couches  difficiles  à  suivre.  Vaisseaux 
gros,  mais  peu  apparents.  Rayons  très  obscurs,  étroits,  trans- 
lucides, visibles  çà  et  là  comme  des  ombres.  Le  parenchyme 
se  présente  (caractère  important)  en  nombreuses  lignes  paral- 
lèles de  couleur  brun  clair,  très  visibles  (comme  des  stries 
blanches,  sur  la  figure). 

Section  tangentielle  —  Comme  la  radiale,  mais,  en  appa- 
rence, beaucoup  plus  grosse,  car  il  y  a  plus  de  parenchyme 
étalé.  Les  rayons  ne  sont  visibles  qu'au  microscope. 

Emplois.  —  Bon  pour  construction,  meubles  de  fantaisie. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANC  USE  13S 

Éch.    types:  N03  9  et   115  Guyane,  Musée    Col.  Mars.,  n°  127,   série 
II,  Lyon.  Ecorce,  n°  124.  Guyane,  Musée  Col.  Mars. 

Références:  Aublet,  p.  938;  Dumonteil,  p.  4;  Icônes  lignorum. 

On  ne  peut  reconnaître,  ou  on  ne  reconnaît  que  difficile- 
ment Tune  ou  l'autre  de  ces  trois  espèces  sur  les  figures  sans 
aubier  de  l'Icones  lignorum,  pi.  LXX,  '  fig.  6  ;  pi.  LXXI, 
fîg\  1.  Hoeboebalii,  pi.  XLIV,  fïg.  o. 

TRIBU  XXII.  —  EUMIMOSÉES 
Mimosa  viva  Lin.  non  Vell.,  n°  1994  A. 

Aublet,  p.  944. 

•    Mimosa  Geratonia  Lin.,  n°  1994  B. 

Aublet,  p.  945. 

Mimosa  asperata  Lin.  ;  non  Blanco,  n°  1994  C. 

Aublet,  p.  945. 

Mimosa  Pacay  Aubl.,  n°  1994  D. 

Aublet,  p.  946  :  Pacay  (terme  gén.)  Frezier. 

TRIBU  XXIII.  —  ACACIÉES 

Acacia  pennata  Willd.,  n°  1997  A. 

Synonyme:  Mimosa  pennata  Lin.  non  Poir.,  ni  Roxb.  ni 
Russ. 

Acacia  Ouyrarema  DC,  n°  1997  r>. 
Synonyme:  Mimosa  Ouyrarema  Aublet,  p.  '-'tO. 

Acacia  Farnesiana  Willd.,  n°  1997  C. 

-  _<»i.  Catal.,  XIII,  p.  322:  Cultivé  à  la  Guyane, 
!>.■  Willeman,   II,  p.  106:  Boia  d'une  couleur  rouge;  il  \  iviron 

v  i  tga .  par  pied  cul 
De  Laneaean,  p.  136:  Bon  poui  rouea< 


d  36  H.    STONE 

Cordemoy,  II.,  p.  385  :  Cassie,  Cassie  jaune,  Epinard  (Réunion)  pour 
menuiserie,  etc. 

Greshoff,  p.  147  :  Au  Java,  Djepoen  (j),  Nagasar  (non  Nagasari  qui 
est  le  Mesua  ferrea);  Tjakra-tjikri  (Batavia),  terme  commun  aussi  pour 
Melia  Azedarach.  Sario  sit  ?  (j),  Kembang  nagaseri(m),  Garoet  ?  (S).  A 
Sumatra  côte  Ouest,  Boenga  bandara  ;  à  Banda,  Boenga  rnakasa.  Au 
Timor,  Boenga  samarang  ;  aux  Philippines,  Aroma  (sp.).  Welriekende 
Acacia,  West-Indische  Stuîpboom  (Holl.),  Acacie  (Cassie)  odorant 
(Français)  Cassie  flower  (Angl.),  Antillen-Cassie,  Farnesische  Akazie 
(Ail.),  Wabi,  Hoebada  (Indes  Occ.  Holl.),  Dead  finish  (Australie). 

Bois  blanc,  lourd,  serré,  résistant,  se  prêtant  bien  au  polissage; 
employé  dans  l'Inde  pour  piquets,  courbes  de  navires,  etc.  Poids  =  la 
densité,  0,785. 

Bischop,  p.  3.  Wabbi  (Curaçoa). 


On  le  considère  comme  un  «  Bois  puant 


». 


TRIBU  XXIV.  —  INGÉES 

Lysiloma  latisiliqua  Bth.,  n°  1998. 
Synonyme  :  Mimosa  latisiliqua  Aublet,  p.  945. 

Pithecolobium  Unguis-cati  Bth.,  n°  2001  A. 

Synonyme  :  Mimosa  Unguiscati  Lin.  (non  Blanco,niForsk). 

Aublet,  p.  944. 

Pithecolobium  trapezifolium  Bth.,  n°  2001  B. 
Synonyme  :  Mimosa  vagra  Aubl.  non  Lin.  ;  ni  Vell. 

Aublet,  p.  945  :  Guaiba-pocacabiba  (Brésil,  d'après  Marcg.). 
De  Lanessan,  p.  136  :  moins  dur  que  les   P.  Schomhurgkii  et  parvi- 
folium. 

Pithecolobium  parvifolium  Bth.,  n°2001  C. 

De  Lanessan,  loc.  cit.  comme  P.  trapezifolium. 

Pithecolobium  pedicellare  Bth.,  n°  2001  D. 

De  Lanessan:  loc.  cit. 

Pulle,  1907,  p.  90.  Plokoni  (Surinam  :  gén.  aussi  In  a  l'uga  alba). 


HOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  137 

Pithecolobium  corymbosum  Bth.,n°  2001  E. 

De  Lanessan,  loc.  cit. 

Pithecolobium,  n°  2001  F.  (Espèces  diverses  non  déter- 
minées.) 

Sagot,  p.  229;  Bois  macaque  acacia. 
Bassières,  p.  100:  Bois  macaque. 

Martin-Lavigne,  p.  111,  ûg.  42  et  4-3  ;  Plokoni,  peut-être  Pithecolo- 
bium. 

Sa  description  et  ses  figures  concordent  bien  avec  celles  de 
Moll  et  Janssonius,  au  sujet  des  diverses  espèces  de  Pitheco- 
lobium. Les  détails  suivants  proviennent  de  Martin-Lavigne. 
Le  nom  indigène  Plokoni  cité  par  cet  auteur  se  rapporte  à 
nos  2001  D  et  2005  B. 

Caractères  généraux.  —  Bois  de  couleur  blanc  rougeâtre  et 
d'une  dureté  moyenne,  fibreux  et  à  grain  gros  et  ouvert. 

Caractères  physiques.  —  Densité  de  0,783  pour  l'aubier  et 
de  0,814  pour  le  cœur.  Dureté,  celle  du  Châtaignier.  Le  bois 
est  peu  élastique,  car  il  a  des  fibres  courtes  ;  peu  tenace,  se 
fendant  bien  à  la  hache,  peu  homogène  et  assez  poreux,  mais 
cependant  d'une  force  de  résistance  moyenne.  Sans  odeur. 

Décoction  aqueuse  et  macération  alcoolique  à  peine  colorées 
en  jaune  clair  et  limpides. 

Le  bois  brûle  avec  une  fumée  assez  abondante  et  donne 
une  flamme  médiocre. 

Caractères  de  ïécorce.  —  L'écorce,  peu  adhérente  au  bois,  et 
de  couleur  rou^eàtre  extérieurement,  conserve  de  nombreuses 
traces  de  périderme  exfolié  par  plaques  plus  ou  moins  lai- 
et  épaisses.  Sa  cassure  est  rougeàtre,  un  peu  plus  foncée  et 
homogène.  Elle  est  tendre  et  dune  épaisseur  de  i  à  .">  mm. 
Elle  est  pourvue  d'un  liège  externe,  «  très  épais,  dont 
quelques  bandes  avec  éléments  à  parois  fortement  épaissies. 
La  plus  grande  partie  de  IVcorce  est  occupée  par  un  liber 
divisé  par  des  rayons.  Klle  renferme  dans  sa  moitié  externe 
des  paquets  de  fibres  et  de  cellules  scléreuses,  disposés  sans 
ordre,  et  présente  dans  sa  moitié  interne  une  structure  strati- 


138  H.    STONE 

fiée  plus  régulière,  formée  par  bandes  alternatives  de  tissu 
parenchymateux  et  de  fibres;  couleur  rougeàtre  à  l'extérieur 
et  à  l'intérieur. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  de  couleur  jaune  rou- 
ge âtre. 

Moelle.  —  Elle  renferme  de  larges  massifs  de  cellules  sclé- 
reuses. 

Section  transversale.  —  Couches  très  confusément  indiquées 
par  des  zones  de  tissu  plus  compact,  dont  la  nuance  plus 
foncée  diminue  graduellement  vers  le  centre  jusqu'à  la  zone 
suivante. 

Vaisseaux  généralement  isolés  et  situés  surtout  dans  des 
amas  de  tissu  plus  clair,  formant  de  petites  traînées  ondulées 
et  disposées  en  tous  sens.  Ils  sont  quelquefois  groupés  par 
deux  ou  plus.  Diamètre  variable,  de  120  à  250  microns.  3  par 
mmq. 

Rayons  de  dimensions  et  forme  très  variables,  irrégulière- 
ment espacés,  au  nombre  de  o  à  9  par  mm.  Ils  sont  unisériés 
et  souvent  même  bi  ou  tri-sériés. 

Parenchyme.  —  En  dehors  de  l'espace  occupé  par  les  vais- 
seaux, le  Pa  forme  à  peu  près  la  moitié  de  la  masse  ligneuse. 
Il  est  disposé  en  bandes  tangentielles,  courtes,  anastomosées, 
très  irrégulières  et  toujours  plus  abondantes  autour  des  vais- 
seaux. 

Section  radiale  et  tangentielle.  —  Ces  sections  sont  par- 
courues en  longueur  par  de  larges  sillons  irréguliers,  surtout 
dans  l'aubier,  donnant  au  bois  un  aspect  rugueux.  Les  couches 
y  sont  invisibles  et  les  rayons  irréguliers,  peu  apparents, 
même  sur  la  section  radiale.  Dans  les  régions  du  cœur,  on 
distingue  quelques  veines  jaunes  qui  donnent  à  cette  partie 
du  bois  un  léger  reflet  doré.  Hauteur  des  ravons,  de  100  à 
400  microns  sur  20  à  40  de  largeur. 

Enterolobium  Schomburgkii  Bth.,  n°  2002. 
Synonymie  :  Pithecolobium  Schomburgkii  Bth. 

Sagot,  p.  1  :  Bois  macaque  ;  dur  ou  demi-dur. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  139 

Inga  Bourgoni  DC,  n°  2005  A. 
Synonyme  :  Mimosa  Bourgoni  Aubl. 

Aublet,   p.  941  :  Palétuvier  sauvage  ;   Bourgoni  (terme   gén.)  ;   Inga 
(noiragues)  ;  écorce  grisâtre,  épaisse;  bois  blanchâtre,  peu  compact. 
Préfontaine,  p.  198,  mentionne  3  variétés.  [V.  l'espèce  suivante.) 
Dumonteil,  p.  156:   Bourgoni  ;  densité,  0,758  ;  force,  230;  élasticité, 
225;  flexib.,  2,09;  p.  160.  Classe  3. 

Il  ne  faut  pas  confondre  ce  bois  avec  le  «  Pois  sucre  »,  ni 
avec  le  «  Bois  Crapaud  »  du  même  auteur,  qu'il  cite  séparé- 
ment et  dont  les  densités  sont  bien  différentes.  Voir  2005  F 
et  partie  IL 

Sagot,  p.  924:  Bourgouny,  Inga  Bourgoni. 

Cat.  Expos.  Univ.,  1867,  p.  42.  Palétuvier  grand  bois  de  montagne. 
Pérépéré  (Galibis)  Acouribroad  de  Demérary  ;  Arrahonée  des  Galibis  : 
Marsiballi  des  Arrougues. 

Niederlein,  p.  7,  cite  un  Bougoué,  ou  Bois  Crapaud. 

Cette  espèce  n'est  pas  le  Bourgoni  des  teinturiers.  Voir 
2005  B. 

Caractères  de  Vécorce  d'après  l'échantillon  n°  33  Guyane 
Mus.  CM.  Epidémie  jaune  clair  ou  brun,  lisse  avec  des  im- 
pressions semblables  à  celles  qu'on  voit  sur  l'écorce  des  Pla- 
tanes. L/écorce  est  épaisse  de  2  à  3  mm.  ;  sa  structure  est  très 
apparente,  surtout  en  section  longitudinale  ;  elle  est  ligneuse, 
et  se  compose,  moitié  de  fibres  blanches  et  moitié  de  fibres 
brunes  ;  une  seule  couche  sous  l'épidémie.  La  surface  interne 
est  couverte  de  grosses  stries. 

Description  d'un  échantillon  de  bois,  n°  141,  Guyane(Mus. 
Col.  Mars.).  Ce  bois  concorde  avec  la  description  d* Aublet, 
mais  il  est  beaucoup  trop  léger  pour  être  celui  de  Dumonteil. 

(Caractères  généraux.  — Bois  léger  et  mou.  grain  g  lier 
et  un  peu  à  rebours.  Couleur  grise  légèrement  olivâtre  uni- 
forme. Surface  mate  et  luisante  par  place.  Structure  obscure 
en  section  transversale,  dont  la  nuance  est  beaucoup  plus 
foncée  que  celle  des  autres  sections, 

Caractères  physiques*  —  Densité,  0,528  :  dureté,  celle 
de  l'Aune.  S;ms  odeur;  saveur  un  peu  astringente. 


140  TI.     STQNE 

Structure  du  bois.  —  Notre  échantillon  se  compose  d'une 
bûche  de  20  cm.  tout  en  aubier. 

Section  transversale.  —  Couches  en  apparence  délimitées  ; 
les  vaisseaux  disposés  en  anneaux  pourraient  indiquer  les 
limites. 

Vaisseaux  à  peine  visibles  malgré  leur  grandeur,  peu  de 
variation,  disposés  irrégulièrement,  fortement  isolés,  peu 
nombreux,  simples  ou  par  groupes  radiaux  de  2  à  4. 

Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  (ins,  réguliers  en  largeur,  et 
à  intervalles  égaux  d'un  diamètre  d'un  gros  vaisseau,  ne 
s'écartant  pas  au  niveau  de  ces  vaisseaux.  Couleur  jaune  ou 
orangée. 

Parenchyme  a,  entourant  les  vaisseaux,  peu  abondant. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  visibles  en  fins  sillons  vides 
et  un  peu  plus  foncés  que  les  libres.  Rayons  visibles  et  très 
apparents  lorsqu'ils  sont  humectés,  formant  des  lignes  minces 
brunes.  Au  microscope  (x  10),  ils  présentent  beaucoup  de 
cellules  noires  qui  produisent  un  effet  moiré. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  rayons 
se  présentent  en  petits  fuseaux  jaunes  pas  trop  effilés,  avec 
cellules  noires.  Hauteur  jusqu'à  1  mm. 

Inga  alba  Willd.,  n°  2005  B. 

Barrère,  p.  74:  Palétuvier  violet;  pour  teinture  en  violet  et  noir. 

Préfontaine,  p.  198:  Palétuvier,  Parétuvier,  Moutouchi  (Caraïbes, 
voir  1837),  trois  variétés  :  blanche,  rouge  et  violette.  L'écorce  de  la 
variété  violette  sert  pour  la  teinture  en  violet  et  en  noir,  et  pour  tan- 
nage. Bois  bon  pour  chauffage.  Ce  n'est  ni  le  Palétuvier  blanc,  qui  est 
le  véritable  Cereiba  de  Marcgraff,  ni  le  Mangles  de  Piso. 

Sagot,  Catal.,  XIII,  p.  329  :  le  Bougoni  employé  par  les  teinturiers 
n'est  pas  YInga  Bougoni,  mais  Y  Inga.  alba  Willd.  Assez  abondant,  don- 
nant des  couleurs  durables. 

Huber,  p.  177  :  Inga  chichi  (Amazones). 

Pulle,  1907,  p.  90  :  Plokoni  (Surinam,  gén.  aussi  à  2001  D). 

Inga  vera  Willd.,  non  H.  B.  et  K.,  n°  2005  C. 
Synonyme  :  Mimosa  Inga  Lin.,  non  Vell. 

Aublet,  p.  944  :  Inga,  Pois  sucre. 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  141 

Bischop,  p.  23  :  Zoete  Tamarind  ;  Suikerpaulanboom  ;  Gris  Gris. 
Wiesner,  II,  p.  950:  Cocusholz  ;  Cuba  Grenadille.  (Voir  partie  II.) 

C'est  Wiesner  qui  donne  les  détails  suivants  : 

Caractères  généraux.  —  Cœur  brun  foncé  ou  brun  clair,  ou 
plutôt  brun  rougeàtre  (parfois  tirant  sur  le  pourpre  dans  les 
vieilles  coupes). 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,970  ;  dureté,  celle  du 
métal,  mais  se  fend  facilement. 

Section  transversale.  —  Vaisseaux  presque  toujours  visibles, 
remplis  de  la  matière  du  cœur  de  l'arbre  (Kernstotï)  et,  dans 
l'aubier,  remplis  de  matière  rouge  jaunâtre;  10  à  12  mm.  de 
diamètre.  Ils  sont  distribués  également  ;  simples  ou  en  groupes 
de  2  à  7,  souvent  4,  radiaux  ou  arrondis. 

Rayons  en  étages  visibles  seulement  à  la  loupe. 

Parenchyme  en  lignes  claires  concentriques,  de  1  à  3  ran- 
gées de  cellules,  à  peine  plus  larges  que  les  rayons  et  plus 
ou  moins  visibles  à  l'œil  nu. 

Ce  n'est  pas  le  Cocus  des  Anglais  que  Wiesner  décrit 
p.  925. 

Inga  angustifolia  Willd.,  n°  2005  D. 

Synonyme  :  Mimosa  sinemarensis  Aubl.  ;  Inga  Fenillei  DC. 

Aublet,  p.  946:  Pacay  (t.  gén.). 

Inga  fagifolia  Willd.,  non  D.  Don.,  n°  2005  E. 
Synonyme  :  Mimosa  fagifolia  Lin.,  non  Jacq. 
Aublet,  p.  945:  Inga  (terme  gén.  Caraïbes). 

Inga  n°  2005  F  (espèces  diverses  non  déterminées  et  dou- 
teuses). 

Dumonteil,  p.  156:  Bois  sucre.  Densité,  0,i>65  ;  force,  169;  élasticité, 
173;  flexibilité,  2,48;  p.    10.'!.  Classe  '■>  dé  qualité  inférieure. 

SagOt,  p.  906:  Pois-sucre,  mou  ou  demi-dur. 

De  Lanessan,  p.  136:  Palétuvier  de  montagne;  Inga  Burgoni.  Peu  de 
ténacité  ei  sans  valeur. 

Bremer,  p.  204:  Switi  bonki,  Inga  ingoides    Surinam  . 


lia  11.    STONË 

FAMILLE    LXVI.    —    ROSACÉES 

TRIBU  I.  —  GHRYSOBALANÉES 

Licania  heteromorpha  Bth.,  n°  2008  A. 
Synonyme:  L.  guianensis  Klotz. 

Préfontaine,  p.  2:  Bois  à  gauleltes.  (Est-ce  bien  cette  espèce  ?) 
Dumonteil,  p.  156:    Anaoura   (Est-ce   bien  cette    espèce?)   Densité, 
0,938  ;  force,  272;  élast.,  173;  p.  160.  Classe  2,  celle  du  Chêne. 

Il  cite  aussi  le  Bois  rouge  Tisane  comme  une  espèce  diffé- 
rente, mais  comme  ce  nom  est  d'une  application  générale, 
tandis  que  Anaoura  est  moins  connu,  je  le  place  ici.  Je  tiens  à 
faire  remarquer  qu'il  existe  encore  un  arbrisseau  portant  le 
nom  de  Anaoura,  qui  est  YAllamanda  cathartica  Lin. 

Sagot,p.  906  :  Le  Licania,  heteromorpha  et  les  autres  espèces  de  Lica- 
nia, ou  Bois  rouge  Tisane,  sont  de  couleur  rougeàtre,  très  compacts, 
durs  ou  assez  durs. 

Grisard,  1895,  p.  627  :  L.  guianensis  Klotz.  ;  Bois  gaulettes;  Bois 
rougeàtre,  lourd,  flexible,  de  conservation  médiocre;  bon  pour  menui- 
serie d'intérieur,  clayonnages  et  jantes  de  roues. 

Pulle,  1907,  p.  85,  Anaura:  Ingie  borkie. 

Niederlein,  p.  5  :  Gaulette  rouge. 

Huber,  p.  176,  Macucu  (terme  gén. ,  Amazones)  ;  p.  204,  Anauera 
(Para).  Licania  macrophylla. 

Martin-Lavigne,  p.  115  ;  fîg.  44  et  46  :  «  Anaoura  ».  Les 
détails  suivants  proviennent  de  sa  description. 

Caractères  généraux.  —  Bois  lourd,  assez  compact,  quoique 
fibreux.  En  section  transversale,  de  couleur  marron  rougeàtre 
uniforme. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  1,116;  dureté,  celle  du 
Frêne  ou  du  Sureau.  Solution  aqueuse  ou  alcoolique  à  peine 
colorée.  Le  bois  brûle  avec  une  flamme  médiocre  et  une  fumée 
abondante.  Elastique. 

Caractères  de  ïécorce.  —  Epaisse  de  8  mm.  en  moyenne, 
assez  adhérente,  de  couleur   blanchâtre   et  rosée  extérieure- 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  143 

ment.  Elle  présente  une  cassure  rougeâtre  et  est  assez  dure  et 
homogène.  Liège  mince,  liber  très  développé,  avec  paquets 
scléreux  dans  la  zone  extérieure  et  surtout  parenchvmateux 
dans  la  zone  interne. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Au  sujet  des 
couches,  on  distingue  à  peine  les  bandes  concentriques  du 
tissu  compact  qui  forme  le  bord  externe. 

Vaisseaux  pointillés  de  blanc,  peu  nombreux,  de  2  à  4  par 
mmq.  ;  diamètre  de  200  à  300  microns  environ. 

Rayons  de  15  à  20  par  mm.  ;  à  intervalles  de  100  à  300 
microns  et  de  10  à  20  microns  de  largeur. 

Parenchyme  en  étroites  bandes  concentriques,  de  50  microns 
environ  de  largeur. 

Bois  rouge  Tisane,  n°  2008  B. 

Dumonteil,  p.  lo4:  densité,  0,852  ;  force,  237  ;  élast.,  231;  flexibilité, 
1,91,  p.  160.  Classe  2,  celle  du  Chêne. 

Sagot,  p.  226  :  Humirium  et  diverses  Chrysobalanées.  Le  même  :  p. 
906,  Licania  heteromorpha  et  d  autres  Licania.  (Voir  l'espèce  précé- 
dente.) 

Echantillon  n°  44,  Guyane,  Musée  Colon,  de  Mars.  :  étiqueté 
Rustisane.  Espèce  non  déterminée,  mais  ce  n'est  ni  un  Humi- 
rium, ni  un  Licania. 

Bois  à  gaulettes,  n°  2008  G. 

Ce  nom  est  adapté  à  beaucoup  de  bois.  Voir  /Egiphila, 
5700;    Vismea,  635  ;  >Hirtella,  20 1  î  ;  Licania,  2008  A  et  I 

Miconia,  2462;  et  Ilenrietella,  2470. 

Préfontaine,  p.  150:  Coubouliroua  Caraïbes  .  Ou  peut  eu  faire  des 
gaulettes  de  trois  lignes  d'épaisseur.  Les  gaul  sonl  vert< 

Sagot,  p.  Oui;:  Diverses  Chrysobalanées.  Ils  onl  l'éi  i verte  de 

petites  tubérosités  pustuleuses  qui  les  rendenl  faciles  .'i  reconnaître.  I-«- 
même,  p.  910;  Bois  gaulette  Miconia  el  Henriette  :  très  dur. 

Licania  incana  Aubl.  non  Bth.,  aa  2008  I». 
Synonyme!  /..  membranaa     S  trot, 


144  H.     STONE 

Aublet,  p.  119:  Caligni  (Galibis).  Ecorce  cendrée,  membrane  fort 
mince  qui  tombe  par  lambeaux  et  se  renouvelle  chaque  année.  Bois  dur, 
blanchâtre,  exhalant  une  odeur  d'huile  rance,  lorsqu'on  le  scie.  (Voir 
n°  2008  F  à  ce  sujet.) 

Grisard,  1896,  p.  627  :  Bois  gris,  Case  (Trinité);  Icaquito  (Venez.). 
Bois  lourd,  de  couleur  rougeâtre  veinée  de  brun  foncé  ;  bon  pour 
poutres  et  constructions. 

Rodriguès,  1893,  p.  164  :  Caligni  (Guyane).  Bon  bois  quelque  peu 
noirâtre. 

Huber,  p.  203.  Ajuru  (Para:  terme  gén.). 

Pereira,  oe  édition,  p.  98.  Milho  cosido  :  bois  jaune  ;  densité,  0,823  à 
0,971. 

Dumonleil,  p.  162:  Bois  goélette;  densité,  1,196;  force,  303  ;  élasti- 
cité, 120;  p.  162.  Classe  I.  (Est-ce  bien  cette  espèce?)  Il  cite  ce  bois 
à  part  de  «  Ànaoura  »  et  «  du  Bois  rouge  tisane  »,  n°  2008  A  et  B. 

De  Lanessan,  p.  130:  Bois  gaulette.  Bois  rougeâtre,  très  compact, 
dur,  assez  flexible,  pouvant  arriver  à  de  grandes  dimensions.  Bon  pour 
clayonnages  de  palissades,  jantes  de  roues,  etc. 

Licania  sp.,  n°  2008  E  (KautabalH  de  Bell). 

Laslett  cite  un  bois  sous  ce  nom  comme  Hirtella  americana 
(v.  2014). 

L'espèce  présente  a  été  déterminée,  d'après  les  feuilles  et 
les  fruits,  par  le  Dr  Freeman,  comme  étant  probablement  le 
Licania  triandra  ou  mollis.  Je  me  demande  si  ce  n'est  pas 
Caligni  2008  D,  à  cause  de  son  odeur. 

Caractères  généraux.  —  Bois  très  lourd,  dur  et  compact, 
de  couleur  brunâtre  légèrement  rayée,  ressemblant  au  Kake- 
ralli.  Surface  fonçant  légèrement  à  l'air.  La  nuance  de  la 
coupe  transversale  est  plus  foncée  que  celle  des  autres  sec- 
tions. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  i,02o  ;  dureté,  celle  du 
Buis.  Odeur  désagréable  lorsque  le  bois  est  travaillé.  Sans 
saveur. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  de  7  à  14  mm.  environ, 
presque  lisse,  tombant  en  plaques.  Couche  extérieure  très 
dure,  ligneuse  et  cassante,  brune  ;  couche  intérieure  mince  et 
fibreuse.  Lenticelles  grandes.  Surface  de  la  bûche  lisse  et 
striée. 

Structure  du  hois.  —  L'aubier  est  à  peine  différent  du 
cœur  ;  le  bois  extérieur  est  légèrement  plus  clair. 


BOiS    UTILES    DE)    LA    GUYANE    FRANÇAISE  143 

Section  transversale.  —  Malgré  la  détermination  du 
Dr  Freeman,  je  trouve  que  ce  bois  ressemble  énormément  aux 
Lecythis,  avec  lesquels  il  doit  être  comparé  (voir  2333),  à 
part  les  différences  suivantes. 

Vaisseaux  visibles,  même  très  apparents,  très  variables, 
sans  ordre  spécial  ;  ils  sont  simples  pour  la  plupart,  parfois 
en  groupes  de  2  à  3,  rarement  plus. 

Parenchyme  comme  celui  du  Lecythis,  mais  sans  la  régu- 
larité exquise  de  ce  genre.  Il  est  irrégulier  en  largeur,  et  son 
contour  est  grossièrement  creusé  et  ondulé. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  apparents,  vides. 

Section  tangentielle.  ■ —  Les  rayons  ne  sont  visibles  qu'au 
microscope,  en  cellules  exceptionnellement  grosses,  remplies 
de  gomme  rouge. 

Éch.   type  :  49,2705  Bell. 
Références  :  Bell,  p.  7  ;  Stoneet  Fr.,  p.  50. 

Icônes  lignorum:  Le  Cauta,  pi.  LXX,  fig\  8,  ne  ressemble  que  vague- 
ment à  cette  espèce. 

Moquilea  guianensis  Aubl.,  n°  2009. 

Aublet,  p.  521:  Ecorce  roussâtre,  épaisse;  bois  blanc,  peu  compact. 

Féroles,  n°  2011. 

Ce  bois,  qui  se  rapporte  au  Parinarium  (Ferolia)  guianen- 
sis, est  confondu  avec  le  Bois  de  lettres  (Brosimum  6623), 
avec  Amanoa  rjuianensis  (6392),  et  avec  le  Washiba  (201  I  F). 

Après  un  examen  très  rigoureux,  je  crois  que  nous  nous 
trouvons  en  face  de  quatre  sortes  de  bois  au  moins,  tous  ayant 
beaucoup  d'éclat  lorsqu'ils  sont  polis.  Le  Washiba  a  une 
structure  ressemblant  énormément  à  celle  des  Légumineus 
et  plus  particulièrement  des  Dalbergiées,  fait  qui  n'est  pas 
rare  parmi  les  Chrysobalanées  ;  mais  tous  l«s  Satinés  que  j'ai 
vus  ont  la  structure  des  Brosimum.  Je  ne  connais  pas  1  Am.i- 
noa,  mais,  étant  une  Ephorbiacée,  il  esi  facile  <lr  Le  distinguer 
des  autres,   et  Aublet  dit  qu'il  a  un  bois  blanc 

Quanl  au  Satiné  rouge  du  commerce,  il  a   la   structure  «1 
Brosimum  et  un  éclat  extraordinaire.  (Voir  2(M  I  A. 

Annules  du  Hâtée  colonial  de  Marteiifo.  *  vol.  191  lu 


146  H.     ST0N1-J 

Aublet  dit  qu'il  n'a  jamais  vu  ni  l'arbre  ni  les  fleurs,  et  que 
les  Créoles  qui  recherchent  ce  bois  ne  connaissent  pas  l'arbre 
sur  pied.  Ils  trouvent  des  morceaux  par  terre  dans  les  vieilles 
forêts,  avec  l'aubier  entièrement  détruit. 

Sagot  dit  presque  la  même  chose  du  Bois  de  lettres  et 
Barrère  dit  que  le  bois  de  Féroles  a  été  trouvé  pour  la  pre- 
mière fois  dans  la  propriété  du  Gouverneur  Féroles  ;  il  veut 
sans  doute  parler  des  troncs  enterrés. 

Ni  Aublet,   ni  Sagot  n'avaient  les  moyens  de  rapporter  un 
bois  inconnu  à  un  arbre  quelconque,  et  je  crois  qu'ils  ont  tort 
tous  les  deux.  Aublet  a  adopté  le  nom  «  Féroles  »  de  Barrère 
pour  le   joindre  par   erreur   au   genre    Ferolia    et   au  «  Bois 
Satiné   ».    Barrère,  p.    51,   quia  été  le  premier  à  décrire  le 
Féroles,  et  qui  ne  se  sert  pas  du  mot  Satiné,  dit  que  ce  bois 
est   parsemé  de   taches   ressemblant  à  celles  d'un  marbre  qui 
serait  veiné  de  rouge,  de  blanc  et  de  jaune  ;  et  il  cite  les  noms 
additionnels  de  «   Bois  marbré    »  et  «  Bois  coloré   ».  Aublet 
dit,  au  contraire,  qu'il  est  d'un  beau  rouge  panaché  de  jaune, 
ressemblant  au  satin.  Roubo  décrit  trois  échantillons  :  1°  bois 
blanc  tacheté  de  rouge  ;  2°  blanc  veiné  ou  tacheté  de  rouge  ; 
3°  jaune  foncé  avec  des  raies  étroites  de  couleur  brune  tirant 
sur  le  violet.  Dans  les  descriptions  de  Barrère  et  de  Roubo, 
le  blanc  et  le  jaune  prédominent  toujours,   ce   qui    s'accorde 
avec  le  «  Satiné  rubané  »,  tandis  que  le  rouge  est   la  couleur 
prédominante  dans  le  bois  d'Aublet.  On  peut  conclure  qu'on 
peut  trouver  à  terre  plusieurs  bois  sans  aubier,  et,  comme  les 
feuilles  figurées  par  Aublet  pour  Ferolia  ressemblent  exacte- 
ment à  celles  du  Brosimum,  la  confusion  est  très  facile.  Sagot, 
p.  236,  dit  que,  de  tous  les  Satinés,  c'est  le  Satiné  rouge  qui 
a  le  plus  d'éclat  et  que  ce  n'est   pas  le  même  arbre  que  celui 
du  Satiné  rubané.  11  cite  les  noms  de  Bois  de  Féroles,  de  Sa- 
tiné et  de  Washiba  pour  le  même  bois,  mais  dans  son  Cata- 
logue il  ne  cite    ni   Féroles,    ni  le   Parinarium    guianensis, 
Brousseau  dit  que  le  Satiné  rouge  est  de  couleur  rouge,  mais 
que  le  Satiné  rubané  est  plus  pâle,  avec  des  veines   ondulées 
et  un  reflet  miroitant.    Grisard  lui  donne  une   belle    couleur 
jaune  et  rouge   et   dit  qu'il   présente   des   veines  longues   et 


BOIS    UTILES    DE    LA    GLTA>E    11!  A  M  AISE  lil 

fines  dont  la  nuance  varie  du  rouge  brun  à  l'écarlate  ou  au 
gris  jaunâtre  ou  verdâtre,  mais  ajoute  que  le  Satiné  rouge  a 
une  teinte  uniforme.  On  peut  donc  conclure  que  la  première 
partie  de  sa  description  se  rapporte  au  Satiné  rubané. 

Enfin  je  crois  que  le  Féroles  est  le  Satiné  rubané,  que  le 
<<  bois  )>  d'Aublet  est  le  Satiné  rouge,  et  que  tous  deux  sont 
des  Brosimum;  le  Washiba  serait  une  espèce  à  part  du  genre 
Parinarium  [Ferolia  Aubl.)  et  est  probablement  ï  «  arbre  » 
qu'Aublet  a  décrit  en  l'associant  avec  le  Féroles. 

N°  2011  A.  (Variété.) 

Aublet,  Supp.,  p.  7:  Ferolia  guianensis,  Bois  satiné,  Bois  de  Féroles. 
Ecorce  lisse,  cendrée,  suc  laiteux.  Aubier  large,  deux  pieds  de  dia- 
mètre sur  un  tronc  de  trois  pieds,  blanc,  dur,  compact.  Bois  interne 
lourd,  d'un  beau  rouge  panaché  de  jaune,  beau  polissage  et  ressemble 
au  satin. 

Saldanha  da  Gama,  p.  2^6  :  Voir  Amanoa  6392. 

Dumonteil  Est-ce  bien  cette  espèce  ?),  p.  154  :  Densité,  0.N77;  force, 
21G  ;  élast.,  123;  flexib.,  1,90.  Le  même,  p.  102  :  Classe  4,  celle  des 
Meubles.  Sa  valeur,  comme  bois  pour  rouets  de  poulies,  égale  la  moitié 
de  celle  du  Gaïac. 

Sagot,  p.  236:  Ce  bois  a  plus  d'éclat  que  tous  les  autres  Satinés  et  sa 
nuance  est  peut-être  plus  vive  que  n'importe  quel  autre  bois.  Sagot 
ajoute,  p,  913,  que  c'est  V  Amanoa  guianensis. 

Brousseau,  II,  p.  138:  Bois  de  lettres  rouge,  de  couleur  brun  rouge 
clair,  avec  quelques  veines  noirâtres  faiblement  accusées. 

Ilohnel,  p.  43:  Ficatin,  Kônigsholz. 

Grisard,  p.  313  :  Bois  de  Garenne.  Bois  Baroit  (Guy.  Fr. ),  Mouron  Sal- 
vador); d'une  très  belle  couleur  rouge,  d'une  teinte  uniforme;  c'est  Le 
Satiné  qui  a  la  nuance  la  plus  vive   et  qui  possède  le  plus  d'éclat. 

Ech.  types:  N°  60,  Guyane,  Musée  Col.  de  Mars.  ;  n°  123,  série  II. 
Lyon. 

Satiné  gris,  no2011  B.  (Voir20U  D.) 

D'après  l'échantillon  n°  31  du  Musée  Colon,  de  Mus.  :  Bois 
(Tune  couleur  brun  foncé,   tirant  un  peu  sur  le  rouge.   Loi 
qu'il  est  humecté  ou  poli,  ses  pore  rient  el  lui  donnent 

une  apparence   pointillée  d'hermine.  J'ai   constaté  le   même 
ellet  sur  la  coupe  tangentielle  «1  hantillons  du  n"  joli    A. 

qui  étaient  d'une  qualité  inférieure,  et  je  pense  que  le  Satiné 
gris  que  je  décris  pourrait  en  être  une  vari(  I 


448  H.'    8T0NE 

Satiné  rubané,  n°  2011  G. 

Roubo,  p.  769:  Bois  marbré  de  Cayenne  ;  Bois  de  lettres  satiné. 

Descourtilz,  p.  456  :  Bois  de  Féroles  marbré  ;  Feroliava  riegata.  Syno- 
nymie: F.  guianensis  Aubl. 

Sagot,  p.  913:  Plus  pâle  que  le  Satiné  rouge. 

Brousseau,  p.  138:  Bois  de  lettres  rubané,  de  couleur  rouge  pâle, 
avec  des  veines  ondulées  et  un  éclat  miroitant. 

Grisard,  p.  313  :  Veiné  de  rouge  et  de  jaune  ;  remarquable  surtout  par 
ses  gracieux  dessins  ondulés  et  par  son  miroitement  lorsqu'il  est  poli. 

Je  cite  ici  ces  deux  derniers  auteurs  car  leurs  citations  ne 
concordent  pas  avec  la  variété  n°  2011  A. 

Les  échantillons  nos  12,  18,  110  du  Musée  Col.  de  Mars, 
sont  d'une  couleur  rouge  ou  rouge  brunâtre,  rayée  d'étroites 
lignes  noires.  Il  se  produit  un  effet  moiré  en  coupe  tangen- 
tielle,  mais  l'éclat  est  loin  de  ressembler  à  celui  de  la  var.  A, 
et  il  n'y  a  pas  de  dessins  ondulés.  L'aubier  est  strié  de  sillons 
rouges.  (Voirplus  loin  la  description  complète  delà  stuucture.) 

Satiné  gris.  n°2011  D. 

D'après  l'échantillon  n°  122,  série  II,  Lyon:  Bois  ressem- 
blant superficiellement  au  Bois  de  Rose  ou  Bois  Tulipe  [Phy- 
socallyma).  De  couleur  jaune  ou  blanche,  rayée  d'étroites 
lignes  rouges  carmin  et  de  zones  excentriques  de  couleur  noi- 
râtre, mais  il  n'y  a  pas  de  miroitement. 

N°  2011  E.  (Satinés  dont  les  descriptions  sont  incomplètes.) 

Dumonteil,  p.  154:  Satiné  brun;  densité,  0,825;  force,  247;  élast., 
134;  flexib.,  1,78;  p.  162.  Classe  4,  celle  des  Meubles.  Sa  valeur  pour 
rouets  de  poulies  est  la  moitié  de  celle  du  Gaïac. 

Miers,  ms.   Pao  setim  (Brésil). 

Description  de  la  variété  C,  et  celle  également  de  toutes  les 
var.  du  n°  2011,  sauf  les  différences  données  dans  la  Clef. 

Caractères  généraux.  —  Surface  froide  au  toucher  ;  couleur 
fonçant  légèrement  à  l'air.  Les  fibres  sont  fortement  entre- 
croisées, et  la  nuance  de  la  coupe  transversale  est  beaucoup 
plus  foncée  que  celle  des  autres  sections. 

Caractères  physiques.  — Densité,  de  0,850  à  0,877  ;  dureté, 
celle  du    Charme.  Odeur  de  cuir  très    légère   ou  nulle.   Sans 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  149 

saveur.  Solution  alcoolique  brune  abondante.  Le  bois  est  cas- 
sant, mais  se  fend  peu. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  de  couleur  pain  bis  et 
nettement  délimité  du  cœur. 

Section  transversale.  —  Couches  non  apparentes.  Ordinai- 
rement les  indications  pour  les  limites  manquent,  quoiqu'il  y 
ait  parfois  des  zones  plus  ou  moins  foncées. 

Vaisseaux  facilement  visibles  à  cause  de  leurs  bords  rouges  ; 
grands  ou  petits,  car  ils  augmentent  de  beaucoup  en  grandeur 
suivant  l'âge  de  la  couche.  Ils  sont  peu  nombreux,  de  1  à  8 
par  mm.  ;  fortement  isolés,  se  présentant  souvent  en  lignes 
qui  forment  fer  à  cheval,  en  laissant  des  espaces  arrondis 
vides  (ce  qui  n'est  pas  le  cas  dans  le  Bois  de  lettres).  Leur 
couleur  est  rose.  Ils  contiennent  des  th viles. 

%J 

Rayons  facilement  visibles  à  la  loupe,  fins,  uniformes,  de 
4  à  5  par  mm.  Ils  sont  droits  et  ne  s'écartent  pas  au  niveau 
des  vaisseaux.  Leur  couleur,  variant  du  rouge  clair  au  noir, 
est  toujours  plus  foncée  que  celle  du  parenchyme,  dont  la 
teinte  se  modifie  aussi  suivant  les  variétés. 

Parenchyme  a  visible,  abondant,  entourant  les  vaisseaux 
en  taches  qui  s'étendent  en  minces  ailes.  Ces  dernières 
s'unissent  entre  elles,  formant  des  lignes  plus  ou  moins  con- 
tinues suivant  les  variétés.  (Voir  Clef,  p.  1o2.)  Sa  largeur 
égale  environ  celle  des  rayons. 

Section  radiale.  — •  Vaisseaux  visibles,  en  lignes  foncées. 
Rayons  très  apparents,  en  petits  flocons  foncés,  pourpres  ou 
noirs.  Parenchyme  à  peine  visible,  et  seulement  lorsqu'il  est 
humecté  ;  il  se  présente  en  fines  lignes  noires. 

Section  fanr/entielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  couches 
sont  faciles  à  suivre  çà  et  là.  Les  vaisseaux  sont  très  apparents 
à  cause  du  parenchyme.  Rayons  très  petits,  comme  des  len- 
tilles, obtus,  non  en  étages,  et  donnant  à  la  coupe  un  effet  moiré. 

Emplois  :  Bon  pour  meubles  de  luxe,  tabletterie,  tour. 

Parinarium  sp.,  q°  12<)  1 1  F. 

Washiba  Bell).  Ce  bois  bien  connu  ;'»  La  Guyane  Anglaise 
est  souvent  rapporté  au  Parinarium  (Ferolia  guianensis 
Aiibl.  Ge  n'est  pas  le  Wachiba  de  da  Gama,  ni  de  Lanessan, 


150  H.     STONE 

mais  je  crois,  à  cause  de  son  emploi,   que  c'est  le   bois  cité 
par  Bassières. 

Noms  vulgaires:  Waciba  Bow-wood(Bell),  et  tous  les  noms 
déjà  cités  aux  nos  2011  A  et  E. 

Caractères  généraux.  —  Bois  assez  lourd  et  dur,  de  couleur 
brun  rougeâtre.  Surface  légèrement  luisante,  prenant  un 
beau  polissage  ;  grain  ouvert,  plutôt  fin.  Le  bois  fonce  légè- 
rement à  l'air. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,880  ;  dureté,  celle  du 
Charme  ou  du  Carapa.  Sans  odeur  ni  saveur.  Solutions  de 
couleur  brun  clair. 

Structure  du  bois.  —  L'aubier  est  de  couleur  brunâtre  ou 
blanc  jaunâtre. 

Section  transversale.  —  Couches  douteuses.  Vaisseaux  très 
apparents,  grands,  de  0  mm.  25  de  diamètre,  peu  variables, 
régulièrement  distribués  et  fortement  isolés.  Ils  sont  simples 
ou  subdivisés  en  groupes  de  2  à  3,  même  jusqu'à  7  ;  peu  nom- 
breux, 10  par  mmq.  ;  ovales  ;  beaucoup  sont  remplis  d'une 
gomme  rouge.  Rayons  visibles  à  la  loupe,  très  fins,  uniformes, 
équidistants,  souvent  interrompus  par  les  vaisseaux,  écartés 
les  uns  des  autres  dune  distance  bien  inférieure  au  diamètre 
d'un  gros  vaisseau,  et  parfois  se  trouvant  au  nombre  de  trois 
dans  cet  intervalle.  Ils  sont  denses,  très  nombreux,  de  11  à 
13  par  mm.  Leur  couleur  est  la  même  que  celle  des  fibres 
ligneuses,  mais  plus  claire. 

Parenchyme  abondant,  très  apparent,  et  caractéristique  ;  a 
entourant  les  vaisseaux  en  s'étendant  en  lignes  concentriques 
continues,  irrégulières.  Ces  lignes  sont  toujours  fines,  et 
même  parfois  excessivement  minces,  de  4  à  5  par  mm.  envi- 
ron ;  de  couleur  brune  ;  composées  de  cellules  grossières. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  très  apparents,  quoique  rares, 
souvent  remplis  de  perles  de  gomme.  Rayons  très  petits, 
mats,  difficilement  visibles  ;  de  couleur  claire.  Pa  visible  en 
fines  lignes  blanchâtres  très  serrées. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  vais- 
seaux sont  plus  étroits  et  les  rayons  à  peine  visibles.  Les 
lignes  du  Va  sont  plus  fines  et  moins  serrées. 


P.OTS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  151 

Emplois.  —  Bon  pour  arcs,  gaules  de  pêche  ;  très  résistant 
et  élastique  ;  peut  être  obtenu  en  billots  carrés  de  80  cm. 
d'équarrissage  sur  38  m.  de  longueur  (Miers). 

Ces  grandes  dimensions  prouvent  qu'il  est  d'une  espèce 
différente  du  Satiné. 

D'après  Bassières,  il  se  travaille  bien  et  est  ordinairement 
sain  ;  il  fait  peu  de  déchets  ;  on  peut  en  fabriquer  des  meubles 
magnifiques. 

Éch.    type:  0360  Imp.    Instit. 

Références  :  McTurk,  p.  4;  Bassières,  p.  103;  Miers,  ms.  ;  Stone  T. 
ofC,  pi.  VII,  fig.  57,  p.  101. 

Parinarium  campestre  Aubl.,  n°  2011  G. 

Noms  vulgaires:  Petit  Parinari  des  Garipons  (Guy.  fr.  ; 
Aubletj.  Parinari  ftermegén.  ;  Brésil;  Miers).  Gri-gri  (Sagot). 
Boohoorada  (Arawak  :  Guy.  angl.  ;  Bell).  Beurata,  Buirata 
(Surinam;  Pulle),  mais  non  Burada,  ni  Buradeah   (v°  6201  B). 

L'échantillon  de  Bell  a  été  déterminé  d'après  les  feuilles  et 
les  fruits  par  le  Dr  Freeman. 

Caractères  généraux.  —  Bois  dur  et  lourd,  de  couleur  jau- 
nâtre uniforme.  D'après  Bell,  couleur  d'acajou  clair  ;  d'après 
Aublet,  de  couleur  jaunâtre.  Surface  un  peu  luisante  fonçant 
légèrement  à  l'air. 

Caractères  physiques.  —  Densité,  0,863  ;  dureté,  celle  du 
Charme.  Sans  odeur.  Saveur  très  légère  du  Cèdre.  Se  fend  faci- 
lement. 

Caractères  de  ïécorce.  —  Ecorce  grise,  gercée  et  ridée 
(Aublet). 

La  surface  de  la  bâche  est  lisse,  légèrement  striée. 

Structure  du  bois.  —  Comme  l'espèce  précédente,  à  part 
les  légères  différences  suivantes.  L'échantillon  de  Bell,  pro- 
venant d'un  arbre  de  29  cm.  de  diamètre,  est  tout  en  aubier. 

Section  transversale.  —  Vaisseaux  facilement  visibles, 
comme  des  pi  (pire  s  :  leur  grandeur  en  diamètre  est  très 
variable.  Ils  sont  régulièrement  distribués,  mais  leur  variation 
en  grandeur  les  rend  plus  serrés  dans  quelques  zones  ;  prrsque 
tous  simples,  quelques  paires  seulement;  ils  contiennent  sou- 
venl   une  gomme  claire, 


lo2  H.    STONE 

Éch.  type:  il,  2607  Bell. 

Références  :  Icônes  lignorum,  pi.  65,  en  couleur;  Bell,  p.  4;  Aublet, 
p.  517;  Sagot  (Richesses),  p.  8,  et  Catal,,  1883,  p.  309;  Stone  et  Fr., 
p.   11. 

Parinarium  montanum  AubL,  n°  2011  H. 

Synonyme  :  Parinari  montana  AubL 

Aublet,  p.  514  :  Ouroucou-merepa  galibis)  ;  Parinari  (Garipons). 
Écorce  épaisse,  grisâtre,  ridée,  gercée  ;  bois  jaunâtre,  très  dur,  com- 
pact. 

Huber,  p.  176.  Pajura  (Amazones). 

Clef  pour  les  Satinés,  Bois  de  lettres  et  les  espèces  confon- 
dues. 

1 .  Parenchyme  entourant  les  vaisseaux  en  taches 

en  forme  de  losange.  Vaisseaux  très  réguliè- 
rement distribués  dans  chaque  couche.  Bois 
excessivement  lourd.  Brosimum  6623. 

2 .  Parenchyme  entourant  les  vaisseaux  en  petites 

ailes  latérales  très  minces  et  linéaires,  non  en 
forme  de  losange.  Vaisseaux  irrégulièrement 
distribués  en  lion  es  courbes  en  fer  à  cheval 
laissant  des  vides  arrondis.  Poids  pas  exces- 
sivement lourd. 

2.1.  Parenchyme    formant    de    courtes    ailes   qui 

n'unissent  pas  les  groupes  de  vaisseaux. 
Mailles  très  petites,  à  peine  visibles. 

2.1.1.  La  surface  du  bois  poli  ou  humecté  a  un  éclat 

extraordinaire  comme  s'il  était  incandescent 
à  l'intérieur.  Couleur  rouge  uniforme  ou 
panachée  de  jaune.  (Voir  Satiné  rouge,  n° 
2011  A). 

2.1.2.  Eclat  moyen;   couleur  brun    rougeâtre  striée 

de    gros  pores  qui  lui  enlèvent   sa  beauté. 

Satiné  gris,  2011  B. 

2.2.  Parenchyme    des    ailes   s'allongeant  tangen- 

tiellement  en  unissant  des  groupes  de  vais- 
seaux voisins  et  même  formant  des  lignes 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  153 

concentriques,  Mailles  soit  apparentes,  soit 
obscures. 

2.2.1.  Lignes  du  parenchyme  interrompues  le  plus 

souvent  ;  rares  et  parfois  absentes.  Bois  de 
couleur  panachée  de  rouge,  jaune  et  blanc. 
Mailles  de  1  mm.  de  largeur  très  appa- 
rentes. Satiné  rubané,  2011  C. 

2.2.2.  Lignes    du    parenchyme  toujours    présentes, 

très  fines,  souvent  plusieurs  réunies  en- 
semble, et  parfois  manquant  dans  certaines 
zones.  Pa  se  présentant  en  franges  très 
apparentes,  en  section  tangentielle.  Bois 
de  couleur  jaune  rayé  de  carmin.  Mailles 
obscures.  Satiné  gris,  2011  D. 

2.2.3.  Lignes   du   parenchyme   toujours    présentes, 

mais  irrégulières  en  largeur,  souvent  assez 
larges  pour  contenir  un  gros  vaisseau. 

2.2.3.1.  Bois    de   couleur   brun    rougeâtre    uniforme. 

Washiba  de  la  Guyane  Anglaise,  2011  B. 

2.2.3.2.  Bois  de  couleur  jaune  uniforme,  201 1  CetD. 

2.2.3.3.  Bois  de  couleur  passant   du  blanc  rougeâtre 

au  brun  clair  rayé  ;  en  coupe  radiale,  le 
bois  est  strié  par  les  lignes  rouges  du 
parenchyme.  Vaisseaux  groupés  radiale- 
ment  jusqu'au  nombre  de  22  par   groupe. 

Pakoori,  2011  E. 

Clef  pour  les  bois  pouvant  être  confondus  par  leur  structure 
avec  Parinariutn. 

1  .    .  Bois  possédant  une  saveur  : 

1.1.  Saveur  du  Cèdre. 

1.1.1.  Couleur    jaune    uniforme.   Vaisseaux   visibles 

comme  des  piqûres.  Parinarium  campestre, 
2011  G. 

1.1.2.  Couleur   brun    verdàlre.    Vaisseaux    visibles   à 

cause  de  leurs  bords  clairs.  .  iramata,  1 837  B. 

1.2.  Saveur  résineuse. 


154  H.    STONE 

1.2.1.  Couleur  brun  noisette  foncé.  Coupe    radiale 

brillante,  Itikabouraballi,  1832  A. 

1.2.2.  Couleur  brun  rougeâtre  clair  rayée.   Surface 

brillante  et  mate  tour  à  tour,  à  cause  du 
grain  à  rebours.  Ineeriballi,  1837  C. 

2.  Sans  saveur  : 

2.1.  Rayons  au  nombre  de  plus  de  2,  parfois  4, 

dans  un  intervalle  égalant  le  diamètre  d'un 
gros  vaisseau. 
2.1.1.        Lignes    du  parenchyme    très   apparentes    en 

coupe  transversale  : 

2.1.1.1.  Couleur    brun    rougeâtre.    Parinarium    sp., 

2011  F. 

2.1.1.2.  Couleur  de  brun  rougeâtre  à  brun  clair,  striée 

de  lignes  rouges  du  parenchyme  en  coupe 
radiale.  Pakoori,  2011  I. 

2.2.  Rayons  au  nombre  de  deux,  ou  moins,  dans  un 

intervalle  égalant  le  diamètre  d'un  gros 
vaisseau.  De  couleur  brun  clair  striée  de 
fines  lignes  très  apparentes.  Irriariadanni, 
1832  C. 

Hirtella  americana  Lin.  nonJacq.,  n°2014. 

Aublet,  p.  247  :  Bois  de  gaulette.  Nom  général  pour  tous  les  bois  qui- 
se   fendent  très  facilement  et  régulièrement  à  la  hache.    Bois  cassant, 
blanchâtre. 

Sagot,  Catal.,  1883,  p.  303:  Hirtella  racemosa  Lamk.  ;  Syn.  :  H.  ame- 
ricana Aubl. 

Laslett,  p.  450  :  H.  americana,  Kautaballi  (v.  2008  D,  et  pour  les  autres 
Bois  Gaulettes,  v.  2008). 

Huber,  p.  203.  Ajuru  (Para  :  terme  gén.). 

Couepia  guianensis  Aubl.,  n°  2015  A. 

Synonyme:  Acioa  amara  Willd.  Steud  ;  A.  guianensis  Aubl. 

Aublet  considère  cependant  ces  deux  synonymes  comme 
deux  espèces  différentes.  Voir  les  remarques  sur  Goupy,  n° 
1309. 

Le    nom   Couepi  (Galibis,   d'après   Préfontaine)  veut    dire 


BOIS    UTILES    DE    LA    GUYANE    FRANÇAISE  155 

«  pesant  »  et  est,  par  conséquent,  d'une  application  générale. 
On  doit  bien  faire  attention  pour  ne  pas  confondre  l'espèce 
présente  avec  Goupy,  Goupaia  et  Copaia  (voir  5489),  Coupoui 
(4569),  Coa-opia  ou  Coopia  (635),  Cupey,  Copey  ou  Cupay 
(638),  Coupi  fou  (503),  Goopa  (638  B),  et  avec  les  autres 
espèces  suivantes  de  Couepia.  Comme  je  n'ai  pas  vu  d'échan- 
tillon bien  déterminé,  je  ne  puis  donner  que  des  citations. 

Dalechamp,  II,  p.  727,  cite  un  Copey  avec  des  feuilles 
rondes  sur  lesquelles  on  peut  écrire  avec  une  épingle. 

Aublet,  p.  519  :   Couepia  guianensis,  Couepi  (Galibis)  ;  écorce  grise, 
lisse;  bois  rougeâtre,  dur  et  pesant.  Le  même,  p.  699:  Acioa  guianensis 
Acioua  (Galibis,  ;  Coupi  (Créoles)  ;  écorce  grise,  lisse;  bois  blanc,  très 
dur  et  pesant. 

Sagot,  p.  906:  Couepia  guianensis,  Acioa,  Water-ropie,  Bois  rouge, 
assez  dur;  ne  résiste  pas  aux  termites.  Le  même,  p.  922  :  Acioa  guia- 
nensis ;  Coupi,  Caméra  (Demerary);  Kopie  des  Galibis,  Cabucalli  des 
Arrouhages.  Bois  rouge,  assez  dur;  odeur  désagréable.  Densité,  0,819. 
Il  a  l'écorce  caractéristique  des  Cbrysobalanées.  Dans  son  Catalogue, 
1883,  p.  309,  Sagot  décrit  le  bois  mais  ne  parle  pas  de  l'odeur. 

Grisard  et  de  Lanessan  donnent  les  mêmes  noms  vulgaires 
que  Sagot,  mais  Grisard  adopte  le  Couepia  dulcis  (syn.  Acioa 
guianensis  Aubl.)  et  décrit  à  part  le  Couepia  guianensis. 

D'après  llndex  Kewensis  il  n'y  a  qu'une  seule  espèce  de 
Couepia  à  la  Guyane.  Les  noms  ressemblant  à  Cabukalli  ne 
doivent  pas  être  appliqués  à  cette  espèce.  Je  crois  que  Sagot  a 
tort  en  assimilant  Cabucalli  avec  Coupi  et  en  attribuant  à 
Acioa  une  couleur  rougre  et  une  mauvaise  odeur. 


'O 


Goupaya,  n°  2015  B. 

Préfontaine,  p.  170  :  Un  faux  Simaruba. 

Dumonteil,  p.  158  :  densité.  o,:\~  |  :  force  ;  83,  élast.,  166  :  Qexib.,  1 .  61, 
p.  163.  Classe 6,  de  Lrès  faible  valeur. 

Couipo,  q°  20121  C. 

Préfontaine,   p.   170:  Ce  noni  Bignifie       Cœur  de  roche    .  car  il  se 
trouve  dans  le  cœur  du  bois  de  petites  pierres,  is  a  deui  rariél 

uni-  rouge  el  L'autre  blanche    La  var.  rouge  est  la  plus  dure; elle»'  cale  •> 
«■i  h. Mil  l'eau,  Employé  pour  pirogues.  Il  i  le  grain  du  Courbaril. 


136  H.    STONE 

Coupi,  n°  20! oD. 

Dumonteil,  p.  158:  Densité,  0,819  ;  force,  179;  élast.,  143,  p.  163. 
Classe  2,  celle  du  Chêne. 

Coupi  blanc,  n°  2015  E. 

Cc-mm.  de  Brest,  p.  188  (Essais  sur  un  échantillon  de  Dumonteil)  : 
densité,  0,932  ;  force,  de  750  à  850;  ou  1,20  si  le  Chêne  égale  1  ;  élast., 
25.  Le  même,  p.  197:  Il  a  les  mêmes  qualités  que  le  Coupi  rouge  ; 
Classe  1  ;  mais  son  odeur  fétide  doit  en  restreindre  l'emploi. 

Coupi  noir,  n°  2015  F. 

Dumonteil,  p.  154:  densité,  0,881  ;  force,  216;  élast.,  123;  flexib., 
1,90,  classe  2. 

Comm.  de  Brest  :  densité,  de  0,869  à  0,915;  force  de  740  à  940,  ou 
1,24  si  le  Chêne  égale  I  ;  élast.  de  25  à  30. 

Coupi  rouge,  n° 2015  G. 

Les  mêmes  qualités  que  le  Coupi  blanc;  Classe  1,  d'après 
la  Comm.  de  Brest,  qui  ne  donne  pas  dessais  ;  mais  je  suis 
porté  à  croire  que  c'est  le  Coupi  de  Dumonteil,  n°  2015  D. 

Je  crois  bien  que  les  quatre  Coupi  cités  par  la  Comm.  de 
Brest  et  par  Dumonteil  sont  tous  le  Couepia  glahran0  1309  A, 
mais  je  les  place  ici,  faute  de  renseignements  précis. 

Coupy,  n°2015H. 

Préfontaine,  p.  170:  Peut  être  obtenu  en  dalles  jusqu'à  50  pieds  de 
longueur.  Les  indigotiers  s'en  servent  de  préférence  pour  amener  leur 
produit  à  «  caler  »  ou  à  se  précipiter.  C'est  une  de  ses  propriétés  parti- 
culières. 

Copey,  n°  2015  1. 

Du  Tertre,  p.  248  :  Raisinier,  ou  d'après  Balechamp  :  Copey,  Guiabaran 
ou  Peuplier  d'Amérique.  L'auteur  donne  les  figures  des  feuilles  et  les 
décrit. 

FAMILLE     LXXIII.      —      RHIZOPHORÉES 

TRIBU   I.  —  RHIZOPHORÉES 

Rhizophora  Mangle  Lin.,  n°  2232. 

Synonyme  :  R.  americana  Nutt.  ;  B.  racemosa  Meyer. 


SOIS    UTILES    DE    LA    GUVANE    FRANÇAISE  157 

Hopkinson  en  donne  des  figures  et  le  décrit  p.  iol  (fig.  la, 
en  section  transversale).  Il  parle  bien  des  petites  lignes  concen- 
triques du  parenchyme,  mais  sa  figure  ne  les  montre  pas.  Je 
crois  que  c  est  un  des  cas  où  le  parenchyme  n'est  pas  diffé- 
rencié en  coupe  transparente. 

Les  citations  suivantes  se  rapportent  probablement  à  l'espèce 
suivante   : 

Dumonteil,  p.  152  :  Palétuvier  rouge.  Densité,  1,017  ;  force,  317  ;  élast., 
168;  flexib.,  1,48.  Le  même,  p.  160.  Classe  2,  celle  du  Chêne. 

Sagot,  1869,  II,  p.  911  :  Bois  rougeâtre;  écoree  riche  en  tannin.  Le 
môme,  Catal.,  1883,  p.  314:  Palétuvier  rouge;  très  abondant. 

Lanessan,  p.  146:  de  petites  dimensions,  dur  serré,  rougeâtre,  inat- 
taquable par  l'eau  de  mer;  bon  pour  palissades. 

Planchon  et  Collin,  II,  p.  356  :  Description  de  l'écorce  avec  la  figure 
n°  926  en  section  transversale. 

Grisard,  1896,  p.  357  :  Manglier,  Mangue  roxo,  Mangue  de  Praia  (Afr. 
Portug.)  ;  M  angle  Colorado  (Amer,  trop.);  Mangrove  tree  (Angl.);  Apa- 
reiba,  Guapariba  (  v.  5467),  Mepareyba  (Brésil);  Duoc,  Kegiungua  (An- 
nam,  vulg.)  ;  Balso,  Manggi,  Api-opi,  Tandjau  (Java)  ;  Upoo-panna 
(Telenga  ,  Manglier  rouge  (Trinité)  ;  Red  Mangrove  (Trinité  Angl.).  Le 
Kino  de  la  Colombie  est  le  nom  de  la  gomme;  l'écorce  est  connue  U 
Marseille  sous  le  nom  de  Cascalolé  et  Mangrove  bark  (Angl.).  Bois 
rouge  ou  brun  rougeâtre  plus  ou  moins  foncé  ;  très  lourd,  dur  et  com- 
pact ;  grain  lin  incorruptible  dans  l'eau  et  d'une  grande  résistance  à  la 
rupture.  Bon  pour  constructions  sous-marines,  courbes  d'embarcation, 
bardeaux,  formes  de  cordonnier;  peut  être  obtenu  de  6  à  7  m.  sur  12  à 
isem.  d'équarrissage.  Densité:  1,120;  rupture,  297.  L'écorce  sert  pour 
le  tannage  des  cuirs  et  la  teinture  des  étoffes. 

Niederlein,  p.  15:  Mangottier,  Mango  (Guadeloupe);  Vipapa  Tahiti 
et  Océanie). 

Iluber,  p.  196:  Mangue  vermelho  (Amazones),  bois  de  couleur  rouge. 

Guillemot,  p.  150  :  [tanda  des  Gabonais  \  N 'tan  des  Pahouins   Cong 

Pereira,  5'  édition,  p.  96,  cite  une  écoree  très  riche  en  tannin  qui 
provient  du  Mangue  secco  ou  Mangue  do  brejo  qui,  cependant,  .'<  un 
bois  jaune  ou  jaunâtre  et  ne  peut  être  cette  espèce. 

Antran,  p.  571  :  Bois  rougeâtre,  très  dur.  Densité:  1,020.  Inattaquable 
par  l'eau  de  mer.  Les  indigènes  du  Gabon  débarrassent  la  bille  du  Palé- 
tuvier de  son  aubier,  La  Laissant  séjourner  dans  ta  vase  pendant  une 
quinzaine  «le  jours.  Après  ce  laps  de  temps,  ta  Mlle  prend  une  teinte 
noire,  ce  < j ui  permet  aui  fraudeurs  de  la  vendre  pour  de  l'ébène. 
L'arbre  est  très  droit  et  a  Bouvent  i"  mètres  de  hauteur. 

Cette  hauteur  indique  que  ce  bois  est  Lien  différent  du  Pal 
tuvier  de  La  Guyane, 


158  H.  StoNe 

Les  descriptions  suivantes  sont  faites  d'après  les  échantil- 
lons nos  138  et  266  bis  Guvane  (Mus.  Col.  Mars.). 

Caractères  généraux  de  n°  266  bis.  —  Bois  dur  et  lourd,  de 
couleur  brun  chocolat  uniforme.  La  coupe  longitudinale  pré- 
sente la  surface  légèrement  brillante,  micacée.  La  nuance  de 
toutes  les  coupes  est  à  peu  près  semblable  ;  grain  très  lin. 

Caractères  physiques..  —  La  densité  est  légèrement  plus 
forte  que  celle  de  l'eau;  dureté,  celle  du  Cœur  vert  ou  du 
Quebracho.  Sans  odeur.  La  solution  aqueuse  chaude  est  inco- 
lore ;  solution  alcoolique  légèrement  brunâtre.  Le  bois  brûle 
sans  arôme  spécial  en  pétillant  beaucoup. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Epaisse  de  3  mm.  environ  ;  la 
surface  externe  est  rougeâtre  ou  brun  jaunâtre,  gercée,  mais 
lisse  sur  les  côtes,  qui  sont  formées  par  des  plaques  larges  et 
plates,  superposées  et  séparées  par  une  mince  coupe  blanche 
argentée. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Couches  dou- 
teuses ;  les  zones  sans  lignes  du  parenchyme  pourraient  être 
les  limites. 

Vaisseaux  visibles  à  la  loupe,  moyens,  peu  nombreux,  for- 
tement isolés,  simples  ou  par  paires,  beaucoup  de  groupes 
radiaux  de  3  et  même  de  4  ;  vides. 

Rayons  très  obscurs,  même  à  la  loupe,  lins,  écartés  les  uns 
des  autres  d'une  distance  égale  au  diamètre  d'un  gros  vaisseau. 

Parenchyme  a  à  peine  visible,  entourant  incomplètement  les 
vaisseaux  et  h  s'étendant  en  lignes  continues,  concentriques, 
régulières,  d'une  largeur  égale  au  diamètre  radial  d'un  gros 
vaisseau  et  écartées  dune  distance  de  deux  à  quatre  fois  plus 
grande  ;  il  est  de  couleur  brun  clair  sur  un  fond  rouge  foncé. 

Section  radiale.  — -  Vaisseaux  visibles  à  la  loupe.  Rayons  à 
peine  visibles,  même  sur  une  surface  fendue  ;  de  couleur  rou- 
geâtre. Parenchyme  obscur. 

Section  tangentielle.  —  Comme  la  radiale,  mais  les  lignes 
du  Pa  sont  légèrement  visibles  par  réflexion.  Rayons  obscurs. 

Palétuvier.  Échantillon  n°  138. 

Le    bois    correspond    au    précédent,    sauf    les    différences 


HUIS    UTILES    DE    LA    GL'VANE    FRANÇAISE 


183 


suivantes.   De  couleur  brun  clair  uniforme.  Densité,   0,819  ; 
dureté,  celle  du  Charme.  Sans  saveur  ni  odeur. 

Structure  du  bois.  —  Section  transversale.  Vaisseaux  bien 
visibles  à  l'œil  nu  à  cause  de  leur  couleur  claire,  simples  ordi- 
nairement et  rarement  par  groupes. 

Ravons  nombreux,  au  moins  3  dans  une  distance  é^ale  au 
diamètre  d'un  gros  vaisseau. 

Parenchyme' h  visible  à  la  loupe,  en  lignes  légèrement  plus 
larges  que  les  ravons  et  formant  avec  eux  un  filet  presque 
régulier.  Couleur  brune  comme  celle  des  ravons. 

Section  radiale.  —  Vaisseaux  gros,  bien  apparents  à  l'œil 
nu.  Rayons  transparents  à  peine  visibles  à  cause  de  leur  cou- 
leur se  confondant  avec  celle  des  fibres  ligneuses. 

Section  tangentielle.  —  Les  lignes  du  Ph  sont  visibles 
seulement  au  microscope. 

Caractères  de  Vécorce.  —  Couleur  externe  d'un  srisarg-enté  « 
surface  unie,  mais  fendillée  en  petites  plaques  très  minces. 
Ces  plaques  tombant  facilement  ;  notre  échantillon  en  est 
presque  privé.  La  surface  sous-jacente  est  d'un  brun  rou- 
geàtre.  Epaisseur  de  8  à  10  mm.  La  section  gris  brunâtre, 
d'une  structure  assez  uniforme,  est  composée  de  grands  scié- 
rites  disposés  à  peu  près  en  couches  qui  sont  séparées  par  de 
très  minces  feuilles  d'un  rouge  foncé.  Vers  l'extérieur,  les  scié- 
rites  sont  plus  grands,  nombreux  et  serrés.  A  L'intérieur  ils  se 
séparent  en  longues  grosses  fibres  brunes.  Texture  très  dure, 
ligneuse,  fibreuse.  Sans  odeur  ni  saveur. 

TRIBU   IL   —   LÉGNOTIDÉES 

Gassipourea  guianensis  Aubl.,  n°  2246. 

Aublet,  p.  529  :  écorce  grisâtre;  bois  blanc. 


MAÇON,    PROTA1     FRERES,    IMPRIMEURS 


PI.  III.    -  Vouacapoua  americana  Aubl. 
Cylindre  de  1><h^  fail  au  tour,  ri  montra  ni  la  section  tangentielle 


té 


4 

/ 


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\ 


PI,  l\.  - —   Vouacapoua  atnericana   Aubl, 
I  ion  i  rnns>  ersale 


Fig.   1 


Fig.  * 


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Fig.  2 


Fig.  5 


Fig.  3 


Fig.  7  Fi9-  8  Fig.  0 

PI.  V.  —  Sections  transversales  de  l>i>i~>,  vues  à  la  loupe 


Fig.  10 


Fig.  11 


Fig.   14 


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Fig.   12 


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Fig.   15 


Fi«.   1e  Fig.    17  Fig.    18 

!•!_  \l.        Sections  transversales  de  bois,  vues  à  la  loupe 


r*  <*£-a&l%  1. 1.,     i 


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Fig.   19 


Fig.  20 


Fig.  21 


Fig.   22 


Fig.  23 


Fig.  24 


Fig.  25  Fig.  26  F19-  27 

PI.  \  II.        Sections  transversales  de  bois,  vues  h   la  loupe 


Principaux  Mémoires  parus  antérieurement  dans  les 
ANNALES    DU    MUSÉE    COLONIAL    DE    MARSEILLE 

Dr  Heckel  :  Sur  quelques  plantes  à  graines  grasses  nouvelles  ou  peu  connues 
des  colonies  françaises,  et  en  particulier  de  Madagascar.  Année  1908. 

Claverie  :  Contribution  à  l'étude  anatomique  et  histologique  des  plantes  textiles 
exotiques.  Année  1909. 

de  Wildeman  :  Notes  sur  des  plantes  largement  cultivées  par  les  indigènes  en 
Afrique  tropicale.  Année  1909. 

Dr  Heckel  :  Les  Plantes  utiles  de  Madagascar.  Année  1910. 

H.  Jumelle  et  H.  Perrier  de  la   Bathie  :  Fragments  biologiques  de   la  flore  de 
Madagascar.  Année  1910. 

Gi  illaumin  :  Catalogue  des  Plantes  phanérogames  de  la  Nouvelle-Calédonie  et 
dépendances.  Année  1911. 

Dubard  :  Les  Sapotacées  du  groupe  des  Sidéroxylinées.  Année  1912. 

Baudon  :  Sur  quelques  plantes  alimentaires  indigènes  du  Congo  français.   Année 
1912. 

de  Wildeman  :  Les  Bananiers  ;   culture,  exploitation,  commerce  ;  systématique 
du  genre  Musa.  Année  1912. 

H.  Jumelle  et  II.  Perrier  de  la  Bathie  :  Palmiers  de  Madagascar.  Année  1913. 

P.  Choux  :  Études   biologiques   sur   les  Asclépiadacées  de   Madagascar.  Année 
1914. 

H.  Jumelle  :  Le  Dr  Heckel.  Année    1915. 

R.  Hamet  et  II.  Perrier  de  la  Bathie  :  Contribution  à  l'étude  des  Crassulacées 
malgaches.  Année  1915. 

A.  Fauvel:  Le  Cocotier  de  Mer,  Lodoicea  Sechellarum.  Année  1915. 

11.  Jumelle  :  Les  Recherches  récentes  sur  les  ressources  des  Colonies  françaises 
et  étrangères  et  des  autres  Pays  chauds.  Année  \'Hi'>. 

Il    Jumelle  :  Catalogue  descriptif  des  Collections  botaniques  du  Musée  Colonial 
de  Marseille  :  Madagascar  et  Réunion.  Année  1916. 

II.  Jumelle:  Catalogue  descriptif  des  collections  botaniques  du  Musée  Colonial 
de  Marseille  :  Afrique  Occidentale  Française.  Année  1911 

H.  Jumelle  :  Notes  statistiques  sur  les  Plantations  étrangères  de  caoutchouc 
dans  le  Moyen-Orient.  Année  1917. 

II.. h  mi  mi   :  Les  variétés  du  Palmier  à  huile.  Année  1917. 

11.   li  mi  i  i  i   :  Quelques  données  sur  l'état  actuel  de  la  culture  cotonnière.  Ani 
1917. 


MODE    DE    PUBLICATION    ET    CONDITIONS    DE     VENTE 


Les  Annales  du  Musée  Colonial  de  Marseille,  fondées  en  1893, 
paraissent  annuellement  en  un  volume  ou  en  plusieurs  fascicules. 

Tous  ces  volumes,  dont  le  prix  est  variable  suivant  leur  importance, 
sont  en  vente  chez  M.  Challamel,  libraire,  17,  rue  Jacob,  à  Paris,  à 
qui  toutes  les  demandes  de  renseignements,  au  point  de  vue  commer- 
cial, doivent  être  adressées. 

Tout  ce  qui  concerne  la  rédaction  doit  être  adressé  à  M.  Henri 
Jumelle,  professeur  à  la  Faculté  des  Sciences,  directeur  du  Musée 
Colonial,  5,  rue  Noailles,  à  Marseille. 

Les  auteurs  des  mémoires  insérés  dans  les  Annales  ont  droit  gra- 
tuitement à  vingt-cinq  exemplaires  en  tirage  à  part.  Ils  peuvent,  à 
leurs  irais,  demander  vingt-cinq  exemplaires  supplémentaires,  avec 
titre  spécial  sur  la  couverture. 

La  suite  du  travail  de  M.  H.  Stone  sur  Les  hois  utiles  de  la  Guyane 
Française  paraîtra  dans  le  second  fascicule  de  1918. 


MAÇON.  PROTAT  FRERES.  IMPRIMEIRS. 


INSTITUT  COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 


DU 


MUSÉE    COLONIAL 

DE  MARSEILLE 

Fondées  en  1893  par  Edouard  Heckel 

dirigées  par 
M.  Henri  JUMELLE 

Professeur  à  la  Faculté  des  Sciences 
Directeur  du  Musée  Colonial  de  Marseille. 


Vingt- sixième  année,  3e  série,  6e  volume  (1918) 

1"  FASCICULE 

1°  Essais  de  Fabrication  de  Papier  avec  la  Passerine  hirsute  et  d'autres  Thyméléacées,  par 
MM.  E.  DOURON  et  L.  VIDAL,  professeurs  à  l'Ecole  Française  de  Papeterie.  . .         1 

2°  Essais  de  Fabrication  de  Papier  avec  le  Bois-touchon  de  la  Guyane  Française,  par 
MM.  E.  DOURON  et  L.  VIDAL 11 

3°  Nouvelles  observations  sur  les  Mascarenhasia  de  l'Est  de  Madagascar,  par  MM.  H.  JUMELLE 
et  H.  PERRIER  DE  LA  BATHIE 15 

4°  Les  Dypsis  de  Madagascar,  par  M.  H.  JUMELLE 21 

5°  L'Elevage  à  Madagascar,  par  M.  Georges  CARLE,  chef  du  Service  de  Colonisation  à  Ma- 
dagascar        39 

6°  L'Elevage  et  le  Commerce  des  Viandes  dans  nos  Colonies  et  quelques  autres  Pays,  par 
M.  H.  JUMELLE 57 

7°  Palmistes  et  Noix  de  Bancoul  de  Madagascar,  par  M.  Louis  RACINE,  chimiste  à  la  Stéari- 
nerie  Fournier,  de  Marseille 112 


X 


MARSEILLE 

MUSÉE   COLONIAL 

5,  Rue  Noailles,  5 


PARIS 

LIBRAIRIE  CHALLAMEL 

17,  Rue  Jacoh,  17 


1918 


Revue  Agricole  et  Vétérinaire 


DE 


Madagascar  et  Dépendances 


DiFeeteat*  :  G.  CA^LiE 


PARAIT  TOUS  LES  MOIS 

Abonnement  pour  la  France  et  les  Colonies  françaises  :  10  francs 


Imprimerie-Librairie  LAVÎGNE 

Rue  Amiral-Pierre,  à  TANANARIVE  (Madagascar) 


COLONIES   ET   MARINE 

*?ue  des  PetitsnChamps,  11.  —  PAt^IS 


PARAIT  TOUS  LES  MOIS 

Abonnements  : 

Un  an  :  France 36  francs. 

—         Etranger 40  francs. 

Prix  du  numéro  :  3  francs. 


ANNALES 


DU 


MUSÉE  COLONIAL  DE  MARSEILLE 


(Année  1918) 


ORLÉANS.    IMPRIMERIE    11.    1ESSIEU 


INSTITUT  COLONIAL  MARSEILLAIS 


ANNALES 


DU 


MUSËE    COLONIAL 

DE   MARSEILLE 

Fondées  en  1893  par  Edouard  Heckel 

dirigées  par 
M.  Henri  JUMELLE 

Professeur  à  la  Faculté  des  Sciences 
Directeur  du  Musée  Colonial  de  Marseille. 


Vingt- sixième  année,  3<  série,  6e  volume  (191  S) 

le*   FASCICULE 

1°  Essais  de  Fabrication  de  Papier  avec  la  Passerine  hirsute  et  d'autres  Thyméléacées,  par 
.MM.  ]•:.  DOl  RON  el  L.  VIDAL,  professeurs  à  l'Ecole  Française  de  Papeterie.  ..         1 

2°  Essais   de  Fabrication   de   Papier   avec  le   Bois-bouchon   de  la   Guyane   Française,   par 
MM.  ]•].  DOl  l:<>\  et,  L,  VIDAL Il 

3°  Nouvelles  observations  sur  les  Mascarenhasia  de  l'Est  de  Madagascar,  par  MM.  H.  .11  MELLE 
.•t  II.  PERRIER  DE  LA  B  \TIIII-: 15 

4°  Les  Dypsis  de  Madagascar,  par  M.  H.  JUMELLE 21 

5°  L'Elevage  à  Madagascar,  par  M.  <  ceorges  ÇA  I  :  I .  I ■'..  i  lief  du  Service  de  «  lolonisation  ;">  Ma- 
dagascar  


•-■ 


6°  L'Elevage  et  le  Commerce  des  Viandes  dans  nos  Colonies  et  quelques  autres  Pays,  par 
M.  II.  .Il  MELLE 

7°  Palmistes  et  Noix  de  Bancoul  de  Madagascar,  par  M.  Louis  RACINE,  i  himiste  à  la  Stéari- 
nerie  Fournier,  de  Marseille 112 


MARSEILLE 

MUSÉE   Colonial 

5,  hv\   Noau  i  ES,  5 


PARIS 
LIBF  URIE  CHAL1  A  M  KL 

17.  Ri  e  .1  a.  ob,  17 


1918 


Essais  de  Fabrication  de  Papier 

avec  la 

Passerine  hirsute    et   d'autres    Thyméléacées 

Par  MM.  E.  Douron  et  L.  Vidal 

Professeurs  à  V Ecole  Française   de   Papeterie 


La  disette  des  matières  premières  propres  à  la  fabrication 
du  papier  fait  en  ce  moment  envisager  l'utilisation  des  Passe- 
rines,  arbustes  buissonnants  de  la  région  méditerranéenne, 
très  communs  dans  certaines  régions  du  Maroc  et  de  l'Algérie. 
L'espèce  la  plus  intéressante  tant  par  son  abondance  que  par 
sa  taille  est  le  Passerina  hirsuta  L.  (Thymelsea  hirsuta  Endl.), 
plante  touffue,  très  rameuse,  atteignant  1  m.  50  environ  (1). 
Des  échantillons  ont  été  envoyés  du  Maroc  à  M.  le  professeur 
H.  Jumelle  qui,  après  les  avoir  déterminés  d'une  façon  précise, 
a  bien  voulu  en  confier  l'étude  technique  au  Laboratoire  des 
3S ais  de  l'Ecole  française  de  Papeterie.  Le  directeur  de  cette 
Ecole,  M.  Barbillion,  nous  ayant  chargés  de  l'exécution  de  ce 
travail,  nous  allons  le  résumer  brièvement. 


il)  Cette  espèce  un  peu  polymorphe,  bien  connut-  en  effel  dans  la 
/ion  méditerranéenne  —  on  la  trouve,  par  exemple,  aux  environs  de 
Marseille,  dans  le  Var,  etc.  —  ne  nous  semble  guère  avoir  été  signalée 
jusqu'ici  au  Maroc,  «>ù  on  mentionne  plus  souvent  la  Passerina 
canescens.  Les  premiers  échantillons  nous  furent  envoyés  par  M.  Perrier 
de  la  Bâthie,  doril  l'attention  avail  été  attirée  sur  cette  piaule  qui 
couvre  en  peuplements  serrés  presque  tous  les  sables  que  l'on  voit  autour 
de  la  forêt  de  Mamora,  soit  une  superficie  de  plus  de  100.000  hectares 
D'autre  part,  le  service  de  I*  agriculture  du  Maroc,  auquel  nous  devons 
I  -  lots  de  tiges  sur  lesquels  li  lis  de  l'Ecole  de  Papeterie  de  Grenoble 

«mi  été  faits,  nous  indique  que     i  ette  plant.-  pousse  en  abondance  dans 
tout  is  les  terres  siliceuses  de  la  zone  littorale  maro<  aine,  et  particuliè- 

ii  -ni  dans  la  formation  des  sables  mio<  ô  tes  situés  ai rd  et  au  sud 

le  la  forêt  d  •  Mamora        1 1.  J 


2  ESSAIS    DE    FABRICATION    DE    PAPIER 

On  peut  sans  doute  songer  à  utiliser  la  Passerine  tout 
comme  on  le  ferait  d'un  Genêt  quelconque,  puisqu'il  est  pos- 
sible de  faire  du  papier  avec  n'importe  quelle  plante  ligneuse. 
Mais  ce  qui  rend  ce  végétal  plus  particulièrement  intéressant, 
c'est  qu'il  appartient  à  la  famille  des  Thyméléacées,  c'est-à- 
dire  à  une  famille  illustre  dans  le  monde  de  la  papeterie  :  le 
papier  impérial  du  Japon,  le  vrai  «  Japon  »,  et  c'est  tout  dire, 
est  fabriqué  avec  l'écorce  d'une  Thyméléacée,  Y  Edgeworthia, 

L' Edgeworthia papy rijera  est  un  petit  arbre  d'environ  2  mètres 
que  l'on  cultive  tout  exprès  pour  la  papeterie.  Son  nom  japo- 
nais, Mitsumata  (trois  fourchettes),  lui  vient  de  ses  rameaux 
trifurqués.  Son  écorce,  extérieurement  noirâtre,  est  très  épaisse. 
On  la  détache  régulièrement  par  un  écorçage  méthodique  et' 
on  la  traite  par  des  procédés  spéciaux  tenus  jalousement 
secrets.  On  sait  seulement  que  la  base  du  traitement  est  un 
lessivage  avec  des  cendres.  Quoiqu'ils  altèrent  bien  davantage 
les  fibres,  on  peut  aussi  employer  les  procédés  ordinaires  de 
lessivage  à  la  soude,  et  c'est  ce  que  l'on  fait  dans  les  papeteries 
modernes,  outillées  à  l'européenne.  Avec  Y  Edgeworthia  on 
fabrique  des  papiers  variés  et  très  estimés,  depuis  ces  embal- 
lages écrus,  curieusement  mouchetés  de  points  noirs,  si  extra- 
ordinairement  solides  qu'ils  sont  presque  indéchirables,  jus- 
qu'aux délicieux  papiers  pelures  ornés  de  fleurs  et  d'hiéro- 
glyphes, jusqu'aux  somptueux  papiers  blancs,  au  magnifique 
éclat  nacré  caractéristique,  réservés  aux  impressions  de  luxe. 

D'autres  Thyméléacées  asiatiques  sont  employées  en  pape- 
terie, mais  d'une  façon  plus  restreinte. 

Le  Wickstroemia  canescens,  en  japonais  le  Gampi,  fournit 
une  sorte  de  Japon  supérieur.  Il  n'est  guère  utilisé  qu'au 
Japon,  bien  qu'on  le  trouve  aussi  en  Chine  et  dans  l'Inde.  La 
production  est  faible,  parce  que  l'arbuste  est  petit  et  diffi- 
cile à  cultiver.  Cette  matière,  de  toute  beauté,  est  extrêmement 
chère.  On  la  réserve  au  papier-monnaie  et  on  ne  l'exporte  pas 
en  Europe. 

Nous  possédons  au  Tonkin  une  espèce  voisine,  le  Wickstroe- 
mia Balansœ  Drake  (Journal  de  Botanique,  1889).  Il  est  spon- 
tané dans  les  bois  de  la  région  montagneuse,  et  il  est  cultivé 


.  AVEC    LA    PASSERINE    HIRSUTE  3 

depuis  longtemps  par  les  indigènes  pour  la  fabrication  du  pa- 
pier dit  de  Caj-djo.  C'est  un  excellent  papier,  assez  fortement 
teinté,  mais  très  résistant. 

Le  Lagetta  lintearia  Lam.  (Daphne  Lagetta  Sw.)  est  origi- 
naire du  Népaul.  On  le  cultive  dans  l'Inde,  à  la  Jamaïque  et  au 
Brésil.  C'est  le  bois-dentelle,  ou  plante  à  papier  du  Népaul, 
dont  l'écorce  très  fibreuse  donne  un  papier  bien  connu. 

Le  Daphne  cannabina  Wall.,  également  du  Népaul,  est  sou- 
vent confondu  avec  le  précédent  sous  le  nom  de  Népal  papier 
plant. 

Enfin  le  Daphne  Pseudo- Mezereum  est  spontané  et  cultivé 
dans  le  Japon  méridional. 

Les  Thyméléacées  de  l'Extrême-Orient  étant  donc  des  plantes 
à  papier  de  premier  ordre,  il  était  tout  naturel  d'examiner  si  nos 
espèces  indigènes  ne  pourraient  pas  fournir  une  matière  uti- 
lisable, fût-elle  même  un  peu  coûteuse. 

Nous  nous  en  étions  occupés  bien  avant  qu'on  vînt  nous 
proposer  la  Passerine.  Il  y  a  cinq  ou  six  ans,  à  un  moment  où  la 
question  des  celluloses  de  remplacement,  quoi  qu'on  en  parlât 
déjà  beaucoup,  ne  se  posait  certes  pas  d'une  façon  aussi  pres- 
sante qu'aujourd'hui,  nous  avons  étudié  à  ce  point  de  vue  nos 
principales  espèces  françaises  :  les  Daphne  Laureola,  Mezereum 
et  Gnidium.  Nous  avions  reconnu  que  leur  écorce  donne  un 
produit  assez  remarquable,  encore  qu'inférieur  à  celui  des 
espèces  asiatiques,  mais  nous  avions  reconnu  aussi,  et  même 
bien  vite,  que  le  prix  de  revient  en  serait  tout  simplement 
exorbitant.  La  guerre  survenue  là-dessus  nous  empêcha  de 
publier  ces  résultats  qui  paraissaient  de  pure  curiosité.  Nous 
les  aurions  oubliés  nous-mêmes  si  l'étude  de  la  Passerine  ne 
nous  les  avait  pas  fait  exhumer. 

Essais  sur  la  Passerink  [Passerina  kirsiUa) 

La  Passerine,  d'après  <■«•  que  nous  venons  <!<>  voir,  pourrail 
êï  re  employée  à  la  façon  «  I  «  *  VEdgeworthia  »•!  de  Ses  succédanés, 
c'est-à-dire  en  n'en  utilisant  quel'écorce.  Ç'esl  là  la  première 
pensée,  la  plus  naturelle,  mais  il  faul   l'abandonner  i»>nt  de 


4  ESSAIS    DE    FABRICATION    DE    PAPIER 

suite.  En  effet  les  rameaux  de  Passerine  sont  menus  :  ils 
ont  au  maximum  la  grosseur  du  doigt,  plus  souvent  celle  d'un 
crayon.  Dès  le  premier  coup  d'œil  on  voit  quel'écorce,  qui  ne 
forme  qu'une  faible  partie*  de  l'ensemble,  est  bien  trop  mince 
pour  être  exploitable  seule  :  le  rendement  serait  dérisoire. 

Dans  ces  conditions  nous  avons  dû  traiter  la  tige  tout  en- 
tière, écorce  et  bois.  Il  est  bon  d'enlever  les  feuilles,  qui  tombent 
du  reste  facilement.  De  plus  il  vaut  mieux  rejeter  les  extré- 
mités des  pousses,  trop  molles  et  trop  menues. 

La  matière,  telle  qu'elle  nous  a  été  expédiée,  c'est-à-dire 
séchée  à  l'air,  renfermait  environ  12  p.  100  d'eau. 

Nous  avons  effectué  le  dosage  de  la  cellulose  pure  par  la 
méthode  de  Cross  et  Bevan,  dite  par  chloruration. 

La  tige  entière  (bois  et  écorce)  renferme  32  p.  100  de  son 
poids  de  cellulose. 

Le  bois  en  contient  36  p.  100. 

L'écorce  en  renferme  24  p.  100  seulement. 

Ces  notions,  indispensables  pour  le  calcul  du  rendement, 
montrent  combien  il  serait  faible  si, on n'utilisait  quel'écorce. 
En  effet,  l'écorce  ne  représente  qu'environ  le  tiers  du  poids 
total.  Il  s'en  suit  que  100  kilogrammes  de  tiges,  qui  donnent 

24 
33  kilogrammes  d' écorce,  fournissent  seulement  :   33   X  t-^. 

—  7  kgr.  92  de  pâte  à  papier. 

Si  on  emploie  toute  la  tige  on  a  le  rendement  acceptable  de 
32  kilogrammes  de  pâte  pour  100  kilogrammes  de  matière. 

Voici  le  traitement  que  nous  avons  appliqué. 

Les  tiges  ont  été  débitées  au  hache-paille,  en  fragments  de 
3  à  4  centimètres,  puis  ont  été  soumises  à  un  lessivage  alcalin, 
effectué  à  l'autoclave  dans  les  conditions  suivantes,  fixées 
après  plusieurs  tâtonnements  :,  \ 

Matière  première 2  kgr. 

Soude  (en  NaOH  pur)  20  p.  100 0  kgr.  400 

Concentration  de  la  liqueur 5°  Baume 

Pression    3  atmosph. 

Durée  de  la  cuisson ' 14  heures 

Le  lessivage  s'avère  ainsi  comme  long  et  dispendieux. 


Explication  de  la  Planche   I 


Cellulose  de  Passerine. 
Pâte  à  papier  obtenue  parle  traitement  de  la  tige  du  Passerlna  hirsutah. 

I'.  éc.  —  Fibres  corticales  ;  l'une  d'elles  est  presque  toute  entière  dans  le 

champ,  il  n'en  manque  ^ruùre  que  le  quart. 
f.  lig.  —  Fibres  ligneuses, 
se.  —  Cellules  scléreuses. 
p.  —  Cellules  parenchymateuses  corticales, 
v.  —  Vaisseaux. 


AVEC    LA    PASSERINE    HIRSUTE  5 

La  matière  lessivée,  puis  bien  lavée,  a  été  défibrée  dans  une 
pile  d'essai.  La  pâte  obtenue,  relavée,  est  d'un  brun  clair  ; 
elle  constitue  la  cellulose  écrue.  Nous  en  avons  gardé  une  par- 
tie pour  en  tirer  quelques  feuilles  par  le  procédé  à  la  cuve  et 
nous  avons  blanchi  le  reste. 

Le  blanchiment  a  été  effectué  au  chlorure  de  chaux  dans  une 
solution  à  10°  Baume.  Nous  avons  enfin  tiré  quelques  feuilles 
de  cette  pâte  définitive,  qui  est  la  cellulose  blanchie. 

Le  papier  obtenu,  blanchi  ou  même  écru,  est  d'une  très 
médiocre-  ténacité  ;  sa  résistance  à  la  déchirure  est  faible» 
Malgré  le  pourcentage  élevé  de  chlore  employé,  le  blanchiment 
est  resté  un  peu  insuffisant. 

Examinée  au  microscope,  la  pâte  se  montre  composée,  ainsi 
que  le  montre  la  planche  I,  d'un  mélange,  en  proportions 
fort  inégales,  de  deux  sortes  de  fibres  :  les  unes  très  longues, 
provenant  de  l'écorce,  les  autres  très  courtes,  du  bois. 

Les  fibres  corticales  (péricycliques  et  libériennes  pour  em- 
ployer un  langage  plus  rigoureusement  scientifique)  sont  à  la 
fois  très  longues  et  très  fines.  Elles  mesurent  de  2  à  4  milli- 
mètres et  ont  un  diamètre  de  0  mm.  010  environ.  Elles  ont 
la  même  longueur  que  celles  de  YEdgeworthia,  mais  avec  une 
finesse  plus  grande.  Comme  celles  de  toutes  les  Thyméléacées. 
elles  sont  caractérisées  par  un  renflement  allongé  en  am- 
poule, situé  à  peu  près  au  milieu  de  la  longueur.  Outre  ce 
gros  renflement  ampullaire,  il  y  en  a  souvent  d'autres,  plus 
petits,  qui  rendent  la  fibre  comme  noueuse.  La  paroi  est 
épaisse  et  le  lumen  assez  réduit,  mais  très  irrégulièrement 
dilaté  dans  les  nœuds,  et  surtout  danslerenflementampnll.iire, 
où  il  s'élargit  beaucoup.  Les  extrémités  sont  très  variées  de 
forme  :  elles  sont  souvent  dilatées  en  spatule,  ou  munies  de 
bourgeons  latéraux  disposas  tous  du  même  côté,  ou  bifurqué* 
ou  capricieusement  ramifiées.  Toutes  ces  particularités  se 
retrouvenl  dans  YEdgeworthia  »'t  onl  été  décrites  •  ■!  figuré» 
minutieusement  par  plusieurs  auteurs  (1). 


i    s.iiin  :  Anatomische  Studien  ûber  wichtige  Faserpflanzen  Japa 
mit  besonderer  Berticksichtigung  der  Bastzeîlen.  Tokio,  Jour.  Coll. 

1901. 


6  ESSAIS    DE    FABRICATION     DE    PAPIER 

Ces  fibres  ont  un  pouvoir  feutrant  considérable.  Leur  lon- 
gueur absolue  (3   millimètres   en  moyenne)   et   relative   (le 

10  1 

rapport  du  diamètre  à  la  longueur  est  égal  à  :  =  ~— 

~  o .  UUU  oUU 

leur  donnent  en  effet  une  grande  capacité  d'enchevêtrement. 

Quoique  suffisante,  la  ténacité  est  bien  moindre  que  celle 
du  Mitsumata  ou  du  Gampi,  parce  que  la  fibre  est  beaucoup 
plus  menue.  En  outre  le  lessivage  assez  sévère  qu'elle  a  subi 
n'est  pas  sans  en  avoir  diminué  la  résistance  d'une  façon  très 
sensible. 

Au  total,  ces  fibres  sont  tout  de  même  très  bonnes,  et,  s'il  y 
en  avait  beaucoup,  nous  serions  fort  satisfaits.  Mais  que  repré- 
sentent-elles par  rapport  à  l'ensemble  ?  Peu  de  chose:  15  p.  100, 
20  p.  100  peut-être.  Tout  le  reste  est  formé  par  les  fibres 
ligneuses. 

Comme  les  peuples  heureux,  celles-ci  n'ont  pas  d'histoire. 
C'est  qu'on  avait  estimé  jusqu'ici  qu'elles  ne  pouvaient  servir 
à  rien  ;  en  quoi  du  reste  on  ne  se  trompait  pas. 

Ces  fibres  ligneuses  sont  en  effet  extrêmement  courtes, 
au  point  d'en  être  curieuses.  Elles  ont  à  peine  1/2  millimètre 
en  moyenne.  Si  on  considère  que  1  millimètre  est  un  mini- 
mum pour  les  fibres  utilisables  en  papeterie,  on  voit  que  nous 
sommes  loin  de  compte. 

Les  fibres  ligneuses  de  la  Passerine  sont  donc  très  menues  ; 
leur  diamètre  est  de  0  mm.  015  en  moyenne.  Le  rapport  du  dia- 

15         1 

mètre  à  la  longueur,  qui  est  de  — -  ==  ^,  est  très  mauvais.  En 

sorte  que  le  pouvoir  feutrant  est  très  faible,  pratiquement  nul. 
La  paroi  de  la  fibre  est  mince,  et  par  conséquent  peu  tenace. 
Mais  ceci  est  accessoire,  et  la  brièveté  domine  tout  :  cette  pâte 


Jencic  :  Bastfasern  der  Thymeleaceen.  Œester.  bot.  Zéitschi-.,  1902. 

Wiesner:  Rohstoffe  des  Pflajizenreiches  ;  2e  édition,  1903.  Donne. mil 
résumé  très  complet,  avec  figures,  du  travail  de  Jencic,  son  élève. 

Yogi  :  Anatomische  Studien  ùber  Blatt  und  Achse  der  einheimischen 
Daphne-Arten,  mit  besonderer  Berùcksichtigung  der  Bastfasern.  1910. 
Traite  plutôt  de  la  distribution  topographique  des  fibres  que  de  leur 
structure. 


AVEC    LA    PASSERINE     HIRSUTE  7 

n'est  pas  Ain  lacis,  ce  n'est  à  proprement  parler  qu:une  pous- 
sière de  fibres. 

En  plus  des  fibres,  on  trouve  dans  la  cellulose  de  Passerine 
les  éléments  variés  que  l'on  rencontre  dans  toutes  les  pâtes  de 
bois.  Ce  sont  des  cellules  scléreuses,  des  cellules  parenchyma- 
teuses  et  des  vaisseaux.  Il  serait  oiseux  de  les  décrire. 

En  résumé  la  pâte  à  papier  de  tige  de  Passerine  renferme 
quelques  bons  éléments,  malheureusement  trop  peu  nom- 
breux, noyés  dans  une  masse  de  fibres  sans  valeur.  Sa  ténacité 
et  son  pouvoir  feutrant  sont,  au  total,  franchement  mauvais. 

Aussi  bien  de  l'étude  micrographique  que  de  l'examen  du 
papier  fabriqué  il  ressort  que  la  Passerine  n'est  pas  susceptible 
de  trouver  un  emploi  pratique  en  papeterie. 

Essais  sur  les  Daphne 

Les  trois  plus  grandes  espèces  de  nos  pays  sont  les  Daphne 
Laureola,  Mezereum  et  Gnidium.  Ce  sont  les  seules  à  considérer, 
les  autres  étant  beaucoup  trop  petites  pour  qu'on  puisse  envi- 
sager une  utilisation  quelconque. 

Elles  ont  à  peu  près  la  même  structure,  et  le  produit  obtenu 
est  sensiblement  identique  pour  toutes  les  trois. 

La  plus  intéressante  est  le  Daphne  Laureola,  arbrisseau 
d'environ  1  mètre,  à  longues  tiges  peu  rameuses,  de  la  gros- 
seur du  doigt,  ou  même  du  pouce.  Son  écorce  est  très  épaisse. 
Il  est  assez  commun  dans  les  bois  frais  et  ombragés.  En  Algé- 
rie on  ne  le  trouve  que  dans  la  région  montagneuse. 

Le  Daphne  Mezereum,  ou  Bois-gentil,  est  un  peu  plus  petit. 
C'esl  mie  plante  <]<">  montagnes,  et  qui  n'est  abondante  nulle 
part. 

Le  Daphne  Gnidium,  ou  Garou,  donl  l'écorceesl  employi 
.■ii  médecine  comme  vésictfnl .  esl  assez  commun  dans  le  Midi 
de  la  France  et  tyien  plus  en  Algérie.  Il  ait  ci  ni  1  m.  50  et  môme 
1  mètres,  mais  ses  rameaux  sont  givlrs  ri  effilés.  En  outre  il 

a  plus  fortement  lignifié,  que  les  précédent  qui  rend  Bon 
lessivage  plus  difficile  et  plus  coûteux. 


8  ESSAIS    DE    FABRICATION    DE    PAPIER 

En  reprenant  la  question,  nous  nous  sommes  occupés  seule- 
ment de  l'espèce  la  plus  convenable,  qui  est  le D.  Laureola. 

Dans  cette  plante,  l'écorce  est,  soit  d'une  manière  absolue, 
soit  proportionnellement  au  bois,  bien  plus  développée  que 
dans  la  Passerine.  En  poids,  elle  représente  à  peu  près  la 
moitié  de  l'ensemble.  Dans  un  premier  lot  d'échantillons, 
récoltés  aux  environs  de  Grenoble,  nous  avons  trouvé  que 
l'écorce  formait  les  45  p.  100  du  poids  total  ;  dans  un  autre  lotr 
également  du  Dauphiné,  mais  provenant  d'une  autre  localité,, 
nous  avons  trouvé  51  p.  100. 

Fraîchement  récoltée,  la  tige  contient  32  p.  100  d'eau. 

La  teneur  en  cellulose  de  la  tige  entière  (non  écorcée)  est 
en  moyenne  de  28  p.  100. 

A  la  rigueur,  on  pourrait  envisager  l'utilisation  de  la  seule 
écorce.  Elle  est  assez  épaisse  et  s'enlève  facilement.  La  cellu- 
lose qu'on  peut  en  retirer  (nous  avons  fait  l'expérience  sur 
quelques  grammes)  est  très  fibreuse. 

Toutefois,  le  rendement  étant  faible,  pratiquement  trop 
faible,  il  nous  a  paru  nécessaire,  bien  que  ce  ne  soit  pas  aussi 
indispensable  que  pour  la  Passerine,  d'y  joindre  le  bois. 

Nous  avons  donc  traité  la  tige  non  écorcée,  sectionnée  en 
morceaux  de  3  à  4  centimètres,  et  en  rejetant  seulement  les 
extrémités  qui  sont  vertes  et  encore  molles. 

Nous  avons  lessivé  à  l'autoclave  et  dans  les  conditions 
suivantes  : 


Matière  sèche 2  kgr. 

Soude,  calculée  en  NaOH,  20  p.  100 0  kgr.  400 

Concentration  de  la  liqueur 5°  Baume 

Pression 3  atmosph. 

Durée  de  la  cuisson 10  heures 


On  voit  que  le  lessivage  a  été  intentionnellement  abrégé  ; 
c'était  afin  d'altérer  les  fibres  le  moins  possible. 

Mais,  s'il  était  suffisant  pour  les  fibres  de  l'écorce,  qui  sont 
peu  lignifiées,  il  ne  l'était  pas  pour  celles  du  bois,  qui  le  sont 
davantage.  Et  on  voit  là  le  gros  inconvénient  qu'il  y  a  à  traiter 
ensemble  deux  matières  d'une  inégale  dureté. 


AVEC    LA    PASSE RINE    HIRSUTE  9 

Avec  ce  lessivage  peu  poussé,  le  blanchiment  devient  très 
.  difficile.  Effectué  dans  les  mêmes  conditions  que  celui  de  la 
Passerine,  il  n'a  donné  qu'une  pâte  verdâtre  et  d'un  aspect 
peu  satisfaisant. 

Evidemment  un  lessivage  plus  énergique  aurait  facilité 
l'action  du  -chlore  et  aurait  permis  d'obtenir  un  produit 
final  au  moins  égal,  sinon  supérieur,  au  papier  de  Passerine. 

Quoi  qu'il  en  soit,  les. papiers  de  Daphne,  écrus  ou  plus  ou 
moins  blanchis,  sont  notablement  plus  solides  que  ceux  de 
Passerine.  La  résistance  à  la  déchirure  est  meilleure;  le  papier 
est  plus  nerveux  et  a  du  sonnant.  L'aspect  pourtant  n'en  est 
pas  satisfaisant  :  il  est  déparé  par  des  taches  d'un  jaune- ver- 
dâtre et  par  des  incuits.  A  noter  également  la  présence  de 
matières  gommeuses,  qui  le  rendent  fortement  parcheminé. 

L'examen  microscopique  de  la  pâte  montre,  mais  avec  une 
proportion  plus  élevée  de  fibres  corticales,  la  même  structure 
que  dans  la  Passerine. 

On  peut  estimer  que  les  fibres  corticales  forment  ici  25 
à  30  p.  100  du  poids  de  la  pâte,  et  les  fibres  ligneuses  le  reste. 
Si  les  fibres  corticales  ne  constituent  pas,  et  il  s'en  faut  de 
beaucoup,  la  moitié  du  poids  de  la  pâte,  bien  que  l'écorce  re- 
présente la  moitié  du  poids  de  la  tige,  c'est  parce  que  le  rende- 
ment de  l'écorce  est  moindre  que  celui  du  boisi  Nous  ne  l'avons 
pas  déterminé  exactement  pour  le  Daphne,  mais  on  peut  s'en 
faire  une  idée  par  les  dosages  de  Passerine  que  nous  avons 
rapportés  plus  haut. 

Nous  ne  décrirons  pas  la  cellulose  de  Daphne  puisqu'elle  esl 
semblable  à  celle  de  Passerine.  Qu'il  nous  suffise  <!••  dire  que 
les  fibres  du  bois  y  sont  tout  aussi  courtes,  tout  aussi  mau- 
vaises, mais  qu'au  total  la  pâte,  renfermant  davanl  ç  de 
fibres  longues,  esl  toûl  <!•■  même  plus  tena'ce.  Il  n'est  pas  éton- 
nant qu'elle  donne  un  papier  plus  résistant. 

Néanmoins  l'utilisation  dn  Daphne  n'esl  pas  .'i  envisager 
Le  rendement  est  faible,  I'-  traitement  difficile,  le  produit 
médiocre,  En  outre  le  tonnage  nécessaire  à  l'alimçntation  d'une 
usine  serait  impossible  ;'i  réaliser,  la  plante  n'<  tant  nulle  pari 
t  rès  abondant  •'. 


10       FABRICATION    DE    PAPIER    AVEC    LA   PASSERINE    HIRSUTE 

En  résumé,  ni  la  Passerine  ni  les  autres  Thyméléacées  de  nos 
pays  ne  justifient  les  espoirs  qu'avaient  fait  naître  de  falla- 
cieuses analogies. 

D'abord  ce  ne  sont  que  de  petits  arbrisseaux,  et  c'est  déjà 
un  gros  inconvénient. 

Ensuite  l'écorce,  quoique  relativement  épaisse,  est,  étant 
donné  les  faibles  dimensions  de  la  tige,  d'un  rendement  trop 
faible  pour  être  employée  seule. 

Enfin  le  bois,  qu'il  serait  indispensable  de  traiter  pour 
augmenter  la  production,  est  formé  de  fibres  si  courtes  qu'il 
ne  vaut  absolument  rien. 

Ces  plantes  ne  sont  pas  utilisables  en  papeterie. 

Telle  est  la  conclusion  brutale  et  fort  claire  de  cette  étude. 
Nous  la  publions  malgré  ses  résultats  négatifs  afin  d'éviter 
à  d'autres  chercheurs ,  des  tentatives  aussi  vaines  que  coû- 
teuses. 


Essais  de  Fabrication  de   Papier 
avec  le  Bois-bouchon  de  la  Guyane  Française 

Par  MM.  E.  Douron  et  L.  Vidal 

Professeurs  à  VEcole  Française  de   Papeterie 


Le  bois-bouchon  de  la  Guyane  (1)  est,  comme  son  nom 
l'indique,  remarquable  par  sa  légèreté.  Sa  densité  est  de  0,60 
seulement.  Il  est  très  peu  coloré,  blanc  même,  et  à  cet  égard 
paraît  convenir  pour  la  papeterie.  Par  contre,  il  est  loin  d'être 
particulièrement  tendre  et  ne  se  laisse  couper  qu'assez  diffi- 
cilement. 

L'échantillon  qui  nous  a  été  soumis  était  un  gros  billot  de 
bois  séché,  contenant  seulement  8  p.  100  d'humidité. 

Le  dosage  de  la  cellulose  a  été  effectué  par  la  méthode  par 
<  liloruration,  et  nous  a  donné  une  teneur  de  31  p.  100.  Ce 
chiffre  est  peu  élevé.  IÎ  est  dû  à  ce  que  le  bois  renferme  beau- 
coup  de  lignine  combinée  à  la  cellulose.  Nous  allons  voir 
que  c'est  uniquement  à  cette  haute  teneur  en  lignine  qu'il 
doit  sa  dureté. 

Comme  traitement,  on  peut  employer  soit  le  procédé  au 
bisulfite,  soit  celui  à  la  soude.  Nous  avons  donné  la  préfé- 


i  Nous  M''  pouvons  malheureusement  donner  une  détermination 
botanique  précise  de  <•,•  bois-bouchon,  M.  II.  Stone,  de  Birmingham, 
spécialiste  réputé  des  bois  exotiques,  qui  avait  remarqué  dans  la 
collection  du   Musée  colonial  de  Marseille  les  échantillons  i<  i  étudiés, 

h. m-  'lif  <| '«-i  arbre  est  parfois  rapportée  une  Légumineuse,  VInga  alba 

Willd.,  mais  sans  doute  à  tort,  caria  structure  du  l>"i^  serait  plutôt  celle 
«l'un.'  Euphorbiacée.  D'autre  part,  alors  que  Ylnga  >>lf>u  ,i  une  écorce  qui 
donne  une  teinture  violette  ■•!  noire,  l'écorce  «lu  bois-bouchon  est  d'une 
mil  m  .in  extrême  <•!  réduite  à  quelque  llulairesqui  ne  dépassent 

1ère  L'épaisseur  'l'un  ôpiderme   M.  J.). 


12  ESSAIS    DE    FABRICATION    DE    PAPIER 

rence  au  second  procédé,   qui,   en  général,  convient  mieux 
aux  bois  feuillus. 

Le  bois,  préalablement  écorcé,  puis^réduit  en  fragments 
de  2  à  3  centimètres,  a  été  lessivé  comme  suit  : 

Matière  première  sèche 200  gr. 

Soude  calculée  en  NaOH  pur,  20  p.  100 40  gr. 

Concentration  de  la  lessive 5°  Baume 

Pression 3  atmosph. 

Durée  de  la  cuisson 15  heures 

Ce  traitement  est  onéreux,  tant  par  la  grande  quantité  de 
soude  nécessaire  que  par  sa  longue  durée. 

Après  un  lavage  énergique  et  un  défibrage  judicieux,  la 
pâte  écrue  obtenue  a  été  blanchie  dans  une  solution  de  chlo- 
rure de  chaux  pesant  10°  Baume.  Le  blanchiment  est  mé- 
diocre :  malgré  l'action  prolongée  du  chlore  la  pâte  conserve 
une  couleur  jaunâtre. 

Les  pâtes  écrue  et  blanchie  ainsi  obtenues  ont  été  tirées  par 
le  procédé  à  la  cuve  et  ont  fourni  divers  échantillons  de  papier. 

Ces  papiers  sont  loin  d'être  satisfaisants:  ils  sont  peu  tenaces, 
et  c'est  leur  plus  grand  défaut;  en  outre  leur  aspect  est  bien 
médiocre. 

Examinée  au  microscope  (pi.  II),  la  cellulose  de  bois-bouchon 
se  montre  formée  de  fibres  ligneuses  ayant  de  1  millimètre  à 
1  mm.  1  /2,  en  moyenne  1  mm.  20,  de  longueur.  Leur  diamètre 
est  de  0  m.  025  environ.  Assez  larges  en  leur  milieu  et  sur  à 
peu  près  la  moitié  de  leur  longueur,  elles  se  rétrécissent  forte- 
ment aux  deux  extrémités,  qui  forment  de  longues  pointes 
très  effilées  ;  souvent  elles  sont  terminées  en  baïonnette.  La 
paroi  de  la  fibre  est  toujours  très  mince  ;  elle  est,  par  places, 
amincie  en  larges  ponctuations  transversales.  Ainsi  que  cela 
arrive  souvent  chez  les  essences  tropicales  à  croissance  rapide 
et  continue,  il  n'y  a  pour  ainsi  dire  pas  de  fibres  à  parois 
épaisses  et  à  lumen  réduit. 

Les  éléments  non  fibreux  consistent  en  vaisseaux  et  rayons 
médullaires.  Les  vaisseaux  sont  peu  abondants.  Leur  taille 
est  médiocre  ;  leur  diamètre  moyen  est  de  0  mm.  20  à  0  mm.  25. 


IMPLICATION    DE    LA    PLANCHE    II 


Cellulose  de  Bois-bouchon 


f.  lig.  -  -  Fibres  ligneuses. 
m.  —  Rayons  médullaii 

v.  —  Vaisseau. 


AVEC    LE    BOIS-BOUCHON    DE    LA   GUYANE  13 

Ce  sont  des  vaisseaux  ponctués,  ouverts,  à  trou  terminal  non 
grillagé,  à  appendice  court  ou  nul.  Les  rayons  médullaires  sont, 
pour  la  plupart,  rectangulaires,  quelques-uns  carrés. 

Au  point  de  vue  de  la  longueur  des  fibres,  cette  cellulose 
est  tout  à  fait  comparable  à  celle  des  bois  feuillus  employés 
en  papeterie,  en  particulier  à  celle  du  tremble. 

Le  rapport  de  la  longueur  de  la  fibre  à  son  diamètre  est  : 

25  1 


1200       48 

Cette  longueur  relative,  48  fois  le  diamètre,  et  la  longueur 
absolue,  1  mm.  20,  indiquent  un  pouvoir  feutrant,  ou  capacité 
d'enchevêtrement,  médiocre,  passable  cependant,  à  peu  près 
égal  à  celui  de  la  cellulose  de  tremble. 

La  longueur  serait  donc  suffisante,  mais  la  solidité  ne  l'est 
pas.  Le  principal  défaut  réside  dans  la  minceur  de  la  paroi 
de  la  fibre,  qui  cause  le  déplorable  manque  de  ténacité  signalé 
plus  haut. 

Le  fait  le  plus  saillant,  et  qui  caractérise  essentiellement  le 
bois-bouchon,  est  donc  d'être  formé  par  des  fibres  à  paroi 
mince.  Sa  légèreté  ne  vient  même  que  de  là.  Sa  porosité  est 
due  à  la  spacieuse  cavité  des  fibres,  et  non  point  aux  vaisseaux, 
qui  ne  sont  ni  grands,  ni  nombreux. 

La  dureté  enfin  serait  très  faible  dans  le  bois  naturel,  si  la 
haute  teneur  en  lignine  ne  contrebalançait  pas  le  peu  d'épais- 
seur de  la  paroi.  Au  point  de  vue  biologique,  il  y  a  là  un- 
efficace  compensation  :  le  végétal  économise  les  matériaux 
•  ■il  lés  employant  plus  résistants.  A  notre  point  de  vue  tri 
spécial,  la  combinaison  est  fort  mauvaise:  nous  sommes  oblig» 
d'éliminer  la  lignine,  qui  rend  ta  fibre  inutilisable  parce  que 
rigide.  Nous  avons  d'autant  plus  de  mal  à  noua  en  débarrasser 
qu'elle  est  plus  abondante.  Quant  elle es1  supprimée,  il  nerest< 

qu'ui tnbre  de  paroi.  El  voilà  comment  le  bois-bouchon  ne 

donne   qu'une  cellulose   peu    tenace,    inférieure  lie   du 

i  reiribL 

Résumons-nous. 


14         FABRICATION    DE    PAPIER    AVEC    LE    BOIS-BOUCHON 

En  dépit  des  apparences,  le  bois-bouchon  ne  convient  pas 
à  la  papeterie. 

C'est,  il  est  vrai,  un  bois  blanc  et  léger.  Mais  il  renferme 
beaucoup  de  lignine,  il  est  difficile  à  traiter,  il  a  un  rendement 
faible.  Enfin  le  produit  obtenu  est,  sinon  mauvais,  du  moins 
très  médiocre.  Tout  au  plus  pourrait-on  l'utiliser  comme  une 
pâte  de  remplissage  sans  grande  valeur. 

A  notre  avis  ce  n'est  donc  pas  à  la  fabrication  du  papier 
qu'il  faut  employer  ce  bois  si  particulier. 


Nouvelles    Observations 
sur  les  Mascarenhasia  de  l'Est  de  Madagascar 

* 

Par  MM.  H.  Jumelle  et  H.  Perrier  de  la  Bathie 


Dans  une  précédente  note  sur  les  Mascarenhasia  du  ver- 
sant oriental  de  Madagascar  (1)  nous  avons  signalé  sur  ce  ver- 
sant la  présence  de  cinq  espèces  du  genre. 

Au  nord  de  Vohémar,  où  la  végétation  reste  sensiblement 

celle  du  Nord-Ouest  et,  en  particulier,  du  Sambirano,  les  trois 

espèces  qui  croissent  en  même  temps  que  le  Landolphia  Per- 

rieri   sont   le    Mascarenhasia   arborescens,    le    Mascarenhasia 

'  angustifolia  et  le  Mascarenhasia  lanceolata. 

Au  sud  de  Vohémar  apparaît,  au  contraire,  la  végétation 
spéciale  du  versant  Est  ;  et,  entre  Tamatave  et  Farafangana 
notamment,  nous  avons  mentionné  : 

1°  La  variété  à  gros  follicules  (var.  coriacea)  du  Mascaren- 
hasia arborescens,  qui  d'ailleurs  se  présente,  comme  le  type, 
sous  les  deux  grandes  formes  anceps  et  longifolia,  appelées  l'une 
et  l'autre,  suivant  les  régions,  herotrahazo,  ou  bobo,  ou  hazon- 
drano  des  vallées  ; 

2°  Le  Mascarenhasia  mangorensis,  qui  est  encore  un  babo:  •  t 
à  Analamazaotra  ïhazondrano  des  hauts; 

3°  Une  espèce  qui  est  encore  nommée  herotrahazo  et  que  — 
n'en  connaissant  pas  les  fleurs  —  nous  n'avons  jusqu'alors, 
décrite  que  sous  la  vague  et  provisoire  dénomination  de 
«  Mascarenhasia  i\  grandes  feuilles  de  Mahazoaiivo  >\ 

\u  sujet   <lu  Mascarenfyàsia  arborescens  nons  ne  pouvons 


(1)  il.  Jumelle  et  H.  Perrier  de  la  Bâthie:  Les  Mascarenhasia  de  l'Est 
de  Madaga»  ar.  Agriculture  des  Pays  Chauds,  1913. 


16      NOUVELLES    OBSERVATIONS    SUR    LES    MASCARENHASIA 

que  continuer  à  confirmer  ce  que  nous  avons  déjà  dit  à  maintes 
reprises.  Il  nous  est  toujours  impossible  d'établir  une  délimi- 
tation entre  l'espèce  de  l'Ouest  et  le  Mascarenhasia  coriacea 
Dub.,  que  nous  ne  considérons  que  comme  une  variété,  tout 
au  plus,  du  Mascarenhasia  arborescens  de  l'Est.  Nous  avons 
déjà  représenté  diverses  formes  de  follicules  de  ce  Mascarenhasia 
arborescens  de  l'Est,  et  on  a  pu  ainsi  se  rendre  compte  que  ces 
follicules  ne  sont  pas  constamment  trapus  ;  nous  pourrions 
encore  citer  aujourd'hui  d'autres  cas  analogues,  qui  nous 
seraient  fournis  par  divers  rameaux  fructifères  provenant 
d'un  seul  et  même  individu,  par  exemple  pour  certains  pieds 
récoltés  à  Analamazaotra.  Il  ne  nous  semble  pas  qu'aucun 
doute  puisse  subsister. 

Dans  les  environs  de  la  baie  d'Antongil,  à  Rantabé,  vers 
500  mètres  d'altitude,  l'arbre  qui  est  appelé  là  barabanjafotsy 
ou  gidroafotsy  est  à  follicules  courts  (6  à  7  centimètres)  mais  a 
bien  les  feuilles  de  la  forme  longifolia.  Les  noms  de  baraban- 
jafotsy et  gidroafotsy  sont  dus  à  la  teinte  blanche  de  l'écorce 
que  présente  aussi  parfois  dans  l'Ouest,  par  exemple  dans 
le  Sambirano,  cette  même  forme  sylvicole. 

Ces  Mascarenhasia  de  Rantabé,  qui  étaient  de  grands  et 
beaux  arbres,  se  trouvaient  en  forêt  encore  vierge  ;  et  comme 
à  l'ordinaire,  les  pieds  qui,  croissant  ainsi  sous  une  ombre 
épaisse,  avaient  été  coupés,  n'avaient  pas  donné  de  rejets 
et  étaient  morts.  Le  latex  était  blanc  et  caoutchoutifère 
jusque  dans  les  rameaux  du  sommet. 

Plus  au  Nord,  entre  Antalaha  et  le  Sambava,  toutes  les 
plaines  sablonneuses  sont  couvertes  de  la  forme  recépée  anceps, 
et  les  follicules  sont  tantôt  épais  et  récurvés,  tantôt,  et  plus 
ouvent,  grêles  et  dressés.  Plus  au  Nord  encore,  vers  le  Bemarivo 
du  Nord-Est,  sur  les  collines  dénudées,  c'est  cette  même  forme  " 
avec  des  follicules  trapus,  tandis  que,  au  bord  des  lacs  de  la 
base  d*i  mont  Ambohibé,  sur  le  Bemarivo,  on  retrouve  la 
forme  longifolia. 

C'est  donc  bien  toujours,  au-dessous  de  Vohémar  et  jusque 
dans  le  Sud,  le  même  Mascarenhasia  arborescens,  très  rustique, 
s'adaptant  à  tous  les  climats  pourtant  si  variables  sous  les- 


DÉ    L'EST    DE    MADAGASCAR  17 

quels  il  pousse,  et  même  —  ce  qui  est  rare  pour  une  espèce 
indigène  —  au  régime  des  feux  de  brousse. 

Une  des  plus  grande  variations  que  nous  ayons  constatée, 
et  qui  pourrait  être  quelque  peu  troublante,  c'est  celle  des 
formes  des  lagunes,  dont  le  latex,  dans  les  jeunes  rameaux,  au 
lieu  d'être  blanc,  est  hyalin  .et  incolore.  Mais  à  Sambava  l'un 
de  nous  a  pu  encore  constater  que  ce  caractère,  s'il  est  très 
fréquent,  n'est  pas  absolument  constant.  Sur  la  limite  de  la 
mangrove,  et  sur  1  mètre  carré  environ  de  superficie,  étaient 
cinq  Mascarenhasia  jeunes,  mais  déjà  recépés,  et  dont  les 
pousses  ne  dépassaient  pas  1  mètre  de  hauteur  ;  trois  étaient 
à  feuilles  obtuses  et  deux  à  feuilles  acuminées.  Or  les  deux  pieds 
à  feuilles  acuminées  et  un  des  pieds  à  feuilles  obtuses  étaient 
bien  à  latex  hyalin,  mais  les  deux  autres  individus  étaient,  dans 
toutes  leurs  parties,  à  latex  blanc  et  caoutchoutifère. 

Il  n'y  a  donc  pas  lieu  encore  d'attacher  une  importance  parti- 
culière à  ce  caractère,  qui  serait  dû  à  une  influence  de  milieu 
(influence  saline  sans  doute)  s' exerçant  plus  ou  moins  réguliè- 
rement. 

Et  la  faible  valeur  de  toutes  ces  petites  variations  d'ordres 
divers  se  manifeste  surtout  bien  quand  on  compare  ces  mi- 
nimes différences  à  celles,  beaucoup  plus  nettes,  que  pré- 
sentent entre  eux  les  Mascarenhasia  qui  sont  réellement  d'autres 
espèces. 

Si  ces  nombreuses  formes  que  nous  réunissons  sous  le  nom 
de  Mascarenhasia  arborescens  ne  nous  offrent,  sous  leurs  mul- 
tiples changements,  aucun  caractère  qui,  par  sa  constance 
puisse  nous  permettre  de  les  bien  séparer,  nous  n'avons  plus 
la  même  impression  dès  que  nous  considérons  un  autre  Masca- 
renhasiatel,  par  exemple,  que  le  Mascarenhasia  mangorensis.  Ni 
les  feuilles  ni  les  fleurs  ne  nous  laissent  ici  longtemps  Inciter.  On 
es1  tout  de  suite  bien  convaincu  qu'il  s 'agit  d'une  autre  espèce. 

!)<•  niriiii'.  nous  pensions  tout  de  suite,  dans  notre  pi 
dente  note,  que  le  «  Mascarenhasia  à  grandes  feuilles  de  Maha- 
zoarivo  »,  dont  les  fleurs  n<>w<  étaienl  cependant  inconnues, 

ut  vraisemblablement,  malgré  l'atténuation  fréquente  •  !»' 
la  base  du  limbe  vers  !••  pétiole,  comme  dans  !»■  Mascarenhasia 


18      NOUVELLES    OBSERVATIONS    SUR    LES    MASCARENHASIA 

arborescens,  une  tout  autre  espèce.  Aujourd'hui  que  les  fleurs 
nous  en  sont  connues,  notre  opinion  se  trouve  justifiée,  et 
nous  pouvons  donner  une  description  complète  de  cet  autre 
herotrahazo. 

C'est,  comme  nous  l'avons  déjà  indiqué,  un  grand  arbre 
de  15  à  25  mètres  de  hauteur.  Le  tronc,  très  droit  et  lisse,  est 
à  écorce  d'un  rouge  cannelle.  La  souche  ne  paraît  pas  émettre 
de  rejets. 

Quoique  les  feuilles,  très  coriaces,  soient  souvent  un  peu 
atténuées  vers  le  pétiole,  la  forme  générale  est  plus  régulière- 
ment ovale  ou  elliptique  que  dans  le  Mascarenhasiaarborescens. 
Parfois,  d'ailleurs,  elles  sont  plus  larges  dans  la  moitié  supé- 
rieure. Le  pétiole  est  court  et  épais  (5  à  10  millimètres).  Le 
limbe,  glabre,  peut  avoir  17  centimètres  de  longueur  sur  8  de 
largeur,  ou  20  à  22  sur  7  à  9.  Le  sommet  en  est  arrondi  et 
échancré  ou,  au  contraire,  brusquement  acuminé  ;  mais  il  peut 
être  aussi  un  peu  anguleux,  légèrement  acuminé  ou  non.  Les 
bords  sont  un  peu  repliés  sur  la  face  inférieure.  Les  nervures 
secondaires,  au  nombre  de  8  à  10  de  chaque  côté,  sont  très 
espacées  et  un  peu  arquées  vers  le  haut  ;  les  nervures  tertiaires 
ne  sont  pas  apparentes. 

Les  fleurs  sont  par  3  à  5,  en  inflorescences  terminales  ou  sur 
de  très  courts  rameaux  axillaires.  Elles  sont  pédicellées 
(25  millimètres),  grandes  (5  à  6  centimètres  en  bouton).  Non 
encore  ouvertes,  elles  sont  d'un  rouge  vif,"  sauf  à  la  base  du 
tube,  qui  est  verdâtre.  Epanouies,  elles  sont  d'un  blanc  légè- 
rement rosé  ;  la  teinte  rouge  ne  persiste  que  sur  les  parties 
qui  étaient  extérieures  dans  le  bouton,  ainsi  que  dans  les  deux 
tiers  supérieur  du  tube.  Les  sépales  sont  rougeâtres. 

Ces  sépales  sont  épais,  lancéolés  (13  millimètres  sur  4),  aigus  ; 
ils  sont  glabres  sur  les  deux  faces,  et  leur  nervure  médiane  est 
saillante  sur  la  face  inférieure. 

Le  tube  de  la  corolle,  épais,  glabre  extérieurement,  est 
composé  d'une  partie  inférieure  étroite,  longue  de  12  à  13  milli- 
mètres, et  d'une  partie  supérieure  brusquement  élargie,  longue 
de  30  millimètres  environ,  assez  régulièrement  cylindrique  et 
ne  s'évasant  que  dans  les  cinq  derniers  millimètres.  Les  lobes, 


DE    L'EST    DE     MADAGASCAR  19 

de  40  millimètres  sur  22,  sont  ovales,  aigus,  contournés,  pubéru- 
lents  extérieurement,  brièvement  pubescents  intérieurement. 

Les  anthères  sont  insérées  à  la  base  même  de  la  partie  élar- 
gie du  tube,  qui  porte  intérieurement  de  nombreux  poils  bruns. 

Le  style  est  un  peu  plus  long  seulement  que  la  partie  étroite 
basilaire  du  tube  corollaire  ;  le  stigmate  est  au  niveau  des 
anthères,  qui  F  entourent..  Le  disque  est  sensiblement  de  la 
hauteur  de  l'ovaire. 

Les  follicules  sont  dressés  ou  étalés  ;  ils  sont  très  longs  (20  à 
27  centimètres),  grêles  (5  millimètres  au  plus),  aigus  ou  un  peu 
obtus.  Les  graines  (10  millimètres  sur  2)  sont  surmontées  d'une 
aigrette  brune,  de  18  à  20  millimètres  de  longueur. 

Le  latex  est  blanc,  même  dans  les  jeunes  rameaux;  il  donne 
partout  et  jusque  dans  les  follicules  un  bon  caoutchouc  qui, 
d'après  les  Betsimisaraka,  est  très  abondant. 

Nous  avons  déjà  signalé  autrefois  cette  intéressante  espèce 
à  Mahazoarivo,  dans  le  bassin  du  Matitana,  vers  175  mètres 
d'altitude,  mais  On  la  retrouve  bien  plus  au  Nord,  dans  les  bois 
du  bassin  de  l'Anove,  où  elle  est  appelée  gidroamena  et  barn- 
banjamena,  puis  à  Marambo  (Masoala),  sur  le  versant  d'Anta- 
laha,  où  c'est  le  barabanjantanetij,  ou  «  baranbaja  <\r>  collines  ». 

Nous  la  nommerons  Mascarenhasia  rubra. 

Elle  semble  croître,  d'ordinaire,  jusque  vers  200  mètres  d'al- 
titude, dans  les  bois  plutôt  secs,  et  elle  n'a  voisine  ni  les  bords 
des  coins  d'eau,  ni  les  terrains  marécageux. 

Les  feuilles  sont  d'autant  plus  épaisses  et  coriaces  que  l'arbre 
a  poussé  dans  des  endroits  plus  découverts.  Son  état  naturel 
étant  la  pleine  forêt,  il  doit,  lorsque  cette  forêt  disparait, 
s'adapter  aux  nouvelles  conditions  de  milieu  que  l'homme  lui 
crée,  c'est -à -dinde  grand  soleil,  unacertaine  sécheresse  et  le  vent. 
D'autre  part,  quand  les  pieds  on1  grandi  bous  la  futaie  mais  l'onl 
dépassée,  les  feuilles  du  faite  deviennent  coriaces,- tout  en  étant 
plus  petites  que  celles  des  individus  vivanl  en  endroits  dénudés. 

De  là,  pour  ce  Mascarenhasia  comme  pour  tant  d'auti 
espèces  du  genre,  un  grand  polymorphisme  foliaire. 

Qiiiini  .ni  latex,  ses  variations,  dans*  ea  plant»  aoutchouc 
de  Madagascar,  sonl  bellement  complexes  que  chaque  <  onstata- 


20       NOUVELLES    OBSERVATIONS    SUR    LES    MASCARENHASIA 

tion  nouvelle  obscurcit  plutôt  le  problème  qu'elle  ne  l'éclairé, 
et  nous  en  avons  la  preuve  dans  le  dernier  fait  que  nous  signa- 
lerons ici. 

Nous  ne  sommes  pas  absolument  sûrs,  au  reste,  que  la  plante 
sur  laquelle  ce  fait  a  été  remarqué  soit  bien  un  Mascarenhasia, 
car  nous  n'en  connaissons  pas  les  fleurs. 

C'est  un  arbre  de  10  à  15  mètres  de  hauteur,  à  écorce  bru- 
nâtre. Les  feuilles,  persistantes  et  glabres,  ont  un  court  pétiole 
de  5  millimètres.  Le  limbe,  de  forme  générale  ovale  (4  à  7  centi- 
mètres sur  2  à  3),  est  atténué  vers  ce  pétiole  et  généralement 
un  peu  plus  large  dans  la  moitié  supérieure  que  dans  la  moitié 
inférieure  ;  il  s'arrondit  assez  fortement  vers  le  sommet,  qui 
se  termine  en  un  long  acumen  (12  millimètres)  un  peu  obtus. 
La  nervation  est  surtout  visible  sur  la  face  inférieure.  Entre 
quelques  nervures  plus  fortes  en  sont  d'autres  plus  fines,  toutes 
étant  reliées  par  des  nervures  transversales  en  réseau  assez 
apparentes. 

Les  fruits  sont  des  follicules  extrêmement  grêles  et  à  péri- 
carpe très  mince,  atteignant  jusqu'à  40  centimètres  de  longueur 
sur  2  millimètres  seulement  de  largeur  ;  ils  contiennent  une 
rangée  de  graines  de  10  millimètres  de  longueur  sur  1  millimètre 
de  largeur  avec  une  aigrette  brune  de  15  millimètres  environ. 

L'espèce  croît  à  500  mètres  d'altitude  dans  les  bois  de  la 
baie  d'Antongil.  C'est  là  que  l'un  de  nous  a  pu  observer  la 
curieuse  particularité  de  son  latex. 

Dans  toute  la  partie  aérienne  de  la  plante,  le  liquide  qu'on 
recueille  ne  laisse  par  évaporation  qu'une  matière  brune  soluble 
dans  l'eau,  mousseuse  comme  du  savon,  et  plus  ou  moins 
analogue  à  celle  qu'on  trouve  dans  le  lait  des  Alafia.  Mais,  dans 
les  racines  et  dans  la  partie  de  l&souche  située  au-dessous  du 
sol,  le  latex  est  blanc  comme  celui  des  Mascarenhasia,  et  il 
donne  un  bon  caoutchouc,  qui,  au  reste,  n'est  pas  exploité. 

Et  nous  ne  connaissons  pas  jusqu'alors  d'autre  exemple  d'une 
plante  dont  les  parties  souterraines  contiennent  du  caoutchouc, 
alors  que  la  partie  aérienne  en  est  dépourvue  et  est  cependant 
représentée  par  un  tronc  de  10  à  15  mètres  de  hauteur. 


Les    Dypsis    de    Madagascar 

par  M.  Henri  Jumelle 


Les  Dypsis,  qui  constituent  un  genre  d'Arécées  spécial  à 
Madagascar,  sont  presque  toujours  de  petits  Palmiers  grêles, 
dont  la  hauteur  ne  dépasse  guère  1  ou  2  mètres,  avec  un  tronc 
dont  le  diamètre  est  de  10  à  25  millimètres  au  plus.  Par  excep- 
tion, le  Dypsis  major,  le  Dypsis  procera  et  le  Dypsis  fascicalata 
atteignent  entre  3  et  4  mètres  de  hauteur,  et  le  Dypsis  gracilis 
peut  avoir  jusqu'à  5  mètres. 

Par  l'aspect  général  comme  par  les  dimensions,  les  Dypsis 
sont  très  voisins  des  Neophloga,  genre  également  malgache, 
mais  l'androcée  fournit  entre  ces  deux  groupes  génériques 
des  caractères  distinctifs  bien  marqués. 

Il  y  a  six  étamines  dans  la  fleur  mâle  des  Neophloga  ;  il  n'y 
en  a  que  trois  dans  la  fleur  mâle  des  Dypsis.  En  outre,  chez 
les  Neophloga,  le  connectif  est  étroit  et  de  même  longueur  à  peu 
près  que  les  loges  polliniques,  qui  sont  elliptiques,  allongé* 
rapprochées,  presque  parallèles  ou  légèrement  divergentes  à 
la  base,  puis  l'anthère  est  dorsifixe,  le  filet  étant  inséré  plus  ou 
moins  haut  au-dessus  delà  base  du  conneotif;  dans  les  Dypsis, 
leconnectif  est  large  et  court,  et  les  loges,  ellipl  iques  ou  souvenl 
presque  globuleuses,  y  sont  accolées  latéralement  ou  bien  Boni 
nettement  pendant 

Dans  les  Neophloga,  d'autre  part,  l'épi  (i-t  parfois  simpli 
dans  les  Dypsis  nous  ne  connaissons  que  deux  esp<        où  l'in- 
florescence ne  soit  pas  ramifiée. 

Enfin,  ojiez  certains  Dypsis,  la  bractée  axillante  oommui 
de  chaque  glomérule  floral  esl  à  bords  frangés,  alors  qu'elle  ne 
l'est  jamais  cher  aucun  des  Neophloga  jusqu'alors  décrit  s. 


22  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

Mais  ces  deux  derniers  caractères  n'ont  donc  qu'une  valeur 
très  relative  puisqu'ils  ne  sont  ni  constants,  ni  absolument  ex- 
clusifs. 

Pour  les  Dypsis  comme  pour  les  Neophloga,  l'une  des  diffi- 
cultés de  leur  étude  et  de  leur  détermination  spécifique  réside 
dans  leur  polymorphisme  foliaire. 

Souvent  —  et  peut-être  même  toujours  —  les  pieds  jeunes 
ont  des  feuilles  à  limbe  formé  d'une  seule  lame  obtriangulaire 
plus  ou  moins  échancrée  (forme  simplicifrons),  tandis  que, 
dans  les  pieds  plus  âgés,  les  feuilles  sont  penniséquées  ;  et  l'on 
est  alors  d'autant  plus  exposé,  en  certain  cas,  à  admettre  deux 
espèces  que  les  pieds  fleurissent  déjà  lorsque  les  limbes  sont 
encore  simples.  Evidemment  l'examen  attentif  des  inflo- 
rescences peut  bien  être  un  premier  moyen  d'identification  des 
deux  formes,  mais  ces  inflorescences,  chez  des  espèces  dis- 
tinctes, sont  souvent  tellement  voisines,  par  l'aspect  comme  par 
l'organisation  florale,  qu'il  peut  parfois  rester  quelque  doute  ; 
et  ce  n'est  aussi  qu'assez  rarement  qu'on  peut  avoir  la  bonne 
fortune,  comme  nous  l'avons  eue  pour  le  Neophloga  Catatiana, 
de  posséder  des  échantillons  qui  présentent,  réunies  sur  le 
même  pied,  les  deux  formes  de  limbe,  ou  bien  encore  de  pou- 
voir, comme  pour  le  Dypsis  forficifolia  (pi.  III),  examiner  ces 
deux  formes  sur  deux  tiges  d'une  même  touffe.  Le  critérium  le 
plus  sûr  est  souvent,  dès  lors,  la  structure  anatomique  de  la 
gaine  et  du  limbe  ;  et  c'est,  en  particulier,  l'étude  de  cette  struc- 
ture qui  nous  a  fait  ramener  au  Neophloga  concinna  notre  ancien 
Neophloga  triangularis,  de  même  que  cette  structure,  même 
si  nous  n'avions  pas  connu  le  pied  polymorphe  auquel  nous 
venons  de  faire  allusion,  eût  suffi  pour  nous  faire  rattacher 
au  Neophloga  Catatiana  notre  ancien  Neophloga  indivisa. 

Dans  une  note  ultérieure  nous  tenterons  d'ailleurs,  pour  le 
genre  Neophloga,  une  étude  analogue  à  celle  que  nous  allons 
donner  pour  les  Dypsis,  mais  nous  ne  nous  occuperons  aujour- 
d'hui que  de  ce  dernier  genre.  Huit  espèces  en  étaient  jusqu'alors 
connues,  mais  nos  dernières  recherches,  grâce  aux  collections 
de  M.  Perrier  de  la  Bâthie,  nous  font  porter  le  nombre  à  dix-neuf. 

Nous  avons  déjà  rappelé  plus  haut  la  faible  taille  de  la  plu- 


LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR  23 

part  de  ces  Palmiers  à  trois  étamines.  Leurs  feuilles,  lorsqu'elles 
ne  sont  pas  formées  d'une  seule  lame  obtriangulaire  plus  ou 
moins  échanerée,  sont  composées  d'un  plus  ou  moins  grand 
nombre  de  segments,  lancéolés  ou  ovales,  larges  ou  étroits,  de 
longueur  très  variable,  acuminés,  ordinairement  plus  ou  moins 
décurrents  sur  le  rachis,  à  nervures  principales  ordinairement 
saillantes  sur  la  face  supérieure,  isolés  ou  groupés,  et  opposés 
ou  alternes,  les  deux  segments  du  sommet  étant  souvent  con- 
crescents  par  leurs  bases,  à  l'extrémité  du  rachis,  en  une  sorte 
de  flabellum  terminal,  plus  ou  moins  profondément  bifide.  Le 
pétiole  est  de  longueur  variable;  et  la  gaine  tubuleuse,  striée, 
est  tronquée  au  sommet,  ou  présente  une  ou  deux  languettes 
oppositipétioles.  Les  inflorescences  sont  très  rarement  des 
épis  simples,  et  presque  toujours  des  grappes  une  ou  deux  fois 
ramifiées,  et  à  très  nombreux  rameaux  grêles  (plus  grêles  que 
ceux  des  Neophloga)  ;  l'axe  principal  est  enveloppé  de  deux 
longues  spathes,  glabres,  glabrescentes  ou  duveteuses,  ouvertes 
seulement  au  sommet  ;  cet  axe  et  les  épis  sont  rarement  gla- 
brescents,  plus  fréquemment  parsemés  ou  même  abondamment 
revêtus  de  squamules  laciniées  roussâtres.  Sur  les  épis.  I 
fleurs,  qui  sont  généralement  minuscules,  sont  par  glomérul 
de  trois,  plus  ou  moins  espacés  ;  et  chaque  glomérule,  situé 
à  l'aisselle  d'une  bractée  dont  le  bord  est  frangé  ou  non.  es1 
composé  d'une  fleur  médiane  femelle  et  de  deux  fleurs  latérales 
mâles.  Dans  les  fleurs  mâles,  les  sépales  sont  ordinairement 
suborbiculaires,  plus  ou  moins  carénés  et  éperonnés,  imbriqués  : 
les  pétales,  deux  ou  trois  fois  plus  longs,  sont  valvaires,  on- 
caves,  ovales,  striés  ;  les  trois  étamines  ont  les  caractères  plus 
haut  mentionnés,  et  leurs  filets,  sont,  ou  non,  souder  à  la  base 
en  une  cupule  ;  il  y  a  ou  il  n'y  a  pas  trois  étamine<  ;  l'ovaire  es1 
rudimentaire,  conique. 

Dans  la  fleur  femelle,  qui  se  développe  ordinairement  api 
les  fleurs  mâles,  les  sépales  s<ml  arrondis,  non  ou  peu  carén<  -. 
les  pétales  Boni  ovales,  deux  à  i  rois  fois  plus  longs  :  il  y  a  »i\  I  i 
petits  staminodes  dentiformes  ;  l'ovaire  esl  asymétriquemenl 
globuleux  ou  globuleux  gibbeux,  avec  trois  Btigmates  Bubult 
excentriques  ou  latéraux. 


24  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

Les  fruits,  ordinairement  rouges  quand  ils  sont  frais  et 
mûrs,  sont  des  baies  oblongues  ou  ovoïdes,  souvent  un  peu 
incurvées,  surtout  lorsqu'elles  sont  desséchées,  à  résidus  stig- 
matiques  tout  à  fait  basilaires.  La  graine  est  à  albumen  homo- 
gène. 

Ainsi  défini,  le  genre  Dypsis  englobe  non  seulement  l'ancien 
genre  Dypsis  Noronha,  mais  encore  les  deux  genres  Tricho- 
dypsis Bâillon  et  Adelodypsis  Beccari.  Mais  déjà  M.  Beccari, 
dans  ses  Palme  del  Madagascar  de  1912,  n'admet  plus  qu'un  seul 
genre  Dypsis,  avec  les  trois  sous-genres  Eudypsis,  Trichodypsis, 
et  Adelodypsis,  qu'il  différencie  ainsi  : 

Les  trois  étamines  fertiles  sont  alternipétales,  avec  filets 
connés  à  la  base,  et  il  n'y  a  pas  de  staminodes,  dans  les  Eudypsis. 

Les  trois  étamines  fertiles  sont  oppositipétales,  avec  filets 
coudés  à  la  base  en  une  cupule,  et  il  y  a  trois  staminodes  plus 
ou  moins  rudimentaires,  dans  les  Trichodypsis. 

Les  trois  étamines  fertiles  sont  alternipétales,  avec  filets 
libres  à  la  base,  et  il  n'y  a  pas  de  staminodes,  dans  les  Adelo- 
dypsis. 

Tout  en  reconnaissant  que  cette  subdivision  peut  se  justifier, 
nous  n'avons  pas  cru  nécessaire  d'en  faire  état.  Il  n'y  a  vrai- 
ment pas  de  délimitation  générale  bien  nette  surtout  entre  les 
Eudypsis  et  les  Trichodypsis  et  il  faut  avouer  que,  dans  des 
fleurs  aussi  minuscules  que  celles  de  ces  Dypsis,  fleurs  qu'on  ne 
peut,  en  outre,  bien  souvent,  examiner  qu'à  l'état  jeune  sur  des 
spécimens  desséchés,  il  devient  en  certains  cas  très  délicat  de 
décider  si  les  étamines  sont  alternipétales  ou  oppositipétales,  et 
s'il  y  a  ou  non  des  staminodes.  On  peut  donc  parfois  rester 
fortement  embarrassé  pour  quelques  espèces.  Voilà  pourquoi 
nous  ne  tiendrons  pas  compte  de  ces  caractères,  non  plus  que 
de  la  subdivision  qui  en  résulte,  dans  le  tableau  dichotomique 
que  nous  allons  établir.  Nous  décrirons  ensuite  rapidement, 
jusqu'à  ce  que  paraisse  une  étude  plus  complète,  ceux  de  ces 
Dypsis  qui  sont  nouveaux. 

Nous  avons  admis  plus  haut,  pour  le  genre,  un  total  actuel 
de  dix-neuf  espèces;  et  ceci  semblerait  supposer  dix  espèces 
nouvelles,  puisque  M.  Beccari,  en  1912,  dans  son  travail  sur 


LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR  25 

les  Palmiers  de  Madagascar,  en  mentionne  déjà  neuf.  En  réa- 
lité, nos  Dypsis  nouveaux  sont  au  nombre  de  onze,  car  nous 
croyons  devoir  laisser  de  côté,  tout  au  moins  momentané- 
ment, le  Dypsis  (Adelodypsis)  Boiviniana  Bâillon. 

Ainsi  que  l'explique  M.  Beccari,  les  exemplaires  avec 
lesquels  Bâillon  créa  cette  espèce  furent  récoltés  par  Boivin 
dans  l'île  Sainte-Marie,  forêt  de  Ravinetsara,  mais  sont  mélan- 
gés, dans  l'herbier  du  Muséum  de  Paris,  avec  des  spécimens  du 
Chrysalidocarpus  oligostachya  ;  et  la  description  de  Bâillon 
porte  donc  sur  le  mélange  de  ces  deux  Palmiers,  dont  les  inflo- 
rescences sont  assez  semblables.  En  rapportant  l'un  des  frag- 
ments de  ces  inflorescences  (avec  des  fleurs  à  trois  étamines) 
au  Dypsis  Boiviniana,  M.  Beccari  laisse  ainsi  l'espèce  unique- 
ment fondée  sur  ce  petit  spécimen  ;  et  ce  n'est,  d'autre  part, 
qu'avec  quelque  «  probabilité  »  qu'il  réunit  à  ce  morceau  de 
spadice  des  fragments  de  feuilles  trouvés  dans  le  même  herbier, 
mais  avec  une  étiquette  de  Boivin  (en  provenance  de  la  forêt 
deTafondro,  à  Sainte-Marie).  Certes,  la  compétence  toute  spé- 
ciale de  M.  Beccari  et  sa  profonde  connaissance  des  Palmiers  sont 
une  garantie  de  l'exactitude  de  son  rapprochement,  mais  h 
plante  n'en  reste  pas  moins,  au  total,  si  mal  connue  que 
description  ne  peut  trouver  place  à  côté  des  descriptions  bien 
plus  complètes  que  nous  pouvons  donner  pour  les  autres  espèe- 

En  plus  de  nos  onze  Dypsis  nouveaux,  nous  avons,  en  effet, 
retrouvé  dans  l'herbier  de  M.  de  la  Bâthie  six  des  huit  autr 

pèces  déjà  décrites  ;  et  les  renseignements  qui  accompagnent 
tous  ces  échantillons  nous  permettront  de  donner  pour  tous 
Palmiers,  en  ce  qui  concerne  notamment  leurs  dimensions  ••( 
leur  port,  mieux  que  les  vagues  indications  dont  on  doit  trop 

uvent  se  contenter  à  cet  égard,  d'après  les  notes  des  herbiei 

Deux  seulement  de  tous  ces  Dypsis  nous  resteni  inconnus. 

L'un  est  le  Dypsis  kirtula,  ([ni  n'esl  jusqu'alors  représenté 
dans  les  collections  que  par  deux  rameaux  de  spadi n- 

pvés  dans  l'herbier  de  Munich  et  nu  spécimen  pin-  complet 
appartenant  à  LTierbïer  dé  Hambourg.  Noua  n'avons  pu 
retrouver  dans  L'herbier  de  M.  de  La  Bâthie  aucun  exemplair* 
qui  corresponde  a  La  diagn        donnée  par  M.  Beccari;  noua 


26  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

ne  pouvons  donc,  pour  cette  espèce,  que  nous  reporter  à  la  des- 
cription du  botaniste  italien. 

Le  Dypsis  hirtula  étant  à  limbe  simple,  il  ne  serait  pas  impos- 
sible, au  surplus,  d'après  la  remarque  faite  plus  haut,  que  ce 
fût  uneiorme  jeune  d'une  de  nos  nouvelles  espèces,  mais  nous 
n'avons  aucun  moyen  de  le  reconnaître  puisque  nous  ne  pou- 
vons recourir  au  critérium  anatomique  (1). 

Le  second  Dypsis  que  nous  n'avons  pu  voir  est  le  Dypsis 
Mocquerysiana,  qui  n'est  représenté  que  dans  l'herbier  de 
Candolle.  L'espèce  est  à  feuilles  simples  ou  à  quatre  segments. 

En  ce  qui  concerne  les  espèces  dont,  en  plus  du  D.  hirtula, 
nous  ne  connaissons  que  les  feuilles  simples,  nous  croyons  pou- 
voir dire,  toujours  en  nous  basant  sur  la  morphologie  foliaire 
interne,  que  celles  que  nous  décrivons  ici,  si  elles  sont  des  états 
jeunes,  ne  sont  pas,  du  moins,  des  états  qui  correspondent 
à  nos  autres  Dypsis  à  feuilles  penniséquées. 

Et  nous  classerons,  en  définitive,  dans  le  tableau  suivant, 
toutes  les  espèces  actuelles  de  ce  genre  Dypsis. 

I.  —  Feuilles  penniséquées,  a  segments  disposés  isolément 

DE    CHAQUE    COTÉ    DU    RACHIS 

A.  —  Feuilles  le  plus  souvent  à  quatre  segments,  en  deux  paires  opposées. 

a)  Segments  ordinairement  de  10  à  20  centi- 
mètres de  longueur.  Bractée  axillante  de 

chaque  glomérule  floral  à  bord  frangé  ....     D.Hildebrandtii 

b)  Segments  ordinairement  de  35  à  50  centi- 
mètres de  longueur.  Bractée  axillante  du 
glomérule  à  bord  entier. 

a')  Bractées  florales  propres  laciniées    ....     D.  Mocquerysiana 
&')  Bractées  florales  propres  non  laciniées..     D.  manaranensis 

B.  —  Feuilles  à  6  ou,  quelquefois,  8  segments. 

a)  Les  deux  segments  inférieurs  ou  les  deux 
paires  inférieures  sont  nettement  moins 
larges  que  les  quatre  segments  supérieurs  ; 
segments  médians  larges  d'au  moins  3  cen- 
timètres. 


(1)  Ce  pourrait  être  également  la  forme  jeune  du  Dypsis  forficifolia, 
car  les  feuilles  photographiées  par  M.  Beccari  offrent  une  grande  resems- 
blance  avec  la  forme  simplicifrons  de  ce  Dypsis  que  nous  trouvons  dans 
l'herbier  Perrier  de  la  Bâthie. 


LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR  27 

«')  Pétiole   d'au   moins   15   centimètres. 
Segments  foliaires  latéraux  d'au  moins 

40  centimètres  de  longueur, D.  procera 

V)  Pétiole  de  moins  de  10  centimètres. 
a")  Bractée  axillante  de  chaque  glomé- 

rule  floral  frangée D.  Laneeana 

fc")  Bractée  axillante  non  frangée. 
1°  Segments  foliaires  terminaux  unis 

à  la  base  en  une  lame  flabelliforme  .     D.  forficifolia 
2°  Segments  foliaires  terminaux  à  peu 

près  semblables  aux  latéraux D.  littoralis 

b)  Les  deux  segments  foliaires  inférieurs  de 
même  largeur  à  peu  près  ou  à  peine  moins 
larges  que  les  segments  supérieurs, 
a')  Segments  médians  de  20  millimètres  au 
plus  de  largeur.   Bractée  axillante  du 
glomérule  floral  non  frangée. 
a")  Inflorescence  atteignant  35  centi- 
mètres, à  nombreux  rameaux  grêles, 
de  5  à  6  centimètres,  glabrescents, 

ainsi  que  l'axe D.  glabrescens 

b")  Inflorescence  de  15  à  17  centimètres, 
avec  quelques  rameaux  espacés,  courts 
(2  centimètres),  et  couverts,  ainsi  que 

l'axe,  d'un  duvet  roussâtre D.  angusta 

b')  Segments  foliaires  médians  de  25  milli- 
mètres au  moins  de  largeur.  Bractée  axil- 
lante du  glomérule  floral  frangée D.  viridis 

C.  —  Feuilles  à  8  segments  et  davantage. 

a)  Bractée  axillante  du  glomérule  floral   à 
bord  non  frangé. 

a')  Segments  foliaires  très  étroits  (  10  milli- 
mètres), non  décurrents  à  la  base  ;  pé- 
tiole de  9  à  1 3  centimètres D.  linearis 

b')  SegmentsfoliairesdelOà  18 millimètres, 

décurrents  à  la  base;  pétiole  presque  nul.     D.  plurisecta 

b)  Bractée  axillante  du  glomérule  floral  à 
bord  frangé. 

a')   Epi  simple    D.  n  -hua 

//)  Inflorescence  ramifiée D.  masoalet 

II.  —  Feuilles  pbnniséqj  ées,  a  segments  disposes  par  groupes 

i.|    en  \Oj   r  COTÉ   Dl     B  1CHIS, 
LES  DEUX  TERMINAI   X    NON    DÉC1    RRENTS    \    IV    I    Lî 

l.  —  Segments  ovales,  acuminés,  de  30  centi- 
mètres sur  3  à  '•  centimètres.  Pétiole  de 
0  centimètres,  i  "ti\  ex<    nrles  deui  fa<  i 
Bract'»'   axillante   de   chaque   glomérule 
floral  sans  poil  terminal D.  gra* 


28  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

B.  —  Segments  lancéolés,  étroits,  de  20  centi- 
mètres sur  10  à  15  millimètres.  Bractée 
axillante  de  chaque  glomérule  floral  ter- 
minée par  une  squamule  en  forme  de  poil 
simple  ou  ramifié D.  fasciculata 

III.  —  Feuilles  a  limbe  simple 

PLUS  OU  MOINS  PROFONDÉMENT  ÉCHANCRÉ 

A.  —  Un  long  pétiole  (15  centimètres) D.longipes 

B.  —  Pas  de  pétiole  ou  pétiole  court  (15  à 
20  millimètres). 

a)  Limbe  de  28  à  35  centimètres,  échancré 
jusque  vers  le  milieu  de  sa  longueur,  sur 

14  à  18  centimètres D.  Louvelii 

b)  Limbe    de     12    centimètres    environ, 
échancré    seulement    au    sommet,    sur 

4  à  5  centimètres D.  hirtula 

Ce  premier  tableau  peut  être  complété  par  le  suivant,  que 
nous  baserons  sur  les  caractères  anatomiques  de  la  gaine 
et  du  limbe. 

Gaine  sans  lacunes.  Faisceaux  libéro-ligneux 
sur  un  seul  rang.  Limbe  à  parenchyme 
palissadique  net D.  Hildebrandtii 

Gaine  avec  quelques  rares  lacunes  dissémi- 
nées dans  la  moitié  supérieure  du  méso- 
phylle.  Sclérenchyme  extralibérien  de  la 
méristèle  principale  en  demi-cercle  plutôt 
qu'en  arc.  Limbe  sans  parenchyme  palis- 
sadique.  Méristèles  des  nervures  du  limbe 
assez  régulièrement  ovales,  arrondies  aux 
deux  extrémités,  et  seulement  un  peu  plus 
longues  que  larges D.  viridis 

Gaine  avec  un  rang  de  lacunes  assez  espacées 
sur  toute  la  face  supérieure,  au-dessous  du 
collenchyme.  Sclérenchyme  extra-libérien 
de  la  méristèle  principale  en  demi-cercle. 
Méristèles  des  nervures  du  limbe  ovales, 
notablement  plus  longues  que  larges,  ou 
vaguement  losangiques,  avec  plusieurs 
faisceaux.  Pas  de  parenchyme  palissadique     D.linearis 

Gaine  avec  quelques  petites  lacunes,  sur 
deux  ou  trois  rangs,  localisées  au  fond  de  la 
concavité  de  cette  gaine.  Sclérenchyme  ex- 
tra-libérien de  la  méristèle  principale  en  for- 
me d'arc  épais  et  court.  Limbe  sans  paren- 
chyme palissadique.   Méristèles  des  ner- 


LES     DYPSIS    DE    MADAGASCAR  29 

vures  vaguement  piriformes,  avec  un  ou 
deux  faisceaux  libéro-ligneux,  ces  méris- 
tèles  se  prolongeant  en  pointe  au  sommet,  et 
brièvement  et  largement  anguleuses  dans  la 
partie  scléreuse  extra-libérienne D.  angusta 

Gaine  avec  deux  ou  trois  rangées  de  petites 
lacunes  rapprochées  au-dessous  du  collen- 
chyme.  Sclérenchyme  extra-libérien  de  la 
méristèle  principale  en  forme  de  gouttière. 
Pas  de  parenchyme  palissadique  dans  le 
limbe.  Méristèles  des  nervures  du  limbe 
vaguement  losangiques,  avec  un  ou  deux 
faisceaux.  Nervures  saillantes D.  monostachya 

Gaine  avec  trois  ou  quatre  rangées  de  plus 
grandes  lacunes,  allongées,  rapprochées,  au- 
dessous  du  collenchyme.  Sclérenchyme 
extra-libérien  de  la  méristèle*  principale 
large  et  bas,  à  bords  à  peine  relevés.  Pas 
de  parenchyme  palissadique.  Méristèles 
des  nervures  du  limbe  ovales,  légèrement 
plus  longues  que  larges,  à  faisceau  unique     D.  plurisecta 

Lacunes  plus  ou  moins  arrondies,  très  nom- 
breuses au  fond  de  la  concavité  de  la  gaine, 
où  leur  ensemble  a,  sur  la  coupe,  une 
forme  triangulaire  ;  un  ou  deux  rangs  de 
ces  lacunes  au-dessous  du  collenchyme, 
sur  les  parois  de  la  gaine,  de  part  et  d'autre 
du  fond  de  cette  gaine.  Sclérenchyme  extra- 
libérien de  la  méristèle  principale  en  forme 
d'arc  épais  et  court.  Pas  de  parenchyme 
palissadique  net  dans  le  limbe.  Méristèles 
des  nervures  très  allongées,  elliptiques, 
avec  nombreux  faisceaux,  arrondies  au 
sommet  de  la  nervure  et  nettement  angu- 
leuses dans  la  partie  scléreuse  inférieure 
extra-libérienne D.  manaranensis 

Gaine  avec  nombreuses  petites  lacunes  plus 
ou  moins  arrondies,  disséminées  dans  la 
moitié    supérieure    du    mésophylle,    plus 
nombreuses  et  sur  une  plus  grande  profon- 
deur au  fond  de  la  concavité  de  la  gouttière. 
Sclérenchyme  large  et  bas,  en  forme  <V.u 
et  renfermant  quelques  faisceaux  libéro- 
Kgnoux.    Limbe   sans    parenchyme    pâli 
sadique.    Méristèles    des    nervures    piri- 
formes, avec  nombreux  faisceaux  libéro- 
ligneux,  terminées  en  pointe  .m  Bommel 
et  anguleuses  dans  la  partie  scléreuse  exti 
libérienne l>  l  uvelii 


30  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

Gaine  avec  nombreuses  et  grandes  la- 
cunes allongées,  souvent  séparées  seule- 
ment par  une  ou  deux  assises  de  cellules, 
au-dessous  du  collenchyme.  Jlots  fibreux 
interposés  àces  lacunes.  Petits  îlots  fibreux, 
à  peu  près  tous  au  même  niveau,  sous 
l'épiderme  inférieur.  Sclérenchyme  de 
la  principale  méristèle  nettement  en  gout- 
tière. Pas  de  parenchyme  palissadique  dans 
le  limbe.  Méristèles  des  nervures  piriformes, 
avec  peu  de  faisceaux,  terminées  en  pointe 
au  sommet  et  arrondies  dans  la  partie 
scléreuse  extra-libérienne D.  Lanceana 

Gaine  sensiblement  de  même  structure  que 
celle  de  l'espèce  précédente,  mais  lacunes 
plus  grandes  encore  et  moins  allongées  et 
plus  arrondies.  Limbe  sans  parenchyme  pa- 
lissadique net.  Méristèles  ovales  ou  vague- 
ment losangiques,  avec  un  petit  prolonge- 
ment scléreux  au  sommet,  et  anguleuses 
dans  la  partie  scléreuse  extra-libérienne.     D.forficifolia 

Gaine  sensiblement  de  même  structure  que 
les  deux  précédentes,  à  grandes  et  nom- 
breuses lacunes  allongées.  Limbe  à  paren- 
chyme palissadique.  Méristèles  des  nervures 
piriformes,  avec  peu  de  faisceaux,  termi- 
nées en  pointe  au  sommet  et  arrondies 
dans  la  partie  scléreuse  extra-libérienne   . .     D.  littoralis 

Gaine  encore  sensiblement  de  même  struc- 
ture que  les  trois  précédentes,  à  lacunes 
presque  arrondies  ou  allongées.  Limbe 
sans  parenchyme  palissadique  net.  Mé- 
ristèles des  nervures  piriformes,  avec 
peu  de  faisceaux,  présentant  un  petit  pro- 
longement scléreux  au  sommet  aminci,  va- 
guement anguleuses  dans  la  partie  scléreuse 
extra-libérienne D.  glabrescens 

Gaine  avec  très  nombreuses  lacunes  allon- 
gées dans  la  moitié  au  moins  de  l'épais- 
seur du  mésophylle,  et  presque  jusqu'au 
sommet  de  la  méristèle  principale.  Sclé- 
renchyme extra-libérien  de  cette  méristèle 
très  large,  contenant  des  faisceaux  libéro- 
ligneux,  et  formant  une  gouttière  dont  les 
bords  s'incurvent  vers  l'intérieur.  Ilots 
fibreux  dans  le  collenchyme.  Pas  de  paren- 
chyme palissadique  dans  le  limbe.  Méris- 
tèles des  nervures  ovales,  anguleuses  au 
sommet,  arrondies  à  la  base D.  procera. 


LES.  DYPSIS    DE    MADAGASCAR  31 

On  voit  qu'au  point  de  vue  anatomique  les  quatre  espèces 
Lanceana,  forficifolia,  littoralis  et  glabrescens  forment  un  groupe 
bien  net.  Nous  pourrions  même  y  faire  rentrer  encore,  d'autre 
part,  un  très  petit  Palmier  de  la  Haute-Sahanany,  à  limbe 
simple  et  brièvement  échancré  au  sommet,  que  nous  laissons 
de  côté  pour  l'instant.  L'anatomie  foliaire  rapprocherait  sur- 
tout cette  forme  du  Dypsis  forficifolia. 

Il  est  à  remarquer  que,  chez  les  Dypsis  Lanceana,  forficifolia, 
littoralis  et  glabrescens",  les  feuilles  ont  toutes  le  caractère  com- 
mun d'avoir  ordinairement  six  segments,  dont  les  deux  infé- 
rieurs sont  nettement  plus  étroits  que  les  autres. 

Tout  différents,  par  contre,  sont  les  limbes  du  Dypsis  procera, 
espèce  qui,  par  le  nombre  et  la  disposition  des  lacunes  de  la 
gaine,  pourrait  cependant  se  rapprocher  de  ce  groupe.  Mais 
certains  autres  caractères  anatomiques,  tels  que  la  forme  du 
sclérenchyme  extra-libérien  de  la  méristèle  principale  de  la 
gaine  et  les  nombreux  îlots  fibreux  du  collenchyme,  l'en 
séparent  aussi  très  franchement. 

Parmi  les  autres  espèces,  le  Dypsis  H ildebrandtii  se  place  tout 
à  fait  à  part  ;  le  Dypsis  masoalensis  et  le  Dypsis  monostachya. 
dissemblables  morphologiquement,  présentent,  au  contraire, 
une  grande  similitude  anatomique;  le  Dypsis  manaranensis 
et  le  Dypsis  Louvelii,  tout  en  se  distinguant  aisément,  mit  quel- 
ques affinités. 

Quant  au  D.  longipes,  dont  nous  n'avons  pas  étudié  la  gaine,, 
la  structure  anatomique  du  limbe  avoisinerait  un  peu  celli 
de  la  gaine  de  Dypsis  linearis. 

Enfin,  chez  le  Dypsis  gracilis,  donl  la  gainé  es!  beaucoup 
trop  forte  pour  pouvoir  être  utilement  comparée  aux  autr< 
le  limbe,  sans  parenchyme  palissadiqjae,   es1    bien   différenl 
detousles  précédents,  surtoul  parles  méristèles deses  nervun 
qui  sonl  à  conjonctif  totalemenl  el  fortement  sclérifié  et  sont 
ovales,  arrondies  en  l>;<s.  plus  étroites  au  sommet. 

Tous  ces  principaux  caractères  distinctifs  ainBi  établis,  nous 
ne  redonnerons  pas  ici  la  description  des  espèces  déjà  i  onnui 
pour  lesquelles  i -  indiquerons  seulement   les  localités  où 


32  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

elles  ont  été  signalées  par  les  divers  collecteurs,  mais  non:- 
donnerons  une  courte  diagnose  —  latine,  puisqu'elle  nous  est 
ainsi  imposée  —  de  nos  espèces  nouvelles. 

L'ordre  sera  celui  de  notre  tableau  dichotomique. 

1.  —  DYPSIS  HILDEBRANDTII  Beccari. 

Ce  Palmier,  d'après  M.  Ch.  d'Alleizette,  est  appelé  tsirika 
dans  le  Mandraka. 

On  le  trouve  dans  la  forêt  orientale,  vers  les  limites  du  Centre. 

7 

Sous-bois  d'Ambatolava,  vers  500  mètres  d'altitude  (P.  B.r 
11989).  ' 

Bois  des  collines  d'Analamazaotra,  vers  800  mètres  (P.  B., 
11957,  11963,  11990). 

Forêt  de  Mandraka  (d'Alleizette,  août  1906,  1061). 

L'espèce  est  à  rejets,  et,  par  conséquent,  pousse  en  touffes. 

2.  —  DYPSIS  MOGQUERYSIANA  Beccari. 

Forêt  de  l'intérieur  de  la  baie  d'Antongil  (Mocquerys,  333, x 
herbier  de  Candolle,  d'après  M.  Beccari). 

Nosy  Mangabé,  au  fond  de  la  baie  d'Antongil  (Id.  419, 
même  herbier,  d'après  M.  Beccari). 

3.  —  DYPSIS  MANARANENSIS  nov.  sp. 

Gracilis,  usque  ad  2  m.  alta,  caudice  7-9  mm.  diam.  Folia 
simplicia  (lamina  35-40  cm.  longa,  10-18  cm.  apice  lata, 
alte  furcata  usque  ad  27-34  cm.)  vel  4  segmentis,  quorum 
inferiora  45  cm.  longa  et  3  cm.  5  lata,  et  superiora  angustiora, 
40  cm.  longa  et  2  cm.  lata.  Spadix  gracilis,  35-45  cm.  longus, 
plerumque  simpliciter  ramosus,  raro  basi  duplo-ramosus  ; 
ramulis  3  cm.  5-5  cm.  longis.  Florum  glomeruli  bractea  com- 
munis  bracteolœque  integrœ.  Floris  masculi  3  stamina  brevi 
filamento,  lato  connectivo,  brevibus  appensis  loculis. 

Prsecedenti  affinis,  a  qua  tamen  differt  segmentis  minus 
decurrentibus  prœsertimque  bracteolis  integris,  haud  barbato- 
ciliatis. 


Planche  III.  —  Feuille  (si  raple)  d'un  pied  jeune 
et  feuille  penniséquée)  d*un  pied  adulte  de  Dypt     | 


LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR  33 

Forêt  orientale,  près  de  la  Manarana,à  200  mètres  d'altitude 
(P.  B.,  oct.  1912,  12064  et  12067). 
Espèce  à  rejets. 

4.  —  D  YPSIS  PROGERA  no v.  sp. 

Gracilis,  4-5  m.  alta,  sed  caudice  15  mm.  diam.  haud  superan- 
ti.  Longissimum  (18  cm),  petiolum,  7  mm.  latum,  subtus 
convexum,  supra  1  éviter  concavum,  marginibus  acutis  ; 
4-8  segmenta,  40  cm.  longa  (35-45  mm.  lata),  basi  decurrentia, 
terminalia  lateralibus  plus  minus  similia.  Spadix80  cm.  longus, 
simplieiter  vel  duplo  ramosus,  ramulis  30  cm.  et  plus  longis. 
Bractea  communis  intégra.  Floris  masculi  3  stamina  filamen- 
to  lato,  connectivo  brevi  latoque,  loculis  oblongis  pendentibu-. 

Forêt  orientale,  à  Fananehana.  dans  les  environs  de  la  baie 
d'Antongil,  vers  400  mètres  (P.  B.,  oct.  1912,  12089). 

5.  —  DYPSIS  LANGE ANA  Baill. 

Nosy  Mangabé,  dans  le  fond  delà  baie  d'Antongil  (Mocque- 
rys,  1897,  412,  418,  420,  dans  l'herbier  de  Gandolle,  d'après 
M.  Beccari). 

Bois  des  environs  de  la  baie  d'Antongil,  à  100  mètres  «l'alti- 
tude (P.  B.,  oct.  1912,  12048). 

Espèce  à  rejets.  * 

-  6.  _  DYPSIS  FORFIGIFOLIA  Mai  Uns. 

Sainte-Marie  (Boivin,  1847-1852,  herbier  du  Muséum  de 
Paris). 

Environs  de  lé  baie  d'Antongil,  à  Fananehana,  vers  *  <  >*  »  1 1 1  ♦:-  - 
très  d'altitude  (P.  B.,  oct.  L912,  12027  el  L2091). 

Peut-être  faut-il  rattacher  à  cette  esp&  e,  malgré  Bon  inflo- 

scence  beaucoup  plus  réduite,  un  Palmier  dp  la  Haute-Saha- 
nanydonl  les  feuilles  sont  formées  de  limbes  simples,  d<  nti- 

mètres  de  longueur  sur  7  centimètres  de  largeur,  écham 
sur  5  centimètres  seulement.  En  l<»ut  cas,  la  structure  anato- 


34  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

mique  de  ces  feuilles  est  celle  des  feuilles  du  Dypsis  forficifolia. 
Croît  dans  la  Haute-Sahanany,  Sakaleone,  vers  600  mètres 
d'altitude  (P.  B.,  nov.  1911, 11962). 

7.  —  DYPSIS  LITTORALIS  nov.  sp. 

Gracilis,  usque  ad  4  m.  alta,  caudice  usque  ad  2  cm.  diam. 
Folia  breviter  petiolata  (5  cm.),  limbo  40  cm.  longo,  6  seg- 
mentis  distantibus,  basi  decurrentibus,  2  inferioribus  angustis 
(2  cm.),  2  medianis,  25-30  cm.  longis,  3-4  cm.  latis,  binis  ter- 
minalibus  fere  similibus,  18  cm.  longis,  3  cm.  5-4  cm.  latis. 
Spadix  pendens,  amplus,  1  m.  et  plus  longus,  simpliciter  vel 
duplo  ramosus,  ramulis  gracillimis,  10-25  cm.  longis.  Florum 
glomeruli  bractea  communis  triangularis  ;  floris  masculi  ala- 
bastrum  globosum.  Fructus  irregulariter  ovatus,  10-11  mm. 
longus,  5-6  mm.  latus,  stigmatum  residuis  basilaribus. 

Bois  littoraux  du  Mananara,  sur  la  côte  Est  (P.  B.,  oct.  1912, 
12056). 

8.  —  DYPSIS  GLABRESCENS  Beccari. 

Forêt  de  Tafondro,  à  Sainte-Marie  (Boivin,  déc.  1849,  1705, 
herbier  du  Muséum  de  Paris,  d'après  M.  Beccari). 

Bois  de  Masoala,  vers  500  mètres  d'altitude  (P.  B.,  oct.  1912, 
12037).  Espèce  à  rejets. 

9.  —  DYPSIS  ANGUSTA  nov.  sp. 

Parvula,  1-2  m.  alta,  caudice  1  cm.  diam.  haud  superanti. 
Folia  petiolata  (3-6  cm.),  6  segmentis  20-25  cm.  longis,  1-2  cm. 
latis,  lateralibus  acuminatis,  terminalibus  similibus  vel  vix 
latioribus,  basi  breviter  (3  cm.)  decurrentibus.  Spadix  brevis, 
simpliciter  ramosus,  squamulis  laciniatis  fuscis  dense  hirtus, 
paucis  ramulis  distantibus,  brevibus  (2  cm.),  crassis.  Florum 
glomeruli  bractea  communis  concava,  lateraliter  adnata,  inté- 
gra. Flos  masculus  3  staminibus. 

Mont  Vatovavy,  dans  la  forêt  orientale,  vers  500  mètres 
(P.  B.,  oct.  1911,  11976). 


LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR  35 

10.  —r  DYPSIS  VIRIDIS  nov.  sp. 

Gracillima,  caudice5-7  mm.  diam.,  internodiis  1  cm.  5-2  cm. 
diam.  Folia  viridia  diluta,  petiolata  (5-6  cm.),  segmentis  fere 
aequalibus,  vel  interdum  8-10,  quorum  nonnulla  angustiora, 
lateralibus  ovatis,  leviter  sigmoideis,  acuminatis,  2  cm.  5-3  cm.  5 
latis,  longe  decurrentibus,  terminalibus  aliquid  latioribus.  in 
flabellum  14-15  cm.  longum,  8  cm.  latum,  alte  (8  cm.) 
furcatum,  basi  conlfa^ntibus.  Spadix  folia  sequans,  pen- 
dens,  simpliciter  vel  c^  w)  ramosus,  squamulis  laciniatis 
plus  minus  rapide  caducis^idutus.  Florum  glomeruli  bractea 
communis  triangularis,  laciniato-barbata.  Flos  masculus  3  sta- 
minibus,  lato  filamento,  connectivo  crasso,  loculis  lateralibus. 

Forêt  orientale,  à  400  mètres  d'altitude,  dans  les  environs 
de  la  baie  d'Antongil  (P.  B.,  oct,  1912,  12057). 

Forêt  de  Fananehana,  environs  de  la  baie  d'Antongil  (P.  B., 
12031.)  Espèce  à  rejets. 

11.  —  DYPSIS  LINEARIS  nov.  sp. 

Gracilis,  usque  ad  2  m.  alta,  caudice  usque  ad  3  cm.  diam. 
Folia  longe  (9-13  cm.)  petiolata;  6-9  segmentis,  lateralibus  non 
decurrentibus,  15-23  cm.  longis,  1  cm.  latis,  terminalibus  fere 
similibus,  basi  vix  (1  cm.)  decurrentibus.  Spadix  simpliciter 
ramosus,  45  cm.  longus,  indumento  paleaceo-ramentaceo  lu 
liirtus,  ramulis  2-3  cm.  longis.  Bractea  communis  margine 
haud  laciniato-barbato.  Flos  masculus  3  staminihus.  connec- 
tivo crasso  loculisque  pendentibus.  Floris  fteminei  ovarium 
initio  subglobulosurn  vel  turbina  tu  m,  deindeque  gibbosum, 
st  igmatibus  lateralibus. 

Foivt  orieulab',  près  «le  la  rivière  Anove,  à  J"'»  mè1  res  d'al- 
titude (P.  B.,  sept.  1912,  12066). 

12.  —   DYPSIS  PLURISECTA  imv.  >p. 

Gracilis,  caudice  7-8  min.  diam.  Folia  petiolo  subnullo, 
8-10  segmentis  plus  minus  inœqualibus,  lateralibus  Ianc< 


36  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

latis,' angustis,  10-11  cm.  longis,  17  mm.  latis,  longe  acumi- 
natis,  basi  decurrentibus  (2-3  cm.),  binis  terminalibus  leviter 
latioribus,  10  cm.  longis,  20  mm.  latis,  basi  (3  cm.  5,  4  cm.) 
in  flabellum  alte  furcatum  confluentibns.  Spadix  simpliciter 
ramosus,  8-10  ramulis  gracilibus,  pnberulentis,  2-3  cm.  longis. 
Florum  glomeruli  bractea  communis  intégra  ;  floris  masculi 
3  stamina  brevi  filamento,  lato  connectivo,  loculis  pendentibus. 
Environ  de  Maroantsetra  (P.  B.,  11966). 

13.  —  DYPSIS  MONOSTAGHYA  nov.  sp. 

Gracilis,  foliis  longe  (8  cm.)  petiolatis,  8-10  segmentis, 
quorum  bina  terminalia  truncata  subduplo  vel  duplo  latera- 
libus  latiora,  basi  decurrentia  (3  cm. -3  cm.  5),  lateralia  angusta 
(12  mm.),  acuminata,  basi  haud  vel  vix  decurrentia.  Spadix 
foliis  brevior  (25  cm.),  indivisus,  squamulis  laciniatis  consper- 
sus  ;  flos  masculus  3  staminibus,  filamentis  latis,  in  cupulam 
brevem  basi  connatis. 

Bois  des  environs  de  Rantabé,  dans  la  baie  d'Antongil,  vers 
500  mètres  d'altitude  (P.  B.,  oct.  1912.  12047).  Espèce  à  rejets. 

14.  —  DYPSIS  MASOALENSIS  nov.  sp. 

Gracillima,  1  m.  50  alta,  caudice  5-6  mm.  diam.,  internodiis 
2  cm. -2  cm.  5  longis.  Folia  breviter  (3  cm.)  petiolata,  10-12 
segmentis  ovatis-sigmoideis,  insequaliter  latis,  valde  decurren- 
tibus, acuminatis,  binis  terminalibus  apice  truncatis,  ibique 
extra  denticulatis,  in  flabellum  basi  confluentibus.  Spadix 
simpliciter  vel  duplo-ramosus,  numerosis  squamulis  laciniatis 
vestitus,  paucis  ramulis  sparsis,  3-4  cm.  longis  ;  florum  glo- 
meruli bractea  triangularis,  margine  laciniato-barbato. 

Forêt  de  Masoala,  vers  300  mètres  (P.  B.,  oct.  1912, 12034). 

Espèce  à  rejets. 

15.  —  DYPSIS  GRACILIS  Bory 

Hauteurs  de  Tanambo,  à  Sainte-Marie  (Boivin,  1851, 
herbier  du  Muséum  de  Paris,  d'après  M.  Beccari). 


LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR  37 

Fort- Dauphin  (Scott  EJliot,  2419,  4190,  herbier  de  Kew, 
d'après  M.  Beccari). 

Sur  les  gneiss  des  bois  du  Bas-Biennana,  dans  le  bassin  du 
Matitana,  vers  175  mètres  (P.  B.,  oct.  1911,  12059). 

Amalamazaotra,  vers  800  mètres  (P.  B..  12010, 12092), 

Gneiss  des  bois  du  Faraony,  vers  400  mètres  (P.  B..  déc. 
1911,  11934). 

Gneiss  des  forêts  du  Ramena  et  bois  d'Ambaliha  (Sambirano), 
vers  400  mètres  (P.  B.,  11955).  Ce  Palmier  abonde  dans  les 
forêts  du  Sambirano  entre  300  et  600  mètres,  et  il  est,  en  cette 
région  du  Nord-Ouest,  plus  robuste  et  plus  élevé  que  dans  l'Est. 

Dans  le  Sambirano,  le  Dypsis  gracilis  est  le  tsingovatrovatra 
des  indigènes  ;  dans  l'Est,  les  Tanala  le  nomment  hova  et 
tsobolo. 

C'est  une  espèce  sans  rejets. 

16.  —  DYPSIS  FASGIGULATA  nov.  sp. 

Gracilis,  3-4  m.  alta,  caudice  15-20  mm.  diam.,  internodiis 
15  mm.  longis.  Folia  80  cm.  minimum  longa,  breviter  petio- 
lata,  sgementis  numerosis,  solis,  vel  2-4  fasciculatis,  lanceolatis. 
angustis  (10-15  mm.),  acuminatis,  basi  non  decurrentibus, 
etiam  binis  terminalibus.  Spadix  70  cm.  et  plus  longus,  cluplo- 
ramosus,  indumentopaleaceo-ramentaceofusco  vesl  it  us.  ra nui- 
lis- filiformibus,  20  cm.  longis.  Flores  minimi;  masculus3  stami- 
nibus  filamento  crasso,  loculis  fere  globosis,  pendent  ibn  s. 

Colline  des  environs  d'Antalaha,  sur  la  côte  Nord-Est, 
vers  50  mètres  d'altitude  (P.  B.,  nov.1912,  12042). 

Espèce  à  rejets. 

17.  —  DYPSIS  LONGIPES  nov.  sp. 

Graeillima,  Eoliis  simplicibus,  longe  cuneatis,  40cm.  lundis. 
profiimlc  hircato-bifidis,  petiolo  15  cm.  longo;  Spadix  itidi- 
visus,  squamulis  laciniaiie  oigrescentibus  vestitus.  Glomeruli 
bractea  communia  concava,  intégra.  Floris  masculi  3  stamina 
loculis  ellipticis,  lato  brëvique  connectivo  appensis. 


38  LES    DYPSIS    DE    MADAGASCAR 

Forêt  orientale  des  environs  de  Rantabé,  dans  la  baie  d'An- 
tongil,  vers  300  mètres  (P.  B.,  oct.  1912, 12030). 
Espèce  à  rejets. 

18.  —  DYPSIS  LOUVELII  Jum.  et  Perr. 

Bois  humides  d'Analamazoatra,  vers  800  mètres  d'altitude 
(P.  B.,  février  1912,  août  1912  et  septembre  1913,  11968, 
11969,  12017). 

L'espèce  est  sans  rejets. 

19.  —  DYPSIS  HIRTULA  Martius. 

Sans  indication  de  localité  (herbier  de  Munich,  d'après 
M.   Beccari). 

Nous  avons  fait  remarquer  plus  haut,  en  note,  que  les 
feuilles  du  pied  photographié  par  M.  Beccari  ressemblent 
énormément  aux  feuilles  à  limbe  simple  du  Dypsis  forficifolia. 

On  remarquera  que,  de  ces  dix-neuf  Dypsis,  dix-huit  appar- 
tiennent exclusivement  au  versant  oriental  de  Madagascar  ; 
un  seul,  le  Dypsis  gracilis,  tout  en  étant  encore  une  espèce  de 
l'Est,    où   elle   redescend    même   jusqu'à   Fort-Dauphin,    se 
retrouve  dans  le  Nord-Ouest,  dans  l'Ankaizina  et  le  Sambirano. 


L'Elevage  à  Madagascar 

Par  M.  Georges  Carle 

Chef  du  Service  de  Colonisation  à  Madagascar, 


Tous  ceux  qui  se  sont  attachés  au  problème  de  l'alimenta- 
tion de  la  nation  ont  reconnu  qu'en  ce  qui  concerne  la  viande, 
le  moyen  le  plus  efficace  de  remédier  à  la  rareté  du  bétail 
était  de  recourir,  dans  la  plus  large  mesure  possible,  à  l'intro- 
duction en  France  de  bétail  sur  pied  ou  de  viandes  abattues. 
L'attention  s'est  donc  portée  sur  le  bétail  des  pays  étrangers 
et  plus  particulièrement  des  colonies.  Parmi  celles-ci,  Mada- 
gascar, avec  ses  7.000.000  de  têtes  de  bétail,  a  été  reconnue 
une  des  plus  intéressantes,  des  plus  riches,  celle  qui  pourrait 
dès  maintenant  apporter  une  aide  efficace  à  la  métropole. 

Toutes  les  études,  tous  les  documents  pouvant  préciser  la 
situation  de  l'élevage  bovin  dans  notre  colonie  de  l'Océan 
Indien  paraissent  donc  venir  à  leur  heure;  c'est  le  but  pra- 
tique que  se  propose  ce  travail. 

I.  — Les  Conditions  de  l'Elevage 

La  grande  île  de  Madagascar,  avec  ses  immenses  steppi 
sa  brousse  herbeuse  sur  collines  de  terre  rouge  ou  rocaiUèuf 
qui  couvrent  les  9/10  de  sa  superficie,  représente  un  type  de 
pays  à  élevage  pastoral  extensif.   L'élevage   en    parc   ou   à 
r  •'■table  est  encore  l'exception  ;  il  n'esl  pratiqué  que  dans 
plantations  pour  l'entretien  du  bétail  de  I  r.i\  ail. 

Régions  et  (nuis  d? élevage.  —  Vu  pays  d'élevage  est  une 
'•nntrée  de  prairies  nnturelles  :  il  ne  dépend  que  d'elles,  il  • 


40  '  l'élevage 

d'autant  plus  rémunérateur,  plus  prospère  que  la  qualité  de 
ses  prairies  est  plus  grande. 

Les  prairies  naturelles  de  la  Grande  Ile  peuvent  se  classer 
de  différentes  façons,  suivant  les  sols  qui  les  portent  ou  leur 
composition  botanique.  Mais,  quelque  classification  qu'on 
adopte,  le  caractère  prédominant  de  la  steppe  malgache  résulte 
du  petit  nombre  d'espèces  qui  la  composent,  espèces  pour  la 
plupart  cosmopolites.  Mais  cette  uniformité,  à  quoi  est-elle  due  ? 
Quelle  a  été  la  cause  originelle  et  assez  persistante  pour  main- 
tenir, malgré  des  différences  de  sol,  malgré  le  temps,  ce  même 
caractère  à  cette  formation  ?  Pourquoi  nous  semble-t-il,  au 
contraire^  voir  partout  une  rareté  progressive  de  l'herbe,  une 
progression  encore  croissante  des  terrains  nus  ?  C'est  ce  que 
nous  explique  l'origine  de  la  steppe. 

La  venue  de  l'homme  dans  la  Grande  Ile  a  été  marquée  par 
une  déforestation  intense  et  continue  ;  la  forêt  disparaissant 
a  été  remplacée  par  une  prairie  qui,  en  séchant  chaque  année, 
a  provoqué  l'extension  des  incendies  ;  l'extension  des  surfaces 
déboisées  a  été  suivie  par  l'extension  de  la  zone  des  herbes  et, 
par  suite,  par  celle  des  incendies.  C'est  le  feu  qui  a  p.èrmis  à  la 
brousse  d'occuper  actuellement  les  9/10  de  l'île  ;  c'est  lui  qui 
maintient  cette  composition  spéciale,  si  pauvre  en  espèces. 
Seules  ont  résisté  au  feu  les  plantes  qui  sont  aptes  à  supporter 
sans  souffrir  la  destruction  de  toutes  leurs  parties  aériennes 
et  qui  sont  capables  de  se  multiplier  sans  graines  ou,  du  moins, 
de  vivre  et  de  se  reproduire  en  ne  se  resemant  qu'à  de  longs 
intervalles  ;  les  espèces  delà  prairie  ont  donc  été  toutes  choisies, 
triées  par  le  feu. 

Des  observations  précises  nous  permettent  d'avancer 
que  : 

1°  Partout  où  l'herbe  a  été  pâturée  ou  coupée  en  fin  de 
saison  des  pluies,  notamment  le  long  des  chemins  suivis  par 
les  troupeaux  en  transhumance,  l'herbe  repousse  dès  le  com- 
mencement de  la  saison  sèche. 

2°  Certaines  prairies  que  les  indigènes  soignent  spécialement, 
et  qui,  sans  être  attribuées  individuellement,  sont  la  jouis- 
sance collective  de  villages  bien  déterminés,  ne  sont  pas  brû- 


A    MADAGASCAR  41 

lées  ;  et  un  feu  mis  accidentellement  est  souvent  éteint  par 
les  habitants  des  villages  eux-mêmes. 

3°  Le  feu  est  le  seul  moyen  de  régénérer  des  prairies  sans 
maître  et  sans  usage  défini.  Tout  autre  moyen  d'amélioration 
nécessiterait  de  la  part  des  villageois  pasteurs  des  travaux 
plus  difficiles,  spéciaux,  exigeant  plus  de  peine.  Or,  ces  tra- 
vaux, à  qui  profiteront-ils  ?  Certainement  à  ceux  qui  les 
auront  effectués.  Mais  rien  ne  le  dit  en  l'état  actuel  de  notre 
législation  malgache  ;  et  il  faut  donc  commencer,  avant  tout, 
par  approprier,  attribuer  les  pâturages.  C'est  une  opération 
préalable,  nécessaire  à  toute  tentative  d'amélioration  de  la 
prairie  malgache. 

Régions  et  pays  de  culture.  —  Par  opposition  avec  la  forma- 
tion précédente,  les  régions  où  se  pratique  l'élevage  intensif 
sont  kavant  tout  des  régions  de  culture,  c'est-à-dire  celles  où 
la  main-d'œuvre  et  les  frais  généraux,  pour  une  surface  déter- 
minée, sont  élevés.  Les  animaux  y  sont  rarement  élevé.-,  mais 
le  plus  souvent  exploités  pour  toutes  les  ressources  qu'ils 
peuvent  procurer,  engraissement,  travail,  lait.  L'herbe  ne 
pourrait  suffire  à  elle  seule  comme  alimentation;  d'où  la  née 
site  de  produire  des  aliments  plus  riches,  plus  concentrés,  tels 
que  le  manioc,  le  maïs,  le  pois,  arachide,  riz,  etc. 

Les  animaux  élevés.  — On  rencontre  dans  l'île  tous  les  ani- 
maux domestiques,  mais  c'est  le  bœuf  qui  restera  enc<  >re  long- 
temps  l'animal  le  plus  répandu,  le  plus  intéressant.  l<i  plus 
apte  à  utiliser  cette  brousse  spéciale  de  la  Grande  Ile. 

Le  bœuf  malgache  est,  en  réalité,  un  zébu  ;  peut-ètiv  pour- 
rait-on en  faire  une  espèce  particulière,  bien  que  a'étanl  pas 
autochtone  dans  l'île.  C'est  un  animal  de  formai  ion  au-dessous 
de  la  moyenne.  Il  est  brachycéphale  et  p  de  sur  le  garrol 
une  bosse  plus  ou  moins  volumineuse  :  il  a  des  cornes  longui 
en  forme  delyre;  l'encolure  esl  mince,  le  fanon  I  rôe  dévelop] 
le  tronc  a  «les  proporl  ions  raccourcies  :  le  train  antérieur  i  si 
ample,  le  postérieur  un  peu  défectueux,  étroit,  maia  les 
membres  Boni  fins  et  lé  s<pielette  léger.  La  robe  est  fauve  plus 


42  l'élevage 

ou  moins  foncée,  souvent  pie  noire  ;  la  peau  est  épaisse,  le 
poil  dur. 

Au  point  de  vue  morphologique,  la  race  malgache,  par  la 
petitesse  de  sa  taille,  s'éloigne  beaucoup  de  nos  races  d'Europe. 
La  taille  moyenne  est,  chez  la  vache,  de  1  m.  20,  avec  variations 
de  1  m.  il  à  1  m.  24  ;  ehez  le  mâle,  de  1  m.  24  en  moyenne, 
avec  variation  jusqu'à  1  m.  93  et  plus.  Des  géniteurs  de  faible 
corpulence  ne  peuvent  donner  naturellement  que  des  coupés 
de  faible  poids. 

Etudions  maintenant  les  qualités  du  bœuf  malgache  ;  elles 
résident  toutes  dans  le  tronc,  et,  pour  plus  de  précision,  dans 
l' avant-train. 

Le  train  antérieur  présente  un  beau  développement;  la  poi- 
trine est  ample  et  bien  descendue  entre  les  membres,  les  côtes 
sont  bien  arquées,  les  épaules  très  écartées,  le  périmètre  tho- 
racique  suffisamment  long,  le  dos  bien  horizontal.  Les  membres 
sont  parfois  courts,  ce  qui  est  une  qualité  absolue,  puisque  ce 
sont  des  régions  sans  valeur  commerciale. 

Quant  aux  défauts,  étudions-les  avec  soin,,  puisqu'il  faut 
exactement  les  connaître  si  nous  voulons  les  faire  disparaître 
dans  l'élevage  de  l'avenir. 

Laissons  de  côté  les  défectuosités  insignifiantes,  telles  que 
le  trop  grand  développement  des  cornes  et  la  trop  grande  im- 
portance du  cou  ;  indiquons  les  défauts  indéniables. 

Les  animaux  malgaches  ont  le  tronc  trop  court,  la  croupe 
trop  développée  et  parfois  les  membres  trop  peu  longs. 

Un  bœuf  de  boucherie  doit  avoir  le  tronc  aussi  long  que 
possible,  la  croupe  très  longue  et  large;  les  membres  doivent 
être  réduits  au  strict  minimum.  Les  chiffres  qui  vont  suivre 
montreront  que  ces  caractères,  ne  se  rencontrant  pas  sur  les 
deux  géniteurs,  ne  sauraient  être  réalisés  sur  les  coupés. 

La  longueur  du  tronc,  mesurée  par  la  distance  qui  sépare 
la  pointe  de  l'épaule  de  la  pointe  de  la  fesse,  mesure  1  m.  25 
à  1  m.  63  chez  le  taureau,  avec  une  moyenne  de  1  m.  45,  et 
chez  là  vache  de  1  m.  23  à  1  m.  48,  avec  une  moyenne  de  1  m.  34, 
soit  dans  les  deux  sexes  1,12  à  1,13  p.  100  de  la  taille. 

Mais  le  défaut  capital  réside  dans  le  défaut  de  développe- 


A    MADAGASCAR  43 

ment  delà  croupe.  Cette  dernière  est  trop  courte,  trop  étroite  ; 
le  sacrum  est  trop  surélevé,  ce  qui  donne  une  croupe  tran- 
chante ;  les  cuisses  sont  trop  rapprochées  et  trop  peu  musclées. 
Aucune  race  d'Europe  n'a  la  croupe  aussi  courte  que  les 
représentants  de  la  race  malgache. 

Taille  Longueur 

moyenne       de  la  croupe 

Vache  malgache 1  m.  20        0  m.  44 

—  Tarentaise 1  m.  95        0  m.  53 

—  Durham 1  m.  96        0  m.  67 

Quant  à  la  largeur  de  la  croupe,  disons  que  cette  dernière 
atteint  en  moyenne  86  p.  100  de  la  longueur  chez  le  mâle  et 
91  p.  100  chez  la  vache. 

T7    u         i       u     largeur  C         A  ft/1 

Vache  malgache  : — E -r  =  0,91. 

longueur  L 

Vache  Tarentaise     —  =  0,94. 

Vache  Durham         —  =  0,98. 

et  pour  certaines  vaches,  de  100  à  110  p.  100. 

En  conclusion,  les  reproducteurs  malgaches  ne  possédant 
ni  tronc  allongé,  ni  croupe  longue  ^t  large,  les  bœufs  qui  en 
résultent  ne  sauraient  être  pourvus  de  ces  qualités.  Or  la 
viande  de  première  qualité  est  presque  entièrement  située  au 
niveau  de  la  croupe,  au  dos  et  aux  reins.  Les  animaux  mal- 
gaches  en  possèdent  donc  moins  que  les  races  d'Europe  et 
.  'est  là  leur  grande  défaut. 

\u  point  de  vue  physique,  les  animaux  malgaches    pos- 

dent  des  propriétés  indéniables  et  absolument  remarquabli 
Leur  facilité  à  l'engraissement  est  étonnante,  ainsi  que  leur 
résistance  aux  intempéries  et  à  la  sécheresse.  C'esl   un   fait 
qu'il  est  inutile  d'exposer,  car  tout  le  monde  a  vu  fe  troupeau 
résister  aux  tempêtes  de  la  saison  des  pluies,  el  on  sait  que, 
pendahl   les  deux  derniers  mois  de  sécheresse,  ils  se  main- 
tiennent en  étal  pourvu  qu'ils  aient  à  leur  disposition  I  eau 
courante  en  abondance,  les  chaumes  desséchés  des  haut 
graminées  »it  quelques  très  rares  pâturages   rerdoyants,   I 
Tv-i-tance  de  la  race  malgache  compense  largement  les  d 
tuositéa  morphologiques,  défectuosités  amendables  du  reste. 


44  l'élevage 

Pour  augmenter  la  production  laitière,  des  croisements  ont 
été  tentés  avec  des  animaux  d'Europe  ;  ils  ont  donné  un 
bétail  sans  bosse.  Ces  animaux  se  rencontrent  aux  environs 
de  Tananarive  et  des  villes  du  Centre. 

Les  porcs  sont  très  nombreux  sur  les  Hauts-Plateaux,  prin- 
cipalement dans  les  régions  où  le  climat  et  le  sol  permettent  la 
culture  de  la  pomme  de  terre. 

Le  mouton  de  Madagascar  appartient  au  type  «  à  grosse 
queue  »  que  l'on  rencontre  en  Asie  et  en  Afrique.  Ces  animaux 
n'ont  pas  de  laine  et  sont  recouverts  d'un  poil  plus  ou  moins 
long. 

Les  croisements  continus,  effectués  à  Tuléar,  entre  des  bre- 
bis du  pays  et  des  béliers  mérinos,  ont  montré  que  l'améliora- 
tion ex  la  transformation  de  la  race  est  rapide  et  peut  s'effec- 
tuer dans  de  bonnes  conditions. 

Les  conditions  climatériques  du  Sud  de  l'île,  l'absence  ou  la 
douceur  de  l'hiver,  la  rareté  des  pluies  sont  favorables  à  l'éle- 
vage du  mouton. 

Il  existe  également  un  élevage  du  cheval,  principalement 
sur  les  Hauts-Plateaux.  Il  est  le  résultat  de  l'action  du  Service 
Vétérinaire.  Elle  a  permis  de  développer,  dans  les  environs  des 
principales  villes  du  Centre,  quelques  milliers  de  chevaux  qui 
sont  employés  pour  le  transport  des  hommes.  Nous  ne  dirons 
rien  de  cet  élevage,  pas  plus  que  de  celui  de  l'autruche  ;  il 
s'agit  d'espèces  importées,  dont  l'acclimatement  est  encore  à 
faire,  et  dont  la  réussite  est  sous  la  dépendance  immédiate 
de  l'intensivité  des  cultures  qu'on  peut  entreprendre. 

C'est  l'élevage  du  bœuf  qui  est,  et  restera  pendant  longtemps 
encore,  la  base  de  la  richesse  de  l'île  de  Madagascar. 

II.   —  Mise  en   Valeur   des  Pâturages  et  des  Steppes 

par  les  Bœufs 

Les  procédés  de  V élevage  indigène.  —  Décrire  les  procédés, 
les  méthodes  du  pasteur  indigène,  ses  habitudes,  ses  croyances, 
est  chose  difficile  ;  fort  peu  s'y  sont  essayés.  Il  est  certain  que 


A    MADAGASCAR  45 

les' troupeaux  paraissent  venir  à  l'abandon,  avec  le  minimum 
de  soins  ;  cependant  certaines  croyances,  certaines  coutumes, 
que  l'indigène  respecte  et  suit  sans  les  comprendre  peut-être, 
sont  favorables  au  bon  entretien  du  troupeau.  D'une  façon 
générale,  la  constitution  d'un  troupeau  est  pour  le  Malgache 
un  moyen  de  placer  son  argent.  Le  principal  du  bénéfice,  c'est 
à-dire  le  croît  du  troupeau,  est  consommé  dans  les  réjouissances 
et  les  fêtes  de  famille. 

Comment  les  troupeaux  sont-ils  appropriés  ?  Comment  s'ef- 
fectue leur  gardiennage  ?  Quel  est  exactement  le  croît  des 
troupeaux  chez  les  indigènes  ?  Nous  sommes  peu  renseignés 
sur  ces  questions  D'une  façon  générale,  on  s'accorde  à  recon- 
naître que  le  rendement  d'un  troupeau  est  peu  élevé  ;  cela 
tient  principalement  aux  pertes  éprouvées  pendant  le  jeune 
âge  des  animaux  et  au  manque  de  précocité. 

Diverses  évaluations  sont  d'accord  pour  arrêter  à  7.000.000 
le  nombre  de  têtes  de  bœufs,  donnant  un  effectif  annuel  dispo- 
nible de  420.000  têtes,  dont  300.000  seraient  consommées 
par  la  population  de  l'île. 

Le  disponible  de  120.000  têtes  est  actuellement  utilisé  par 
5  usines  qui  fabriquent  des  conserves  et  préparent  des  viandes 
frigorifiées. 

Ce  disponible  augmentera  avec  l'accroissement  du  troupeau. 
Un  admet  que  cet  accroissement  peut  atteindre  le  3  p.  100  de 
l'effectif  total  ;  il  serait  donc  possible  d'utiliser  pour  I» 
s<  uns  de  la  Métropole  200.000  têtes  par  an. 

Les  usines  d'utilisation  du  bétail  sont  réparties  eu  différents 
points  de  l'île.  Deux  sont  à  Diego,  àl'Extrême-NorddtTilr.  une 
près  «I»'  Majunga,  àl'embouclnire  du  grand  fleuve,  la  Betsiboka, 
une  à  Tamatave,  une  pics  deTananarh  re,  une  à  Antsirabi 

Le  nombre  des  bœufs  abattus  par  les  usines,  qui  était  de 

14.8 ii  191  I.  a  passé  a  109.691  .m,  1916  et  a  été  de  140.000 

en  1017. 

L'état  sanitaire  du  troupeau  est,  «'ii  général  assez  bon.  On 
n'a  pas  a  lutter  contre  les  grandes  épidémies  qui  ont  dévasté 
ootamment  les  troupeaux  «lu  Sud  Africain.  LatubercuL 
fréquente  dans  les  troupeaux  du  Sud  de  l'Ile;  •'!!«•  y  sévit  à 


46  l'élevage 

l'état  endémique.  Le  charbon  bactéridien  cause  plus  de  pertes. 
On  y  remédie  par  la  vaccination  anticharboneuse  avec  le 
sérum  Chauveau,  qui  a  donné  dans  ces  dernières  années  de  très 
bons  résultats. 

Nous  pouvons  essayer  de  définir  par  quelques  chiffres  les 
résultats  obtenus  par  l'élevage  indigène.  Ils  constituent  une 
sorte  de  point  de  comparaison  qui  nous  fera  mieux  comprendre 
ce  que  nous  devons  éviter  et  le  mieux  auquel  nous  pouvons 
arriver  par  des  méthodes. plus  raisonnées.  Les  dénombrements 
que  nous  rapportons  ont  été  effectués  par  le  vétérinaire 
Rouquette  ;  ils  ont  porté  sur  41  villages,  dont  14  possédaient 
des  troupeaux  de  50  à  100  bœufs,  14  de  100  à  200,  9  de  100 
à  300,  4  de  300  à  400. 

Vaches  et  génisses 7 .  108 

Veaux  de  moins  d'un  an 2.814 

Veaux  de  1  à  2  ans 1 .  926 

Taureaux  de  2  ans 1 .  097 

de  3  ans 703 

de  4  ans 298 

—  de  5  ans 36 

' —       de  6  ans ". . .  8 

Coupés 1 .  062 

Total 15.112 

Pourcentage  des  taureaux  de  2  ans 7 ,  25  % 

Pourcentage  des  coupés 7 ,  00  % 

Pourcentage  des  taureaux  reportés  au  nombre 
de  2  ans  et  au-dessus  : 

Taureaux  2  ans 15,4  % 

3  ans 10       °0 

4  ans 4       °0 

—  5  ans 0,5% 

—  6  ans 0,1% 

Ce  tableau  montre  d'abord  que  la  mortalité  est,  chez  les 
jeunes,  plus  intense  qu'on  ne  le  croit  habituellement.  Sur 
7.108  vaches  ou  génisses,  on  a  2.874  jeunes  ;  or,  sur  ce  nombre 
de  vaches,  1.000  génisses  environ  n'ont  pas  donné  de  jeunes. 
Il  reste  donc  5.000  à  6.000  vaches,  donnant  2.874  jeunes.  Les 
vaches  de  plus  de  2  ans  donnent  un  pourcentage  de  naissance 


A    MADAGASCAR  47 

égal  à  80  p.  100  ;  on  a  donc  à  peu  près  30  p.  100  de  décès  chez 
les  jeunes,  avant  l'âge  d'un  an. 

Ces  décès  sont  occasionnés,  en  saison  des  pluies,  par  des  sep- 
ticémies d'origine  ombilicale.  En  saison  sèche,  les  décès 
s'observent  sur  les  jeunes  nés  de  mai  à  novembre. 

Ces  naissances,  à  pareille  époque,  sont,  en  effet,  une  calamité 
pour  l'élevage  malgache.  On  a  alors  des  veaux  squelettes, 
envahis  par  les  parasites  et  les  gales. 

Le  même  tableau  montre  également  le  nombre  exagéré  de 
taurillons  et  taureaux  comparé  au  nombre  des  vaches  : 
30  p.  100  environ.  Mais  le  nombre  de  taureaux  de  5  et  6  ans  est 
dérisoire.  Si  l'on  songe  que  le  recensement  a  été  t'ait  avant 
l'époque  de  la  castration,  on  voit  qu'au  moment  de  la  saillie, 
c'est-à-dire  en  décembre-janvier,  les  taureaux  de  5  à  6  ans 
seront  castrés  ;  de  même  à  peu  près  tous  ceux  de  4  et  de  3  ans 
(taureaux  de  3  ans,  10  p.  100  ;  taureaux  de  4  ans,  4  p.  100), 
Il  ne  restera  donc  que  les  taureaux  de  2  ans  et  un  nombre  déri- 
soire de  taureaux  de  3  et  4  ans. 

Les  taureaux  qui  restent  ne  sont  pas  habituellement  les  plus 
beaux.  L'élevage  malgache  souffre  donc  du  manque  de  tau- 
reaux adultes,  du  manque  de  sélection  des  reproducteur-. 
enfin  des  désordres  énormes  que  cause  la  saison  sèche  sur  les 
jeunes.  Des  concours  de  taureaux  ayant  atteint  ou  dépassé 
5  ans  seraient  plus  utiles  que  les  concours  d'animaux  gras 
qu'on  organise  partout.  Le  Malgache  se  procure  de  beaux  cou- 
pés en  coupant  de  beaux  taureaux,  ce  qui  constitue  une 
véritable  aberration.  Au  contraire,  celui  qui  a  de  beaux  tau- 
reaux pourra  sûrement  avoir  plus  tard  de  beaux  coupés 
Toutes  les  exhortations,  tous  les  discours  ne  changeront  en  rien 
cet  état  de  choses.  11  faut  partir,  dès  le  début,  avec  de  bonn< 
bases,  ({n'admettront  toujours  difficilenuMil  les  éleveurs  indi- 
gènes. Les  indigènes  pourront-ils  améliorer  leurs  troupeaux 
dans  mi  délai  prochain  ?  11  ne  faut  pas  y  penser,  notre  action 
sur  eux  et  a  ni  l»'nt<>  et  ne  pouvant  être  efficace  que  si  nous 
prêchons  par  l'exemple.  S'ils  onl  l'attrail  du  bénéfice,  qu'ils 
désirenl .  cerl  es,  le  plus  grand  possible,  3s  n'ont  pas  à  courir  le 
risque  de  perdre  leur  capital,  car  le  capital  <':  pai  eux  est 


48  l'éleva.ge 

très  peu  élevé.  Leurs  pertes  sont  plutôt  un  manque  à  gagner. 
Déjà,  dans  certaines  régions,  où  la  culture  est  plus  déve- 
loppée, l'élevage  intensif  par  l'indigène  a  pris  une  certaine 
importance^  Les  animaux,  généralement  en  petit  nombre, 
sont  élevés  dans  des  fosses  où  ils  restent  jusqu'à  ce  qu'ils  aient 
atteint  un  embonpoint  suffisant  pour  la  vente.  Ils  sont  nourris 
avec  les  produits  ou  sous-produits  des  cultures  des  indigènes 
(feuilles  et  tubercules  de  manioc,  de  patate,  feuillage  de  hari- 
cots, etc.). 

Les  procédés  de  Vélevage  européen.  —  Notre  action  sur 
l'élevage  indigène  ne  peut  être  qu'à  échéance  lointaine;  on 
obtiendra  un  changement  plus  sûr  et  plus  rapide  avec  l'inter- 
vention des  Européens.  Seuls,  ceux-ci  peuvent  pratiquer  le 
nombre  d'expériences  et  d'essais  infructueux  nécessaires  pour 
bien  connaître  et  bien  définir  les  méthodes  de  l'élevage  exten- 
sif,  car  c'est  bien  de  l'élevage  extensif  qu'il  s'agit  ;  c'est  le  seul 
procédé  qui  permettra  d'utiliser  les  immenses  espaces,  relati- 
vement pauvres  et  d'accès  difficile,  qui  couvrent  les  huit  dixiè- 
mes de  l'île  de  Madagascar. 

Qu'entend-on  par  élevage  extensif  ou  élevage  en  liberté  ? 

C'est  l'élevage  d'un  animal  qu'on  maintient  le  plus  possible 
dans  son  milieu  naturel,  dans  son  habitat  ;  il  se  développe 
naturellement  aux  points  où  la  race  considérée  est  susceptible 
de  prospérer  le  mieux  dans,  les  conditions  de  vie  en  liberté.  Ces 
points  sont  les  régions  à  prairies  naturelles.  La  difficulté, 
pour  nous  autres  Européens,  qui  n'avons  pas  l'esprit  d'observa- 
tion aussi  développé  que  l'indigène  éleveur,  Sakalave  ou  Tsimi- 
hety,  ou  du  moins  qui  n'avons  pu  l'exercer  dans  le  temps  comme 
eux,  est  de  choisir  convenablement  ce  milieu,  de  bien  délimiter 
les  points  qui  y  répondent. 

Cet  élevage  en  liberté  est  celui  de  tous  les  pays  à  faible  den- 
sité de  population,  où  la  valeur  du  terrain  et  celle  des  autres 
produits  animaux,  lait,  travail,  sont  peu  élevées.  Il  est  carac- 
térisé par  une  main-d'œuvre  très  réduite.  C'est  l'exploitation 
d'une  richesse  naturelle,  la  prairie,  de  valeur  variable,  par  une 
machine  susceptible  de  l'utiliser  plus  ou  moins  bien  (bœuf, 


A    MAGAGASCAR  49 

mouton),  au  moyen  de  dépenses  (main-d'œuvre,  frais  généraux) 
extrêmement  réduites  par  rapport  au  produit  brut.  Le  pro- 
duit net  doit  donc  être  très  élevé  par  rapport  à  la  dépense, 
mais  seulement  si  l'on  a  pu  choisir  convenablement  les  facteurs 
de  l'entreprise,  c'est-à-dire  la  prairie  et  le  bétail.  Or  le  choix 
du  bétail  est  presque  toujours  l'animal  autochtone  ;  c'est,  en 
somme,  du  choix  de  la  prairie  que  dépend  le  résultat  de  l'af- 
faire. Mais  encore  faut-il  réduire  la  dépense  de  main-d'œuvre; 
*?est  une  seconde  difficulté  pour  nous  Européens,  qui  avons  à 
lutter  avec  l'indigène. 

En  résumé,  la  question  de  l'élevage  extensif  se  ramène  à  : 

1°  Choix  du  pâturage  ; 

2°  Possibilité  d'opérer  avec  une  main-d'œuvre  réduite  (1). 

Cet  élevage  extensif  se  trouve  donc  nettement  différencié  des 
spéculations  intéressant  le  bétail  que  peuvent  entreprendre  les 
agriculteurs.  Pour  ceux-ci,  les  races  élevées  en  liberté  et  four- 
nissant des  animaux  de  boucherie  peuvent  donner  des  animaux 
ne  leur  convenant  pas  pour  le  travail,  par-suite  de  leur  confor- 
mation (cas  du  zébu).  L'agriculteur  peut  ainsi  avoir  avantage 
à  élever  un  type  d'animal  qui  répondra  à  ses  exigences  bien  qu'il 
doive  lui  revenir  plus  cher  qu'un  animal  élevé  en  liberté. 

Un  autre  facteur  qui  intéresse  au  plus  haut  point  l'agricul- 


1 1 1  Actuellement,  nos  études  sur  l'alimentation  et  les  rations  peuvent 
à  peine  intéresser  une  telle  spéculation.  La  création  de  pâturages  art  i- 
fîcîels  ne  peut,  en  effet,  que  difficilement  être  une  opération  économique. 
Si  on  appelle^  =  produit  brut.        \ 

b  =  bénéfice.  (  pour  une  surface  S 

/  ==  frais  généraux.    \      On  a  b  =  p  —  (/  -f-  m). 
—         m  =3  main-d'œuvre.    / 
Par  la  création  de  ces  prairies,  on  augmente  considérablement  /  et 

/n.  On  doit  augmenter  p.  I  >r,  il  faudrait  qm-  le  i veau  bénéfice  b'  soit 

plus  grand  que  b  puisque  le  capital  engagé  devient  plus  grand.  Dans 
ïé  premier  cas,  et,  dans  les  coaditions  actuelles  à  Madagascar,  on  i>»ut 
toujours  rendre  p  —  p'. 

Il  suffit  d'avoir  S  suffisamment  grand,  tandis  que  ce  n'est  pas  toujours 
possible  d'agrandir  s  indéfiniment  dans  I         de  prairies  artificielles. 

irl»'  que,  même  si  la  créât  ion  de  prairies  artificielles  était  rémuné- 

ratri I  possible,  elle  ne  présenterait  au.  un  avantage  dans  un  début 

d'une  affaire  d'élevage  tant  que  la  densité  du  bétail  a'est  pas  devenue 
trop  forte  par  rapport  à  la  surface  dont  dispose  l'affair( 


50  L  ÉLEVAGE 

teur  est  le  fumier.  Pendant  longtemps,  on  considérait  le  bétaiL 
dans  les  exploitations  agricoles  d'Europe,  comme  un  «  mal 
nécessaire  »  pour  la  production  du  fumier  ;  on  ne  le  considérait 
pas  par  lui-même  comme  une  source  de  bénéfices  pour  l'exploi- 
tation. Les  prix  peu  élevés  des  produits  (lait,  viande)  et  aussi 
la  méconnaissance  des  méthodes  rationnelles  d'exploitation 
du  bétail  faisaient  que  le  compte  bétail  se  traduisait  par  une 
perte  que  la  valeur  du  fumier  balançait. 

Aujourd'hui  il  n'en  est  plus  de  même,  et  toute  exploitation 
du  bétail,  choisie  et  pratiquée  rationnellement,  en  dehors  du 
fumier  qu'elle  procure,  est  une  source  de  bénéfices. 

A  Madagascar,  nous  avons  tout  à  apprendre  et  tout  à  faire 
au  point  de  vue  bétail  ;  il  est  des  exploitations  sur  lesquelles  le 
bétail  est  considéré  comme  le  «  mal  nécessaire  »  pour  la  pro- 
duction des  fumiers  qui  est  le  plus  souvent  très  négligée. 
Dans  d'autres,  le  bétail  est  un  auxiliaire  précieux  quand  on 
l'utilise  pour  la  traction;  c'est  le  cas  des  propriétés  à  culture 
mécanique,  à  charrois,  etc.  (Mangoro,  Sambirano).  Sur  ces  pro- 
priétés, le  bétail  de  trait  nécessaire  représente  une  telle  valeur 
qu'il  est  susceptible  de  payer  des  cultures  spéciales  fait  es  pour 
son  alimentation  ;  souvent  il  utilise  les  déchets  de  la  culture 
ou  des  industries  agricoles  qu'elle  alimente,  susceptibles  d'assu- 
rer une  partie  de  l'alimentation  du  bétail  et  qui  n'auraient 
aucune  valeur  dans  ce  cas.  Mais  ces  opérations  sont  du  do- 
maine de  la  culture  intensive,  à  produit  brut  élevé  à  l'hectare. 
Cette  longue  digression  a  pour  but  de  montrer  que  les  deux 
systèmes  d'élevage,  élevage  extensif  pastoral  et  élevage  inten- 
sif, et  tous  leurs  stades  intermédiaires,  ont  place  à  Madagascar. 
L'un  et  l'autre  peuvent  être  la  source  de  bénéfices  ;  et  le  choix 
de  l'un  ou  de  l'autre  système  dépend  de  certaines  conditions, 
dont  les  principales  sont  certainement  les  voies  de  commu- 
nication, puis  la  main-d'œuvre.  Mais  ce  ne  sont  pas  deux  sys- 
tèmes différents  entre  lesquels  le  spéculateur  peut  choisirais 
ne  sont  que  les  résultats  de  conditions  de  milieu  bien  déter- 
minées. 

Le  jour  où  les  régions  diverses  de  Madagascar  viendront  à 
être  également  avantagées  par  une  répartition  sensiblement 


A    MADAGASCAR  51 

égale  des  voies  de  communication,  le  facteur  dominant,  pour  la 
localisation  de  pays  d'élevage,  serait  celui  de  la  possibilité  de 
prairies  naturelles  fertiles  résultant  du  terrain  et  de  la  situation 
géographique. 

Une  des  premières  conditions  pour  permettre  l'établissement 
d'une  affaire  payante  est  de  posséder  de  vastes  superficies  :  nous 
entendons  pour  faire  de  l'élevage  et  non  de  l'engraissement. 

Une  affaire  de  5.000  têtes  de  bétail  nécessite  un  capital  de 
200.000  francs,  soit  100.000  francs  pour  l'achat  des  vaches  et 
100.000  francs  pour  la  constitution  du  pâturage  et  les  frais 
nécessités  par  les  cinq  premières  années.  Une  superficie  de 
12.000  hectares  de  prairies  sera  indispensable. 

La  superficie  étant  déterminée  suivant  la  valeur  du  pâturage, 
on  peut  en  déduire  le  nombre  de  têtes  de  vaches  qu'on  peut 
acquérir.  Ce  nombre  constituera  un  nombre  de  têtes  inférieur 
à  celui  que  le  pâturage  peut  supporter,  puisque  celui-ci  es1 
prévu  pour  l'entretien  des  vaches  et  du  produit  des  vaches. 

Dans  les  premières  années,  l'entreprise  pourra  donc  utiliser 
ses  herbages  pour  l'engraissement  avec  des  bêtes  plus  ou  moins 
jeunes,  achetées  aux  propriétaires  indigènes. 

Le  domaine  étant  peuplé,  les  constructions  à  prévoir  seront 
simples  ;  en  dehors  du  logement  du  chef  du  domaine,  ce  seront 
les  habitations  pour  le  personnel  indigène,  un  bain  pour  la 
destruction  des  tiques,  des  abreuvoirs. 

L'étude  de  la  conduite  du  troupeau  pourrait  donner  lieu  à  de 
longues  dissertations.  Nous  la  résumerons  ainsi:  parcage  inutil < 
isolement  des  vaches  après  la  part  urit  ion;  division  en  troupeau 
ne  comprenant  que  des  bêtes  sensiblement  du  même  agi 
sélection  des  reproducteurs  par  la  castration  des  mâles;  main- 
tien, dans  les  troupeaux  de  vaches,  d'un  nombre  de  taureaux 
déterminé  (un  taureau  pour  50  vaches  environ)  :  et,  si  possible, 
éviter  les  naissances  pendant  les  mois  de  lin  de  saison  sèche, 
août-novembre. 

L'amélioration  du  troupeau  peut  résulter  de  la  sélection  et 
du  croisement. 

L'importation  «l'un  sang  nouveau  doil  être-prévue  comme 
une  opération  coûteuse  e1  délicate.  Le  mieux  serait  de  pn 


52  L  ÉLEVAGE 

voir  la  préparation  de  bêtes  de  demi-sang  dans  un  domaine 
à  part,  où  les  taureaux  importés  seraient  tenus  en  stabulation 
avec  une  nourriture  appropriée.  Les  produits  demi-sang  seraient 
seuls  livrés  aux  troupeaux  en  liberté.  Mais  ce  sont  des  questions 
sur  lesquelles  il  sera  utile  de  revenir. 

Une  bonne  conduite  du  troupeau  et  l'infusion  d'un  sang 
nouveau  doivent  avoir  pour  premier  résultat  d'accroître 
la  précocité.  Ce  caractère  ne  pourra  être  maintenu  et  fixé 
qu'autant  que  nous  arriverons  à  supprimer  la  période  d,'arrêt 
de  croissance  due  à  une  alimentation  insuffisante  du  15  juin 
au  15  octobre.  Nous  y  arriverons  par  l'amélioration  des  pâtu- 
rages et  la  constitution  de  réserves  de  saison  sèche.    , 

L'amélioration  des  pâturages  est  toute  dans  unmot,lafau- 
chaison.  Fauchaison  effectuée,  par  qui  ?  Par  l'a  dent  des  ani- 
maux. 

Actuellement,  les  pâturages  sont  brûlés  ;  et  si  nous  revenons 
sur  cette  question  des  feux  de  brousse,  c'est  parce  qu'elle  n'est 
pas  encore  comprise  par  tout  le  monde  et  que  nous-même,  à 
force  d'en  parler,  nous  arriverons  peut-être  à  l'exposer  plus 
clairement. 

Les  feux  de  brousse  sont  actuellement  nécessaires.  Il  est 
certain  que,  pour  les  9/10  de  nos  pâturages,  s'ils  n'étaient 
brûlés,  l'herbe  ne  repousserait  plus  ;  ou  tout  au  moins  la  coupe 
parla  dent  des  animaux  serait  impossible,  à  cause  des  chaumes 
trop  durs  et  inalibiles.  D'autre  part,  les  feux  peuvent  dé- 
truire un  certain  nombre  d'insectes  et,  notamment  de  tiques 
qui  se  placent  à  une  certaine  époque  de  l'année  (juillet-août) 
sur  le  sommet  des  herbes,  dans  l'attente  du  mammifère 
(hommes,  chiens,  bœufs)  sur  lequel  ils  pourront  s'accrocher. 

Mais  tant  que  les  pâturages  seront  brûlés,  leur  composition 
botanique  ne  pourra  s'améliorer.  Les  Légumineuses,  notam- 
ment, qu'on  trouve  dans  la  brousse  épineuse  rabougrie,  ne 
peuvent  se  multiplier,  car  leur  appareil  végétatif  ne  peut, 
comme  celui  de  certaines  Graminées,  s'adapter  au  régime  des 
feux.  Les  chiendents  eux-mêmes  disparaissent  devant  les  feux. 

La  fauchaison,  en  empêchant  la  formation  des  chaumes, 
permet  donc  la  repousse  des  herbes  et  le  pâturage  ;  elle  donne 


\ 


A    MADAGASCAR  .  53 

les  mêmes  résultats  que  les  feux  et  permet  la  multiplication  et 
dissémination  d'autres  espèces,  l'amélioration  de  nos  pâturages. 

Evidemment  on  ne  peut  songer  à  la  fauchaison  par  des 
moyens  mécaniques  sur  des  immenses  pâturages;  on  la  fait 
effectuer  par  la  dent  des  animaux,  en  divisant  le  pâturage  en 
parcelles,  dans  lesquelles  on  fait  passer  successivement  les 
troupeaux,  au  fur  et  à  mesure  que  l'herbe  est  coupée  au  ras 
du  sol.  D'où  la  nécessité  de  diviser  le  pâturage  en  champs 
limités  par  des  barrières.  C'est  là  tout  le  système  des  éleveurs 
de,  l'Afrique  du  Sud  et  de  l'Australie.  Ce  sera  celui  des  éleveurs 
malgaches. 

Ce  système  a  pour  avantage  de  permettre  la  transformation 
en  viande  de  tout  le  fourrage  qui  pousse  sur  nos  prairies,  au 
lieu  de  laisser  cette  matière  végétale  se  perdre  en  fumée.  A  la 
pâture  méthodique  doivent  s'ajouter,  sur  une  petite  échelle, 
dans  les  débuts  de  l'opération,  la  fauchaison  par  la  main  de 
l'homme  et  la  constitution  par  ensilage  d'une  réserve  de  ma- 
tière alimentaire  ;  l'opération  est  simple  et  économique 

La  destruction  systématique  des  tiques  par  les  bains,  telle 
que   nous   l'avons   décrite   ailleurs   {Bulletin   Economique  cU 
Madagascar,  2e  semestre  1912),  est  une  opération  qui  s'impose. 
On  compte  en  Afrique  du  Sud,  dans  les  grands  troupeaux, 
0  ir.  05  par  tête  et  par  bain. 

Toutes  les  opérations  qui  font  le  travail  et  la  vie  de  l'éle- 
veur mériteraient  de  plus  amples  développements  qui  n'entrent 
pas  dans  le  cadre  de  cette  étude,  mais  nous  avons  tenu  à  I 
résumer  pour  montrer  qu'elles  constituent  un  ensemble  de  tra- 
vaux nécessitant  une  grande  habitude  du  t  mupeau,  beaucoup 
d'observation  et   de  raisonnement.    Peut-on    les    demandei 

»res  et  déjà  à  l'éleveur  indigène  ?  Certainement  non. 

III.  — Des  encouragements  a  donner   \  l'Elevagi 

Il  tant  donc  chercher  à  utiliser  le  mieux  ]><>ssiM.'  ««'tir  ri- 
chesse que  constitua  actuellemen.1  le  troupeau  malgache;  il 
faut  intensifier  la  production  ded  indigènes,  créer  la  production 


54  L  ELEVAGE 

par  l'Européen.  Nous  pouvons  par  suite  classer  en  trois  sortes 
les  mesures  qu'il  conviendrait  de  prendre  pour  la  meilleure 
utilisation  du  cheptel  malgache. 

1°  Utilisation  du  bétail  existant.  —  Actuellement,  le  bétail 
est  acheté  un  peu  partout  sur  les  Hauts-Plateaux,  soit  par 
les  commissionnaires  des  usines,  soit  par  des  intermédiaires 
qui  l'amènent  aux  usiniers.  Qu'importe-t-il  dans  ces  trans- 
actions pour  que  le  but  que  nous  cherchons  actuellement  soit 
atteint  ? 

D'une  part  que  le  producteur  indigène  reçoive  une  juste  rétri- 
bution de  la  marchandise  qu'il  cède  ;  d'autre  part,  que  le  bétail, 
acheté  par  ou  pour  l'usine,  effectue  le  trajet  du  lieu  d'achat 
(généralement  les  Hauts-Plateaux)  au  lieu  d'utilisation  (les 
usines  de  la  côte)  dans  les  meilleures  conditions  possibles, 
c'est-à-dire  en  évitant  les  pertes  et  la  diminution  de  poids  pour 
les  animaux  vivants  ;  enfin  que  l'usinier  reçoive  le  plus  grand 
nombre  de  bêtes  et  le  plus  régulièrement  possible. 

Ces  conditions  pourraient  être  réalisées  par  l'action  combinée 
de  l'administration  et  des  industriels,  et  elle  pourraient  se 
résumer  ainsi  : 

Achat  aux  indigènes  producteurs  (soit  par  l'Administration, 
soit  par  des  commissionnaires)  et  concentration  des  bêtes 
achetées  dans  des  pâturages  d'élevage  spécialement  choisis. 
Dans  ces  pâturages  aménagés  à  cet  effet,  les  troupeaux  atten- 
dront l'époque  où  les  transports  peuvent  s'effectuer  dans  des 
conditions  convenables.  On  sait,  en  effet,  que  le  voyage  par 
terre,  pour  des  bêtes  en  état,  ne  peut  être  effectué  que  du  mois 
de  mars  à  juin,  par  suite  de  l'état  des  rivières  en  saison  des  pluies 
et  des  pâturages  en  saison  sèche. 

Les  bêtes  seront,  pour  une  part,  envoyées  directement  à 
l'usine  ;  les  autres  séjourneront  dans  des  domaines  côtiers  et 
y  attendront  l'époque  où  les  usines  pourront  les  sacrifier.  Ces 
domaines  côtiers  seront  choisis  aussi  près  que  possible  des 
usines,  mais  en  tenant  compte  toutefois  qu'il  est  toujours  pos- 
sible, en  quelques  heures,  d'amener  un  chargement  de  boeufs, 
d'un  point  quelconque  de  la  côte  à  l'un  des  deux  ports  (Ma- 


A    MADAGASCAR  55 

junga  ou  Diego)  où  se  trouvent  les  plus  importants  centres 
de  consommation. 

Ces  domaines  seront  choisis  surtout  dans  certaines  vallées 
de  la  côte  Ouest  inondées  en  saison  des  pluies,  et  qui  se  couvrent 
d'un  herbage  abondant  aussitôt  que  les  eaux  se  retirent.  Ces 
pâturages  restent  verts  pendant  toute  la  saison  sèche,  surtout 
s'ils  sont  broutés. 

L'entretien  du  troupeau  dans  ces  domaines,  le  transport  des 
animaux  par  certaines  voies,  spécialement  aménagées  en  ré- 
serves de  fourrage  principalement,  incomberont  à  l'adminis- 
tration. Celle-ci  rendra  ainsi  un  très  important  service  aux 
industriels,  puisque  ceux-ci  trouveront  désormais  à  leur  portée 
le  moyen  d'alimenter  régulièrement  leurs  usines. 

Ce  projet  n'est  indiqué  que  dans  ses  grandes  lignes  ;  il  pourra 
être  modifié  par  tout  ce  que  pourra  suggérer  sa  mise  en  pra- 
tique. 

2°  Encouragement  à  V élevage  indigène.  — Le  meilleur  encou- 
ragement, le  plus  sûr,  le  plus  efficace,  sera  donné  par  l'augmen- 
tation du  prix  d'achat  du  bétail,  par  la  sécurité  dans  les  trans- 
actions, qui  sont  naturellement  faussées  par  les  trop  nombreux 
intermédiaires  qui  se  sont  introduits  dans  ce  commerce,  et 
enfin  par  la  suppression  des  pertes  et  dépréciation  du  bétail 
résultant  des  transports. 

Toutes  les  mesures  qui  tendront  à  donner  à  l'indigène  de 
meilleures  habitudes,  relativement  aux  soins  à  donner  au  bétail, 
à  l'amélioration  de  la  race  par  la  sélection  des  animaux,  la 
castration  des  jeunes,  seront  du  meilleur  effet. 

Ces  mesures  seront  l'œuvre  des  vétérinaires,  chefs  de  cir- 
conscription, au  cours  des  tournées  de  démonstration  et  de 
vulgarisation  qu'ils  entreprennent  dans  les  régions  d'élevage. 

3°  Encouragement  à  V élevage  européen.  — La  conclusion  des 
observations  précédentes  tend  à  montrer  que  les  affaires  d'éle- 
vage sont,  par  suite  du  bas  prix  du  bétail,  des  affaires  peu 
Lucratives  pour  les   Européens.  Cependant   les  colons  Beula 

pourront  assurer  aux  usiniers  une  production  constant e,  en 


56  L'ÉLEVAGE    A    MADAGASCAR 

quantité  et  en  qualité,  dans  l'avenir.  Il  faut  donc  faciliter 
l'installation  et  l'organisation  des  affaires  d'élevage  en  mettant 
à  la  disposition  des  Européens  les  terres  nécessaires. 

Les  méthodes  pratiquées  par  ces  affaires  devront  s'inspirer 
de  ce  qui  a  été  fait  dans  les  pays  similaires,  mais  également 
des  coutumes  du  pays,  de  la  mentalité  des  habitants.  A  ce' 
point  de  vue,  la  collaboration  dé  l'Administration  leur  sera 
nécessaire. 


L'Elevage  et  le  Commerce  des  Viandes 
dans  nos    Colonies   et   quelques  autres   Pays 


Quelque  hésitation  que  nous  éprouvions  encore  en  France 
pour  la  consommation  des  viandes  frigorifiées,  il  est  indu- 
bitable que,  dans  les  années  qui  suivront  la  conclusion  de  la 
paix,  et  pendant  une  période  plus  ou  moins  longue,  le  com- 
merce de  ces  viandes,  que  toutes  les  tentatives  d'avant-guerre 
n'avaient  pu  réussir  à  nous  faire  accepter,  sera  une  nécessité. 
La  démonstration  en  a  été  nettement  faite  dès  juin  1915  dans 
le  rapport  que  M.  Maurice  Quentin  présentait  à  cette  époque 
(Journal  Officiel  du  5  juin  1915)  au  Ministre  de  l'Agriculture, 
au  nom  de  la  Commission  des  Viandes  frigorifiées. 

Cette  nécessité  résultera  : 

1°  De  la  perte  du  bétail  des  régions  envahies,  perte  qui, 
pour  les  seuls  bovins,  est  estimée  à  759.000  têtes  (1)  ; 

2°  De  la  consommation  supplémentaire  de  viande,  résul- 
tant des  besoins  de  la  guerre,  ce  dépassement  annuel  ayant 
été  estimé  en  1915  par  M.  Quentin  à  170.000  tonnes  (550,000 
t<Hes)  pour  les  bovins  et  325.000  tonnes  pour  l'ensemble  des 
viandes  ; 

3°  Du  ralentissement  de  l'élevage  ; 


(1)  Ce  chiffre  est  celui  donné  par  M.  L.  Dumont  (La  reconstitution 
<Ju  cheptel  des  régions  envahies,  dans  la  Vie  agricole  du  17  février  i"i~ 
Sur  759.140  têtes,  on  admet  3.500  taureaux  flamand,  LOO0  holland 
3.000    rnontlx'liards    et    5.<'.«xi    ardennais,    so.ooo    vaches    flamand 
40.000   hollandaises,   50.000    montbétiardes    el    j7<umhi    ardennab 
40.000  élèves  <■!  veaui  flamands,  25.000  hollandais,  30.000  montbéliaras 
et  160.000  ardennais. 


58  l'élevage  et  le  commerce  des  viandes 

4°  Des  habitudes  nouvelles  d'alimentation  acquises  par 
une  partie  de  la  population  qui  jadis  consommait  peu  de 
viande. 

Avant  la  guerre,  on  abattait  annuellement  en  France  —  en 
plus  d'une  exportation  de  100.000  têtes  —  1.900.000  bovins, 
soit  700.000  bœufs  d'un  poids  net  moyen  de  350  kilogrammes, 
100.000  taureaux  d'une  moyenne  de  400  kilogrammes  et 
1.100.000  vaches  de  275  kilogrammes.  Ce  chiffre  approximatif 
de  590.000  tonnes  sera  certainement  dépassé  à  l'avenir,  et 
lorsque  précisément  notre  cheptel  aura  considérablement 
diminué. 

Notre  troupeau  bovin,  qui  était  de  14.807.383  animaux 
en  1913,  était  tombé  à  12.723.946  au  1«  juillet  1916  (1). 

Notre  troupeau  ovin,  qui  était  de  16.131.340  têtes  en  1913, 
n'était  plus  que  de  12.079.211  à  cette  même  date  de  1916  (2). 

Plus  forte  encore  est  la  diminution  en  porcins,  dont  nous 
possédions  7.035.850  têtes  en  1913  et  4.448.366  seulement  en 
juillet  1916. 

La  diminution  ne  suivra  pas  heureusement,  dans  l'avenir, 
même  pendant  la  durée  de  la  guerre,  une  marche  descendante 
progressive.  Après  le  désarroi  des  premiers  temps,  l'élevage 
reprend  peu  à  peu,  et  déjà,  pour  l'espèce  bovine,  le  chiffre 
de  12.723.946  de  1916  est  supérieur  à  celui  de  12.286.849  de 
juillet  1915. 

Un  temps  assez  long  sera  cependant  nécessaire  (3)  avant 
que  nous  remontions  aux  chiffres  de  1913  —  d'autant  plus 
qu'il  nous  faudra  aider  à  la  reconstitution  des  troupeaux  belges 


(1)  Ces  chiffres  sont  donnés  par  M.  Massé,  dans  «  Le  Troupeau  français 
après  deux  années  de  guerre  »,  C.  R.  des  Séances  de  l'Académie  d'Agri- 
culture de  France,  19  juillet  1916. 

(2)  Il  y  a,  au  reste,  longtemps  que  notre  troupeau  ovin  français  n'est 
plus  ce  qu'il  a  été  autrefois,  puisqu'il  était  de  plus  de  33  millions  de  têtes 
en  1852.  Le  troupeau  bovin,  au  contraire,  qui  était  de  9.160.632  têtes 
en  1830,  et  de  12.811.589  en  1862,  s'est  toujours  accru,  abstraction  faite 
de  la  pénurie  de  1870  à  1882. 

(3)  M.  Hitier,  dans  les  Annales  de  Géographie  du  15  mars  1916,  rappelle 
qu'il  nous  fallut  dix  ans,  après  1870,  pour  reconstituer  notre  troupeau 
bovin;  et  en  1882  l'effectif  obtenu  (12.997.054  têtes)  n'était  guère 
supérieur  à  celui  de  1862. 


DANS    NOS    COLONIES    ET    QUELQUES    AUTRES    PAYS         59 

—  et  nous  répétons  que,  d'autre  part,  les  besoins  de  l'alimen- 
tation seront  plus  élevés  qu'autrefois. 

C'est  dans  ces  conditions  que,  bon  gré,  mal  gré,  il  nous  fau- 
dra bien  recourir,  au  moins  momentanément,  à  ces  viandes 
réfrigérées  ou  congelées  (1)  qui  sont,  de  longue  date  déjà, 
si  largement  consommées  en  Grande-Bretagne. 

Nos  voisins  et  alliés  recevaient,  par  exemple,  en  1914: 

Bœuf  congelé 200 .  875  tonnes 

Bœuf  réfrigéré 241.090    — 

Moutons  et  agneaux  congelés 252.500    — 

et,  en  outre  pour  : 

Porc  fumé 18 .  225 .  560  liv.  st. 

Jambon 3 .  063 .  078  — 

Porc  frais 2.307.108  — 

Porc  salé 302 .  477  — 

Porc  congelé 53 .  614  — 

Mouton  frais 396 .  240  — 

Lapins  gelés  dans  leurs  peaux  (2)  ... .  663.783  — 

Nous  n'aurons  jamais  les  mêmes  raisons  que  la  Grande- 
Bretagne  pour  faire,  et  surtout  de  façon  régulière  et  perma- 
nente, d'aussi  forts  emprunts  aux  cheptels  extérieurs  ;  mais, 
puisque  néanmoins  nous  devrons,  au  moins  pendant  quelque 
temps,  mettre  ces  cheptels  à  contribution,  dans  la  mesure  où 
ces  apports  du  dehors  ne  porteront  point  préjudice  à  nos  éle- 
veurs et  n'auront  d'autre  effet  que  d'assurer  un  approvision- 
nement indispensable  et  de  régulariser  les  prix  du  marché, 
voyons  quelles  sont  les  ressources  que  peuvent  et  pourront 
nous  offrir,  en  premier  lieu  nos  colonies,  en  second  lieu 
quelques  pays  étrangers. 

Comme  pour  notre  étude  précédente  sur  la  Culture  du 
cotonnier  (3),  nous  n'avons  pas  d'ailleurs  L'intention  d'entre- 


il)  M.  Quentin  admet  qu'un  minimum  annurl  de  150.000  tonnes  de 
viandes  sera  nércssaiiv. 

2)  Sur  ces  663.783  livres  sterling,  il  esl  venu  539.064  livres  de  V Aus- 
tralie et  124.892  de  Nouvelle-Zélande. 

(3)  II.  Jumelle  :  Quelques  données  sur  l'étal  actuel  «l»-  la  Culture  du 
Cotonnier  ».  Annales  du  Musée  Colonial  de  Marseille,  1917,  2e  fascicule. 


60  l'élevage  et  le  commerce  des  viandes 

prendre  une  histoire  complète  de  l'élevage  et  du  commerce  des 
viandes  dans  les  pays  producteurs,  mais  seulement  de  réunir 
quelques  renseignements  sur  un  certain  nombre  de  ces  pays, 
d'après  des  données  récentes  (2).  Et  tout  d'abord  quelques  gé- 
néralités sur  la  répartition  du  bétail  dans  le  monde  et  sur  la 
consommation  et  le  commerce  des  viandes  ne  seront  peut-être 
pas  sans  intérêt. 

LE  TROUPEAU  MONDIAL 

Consommation  et  Commerce  des  Viandes 

Dans  les  années  qui  ont  précédé  la  guerre,  les  pays  où  le 
bétail  est  soumis  au  recensement  possédaient  au  total,  à  peu 
près  : 

Bovins. 435  millions 

Ovins 615        — 

Porcins 165        — 

Sur  les  435  millions  de  bovins,  on  comptait,  à  peu  près  : 

En  Europe 130  millions 

Dans  les  possessions  britanniques 124        — 

Aux  Etats-Unis 64        — 

En  Angleterre . 31        — 

Au  Brésil : . . .  31        — 

Dans  les  possessions  françaises 16        — 

Sur  les  130  millions  d'Europe  il  y  avait  : 

En  Russie  d'Europe 37  millions 

En  Allemagne 20  — 

En  Autriche- Hongrie 15  — 

En  France 15  — 

En  Grande-Bretagne 7  — 

En  Irlande 5  — 


(2)  Quoique  cette  étude  se  rapporte  essentiellement  au  commerce  des 
viandes,  nous  donnerons  à  l'occasion,  à  propos  du  bétail  ovin,  quelques 
indications  sur  le  commerce  des  laines. 


DANS    NOS    COLONIES    ET    QUELQUES    AUTRES    PAYS  61 

Sur  les  124  millions  des  possessions  britanniques,  on  admet- 
tait : 

Dans  l'Inde  britannique   84   millions 

En  Australie 11         — 

Au  Canada 6        — 

Dans  l'Union  Sud-Africaine 5        — 

En'Nouvelle-Zélande 2        — 

Sur  les  615  millions  d'ovins,  il  y  avait  : 

En  Europe 193   millions 

Dans  les  possessions  britanniques 189         — 

En  Argentine 81         — 

Aux  Etats-Unis 53        — 

En  Uruguay 35        — 

Dans  les  possessions  françaises 14        — 

Sur  les  193  millions  d'Europe,  les  recensements  indiquaient  : 

En  Russie  d'Europe 43  millions  (1) 

Turquie 27        — 

En  Grande-Bretagne 24 

En  Autriche-Hongrie 10        — 

En  Irlande 3 

En  France 16 

En  Espagne 16        — 

En  Italie 14 

En  Bulgarie 8 

En  Allemagne 6 

Sur  les  189  millions  des  possessions  britanniques,  il  y  avait  : 

En  Australie 85   millions 

Dans  l'Union  Sud- Africaine 36        — 

En  Nouvelle-Zélande 24 

Dans  T  Inde  Britannique 23 

En  Afrique  Orientale  Anglaise 6 

Au  Canada 2 

Sur  les  165  millions  du  troupeau  porcin  mondial,  on  relevait  : 

En  Europe 77    millions 

Dans  Les  possessions  britanniques 5 

Aux  Etats-Unis 60        — 

Au  Brésil 18 

Dans  les  possessions  françaises ï        — 

1 1)  Y  compris  Les  caprin-. 


62  l'élevage  et  le  commerce  des  viandes 

Sur  les  77  millions  du  troupeau  d'Europe,  il  y  avait  : 

En  Allemagne 22  millions 

En  Autriche- Hongrie 13  — 

En  Russie  d'Europe 12  — 

En  France 7  — 

En  Espagne 3  — 

En  Italie 3 

En  Grande-Bretagne 2  — 

En  Irlande 1  — 

Sur  les  5  millions  de  porcins  des  possessions  britanniques, 
plus  de  3  millions  et  demi  appartiennent  au  Canada  ;  et  sur 
les  4  millions  des  possessions  françaises,  plus  de  2  millions 
et  demi  appartiennent  à  l'Indochine. 

Le  pays  le  plus  grand  importateur  de  viandes  (1)  est  le 
Royaume-Uni,  qui  tire  de  l'exportation  40  p.  100  de  ses  besoins. 
Au  second  rang,  avant  1914,  se  plaçait  l'Allemagne,  où  la  con- 
sommation totale  de  viande  était  à  peu  près  de  3.400.000  tonnes. 

Le  troisième  rang  est  occupé  par  la  Hollande. 

On  estime  enfin  que  la  production  totale  annuelle  de  viande 
abattue,  dans  les  pays  pour  lesquels  des  statistiques  sont  éta- 
blies, est  de  21  à  23  millions  de  tonnes  ;  ce  qui,  pour  500  mil- 
lions d'habitants  qui  font  usage  de  cette  viande,  représente 
une  moyenne  générale  annuelle  de  consommation  de  42  à 
46  kilogrammes  par  habitant. 

En  dehors  de  l'Europe,  cette  moyenne  est  d'ailleurs  dépas- 
sée, en  Australie  (119  kilogrammes),  en  Nouvelle-Zélande 
(96  kilogrammes)  et  aux  Etats-Unis  (70  kilogrammes).  En 
Europe,  elle  l'est  aussi  en  Grande-Bretagne  (58  kilogrammes) 
et  en  Allemagne  (49  kilogrammes)  ;  elle  n'est  pas  atteinte  en 
France,  puisque  la  consommation  moyenne  individuelle  était, 
avant  la  guerre,  de  35  kilogrammes.  Elle  ne  l'est  pas  non  plus 
en  Suisse  (39  kgr.  500),  ni  en  Danemark  (38  kilogrammes). 

Parmi  les  pays  exportateurs,  ceux  qui  produisent  des  quan- 
tités plus  ou  moins  supérieures  à  leurs  besoins  sont  surtout 
l'Argentine,  l'Australie,  le  Canada,  le  Danemark,  le  Mexique. 

(1)  Holmes,  dans  «  United  States  Department  of  Agriculture,  Office 
of  the  Secretary  »  Report  109.  Washington  1916  (d'après  le  Bulletin 
International  d  Agriculture  de  Rome). 


DANS    NOS    COLONIES    ET    QUELQUES    AUTRES    PAYS  63 

la  Nouvelle-Zélande,  les  Etats-Unis  et  l'Uruguay  ;  et,  en  1912, 
sur  les  exportations  des  neuf  principaux  pays  exportateurs, 
exportations  s'élevant  à  1.649.000  tonnes,  et  représentant  7  à 
8  p.  100  de  la  production  mondiale,  226.500  tonnes  étaient  de 
la  viande  de  mouton  ;  le  reste  était  réparti  entre  les  viandes 
de  bœuf  et  de  porc,  à  raison  de  32  p.  100  pour  les  premières 
et  48  p.  100  pour  les  secondes. 

Les  trois  cinquièmes  du  commerce  d'exportation  de  la 
viande  de  bœuf  étaient  dus  en  1912  à  l'Argentine,  et  le  reste 
surtout  à  l'Australasie  et  aux  Etats-Unis. 

Les  trois  quarts  des  exportations  de  viande  de  mouton 
provenaient  de  l'Australasie  et  le  reste  de  l'Argentine. 

Les  trois  quarts  des  exportations  de  viande  de  porc  prove- 
naient des  Etats-Unis,  et  le  reste  surtout  du  Danemark  et  du 
Canada.  Pour  la  Grande-Bretagne  seule,  nous  avons  vu  plus 
haut  quelles  ont  été  en  1914  les  quantités  totales  de  bœufs  et 
de  nïbutons  frigorifiés  importés.  Ajoutons,  pour  indiquer  les 
origines  de  ces  importations,  que  :  sur  2.923.125  quartiers  de 
bœuf  1.236.466  sont  venus  d'Australie,  321.784  de  Nouvelle- 
Zélande,  852.612  d'Argentine,  456.256  de  l'Uruguay  et  du 
Venezuela,  55.307  des  Etats-Unis,  700  de  l'Afrique  du  Sud; 
sur  6.746.801  moutons,  2.088.222  sont  venus  d'Australie, 
2.616.650  de  Nouvelle-Zélande,  1.489.812  d'Argentine,  552.1 17 
d'Uruguay  et  de  Patagonie,  et  il  y  a  eu  aussi  quelques  expor- 
tations du  Chili;  sur  6.042.038  agneaux,  il  a  été  reçu  1.634.608 
d'Australie,  3.564.434  de  Nouvelle-Zélande,  599.044  d'Argen- 
tine, 243.852  d'Uruguay  et  de  Patagonie.  Le  porc  congelé  esl 
principalement  provenu  des  Etats-Unis  et  un  peu  de  Chine. 

NOS  COLONIES  (1) 

Algérie 

Il  y  avait  en  Algérie,  eu  1907.  8.799.000  moutons,  L078.000 
bœufs,   3.959.000  chèvres,   soit   au   total    13.837.000   bête 


(l)  La  rédaction  de  ce  travail  esl  antérieure  au  Congrès  d'Agriculture 
Coloniale  qui  s'est  t  «  - 1  ï  i  j  à  Paria  en  mai  dernier  ;  bous  renvoyons,  pour 


64  l'élevage  et  le  commerce  des  viandes 

auxquelles  il  fallait  ajouter  201.000  dromadaires  et  96.000  porcs, 
les  premiers  entièrement  entre  les  mains  des  indigènes  du  Sud, 
et  les  seconds  exclusivement  élevés  par  les  Européens,  la  pro- 
duction en  étant  d'ailleurs  inférieure  à  la  consommation  (1). 

Le  recensement  de  1910-1911  indique  : 

8.528.610  ovins,  dont  2.802.486  dans  le  département  de 
Constantine,  2.413.104  dans  celui  d'Oran,  1.802.421  dans 
celui  d'Alger  et  1.510.595  dans  les  Territoires  du  Sud. 

1.113.952  bovins,  dont  470.649  dans  le  département  de 
Constantine,  329.892  dans  celui  d'Alger,  293.806  dans  celui 
d'Oran  et  19.605  dans  les  Territoires  du  Sud. 

Enfin,  il  y  avait  en  1913  : 

1.107.593  bovins,  dont  937.845  aux  indigènes  et  170.108 
aux  Européens  ; 

8.810.739  ovins,  dont  8.038.725  aux  indigènes  et  772.014 
aux  Européens,; 

3.847.801  caprins,  dont  3.758.202  aux  indigènes  ; 

184.818  chameaux,  dont  184.578  aux  indigènes  ; 

112.010  porcins,  dont  111.995  aux  Européens. 

Rappelons  quela  population  ovine  est  composéede  trois  races: 

1°  La  race  des  oasis  ou  des  Hauts- Plateaux,  ou  race  arabe, 
qui  n'a  qu'une  faible  valeur  pour  la  boucherie  et  a  une  valeur 
encore  moindre  comme  laine  ; 

2°  La  race  barbarine,  à  grosse  queue,  avec  poches  adipeuses, 
qui  forme  une  grande  partie  du  troupeau  tunisien  et  se  re- 
trouve en  Algérie  jusque  vers  Sétif  (les  métis  barbarins-berbères 
du  département  de  Constantine  étant  les   «  demi-queues  »); 

3°  La  race  berbère  ou  algérienne,  qui  forme  le  fond  des  trou- 
peaux d'exportation  et  qui  peuple  toute  la  région  depuis  Sétif 
jusqu'au  Maroc. 

L'élevage  de  ces  moutons  est  sédentaire  ou  nomade  :  il 
est  sédentaire  dans  le  Tell  ;  il  est  nomade  sur  les  Hauts-Pla- 
teaux et  à  la  lisière  méridionale  du  Tell. 


nos  colonies,  aux  mémoires  publiés  à  cette  occasion,  et  que  nous  n'avons 
pu  utiliser. 

(1)  Roger  Mares  :  L'Elevage  en  Algérie;  son  état  actuel  et  son  avenir. 
Congrès  de  l'Afrique  du  Nord,  Paris,  1909. 


DANS    NOS    COLONIES    ET    QUELQUES    AUTRES    PAYS         65 

La  population  bovine  de  l'Afrique  du  Nord  comprend  deux 
principales  races  :  la  race  de  Guelma  qui  peuple  une  grande 
partie  de  la  Tunisie  et  tout  le  massif  montagneux  de  la  province 
de  Constantine  et  du  département  d'Alger  ; 

La  race  marocaine,  qui  peuple  la  vallée  du  Chéliff  et  tout  le 
département  d'Oran. 

C'est  cette  dernière  race  qu'on  retrouve  dans  les  vallé 
du  Maroc,  d'où  des  exportations  ont  lieu  chaque  année  ver>  ]• 
marchés  frontières  d'Algérie. 

La  race  de  Guelma  est  considérée  comme  une  bonne  ra< 
de  boucherie.  Le  poids  moyen  de  ces  bœufs,  que  M.  Bonnefoy  a 
définis  de  «  véritables  miniatures  de  Durham  »,  est  de  250  kilo- 
grammes et  celui  des  vaches  210,  le  rendement  moyen  étant 
de  50  p.  100.  Très  sobre,  le  bœuf  de  Guelma  est  un  bœuf  de 
montagne  et  de  pays  secs,  malheureusement  sujet  à  la  pjro- 
plasmose.  Le  bœuf  marocain  est  plus  rebelle  à  cette  maladie, 
mais  est  moins  apte  à  l'engraissement. 

La  plus  grande  partie  des  troupeaux  bovin  et  ovin  d'Algérie 
est  entre  les  mains  des  indigènes,  comme  l'indiquent  les  chiffres 
donnés  plus  haut.  Seuls  les  porcins  sont  entièrement  entre  1 
mains  des  Européens,  les  prescriptions  coraniques  en  inter- 
disant l'élevage  aux  indigènes. 

En  1913,  les  exportations  algériennes  étaient  de  :  44.711 
bovins,   1.190.348  ovins,  8.246  porcins,  6  t.   800   de   viande 
fraîche,  118  tonnes  de  viande  salée,  260  tonnes  de  graisse  el 
9.789  tonnes  de  laine  en  masse  (y  compris  les  peaux  ene< 
recouvertes  de  leur  toison). 

Tunisii 

Nous  venons  de  dire,  à  propos  de  l'Algérie,  à  quelles  prin- 
cipales  races  appartiennent    1rs   Imupeaux   OVÛl   •  •!    bovil)   de 

Tunisie.  Ces  troupeaux  Décessitenl  de  sérieuses  améliorations, 
dont,  du  reste,  on  se  préoccupe. 

Les  bovins, qui,  au  30  juillet  L915,  étaient  au  nombre  de 
12* i* *. l r>ii  têt<         ;it  surtoul  élevés  dans  le  V  rd  -•(  le  Centre  de 


66  l'élevage  et  le  commerce  des  viandes 

la  Régence.  La  race  de  Guelma,  la  plus  répandue,  serait  (i) 
une  des  meilleures  variétés  de  la  race  brune  de  l'Atlas,  qu'on 
retrouve  en  certaines  régions  à  l'état  de  pureté.  Une  autre 
sous-race  serait  celle  de  Djerba,  qu'on  trouve  dans  le  Sud. 
Les  races  de  Mateur,  du  Cap  Bon,  etc.,  seraient  des  métisses, 
provenant  du  croisement  de  la  race  de  l'Atlas  avec  des  races 
européennes.  Dans  le  nord  de  la  Tunisie,  on  rencontre  égale- 
ment des  croisements  de  la  sous-race  de  Guelma  avec  des 
races  françaises  ou  suisses,  ainsi  que  des  races  italiennes,  pures 
ou  mélangées. 

Le  troupeau  bovin  tunisien  n'augmente  que  lentement, 
puisqu'il  était  en  1898  de  210.161  animaux. 

-Le  troupeau  ovin  comprenait  1.119.310  têtes  en  juillet  1915. 
Nous  avons  vu  encore,  au  chapitre  de  l'Algérie,  que  la  race 
dominante  est  la  barbarine,  ou  race  syrienne,  à  grosse  queue, 
dont  le  centre  de  dispersion  serait  le  Turkestan,  et  qui  occupe 
toute  l'Asie,  depuis  les  mers  de  Chine  jusqu'à  la  frontière 
russe.  C'est  une  des  plus  anciennes  races  connues. 

La  race  berbère,  ou  algérienne,  n'a  été  tout  d'abord  élevée, 
en  Tunisie,  que  dans  l'Ouest  ;  mais  elle  se  substitue  peu  à  peu 
à  la  barbarine  dans  le  Nord. 

Dans  le  Sud  de  la  Régence,  on  trouve  la  race  du  Soudan,  à 
viande  grossière,  et  dont  la  laine  est  rare  et  remplacée  par  du 
jarre. 

Au  31  juillet  1915,  il  y  avait  449.164  caprins  (race  de  Nubie 
sur  le  littoral,  et  race  naine  d'Afrique  dans  l'Extrême-Sud) 
et  12.255  porcins,  de  plus  en  plus  nombreux  dans  le  Nord, 
là  où  l'élément  européen  s'est  installé  (5.211  seulement  en 
1898). 

Toujours  à  la  même  date,  on  comptait  123.915  chameaux 
(148.339  en  1898),  38.000  chevaux,  30.250  mulets  et  86.240 
ânes. 

En  1912,  la  Tunisie  exportait  26.996  bovins,  dont  11.383 
bœufs,  2.591  taureaux  et  3.583  vaches,  et  88.037  ovins. 


(1)  La  Tunisie;   Agriculture,  Industrie,  Commerce.  Tome  I,  Berger- 
Levrault,  1900. 


dans  nos  colonies  et  quelques  autres  pays       67 

Maroc 

Le  recensement  provisoire  des  animaux,  effectué  au  Maroc 
en  1914  (1),  indiquait  568.525  bovins  et  2.561.989  ovins.  Plus 
récemment.  M.  Chailley  (2)  admet  430.000  bœufs  et  3  millions 
de  moutons.  Dans  la  Statistique  agricole  publiée  par  l'Institut 
International  d'Agriculture  de  Rome,  les  nombres  donnés  pour 
1914-1915  sont  de:  697.166  bovins,  dont  21.719  pour  le  Maroc 
oriental  ;  3.839.684  ovins,  dont  664.483  pour  le  Maroc  orien- 
tal ;  et  15.955  porcins  dans  le  Maroc  occidental. 

L'élevage  est,  on  le  sait,  avec  la  culture  des  céréales,  une  des 
grandes  ressources  d'avenir  de  notre  nouveau  Protectorat  de 
l'Afrique  du  Nord. 

D'après  M.  de  Montalembert  (3),  le  Rarb,  c'est-à-dire  la 
partie  la  plus 'septentrionale,  se  prêterait  tout  spécialement. 
el  surtout  dans  sa  zone  littorale,  à  l'élevage  bovin  (4),  de  même 
que  c'est  une  excellente  région  pour  l'élevage  du  mouton  en 
vue  de  la  laine.  Il  est  à  remarquer  que.  plus  on  descend  vers  le 
Sud,  et  plus  la  qualité  de  cette  laine  diminue,  à  tel  point 
qu'entre  Larache  et  Mogador  la  différence  est  d'au  moins 
20  p.  100.  Pour  la  viande  de  boucherie,  le  mouton  du  Haouz, 
au  contraire,  serait  supérieur  à  celui  du  Rarb. 

Dans  la  Chaouia,  le  Sahel.  qui  est  peu  arrosé,  constitue  en  été 
de  mauvais  pâturages  pour  le  mouton  ;  et  c'est  pourquoi  les 
Arabes,  en  saison  sèche,  dirigent  toujours  leurs  troupeaux  vers 


il)  Rapport  Général  sur  la  situation  du  Protectorat  du  Maroc  au  31  mil- 
H  1 91 '*.  Rabat. 

(2)  Chailley  :  «  L'Agriculture  au  Maroc  ».  C.  II.  des  Séances  de  V  Aca- 
démie oV  Agriculture  t\2  janvier  19t6.  —  Voir  aussi  le  rapport  de  mission 
de  M.  Geoffroy-Saint-Hilaire  dans  le  Bulletin  de  l'Afrique  Française  <!»> 
juillel   r.»12. 

À.  de  Montalembert  :  V Agriculture  et  VE       %e  au  Maroc.  Rapport 
au  Comité  du  .Mante,  1907. 

'.  |  M.  Chailley,  dans  l'article  plus  haul  cité,  écrit  de  son  côté       I 
bœuf  s,  sont  en  partie,  dans  le  Sud,  semblables  aux  petits  boeufs  d'Algérie, 
maia  il  y  a  dam  le  Centre  ei  le  Nord  une  race  très  bail  ntre 

el  500  kilogrammes,  avec  une  production  de  viande  d 
du  poids  vif.  <  Mi  voit  déjà  de  ces  bœufs  3ur  le  mari  hé  de  la  \  illette,  où 
ils  sont  très  appréciés.  » 


68  l'élevage  et  le  commerce  des  viandes 

le  Tirs.  L'inconvénient  n'est  pas  le  même  pour  les  bœufs,  qui 
trouvent  en  outre  dans  le  Sahel,  moins  cultivé  et  moins  mor- 
celé que  le  Tirs  (1),  de  plus  grands  terrains  de  parcours.  Dans 
l'Aaloua,  il  y  a  de  beaux  pâturages  pour  le  gros  bétail  et  pour 
le  mouton  ;  et  la  laine  de  cette  provenance  est  très  belle  (2). 

Au  sud  de  la  Chaouia,  le  pays  des  Doukkala  peut  rivaliser, 
pour  la  culture  avec  la  Chaouia  et  lui  serait  même  supérieur 
pour  l'élevage.  Les  animaux  de  toutes  races  y  sont  plus  grands 
et  plus  forts.  Le  mouton,  dans  le  Sahel,  n'y  souffre  pas  autant 
de  la  sécheresse,  en  été,  que  dans  la  région  précédente  ;  les 
pâturages  y  sont  bons  toute  l'année,  Mazagan,  le  débouché 
naturel  delà  contrée,  est  le  port  le  plus  important  de  la  côte  pour 
l'exportation  des  bœufs  qui  sont  de  belle  qualité.  La  laine 
fournie  n'est,  par  contre,  que  de  la  beldia. 

Dans  les  Rehamna  et  les  Seraghana,  au-delà  du  Tirs,  il  y 
a  encore  de  très  beaux  pâturages,  d'où  proviennent  de  très 
bons  bœufs. 

En  1913,  il  était  exporté  du  Maroc  3.647  tonnes  de  laine  en 
suint,  221  tonnes  de  laine  lavée,  1.554  tonnes  de  peaux  de 
bœufs,  1.792  tonnes  de  peaux  de  moutons  et  1.660- tonnes  de 
peaux  de  chèvres. 

Afrique  Occidentale  Française 

Nous  avons  déjà  précédemment  (3)  fourni  quelques  rensei- 
gnements sur  l'élevage  et  le  commerce  de  la  viande  dans  nos 


(1)  On  trouvera  des  analyses  de  terres  du  Tirs  dans  Une  Croisière 
au  Maroc,  par  M.  Edouard  Carlo  (Chambre  de  Commerce  de  Marseille. 
1912). 

(2)  11  est  au  Maroc  deux  qualités  de  laines  :  la  beldia  et  l'urdigia.  La 
première  est  donnée  par  les  districts  de  Médiouna,  Zenata,  Oulad-Saïd, 
Oulad-Harriz,  Medakra  et  Mzamza.  La  seconde,  plus  fine  et  de  qualité 
supérieure  à  la  précédente,  provient  de  la  région  de  Tadla,  et  surtout  de 
PUrdegha  (ou  Ourdira)  ;  sur  les  hauts  plateaux,  entre  Tadla  et  les 
Zemmourn.  D'autres  tribus,  comme  les  Oulad  bou  Ziri,  fournissent  une 
laine  mélangée. 

(3)  H.  Jumelle  :  «  Les  Recherches  récentes  sur  les  Ressources  des 
Colonies  françaises  et  étrangères  et  des  autres  Pays  chauds  ».  Annales 
du  Musée  Colonial,  1916,  3e  fa